Progetti
La balade de l'anguille
À l'automne, l'anguille européenne (Anguilla anguilla) de nos cours d’eau se lance dans une grande migration. En tant qu’«anguille argentée», elle descend les cours d’eau jusqu'à la mer et, de là, poursuit son périple dans l’Atlantique en direction de la Mer des Sargasses, à l'est de la Floride. Durant cette migration, ses organes digestifs régressent en faveur des organes sexuels. Dans la Mer des Sargasses, les animaux s'accouplent, frayent et meurent. Un nouveau cycle de vie commence alors.
Les délicates larves d'anguille ont l'apparence de feuilles de saule transparentes. Elles reviennent vers la côte européenne avec le Gulf Stream, sur une période d'environ trois ans. A ce moment-là, elles ont pris l'apparence typique d'une anguille, tout en restant entièrement transparentes. Ces «civelles» pénètrent alors dans la zone d'eau saumâtre des estuaires. C'est ici que leur métabolisme s'adapte à l'eau douce. Les jeunes anguilles qui remontent les cours d'eau sont appelées «anguilles jaunes». Et comme si tout cela n'était pas assez spectaculaire, elles possèdent encore une autre particularité: dans un environnement suffisamment humide, elles peuvent ramper sur la terre ferme pour contourner des obstacles rencontrés au fil de l'eau.
Prudence – Cette baie bleue vous rendra gris!
Mais avant de cueillir ses baies mûres à la fin de l’été et de les goûter, assurez-vous qu’il ne s’agit pas en fait de l’airelle des marais (Vaccinium uliginosum). Une consommation excessive de ces dernières peut vous mettre dans un état proche de l’ébriété. On suppose que les substances toxiques qui en sont responsables proviennent d’un champignon parasite.
En y prêtant une attention particulière, les deux espèces de baies sont aisément identifiables. Bien que bleue toutes les deux, leur pulpe et leur jus sont différents. Les myrtilles ont une pulpe bleue, celle des airelles des marais est de couleur claire. Ces deux éricacées présentent encore d’autres caractéristiques distinctives: les jeunes branches des myrtilles sont vertes et anguleuses avec des feuilles ovoïdes finement dentelées. Les jeunes rameaux de l’airelle des marais par contre sont bruns et ronds, leurs feuilles entières. Un examen attentif en vaut donc la peine.
Le friand de guêpes
Cet oiseau se nourrit principalement de guêpes, ainsi que de leurs larves et de leurs cocons. A première vue, la bondrée apivore peut être confondue avec la buse variable. Mais un examen plus attentif permettra de noter que son corps est adapté à son mode alimentaire spécialisé: ses serres peu recourbées conviennent mieux pour fouiller le sol à la recherche de nids de guêpes; et la forme de ses narines, comme fendues, empêche les corps étrangers ou les insectes d'y pénétrer quand elle fouille le sol de son bec. Celui-ci, mince, peut facilement picorer larves et œufs de guêpes dans les rayons. La base du bec et le tour des yeux sont protégés des piqûres par des plumes serrées d'aspect écailleux. Enfin, ses yeux sont implantés plus latéralement que chez les autres oiseaux de proie. Comme les guêpes ne volent que durant une période limitée dans le temps, les bondrées apivores ne séjournent en Suisse que cinq mois, avant de rejoindre leurs quartiers d'hiver en Afrique du Sud, dès la fin août. Un voyage long de 7000 kilomètres.
La vie souterraine du cerf-volant
Les mâles ont des mandibules caractéristiques évoquant la ramure du cerf et servant au combat entre rivaux. Ces mandibules sont parfois si grandes qu’elles gênent l’insecte dans l’ingestion des aliments. Les cerfs-volants se nourrissent de la sève qui s’écoule des troncs d’arbres écorchés ou fissurés. Après l’accouplement, qui a lieu en juin, la femelle cherche un feuillu mort ou en dépérissement, au pied duquel elle enterrera un par un une vingtaine d’œufs. Les chênes ont sa préférence.
Les larves de cerfs-volants, qui ressemblent à des vers blancs, vivent dans la terre pulvérulente – stade intermédiaire entre le bois et l’humus – où elles se nourrissent d’humus et de bois putréfié. Après cinq à huit ans, c’est le temps de la métamorphose qui se déroule dans un fourreau de la taille d’un œuf de poule, fait de fibres de bois mâchées. La métamorphose se termine en octobre, mais l’individu adulte (l’imago) passe l’hiver dans le fourreau et ne fait surface qu’à partir du mois de mai suivant. Les lucanes passent donc la majeure partie de leur vie à l’état larvaire, cachés dans le sol.
Les humains, ces trouble-fêtes!
Dans de nombreux cantons suisses, outre les sites de protection de la faune d'importance nationale, des zones de tranquillité pour la faune existent. L’accès à ces zones est interdit, mais il est quand même possible de les traverser sur des chemins. Les chamois, bouquetins, cerfs, chevreuils, grands tétras, tétras-lyres et lagopèdes alpins y trouvent toute l'année ou pendant une certaine période des zones de repli où ils peuvent se reposer et s'alimenter sans être dérangés.
Stress et fuite augmentent la consommation d’énergie
L’hiver est une saison particulièrement rude pour certains animaux vivant en montagne. Le froid et le manque de nourriture les forcent à économiser leur énergie. Les dérangements dus à l'homme sont un facteur de stress qui pousse les animaux à fuir. Cette dépense accrue d'énergie peut conduire à l'épuisement, voire à la mort dans certains cas extrêmes, ou encore à une diminution du taux de reproduction. Les randonneurs à ski ou en raquettes doivent absolument respecter les zones de tranquillité et les sites de protection de la faune, rester sur les itinéraires et sentiers balisés, éviter les lisières et les surfaces non enneigées particulièrement appréciées par les animaux et tenir leur chien en laisse, notamment dans les forêts. Une carte des zones de tranquillité est disponible sur internet et permet de planifier les courses à ski en tenant compte de la faune, voir ci-dessus.
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Carte des zones de tranquillitéAnimal de l’année 2018: l’hermine
L’hermine vit dans des paysages variés et ouverts. Elle évite la forêt. Carnivore, elle est spécialisée en Suisse dans la capture des campagnols. Les hermines sont solitaires mais les femelles sont souvent accompagnées par leurs petits. Elles sont fidèles à leur territoire.
L’habitat idéal de l’hermine se caractérise par une bonne connectivité spatiale. Il offre une multitude de cachettes, de territoires de chasse et d’axes de migration. L’hermine chasse dans les prés. Les petits viennent au monde dans un nid aménagé sous des branches ou des pierres. Au printemps, la présence de haies riches en couverts, d’ourlets herbeux ou de rives de ruisseaux facilite la recherche d’une femelle par le mâle. Une quête souvent dangereuse où l’animal est amené à parcourir de longues distances.
Les hermines se font toujours plus rares dans certaines régions, faute de petites structures et de corridors de migration appropriés. Avec l’hermine disparaissent aussi d’autres espèces dépendant de paysages riches en structures.
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Fondation REHM - Réseau hermine«Pro Natura Magazine Spécial 2018: l’hermine» à commanderDocumenti scaricabili
Comment construire les tas de branches pour…Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi l’hermine comme Animal de l’année?
Avec le choix de l’hermine, Pro Natura lance un appel pour que nos paysages culturels redeviennent un réseau d’habitats riche en structures. Cela serait profitable non seulement à l’hermine, mais aussi à de nombreuses autres espèces animales et végétales.
Pro Natura mène à bien des projets de mise en réseau et recrée un habitat pour l’hermine dans ses propres réserves naturelles. Dans le cadre de la campagne «Voie libre pour la faune sauvage!», Pro Natura s’engage pour la protection et le rétablissement de corridors de migration pour la faune sauvage.
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Adolf Durrer
- Les hermines ont besoin de petites structures comme ce tas de pierres
Petits mustélidés
En Europe, il existe deux espèces indigènes de petits mustélidés: l’hermine (Mustela erminea) et la belette (Mustela nivalis). Ces deux espèces sont indigènes en Suisse et elles sont apparentées à la fouine et à la martre, au putois, à la loutre et au blaireau.
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Shutterstock / Smiler
- Le dos brun, le ventre blanc, le bout de la queue noir: une hermine avec son pelage d’été file, plus rapide que l’éclair
Portrait: une gracieuse et vive demoiselle avec deux livrées
Mince et délicate, un poids de 300 grammes en moyenne et la taille d’une règle d’écolier: cette morphologie permet à l’hermine de se glisser facilement dans les trous de souris, les tas de branches ou les fourrés. Lorsqu’elle ne se repose pas, l’hermine est toujours en mouvement. Elle se livre occasionnellement à de véritables cabrioles. Les scientifiques n’ont pas encore d’explication concluante à ces acrobaties. Des oreilles rapprochées, de courtes pattes et un museau piqueté de vibrisses complètent le portrait de ce gracieux mustélidé. La taille et le poids des hermines varient fortement selon leur habitat. Les individus de l’espace alpin sont plus petits que leurs congénères du Plateau. Les mâles sont plus grands que les femelles (dans le même milieu de vie). En été, le pelage de l’hermine est brun sur le dos et blanc-jaunâtre sous le ventre. En hiver, il devient blanc comme neige. Une seule petite partie de sa fourrure reste noire toute l’année: la houppe fournie ornant le bout de sa queue. Ce pinceau constitue le signe distinctif le plus sûr permettant de différencier l’hermine de sa parente très ressemblante, la belette. L’Animal de l’année 2018 est protégé par la loi. Les populations d’hermine en Suisse ne sont pas connues. Bien qu’elle ne soit pas considérée comme menacée, les spécialistes estiment que ses populations sont en recul. En Suisse, les hermines sont présentes des régions de plaine jusqu’à 3000 mètres d’altitude.
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iStock / Vershinin
- En hiver, l’hermine porte une fourrure blanche. La mue est déclenchée par la longueur des jours et par l’hérédité de chaque individu
La terreur des campagnols
L’agilité et la vivacité de l’hermine ont leur prix. L’hermine, longue et fine, a besoin de beaucoup d’énergie pour conserver sa chaleur et se maintenir en forme. Elle doit manger jusqu’à 40 % de son poids chaque jour. En Suisse, l’hermine est spécialisée dans la chasse aux campagnols, sa préférence allant aux campagnols terrestres (Arvicola terrestris). Ces petits rongeurs dodus vivent dans le sous-sol et forment de petits monticules de terre. L’hermine est donc une chasseuse de souris très appréciée des agriculteurs. Elle mange une à deux souris par jour en moyenne. Durant la période d’élevage des petits, au printemps, ses besoins sont encore plus importants. En montagne, l’hermine se rabat sur le campagnol des neiges (Chionomys nivalis).
La recherche d’une proie peut faire parcourir plusieurs kilomètres à une hermine. Lorsque son mets préféré se fait rare, l’Animal de l’année 2018 peut se contenter d’autres espèces de souris, chasser aussi des oiseaux et des insectes ou même manger végétarien.
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Shutterstock / Romuald Cisakowski
- L’hermine tue rapidement sa proie en la mordant à la nuque
Reproduction: des femelles très précoces
La femelle donne naissance à ses petits entre mars et mai, bien à l’abri dans un nid. Entre-temps, les mâles vagabondent sans répit à travers prés et champs à la recherche de femelles prêtes à s’accoupler. Les femelles sont déjà prêtes à l’accouplement même si elles allaitent encore. Plus étonnant encore: les jeunes femelles sont déjà fécondables à l’âge de trois semaines; elles ont alors les yeux ouverts et ont mangé de la viande pour la première fois. Les mâles, en revanche, ne seront fertiles qu’à l’âge d’un an. Le croisement d’animaux apparentés est donc largement exclu. À la fin de l’été, lorsque les jeunes individus doivent se mettre à la recherche de leur propre territoire, toutes les femelles sont à nouveau portantes. Mais la gestation va opérer une pause. L’embryon entre dans une période de dormance à l’intérieur de l’utérus. Son développement ne reprendra qu’au début du printemps de l’année suivante. À leur naissance, les petits prédateurs sont légers comme des plumes, recouverts d’un fin duvet blanc et aveugles.
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Beate Ludwig
- Le nid où la femelle donne naissance à ses petits doit rester sec et à l’abri des intempéries
Ennemis sur deux et quatre pattes
L’Animal de l'année 2018 a de nombreux ennemis naturels. Il constitue un morceau de choix pour les renards, les oiseaux de proie, les chouettes, les cigognes ou les hérons cendrés. L’hermine redoute également les chats domestiques et les chiens. Mais son ennemi numéro 1 est l’homme. Il est certes révolu, le temps où l’hermine était chassée en Suisse pour sa fourrure ou parce qu’on estimait qu’il s’agissait d’un animal «nuisible». Mais la disparition des petites structures dans le paysage et la fragmentation de celui-ci sont plus néfastes à l’hermine que tous les pièges.
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Jean Malevez
- Cours, petite hermine, cours! Le dense réseau des routes en Suisse fait un nombre inconnu de victimes parmi la population d’hermines
Jamais à découvert
L’hermine évite, dans la mesure du possible, de se déplacer à découvert, elle redoute donc les zones trop «propres en ordre». Un tas de pierres ici, une bande de pré non fauchée là, avec un ruisseau ou une haie entre les deux: l’hermine a besoin de petites structures bien connectées entre elles. L’Animal de l’année 2018 dépend donc d’une agriculture respectueuse de la nature. Il n’a pas non plus d’exigences démesurées. Ce petit prédateur peut même vivre dans des régions intensément exploitées, pour autant qu’il y trouve un minimum de petites structures et de prés. Plus il y a aura d’agriculteurs et d’agricultrices prêts à aménager et entretenir ce type de petites structures, plus l’hermine pourra remplir son office de chasseuse de souris. Des petites structures diversifiées offrent aussi un habitat naturel précieux à de nombreuses autres espèces animales. Il est également urgent d’aménager davantage de passerelles et de tunnels permettant à l’hermine de franchir sans danger les voies de communication très fréquentées.
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Pro Natura / Matthias Sorg
- Un réseau le plus dense possible de cachettes, d’abris et de corridors migratoires est indispensable à la survie de l’hermine – et de nombreuses autres espèces animales
La population d’hermines: des hauts et des bas
Il survient de temps en temps des «années à souris», durant lesquelles les campagnols se reproduisent en grand nombre. L’hermine réagit à cette abondance de nourriture en se reproduisant davantage. Durant les années normales, la femelle donne naissance à 4-6 petits. Durant une année à souris, elle peut concevoir jusqu’à 14 petits. La population d’hermines augmente, les territoires vacants peuvent être recolonisés. Cela a pour effet de lisser les pics de la prolifération de souris. Mais cette forte augmentation du nombre d’hermines est de courte durée. La moitié au moins des petits meurt durant le premier hiver. L’âge moyen d’une population d’hermines est de 1 à 2 ans seulement. En captivité, ces animaux peuvent atteindre l’âge de 8 ans.
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Iain H. Leach
- Rencontrer une femelle avec ses petits par un beau jour d’été est un véritable coup de chance, mais leur apparition est souvent fugace
Ce que fait Pro Natura
Pro Natura demande que les axes de déplacement et les corridors faunistiques soient à nouveau accessibles sans restrictions à la faune. Les besoins en mobilité de la faune sauvage doivent être pris en compte lors de l’étude et de la construction d’infrastructures. Les animaux sauvages comme l’hermine ont besoin de différents habitats naturels. Ils évoluent entre leur aire de repos et leur territoire de chasse, entre le lieu où ils se réfugient en toute sécurité et le nid où ils donnent naissance à leurs petits, quand ils ne sont pas encore en quête d’un territoire. Nos paysages très fragmentés compliquent voire empêchent ces déplacements importants, même à petite échelle.
Pro Natura réclame aux milieux politiques et aux autorités, sur le plan national mais aussi local et régional, des améliorations notables de l’infrastructure écologique et des espaces naturels interconnectés.
Campagne «Voie libre pour la faune sauvage!»
Pro Natura milite pour une agriculture respectueuse de la faune sauvage. Nous soutenons les agricultrices et les agriculteurs qui offrent un habitat et un refuge à l’hermine et à de nombreuses autres espèces animales. Ces prestations de l’agriculture doivent être encouragées de manière appropriée et indemnisées. Pro Natura s’engage sur le plan politique pour que la future politique agricole 22+ soit aussi favorable à l’hermine.
Biodiversité dans les terres cultivées
Pro Natura s’investit aussi activement sur le terrain en faveur de l’hermine. Nous gérons environ 700 réserves naturelles dans toute la Suisse, constituant de précieux milieux naturels pour toutes sortes d’animaux et de plantes. Pour autant qu’elles ne se trouvent pas en forêt, un grand nombre de ces réserves naturelles offrent aussi un milieu de vie et un refuge à l’hermine. Nous réalisons aussi des projets de protection de certaines espèces en dehors de nos réserves naturelles, contribuant notamment à la sauvegarde de l’hermine. Des projets de cet ordre sont actuellement en cours dans le Saanenland BE et dans le Gros-de-Vaud VD.
En savoir plus sur nos quelque 700 réserves naturelles
Projets menés par Pro Natura en collaboration avec les sections cantonales
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L’hiver, période de repos
Pour ce faire, il sombre en hibernation. Cela lui permet de réduire drastiquement sa température corporelle et de mettre en veilleuse l’ensemble de son métabolisme. Il puise également dans ses réserves de graisse. Les mâles regagnent leurs quartiers d’hiver en premier, suivis des femelles, et enfin des jeunes.
Les hérissons dorment durant cinq à six mois en moyenne, il y a donc fort peu de chances d’en rencontrer en hiver. Si cela devait tout de même vous arriver, essayez tout d’abord d’évaluer l’état de santé de l’animal. Si le hérisson a l’air rondouillard, est actif, se met en boule lorsqu’on le touche et mange la nourriture pour chats qu’on lui propose, il est vraisemblablement en bonne santé. ll s’est peut-être simplement réveillé et a quitté son nid pour un petit moment. S’il a été dérangé, il est peut-être en train de chercher un nouveau refuge. Vous pouvez l’aider en lui préparant un nid pour hiberner: une caisse remplie de paille, avec une ouverture de 15x15 cm. Il ira bientôt s’y cacher pour se rendormir. Mais si le hérisson a l’air affaibli et amaigri, il se pourrait qu’il ait besoin d’aide. Vous pouvez alors lui donner de la nourriture pour chiens ou chats, ou des œufs brouillés non assaisonnés, ainsi que de l’eau (jamais de lait).
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Les hérissons blessés, malades ou sous-alimentés ont besoin d’aide compétente. Dans ce cas, contactez le plus vite possible un refuge pour hérissons ou un/une vétérinaire.
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Association «Sauve Qui Pique»Les loups sauvages doivent rester sauvages
Aucun animal sauvage ne polarise autant que le loup. Ses adversaires provoquent la panique en affirmant que les enfants ne seraient plus en sécurité sur le chemin de l’école. Un argument auquel les défenseurs du loup rétorquent sans ambages que jamais personne n’a été victime du loup. Ça n’est pourtant ni en le diabolisant, ni en l’idéalisant qu’on favorisera l’acceptation du loup, mais uniquement en faisant preuve d’objectivité.
Une étude de l’Institut norvégien pour la recherche sur la nature (NINA) a fourni une contribution à ce sujet. L’étude se fonde sur une analyse minutieuse de rapports écrits et de registres d’église du 16e au 20e siècle, ainsi que sur des dizaines d’entretiens avec des experts dans différents pays abritant des populations de loups. Sans prétendre à l’exhaustivité – et avec la réserve nécessaire liée aux faits antérieurs au 20e siècle, qui sont à considérer avec beaucoup de prudence – il s’agit néanmoins de l’étude la plus complète sur les attaques de loups. Elle permet de tirer quelques conclusions générales.
10 attaques mortelles en 100 ans
Oui, les loups à l’état sauvage ont déjà tué des hommes, et pas toujours parce qu’ils étaient atteints de la rage: en 2010, dans le sud de l’Alaska par exemple, une adepte du jogging est morte dans une attaque de loup. Il s’agit de l’une des dix attaques mortelles, sans rapport avec la rage, documentées au cours des cent dernières années en Europe et en Amérique du Nord.
Une attaque de loup mortelle se produit ainsi – pour ce qui est de l’Europe et de l’Amérique du Nord – une fois tous les dix ans environ. Au cours de la même période sur ces continents, de nombreuses personnes sont décédées par suite d’une rencontre impromptue avec des abeilles, des vaches ou des serpents venimeux – sans parler des chiens domestiques. Tous ces animaux ne déclenchent pourtant pas la même crainte irrationnelle que le loup. Serait-ce dû au fait que le loup est le pendant sauvage et prétendument imprévisible de notre meilleur ami, le chien?
Le mythe du loup-garou
La grande majorité des incidents mortels documentés date des siècles précédents. Une époque où les conditions de vie et environnementales des être humains et des loups ne sont en aucun point comparables à celles d’aujourd'hui. Dans les siècles passés, les forêts avaient été abattues et les proies des loups éradiquées. Les troupeaux de moutons et de chèvres étaient souvent gardés par des enfants, loin des villages. Et les cadavres humains étaient plus accessibles aux loups qui subsistaient, du fait des guerres, des épidémies et des gibets, si bien qu’ils ont éventuellement pu s’habituer aux proies humaines.
De plus, la plupart des attaques de loups sur des êtres humains répertoriées au cours de ces époques sont explicitement en rapport avec la rage. Les loups sont certes rarement atteints de la rage et ne servent pas de réservoir au virus. Mais lorsqu’un loup tombe malade de la rage, l’infection se manifeste souvent sous sa forme de progression la plus rapide: les loups malades errent pendant la journée et peuvent alors attaquer des hommes (ou des animaux).
Avant la découverte du vaccin en 1885, une infection par la rage avait toujours une issue fatale. Les personnes mordues tombaient malades entre quelques jours et plusieurs mois après – un phénomène singulier qui a contribué à la formation du mythe du loup-garou. Aujourd’hui, la rage a été éradiquée dans une grande partie de l’Europe. La Suisse est reconnue officiellement indemne de rage terrestre depuis 1999, mais elle peut encore survenir dans de rares cas chez les chauves-souris.
Les loups sont rendus dangereux
Le facteur de risque le plus important après la rage est une accoutumance aux hommes par le biais de l’alimentation. C’est ainsi que les loups perdent leur caractère farouche et apprennent à associer les hommes à la nourriture. Si des loups appâtés s’approchent des êtres humains, le risque d’incident est élevé. Des accidents par morsure impliquant des loups habitués à recevoir de la nourriture sont survenus en 2017 en Israël et en 2018 en Pologne.
La destruction de leur habitat naturel et la disparition de leurs proies naturelles augmentent également le risque que représentent les grands prédateurs pour l’homme. C’est pourquoi l’Inde vient en tête de classement des attaques de loup: dans les zones rurales, où les proies naturelles du loup sont en grande partie exterminées, les animaux sont attirés par des déchets et des troupeaux de chèvres à proximité des agglomérations, où ils risquent de rencontrer de jeunes enfants sans surveillance. Mais même en Inde, bien plus de personnes sont victimes chaque année de tigres, d’ours, d’éléphants, de chiens errants et de serpents venimeux.
Étonnamment inoffensifs
Les attaques de loup sont ainsi extrêmement rares. Les loups peuvent même être considérés, eu égard à leurs capacités physiques et à des prédateurs similaires tels que les pumas ou les ours noirs, comme étonnamment inoffensifs. Les loups européens ont été massivement traqués pendant des siècles et soumis pratiquement à une sélection naturelle, à laquelle seuls les individus les plus farouches ont probablement survécu. Dans notre pays, l’absence de crainte est observée tout au plus chez de jeunes loups «naïfs» ou des individus malades, alors que les loups adultes sains évitent généralement les hommes.
Conditions remplies en Suisse
Le loup a besoin d’un espace vital très étendu et ne peut pas survivre en Europe centrale uniquement dans des zones protégées. Nous devons donc apprendre à vivre avec lui dans notre paysage rural. À cet égard, le défi majeur concerne en premier lieu l’élevage des animaux de rente. Mais il faut aussi que l’homme domine sa peur du loup. Et pour que loups ne soient pas dangereux, les auteurs de l’étude NINA recommandent: «Keep wolves wild» (les loups doivent rester sauvages).
De plus, les loups ne doivent en aucun cas être nourris, leur habitat et leur cheptel de proies doivent être préservés et la rage rester sous contrôle. Le tir d’individus posant problème doit être possible au cas par cas. Les auteurs examinent en outre l’option d’une chasse strictement réglementée, qui pourrait donner à la population locale un sentiment de maîtrise.
En Suisse, ces conditions sont largement remplies: les effectifs de gibier sont élevés, la rage éradiquée, une gestion scientifique de la faune établie. Les loups qui posent problème peuvent être tirés, pour éviter tout danger pour l’homme comme pour l’animal; même la régulation de la population de loups est déjà possible aujourd’hui. Et nous devrions également apprendre à y voir plus clair dans le comportement du loup: ainsi, tout jeune loup curieux qui trotte à distance derrière un promeneur de chien n’est pas a priori un loup à problème, pas plus que le loup qui tue une biche la nuit aux abords d’un village de montagne valaisan.
SARA WEHRLI est cheffe de projet grands prédateurs chez Pro Natura.
Étude: «The fear of wolves: A review of wolf attacks on humans» NINA Norsk institut for naturforskning, Trondheim.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Pro Natura Magazine vous plonge dans la nature. Il vous dévoile de petites merveilles, de grands projets et des personnalités captivantes. Des images superbes et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par an. Le Pro Natura Magazine éclaire sur 48 pages les coulisses des décisions politiques, présente des recherches, explique la nature et il révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
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Devenir membre maintenantDocumentaire Becoming Animal: «Un mouvement lent, mais sûr et résolu»
On ne sait jamais d’où Peter Mettler répondra au téléphone: de sa ville natale de Toronto, de Zurich, de Delhi ou de l’Arctique? Peter Mettler est très souvent en voyage, en repérage pour un film dont il ne connaît pas encore le scénario. Au téléphone, il ne donne cependant aucun signe de stress ni de nervosité. Peter Mettler parle en toutes circonstances d’une voix chaude et calme.
Il passe sans cesse du suisse-allemand à l’anglais, surtout lorsqu’il s’efforce d’être le plus précis possible. Ce sexagénaire, dont les parents ont émigré de Suisse au Canada dans les années 1950, a grandi avec cette dualité ou cette identité scindée. Un fonctionnement que l’on retrouve dans ses films, au travers de changements de perspective, de comparaisons, d’associations d’idées.
Des films sur la nature d’un nouveau style
Sa dernière création, «Becoming Animal», un essai audiovisuel sur le rapport de l’homme à la nature, répond également à ce mécanisme. Dès le début, le film rompt avec les règles du documentaire classico-romantique sur la nature. On peut voir un élan mâcher de l’herbe pendant de longues minutes et sans la moindre coupure – en «temps animal», comme l’explique Peter Mettler. C’est difficile à supporter, parce qu’on s’attend à ce qu’il se passe quelque chose, une action marquant le début d’une histoire. Mais ça n’est pas le cas, pour une bonne raison: Peter Mettler et sa coréalisatrice Emma Davie ont fait le choix de la lenteur (ou, ailleurs dans le film, du papillotement psychédélique) pour nous ouvrir à «une nouvelle approche du ‘more than human world’».
Peter Mettler reprend ainsi une idée exprimée par le philosophe américain David Abram dans son livre «Becoming Animal». C’est la réalisatrice écossaise Emma Davie qui a attiré son attention sur ce livre, sachant que Mettler est animé par le même intérêt pour les relations entre conscience, technologie, nature et spiritualité. Peter Mettler a lu le livre et a été enthousiasmé. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un projet de film commun. Dans «Becoming Animal», David Abram explique devant la caméra comment le langage et la technologie façonnent notre perception. Et comment ils sont devenus des barrières entre nous, les humains, et le «monde plus qu’humain».
Poser les questions plutôt qu’y répondre
Ce lien, autrefois animiste, est devenu une relation à distance, froide et fragile – avec les conséquences que l’on sait, déjà évoquées dans le film «Petropolis» de Peter Mettler. En 2008, le Canado-suisse a filmé depuis un hélicoptère l’exploitation du sable bitumineux en Alberta, pour le compte de Greenpeace. «C’est seulement de là-haut qu’on peut saisir les énormes interventions subies par le paysage», souligne-t-il. Il a ensuite monté les prises de vue aériennes pour en faire un film hypnotique qui se passe presque de commentaires.
Greenpeace savait qu’avec Mettler, elle engageait un artiste qui mise sur la force de l’expérience, des images et des sons, qui préfère poser des questions qu’apporter des réponses. Pari gagnant: «Petropolis» est devenu un succès sur Internet, est passé à la télévision et parti en tournée de protestation avec le légendaire musicien Neil Young. Ce film n’a toutefois pas pu mettre fin à l’exploitation du sable. L’économie du pétrole est trop puissante et notre lien avec la nature trop distendu.
Découvrir la nature par la technologie
Comment redécouvrir «l’animal en nous» et intensifier notre relation avec la nature? Peter Mettler choisit une approche paradoxale, à l’aide de la technologie: caméras, micros, ordinateur portable. Ainsi équipé, il se rend dans le Grand Teton National Park (USA) avec Emma Davie et David Abram à l’automne 2016, pour tourner les premières images de «Becoming Animal».
Plus tard, il mettra en scène cet équipement technique de manière délibérée: caméras et microphones, aides à la navigation, voitures et avions sont visibles à plusieurs moments du film. «Nous faisons l’expérience de la nature grâce à la technologie», souligne-t-il. «C’est ce que je voulais montrer». En même temps, le réalisateur montre clairement qu’il y a une personne derrière la caméra, quelqu’un qui halète, trébuche, chuchote et s’étonne par exemple de la mélopée d’un élan. Le spectateur se glisse ainsi dans la peau du cinéaste et explore avec lui la «terre vivante».
L’artiste vidéaste Pipilotti Rist, qui a partagé autrefois un atelier avec Peter Mettler en Appenzell, a écrit à propos de son travail: «Les films de Peter Mettler lui ressemblent curieusement: ils sont grands, beaux et doux. Leur mouvement est lent, mais sûr et résolu. Comme celui d’un animal en transe, plongé dans ses pensées.» On aimerait finalement savoir si Peter Mettler peut aussi évoluer dans la nature sans caméra, s’y rendre «nu» et en profiter sans projet en tête. «Oh oui ! Chaque année, je me rends au Canada, en pleine nature, et je fais du canoë. J’en retire de l’énergie et une forme de sérénité.»
NICOLAS GATTLEN est rédacteur du Magazine Pro Natura.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
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