Rapport environnemental de l’OCDE: La Suisse est lanterne rouge pour les aires protégées

27.11.2017

La biodiversité et les zones humides sont les principaux secteurs dans lesquels la Suisse doit clairement faire plus pour préserver la nature. C’est ce que révèle le rapport environnemental présenté aujourd’hui par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Particulièrement frappant: la Suisse reste encore et toujours la lanterne rouge de l’Europe en matière d’aires protégées. Pro Natura exige de la conseillère fédérale Doris Leuthard une politique plus conséquente pour protéger les bases vitales naturelles en Suisse.

Le rapport environnemental de l’OCDE confirme aujourd’hui ce que les scientifiques, les organisations de protection de la nature et l’Office fédéral de la protection de l’environnement répètent depuis des années : «La nature se porte très mal en Suisse. Des habitats importants comme les zones alluviales et les marais s’appauvrissent ou menacent même de disparaître, et avec eux de nombreuses espèces animales et végétales» résume Sarah Pearson Perret, Secrétaire romande de Pro Natura.

L’OCDE relève des besoins d’intervention particulièrement urgents dans les domaines des aires protégées et des zones humides.

La Suisse est lanterne rouge pour les aires protégées

La Suisse ne compte que 6,2 % de sa surface où la nature est sous protection. Elle est ainsi la lanterne rouge de l’Europe. Elle va aussi manquer l’objectif de l’ONU (un des Objectifs d'Aichi d'ici 2020) de 17 %, malgré les accords qu’elle a signés. Cela a des conséquences dramatiques: les listes rouges des espèces en danger et menacées sont plus longues que dans les pays voisins. 36 % des espèces analysées dans notre pays sont en danger. Et la tendance est à la détérioration. Pour lutter contre les pertes de biodiversité et d’habitats naturels, l’OCDE recommande de créer davantage de grandes aires protégées, de les relier, de les entretenir et de les préserver à long terme pour qu’elles puissent d’urgence servir d’habitats de survie pour les espèces menacées et protégées.

Cours d’eau et zones humides particulièrement sous pression

Les cours d’eau et les zones humides sont particulièrement menacés. La plupart des cours d’eau ont été dépouillés de leur dynamique naturelle au cours du dernier siècle et souffrent sous la charge des pesticides et des engrais. Cela a comme conséquences que huit espèces de poissons sont déjà éteintes et 70 pour cent de celles qui restent sont en danger ou menacées. «Les ruisseaux et les rivières ont besoin de retrouver plus d’espace pour s’écouler librement et remplir leur fonction d’artères de la biodiversité. La Loi sur la protection des eaux l’exige et elle doit être appliquée», réclame Sarah Pearson Perret.

Les déficits sont aussi très nets dans les zones humides comme les marais. Malgré leur protection constitutionnelle et légale, les surfaces de marais diminuent en Suisse et leur état se détériore. Quelque 90 pour cent des surfaces de marais de notre pays ont déjà disparu, et avec elles de magnifiques paysages et des écosystèmes vitaux pour la survie de plantes rares comme le rossolis.

Pro Natura exige que les autorités fédérales et cantonales soient conséquentes et prennent plus au sérieux la protection des ressources naturelles. Cela signifie que les législations existantes pour l’environnement et la nature doivent être appliquées de manière cohérente. Les plans d’action biodiversité et de réduction des pesticides, récemment présentés par le Conseil fédéral, doivent être mis en application.

Liens

Rapport de l’OCDE

www.pronatura.ch/biodiversite

www.pronatura.ch/marais

www.pronatura.ch/cours-d-eau

Renseignements

Sarah Pearson Perret, Secrétaire romande de Pro Natura, tél. 079 688 72 24, @email