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La CEATE-E se refuse à rechercher une solution à la crise de la biodiversité
Selon le communiqué de presse de la CEATE-E, la majorité de la commission a surtout réfléchi à la manière d’appliquer en Suisse l’un des 23 objectifs de Montréal, à savoir la désignation de 30 pour cent du territoire comme surfaces protégées. Elle a en revanche estimé qu’il n’était pas nécessaire de discuter des répercussions du déclin de la biodiversité sur l’économie et la société ni de déterminer les mesures indispensables pour y parer. Bien que la perte de la biodiversité constitue depuis des années l’une des principales préoccupations de la population suisse, une poignée de membres de la commission ont donc décidé d’ignorer la crise de la biodiversité. Une large minorité réclame tout de même une entrée en matière afin de travailler rapidement et de manière ciblée sur des solutions.
« Si l’on ne protège pas mieux nos écosystèmes, notre sécurité alimentaire et notre prospérité sont menacées. Les quelque 10 % de surfaces protégées actuelles ne suffisent pas à promouvoir la biodiversité de manière efficace et aucun compte d’apothicaire ne saurait changer cette réalité du jour au lendemain. La Suisse fait face à une crise aiguë de la biodiversité, illustrée par des listes rouges parmi les plus longues de tous les pays industrialisés. Nous n’avons donc pas besoin d’un exercice statistique, mais de mesures ambitieuses pour préserver le fondement de notre existence », déclare Raffael Ayé, directeur de BirdLife Suisse.
« En l’absence d’une action déterminée, la crise de la biodiversité s’aggravera d’année en année. La Suisse est la lanterne rouge de l’Europe en matière de surfaces protégées, et elle est l’une des grandes économies possédant le pourcentage le plus élevé d’espèces menacées. Il est donc urgent d’agir. La large alliance d’organisations de soutien à l’Initiative biodiversité demande au Conseil des États d’entrer en matière sur le contre-projet et d’améliorer la version intéressante du Conseil national », déclare Sarah Pearson Perret, secrétaire romande de Pro Natura.
« Le Conseil fédéral a repris les exigences formulées par les villes et les communes lors de la consultation de 2021 et demandé une révision de la LPN. Le Conseil national a réduit ces propositions à un compromis intéressant. Le Conseil des États doit désormais veiller à ce que sa commission de l’environnement fasse son travail et délibère sur la révision de la LPN », souligne Franziska Grossenbacher, directrice suppléante de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage.
Communiqué de presse de la CEATE-E
Contacts :
- Pro Natura : Sarah Pearson Perret, Secrétaire romande, @email, 079 688 72 24
- BirdLife Suisse : Raffael Ayé, Directeur, @email, 076 308 66 84
- Patrimoine Suisse : Stefan Kunz, Secrétaire général, @email, 079 631 34 67
- Fondation Suisse pour le Paysage : Franziska Grossenbacher, Directrice adjointe, @email, 076 304 43 58
- Initiative biodiversité : Natalie Favre, service médias, @email, 076 491 25 26
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Communiqué de l’association de soutien de l’Initiative biodiversité sur la décision de la CEATE-E
Photo © Matthias Sorg
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Initiative biodiversitéLes œdipodes turquoise vont éclore
À la fin de l’été, la femelle de l’œdipode turquoise dépose environ 120 œufs dans le sol. Elle ne verra pas naître sa progéniture. Alors que la génération à venir passe l’hiver au stade de l’œuf, les parents meurent dès les premières gelées d’automne. Les nymphes éclosent entre avril et mai de l’année suivante. Mesurant à peine quelques millimètres, ce sont des versions miniatures des insectes adultes, moins les ailes azurées qui donnent son nom à l’espèce. Avant leur apparition, les femelles connaîtront quatre mues et les mâles cinq, la couleur de base de leur livrée s’adaptant à celle de leur environnement.
Le monde menacé des insectes
«Comme l’œdipode turquoise, beaucoup d’insectes reprennent vie au printemps. C’est le moment idéal pour les observer», explique Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande. Rappelons que 60 % des espèces animales de la planète sont des insectes – et que 60 % des insectes suisses sont menacés. Ils jouent un rôle capital dans les cycles naturels comme la pollinisation ou la transformation des matériaux morts. Quand les insectes sont en danger, les conditions essentielles à notre vie sur Terre le sont aussi.
Observer, déterminer, promouvoir
Dans le cadre d’une sortie scolaire, en famille ou en solo, il est passionnant d’observer les insectes dans leurs habitats naturels. Notre Animal de l’année se rencontre sur des sols arides et ensoleillés comme les bancs de graviers et les terrains en friche, en bordure des voies ferrées et des zones industrielles, de préférence en Valais, au Tessin et le long du versant sud du Jura.
Pour mieux comprendre le monde des insectes qui nous entourent, Pro Natura a édité des guides de poche et des informations permettant d’identifier les espèces, ainsi qu’un journal de terrain. «Ce dernier montre aussi comment aménager balcons, jardins et préaux pour que les insectes s’y sentent mieux, ajoute Delphine Seydoux, afin que la prochaine génération puisse éclore au printemps prochain.»
Informations complémentaires:
- Découvrir les insectes
- Dossier sur l’Animal de l’année 2023
- La disparition des insectes menace nos conditions d’existence
Contacts:
- Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande, tél. 079 357 27 99, @email
- Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email
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Photo: © Christian Roesti
En amputant de manière irresponsable la protection de la nature, le conseil national met en péril le projet, y compris le développement marqué des énergies renouvelables
Le Conseil national a confirmé les objectifs de développement ambitieux du Conseil des Etats pour les nouvelles énergies renouvelables. Jusqu’en 2035, la production d’électricité annuelle de ces sources d’énergie doit atteindre 35 000 GWh, puis 45 000 GWh jusqu’en 2050. Pour réaliser ces objectifs, la chambre du peuple a, entre autres, approuvé une norme photovoltaïque pour les bâtiments. Cette décision est un pas dans la bonne direction. Elle ne s’applique toutefois qu’aux bâtiments neufs et rénovés, et pas aux grands bâtiments existants, ce qui est vivement regrettable. La rétribution minimale pour les petites installations photovoltaïques atténue les conséquences de cette norme pour les propriétaires fonciers de manière socialement acceptable, tandis que le développement de l’énergie solaire s’accélère massivement. Le Conseil national s’est aussi prononcé en faveur de la couverture des grands parkings extérieurs par des panneaux photovoltaïques. Bien que la version qui s’est imposée ait subi une cure d’amaigrissement, l’utilisation de ces surfaces déjà imperméabilisées est louable.
Avec la confirmation de la prime de marché flottante, la chambre du peuple fait en sorte qu’un nombre aussi important que possible de personnes puisse investir dans le développement de nouvelles installations de production. Il est aussi réjouissant que le Conseil national se soit clairement prononcé pour davantage d’efficacité, un domaine où le potentiel d’économies est immense. La création d’un marché des services d’efficacité est un instrument qui oblige les entreprises électriques à faire des progrès concrets dans ce domaine. Cette mesure et d’autres devraient permettre d’accélérer fortement le développement des énergies renouvelables.
Corrections indispensables, en particulier en ce qui concerne les débits résiduels
Ces mesures essentielles pour le développement sont entravées par des réductions de la protection de la nature qui sont inutiles pour le développement rapide de la production d'électricité et qui mettent en danger l'ensemble du projet:
Le Conseil national a décidé, à l’issue d’un vote extrêmement serré, de suspendre une partie de la loi sur la protection des eaux jusqu’en 2035 au moins, à savoir les dispositions s’appliquant aux débits résiduels minimaux lors de l’octroi de nouvelles concessions. Cette attaque contre les débits résiduels est irresponsable. En effet, la pression sur les cours d’eau s’accroît encore avec la crise climatique alors que plus de 65% de toutes les espèces de poissons sont déjà sur liste rouge. Pour la sécurité énergétique, il n’est pas nécessaire de prendre une telle mesure, la quantité de courant ainsi produite étant comparativement faible: rien qu’entre mars et juin de cette année, le développement du photovoltaïque permettra de produire plus de courant que ce que la suspension décidée par le Conseil national permettra d’obtenir d’ici 2035.
Par ailleurs, le Conseil national a décidé qu'à l'avenir, les atteintes aux paysages inscrits à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP) ne devront plus faire l'objet de mesures de protection, de reconstitution, de remplacement ou de compensation. Ces dernières ne sont pas décisives pour la production d'énergie, mais contribuent à éviter ou à limiter les atteintes à nos ressources naturelles et à nos paysages.
Les organisations environnementales attendent du Conseil des Etats qu'il équilibre le projet par des améliorations en faveur de la biodiversité, notamment en ce qui concerne les débits résiduels.
Contacts:
- WWF Suisse : Cédric Jacot-Guillarmod, porte-parole WWF Romandie, 079 445 87 79, @email
- Pro Natura : Stella Jegher, cheffe de la division Politique et affaires internationales, 079 411 35 49, @email
- Greenpeace Suisse : Mathias Schlegel, porte-parole, 079 794 61 23, @email
- Bird Life Suisse : Raffael Ayé, directeur, 076 308 66 84, @email
- Fondation suisse de l’énergie (SES) : Nils Epprecht, directeur, 044 275 21 25, @email
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Communiqué de presse commun de l'Alliance-Environnement
Image de couverture © Angela Peter
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Pour un approvisionnement énergétique suisse et sûr en 2035Tributaires des vieux chênes
La base du lichen est un champignon, l’autre organisme est une algue verte ou une cyanobactérie. L’algue (le photobionte) effectue la photosynthèse et produit des hydrates de carbone – autrement dit du sucre – pour elle-même et pour son partenaire (le mycobionte). En échange, le champignon assure l’approvisionnement du lichen en eau et en éléments nutritifs minéraux, et protège l’algue contre le rayonnement solaire et contre les animaux algivores.
Le lichen Bactrospora dryina, un membre de la famille des lichens crustacés, fait partie des 1 700 espèces de lichen présentes en Suisse. Il figure comme espèce vulnérable sur la « Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Lichens épiphytes et terricoles » de 2002. On le trouve au nord des Alpes, à basse altitude.
Le partenaire symbiotique du champignon est l’algue verte du genre Trentepohlia. Le lichen Bactrospora dryina pousse généralement sur la face inclinée des troncs de vieux chênes pédonculés et rouvres, dont l’écorce est profondément crevassée, exposés au sud ou à l’est. Ainsi, il est protégé des précipitations directes (pluie, neige, grêle) qui viennent généralement de l’ouest. Là où il pousse, il fait paraître l’écorce de couleur blanche. Les points noirs sont les corps fructifères du champignon.
Etant donné la lente croissance et le potentiel de propagation limité de cette espèce de lichen, un projet de transplantation a été initié dans le canton de Zoug. Dans le Zollischlag – la forêt de feuillus de la plaine de la Reuss – le lichen Bactrospora dryina a déjà colonisé 42 chênes. Là, des fragments d’écorce avec du lichen ont été recueillis sur un arbre mourant pour être collés sur des arbres non colonisés. La majorité des transplants ont survécu durant les deux ans de la période d’observation, mais uniquement sur les faces protégées de la pluie, là où le lichen aurait poussé naturellement. Il faudra attendre encore quelques années pour voir s’il arrivera à s’y développer.
SABINE MARI, Service conseils Pro Natura.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
En vacances pour la biodiversité
Embrasser du regard les magnifiques Alpes grisonnes à Obermutten, petit village des Walser perché à 1800 m, tout en débroussaillant et entretenant les pâturages en faveur de la biodiversité? Voici l’une des 22 possibilités de vacances durables dans les plus beaux paysages naturels et ruraux de Suisse.
Une offre variée
L'année dernière, près de 180 participantes et participants ont consacré près de 900 jours de travail aux 21 projets réalisés. Un programme varié est à nouveau à l’affiche en 2023, allant de la réactivation d'anciennes surfaces de foin sauvage à Avers (GR) à l'assainissement d'un mur historique en pierres sèches sur le Probstenberg entre Soleure et Berne, en passant par du débroussaillage à l'alpage de «La Cruchaude» (VD) pour favoriser la flore et l’avifaune forestières.
Rencontrer la nature ensemble
Les interventions, en groupes de cinq à douze personnes, sont encadrées par des spécialistes. Lors de leur engagement, ces groupes se familiarisent avec la faune et la flore, voire avec la technique des murs en pierres sèches. Et surtout, ils partagent leurs expériences. Le travail dans la nature, la cuisine ensemble et des repas savoureux en commun sont fertiles en échanges.
Répartition équitable des coûts
Les frais d'inscription se situent généralement entre 120 et 270 francs par personne et couvrent une partie des coûts du projet et de l'hébergement. La majeure partie des dépenses restantes est prise en charge par la Fondation Actions Environnement et Pro Natura.
Programme et réservation:
Le programme complet est disponible sur les sites internet de la Fondation Actions Environnement et de Pro Natura.
Contacts:
- Alexandre Barras, Fondation Actions Environnement, Communication & Coordination «Semaines de travail de vacances», tél. 031 380 50 63, @email
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Photo: © Fondation Actions Environnement
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La réglementation en matière de broyage des végétaux menace la biodiversité dans les régions alpines
Pro Natura approuve une grande partie des modifications du nouveau train d’ordonnances agricoles 2023. Cependant, «à l’heure où la biodiversité est en crise, la réglementation proposée en matière de broyage des végétaux dans les zones d’estivage constitue un retour en arrière inacceptable et doit être rejetée», martèle Marcel Liner, expert en politique agricole chez Pro Natura.
Absence de base scientifique
Les machines à broyer modernes se présentent comme des tondeuses à gazon surdimensionnées ou sont traînées par des tracteurs. Leur passage ravage les sols fragiles des pâturages de montagne, jusqu’ici largement préservés. Les photos des terrains où la végétation a été broyée révèlent l’impact désastreux d’une utilisation inadaptée de ces machines sur de larges surfaces: des sols éventrés et des arbustes nains déchiquetés dans des alpages qui étaient proches de l’état naturel. «Au-delà de l’aspect inesthétique, qui nuit au tourisme, ce procédé est fortement dommageable pour la biodiversité et les sols», critique Marcel Liner. Il manque par exemple dans le projet de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) des études scientifiques sur les conséquences de ces pratiques pour les populations d’insectes, déjà grandement menacées dans l’arc alpin.
Charge administrative supplémentaire
«En présentant ce projet inabouti de broyage des végétaux dans les zones d’estivages, l’OFAG cède à la pression de quelques cantons», déplore Marcel Liner. La distinction prévue entre entretien des pâturages et débroussaillage n’est guère applicable dans la pratique. Elle ne fera que compliquer la tâche des administrations cantonales. Pour Pro Natura, il convient en premier lieu de protéger les pâturages alpins contre l’embroussaillement et l’enfrichement. «C’est ce que prévoit déjà l’ordonnance sur les paiements directs», rappelle l’expert. «La tendance à des exploitations toujours plus grandes et moins nombreuses entraîne un déficit de main-d’œuvre, moins de biodiversité et une diminution des cheptels de chèvres et de bovins adaptés à la montagne.»
Des concepts régionaux pour les Alpes
L’utilisation de machines ne peut être l’unique solution aux défis globaux que doit relever l’économie alpestre. Il faut élaborer des concepts régionaux pour identifier les alpages qui pourront continuer à être pâturés ces prochaines décennies, ceux où les animaux sont présents en suffisance et ceux dont il vaut mieux abandonner l’exploitation. Pro Natura s’oppose pour cette raison à la nouvelle réglementation de l’OFAG en matière de broyage des végétaux. L’expert agricole Liner souligne: «Nous avons d’abord besoin d’une discussion de fond sur l’avenir de l’économie alpestre.»
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Communiqué de presse sur la réponse à la consultation sur le train d’ordonnances agricoles 2023
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Photo de presse zone d’estivage broyéeLa nature est notre plus puissante alliée pour lutter contre le dérèglement climatique
Les températures augmentent en Suisse, les régimes de précipitations se modifient. Sécheresses, canicules et inondations deviennent plus fréquentes partout sur la planète. Cette année, plusieurs cantons suisses ont limité la consommation d’eau dès le mois d’avril. Que signifient tous ces changements pour la nature? Et pour nous, êtres humains? Et quel est le lien avec la loi climat?
«Nous devons renforcer les biocénoses»
«Le réchauffement du climat modifie le développement, la répartition et la composition des espèces qui constituent notre nature», explique Urs Tester, responsable de la division Biotope et espèces chez Pro Natura. Les hivers raccourcissent, les plantes fleurissent avant l’apparition des pollinisateurs et les oiseaux migrateurs manquent de nourriture pour leur nichée lorsqu’ils arrivent chez nous. «Les cycles naturels comme la pollinisation et la reproduction sont perturbés. Or l’humanité en est elle aussi dépendante.»
Dans le même temps, les espèces d’animaux et de plantes habituées au froid trouvent toujours moins d’habitats adaptés et doivent chercher refuge en altitude ou dans des régions plus septentrionales – quand elles le peuvent! Elles sont remplacées par des espèces qui supportent mieux la chaleur. Résistantes au dérèglement climatique, les espèces envahissantes gagnent du terrain. «La crise climatique aggrave la crise aiguë de la biodiversité. Le réchauffement progresse rapidement et les changements de comportement agissent avec un temps de retard», déplore Urs Tester. «Dans ces conditions, il est peu judicieux de protéger les espèces une à une, sans préserver leur milieu. Nous devons améliorer l’état de leurs habitats, par exemple les paysages alluviaux, et renforcer les biocénoses dans lesquelles s’inscrivent toutes les espèces d’animaux et de plantes. Cela bénéficie également au climat.»
Voter oui pour combattre la crise du climat ET de la biodiversité
«Lutter contre la crise du climat et celle de la biodiversité nous oblige à penser de façon globale», souligne Michael Casanova, expert de l’énergie et de la protection des eaux chez Pro Natura. «Ces deux crises ont une seule et même origine: le gaspillage massif des ressources naturelles et de l’énergie dans notre société de consommation effrénée». Avec une trajectoire de réduction du CO2, des mesures pour encourager l’efficacité énergétique et l’adaptation au changement climatique, ainsi qu’une réorientation des flux financiers non durables, la loi climat est un premier pas nécessaire. Michael Casanova rappelle encore «en protégeant et en promouvant la nature, en utilisant ses ressources de manière plus responsable, nous protégeons aussi le climat». Les forêts, zones humides et marécages intacts absorbent le CO2. Les cours d’eau sont des remparts contre les inondations et régulent les pics de chaleur. Dans la lutte contre le changement climatique, la nature est notre plus puissante alliée. «On ne peut pas protéger le climat sans protéger la nature, et cela est vrai dans les deux sens», martèle l’expert. Dire oui à la loi climat le 18 juin, c’est dire oui à notre nature.
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- Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email
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Photo de presse © Matthias Sorg
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Photo de presse lit de ruisseau à sec dans le Val…Un entretien sur la fonte des glaciers et la crise climatique
Les glaciers de montagne sont considérés dans le monde entier comme des indicateurs importants des changements climatiques. C’est également le cas en Suisse, qui compte aujourd’hui encore 1400 glaciers. Nombre d’entre eux vont reculer et disparaître dans les décennies à venir en raison de la crise climatique.
Laudo Albrecht se rend au glacier d’Aletsch depuis qu’il est jeune homme. Il a passé des milliers d’heures dans cette région au cours de sa vie et a pu voir le glacier se retirer, à un rythme toujours plus rapide ces dernières années.
Une vitesse de la fonte sans précédent
Ce phénomène qui ne semble pas si grave à première vue a pourtant des conséquences importantes pour nous et pour la biodiversité. Avec la fonte des glaciers, l’eau retenue dans les glaciers gagne la mer. On perd ainsi un important réservoir d’eau potable pour nous et pour la nature. Les conséquences sont les suivantes:
- assèchement des rivières
- baisse du niveau des nappes phréatiques
- pénurie d’eau
- sécheresses dramatiques
Le grand public ignore souvent que la fonte complète des glaciers ne peut plus être évitée lorsqu’ils ont perdu une trop grande partie de leur masse. C’est déjà le cas pour certains glaciers de Suisse. Ils ont déjà disparu ou vont disparaître dans les années à venir.
Mesures du Centre Pro Natura d’Aletsch
Le Centre Pro Natura d’Aletsch mesure la fonte du glacier d’Aletsch depuis 1992. Pour ce faire, ses collaboratrices et collaborateurs insèrent trois fois dans l’été une barre de mesure dans le glacier. Chaque fois qu’ils passent devant le point de mesure lors d’une randonnée sur le glacier, ils marquent le nouveau niveau de la surface de la glace avec un ruban adhésif et indiquent la date. En moyenne, 10 à 12 centimètres de glace fondent chaque jour en été.
C’est à Hohfluh que commence notre randonnée et notre entretien avec vue sur le glacier d’Aletsch et les sommets environnants. En cette journée ensoleillée et conviviale, rien n’indique à première vue la crise du climat et de la biodiversité. Mais en discutant avec Isabella et Laudo, on se rend vite compte que les apparences sont trompeuses.
Recul du glacier d’Aletsch entre 2001 et 2022
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Site internet «OUI à la Loi climat le 18 juin»Des conséquences pour la nature et la biodiversité
Isabella Albrecht souligne au cours de notre entretien que les plantes alpines se sont adaptées pendant très longtemps aux conditions difficiles de leur habitat.
«De longs hivers, des étés courts, peu de nutriments et beaucoup de rayonnement solaire caractérisent le milieu naturel que sont les prairies et pâturages les plus riches en espèces de Suisse. Le réchauffement climatique va modifier la composition de la végétation. Les plantes thermophiles des étages inférieurs peuvent aussi bien pousser à des altitudes plus élevées si le climat se réchauffe en altitude. Elles vont alors repousser les espèces alpines vers le haut. Les espèces animales qui dépendent de ces plantes devront migrer avec elles. Or, il y a moins de place au sommet des montagnes; les milieux naturels restants pour notre magnifique flore alpine seront donc toujours plus modestes.»
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Matthias Sorg
- Silène acaule (Silene acaulis), une plante tapissante typique des pelouses alpines.
Sans cassenoix mouchetés, pas d’arolles
L’arolle est un arbre à croissance lente, noueux et extrêmement résistant au gel. Si les températures augmentent, il sera évincé par des essences concurrentes comme l’épicéa, lui-même déjà repoussé du Plateau par la crise climatique. Les arolles ne peuvent se propager que très lentement vers des altitudes plus élevées. En effet, leurs graines ne sont dispersées que par le cassenoix moucheté. L’arolle dépend donc entièrement de cet oiseau alpin. Mais celui-ci semble rester fidèle à la limite actuelle des arbres et ne transporte que peu de graines vers des altitudes plus élevées. Il est donc possible que l’arolle ne puisse pas migrer assez rapidement en altitude et soit livré à la concurrence d’arbres de basse altitude.
Les modifications des associations végétales sur les sommets de montagne en raison de la crise climatique sont étudiées dans le monde entier par le projet international «GLORIA» auquel la Suisse participe également.
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Matthias Sorg
- Cassenoix moucheté sur un arolle dans la forêt d’Aletsch.
Risque de pénurie de logements chez les marmottes
Laudo Albrecht connaît toutes les colonies de marmottes de la région de Riederalp et Bettmeralp. À la fin de notre randonnée, il nous fait passer devant une petite colonie en bordure de Riederalp et nous explique la chose suivante: «Les marmottes n’ont pas de glandes sudoripares et ne peuvent pas transpirer. Lorsqu’il fait chaud, elles limitent donc leurs activités et restent dans leurs terriers bien frais. Mais cela leur laisse moins de temps pour accumuler les réserves de graisse nécessaires pour l’hiver.»
Or, des réserves de graisse insuffisantes peuvent être fatales au cours de l’hibernation. Les marmottes devront donc elles aussi se déplacer plus haut en altitude afin de trouver des journées d’été encore relativement fraîches. Cependant, le sol rocheux y est bien moins favorable à la construction de leurs terriers.
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Matthias Sorg
- Marmotte se prélassant au soleil au printemps.
- Laudo Albrecht
Notre entretien le démontre: il faut opérer un tournant
La crise climatique modifie notre environnement: le recul des glaciers dans le monde le démontre clairement. Il est difficile d’évaluer les défis auxquels les générations futures devront faire face. Car les interactions entre le climat et les écosystèmes sont complexes et multiples. Combien de temps pouvons-nous encore attendre avant de prendre des mesures efficaces? Il est possible dès aujourd’hui de lutter contre la crise climatique et de ralentir la fonte des glaciers en:
- remplaçant les énergies fossiles par des énergies renouvelables
- réduisant fortement notre consommation d’énergie dans son ensemble
- entretenant et protégeant les milieux naturels qui absorbent et fixent le CO2 (p. ex. les forêts et les bas-marais)
- nous engageant politiquement pour la protection du climat et de la nature
Informations de fond
La combustion d’énergies fossiles produit du CO2, ou dioxyde de carbone. Ce CO2, ainsi que d’autres gaz à effet de serre comme le méthane, le protoxyde d’azote ou les gaz synthétiques, renforcent l’effet de serre et font monter les températures. Ces émissions sont principalement dues à l’activité humaine. Elles ont tellement augmenté au cours des dernières décennies que nous parlons aujourd’hui d’un réchauffement climatique massif sur une courte période. En Suisse, la plus grande partie des émissions de gaz à effet de serre provient des transports (soit 31%, sans compter les transports aériens et maritimes internationaux. Source: BAFU)
L’effet de serre
Une partie du rayonnement solaire à ondes courtes traverse l’atmosphère, est absorbée par la surface de la Terre, puis réémise sous forme de rayonnement à ondes longues. Les gaz à effet de serre empêchent le rayonnement à ondes longues de traverser à nouveau l’atmosphère, entraînant un réchauffement des couches inférieures de l’atmosphère et donc de la surface de la Terre. Sur le principe, l’effet de serre est donc un phénomène naturel; sans lui, il ferait bien plus froid et la vie serait impossible à la surface de la Terre.
Les changements déjà observables le démontrent: nous sommes au cœur du changement climatique. La Suisse doit se préparer à des étés plus secs, à des précipitations plus violentes, à davantage de jours de canicule et à des hivers moins enneigés. Dans les Alpes, les équipes de recherche s’attendent à une augmentation particulièrement forte de la température: sur les masses terrestres, le réchauffement est plus important que la moyenne mondiale. Plus les glaciers fondent, plus il se libère de masses terrestres, ce qui aggrave encore le réchauffement.
Vous trouverez de plus amples informations sur les scénarios climatiques suisses CH2018 sur le site internet du «National Centre for Climate Services NCCS».
MétéoSuisse présente sur le graphique ci-dessous, pour chaque année de 1864 à 2018, une petite carte de la Suisse sur laquelle on peut voir l’écart de température par rapport à la moyenne des années 1961-1990. © MétéoSuisse
Personne ne sait comment le climat va évoluer dans les années à venir. C’est pourquoi les scientifiques travaillent avec différents scénarios et se demandent par exemple à quoi ressembleront les glaciers à la fin du siècle. Les masses de glace se maintiendront bien plus longtemps si l’on protège systématiquement le climat et si l’on réduit fortement les émissions. Cela permettra probablement de limiter le réchauffement à 2 degrés, comme le prévoit l’objectif de l’Accord de Paris.
Vous trouverez de plus amples informations sur les scénarios climatiques suisses CH2018 sur le site internet du «National Centre for Climate Services NCCS».
Le grand glacier d’Aletsch est un indicateur frappant des changements climatiques: au fil du temps, il a réagi aux périodes chaudes et froides en se retirant ou en avançant. Mais depuis les années 1980, les glaciers fondent plus rapidement qu’avant. C’est le cas du grand glacier d’Aletsch. Il s’agit d’une conséquence directe du réchauffement climatique actuel.
Même si les variations de la longueur du glacier peuvent être très différentes d’une année à l’autre, une tendance claire se dégage si l’on additionne l’amenuisement des différentes années: le recul est en constante augmentation.
Avec une superficie de près de 80 km2, le grand glacier d’Aletsch est le plus grand glacier des Alpes. Il contient environ 20% du volume de glace de la Suisse. On pourrait croire qu’en raison de sa taille, le glacier d’Aletsch est celui qui résiste le mieux à la crise climatique. Mais ce n’est pas le cas. Le glacier est bien trop grand pour le climat actuel et il va diminuer considérablement même si l’on met en œuvre une importante protection du climat. D’ici à 2100, il perdra plus de la moitié de son volume. Jusqu’en 2050, cette diminution sera quasiment indépendante de l’évolution future du climat. À partir de 2040 environ, le premier de nombreux lacs devrait apparaître dans la vallée profondément encaissée située sous le glacier d’Aletsch. Le paysage sera marqué par de nouveaux lacs à partir de ce moment-là. Si nous parvenons à juguler la crise climatique, l’extrémité du glacier pourra se stabiliser d’ici à 2100, mais seulement à une dizaine de kilomètres en amont de sa position actuelle. En revanche, si aucune protection climatique efficace n’est mise en place, un immense lac glaciaire pourrait se former autour de 2080 à la place Concordia. Dans ce scénario extrême, il ne resterait même plus de glace au Jungfraujoch.
Les chants d’oiseaux
Quand Christian Marti donne sa conférence «Cris et chants d’oiseaux dans la musique» – d’où sont extraites les citations présentes ici –, ça piaille, ça gazouille, ça pépie et ça siffle. Avec un alto, une flûte à bec ou encore une guitare, il fait découvrir la présence des oiseaux dans la musique classique en mettant à contribution son public. Un hobby auquel il est arrivé par hasard. Car en tant qu’enfant, il était fasciné par d’autres animaux. «En oiseaux, je n’y connaissais rien.»
«Essayons de voir - ou devrais-je dire d’entendre? - dans quels morceaux nous reconnaissons des cris et des chants d’oiseaux.»
A l’instar de nombreux enfants lorsqu’ils commencent à fréquenter les bancs d’école, il s’est tout d’abord essayé à la flûte à bec avant de jeter son dévolu sur le violon. «Au gymnase, j’ai intégré les pupitres des violons dans l’orchestre de l’école, assez fier, mais le chef d’orchestre a décrété: «A partir de maintenant, tu joueras de l’alto». A 20 ans, il s’achète une guitare. «C’était l’époque de Mani Matter, quiconque habitait à Berne en avait une et chantait.»
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
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Christian Marti a toujours été fasciné par la nature. «J’adore les insectes et j’ai eu plusieurs aquariums avec des gerridés et des crevettes. J’ai aussi fait de l’élevage de papillons et ai été actif au sein de la fondation Science et jeunesse. Et bien évidemment, je voulais consacrer mes études de biologie à ces animaux.» Mais de la même manière qu’il a troqué son violon pour un alto en intégrant l’orchestre, il a remplacé les insectes et les papillons par les oiseaux lorsqu’il était à l’université. «Le professeur d’entomologie est malheureusement décédé. Pour mon mémoire, je me suis donc rabattu sur les oiseaux, plus précisément sur les poules. Je n’y connaissais pas grand-chose, mais mon professeur s’est sûrement dit que même moi, je serais capable de différencier un tétras-lyre d’une perdrix.»
C’est aussi un peu par hasard que Christian Marti a atterri à la Station ornithologique suisse de Sempach. Il rêvait d’enseigner et a occupé un poste de remplaçant pendant plusieurs années. «J’ai eu différents emplois pendant quelque temps. Un jour, alors que j’étais à la Station ornithologique pour chercher des informations à la bibliothèque, j’ai rencontré le responsable de l’époque.» Un poste d’un an était à pourvoir. Christian Marti l’accepta, déménagea à Sempach avec toute sa famille et resta à la station pendant trente et un ans, jusqu’à sa retraite.
Mais comment en est-il arrivé à associer musique et chants d’oiseaux, voilà près de vingt-cinq ans? Par hasard, bien sûr ! «A l’occasion d’un concert, nous cherchions un ornithologue pour venir parler des différents cris d’oiseaux dans la musique. Cette passion ne m’a plus quitté.» Il a commencé par donner des conférences en jouant des morceaux et des chants à partir de bandes magnétiques. «Mais ça ne fonctionnait souvent pas bien. Il m’est alors venu l’idée de siffler, de jouer de la flûte, de l’alto et de la guitare, et de chanter avec le public.» Christian Marti tente l’expérience au Rotary Club. «Je n’étais pas sûr que ces hommes en costume cravate accepteraient de chanter, et pourtant! Ils l’ont fait, même à pleins poumons! C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que la conférence était bien plus intéressante comme ça.» Depuis, il l’a donnée plus d’une centaine de fois – preuve qu’elle l’est toujours autant.
Dans un arbre tout proche, le cri d’un oiseau retentit : «Une mésange charbonnière», explique Christian Marti. «Je n’entends pas le chant des oiseaux comme tout le monde, j’ai besoin de les identifier. La mésange charbonnière est facile à reconnaître…» – il siffle – «…mais son chant peut être composé de deux ou trois syllabes.» Il siffle à nouveau. «En musique, elle revient assez souvent, tout comme le coucou. Et l’oiseau le plus fréquent pour les parades est le rossignol. Cela étant, on ne rencontre pas tant d’espèces que ça dans la musique.» Et le voilà reparti, emporté par sa passion.
BETTINA EPPER est rédactrice alémanique du Magazine Pro Natura.