Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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les marges proglacieres
28.07.2021 Eaux

Des lacs de barrage à la place des glaciers?

La fonte des glaciers laisse apparaître de vastes marges pro-glaciaires dans les Alpes. A de nombreux endroits, le secteur de l’énergie aimerait les utiliser pour construire de nouveaux lacs de retenue. Or ces milieux naturels ont aussi une grande valeur pour la biodiversité.

Les glaciers disparaissent inéluctablement. Les neiges éternelles qui illustrent encore nos cartes postales ne survivront pas au réchauffement climatique provoqué par l’être humain. Dans les Alpes, plus de 60 % du volume des glaciers a déjà fondu entre 1850 et 2016. Et cette tendance ne fait que s’accélérer: alors qu’en 1973, la Suisse comptait encore 2100 glaciers, il n’en reste aujourd’hui plus que 1400.

Les glaciologues estiment que peut-être, dans le meilleur des cas, il restera encore à la fin du siècle des reliques de glaciers en haute montagne. Ces témoins muets et désolés seront alors le signe que nous aurons quand même réussi, en tant que société, à tirer le frein à main pour éviter que la catastrophe climatique ne devienne complètement incontrôlable. A cet égard, le rejet de la Loi sur le CO2 le 13 juin dernier n’est cependant pas un signal encourageant.

De nouveaux milieux naturels

Avec la disparition des glaciers et du permafrost disparaît aussi leur effet stabilisateur sur les paysages de montagne, ce qui augmente fortement le risque de glissement de terrain dans les Alpes. Cependant, malgré le tragique de la situation, les surfaces qui apparaissent ouvrent des perspectives. Du point de vue de la protection de la nature, l’extension des marges glaciaires peut avoir, selon le site, une valeur élevée pour la biodiversité. Du point de vue du secteur de l’énergie, les lacs en train de se former constituent un potentiel exploitable pour l’énergie hydraulique.

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

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Série d’analyses (allemand)

Le secteur de l’énergie a déjà commencé à formuler ses desiderata. Là où les glaciers marquaient le paysage de leur empreinte, des lacs de retenue pourraient former un nouveau type de paysage, voué à l’énergie. Ce développement pourrait être favorisé par l’attribution relativement unilatérale des subsides à l’énergie hydraulique. L’utilité réelle de nouvelles installations est toutefois controversée, d’autant plus que d’autres technologies moins invasives, notamment le solaire, ou des améliorations d’efficience dans certains domaines ont un potentiel d’efficacité beaucoup plus important et peuvent tout autant contribuer à la sécurité d’approvisionnement souvent citée.

Fort potentiel pour la biodiversité

Alors que le potentiel énergétique des sites se laisse aisément estimer en vue de leur exploitation, les études nécessaires pour évaluer l’importance de ces surfaces du point de vue de la biodiversité n’en sont qu’à leur début. Pro Natura a donc mandaté une série d’analyses en ce sens. Comme on pouvait s’y attendre, les résultats montrent que certaines surfaces seront d’une grande valeur pour la diversité du vivant – notamment en tant que nouveaux habitats et éventuellement aussi comme zones de retrait pour les espèces contraintes de migrer en altitude en raison du réchauffement climatique.

Gletschervorfelder Raphael Weber
Un des treize objets prioritaires présentant le plus fort potentiel de biodiversité : la marge pro-glaciaire du glacier de l’Unteraar, où les plans d’inondation en vue d’une exploitation hydraulique sont déjà bien avancés.

Beaucoup de questions restent toutefois ouvertes. Pour en discuter, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a organisé une « Table ronde consacrée à l’énergie hydraulique », qui s’est tenue pour la première fois l’an dernier. Ce format doit permettre de discuter des exigences d’exploitation et de protection en les mettant sur un même niveau et d’inclure tous les acteurs concernés pour concevoir le développement de l’énergie hydraulique. Pro Natura participe à ces discussions et s’engage pour que les zones qui présentent un intérêt particulier pour la biodiversité soient maintenues en faveur de celle-ci.

Beaucoup d’objets de grande valeur

Près de 500 marges pro-glaciaires ont été étudiées sur mandat de Pro Natura. Menées par le bureau d’études géographiques geo7, les analyses portaient d’une part sur les zones dynamiques des sites et leur développement et, d’autre part, sur leur utilisation actuelle.

Les résultats montrent que de nombreux sites présentent une priorité élevée du point de vue de la protection de la biodiversité, que ce soit comme nouvelles plaines alluviales alpines ou comme marges pro-glaciaires. Un grand nombre d’entre eux se trouvent en dehors des zones protégées existantes. L’exploitation de certains de ces endroits fait déjà l’objet de discussions ou d’études.

Selon Pro Natura, la Confédération doit examiner de manière plus approfondie la valeur écologique de ces zones pour la biodiversité avant de poursuivre la discussion sur leur éventuelle exploitation. Là où les critères pour l’inscription dans un inventaire national de protection sont remplis, les inventaires doivent être complétés et les surfaces affectées à la protection de la biodiversité plutôt qu’à l’exploitation hydraulique. 

Michael Casanova est responsable des dossiers Politique énergétique et Protection des eaux chez Pro Natura.

Initiative biodiversité
11.11.2022 Crise de la biodiversité

La CEATE-E prolonge le délai pour l’Initiative biodiversité  

Lors de sa séance d’hier, la Commission de l’environnement du Conseil des États (CEATE-E) a prolongé le délai pour le traitement de l’Initiative biodiversité. La CEATE-E décidera en 2023 de l’entrée en matière sur la révision de la LPN, formulée par le Conseil fédéral et adaptée par le Conseil national. La commission propose au Conseil des États d’approuver une prolongation du délai imparti pour traiter l’initiative populaire afin qu’elle dispose de suffisamment de temps pour ses discussions sur la révision de la LPN. Les organisations saluent la volonté de la CEATE-E d’examiner de manière approfondie les conséquences de la perte de biodiversité pour l’économie et la société ainsi que les mesures à prendre pour protéger nos ressources naturelles.

«Compte tenu de l’ampleur de la crise de la biodiversité, les organisations de soutien de l’Initiative biodiversité attendent de la Commission de l’environnement qu’elle examine attentivement la situation, qu’elle entre en matière sur la révision de la loi sur la protection de la nature et du paysage et qu’elle améliore l’intéressant contre-projet du Conseil national», déclare Sarah Pearson Perret, secrétaire romande de Pro Natura.  

Le Conseil fédéral et le Conseil national ont tous deux reconnu qu’il était urgent d’agir pour faire face à la crise de la biodiversité. Au début de l’année, la commission de gestion du Conseil des États a présenté un rapport sur les mesures prises en faveur de la protection de la biodiversité en Suisse, qui attribue de mauvaises notes à la Confédération et aux cantons. L’année précédente déjà, le Conseil fédéral avait présenté une proposition pour la révision de la LPN sous forme de contre-projet indirect à l’Initiative biodiversité. Cet automne, le Conseil national a confirmé la nécessité d’agir et a proposé en complément le nouvel instrument des «sites biodiversité». Du point de vue des initiant.e.s, c’est un compromis qui mérite d’être examiné. 

«En raison de la perte accélérée des espèces, les scientifiques tirent depuis longtemps la sonnette d’alarme. Dans les milieux économiques, de plus en plus de voix s’élèvent pour alerter sur la situation, notamment chez SwissRe, McKinsey, PWC et du WEF. Si nous ne protégeons pas mieux notre biodiversité et nos écosystèmes, notre sécurité alimentaire et notre prospérité sont menacées», explique Raffael Ayé, Directeur de BirdLife Suisse. 

La 27e conférence climatique des Nations Unies (COP 27) qui se tient actuellement à Sharm-El-Sheikh indique également qu’en matière de lutte contre le changement climatique, nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la protection de la biodiversité. La biodiversité fournit des services écosystémiques essentiels à notre survie, comme la protection contre la sécheresse, l’érosion et les phénomènes météorologiques extrêmes. Des écosystèmes intacts peuvent stocker du CO2 et de l’eau, ce qui fait d’eux nos meilleurs alliés face au dérèglement climatique. 

«Du fait que le Conseil national a supprimé la promotion du patrimoine bâti de la révision de la LPN, les organisations de soutien à l’Initiative biodiversité attendent de la part de la commission du Conseil des Etats qu’elle soutienne la motion de la commission homologue du Conseil national (22.3892) et qu’elle inscrive le patrimoine bâti dans la LPN dans le cadre du message culture 2024», souligne Stefan Kunz, directeur de Patrimoine suisse. 

Contacts

  • Pro Natura: Sarah Pearson Perret, Secrétaire romande, @email, 079 688 72 24 
  • Initiative biodiversité: Natalie Favre, Service média, @email, 076 491 25 26 
  • BirdLife Suisse: Raffael Ayé, Directeur, @email, 076 308 66 84
  • Patrimoine suisse: Stefan Kunz, Secrétaire général, @email, 079 631 34 67  
  • Fondation suisse pour le paysage: Franziska Grossenbacher, Directrice suppléante, @email, 076 304 43 58 

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Communiqué de l’association de soutien de l’Initiative biodiversité sur la décision de la CEATE-E

Haut-marais de Rothenthurm (SZ)
30.09.2022 Crise de la biodiversité

Des progrès importants pour la protection du climat, des attaques irresponsables contre la protection de la nature

Lors de la session d'automne, le Parlement a pris des décisions importantes dans les domaines de la protection du climat et de la transition énergétique, mais il met également en danger la nature de manière irresponsable. Dans son bilan, l'Alliance-Environnement salue les progrès réalisés dans le développement des énergies renouvelables et la protection du climat. Toutefois, la suppression de la protection des biotopes prévue par le Conseil des États est irresponsable et contre-productive. La loi urgente sur le solaire apporte de l'électricité renouvelable, mais remet inutilement en question la pesée des intérêts qui a pourtant fait ses preuves. La crise de la biodiversité, la crise climatique et la crise énergétique doivent et peuvent être résolues ensemble avec une bonne planification.
  • En ce qui concerne la loi relative à un approvisionnement en électricité sûr, reposant sur des énergies renouvelables , le bilan est particulièrement mitigé. D'une part, le Parlement fixe des objectifs importants pour le développement des nouvelles énergies renouvelables et pour la maîtrise de la consommation d'énergie. Les conditions financières, notamment pour le développement du photovoltaïque, ont également été améliorées de manière significative. En revanche, les coupes drastiques dans la protection de la nature et de la biodiversité doivent être clairement rejetées. Certes, il a été renoncé à soumettre toutes les lois sur la protection de l'environnement et de la nature aux objectifs du développement de l'énergie, mais il a été décidé que même les biotopes d'importance nationale pourraient à l'avenir accueillir des installations de production d'énergie. Cette attaque contre les zones protégées les plus précieuses de Suisse, comme le haut plateau de la Greina ou le Val Roseg, est inacceptable. Les biotopes d'importance nationale abritent un tiers de toutes les espèces animales et végétales menacées sur à peine 2% du territoire suisse. Les dommages irréparables causés à la nature sont disproportionnés par rapport à la production supplémentaire de courant obtenue. De plus, l'énorme potentiel en matière de gaspillage d'électricité et de gains d'efficacité n’a malheureusement guère été discuté dans le projet. Le kilowattheure d'électricité le plus respectueux de la nature est celui qui est économisé. L'administration fédérale estime que le potentiel des mesures d'efficacité peut, à lui seul, représenter jusqu'à un tiers de la consommation totale d'électricité. La décision du Conseil des États concernant le décret sur l'efficacité électrique dans les bâtiments et l'augmentation de la production d'énergie solaire sur les toits est décevante. Le Conseil national est maintenant appelé à corriger la loi dans ces domaines.
  • Les progrès inscrits dans le contre-projet indirect à l'initiative pour les glaciers en matière de protection du climat sont réjouissants. Avec les objectifs climatiques et les mesures de promotion de l'innovation, le contre-projet indirect donne un signal clair à la population et à l’économie pour qu'elles accélèrent la transition vers un approvisionnement énergétique indépendant et résistant aux crises. Grâce au programme d'encouragement pour le remplacement des chauffages à mazout et à gaz nuisibles au climat et des chauffages électriques à résistance gourmands en électricité, un premier pas vers la solution est amorcé. L'été dernier a démontré l’importance de tout mettre en œuvre pour éviter d’atteindre les points de basculement dans le système climatique et leurs dangereux extrêmes.
  • La "Loi fédérale sur des mesures urgentes visant à assurer rapidement l'approvisionnement électrique pendant l'hiver" permet de faire un pas en avant en ce qui concerne la production d'électricité d'origine renouvelable en hiver. La loi est toutefois très problématique en ce qui concerne la protection de la nature et l'aménagement du territoire. Du point de vue de l'État de droit, l'abandon de l'obligation de planification, qui a fait ses preuves, et la modification de la pesée des intérêts sont particulièrement discutables et ne doivent pas se répéter. En outre, une occasion importante a été manquée d'aller réellement de l'avant en ce qui concerne le développement de la production solaire sur les toits: 70% des nouvelles constructions ne sont pas concernées par les mesures prévues. Parallèlement, l'extension sur les surfaces libres dans les régions alpines, avec des dommages potentiellement élevés pour la nature et le paysage sont massivement soutenues. 

Autres informations:

C'est ainsi que la Suisse réussira sa transition énergétique: https://energiewende2035.umweltallianz.ch/fr/

Contacts:

Pro Natura: Stella Jegher, membre de la direction, tél. 061 317 92 22, @email

WWF Suisse: Pierrette Rey, porte-parole pour la Suisse romande, tél. 021 966 73 75, @email 

Fondation Suisse de l’Energie: Léonore Hälg, co-responsable climat et énergies renouvelables, tél. 044 275 21 24, @email  

BirdLife Suisse: Raffael Ayé, directeur, tél.076 308 66 84, @email  

Greenpeace Suisse: Mathias Schlegel, porte-parole climat, 079 794 61 23, @email 

ATE: Association Transport et Environnement: Anders Gautschi, directeur, tél. 079 960 11 71, @email   

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Communiqué de l'Alliance Environnement

Prairie fleurie de Zeneggen VS @ Benoît Renevey
Crise de la biodiversité

L’accord international pour la sauvegarde des espèces et des milieux naturels

La Convention sur la diversité biologique (CDB) des Nations Unies est le principal accord international visant à préserver la diversité biologique de la planète. Elle constitue un cadre mondial pour toutes les activités nationales. Avec notre réseau «Les Amis de la Terre International», nous nous engageons depuis 2008 pour des décisions efficaces à même de sauver la biodiversité, équitables dans leur mise en œuvre et respectueuses des droits humains.

En 1992, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement à Rio de Janeiro, la communauté internationale a reconnu que des efforts communs étaient nécessaires pour enrayer le rapide déclin des espèces et la disparition des milieux naturels. À l’exception des États-Unis d’Amérique, presque tous les États du monde, dont la Suisse, ont signé la Convention et s’engagent ainsi:

  • à protéger la nature,
  • à utiliser la nature de manière durable et
  • à partager les avantages découlant de l’utilisation de ressources génétiques de manière juste et équitable.

2022–2030: nouveaux objectifs adoptés

Après une phase préparatoire de quatre ans comprenant de nombreux ateliers présentiels et virtuels ainsi que des négociations intermédiaires, le «Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal» (Global Biodiversity Framework, GBF) a été adopté le 19 décembre 2022 lors de la quinzième réunion de la Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB COP 15). Le GBF, qui doit permettre d’atteindre les buts de la Convention, contient 23 objectifs concrets qui couvrent tous les aspects de la protection de la biodiversité et qui devront être atteints d’ici à 2030. Avec son réseau «Les Amis de la Terre International» et la «CBD Alliance», Pro Natura a participé activement aux négociations.

Les principaux éléments du Cadre mondial destiné à juguler la crise de la biodiversité

Les attentes [link zu den «Kernpunkten» bzw. zur weggekürzten Liste] étaient élevées, car les nouveaux objectifs doivent permettre de mettre véritablement un terme à la perte de la biodiversité d’ici 2030 et d’inverser la tendance. Malheureusement, ces attentes n’ont été que partiellement satisfaites. L’accord n’amorce pas la transformation de notre système économique et social, qui est nécessaire d’urgence pour endiguer la pression qui pèse sur la biodiversité.

L’accord présente des lacunes:

  • Il manque des règles contraignantes pour l’économie ainsi que l’obligation de diligence et la responsabilité pour les dommages causés à la biodiversité.
  • Il manque un mécanisme de mise en œuvre efficace, l’obligation d’intensifier les efforts après l’établissement des rapports nationaux et une procédure de révision nationale.
  • Le financement a certes augmenté, mais il s’appuie dans une large mesure sur des contributions volontaires de l’économie et sur le trafic d’indulgences, et il continue d’être déterminé par les pays donateurs.
  • Le Cadre mondial mise partiellement sur les «solutions» susmentionnées et autres fausses solutions qui permettent aux entreprises de continuer à fonctionner aux frais de la nature tout en se donnant une bonne image.

Certains points ont toutefois été améliorés:

  • Les droits (droits humains, droits des Peuples autochtones, des femmes…) ont été renforcés et ancrés dans l’accord.
  • La mise en œuvre du Cadre mondial tient compte de principes importants tel le principe de précaution.
  • L’ensemble du gouvernement doit participer à la mise en œuvre et pas uniquement le ministère ou département de l’environnement (approche pangouvernementale).
  • L’aménagement territorial doit intégrer la protection de la biodiversité sur l’ensemble du territoire.
  • 30 % des écosystèmes dégradés doivent être restaurés.
  • 30 % des surfaces doivent être protégées en vue de favoriser la biodiversité et gérées de manière adéquate et équitable.
  • La pollution environnementale (engrais, pesticides, plastique) doit être réduite de moitié.
  • Les incitations dommageables à la biodiversité doivent être identifiées et supprimées.

Malgré les lacunes relevées plus haut, Pro Natura se réjouit qu’un accord ait été trouvé et que le Cadre mondial ait pu être révisé pour protéger efficacement les espèces et les milieux naturels, et par conséquent les bases de la vie. Pro Natura exige désormais que le Cadre mondial soit mis en œuvre à l’échelle nationale.

Kornblumen in Getreidefeld
«Après la décision de Montréal, il faut maintenant que la Convention sur la diversité biologique soit mise en œuvre de manière plus rigoureuse en Suisse et dans le monde.»
Friedrich Wulf

Que doit faire la Suisse désormais?

Comme tous les pays signataires, la Suisse doit désormais intégrer les nouveaux objectifs dans sa politique et adapter les plans d’action détaillant la mise en œuvre de la Stratégie Biodiversité Suisse et de la Stratégie pour le développement durable. La Confédération et les cantons doivent cesser de temporiser, fixer enfin les surfaces qui appartiendront à l’infrastructure écologique, en discussion depuis des années, et adopter les objectifs de l’initiative biodiversité. Il faut aussi délimiter dans toute la Suisse des surfaces dédiées à la biodiversité dans le cadre de l’aménagement du territoire et élaborer un plan de renaturation des milieux naturels dégradés comme les marais ou les surfaces herbagères exploitées de manière intensive. L’exploitation et la chasse ciblée des espèces sauvages ne doivent pas les mettre en danger et le taux de propagation des espèces exotiques doit être réduit de 50 %. Il faut poursuivre l’intégration de l’écologie dans l’agriculture et la politique agricole, concilier production de denrées alimentaires et promotion de la biodiversité, et veiller à ce que toutes les incitations, plans et projets de l’État soient compatibles avec la biodiversité et que ceux qui lui sont dommageables soient supprimés ou au moins modifiés.

L’Agenda 2030, l’instrument central du Conseil fédéral pour le développement durable, joue un rôle majeur pour la mise en œuvre des objectifs ayant trait à la durabilité des activités humaines – par exemple pour intégrer l’écologie dans le commerce mondial et réduire l’empreinte écologique de la Suisse. Les objectifs du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming à Montréal doivent être repris par la Stratégie pour le développement durable et mis en œuvre au moyen de son plan d’action.

Il faut également continuer à agir à l’échelle internationale: le système d’indicateurs doit être complété et le mécanisme de mise en œuvre amélioré. Il faut aussi convenir d’un mécanisme concret de répartition des avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques (y c. l’utilisation d’informations de séquençage numériques [ISN]). La prochaine réunion de la Conférence des Parties aura lieu en automne 2024 en Turquie.

La situation de la biodiversité est mauvaise - quelques chiffres clés

Quelles espèces sont particulièrement menacées dans le monde?
Sources: Liste rouge de l'UICN (2015 et 2019), FAO, OFEV, ONU

des conifères
des amphibiens
des mammifères

Historique

Le Cadre mondial de la biodiversité n’est pas le premier plan stratégique qu’a élaboré la CDB. En 2002, les États signataires avaient déjà décidé d’accélérer la mise en œuvre de la Convention pour réduire significativement le déclin de la biodiversité jusqu’en 2010.

En 2010, la dixième réunion de la Conférence des Parties à Nagoya a adopté un plan stratégique comprenant vingt objectifs (objectifs d’Aichi), qui devaient permettre de stopper la perte de la biodiversité d’ici à 2020. Faute de volonté politique, ces objectifs n’ont pas été atteints, comme l’a constaté l’IPBES, le Conseil mondial de la biodiversité, dans son rapport mondial publié en 2019. Malgré des succès ponctuels, la perte de la biodiversité se poursuit sans relâche.

Malheureusement, la Suisse n’a pas non plus atteint les objectifs d’Aichi (voir Analyse BL/PN/WWF, en allemand). La Suisse a certes adopté en 2012 la Stratégie Biodiversité Suisse, qui reprend les objectifs d’Aichi, et présenté en 2017 un plan d’action pour sa mise en œuvre. Ce plan, qui va entrer dans sa deuxième phase, est cependant loin de répondre aux attentes des ONG et ignore nombre de leurs propositions. En ce qui concerne la délimitation d’aires protégées, nous sommes mêmes, avec nos 6,6 %, loin des 17 % de la surface du pays qui avaient été convenus, et donc en queue de peloton en Europe.

Par ressources génétiques, on entend le matériel génétique, c’est-à-dire le matériel héréditaire des êtres vivants, qui est ou pourrait devenir utilisable par l’être humain, par exemple pour la culture de nouvelles plantes utiles ou la production de médicaments. Les ressources génétiques sont l’expression de la diversité génétique, l’un des trois piliers de la biodiversité (diversité des gènes, des espèces et des milieux naturels). Traditionnellement, les ressources génétiques sont transmises par le biais de parties de plantes ou de corps, isolées à partir de celles-ci et multipliées. Selon la CDB, ce transfert ne peut se faire qu’avec l’accord de la population sur le territoire de laquelle se trouvent ces ressources génétiques. Grâce au génie génétique moderne, il est également possible de transmettre virtuellement ces ressources sous forme d’informations de séquençage numériques (ISN) et de les produire de façon synthétique. Les droits de la population pouvant ainsi être contournés, il est urgent de réglementer ce domaine.

Contact:

Friedrich Wulf, chef de projet Politique internationale,
@email, tél. 0041 79 216 02 06

Cette forêt a un potentiel de réserve forestière
17.10.2022 Forêt

«La forêt est un réservoir incroyable de biodiversité»

Pour marquer ses 60 ans d’existence, Pro Natura Fribourg met la forêt et sa biodiversité à l’honneur. La section sensibilise à l’importance de la forêt comme milieu naturel et s’engage avec des projets concrets pour l’amélioration écologique de la forêt.

Un des projets de ce jubilé est particulièrement ambitieux et vise la création de soixante hectares de réserve forestière. Comme le souligne Stéphanie Chouleur, chargée d’affaires de Pro Natura Fribourg, «la forêt est un réservoir incroyable de vie et de biodiversité, il est essentiel de préserver l’écosystème et d’augmenter la qualité biologique de la forêt en Suisse, et cela passe par la création de réserve forestière. Ce projet est un défi qui nous motive toutes et tous.»

Aujourd’hui, 6,5 % de la surface forestière suisse est convertie en réserve forestière. D’ici 2030, la Confédération et les cantons visent 10 % au niveau national. Pro Natura Fribourg estime que 20 % de la forêt suisse doivent être rendus à la nature et être exempts de toute intervention humaine. C’est dans cette optique que s’inscrit la création de 60 hectares de réserve forestière.

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Une forêt vivante

Lorsque la forêt est laissée à son cycle naturel et dynamique, elle présente toutes les phases de développement, de la phase pionnière à la phase de décrépitude. Une forêt exploitée ne connait qu’une partie de ce développement et bien souvent le traitement en haute futaie, c’est-à-dire la coupe des arbres au tiers de leur vie environ, empêche les arbres d’atteindre leur phase de sénescence et de décomposition. Le bois mort est un habitat irremplaçable pour un nombre considérable d’espèces. «Un vieux chêne peut par exemple abriter entre 300 et 500 espèces, notamment de nombreux coléoptères, des champignons et des oiseaux», précise la chargée d’affaires. Le bois mort est également constitutif de l’humus, il est nécessaire à la régulation de l’eau par les sols forestiers et offre un apport de lumière nécessaire au cycle naturel.

Herbstlicher Wald
Promouvoir une forêt vivante est un des objectifs prioriaires de Pro Natura.
L’association montre l’exemple avec plus de 80 km2 de réserves forestières à l’échelle nationale.

La forêt en quelques chiffres

  • 50 % des espèces suisses vivent dans la forêt ou en dépendent.
  • Un vieux chêne peut abriter entre 300 et 500 espèces.
  • 16 types de milieu forestier sur 50 sont menacés.
  • 20 % environ des plantes forestières sont menacées.

Appel aux propriétaires

Concrètement, pour atteindre l’objectif de 60 hectares, la section cherche dans un premier temps à acquérir des surfaces forestières. «Nous en sommes au début du processus. Suite à notre appel, nous verrons quel sera le retour des propriétaires. Nous espérons que la sauvegarde d’une forêt naturelle et dynamique les motive à participer à notre projet», poursuit Stéphanie Chouleur.

Le deuxième axe consiste à signer des contrats de servitude sur 50 ans entre Pro Natura Fribourg et des propriétaires forestiers qui s’engagent à arrêter l’exploitation du bois et à augmenter par ce biais la biodiversité en forêt. «Nous approcherons notamment les propriétaires privés ou publics par le biais de conseils». Enfin, la section peut aussi jouer le rôle d’intermédiaire entre le Service des forêts et de la nature du canton et les propriétaires. Les résultats de ce projet ambitieux ne seront visibles que dans quelques années. La section est motivée pour atteindre l’objectif fixé.

FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN, rédactrice romande du Magazine Pro Natura.

60 ans de Pro Natura Fribourg: moments forts
A ces débuts il y a 60 ans, Pro Natura Fribourg s’occupe surtout de lutter contre les 1600 décharges sauvages qui enlaidissent le paysage du canton. Pour être active sur l’ensemble du canton, elle nomme rapidement un vice-président pour chaque région linguistique. En 1980, Bruno de Weck, jeune avocat actif dans le milieu de la pêche, prend la présidence de la section. A cette époque, la section gagne de nombreux recours, y compris au Tribunal fédéral, contre des projets défavorables à la nature. C’est entre 1981 et 1983 que se finalisent les mises sous protection des principales réserves naturelles du canton, dont celles de l’Auried et du Vanil Noir. Les thématiques deviennent également plus globales: énergie nucléaire, routes nationales ou urbanisation galopante. Les confrontations avec les autorités se multiplient. Après le retrait de Bruno de Weck, la section recherche une personnalité ayant une expérience politique et ne craignant pas, si nécessaire, de se frotter au pouvoir politique. Ce profil porte successivement à la présidence trois figures provenant de trois horizons politiques différents: Marie-Theres Meuwly (1993-2001), Jacques Eschmann (2001-2018) et Marc Vonlanthen (depuis 2018). Ces trente dernières années ont été marquées par une diversité des causes à défendre: multiplication des routes d’alpages et forestières, violations répétées des lois sur l’aménagement du territoire ou sur la protection de la nature et du paysage, projets immobiliers, touristiques ou énergétiques peu respectueux de la nature, pratiques agricoles fautives, abattages illégaux de haies ou d’arbres à forte valeur écologique, etc. Pour faire face à ces défis dans les années à venir, la section a récemment renforcé son secrétariat, étoffé son comité et adapté ses structures.
Jacques Eschmann

Politique de subventions: la main gauche ne sait pas ce que fait la main droite
03.06.2022 Crise de la biodiversité

Des subventions aggravent la crise de la biodiversité

Berne, le 3 juin 2022. Le Conseil fédéral a annoncé aujourd’hui les huit subventions dommageables pour la biodiversité auxquelles il entend s’attaquer d’ici 2024. Les chercheurs ont identifié plusieurs subventions, allégements fiscaux et mesures incitatives ayant un impact négatif sur la biodiversité. Ces subventions sont l’une des principales causes de la crise majeure observée aujourd’hui en Suisse sur le front de la diversité des espèces. Elles réduisent à néant tous les efforts entrepris pour protéger la nature et les espèces. L’Alliance Environnement se réjouit que le Conseil fédéral ait enfin décidé d’empoigner le problème. Les mesures annoncées sont malheureusement insuffisantes et leur mise en œuvre bien trop hésitante. Les organisations environnementales requièrent une action immédiate contre les huit subventions mentionnées. Et elles demandent également au Conseil fédéral d’intervenir rapidement contre les autres incitations dommageables pour la biodiversité.

Cela fait plus d’une décennie que les organisations environnementales appellent à la suppression ou à la redéfinition des subventions et mesures incitatives dommageables pour la biodiversité. En 2010, la Suisse avait pris l’engagement d’abolir ou de repenser ces instruments financiers avant 2020, dans le cadre de la Convention internationale sur la diversité biologique. Le Conseil fédéral avait inscrit cet objectif dans sa Stratégie Biodiversité Suisse. Or ces subventions se sont au contraire allégrement multipliées depuis. Et elles vont continuer à prospérer, car le Conseil fédéral a annoncé aujourd’hui vouloir limiter son action à seulement huit d’entre elles: programme forestier, crédits d'investissement forestiers, protection douanière pour la viande et l'alimentation animale, contributions à la sécurité de l’approvisionnement, amélioration structurelle, promotion des ventes, nouvelle politique régionale, remboursement de la taxe huiles minérale dans l'agriculture.
Ce qui est particulièrement frappant : seuls le DEFR (avec six subventions) et le DETEC (avec deux) sont impliqués dans l'examen. Tous les autres départements continuent apparemment comme avant. Alors que d'importantes subventions doivent être examinées en profondeur dans le DEFR, le DETEC ne semble vouloir analyser aucune des nombreuses subventions ayant des effets néfastes sur la biodiversité dans des domaines clés tels que l'énergie et le développement de l'habitat, et encore moins les réduire ou les convertir.

162 subventions dommageables pour la biodiversité

L’Institut de recherche WSL et l’Académie suisse des sciences naturelles ont identifié 162 subventions, allégements fiscaux et autres incitations ayant un impact négatif sur la biodiversité. Elles sont décrites dans un rapport fouillé (voir boîte verte). En même temps que le Conseil fédéral instaure des mesures telles pour promouvoir la biodiversité, il finance des mesures telles, qui lui sont préjudiciables. Au final, il en fait porter le coût à la collectivité et aux générations futures.
Selon les mots d’Hasan Candan, responsable de la politique de la biodiversité chez Pro Natura, «c’est non seulement hautement problématique pour l’environnement, mais aussi totalement inefficace sur le plan économique, puisque ces subventions annulent les innombrables mesures censées arrêter la chute vertigineuse de la biodiversité en Suisse». À l’heure actuelle, la Confédération verse chaque année 40 milliards de francs issus du budget de l’État pour des subventions qui portent atteinte à la diversité des espèces. Nos autorités utilisent donc l’argent des contribuables pour financer la destruction de la biodiversité, sans que la majorité d’entre eux soient même au courant.

Réduire l’impact négatif des subventions sur la biodiversité

Sur la liste des huit subventions auxquelles le Conseil fédéral a décidé de s’attaquer, les grands absents sont les cinq départements et offices importants tels que l'OFEN et l'OFBL. Ils comportent pourtant d’importants leviers pour réduire l’impact négatif de certaines subventions ou rediriger ces montants vers des usages plus vertueux avec un impact énorme, comme le montre l’étude du WSL et de la SCNAT. Concernant les huit subventions auxquelles le Conseil fédéral a décidé de s’attaquer, Raffael Ayé, directeur de BirdLife Suisse, précise la demande des organisations environnementales: «il ne faut pas se contenter d’ici 2024, mais redéployer ces instruments financiers d’une manière qui favorise la biodiversité, ou les supprimer». Les autres subventions décrites dans l’étude doivent elles aussi être traitées le plus rapidement possible.

Contact:

  • Sarah Pearson Perret, secrétaire romande de Pro Natura et membre de la direction, tél. 079 688 72 24, @email
  • Raffael Ayé, directeur de BirdLife Suisse, 076 308 66 84, @email

09.09.2021 Crise de la biodiversité

Un contre-projet qui manque d’ambitions

Pour l’association de soutien à l’Initiative paysage, le contre-projet indirect, dont la consultation arrive à terme le 13 septembre, est insuffisant et les mesures proposées ne permettent pas d’en finir avec le bétonnage des paysages et l’imperméabilisation des sols. Le Parlement devra donner davantage de garanties pour la protection de la nature, du paysage et du patrimoine bâti s’il souhaite faire émerger un compromis.

Chaque année 2000 nouveaux bâtiments sortent de terre en dehors de la zone à bâtir. Ils amènent avec eux leur lot de routes, de parkings et d’installations techniques. Ce processus, hors de contrôle depuis de nombreuses années, est en constante augmentation. A tel point que désormais les surfaces bâties en dehors de la zone de construction représentent environ 40% de toutes les surfaces construites en Suisse. Un chiffre alarmant que la version actuelle de la révision de la Loi sur l’aménagement du territoire (LAT2), qui sert de contre-projet indirect à l’Initiative paysage, ne parviendra malheureusement pas à stabiliser, encore moins à diminuer.

Dans sa prise de position, l’Association «Pour la nature, le paysage et le patrimoine bâti» souligne les points suivants du contre-projet indirect comme particulièrement problématiques :

  • L’objectif de la stabilisation du nombre de bâtiments hors zone à bâtir et de l’imperméabilisation des sols doit être corrigée afin de correspondre aux revendications de l’initiative. Les propositions actuelles ouvrent la voie à davantage de constructions et n’offrent pas de garanties d’application ou d’information de la part des cantons. Le mécanisme de prime de démolition est à conserver dans le projet final.
  • Les modalités de planification et de compensation donnent la possibilité aux cantons de créer des « zones spéciales hors zone à bâtir » et ouvrent la porte à des politiques arbitraires et des conflits avec la pratique de l’agriculture.
  • Trop d’exceptions ne tenant pas compte de la protection du paysage sont ajoutées à la loi. Elles viennent élargir les possibilités de constructions en dehors de la zone à bâtir, ce qui est contraire à l’objectif de stabilisation du nombre de bâtiments hors zone à bâtir que le contre-projet s’est lui-même fixé.
  • Le contre-projet ne tient pas suffisamment compte du caractère multifonctionnel de la zone agricole. Elle doit pouvoir conserver ses fonctions de promotion de la biodiversité, de compensation écologique et d’accueil des loisirs de proximité, tout permettant la production agricole sur les meilleurs sols. En outre, le contre-projet rend possible la construction de halles d’engraissement à l’échelle industrielle qui empiètent sur les zones agricoles.

L’Initiative paysage souligne que les objectifs du contre-projet, qui émane de la Commission de l’environnement du Conseil des Etats (CEATE-E), peuvent être un premier pas dans la bonne direction, mais l’analyse détaillée des mesures proposées montre de profondes contradictions entre les buts et les instruments mis à disposition des cantons. Le contre-projet, soutenu par le Conseil fédéral, doit donc être amélioré afin qu’un compromis puisse voir le jour.

Contacts :

Pro Natura, Responsable de la campagne Initiative paysage:
Elena Strozzi, tél. 079 555 33 79

BirdLife Suisse:
Raffael Ayé, directeur, tél. 076 308 66 84

Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage:
Raimund Rodewald, directeur, tél. 079 133 16 39

Patrimoine suisse:
Patrick Schoeck, Responsable Culture du bâti, tél. 079 758 50 60

Plus d’informations :

Prise de position de l’Initiative paysage

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Communiqué aux médias de l’Association de soutien à l’Initiative paysage

Parc national
20.10.2021 Crise de la biodiversité

La Suisse doit rattraper son retard de toute urgence

Pour enrayer la perte de biodiversité, la Suisse doit dédier bien davantage de surface aux aires protégées et celles-ci doivent être mieux reliées entre elles.

La diversité biologique de la Suisse est en crise. Des espèces animales et végétales sont au bord de l’extinction. Le monde des insectes subit un déclin massif. Il ne reste plus que des reliquats d’habitats typiques comme les marais, les zones alluviales ou les prairies sèches. Pour enrayer la perte de biodiversité, il faut revenir à une utilisation durable du territoire et, parallèlement, dédier des surfaces à la nature sous forme d’aires protégées. 

Ce constat n’est pas nouveau. La Suisse a par exemple cessé de surexploiter ses forêts il y a cent cinquante ans. Depuis lors, l’exploitation de nos forêts ne se fait plus par coupes rases mais selon les principes d’une gestion forestière durable et proche de la nature. Mais comme certains processus naturels et certains stades de développement font défaut même dans une forêt proche de la nature, nous avons aussi besoin de réserves forestières en complément, c’est-à-dire de zones protégées où la dynamique naturelle, par exemple, peut avoir lieu. 

Des îlots de nature ne suffisent pas

Alors que nos forêts se remettent de la surexploitation du 19e siècle, nous répétons les erreurs du passé dans les zones cultivées. De petits îlots de nature parsèment un paysage exploité de manière de plus en plus intensive, envahi par les constructions et les infrastructures. Sous leur forme actuelle, ils ne peuvent mettre fin au déclin de la biodiversité. 

Il est illusoire de vouloir conserver des espèces animales et végétales sur une petite surface. Elles ont besoin d’espace pour constituer un ensemble qui fonctionne. Les scientifiques du monde entier estiment qu’il faudrait protéger 30% des surfaces terrestres et aquatiques pour enrayer le déclin de la biodiversité. La Suisse en est encore loin. 

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

Les aires protégées doivent mieux l’être

Mais ce n’est pas uniquement une question de surface: les aires protégées doivent également être surveillées et développées. Une condition qui n’est même pas garantie pour les biotopes d’importance nationale. Même les cantons considèrent que leurs propres sites ne sont pas assez protégés, faute de personnel et de moyens financiers suffisants. Des nutriments provenant de surfaces agricoles exploitées de manière intensive continuent par exemple de porter atteinte aux valeurs naturelles de certaines aires protégées. Des dérogations attribuées trop largement sapent le bénéfice de la mise sous protection. Et les rares projets de revitalisation et d’agrandissement d’aires protégées ou la planification de nouvelles aires se heurtent à l’incompréhension et à la résistance de la population et des femmes et hommes politiques.

Rappelons que la Suisse n’a pas réussi à se doter d’un nouveau parc national depuis plus de cent ans. Dans sa nouvelle prise de position sur le sujet, Pro Natura réfléchit à la manière de créer un réseau d’aires protégées performant

Un défi pour la Confédération et les cantons

Pro Natura s’efforce elle-même de donner le bon exemple: nous protégeons plus de 700 réserves naturelles dans toute la Suisse et apportons ainsi une contribution majeure à la conservation de la biodiversité en Suisse. Lorsque je visite nos réserves naturelles, je suis heureux de constater telle ou telle évolution positive rendue possible grâce aux efforts conjugués de nos bénévoles dévoués, de nos collaboratrices et collaborateurs et de vous, membres de Pro Natura. 

Mais cet engagement de tous les instants n’est malheureusement pas suffisant. En effet, la gestion de nombreuses aires protégées fédérales, cantonales et communales laisse à désirer: ces sites sont négligés et cela reflète l’attitude de notre société envers la nature. Chaque parcelle d’une aire protégée sacrifiée au profit d’une route de contournement, d’une installation portuaire, d’une centrale hydroélectrique ou de toute autre installation, chaque décision du gouvernement de réduire le financement des aires protégées est le signe que nous n’avons toujours rien compris à l’immense valeur de la biodiversité. 

URS TESTER dirige la division Biotopes et espèces chez Pro Natura.

Schutzgebiet Auried
La Suisse a besoin d’une offensive en faveur de la biodiversité
Selon le mode de comptabilisation, la nature en Suisse n’est prioritaire que sur 6 à 14 % du territoire national. C’est bien trop peu selon Pro Natura, qui s’engage en faveur de l’Initiative biodiversité avec ses organisations partenaires.
Réserve naturelle d'Auried
20.10.2021 Crise de la biodiversité

La Suisse a besoin d’une offensive en faveur de la biodiversité

Selon le mode de comptabilisation, la nature en Suisse n’est prioritaire que sur 6 à 14 % du territoire national. C’est bien trop peu selon Pro Natura, qui s’engage en faveur de l’Initiative biodiversité avec ses organisations partenaires.

L’un des objectifs centraux de l’Initiative biodiversité est de garantir davantage de surfaces en faveur de la biodiversité. En effet, la Suisse ne dispose actuellement pas de surfaces suffisantes pour ralentir le déclin de la diversité biologique. 

Jusqu’ici, la nature n’a été privilégiée que sur une petite partie du territoire suisse: elle ne bénéficie d’une protection juridique complète que sur 5,9% de la superficie du pays. Cette surface comprend les zones protégées à l’échelon national avec le Parc national suisse et la zone centrale des parcs naturels périurbains (0,4%) ainsi que les biotopes d’importance nationale (2,2%). S’y ajoutent les zones de protection de la nature cantonales, régionales et locales, qui représentent 3,3%, y compris les reserves forestières des cantons. 

Les districts francs (3,65% du territoire national) et les réserves d’oiseaux d’eau et migrateurs (0,55%) bénéficient d’une protection moins stricte. Si l’on tient également compte de ces derniers, les aires protégées représentent environ 10% du territoire national. 

L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) va encore plus loin et mentionne deux autres catégories de surfaces protégées: il s’agit d’une part d’aires protégées d’importance internationale (1%, ce sont les sites Emeraude et Ramsar). Ces sites sont pris en considération mais ne sont pas protégés par la loi suisse. D’autre part, l’OFEV mentionne également les surfaces de promotion de la biodiversité dans l’agriculture correspondant à un niveau de qualité 2 (2,7%). Ces dernières ne peuvent pas réellement être considérées comme des surfaces protégées, car leur protection n’est pas garantie à long terme. 

Lanterne rouge européenne

Même en incluant les catégories de surface qui ne répondent pas aux critères de protection dans le calcul global, l’ensemble des aires protégées de Suisse, qui ont pour but de promouvoir la biodiversité, représentent moins de 14% de la surface du pays. Cela fait de la Suisse l’un des pays ayant le plus faible pourcentage de zones protégées en Europe. 

L’Initiative biodiversité exige donc que la Suisse garantisse les surfaces nécessaires à la conservation de la biodiversité. Elle ne mentionne pas d’objectif concret en termes de superficie. Et ce, pour deux raisons: 

  • La Constitution fédérale, qui serait modifiée en conséquence en cas d’adoption de l’initiative, définit des objectifs à long terme et les objectifs généraux de la Confédération. Les lois et les ordonnances sont là pour régler le détail des directives. Un objectif de surface n’aurait donc pas sa place dans la Constitution.
  • De plus, il n’existe toujours pas de base scientifique permettant de définir la superficie nécessaire à la sauvegarde de la biodiversité. Pour remédier à cette lacune, l’OFEV a mandaté l’organisation Infospecies qui planche sur la question actuellement. 

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

L’objectif «30 by 30»

Selon une étude réalisée en 2013 par l’Académie suisse des sciences naturelles, la conservation et la promotion de la biodiversité devraient être prioritaires sur près d’un tiers du territoire. Un bon 30%: c’est précisément ce que les experts réclament sur le plan international également. Dans le cadre des négociations autour de la Convention sur la biodiversité et du nouveau cadre mondial pour la biodiversité pour après 2020, 60 pays de six continents – dont la Suisse – se sont regroupés pour former la «High Ambition Coalition for Nature and People» (HAC). Leur objectif est de protéger 30% des terres et des océans d’ici à 2030 («30 by 30»). La HAC a vu le jour à l’initiative des présidents de la France et du Costa Rica.  

Récemment, le Conseil fédéral a officiellement approuvé le mandat de négociation de la délégation suisse à la Conférence sur la biodiversité. La délégation suisse veut plaider en faveur d’objec­tifs ambitieux, mesurables et concrets, dont le «30 by 30». Selon les déclarations du Conseil fédéral, cela nécessite non seulement la désignation d’aires protégées, mais aussi des mesures supplémentaires: la revitalisation de cours d’eau, la préservation et la promotion de zones précieuses pour la biodiversité, ainsi que la préservation et la création de sites servant à relier les habitats d’animaux sauvages. Exactement ce que demande l’Initiative
biodiversité. 

Un contre-projet avec des objectifs insuffisants

Dans ce contexte, il est incompréhensible que le Conseil fédéral, dans son contre-projet à l’Initiative biodiversité, veuille réserver seulement 17% du territoire national à la biodiversité – un objec­tif que la Suisse s’est déjà engagée à mettre en œuvre d’ici à 2020 dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique. Il s’agirait donc d’ancrer pour les décennies à venir un objectif déjà dépassé, de surcroît jamais atteint, dans notre Loi sur la protection de la nature et du paysage. Est-ce vraiment une politique cohérente en matière de biodiversité? 

La consultation sur le contre-projet indirect à l’Initiative biodiversité a pris fin le 9 juillet. L’association de soutien, composée de Pro Natura, BirdLife Suisse, Patrimoine suisse, la Fondation suisse pour la protection du paysage et d’autres organisations, a pris position à ce sujet. Le Conseil fédéral a jusqu’au printemps 2022 pour examiner et analyser les prises de position. Il devra ensuite soumettre au Parlement le contre-projet indirect révisé, avec son message. Les débats parlementaires qui suivront montreront dans quelle direction le contre-projet va évoluer. C’est seulement ensuite qu’on saura si l’Initiative biodiversité peut être retirée ou si une votation populaire est nécessaire.

SIMONA KOBEL est responsable de l’Initiative biodiversité

Nationalpark
Initiative biodiversité
L’Initiative biodiversité garantit la diversité de la nature, des paysages et du patrimoine bâti. À cette fin, elle demande plus d’argent et d’espace pour la biodiversité, et ancre une protection plus forte du patrimoine paysager et architectural dans la Constitution.
Lebensraum Wiese
laufende Projekte

Aktuell fördern wir mit über 250 Projekten die Natur und die Artenvielfalt in allen Regionen der Schweiz. Dies ist nur dank Spenden und Mitgliederbeiträgen möglich. Herzlichen Dank für Ihre Unterstützung.

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