Progetti
Ensemble et plus vite vers une Suisse durable
Les personnalités dirigeantes s’appuient sur des résultats qu’elles ont obtenus déjà et promettent de décider et d’agir au mieux pour la durabilité. Elles reflètent les milliers de personnes impliquées en entreprises, dans les institutions scientifiques et académiques, dans la société civile - qui orientent déjà leurs activités vers une économie circulaire, la préservation du climat, la réduction des inégalités en particulier.
A l’occasion du SDG Flag Day, une chanteuse de yodel et un lanceur de drapeau à l’effigie des 17 ODD ont rappelé, près du Palais fédéral, que l’Agenda 2030 s’inscrit dans notre constitution et dans nos traditions vivantes.
L’appel lancé ce 25 septembre relève des succès comme des reculs : «La Suisse progresse dans quelques domaines, par exemple en augmentant la part de l’agriculture biologique ou en développant les énergies renouvelables. L’évolution d’autres domaines est en recul ou stagne : la pauvreté comme les inégalités s’accroissent en Suisse et dans le monde, le déploiement d'une mobilité sans obstacles prend du retard et la diversité des espèces s’érode. En outre, notre pays exporte une part importante de son impact sur le climat, l’environnement et les droits humains : deux tiers environ de notre empreinte sont générés à l’étranger.»
Président de la Fédération suisse des entreprises et présent sur place, Christophe Barman déclare notamment: «Je suis persuadé que (l’économie) doit être la solution et se mettre activement en mouvement vers la transition. Je m’engage à catalyser les entreprises pionnières et à œuvrer pour des conditions cadres favorables à l’entrepreneuriat responsable.» Valérie d’Acremont, professeure et médecin responsable de secteur à Unisanté, promet pour sa part : «Je m’engage à continuer d’œuvrer dans mon travail en tant que médecin et professeure ainsi que par des engagements militants pour rendre nos systèmes de santé plus efficients, durables et robustes, dans le respect des limites planétaires et en assurant une équité entre les diverses personnes et régions du monde.» Directrice de la Plateforme Agenda 2030, Eva Schmassmann ajoute : «Le développement durable est un défi tellement vaste qu’il nécessite beaucoup de collaboration afin d’éviter de se sentir dépassé. La Plateforme vise justement à renforcer les liens dans l’idée « Ensemble, nous sommes plus fort∙e∙s.»
Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura: «de nombreuses années, je m'engage contre la pauvreté, pour la promotion de la santé et pour la préservation de la nature, notre source de vie. Depuis 2018, je suis présidente de Pro Natura, une organisation qui a créé le Parc National Suisse et a participé à réintroduire le bouquetin et le lynx. Pro Natura gère en outre 800 réserves naturelles dans toute la Suisse afin de préserver espèces et habitats menacés, pour la population et la nature. C'est avec conviction que je suis aussi membre du comité de l’initiative pour la biodiversité. Plus de biodiversité est importante pour nous toutes et tous : pour assurer notre alimentation, pour nous protéger contre le changement climatique et, surtout, pour plus de joie de vivre, car sans biodiversité, il n'y a pas de vie ! C'est pourquoi je continuerai à m'engager avec Pro Natura pour préserver la nature en Suisse – pour plus de surface, plus de qualité et plus d'argent pour la protection de la nature.»
Plus d'informations:
- Les photos de l’événement seront mises à disposition dès 17h sur notre page web : Plateforme Agenda 2030
Renseignements:
- Pierre Zwahlen, président Plateforme Agenda 2030, tél. 079 615 44 33
- Rianne Roshier, chargée de partenariats, tél. 079 746 54 16
L'appel d'aujourd'hui « Ensemble pour les ODD » marque le lancement d’une campagne en ligne qui se poursuivra jusqu'en février 2025. Cette campagne présente les 17 ODD ainsi que des personnalités inspirantes qui s’engagent pour une Suisse plus durable. Tous les contenus se trouvent sur le site de la campagne ensemble-pour-les-odd.ch et sur nos réseaux sociaux.
Potrebbe anche interessarti
Fontaines-sur-Grandson
Entre visions et utopies, quel chemin vers un futur désirable?
Depuis sa création par Thomas More, auteur en 1516 de l’ouvrage Utopia, le mot utopie, ou la représentation d’une société idéale, est teinté de double sens, entre fiction impossible et idéal à atteindre. Une organisation telle que Pro Natura, empreinte de pragmatisme et solidement ancrée dans le contexte suisse, n’est a piori pas coutumière de la première définition. La notion de «vision» s’avère en revanche un élément stratégique fondamental pour une ONG moderne. Celle de Pro Natura nous projette dans «un monde où les êtres humains vivent en harmonie avec la nature». «Un monde pacifique et durable, où l’équité et les droits humains sont réalisés», précisent les Amis de la Terre, le réseau mondial Pro Natura est le membre suisse. Ou encore, «une société fondée sur la justice sociale, économique, environnementale et de genre, exempte de toute forme de domination et d’exploitation».
Depuis au moins cinquante ans, de nombreux chercheur·euses, économistes, environnementalistes et philosophes ont développé de leur côté des modèles visant une société juste et durable, où le bien-être et la prospérité ne se construisent pas sur la destruction de la nature, en s’appuyant sur un constat simple: une croissance infinie n’est pas possible dans un monde dont les ressources naturelles sont limitées et épuisables. Ces concepts parlent alors de décroissance, de postcroissance ou de sobriété.
Viser la sobriété
C’est avec ce dernier terme que Pro Natura a choisi de travailler. La notion de sobriété équivaut à un niveau de consommation situé entre les extrêmes insoutenables de la surconsommation et de la pauvreté matérielle. L’objectif est alors d’utiliser les ressources de manière raisonnable, afin que les êtres humains puissent s’épanouir sans compromettre la stabilité de la biosphère. Or, le système économique actuel contribue de manière inacceptable à la destruction des écosystèmes et à la dégradation du climat, aux dépens des populations les plus démunies et de l’avenir de nos enfants. Des transformations profondes sont nécessaires pour assurer un développement dans les limites environnementales planétaires. Alors que la crise climatique s’aggrave et que l’effondrement de la biodiversité s’accélère, il y a urgence à adapter notre société et à adopter un nouveau paradigme. C’est pourquoi Pro Natura a décidé de faire de la sobriété l’une des quatre priorités de sa nouvelle stratégie (2025-2028).
Dans de nombreux pays, des organisations, des groupes de réflexions et des activistes se réclament d’ailleurs de cette pensée et proposent des mesures concrètes pour se diriger vers un changement de système. L’Université de Lausanne, par exemple, est un pôle de réflexion reconnu autour de personnalités comme Julia Steinberger ou Timothée Parrique. Ensemble, nous devons transformer l’opinion publique et peser sur les décideur·euses. Les 180’000 membres de Pro Natura viennent de milieux très variés et ont des visions probablement très diverses de la société idéale, mais ils partagent une passion commune pour la nature et la volonté de la préserver: c’est ainsi que nous pouvons apporter la masse critique pour faire bouger les lignes.
Ulteriori informazioni
Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Dans un monde où les ressources naturelles sont limitées, une croissance illimitée est impossible.
Le choix du vivant
Le chemin est difficile et parfois semé d’embûches: la résistance des milieux économiques court-termistes est forte et l’imaginaire du «toujours plus» qui serait synonyme de bien-être a la dent dure. De fait, plusieurs projets visionnaires ont déjà été rejetés dans les urnes, comme l’initiative populaire pour la responsabilité environnementale l’an dernier. Mais l’accélération du désastre écologique ne nous laisse pas le choix : c’est sans attendre qu’il faut choisir le vivant contre la destruction et la raison contre les messages confortables du techno-fixisme, comme l’idée que le tout-électrique est la solution à tous nos problèmes.
Pro Natura choisit d’accompagner, de stimuler et de soutenir les initiatives qui construiront la Suisse soutenable et solidaire de demain. Nous le faisons dans notre travail politique, où nous avons besoin de lois solides et innovantes pour encadrer l’utilisation du sol, la production et la consommation raisonnée d’une alimentation et d’une énergie propres, ou pour protéger la forêt ici comme dans les pays du Sud. À l’échelle locale, nos sections sont à l’écoute et appuient les efforts de collectifs citoyens engagés contre le gaspillage, pour la production d’une alimentation locavore, pour le développement d’un habitat économe ou simplement dans l’échange et la convivialité. Voilà comment la vision de Pro Natura prend corps dans un travail concret sur le terrain.
BERTRAND SANSONNENS, coordinateur de la coopération internationale chez Pro Natura
et membre du Comité exécutif des Amis de la Terre International.
Potrebbe anche interessarti
«Nous avons besoin d’images et de récits qui nous montrent comment vivre mieux»
Magazine Pro Natura: autrefois on voyait l’avenir en rose. Aujourd’hui, ce sont les visions dystopiques – guerres, ouragans, sécheresses, destruction de la nature – qui dominent. Pourquoi tant de gens voient-ils tout en noir?
Harald Welzer: le discours du mouvement écologiste contribue largement à ce pessimisme. À force de voir des graphiques illustrant l’effondrement imminent des écosystèmes ou des images d’ours polaires affamés et de forêts tropicales en flammes, il devient difficile d’envisager l’avenir avec espoir.
Ces images visent à faire comprendre qu’il est urgent d’agir. Elles sont censées provoquer un électrochoc...
Mais c’est l’effet inverse qui se produit: une certaine résignation s’installe. Depuis des décennies, les institutions environnementales et les ONG utilisent les mêmes leviers, sans succès. Pour quelle raison? Parce qu’elles ne parviennent pas à présenter la protection du climat et de la nature comme un projet collectif visant à améliorer nos conditions de vie. Prenons un exemple: la ville sans voitures. Une telle ville serait souhaitable même en l’absence de changement climatique. Les voitures sont bruyantes, polluantes, dangereuses, elles occupent un espace considérable, en surface comme en sous-sol, ce qui fait grimper les loyers. Que la ville sans voitures consomme moins de ressources et émette moins de CO2 n’est alors qu’un effet secondaire positif.
Nous ne devons donc pas «sauver le monde»?
Non. C’est une injonction trop écrasante et surtout trop éloignée de la vie quotidienne des gens. C’est la grande faiblesse du mouvement pour le climat et la durabilité: il ne sait pas créer des visions positives, seulement des récits réactifs: «Nous devons changer, sinon tout s’effondrera.» Mais comment? Nulle part, on n’explique à quoi pourrait ressembler une société future.
Pourtant, il existe bien cette idée d’une société fondée sur la sobriété.
Oui, cette idée existe, mais personne ne comprend vraiment ce que cela recouvre. En allemand, on parle de «Suffizienz», un terme assez laid que l’on traduit mieux par sobriété que par «suffisance». Toutefois, ce mot abstrait n’allume aucune flamme. Ce dont nous avons besoin, ce sont d’images et de récits qui nous montrent comment vivre mieux, de contre-récits séduisants face aux histoires de consommation que nous servent en permanence Amazon, Temu, EasyJet, MSC Cruises et consorts.
Faut-il alors un grand projet d’avenir?
Je me méfie de cette idée. Nous ne devons pas refaire l’erreur de nous éloigner du présent. L’utopie comme projet d’avenir est une idée à la fois archicapitaliste et archicommuniste. Elle dit: le présent ne vaut rien – le réel, le beau et le bien sont encore à venir. Et pour y parvenir, il suffirait d’accroître encore l’énergie, les ressources, le capital et l’innovation technique.
Elon Musk rêve de coloniser Mars, de transports tubulaires ultrarapides et de robots qui nous libéreraient des tâches fastidieuses.
Tout cela, c’est du réchauffé, si vous me passez l’expression. La colonisation de Mars, les taxis volants ou l’Hyperloop: on trouve déjà ces fantasmes chez Walt Disney, dans les années 1950! Et les idées de Disney s’enracinent encore plus loin. Les utopies technologiques tournées vers l’avenir se sont développées à la fin du 19e siècle avec l’industrialisation et le capitalisme. Avant cela, l’utopie était une fiction située dans l’espace. Dans son roman Utopia (1516), Thomas More [ndlr: homme d’État et auteur anglais] décrit une île où se déroule la vie idéale d’une société idéale. Ce texte est une critique satirique de la société féodale anglaise de l’époque. Il part donc du présent d’alors. Nous aussi, nous devrions nous appuyer sur le présent et développer ce que j’appelle des «utopies contemporaines».
Qu’entendez-vous par là?
Il faut d’abord regarder ce qui va bien. Cela peut nous servir de ressource et de motivation pour changer ce dont nous ne voulons plus, ce qui nous nuit et nuit à la nature. Nous n’avons pas besoin de tout renverser. Sur le plan culturel et social, nous sommes aujourd’hui très bien placés: jamais il n’y a eu de société aussi libre ni aussi sûre. Ces acquis civilisationnels doivent être préservés et défendus. D’ailleurs, beaucoup d’entre eux – le droit de vote des femmes, la liberté de la presse, la prévoyance vieillesse – étaient autrefois considérés comme utopiques, c’est-à-dire inaccessibles. Aujourd’hui, notre «seul» véritable problème est que notre économie est destructrice. Nous avons un rapport faussé à la nature et c’est cela qu’il faut corriger. Les moyens d’action existent. Nous avons l’argent, la science et la démocratie.
Mais justement: pas de grandes visions...
Peut-être n’en avons-nous pas besoin. J’ai en tête une mosaïque d’«hétérotopies». J’entends par là des utopies concrètes appliquées à petite échelle, comme la ville sans voitures ou les villeséponges. Ces changements ponctuels peuvent devenir les jalons d’un changement de cap. Il s’agit ensuite d’observer comment ces éléments interagissent, se renforcent mutuellement et soutiennent une économie qui sert les êtres humains sans nuire à la nature.
Dans votre livre «Alles könnte anders sein. Eine Gesellschaftsutopie für freie Menschen» (Tout pourrait être différent. Une utopie sociale pour des êtres humains libres), vous écrivez: «Les années fastes sont révolues.» Beaucoup y voient un renoncement...
C’est une erreur d’interprétation. Curieusement, dans les domaines du développement personnel ou de la remise en forme, notre idéal n’est pas celui de l’excès. Mais en matière d’économie et de consommation, nous voulons toujours plus. Je ne considère pas le développement d’une autre forme d’économie et d’un autre mode de vie comme un exercice de renoncement. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir si, en bâtissant autrement ou en repensant nos mobilités, nous y perdrons ou si, au contraire, nous y gagnerons en qualité de vie.
NICOLAS GATTLEN, reporter pour le Magazine Pro Natura
Bio express
Harald Welzer est le directeur de la fondation pour la durabilité ««Futurzwei – Stiftung Zukunftsfähigkeit». Il a enseigné le design de la transformation à l’Université européenne de Flensbourg et à l’Université de Saint-Gall. En 2019, il a publié chez S. Fischer Verlag le livre «Alles könnte anders sein. Eine Gesellschaftsutopie für freie Menschen» (Tout pourrait être différent. Une utopie sociale pour des êtres humains libres). Au travers de scénarios réalistes, il y esquisse des visions concrètes de l’avenir, notamment dans les domaines du travail, de la mobilité, de la vie en ville et de l’économie, et oppose courage et imagination à la fameuse «absence d’alternative». Son dernier livre, «Das Haus der Gefühle» (La maison des sentiments, 2025), explore la question suivante: pourquoi l’avenir a-t-il besoin d’origines?
-
Debora Mittelstaedt /S. Fischer Verlag
- Harald Welzer
Potrebbe anche interessarti
«Les plantations ne sont pas des forêts!»
Au Ghana comme dans de nombreuses régions du Sud, les populations locales luttent contre la destruction des forêts et l’accaparement de leurs terres, transformées notamment en immenses plantations de palmiers à huile, avec des conséquences désastreuses tant au niveau social qu’environnemental.
C’est par ce cri du cœur, imprimé sur des t-shirts, que Friends of the Earth Ghana exprime son engagement contre les plantations en monoculture dont souffrent tant de communautés de ce pays.
Ulteriori informazioni
Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Membre du réseau Amis de la Terre International, Pro Natura soutient depuis 2016, en collaboration avec l’organisation suisse de développement EPER – Pain pour le prochain, des projets visant à renforcer la résistance au modèle agro-industriel non seulement au Ghana, mais aussi dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest ainsi qu’au Honduras et en Malaisie.
«L’un des axes de travail se situe à un niveau très local et consiste à aider les communautés directement concernées à défendre leurs droits et à mettre en œuvre des pratiques agro-écologiques», explique Bertrand Sansonnens, chef de projet Politique et affaires internationales à Pro Natura.
Des communautés bafouées
Lui-même s’est rendu au Ghana en 2022 dans le cadre du projet mis en œuvre par la coordination africaine des Amis de la Terre. Là-bas, il a eu l’occasion de rencontrer les habitantes et habitants du petit village d’Abo-Abo, dont la vie a radicalement changé depuis l’établissement de la plantation d’Okumaning par la Ghana Oil Palm Development Company (GOPDC), détenue majoritairement par la multinationale belge SIAT. «SIAT fait partie des cinq grandes entreprises qui contrôlent à elles seules 75% des plantations de palmiers à huile en Afrique», souligne Bertrand Sansonnens.
Un constat que viennent corroborer les témoignages qu’il a recueillis à Abo-Abo: à force de promesses, de nombreuses paysannes et paysans ont finalement accepté que la GOPDC utilise leurs terres, mais peu ont reçu les compensations financières prévues dans les contrats pour compenser l’absence de récoltes. «Avec l’aide de FoE Ghana, l’affaire a été portée devant les tribunaux, mais le verdict n’a toujours pas été rendu, après des années d’attente.» Trois villages des alentours ont été détruits, leur population expulsée et les écoles fermées. «Les chômeurs sont nombreux et la consommation de drogues et d’alcool fait des ravages parmi la jeunesse. Beaucoup regrettent le temps où la culture du manioc, de plantains, d’ignames, de cacao et même de palmiers à huile pour la production locale leur rapportait assez de revenus pour mener une vie digne.»
-
Bertrand Sansonnens
- Au Ghana, le palmier à huile était cultivé par les locaux bien avant la colonisation.
Résistance à l’agro-business
Force est de constater que la vie d’un tel projet est semée d’embûches. «Le Covid en particulier n’a pas aidé, limitant le travail sur le terrain», relève Bertrand Sansonnens. «En revanche, la collaboration entre les organisations locales s’est accentuée. Avant ma visite dans les plantations, j’ai pu prendre part au Forum communautaire de résistance aux monocultures, organisé par le réseau africain pour échanger les expériences et renforcer la mobilisation.» Forts de ce bagage et de celui des autres pays impliqués, les Amis de la Terre ont pu également mettre en avant les responsabilités de l’agro-business sur la scène internationale, notamment lors de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité en 2022 à Montréal (COP15).
-
Bertrand Sansonnens
Mais le combat est loin d’être gagné. «Une nouvelle phase de ce programme est en cours d’élaboration. Elle visera à systématiser les expériences régionales pour une lutte mondiale contre les multiples facteurs qui menacent de plus en plus les forêts et les terres communautaires.» Bertrand Sansonnens précise aussi que le projet s’inscrit parfaitement dans la stratégie globale des Amis de la Terre, à savoir la transformation du système dominant actuel vers des sociétés soutenables sur le plan environnemental et socialement justes. «La responsabilité de nos sociétés riches du Nord est écrasante: nous devons évoluer vers plus de sobriété, tout en contrôlant les agissements des entreprises multinationales qui provoquent la surconsommation et en profitent.»
TANIA ARAMAN, rédactrice du Magazine Pro Natura
Potrebbe anche interessarti
Sophie Swaton dessine de nouvelles voies vers une société durable
«Durant mes études de philosophie, je m’étais beaucoup intéressée à la précarité sociale et au concept de revenu juste», explique-t-elle. «J’ai eu un déclic quand j’ai été engagée à l’IGD et que j’y ai rencontré Dominique Bourg. Il m’a initiée aux limites planétaires, que je ne connaissais pas concrètement, car je ne m’étais pas penchée sur les inégalités environnementales. J’ai alors pensé qu’on pouvait accélérer la transition en associant les deux domaines.»
Ulteriori informazioni
Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Son idée: créer un modèle permettant à la fois de soutenir financièrement des projets liés à des activités qui ont du sens pour la planète, de réunir les différents acteurs de la transition en réseaux, de permettre à ces derniers de se former de manière adaptée, et enfin, de favoriser la transmission des savoirs. «Le RTE s’inscrit dans une tradition très forte, remontant aux premières banques coopératives», souligne Sophie Swaton, qui ne se considère donc pas comme une pionnière – mais admet quand même du bout des lèvres le «côté novateur» de son modèle économique.
Afin de soutenir son projet, elle a créé la Fondation Zoein («vivre», en grec) en 2017 à Genève, puis l’association du même nom deux ans plus tard à Paris. Depuis, des projets et partenariats voient régulièrement le jour dans les deux pays. Ainsi, en Suisse, un réseau interterritoires a été mis en place en 2023, qui réunit les cantons de Vaud, Genève, Jura et Neuchâtel. «Je suis extrêmement touchée de voir l’ampleur que le mouvement a déjà pris», remarque la jeune femme avec enthousiasme, en avouant que «oui, on pourrait avoir plus de leviers et de subventions, et davantage de partenariats avec des entreprises privées et publiques. Il serait aussi nécessaire de pouvoir agir à plus grande échelle au niveau cantonal, et en intéressant tous les partis.»
Mais elle a foi en la conquête de la conscience: «Malraux disait que le 21e siècle serait spirituel ou ne serait pas. Ce qui fait notre humanité, c’est notre conscience. Et c’est en effectuant notre introspection, en favorisant les contacts et en utilisant à bon escient l’intelligence artificielle qu’on contribuera à notre santé physique, mentale et professionnelle.»
VÉRONIQUE KIPFER est journaliste indépendante.