Waldweg
04.01.2024 Protection de la nature sur le terrain

«Pourquoi ne pas faire du plogging au lieu du jogging?»

Mathieu Gleyre est sportif. Mais pas que. Proche de la nature, il propose une activité pour prendre soin de sa santé tout en faisant un acte citoyen pour la planète.

Magazine Pro Natura: Monsieur Gleyre, que désigne le terme de «plogging»?

Mathieu Gleyre: c’est une pratique simple qui combine sport et écologie. D’origine suédoise, ce terme est une contraction de «plocka», qui signifie cueillir/ramasser, et de jogging. Depuis que la pratique a vu le jour il y environ six ou sept ans, elle connaît un bel essor dans de nombreux pays, chez nous également.

En tant que coach sportif, vous proposez cette activité. Quelle a été votre motivation?

Il est important pour moi de se soucier de son environnement proche. Chacun et chacune, à son niveau, peut apporter sa contribution pour une planète plus propre. Pourquoi alors ne pas faire du plogging, au lieu du simple jogging? Depuis cinq ans que cette activité est proposée dans plusieurs villes romandes, elle connaît un joli succès.

 

Pratiquez-vous le plogging?

Je suis plutôt dans l’organisation des événements, mais oui, si je peux retrousser mes manches, je participe volontiers à cet acte citoyen.

Le plogging, c’est du sport?

On peut dire que le défi sportif existe.

Mathieu Gleyre beim Plogging Florence Kupferschmid-Enderlin

En plus de courir avec un sac poubelle qui s’alourdit au fur et à mesure, il faut se baisser, se relever, parfois gravir quelques marches d’escalier, car l’activité se déroule principalement dans un environnement urbain. Mais je pense que le nettoyage est quand même la priorité, c’est en tous cas ce que me témoignent les participants.

À quel public s’adresse cette activité?

C’est avant tout l’occasion pour les participants de se retrouver autour d'un projet commun, dans une ambiance ludique. Entre amis ou en famille, avec ses enfants, l’initiative est accessible à tous. Chacun s’équipe de gants et d’un sac poubelle, et c’est parti, dans un périmètre donné, à l’assaut de tout ce qui traîne par terre.

Que ramasse-t-on le plus?

Les mégots de cigarettes! Malgré toutes les campagnes d’information sur les conséquences dramatiques des mégots pour l’environnement, on continue à en ramasser un nombre incroyable. Vient après le plastique, puis les bouteilles.

Et pour les participants, quelle est la source première de motivation?

Pour certaines familles, il s’agit par exemple d’apprendre aux enfants à ne pas jeter les déchets par terre, et à en ramasser quand on en trouve. En général, c’est un engagement ponctuel pour le bien de la planète, au même titre que le nettoyage des pistes de ski en fin de saison hivernale, par exemple.

Ne pensez-vous pas que ramasser les déchets des «autres» empêche de responsabiliser ceux qui jettent justement leurs détritus par terre?

Ah, grande question. À laquelle je n’ai pas de réponse. Je ne suis pas éducateur. Car il s’agit bien d’une question d’éducation. On remarque dans certaines villes une petite baisse de la quantité de déchets, on garde donc l’espoir que nos actions ont un effet positif sur l’attitude des gens en général.

Florence Kupferschmid-Enderlin

Schutzgebiet Burstel
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