Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
Vengono visualizzate le voci 163-164 di 164
 Raphael Weber
04.01.2023 Crise de la biodiversité

Des joyaux menacés

Quelles seraient les conséquences si des biotopes d’importance nationale perdaient leur statut de protection, comme l’envisage le Conseil des États? Nous vous montrons ce qui est en jeu, à l’aide d’exemples concrets.

Les milieux naturels les plus précieux de Suisse, encore préservés à ce jour, sont répertoriés depuis 1987 dans les inventaires fédéraux des habitats protégés. Il s’agit notamment des zones alluviales, des prairies sèches, des sites de reproduction des amphibiens ainsi que des hauts et bas-marais. Dans leur totalité, ces habitats ne représentent que 1,8% de la surface du pays, mais ils abritent un tiers des espèces animales menacées de Suisse.

Avec la loi sur l’énergie en vigueur, il était de fait exclu de porter atteinte à ces biotopes d’importance nationale ou de les détruire de manière irrémédiable au profit de nouveaux projets de production d’énergie. La loi les protégeait explicitement contre de tels projets. Or, la protection de ces surfaces particulièrement précieuses pour la biodiversité risque à nouveau d’être compromise lors des débats parlementaires en cours sur la révision de la loi sur l’énergie et de la loi sur l’approvisionnement en électricité (acte modificateur unique).

Dans cette rubrique, nous présentons plusieurs milieux naturels protégés qui ont déjà risqué de disparaître. Avec la nouvelle loi sur l’énergie, telle que proposée par le Conseil des États, cette menace devient à nouveau très concrète. Le Conseil national se penchera sur la question lors de la session de printemps.

La reine des hauts plateaux menacés

 Raphael Weber Raphael Weber
Le haut plateau de la Greina

Ulteriori informazioni

Info

Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Avec la Greina, c’est en quelque sorte la reine de toutes les hautes vallées menacées qui a été pour ainsi dire sauvée des eaux: dans les années 1970 et 1980, une forte résistance s’est formée contre un projet de barrage sur le haut plateau de la Greina. L’ordonnance sur la compensation des pertes subies dans l’utilisation de la force hydraulique (OCFH) a été créée pour sauver ce site. Grâce à elle, les communes qui renoncent à des projets de centrales dans des paysages d’importance nationale perçoivent des indemnités compensatoires pour les redevances hydrauliques auxquelles elles renoncent. La Greina est un site protégé en vertu de l’OCFH, mais l’effet protecteur de l’ordonnance est relatif: les contrats prévus pour quarante ans peuvent être résiliés à tout moment d’un commun accord entre la Confédération et les communes. Jusqu’à présent, le statut de zone alluviale d’importance nationale offrait une meilleure protection à ce haut plateau unique, mais avec la nouvelle loi sur l’énergie, ce label serait vidé de sa substance.   

Une nature sauvage encore intacte

 Raphael Weber Raphael Weber
Le Baltschiedertal

Au sud du Bietschhorn, deux vallées de montagne spectaculaires descendent à pic vers le Rhône: le Bietschtal et le Baltschiedertal. Toutes deux sont inhabitées et ont été concernées par des projets de barrages. Ces projets ne sont plus d’actualité, car le Bietschtal et le Baltschiedertal sont aujourd’hui des sites OCFH et leur fond de vallée pittoresque a été inscrit à l’inventaire des zones alluviales d’importance nationale. Mais avec les derniers développements, les projets de submersion de ces vallées alpines sauvages peuvent connaître de nouveaux rebondissements.

 Jan Gürke
Signez pour soutenir la protection des biotopes

La Coalition pour la protection des biotopes souhaite publier des annonces dans les journaux en février 2023. Elle espère ainsi convaincre le Conseil national de maintenir la protection des biotopes et de préserver ainsi le cœur de la nature en Suisse. Plus il y aura de signataires, mieux notre message sera entendu. Merci pour votre soutien!

Une émeraude sans protection

 Raphael Weber Raphael Weber
Le magnifique Vallon de l’Allondon

Dans les années 1940, une zone de loisirs très appréciée des Genevoises et des Genevois, le magnifique Vallon de l’Allondon, risquait de disparaître sous les eaux d’un lac de retenue. Une large opposition s’est formée contre ce projet, qui a finalement été suspendu jusqu’à nouvel avis. Il semblait jusqu’à présent impossible qu’on le ressorte du tiroir: cette vallée sauvage est une plaine alluviale d’importance nationale et fait partie du réseau international Émeraude. Mais face à un projet énergétique d’importance nationale, ce statut de protection n’aurait désormais que peu de poids.

Des sites intouchables?

 Raphael Weber Raphael Weber
Le val Morteratsch

Pour de nombreux lectrices et lecteurs, il peut sembler fou d’imaginer que des destinations touristiques populaires comme le val Roseg ou le val Morteratsch (photo), en Engadine, puissent disparaître un jour dans un lac de retenue. Mais cela ne relève plus du domaine de l’impossible: le statut de protection de ces zones alluviales d’importance nationale serait nettement affaibli par le projet de loi. Les hautes vallées spectaculaires deviendraient ainsi intéressantes pour les investisseurs, d’autant plus qu’on peut s’attendre à ce que ces paysages de haute montagne soient encore alimentés par de grandes quantités d’eau de fonte pendant des décennies, malgré le recul des glaciers. En principe, il suffirait que le canton et la commune d’implantation approuvent un projet d’intérêt national, avec la perspective de redevances hydrauliques, de nouveaux emplois et d’un prix de l’électricité plus bas.

 Raphael Weber
Des joyaux menacés

Vous trouverez d’autres joyaux menacés ainsi que des articles intéressants dans l’édition actuelle du magazine Pro Natura pour les membres.

 Marco Scisetti
04.01.2023 Eaux

Des traces de poison dans la neige

De nombreux amateurs·trices de ski de fond et de ski alpin ne savent pas que le fart libère dans l’environnement des produits chimiques toxiques. Certaines de ces substances s’accumulent dans les sols, les eaux, les organes des animaux et des êtres humains. Mais il existe aujourd’hui des farts respectueux de l’environnement.

Le 12 mars prochain, près de 14 000 passionné·e·s de ski de fond seront au départ du mythique Marathon de l’Engadine (GR). Quarante-deux kilomètres de course les attendent: un long parcours de skating sur trois lacs gelés, suivi de courtes montées et d’une longue descente vers S-chanf. A-t-on bien farté? L’arsenal des produits disponibles est immense et il n’est pas facile de faire son choix. Le milieu du ski de fond s’accorde sur une chose: les farts fluorés sont supérieurs à tous les autres produits, surtout dans des conditions humides et dans la neige sale. Aucune autre substance ne repousse aussi bien l’eau et la saleté (pollen, poussières fines) et ne permet aux skis de glisser aussi bien.

Les fluorocarbures ont toutefois leurs revers: ils sont toxiques et ne se dégradent pratiquement pas. En 2011, Merle Plassmann, une scientifique suédoise spécialiste de l’environnement, a démontré que les farts fluorés se dispersaient dans l’environnement par abrasion. Elle a analysé la neige sur les pistes de ski de fond de la Vasaloppet – la célèbre course de ski de fond en Suède – à la recherche de résidus d’APFO (acide perfluorooctanoïque) et en a trouvé des concentrations particulièrement élevées dans la zone de départ et sur les premiers kilomètres. En Norvège également, des chercheurs ont détecté des concentrations élevées d’APFO dans des échantillons de terre et de vers ainsi que dans le foie de campagnols sur un domaine skiable de Trondheim. Les concentrations n’ont certes pas atteint un niveau toxique, mais les chercheurs ont souligné que l’APFO s’accumulait jusqu’au sommet de la chaîne alimentaire (par ex. renard, loup, rapaces).

Le lac de Sils, un «hotspot»

Ces nouvelles ont alerté Radi Hofstetter, président de la Fédération de pêche des Grisons, qui se demande depuis un certain temps pourquoi, dans les lacs de l’Engadine, on pêche près de 80% de poissons en moins qu’il y a vingt ans. Les résidus de cires toxiques présents sur les pistes des lacs pourraient-ils être en cause? En 2020, Radi Hofstetter a commandé une enquête en collaboration avec le magazine K-Tipp: l’échantillon prélevé dans quatre lacs d’Engadine a révélé la présence d’APFO dans 13 des 44 poissons analysés. Les poissons du lac de Sils, zone de départ du Marathon d’Engadine, étaient les plus touchés: près d’un poisson sur deux y présentait de l’APFO. La toxicologue environnementale Joëlle Rüegg de l’Université d’Uppsala en Suède qualifie les valeurs détectées chez les poissons d’«extrêmement élevées». Mais cela ne prouve pas que l’APFO soit responsable du déclin des poissons.

 Angela Peter Angela Peter
Le sous-groupe de l’APFO, utilisé dans les farts et considéré comme particulièrement toxique, n’a été détecté que chez les poissons du lac de Sils.

Alerté par l’écho médiatique, le canton des Grisons a lancé sa propre enquête dans trois lacs: le lago Bianco, le lago Crocetta et le lac de Sils. Des traces de composés fluorés – PFAS pour perfluoroalkylés et polyfluoroalkylés (voir encadré) – ont été détectées en «faibles concentrations» dans le foie de 83% des poissons analysés, comme on en trouve aussi dans les poissons du lac Léman ou du lac de Constance. Le sous-groupe de l’APFO, utilisé dans les farts et considéré comme particulièrement toxique, n’a été détecté que chez les poissons du lac de Sils (10 sur 40) – une indication claire que le ski de fond est en cause, aucune piste n’étant tracée sur le lago Crocetta ni sur le lago Bianco. Il n’est pas possible d’évaluer précisément l’effet de ces substances sur les poissons, explique le chef cantonal de la pêche, Marcel Michel: «Nous ne pensons pas qu’il y ait de dommages aigus. Mais des pollutions chroniques pouvant avoir des répercussions négatives sur la reproduction et la croissance ne doivent pas être exclues.»

La planète entière est contaminée par les PFAS

Aujourd’hui, il n’existe plus aucune région exempte de produits chimiques à base de PFAS. Ces substances se retrouvent même dans l’Antarctique et sur le plateau tibétain via l’air et la pluie. Les PFAS sont des hydrocarbures dont les atomes d’hydrogène ont été remplacés entièrement ou partiellement par des atomes de fluor. En raison de leurs propriétés hydrofuges, anti-graisses et anti-salissures, ils sont utilisés par exemple dans les farts, les vestes d’extérieur, les sprays imperméabilisants, les graisses pour chaînes et les cosmétiques. Ni les microbes ni la lumière du soleil ne peuvent les dégrader: les PFAS rejetés dans l’environnement par les produits, les cheminées d’usine ou encore les eaux usées y restent pendant des décennies. Ils s’accumulent dans les sols et les eaux, mais aussi dans les organes des animaux et des êtres humains, où ils ne sont pratiquement pas dégradés ni éliminés. Si les PFAS n’ont pas d’effet toxique aigu, on sait que certains d’entre eux peuvent causer de nombreux problèmes de santé. Les deux classes les plus toxiques (APFO, PFOS) sont aujourd’hui interdites dans de nombreux pays, mais l’industrie se tourne vers d’autres PFAS moins bien étudiés et s’oppose résolument aux récentes propositions des instances européennes visant à retirer du marché l’ensemble de ce groupe de substances.

Interdiction et manœuvres d’évitement

Dans l’UE, l’APFO est classé comme substance cancérigène et néfaste pour la reproduction. L’Office fédéral de la santé publique (OFSP) a également taxé ce groupe de substances de cancérigènes. Comme ces substances restent longtemps dans les organismes et s’y accumulent, contrairement à d’autres substances toxiques qui se dégradent rapidement, il n’est pas possible d’indiquer une «limite d’exposition sûre». L’UE a donc interdit l’utilisation de l’APFO en 2020, la Suisse l’a suivie un an plus tard. Les fabricants de fart ont donc été contraints de trouver des alternatives. De nombreux producteurs sont tout simplement passés à d’autres composés organiques fluorés: au lieu d’un composé C8 (APFO), ils utilisent désormais des composés à chaîne courte ou longue (C4, C10, etc.). L’Office fédéral allemand de l’environnement avertit toutefois que ces derniers sont tout aussi persistants et mobiles, et a commandé des études sur leur toxicité.

La Fédération internationale de ski (FIS) a annoncé l’interdiction totale des cires fluorées pour la saison 2022/23. Une décision motivée par le décès d’une monitrice norvégienne, dont la santé aurait été altérée par des années de fartage de skis. Mais pour le sport de masse, c’est la responsabilité individuelle qui prévaut. Les personnes souhaitant acheter du fart sans fluor disposent aujourd’hui d’une large offre.

Regarder de plus près

Toutefois, la prudence est également de mise avec les cires sans fluor. «Pour remplacer les composés fluorés, on utilise souvent des substances qui sont tout sauf inoffensives», explique le chimiste Peter Bützer, ancien enseignant à l’EPFZ. Comme les fabricants n’indiquent pas les substances utilisées, ni sur les emballages, ni sur les fiches de sécurité, Peter Bützer a épluché la littérature relative aux brevets. «On y trouve de nombreuses substances toxiques et nocives pour l’environnement comme les siloxanes, le gallium, le disulfure de molybdène, le nitrure de bore, les nanoparticules et les microplastiques, mais aussi plusieurs substances qui ne sont pas suffisamment caractérisées. C’est seulement lorsque les fabricants de cire dévoileront leurs formules avec toutes les preuves nécessaires de faible toxicité et d’impact minimal sur l’environnement que l’on pourra se fier aux produits.»

 HasseChr HasseChr
La Fédération internationale de ski (FIS) a annoncé l’interdiction totale des cires fluorées pour la saison 2022/23.

Avec Isantin, Peter Bützer a développé sa propre ligne de farts pour le ski de fond et de randonnée et pour le ski alpin. Ce fart est basé sur le colorant végétal indigo, dont il est prouvé qu’il est respectueux de l’environnement et qu’il possède d’excellentes propriétés de glisse, comme le montrent les tests effectués par l’Institut pour l’étude de la neige et des avalanches WSL en février 2019. De moins un à huit degrés Celsius, l’Isantin bat même les farts fluorés. C’est uniquement dans la neige mouillée que le fart naturel n’arrive pas à les concurrencer.   

L’entreprise américaine MountainFlow et la jeune entreprise espagnole Nzero, qui a reçu en 2019 l’Eco Award de la Fondation Sécurité dans le ski (SIS) pour ses développements écologiques dans l’industrie des sports d’hiver, produisent également des farts 100% végétaux. Les grandes marques de farts ont également identifié cette tendance écologique et proposent désormais des farts «naturels» dans leur assortiment. Toko, par exemple, propose depuis 2021 «Natural Wax Universal», un produit à base de paraffine et de cire naturelle. Pour les plus ambitieux, Toko a développé une ligne de farts naturels «Performance», basée sur une combinaison de différents farts naturels. Elle sera commercialisée au cours de la saison 2023/24 en trois variantes (pour conditions chaudes, normales et froides).

Désormais, les amateurs et amatrices de sports d’hiver ont la responsabilité de pratiquer leur sport dans le respect de l’environnement, en choisissant consciemment leur matériel.

Nicolas Gattlen, rédacteur du Magazine Pro Natura.

 Stefan Holm Stefan Holm
C’est seulement lorsque les fabricants de cire dévoileront leurs formules avec toutes les preuves nécessaires de faible toxicité et d’impact minimal sur l’environnement que l’on pourra se fier aux produits.

Ulteriori informazioni

Info

Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Lebensraum Wiese
laufende Projekte

Aktuell fördern wir mit über 250 Projekten die Natur und die Artenvielfalt in allen Regionen der Schweiz. Dies ist nur dank Spenden und Mitgliederbeiträgen möglich. Herzlichen Dank für Ihre Unterstützung.

Jetzt spenden