Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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28
Mar
2026
-
17
Mag
2026
Orchidée sauvage

Exposition

Exposition Orchidées sauvages de Suisse

Luogo
Centre Pro Natura de Champ-Pittet
Costo
Gratuito
Dal
28.03.2026
Al
17.05.2026
Connaissez-vous le monde passionnant des orchidées ? Le photographe fribourgeois Dimitri Känel a parcouru la Suisse à leur recherche et vous propose de découvrir ces plantes qui fascinent les humains depuis l’Antiquité.

La Suisse abrite près de 70 espèces d’orchidées sauvages. Créatives et parfois redoutables dans leurs stratégies de pollinisation, ces fleurs d’une beauté rare s’épanouissent dans une grande diversité de biotopes lorsque des conditions exigeantes sont réunies. Véritables fers de lance de la protection de la nature, la présence très localisée des orchidées questionnent notre manière d’habiter le monde. En Suisse, elles sont aujourd’hui toutes menacées de disparition en raison de la perte de leurs habitats. 

Agenda et horaires : 

Vendredi 27 mars à 17h, vernissage 

Dimanche 3 mai de 15h à 16h, conférence

Connaissez-vous le monde passionnant des orchidées ? Le photographe Dimitri Känel vous propose une immersion richement illustrée et ponctuée d'anecdotes, à la découverte de ces plantes qui fascinent les humains depuis l’antiquité.  

Dimanche 17 mai de 9h à 11h, excursion à la découverte des orchidées sauvages de Suisse 

Exposition ouverte du 28 mars au 17 mai 2026 du mardi au dimanche de 10h à 17h30 (ouvert lundi de Pâques) 

Ulteriori informazioni

Contatto

Centre Pro Natura de Champ-Pittet
Ch. de la Cariçaie 1
1400 Cheseaux-Noréaz
Tél.: 024 423 35 70
@email

Dettagli dell'evento

Data

DAL
Sabato, 28.03.2026
A
Domenica, 17.05.2026
INIZIO
10:00
FINE
17:30

Luogo

Centre Pro Natura de Champ-Pittet

Dettagli

Tipo di evento
Stagione
Grado di difficoltà

Costo

Gratuit

Passage à faune à Utzenstorf
Protection des espèces

Voie libre pour la faune sauvage

Les animaux sauvages se déplacent. Cependant, de plus en plus de routes et de voies ferrées coupent leurs itinéraires. Pro Natura s’engage pour davantage de corridors faunistiques ininterrompus.

Les animaux sauvages se déplacent entre leurs lieux de repos et de pâture, entre leurs quartiers d’été et d’hiver, et vers leurs sites de reproduction. Quelques individus solitaires partent coloniser de nouveaux territoires. Ces migrations sont essentielles pour la perpétuation de l’espèce.

Les grands mammifères, tel le cerf élaphe, ne sont pas les seuls à dépendre d’une grande liberté de mouvement. Le lynx, le blaireau, le lièvre, la martre des pins, le hérisson, la rainette et le lézard agile ont, comme presque tous les animaux, d’importants besoins en mobilité et empruntent des itinéraires spécifiques, appelés corridors faunistiques ou axes de déplacement.

Pas de survie sans mobilité

Les échanges entre les différentes populations animales sont cruciaux pour leur survie. Le risque d’extinction est d’autant plus élevé que les populations sont petites et isolées. Et la menace ne fait qu’augmenter: toujours davantage de routes, voies ferrées, agglomérations, cours d’eau canalisés et terres agricoles exploitées intensivement coupent les itinéraires traditionnels de déplacement de la faune sauvage.

Afin que les routes et les voies ferrées ne constituent pas des obstacles dangereux pour la survie des animaux sauvages, des ponts et des passages souterrains pour la faune ainsi que des ouvrages pour les petits animaux et des crapauducs se révèlent nécessaires. Il est essentiel que les aménagements soient adaptés aux espèces concernées et mis en réseau avec les paysages naturels environnants.

Les voies de déplacement des animaux sont bloquées

Pro Natura s’engage pour que les corridors faunistiques et axes de déplacement endommagés ou interrompus soient de nouveau praticables. Lors de la planification d’infrastructures telles que des routes ou des voies ferrées, il s’agit de prendre en compte le plus tôt possible et de manière cohérente les besoins en mobilité de la faune sauvage, afin d’éviter un fractionnement supplémentaire de ses habitats.

En 2001, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) avait recensé 304 corridors faunistiques transrégionaux en Suisse. L’état de ce réseau était catastrophique: seul un quart environ des corridors faunistiques (28%) étaient intacts, 56% endommagés et 16% totalement impraticables. Dix ans plus tard, l’OFEV a réexaminé la situation. Conclusion: le bilan est mauvais, la situation ne s’est pas améliorée. Seuls les développements les plus récents apportent un peu d’espoir.

20 000 animaux sauvages périssent chaque année

Chaque année, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) recense plus de 20 000 animaux sauvages tués dans des accidents. Ce chiffre couvre uniquement les mammifères de grande taille, allant du cerf au lièvre. Il ne couvre pas les plus petits animaux. Les amphibiens sont pourtant extrêmement vulnérables lors de leurs migrations saisonnières.

Il existe des mesures techniques de dissuasion pour éloigner les animaux des routes, mais elles n’offrent pas une protection suffisante contre les accidents. Les systèmes électroniques d’alerte gibier représentent actuellement la technique la plus efficace, car ils préviennent les usagères et les usagers de la route dès que des animaux s’approchent de la chaussée.

Des pièges autour de la maison

Le danger ne provient pas uniquement des routes: de nombreux pièges et barrières pour les petits animaux parsèment l’espace urbain, les jardins et les alentours des maisons. Il s’agit par exemple de clôtures ou de filets. Les puits de lumière, de ventilation ou d’eaux usées au niveau du sol sont des pièges mortels pour les petits animaux. Les accès aux caves, les étangs de jardin et les piscines cachent des dangers similaires. On peut y remédier facilement.

Ce que fait Pro Natura

Dans le cadre de sa campagne «Voie libre pour la faune sauvage!» (2017 – 2019), Pro Natura a attiré l’attention sur les corridors faunistiques endommagés ou interrompus. Il s’agissait d’informer la population sur les besoins en mobilité des animaux sauvages afin de la sensibiliser à l’importance de ces passages vitaux. Par ailleurs, Pro Natura a travaillé avec plusieurs cantons et offices fédéraux à l’assainissement de corridors faunistiques.

Pro Natura s’investit activement dans la création de nouveaux corridors. Avec plus de 700 réserves naturelles, elle favorise la mise en réseaux de milieux naturels afin de permettre à des espèces animales protégées et menacées de se déplacer entre divers habitats. Les sections Pro Natura entretiennent une multitude de petites structures et de talus, mis à profit comme axes de déplacement ou aires de repli par de nombreuses espèces animales.

Ce que vous pouvez faire

Il est absolument essentiel que les animaux ne soient pas dérangés sur ces corridors faunistiques. Ne vous y engagez donc pas, sinon les animaux ne les utiliseront pas. Si vous apercevez des animaux sauvages, ne les poursuivez pas et ne les éclairez pas avec votre lampe de poche.

En hiver également, le risque d’effrayer des animaux est conséquent, notamment lors de randonnées à ski ou en raquettes, descentes en freeride ou marches à pied. Veuillez respecter les zones de tranquillité et les districts francs, et tenez votre chien en laisse dans les zones sensibles.

En voiture à l’aube ou au crépuscule, adaptez votre vitesse à l’orée des forêts: c’est justement à ces moments de la journée que les animaux sauvages tentent de traverser les routes. Et chez vous, faites attention aux pièges et barrières en tout genre dans votre jardin et les alentours. Enlevez-les et n’en créez pas de nouveaux. La faune sauvage vous en est reconnaissante!

Le Magazine Pro Natura est la principale revue dans le domaine de la protection de la nature
Protection des espèces

Pro Natura Magazine

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture.

Les 170'000 membres de Pro Natura reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique le vivant. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour l’environnement.

Des articles de vente sélectionnés et une offre variée d’excursions sont proposés également dans le magazine. Et même votre lieu de résidence y est à l’honneur: les sections cantonales Pro Natura vous parlent de la nature tout près de chez vous.

Ulteriori informazioni

Info

Dates de publication 2026
1/26: 5 janvier, 2/26: 6 mars, 3/26: 22 mai, 4/26: 14 août, 5/26: 23 octobre, 1/27: 4 janvier

Le Doubs sort de son lit à Clairbief

Doubs vivant

chat sauvage dans une prairie Fabrice Cahez
Animal de l’année

Le chat sauvage est l’Animal de l’année 2020

En 2020, le chat sauvage d’Europe (Felis silvestris) sera l’ambassadeur des forêts sauvages, des paysages cultivés riches en abris et d’une protection efficace de la nature. Autrefois au bord de l’extinction, cet élégant chasseur colonise aujourd’hui de nouveaux territoires. Le chat sauvage nous réserve encore des surprises.

Le nom latin du chat sauvage signifie «chat des forêts». Les forêts préservées présentant une grande diversité structurelle constituent l’habitat originel du chat sauvage. Elles lui offrent un terrain de chasse où se procurer des souris, un lieu sûr où se cacher pour dormir durant la journée et un refuge au sec pour donner naissance à ses petits.

Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le chat sauvage comme Animal de l’année?

Oser plus de nature sauvage est le pari de Pro Natura en choisissant le chat sauvage en 2020. Laisser libre cours à la nature serait bénéfique à maints endroits de notre Suisse propre en ordre. On n’a pas forcément besoin d’y consacrer de vastes territoires. Dans chaque forêt, au bord de chaque ruisseau, de chaque champ et pâturage, nous pouvons accorder plus de liberté à la nature. De nombreuses espèces végétales et animales, et pas seulement les chats sauvages, s’en porteraient mieux. Le chat sauvage s’aventure aussi dans les paysages cultivés lorsqu’il y trouve suffisamment de «désordre» où rester à couvert. Cependant, la présence d’habitats appropriés n’aide les prédateurs comme le chat sauvage que si les animaux sont protégés d’une persécution directe. L’histoire du chat sauvage le montre bien.

Wildkatze auf Waldweg Fabrice Cahez
Rencontre fugace d’un chat sauvage sur un chemin forestier.

Le chat sauvage reprend pied

Le chat sauvage européen a connu le même sort que tous les prédateurs de Suisse. Considéré comme nuisible, il a impitoyablement été traqué. En 1976, Philipp Schmidt écrit dans son Histoire des animaux chassables en Suisse: «Dans la loi fédérale sur la chasse et la protection des oiseaux de 1963, le chat sauvage est même protégé, mais c’est un peu comme avec la fosse à purin qui n’est recouverte que lorsque quelqu’un y est tombé, à savoir qu’on aurait dû agir plus tôt». (Philipp Schmidt, Das Wild der Schweiz, Berne, 1976, page 341).

Heureusement, la protection du chat sauvage est intervenue à temps. Aujourd’hui, de vastes secteurs du Jura suisse abritent des chats sauvages. Mais on ignorera probablement toujours si le «tigre de nos forêts» a vraiment échappé de justesse à une extinction en Suisse. Il est aussi possible que l’espèce soit revenue depuis la France. Dans les années 1960 et 1970, il y a également eu plusieurs lâchers de chats sauvages par des organismes officiels et des particuliers.

Verbreitungskarte Wildkatze Schweiz
Carte de répartition actuelle du chat sauvage en Suisse. Chaque carré désigne une ou plusieurs observations (état novembre 2019).

Rares images de chats sauvages

À quoi reconnaît-on un chat sauvage?

Il n’y a pas que des chats sauvages qui se promènent dans nos forêts. Environ 1,6 million de chats domestiques vivent en Suisse. Beaucoup d’entre eux jouissent d’une liberté totale. Des milliers de chats harets (chats domestiques retournés à l’état sauvage) parcourent également champs et forêts. Même avec un chat qu’on apercevrait au plus profond d’une forêt, la question se poserait s’il est sauvage ou domestique. Un chat domestique tigré n’est pas toujours facile à distinguer d’un chat sauvage. On ne peut avoir de certitude que par des analyses génétiques.

Extérieurement, les caractéristiques suivantes sont typiques d’un chat sauvage:

  • corps donnant une impression de robustesse et de massivité en raison de la fourrure dense à poil long
  • fourrure gris-brun plus uniforme sur les côtés, souvent avec des taches blanches au niveau de la gorge, de la poitrine et du ventre; toujours une raie noire le long de la colonne vertébrale
  • queue touffue, arrondie et noire à l’extrémité, souvent avec deux ou trois anneaux noirs
  • bout du nez toujours rose
Wildkatze im Heu Fabrice Cahez
Ce chat sauvage présente plusieurs caractéristiques typiques.

L’année du chat sauvage

Les chats sauvages vivent en solitaires sur un territoire défini. Ils marquent ce territoire avec leur urine et leurs excréments, en griffant des arbres ou en déposant des marques olfactives en se frottant. L’étendue du territoire varie en fonction du paysage et de l’offre alimentaire, mais représente plusieurs kilomètres carrés par animal. Les territoires plus vastes des mâles englobent les territoires de plusieurs femelles. De janvier à mars, les bois résonnent des cris peu harmonieux des matous en rut. La rencontre du mâle et de la femelle ressemble plus à une bagarre qu’à un acte d’amour. Après l’accouplement, leurs chemins se séparent à nouveau.

Deux bons mois plus tard, la chatte donne naissance à ses 2 à 5 petits, qui sont allaités jusqu’à trois mois. Dès l’âge de 5 semaines environ, les chatons goûtent à leurs premiers morceaux de viande. Lorsque l’hiver arrive, la vie de famille touche à sa fin. Les jeunes chats adultes se mettent en quête de leur propre territoire. L’année suivante, les femelles pourront déjà porter leurs propres petits, si elles sont encore en vie. Car de nombreux dangers guettent les jeunes chats sauvages: leurs ennemis naturels sont le lynx, le renard, la martre, le hibou grand-duc ou l’hermine.

 

Wildkatze markiert mit Urin Fabrice Cahez
«Ici, c’est chez moi!»: un chat sauvage marque son territoire avec son urine.

Chat sauvage et chat domestique: une différence subtile

On pourrait supposer que notre chat domestique (Felis catus) descend du chat sauvage d’Europe (felis silvestris). Or, il n’en est rien. Nos tigres domestiques remontent génétiquement au chat sauvage afro-asiatique (Felis lybica), appelé aussi chat ganté. Les chats domestiques ont atteint nos latitudes il y a environ 2000 ans, avec les Romains. La science considère aujourd’hui ces trois «types» de chats comme des espèces indépendantes. Mais les chats domestiques et les chats sauvages peuvent s’accoupler et donner naissance à des petits aptes à la reproduction.

Wildkatze auf Mäusejagd Fabrice Cahez
Il n’est pas rare de voir des chats domestiques et sauvages chassant la souris dans des prés fraîchement fauchés, en bordure de forêt.

Des recherches menées avec de la valériane

Jusqu’il y a quelques années, il était très difficile d’effectuer des recherches scientifiques sur les chats sauvages. En 2006, des chercheurs ingénieux ont eu l’idée de tirer profit de l’attrait irrésistible que la valériane exerce sur les chats. Ces chercheurs ont placé en forêt des planches non rabotées, vaporisées de valériane. Les chats s’y frottent avec plaisir. Ce faisant, ils y laissent aussi des poils qui fournissent des informations sur les caractéristiques génétiques de l’animal grâce aux méthodes d’analyse modernes.

En 2008-2010, Hintermann & Weber AG a utilisé cette méthode pour analyser pour la première fois la répartition des chats sauvages dans le Jura, sur mandat de la Confédération. À cette époque, seuls 10% environ de l’Arc jurassien étaient colonisés par des chats sauvages. Ce monitoring est actuellement répété sous la direction de l’Association Wildtier Schweiz. Début 2021, on peut s’attendre à de nouvelles découvertes passionnantes sur la répartition des chats sauvages en Suisse.

Wildkatze an Lockstock Darius Weber
Un chat sauvage se frotte contre un piquet, attiré par l’odeur irrésistible de la valériane.

L’avenir du chat sauvage se présente bien…

Lorsque des espèces disparues retournent à leur habitat d’origine, il n’est pas rare d’avoir des surprises. C’est notamment le cas avec les chats sauvages. Les résultats de recherches récentes de la Fondation KORA montrent, par exemple, que le chat sauvage peut apparemment se débrouiller également en dehors de grandes zones forestières. Au cours de l’été 2018, quatre animaux porteurs d’émetteurs ont séjourné régulièrement dans le paysage intensément cultivé du Seeland.

Cependant, des structures en réseau comme des haies, des bosquets et des îlots forestiers sont indispensables. Des passages à faune au-dessus ou au-dessous des routes très fréquentées sont tout aussi importants, sans quoi quantité de chats sauvages sont victimes de la circulation routière.

Wildkatze überquert Strasse Fabrice Cahez
De nombreux chats sauvages sont victimes de la circulation.

Important: garder les chats domestiques sous contrôle

À moyen terme, le plus grand danger pour nos chats sauvages réside dans le croisement (hybridation) avec les chats domestiques. Les propriétaires de chats ont donc une grande responsabilité. Les chats qu’on laisse aller et venir comme bon leur semble devraient être stérilisés, afin d’éviter tout croisement avec des chats sauvages. Heureusement, de nombreux propriétaires de chats prennent déjà cette responsabilité au sérieux. Le monitoring en continu des chats sauvages fournira également des données sur l’hybridation actuelle des chats sauvages et domestiques en Suisse.

Que fait Pro Natura pour le chat sauvage?

Les nombreuses réserves naturelles Pro Natura dans le Jura peuvent servir de sous-habitats pour les chats sauvages. Ils trouvent des refuges sûrs dans nos réserves forestières et ils peuvent chasser les souris dans les prés et pâturages riches en espèces en bordure des forêts.

En savoir plus sur les 700 réserves naturelles Pro Natura

Les chats sauvages ont besoin d’habitats en réseau. Et ils doivent pouvoir traverser les voies de circulation en toute sécurité. Pro Natura s’engage pour des corridors faunistiques sûrs dans le cadre de sa campagne «Voie libre pour la faune sauvage!».

En savoir plus sur la campagne «Voie libre pour la faune sauvage!»

Personne ne pense plus aujourd’hui à éradiquer les chats sauvages. Mais son parent de plus grande taille, le lynx, est dans le collimateur de la politique. En 2019, le Parlement suisse a adopté une loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages complètement inepte. Elle menace également le lynx. Pro Natura et d’autres associations ont lancé un référendum contre cette nouvelle loi.

Non à une Loi sur la chasse ratée

Site de la Deutsche Bahn, le lit de la voie sur lequel les plantes sauvages se répandent
16.07.2019 Protection des espèces

Succès «collatéraux» pour la nature

De nombreuses espèces animales et végétales menacées ont trouvé un dernier refuge dans des zones qui n’ont pas été conçues pour la nature. Les friches industrielles, les voies ferrées, les places d’armes, les carrières, les gravières, les mines de gypse et les glaisières offrent d’importants habitats de substitution – mais là aussi, la pression sur la nature s’intensifie.

On trouve parfois des valeurs naturelles importantes là où on s’y attend le moins: dans les zones industrielles et commerciales ou sur les terrains d’aviation et les places d’armes. C’est justement dans ces milieux créés par l’homme que des espèces rares trouvent refuge.

Le crapaud calamite, par exemple, se serait éteint après les grandes corrections des eaux qu’a connues la Suisse s’il n’avait pu se réfugier dans les gravières, les chantiers, les terrains d’entraînement militaires ou les friches industrielles. Il trouve dans ces habitats de substitution ce que les zones alluviales dynamiques lui offraient autrefois: des surfaces graveleuses et rudérales, des sols sablonneux, des mares temporaires.

Les surfaces rudérales sont de plus en plus rares dans notre pays.

Les mines d’argile et de gypse, les glaisières, les carrières et les zones ferroviaires peu utilisées servent également d’habitats alternatifs pour des animaux et des plantes rares. Les espèces thermophiles et les plantes pionnières, en particulier, tirent un profit des surfaces rudérales, de plus en plus rares dans notre pays. Les prairies maigres se raréfient également: quelques-unes des dernières grandes prairies maigres du Plateau se trouvent sur les aérodromes et les places d’armes. L’aérodrome militaire de Dübendorf, par exemple, possède les plus grandes prairies sèches du canton de Zurich.

Ces milieux naturels de valeur n’ont pas été créés délibérément: il s’agit soit des vestiges d’un paysage autrefois riche en espèces (places d’armes et aérodromes), soit du résultat inattendu de l’exploitation par l’homme (extraction de gravier, carrières, etc.), c’est-à-dire d’un succès quasi «collatéral».

Les valeurs naturelles élevées doivent être prises en compte

C’est le caractère fortuit de ces biotopes qui les précarise, car leur exploitation peut changer. Il est par exemple question d’utiliser l’aérodrome de Dübendorf pour l’aviation civile et de construire des pistes et des bâtiments supplémentaires. Les gravières aussi sont exposées à des changements. Au cours des dernières années, l’extraction de gravier s’est intensifiée et on remblaye juste derrière la limite d’extraction: d’une part sous la pression des propriétaires fonciers, d’autre part parce que le remblayage est aujourd’hui au moins aussi lucratif que l’extraction de gravier et de sable. En effet, il y a trop peu de fosses pour accueillir la terre des nombreux chantiers de construction.

Pro Natura demande que les valeurs naturelles élevées soient prises en compte et encouragées dans l’utilisation et le développement de ces sites – les gravières, les carrières, les places d’armes et les aérodromes sont les derniers refuges de nombreuses espèces animales et végétales menacées, en particulier dans des régions de plaine intensément utilisées.

Certains exploitants craignent que des obligations légales et des coûts supplémentaires ne découlent de leur engagement et du succès qui en résulte. Par exemple, que les plans d’eau ou prairies sèches nouvellement créés soient immédiatement placés sous protection, ce qui limiterait le développement. Telle n’est pas l’intention de Pro Natura. Il s’agit plutôt de trouver des solutions en faveur d’une coexistence harmonieuse de la nature et de l’industrie. Sur la base de sept exemples, nous souhaitons montrer dans les pages suivantes comment cette synergie peut fonctionner et quels sont les risques liés à un changement d’utilisation.

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.

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Parc national des Grisons
16.07.2019 Protection des espèces

Heinrich Haller: «Le temps de la nature n’est pas le nôtre»

Après 23 ans à la tête du Parc national suisse, Heinrich Haller dit n’avoir pas trop de peine à faire ses adieux à son poste de directeur. Car la plus grande réserve naturelle de Suisse nous confronte sans cesse aux limites de l’action humaine.

«C’est quand même incroyablement beau ici.» Heinrich Haller prononce cette phrase avec un enthousiasme voilé de timidité. En cette soirée de début d’été, nous nous tenons sur le versant sud de Munt La Schera dans le Parc national, un de ses coins préférés.

Les premiers chamois pâturent une herbe encore clairsemée, une gigantesque forêt de conifères alpins s’étend en contrebas, l’Italie et ses vallées transversales se profilent au loin, et à l’ouest la Cima Paradiso confère au tableau une majesté grandiose.

Romantique, mais aussi pragmatique

Directeur du Parc national suisse durant 23 ans, Heinrich Haller continue de contempler ce paysage sans se lasser. Au contraire : «Regarde comme le feu des bruyères illumine en ce moment le paysage, en été les prairies alpines offrent un chatoiement de couleurs, puis la couleur rouge réapparaît dans d’autres teintes en automne, avant que l’hiver ne recouvre tout de sa blancheur silencieuse.» Il confesse aussitôt être un incorrigible romantique.

Mais pas un rêveur. A l’heure de passer le témoin, il reste un farouche pragmatique, comme il le soulignera plusieurs fois durant notre randonnée dans le Parc national. Il essaie de mettre en œuvre ce qui est possible, plutôt que défendre bec et ongles des exigences irréalisables.

Pour autant, le biologiste de la faune ne se rallie pas forcément à l’opinion dominante et défend aussi des positions tranchées. C’est notamment le cas avec la dernière espèce à avoir fait son retour sur le territoire du Parc national, après une longue période d’extinction: le loup. Depuis deux ans, la louve F18 vagabonde entre le col de l’Ofen et Zernez. Heinrich Haller ne cache pas la joie que lui procure cette nouvelle arrivante, qu’il a souvent observée et photographiée.

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«Car l’être humain n’a pas à accaparer tout ce qui existe.»

Heinrich Haller, directeur sortant du Parc national

Heinrich Haller Raphael Weber/Pro Natura

Heinrich Haller s’oppose catégoriquement à la révision de la Loi sur la chasse, qui veut faciliter le tir du loup. «C’est absurde, le déclin dramatique de la biodiversité est sur toutes les lèvres, et en même temps on ouvre la chasse à des espèces rares et protégées.» Les loups ont justement un effet très bénéfique pour la biodiversité: en faisant pression sur les ongulés, ils permettent le rajeunissement de la forêt et accroissent la vitalité de la faune. Ainsi, la chasse spéciale aux cerfs menée dans les Grisons sur le territoire de la meute de Calanda est moins meurtrière depuis la réapparition du loup.

Toujours pragmatique, le biologiste reconnaît que quand les loups auront colonisé tout l’arc alpin et établi un réseau de meutes, une régulation adéquate sera envisageable. «Mais la population de loups est encore bien loin de s’être stabilisée.» Le fait est que F18 n’a toujours pas trouvé de mâle pour se reproduire.

Une passion pour les prédateurs

Heinrich Haller a toujours été fasciné par les grands prédateurs, qui l’ont accompagné durant toute sa carrière, avec une prédilection pour le lynx, l’aigle royal et le hibou grand-duc. Le biologiste de la faune insiste volontiers sur l’importance du travail scientifique effectué dans le Parc national. Il a d’ailleurs publié plusieurs livres à ce sujet. Le suivi scientifique sur la longue durée est l’un des points forts d’un parc national plus que centenaire. Il livre de précieuses connaissances sur l’évolution des Alpes.

A quoi ressemble la nature lorsqu’on la laisse se développer sans intervention humaine pendant un siècle? C’est ce qu’on découvre en descendant depuis les pâturages de la Schera, et le résultat est impressionnant: entre des arbres géants qui se dressent jusqu’au ciel s’enchevêtrent des milliers de troncs morts, parmi lesquels on aperçoit de jeunes pousses de pins, de mélèzes et d’épicéas. Une dynamique naturelle à l’état pur. «Dans quelques centaines d’années, nous aurons ici une véritable forêt vierge.»

Et ce tableau nous rappelle que les cycles naturels ne se mesurent pas à l’échelle de la vie humaine. «Dans ce parc, je suis continuellement confronté à une durée qui dépasse la mienne, le temps de la nature n’est pas le nôtre», nous confie-t-il au milieu d’une clairière naturelle. Pour que quelque chose de grand puisse se manifester, l’être humain devrait cesser de se considérer comme le centre du monde et se mettre un peu en retrait.

C’est cette humilité et cette conscience des limites de l’action humaine qui permettent à Heinrich Haller de quitter sans trop de regrets le poste qu’il a occupé pendant plus de vingt ans. Et notre romantique de s’enflammer pour le Val Nüglia, un recoin du Parc national inaccessible au public. Durant toutes ces années comme directeur, il n’a jamais été tenté de profiter de son statut pour l’explorer. Savoir que ce vallon demeure inviolé lui procure une joie immense. «Car l’être humain n’a pas à accaparer tout ce qui existe.»

RAPHAEL WEBER, rédacteur en chef du Magazine Pro Natura.

Embrousaillement Vionnaz

Pro­jet de mise en valeur des Rigoles de Vion­naz — Nou­veaux habi­tats pour les espèces des marais

Ambassadeur nature

Ambas­sadeurs Nature — 2021 – 2028

Lebensraum Wiese
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