Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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Bois du Faison_Héloise Candolfi
Ginevra

Bois du faisan

En 1933, la Ligue Suisse pour la Protection de la Nature ayant reçu la moitié du produit de la collecte du 1er Août, décida de consacrer le tiers de la somme qui lui était accordée aux sociétés s'occupant des réserves. Les réserves créées devaient cependant avoir un intérêt pédagogique et c'est là que se situe l'origine de la réserve scolaire du Bois du Faisan.

Une zone alluviale en devenir

Lors de l'achat des parcelles actuelles, l'objectif était de participer à la reconstruction de forêts dans le canton et mettre à la disposition des classes un bois pour les écoliers.

En 1938, Pro Natura Genève (à cette époque appelée Association pour la création et l'entretien de réserves naturelles dans le canton de Genève) devient propriétaire de 7ha d'un biotope composé d'une hêtraie, une chênaie, de prés marécageux et de rives de la Versoix.

Une zone alluviale d'importance nationale

Situé dans une zone alluviale d’importance nationale, le Bois du Faisan comporte dans sa partie basse, aux abords de la Versoix, une remarquable aulnaie alluviale. Cette association végétale est fortement menacée en Suisse, du fait qu’elle est liée à une dynamique fluviale sauvage et à des crues saisonnières.

La réserve naturelle comprend également une grande surface de prairie marécageuse qui pendant longtemps, fut l'un des derniers représentant de la dynamique naturelle du site. Enfin, la réserve englobe également une partie uniquement forestière, comprenant des talus qui abritent une grande variété de faune (renards, blaireaux).

De manière plus générale, c'est l'ensemble du cours d'eau qui est remarquable. La Versoix a 3 visages.
En amont des marais, elle est encore jeune et dévale les flancs du Jura où le courant s'accélère. Parvenue dans le secteur des marais, elle ralentit et traverse différents bras conservés depuis l'époque glacière. Enfin, passé les marais, elle se réveille à nouveau et se dépêche de rejoindre le lac Léman à la hauteur du bourg de Versoix.

Le débit peut varier en moyenne sur une année de 0,7m3/s à 20m3/s. Cependant, des crues exceptionnelles peuvent aller jusqu'à 50-60m3/s entraînant des phénomènes d'érosion tout à fait remarquables.

Comme mentionné précédemment, la Versoix possède également des marais qui couvrent la presque totalité du parcours frontalier du cours d'eau. La rivière s'est étalée dans ces dépressions où les eaux de la nappe phréatique, aussi bien que celles des précipitations, ne pouvaient s'infiltrer en profondeur de par la nature étanche des argiles et les a inondées. Heureusement, ces marais sont maintenant protégés des deux côtés et nous espérons qu'il en sera ainsi pour très longtemps.

La Flore de la réserve

La diversité des milieux (zones forestières à zones humides, voire inondées) dans cette réserve engendre une diversité de la flore assez importante, au fil des mois:

Mars
Parmi les quelques fleurs déjà visibles, on trouvera la pulmonaire (Pulmonaria officinalis) un peu partout, l'anémone des bois (Anemone nemorosa) dans la forêt et quelques tussilages (Tussilago farafara) au bord de l'eau.

Avril
Dans les pentes de la réserve, on découvrira les violettes des bois (Viola reichenbachiana) qui recouvrent le sol. Les anémones des bois ont passé et des plantes moins éclatantes ont leur tour, comme les alliaires (Alliaria petiolata) et les sceaux de Salomon (Polygonatum multiflorum).

Mai
Les couleurs disparaissent dans les différents bois. Des tapis verts remplacent les fleurs isolées. Dans l'aulnaie, les feuilles découpées du cerfeuil des bois (Anthriscus sylvestris) et de la podagraire (Aegopodium podagraria) couvrent de grands espaces. Beaucoup de richesses sont à découvrir, sans oublier de mettre son nez dans l'ail des ours (Allium ursinum).

Juin
L'intérêt se porte surtout sur la partie humide de la réserve, où on découvre l'iris des marais (Iris pseudacorus), la lysimaque (Lysimachia terrestris), le cirse palustre (Cirsium palustre), la reine des prés (Filipendula ulmaria) ou la sanguisorbe (Sanguisorba officinalis).

Juillet et août
Il reste quelques rares plantes à découvrir à cette saison, comme le millepertuis (Hypericum perforatum) dans les taillis ou les modestes circées (Circaea sp.) aux fleurs minuscules sur le bord des chemins.

La faune de la réserve

La réserve naturelle du Bois du Faisan n'abrite plus aucune bête rare, elle est trop proche des habitations, trop fréquentée par l'homme.

Heureusement, grâce à l'étendue du massif forestier, à la présence de la rivière, de plans d'eau et de zones humides, petite et grande faunes trouvent des conditions relativement propices à leur développement.

Pendant longtemps, la réserve a abrité un grand nombre de terriers de blaireaux (Meles meles) avec plus de 25 individus. Malheureusement, en 1993, les terriers ont été détruits par des inconnus, entraînant la disparition de la plupart des animaux.

Il reste quelques traces de ce magnifique mustélidé, ainsi que d'autres gros mammifères et la réserve fait maintenant partie intégrante des rives de la Versoix capable d'accueillir ces animaux.

C'est au Bois du Faisan que, le 19 novembre 1956 à 17h30, un castor (Castor fiber) a été mis à l'eau, dans la Versoix.

Ce geste était l'aboutissement de plusieurs années de préparation et fut le début de la réintroduction de l'espèce en Suisse, où elle est actuellement solidement installée.

Espace sauvage «Bremgartenwald»
03.07.2020 Réserve naturelle

Les îlots de nature sauvage préférés des collaborateur·trice·s Pro Natura

La nouvelle campagne de Pro Natura veut montrer que l’être humain et la nature ont beaucoup à gagner de la préservation de toutes sortes d’espaces sauvages.

La notion d’espaces savages évoque diverses representations pour chacun d’entre nous. Beaucoup d’amoureux de la nature imaginent les vastes étendues inviolées de Laponie, du Groenland ou du Canada. Ces régions du monde comptent en effet deszones de nature sauvage au sens scientifique du terme: l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) les définit comme «de vastes aires intactes ou légèrement modifiées, qui ont conservé leur caractère et leur influence naturels, sans habitations humaines permanentes ou significatives».

En Suisse, seul le Parc National répond à ces critères. Mais les espaces sauvages évoquent aussi des surfaces plus modestes que l’être humain n’exploite pas, n’entretient pas, ne modèle pas à son gré. Ces zones à caractère sauvage, dans lesquelles la nature peut évoluer librement, sont souvent proches des agglomérations. Des collaboratrices et collaborateurs de Pro Natura vous présentent dans ce numéro un coin de nature sauvage qui leur est cher et dont la valeur pour les êtres humains et la nature est indéniable.

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Info

Cet article a été publié dans le Pro Natura magazine.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

«Un joyeux désordre»

«Chacune de mes balades aux Bolle di Magadino (TI) est une surprise: je ne sais jamais exactement ce que je vais y trouver. Comme ornithologue, je garde naturellement un oeil sur les oiseaux, surtout pendant la période de la migration car de nouvelles espèces apparaissent sans cesse. D’autres espèces suscitent aussi l’étonnement. Cet hiver, par exemple, un troupeau de cerfs rouges atraversé le delta en nageant dans l’eau froide!

Curieusement, j’ai d’abord dû aller en Afrique du Sudpour faire vraiment connaissance avec les Bolle: alorsque je travaillais sur un projet d’étude sur les singes, en  passant des jours et des semaines dans la brousse, je me  suis intéressée de plus en plus à tout ce qui volait autour de mes oreilles. A mon retour, les Bolle – l’embouchure de la Verzasca et du Tessin – sont devenues monnouveau terrain d’exploration: avec ses paysages variés  et idylliques, cet habitat naturel unique me permet de me vider la tête et de me fier à mes sens: je vois, j’entends, je sens. Je retrouve ainsi une paix intérieure et j’oublie la proximité de la civilisation.

Dans cette réserve naturelle, le paysage prend également des allures variées: le vent peut se frayer un chemin dans la forêt, l’eau peut monter parfois au-dessus des chevilles dans la forêt alluviale. Un joyeux désordre règne dans tout ce paysage, c’est une petite jungle à plusieurs niveaux, et à chaque étage il y a toujours des habitants différents, comme autant de nouvelles surprises!»

Martina Spinelli est responsable de l’éducation à l’environnement à Pro Natura Tessin.

Martina Spinelli in der Bolle di Magadino Andrea Persico
Bolle di Magadino

«Ça sent bon la mousse et la terre humide»

«Peu de gens connaissent cette charmante petite gorge au-dessus d’Erstfeld (UR). L’accès se fait par un tunnel sombre de 150 mètres de long, dont l’entrée est à peine visible. Ce qui vous attend à la sortie est impressionnant: une vue imprenable dans une gorge  recouverte de mousse dans laquelle serpente l’Alpbach sauvage. Partout, des troncs d’arbres et des rochers, et une bonne odeur de mousse et de terre humide: la nature à l’état pur!

Je préfère venir ici au petit matin, quand les premiersrayons de soleil atteignent la gorge et que l’eau et les pierres commencent à scintiller. Malheureusement, une partie de l’eau de l’Alpbach va être détournée. Un peu plus haut, une galerie a récemment été dynamitée, ce qui conduira l’eau vers une nouvelle centrale électrique. En décembre, la première machine sera mise en service. Par chance, la partie supérieure du ruisseau a pu être protégée.»

Pia Tresch-Walker est chargée d’affaires de Pro Natura Uri.

Pia Tresch-Walker am Alpbach Fabian Biasio
Alpbach

«Un coin de nature sauvage va disparaître»

«La carrière Rehhag de Bümpliz (BE) est un endroit extraordinaire, sauvage et magnifique. J’y vais régulièrement à vélo, je m’assieds au bord de la carrière avec des jumelles ou je me balade. Autrefois, on y extrayait de l’argile. Lorsque cela n’a plus été rentable, les lieux ont été laissés à la libre évolution de la nature. Aujourd’hui, des saules, des prêles et des graminées poussent entre les blocs de pierre et les étangs. L’Epipactis des marais y fleurit par centaines, les libellules chassent au-dessus des roseaux et les tritons, grenouilles et sonneurs à ventre jaune s’ébattent dans des dizaines de petits plans d’eau.

La carrière Rehhag est probablement le site le plus riche en espèces de toute la commune de Berne. Cependant, il est prévu de la remblayer avec des gravats avant de procéder à une naturalisation de la zone. Cet endroit sauvage deviendra ainsi un espace «propre en ordre», avec un foyer pour les grillades, des chemins et des panneaux d’information pour les visiteurs. Un coin de nature sauvage aux portes de la ville va donc disparaître et, avec lui, probablement une partie de la biodiversité.»

Andrea Haslinger travaille au Secrétariat central de Pro Natura. Elle gère des réserves naturelles et des projets de promotion de la nature dans les zones habitées.

Andrea Haslinger in der Rehag-Grube Annette Boutellier
La carrière Rehhag de Bümpliz

«Un air de Provence à ma porte»

«La Chassagne d’Onnens, adossée au Mont d’Aubert (VD), se détache du paysage du pied du Jura par sa végétation méditerranéenne. A Pâques, quand mes enfants taient petits, nous en avions fait notre premier rendez-vous avec le printemps. C’est un endroit où, après les derniers frimas, on pouvait se coucher dans l’herbe et sentir la chaleur du sol grâce à ce climat si particulier. On cachait les oeufs dans les trous des troncs des chênes séculaires ou derrière un buisson épineux. Je mettais parfois en garde les enfants de ne pas s’approcher trop près des tas de pierre où la vipère se réchauffait.

Les enfants ont grandi, mais je continue d’aimer venir me promener seule le long du coteau. Lorsque la sauge est en fleur et que le soleil est chaud, je m’accroupis volontiers pour observer les orchidées et admirer tous les détails de sa beauté. J’écoute le bruit des criquets et je sursaute au passage furtif du lézard vert. En contrebas, le lac de Neuchâtel, l’arrière-pays vaudois et les Alpes qui dessinent l’horizon. La magie de la Chassagne opère et je me sens bien ici. Ce paysage et cette nature magnifiques, nous devons à tout prix les préserver.» 

Fabia Vulliamoz travaille au Centre Pro Natura de Champ-Pittet. Elle s’occupe des expositions artistiques et de l’adminisatration du centre.

Fabia Vulliamoz im Schutzgebiet Chassagne d’Onnens Florence Kupferschmid
La Chassagne d’Onnens

«Une grande richesse naturelle sur un tout petit espace»

«Une famille de castors a créé ce petit paradis naturel à quelques pas seulement de la gare de Schlatt (ZH). Cette évolution est intervenue à un rythme très rapide. Les premiers castors sont apparus dans notre réserve naturelle de Chollerwies et ont commencé à modeler le terrain en 2012. Ils ont abattu des saules et des peupliers, ont créé une retenue sur le Mülibach et aménagé plusieurs barrages. Une petite forêt alluviale accueillant de nombreux oiseaux, des libellules, des reptiles et des amphibiens a vu le jour durant les années qui ont suivi. Il est vraiment surprenant qu’un milieu naturel aussi riche ait pu s’établir sur une si petite surface, au milieu d’une zone apparemment peu propice,  dans un triangle entre route cantonale, voies ferrées et cultures intensives.

Depuis 2016, les castors ont également gagné une partie du cours d’eau située plus en aval – et nous veillons à ce que le niveau de l’eau ne monte pas trop haut. J’emmène  souvent mes enfants, ils sont fascinés par les huttes des castors et recherchent des monticules de terre imprégnés de castoréum, une sécrétion qui sert à marquer le territoire et qui est encore utilisée en parfumerie.»

Philip Taxböck travaille pour Pro Natura Thurgovie et dirige l’Action «A l’eau castor!» pour la Suisse orientale.

Philip Taxböck im Schutzgebiet Chollerwies Fabian Biaso
Réserve naturelle de Chollerwies

«Ce site a toujours beaucoup compté pour moi»

«La forêt de Finges est un lieu mythique à plus d’un titre. Il s’agit de la plus grande pinède d’Europe, avec une des dernières portions de fleuve encore sauvage en Suisse, le tout dans un décor chaotique hérité de la dernière glaciation. A l’interface des climats méditerranéen et alpin, sa biodiversité y est unique. Au niveau nature, c’est un peu le lieu de tous les superlatifs. J’ai eu la chance de grandir à côté de ce site incroyable, qui a beaucoup compté dans ma sensibilisation à l’environnement, dans ma passion pour les oiseaux et dans mon envie d’étudier la géographie. J’aime particulièrement observer les oiseaux au bord du Rhône sauvage, qui abrite les rares Petits gravelots et Chevaliers guignettes.

Ici, la variété des biotopes est remarquable: une vaste pinède, le Rhône sauvage et sa forêt alluviale, le Rottensand – zone steppique unique en Suisse, riche en plantes et en insectes –, différents étangs, ainsi qu’une zone agricole extensive. Le site est inscrit à l’Inventaire fédéral des paysages et le Rhône fait partie des zones alluviales d’importance nationale. Finges est au coeur des préoccupations de Pro Natura Valais, qui s’engage depuis ses débuts pour la sauvegarde de ce site d’exception.»

Jérémy Savioz est chargé d’affaires de Pro Natura Valais.

Jérémy Savioz im Pfynwald Florence Kuperschmid
La forêt de Finges

«Les arbres se tordent et prennent des formes bizarres»

«Plus bas, sur les larges chemins de la forêt mise à ban, on croise davantage de monde: des personnes avec des chiens, des joggeurs, des promeneurs. Mais seules quelques personnes s’aventurent ici, à Rumpelfluh (SO). Si le mauvais temps arrive et que la pluie couvre le bruit  ambiant, j’ai l’impression d’être dans un coin de nature sauvage, loin de tout, et pas dans les environs immédiats de la ville d’Olten.

La végétation aussi change brusquement: plus bas, les vieux hêtres dominent la forêt, mais sur cette crête rocheuse aride et exposée, d’autres arbres poussent également, des pins, des chênes, des ifs et des alisiers blancs. Ils se tordent, prennent parfois des formes bizarres et restent petits et noueux.

J’y observe souvent des grands corbeaux. Ils me fascinent  par leur répertoire sonore et par leur virtuosité en vol. Je peux passer des heures, assise sur un éperon rocheux, à les regarder planer au-dessus de la vallée.»

Lesly Helbling travaille au Secrétariat central de Pro Natura et gère des projets de promotion de la biodiversité en forêt.

Lesly Helbling auf der Rumpelfluh Raphael Weber
Rumpelfluh
Réserve naturelle Saxon Valais
Vallese

Bras des Quiess à Saxon

Vue depuis le centre de la réserve

Ancien lit du Rhône, la réserve des Quiess a gardé son tracé fluviatile, alors que les flots tumultueux ont fait place aux paisibles étangs et aux roselières turbulentes.

Fenêtre sur le passé

Il n'est pas éloigné le temps où les vastes marais décrits par les naturalistes couvraient la plaine du Rhône entre Riddes et Martigny et pourtant, ces espaces naturels, presque inviolés au début du siècle, ne subsistent plus que sur quelques photographies jaunies...Avec eux ont disparu du Valais de nombreuses plantes aquatiques et probablement de nombreuses espèces animales qui n'ont même pas été inventoriées!

Deux marais entre Sion et Martigny

Aujourd'hui, des huit marais qui existent encore dans la plaine valaisanne, il n'y en a plus que deux sur les trente kilomètres qui séparent Sion de Martigny : les marais d'Ardon et de Chamoson et l'ancien bras du Rhône, au lieu-dit les Quiess à Saxon .L'exploitation des graviers de la plaine et la construction de l'autoroute ont bien entraîné l'aménagement de plans d'eau artificiels, mais leur intérêt reste limité en raison de l'intense utilisation touristique dans un cas, de la faible taille, de la mauvaise situation ou de la structure, dans l'autre.

Renaturation en 2005

Financé par la commune, le canton, la confédération et pour moitié par Pro Natura (CHF 110'000), la renaturation du Vieux Rhône de Saxon a débuté en décembre 2005. Les travaux débutèrent par le curage l’étang bordant le camping, puis l’élargissement et la mise en lumière par la suppression des arbres sur la rive Sud de l’ancien bras du Rhône. Un nouvel étang fût creusé dans une roselière atterrie afin d’offre un refuge aux oiseaux d’eau. Enfin, une prairie humide fût aménagée sur les parcelles adjacentes, propriétés de Pro Natura. La signature d’une convention avec la commune et l’inscription d’une servitude en faveur de Pro Natura favorisent la protection du site, sur le long terme.
 

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Orthoptère vulnérable

le conocéphale bigarré (conocephalus fuscus)
Ambassadeur nature

Ambas­sadeurs Nature — 2021 – 2028

infrastructure de sports d'hiver
07.01.2022 Alpes

Même les réserves naturelles ne sont pas à l’abri de l’enneigement artificiel

Il arrive régulièrement que des installations d’enneigement artificiel soient prévues dans des réserves naturelles. Pro Natura intervient lorsque c’est possible. Dans de tels cas, les voies d’opposition sont malheureusement très limitées.

Si la construction et l’exploitation d’infrastructures d’enneigement artificiel posent problème d’un point de vue écologique, elles sont la plupart du temps légales. Mais pas toujours. Au nombre des projets juridiquement contestables, on trouve surtout ceux qui visent une implantation dans des biotopes d’importance nationale – hauts et bas-marais, prairies et pâturages secs – ou dans des districts francs fédéraux. La loi fédérale commande de conserver intacts les biotopes d’importance nationale. Comme les installations d’enneigement artificiel causent presque toujours des dégradations importantes, elles ne sont pas compatibles avec les objectifs de protection de ces biotopes.

La situation juridique des biotopes d’importance régionale ou locale est différente. Les seuils d’intervention sont ici moins élevés. Si le promoteur du projet peut prouver que des atteintes au biotope sont inévitables et que l’intérêt de l’installation l’emporte sur celui de la protection, l’intervention est autorisée, et les exigences peu sévères. A ce stade, il sera encore possible de contester la forme et l’étendue des mesures de compensation écologique.

Selon les configurations, la question de la conformité d’un projet d’enneigement artificiel avec les dispositions de la protection du paysage (par exemple un lac de rétention dans un paysage d’importance nationale), de la protection de la faune (par exemple dans un district franc fédéral) ou de la protection des eaux (notamment en matière de débit résiduel minimum lors de prélèvements dans un cours d’eau) se pose aussi.

Les exemples de Zuoz et d’Elm

Ces dernières années, Pro Natura a déposé deux recours contre des projets d’enneigement artificiel. Le premier cas concerne le domaine skiable de Zuoz (GR), où l’enneigement artificiel est déjà largement pratiqué. Il était prévu d’implanter une partie de la nouvelle infrastructure sur une prairie sèche d’importance nationale et dans un bas-marais protégé au niveau régional. Pro Natura et le WWF ont pu négocier un accord avec le promoteur et la commune. Ils ont obtenu que l’on renonce à la construction d’installations d’enneigement dans la zone de la prairie sèche d’importance nationale. En outre, le promoteur du projet va installer les conduites et puits en dehors du bas-marais d’importance régionale.

Le second cas a trait au domaine skiable d’Elm (GL) situé dans le district franc fédéral du Kärpf. Le projet visait une extension des installations d’enneigement artificiel, qui comportent actuellement 14 canons et 9 lances à neige. Il était question de porter le nombre à 120 ou 130. Le Tribunal administratif a approuvé le recours et révoqué le permis de construire. Il a invoqué la non-conformité au plan de zone et la nécessité d’un plan d’affectation spécial mettant en balance tous les impacts du projet de construction. Les juges ont en outre retenu que l’extension entraînerait une intensification de l’exploitation qui perturberait durablement la faune dans le district franc, en contradiction avec l’objectif de protection du Kärpf. Le canton de Glaris tente maintenant de procéder à un échange de terrain avec la Confédération et de délimiter une surface de remplacement afin de pouvoir retrancher le domaine skiable d’Elm du district franc fédéral du Kärpf.

ANDREAS KÄLIN est responsable du suivi des dossiers juridiques chez Pro Natura.

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



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Alpen
Ensemble pour la nature
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Almagellertal ©  Eva_Maria_Klaey
Vallese

Réserve naturelle de Almagellertal

La vallée de l'Almagellertal a été mise sous protection en 2003 dans le cadre de mesures de compensation.

Caractéristiques spéciales de l'Almagellertal

  • bassin de haute vallée sauvage et non urbanisé
  • grand éboulement postglaciaire (Moosufer) avec deux canaux d'irrigation traversants, aujourd'hui abandonnés.
  • chute d'eau haute et attrayante (Lehnfall)
  • la flore et la faune typiques de l'étage subalpin à l'étage supérieur, en particulier la végétation silicatée magnifiquement formée
  • présence de quelques espèces végétales spéciales ayant une petite aire de répartition en Suisse
  • charmants peuplements de mélèzes et de pins
  • site de reproduction élevé de la fauvette babillarde à environ 2400 m d'altitude, dans des pins à faible croissance et paralysés, à la limite des arbres, dans la zone de fissures du Moosufer

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Parc national
20.10.2021 Crise de la biodiversité

La Suisse doit rattraper son retard de toute urgence

Pour enrayer la perte de biodiversité, la Suisse doit dédier bien davantage de surface aux aires protégées et celles-ci doivent être mieux reliées entre elles.

La diversité biologique de la Suisse est en crise. Des espèces animales et végétales sont au bord de l’extinction. Le monde des insectes subit un déclin massif. Il ne reste plus que des reliquats d’habitats typiques comme les marais, les zones alluviales ou les prairies sèches. Pour enrayer la perte de biodiversité, il faut revenir à une utilisation durable du territoire et, parallèlement, dédier des surfaces à la nature sous forme d’aires protégées. 

Ce constat n’est pas nouveau. La Suisse a par exemple cessé de surexploiter ses forêts il y a cent cinquante ans. Depuis lors, l’exploitation de nos forêts ne se fait plus par coupes rases mais selon les principes d’une gestion forestière durable et proche de la nature. Mais comme certains processus naturels et certains stades de développement font défaut même dans une forêt proche de la nature, nous avons aussi besoin de réserves forestières en complément, c’est-à-dire de zones protégées où la dynamique naturelle, par exemple, peut avoir lieu. 

Des îlots de nature ne suffisent pas

Alors que nos forêts se remettent de la surexploitation du 19e siècle, nous répétons les erreurs du passé dans les zones cultivées. De petits îlots de nature parsèment un paysage exploité de manière de plus en plus intensive, envahi par les constructions et les infrastructures. Sous leur forme actuelle, ils ne peuvent mettre fin au déclin de la biodiversité. 

Il est illusoire de vouloir conserver des espèces animales et végétales sur une petite surface. Elles ont besoin d’espace pour constituer un ensemble qui fonctionne. Les scientifiques du monde entier estiment qu’il faudrait protéger 30% des surfaces terrestres et aquatiques pour enrayer le déclin de la biodiversité. La Suisse en est encore loin. 

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Les aires protégées doivent mieux l’être

Mais ce n’est pas uniquement une question de surface: les aires protégées doivent également être surveillées et développées. Une condition qui n’est même pas garantie pour les biotopes d’importance nationale. Même les cantons considèrent que leurs propres sites ne sont pas assez protégés, faute de personnel et de moyens financiers suffisants. Des nutriments provenant de surfaces agricoles exploitées de manière intensive continuent par exemple de porter atteinte aux valeurs naturelles de certaines aires protégées. Des dérogations attribuées trop largement sapent le bénéfice de la mise sous protection. Et les rares projets de revitalisation et d’agrandissement d’aires protégées ou la planification de nouvelles aires se heurtent à l’incompréhension et à la résistance de la population et des femmes et hommes politiques.

Rappelons que la Suisse n’a pas réussi à se doter d’un nouveau parc national depuis plus de cent ans. Dans sa nouvelle prise de position sur le sujet, Pro Natura réfléchit à la manière de créer un réseau d’aires protégées performant

Un défi pour la Confédération et les cantons

Pro Natura s’efforce elle-même de donner le bon exemple: nous protégeons plus de 700 réserves naturelles dans toute la Suisse et apportons ainsi une contribution majeure à la conservation de la biodiversité en Suisse. Lorsque je visite nos réserves naturelles, je suis heureux de constater telle ou telle évolution positive rendue possible grâce aux efforts conjugués de nos bénévoles dévoués, de nos collaboratrices et collaborateurs et de vous, membres de Pro Natura. 

Mais cet engagement de tous les instants n’est malheureusement pas suffisant. En effet, la gestion de nombreuses aires protégées fédérales, cantonales et communales laisse à désirer: ces sites sont négligés et cela reflète l’attitude de notre société envers la nature. Chaque parcelle d’une aire protégée sacrifiée au profit d’une route de contournement, d’une installation portuaire, d’une centrale hydroélectrique ou de toute autre installation, chaque décision du gouvernement de réduire le financement des aires protégées est le signe que nous n’avons toujours rien compris à l’immense valeur de la biodiversité. 

URS TESTER dirige la division Biotopes et espèces chez Pro Natura.

Schutzgebiet Auried
La Suisse a besoin d’une offensive en faveur de la biodiversité
Selon le mode de comptabilisation, la nature en Suisse n’est prioritaire que sur 6 à 14 % du territoire national. C’est bien trop peu selon Pro Natura, qui s’engage en faveur de l’Initiative biodiversité avec ses organisations partenaires.
Réserve naturelle d'Auried
20.10.2021 Crise de la biodiversité

La Suisse a besoin d’une offensive en faveur de la biodiversité

Selon le mode de comptabilisation, la nature en Suisse n’est prioritaire que sur 6 à 14 % du territoire national. C’est bien trop peu selon Pro Natura, qui s’engage en faveur de l’Initiative biodiversité avec ses organisations partenaires.

L’un des objectifs centraux de l’Initiative biodiversité est de garantir davantage de surfaces en faveur de la biodiversité. En effet, la Suisse ne dispose actuellement pas de surfaces suffisantes pour ralentir le déclin de la diversité biologique. 

Jusqu’ici, la nature n’a été privilégiée que sur une petite partie du territoire suisse: elle ne bénéficie d’une protection juridique complète que sur 5,9% de la superficie du pays. Cette surface comprend les zones protégées à l’échelon national avec le Parc national suisse et la zone centrale des parcs naturels périurbains (0,4%) ainsi que les biotopes d’importance nationale (2,2%). S’y ajoutent les zones de protection de la nature cantonales, régionales et locales, qui représentent 3,3%, y compris les reserves forestières des cantons. 

Les districts francs (3,65% du territoire national) et les réserves d’oiseaux d’eau et migrateurs (0,55%) bénéficient d’une protection moins stricte. Si l’on tient également compte de ces derniers, les aires protégées représentent environ 10% du territoire national. 

L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) va encore plus loin et mentionne deux autres catégories de surfaces protégées: il s’agit d’une part d’aires protégées d’importance internationale (1%, ce sont les sites Emeraude et Ramsar). Ces sites sont pris en considération mais ne sont pas protégés par la loi suisse. D’autre part, l’OFEV mentionne également les surfaces de promotion de la biodiversité dans l’agriculture correspondant à un niveau de qualité 2 (2,7%). Ces dernières ne peuvent pas réellement être considérées comme des surfaces protégées, car leur protection n’est pas garantie à long terme. 

Lanterne rouge européenne

Même en incluant les catégories de surface qui ne répondent pas aux critères de protection dans le calcul global, l’ensemble des aires protégées de Suisse, qui ont pour but de promouvoir la biodiversité, représentent moins de 14% de la surface du pays. Cela fait de la Suisse l’un des pays ayant le plus faible pourcentage de zones protégées en Europe. 

L’Initiative biodiversité exige donc que la Suisse garantisse les surfaces nécessaires à la conservation de la biodiversité. Elle ne mentionne pas d’objectif concret en termes de superficie. Et ce, pour deux raisons: 

  • La Constitution fédérale, qui serait modifiée en conséquence en cas d’adoption de l’initiative, définit des objectifs à long terme et les objectifs généraux de la Confédération. Les lois et les ordonnances sont là pour régler le détail des directives. Un objectif de surface n’aurait donc pas sa place dans la Constitution.
  • De plus, il n’existe toujours pas de base scientifique permettant de définir la superficie nécessaire à la sauvegarde de la biodiversité. Pour remédier à cette lacune, l’OFEV a mandaté l’organisation Infospecies qui planche sur la question actuellement. 

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

L’objectif «30 by 30»

Selon une étude réalisée en 2013 par l’Académie suisse des sciences naturelles, la conservation et la promotion de la biodiversité devraient être prioritaires sur près d’un tiers du territoire. Un bon 30%: c’est précisément ce que les experts réclament sur le plan international également. Dans le cadre des négociations autour de la Convention sur la biodiversité et du nouveau cadre mondial pour la biodiversité pour après 2020, 60 pays de six continents – dont la Suisse – se sont regroupés pour former la «High Ambition Coalition for Nature and People» (HAC). Leur objectif est de protéger 30% des terres et des océans d’ici à 2030 («30 by 30»). La HAC a vu le jour à l’initiative des présidents de la France et du Costa Rica.  

Récemment, le Conseil fédéral a officiellement approuvé le mandat de négociation de la délégation suisse à la Conférence sur la biodiversité. La délégation suisse veut plaider en faveur d’objec­tifs ambitieux, mesurables et concrets, dont le «30 by 30». Selon les déclarations du Conseil fédéral, cela nécessite non seulement la désignation d’aires protégées, mais aussi des mesures supplémentaires: la revitalisation de cours d’eau, la préservation et la promotion de zones précieuses pour la biodiversité, ainsi que la préservation et la création de sites servant à relier les habitats d’animaux sauvages. Exactement ce que demande l’Initiative
biodiversité. 

Un contre-projet avec des objectifs insuffisants

Dans ce contexte, il est incompréhensible que le Conseil fédéral, dans son contre-projet à l’Initiative biodiversité, veuille réserver seulement 17% du territoire national à la biodiversité – un objec­tif que la Suisse s’est déjà engagée à mettre en œuvre d’ici à 2020 dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique. Il s’agirait donc d’ancrer pour les décennies à venir un objectif déjà dépassé, de surcroît jamais atteint, dans notre Loi sur la protection de la nature et du paysage. Est-ce vraiment une politique cohérente en matière de biodiversité? 

La consultation sur le contre-projet indirect à l’Initiative biodiversité a pris fin le 9 juillet. L’association de soutien, composée de Pro Natura, BirdLife Suisse, Patrimoine suisse, la Fondation suisse pour la protection du paysage et d’autres organisations, a pris position à ce sujet. Le Conseil fédéral a jusqu’au printemps 2022 pour examiner et analyser les prises de position. Il devra ensuite soumettre au Parlement le contre-projet indirect révisé, avec son message. Les débats parlementaires qui suivront montreront dans quelle direction le contre-projet va évoluer. C’est seulement ensuite qu’on saura si l’Initiative biodiversité peut être retirée ou si une votation populaire est nécessaire.

SIMONA KOBEL est responsable de l’Initiative biodiversité

Nationalpark
Initiative biodiversité
L’Initiative biodiversité garantit la diversité de la nature, des paysages et du patrimoine bâti. À cette fin, elle demande plus d’argent et d’espace pour la biodiversité, et ancre une protection plus forte du patrimoine paysager et architectural dans la Constitution.
Photo espace sauvage, Copyright Benoît Renevey
16.11.2022 Réserve naturelle

«Le compte de nos espaces sauvages est un constat d’échec»

Les habitats intacts où la nature peut évoluer librement sont indispensables à la sauvegarde de la biodiversité, à la recherche scientifique et à notre bien-être. Lors du congrès de ce jour sur les espaces sauvages, septante professionnel·les de la protection de la nature, de représentant·es des institutions publiques et de chercheur·ses ont discuté des mesures à prendre pour conserver les derniers grands sites naturels de Suisse et promouvoir des espaces de nature sauvage au cœur des zones habitées.

«La Suisse doit mieux protéger les grands sites naturels proches de leur état originel qui subsistent sur son territoire». Jan Gürke résume ainsi le constat impératif formulé par septante d’expert·es réuni·es aujourd’hui à Bienne pour discuter de l’avenir des espaces sauvages du pays. Le responsable de la campagne de Pro Natura sur les espaces sauvages tire la sonnette d’alarme, alors que divers projets d’aménagement dédiés au tourisme et à la production d’énergie mettent en danger nos derniers paysages intacts. «Que le Parc National soit la seule et unique grande réserve de nature sauvage des Alpes suisses est un aveu d’échec. Pour prévenir l’effondrement de la biodiversité, il faut absolument que d’autres régions bénéficient d’une protection étendue et pérenne». Un avis que les spécialistes participant au congrès ne sont pas seul·es à défendre, puisque plus d’un millier de leurs collègues l’ont exprimé l’an dernier lors d’une enquête portant sur les espaces sauvages.

Un réseau d’espaces naturels proches de l’état originel

À côté des grandes aires protégées, il est important de maintenir aussi des «petits coins de nature sauvage» laissés libres au cœur des zones habitées, souligne André Stapfer, membre du Groupe spécialisé Infrastructure écologique. «Ils constituent des biotopes-relais permettant le déploiement d’un réseau d’espaces sauvages sur l’ensemble du pays». À l’heure où les forêts sont souvent réduites à leur fonction productrice et protectrice, nous devons aussi reconnaître leur valeur écologique en tant qu’habitat pour les espèces menacées, plaide Thibault Lachat, professeur à la Haute École des sciences agronomiques, forestières et alimentaires. «Notre Animal de l’année, le lérot, ne peut survivre sans les forêts et les espaces sauvages», rappelle Sara Wehrli de Pro Natura, qui présente une nouvelle carte de répartition de l’espèce, établie grâce au projet de science citoyenne en cours.

«Petits ou grands, les espaces sauvages contribuent à notre santé», ajoute Nicole Bauer, de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage. Sophie Chanel, directrice du Parc Naturel du Jorat, montre que son parc récemment récompensé concilie protection de la nature sauvage et nécessité de disposer d’une zone de détente aux portes de Lausanne. Dans les Alpes suisses également, les besoins de la population jouent un rôle déterminant pour la protection des espaces sauvages, comme le relate Sebastian Moos de Mountain Wilderness Suisse. À l’exemple du projet «Wildnis-Dialog Kandersteg», il expose comment sensibiliser à la valeur des espaces sauvages dans les régions de montagne et encourager à en prendre soin. Au terme d’un congrès de haute tenue, Pro Natura espère enfin une prise de conscience de cette valeur en politique et en pratique.

Contact: 

  • Jan Gürke, responsable de la campagne «Espaces sauvages – plus de place pour la nature!», 079 720 99 08, @email

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Photo © Benoît Renevey

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