Progetti
Rénovation des chalets d’alpage du Pays d’Enhaut
Mina Hofstetter, où l’agriculture biologique avant l’heure
Dès 1928, elle renonce au bétail pour ne consacrer son exploitation qu’à la culture de céréales: à l’argument selon lequel cette pratique permet de nourrir plus de monde, s’ajoutent sa préoccupation pour le bien-être animal, ainsi que la volonté de libérer les familles paysannes de ce qu’elle appelle l’asservissement à l’économie laitière, le soin des bêtes nécessitant un engagement constant.
Née en 1883 à Stilli (AG), Mina Hofstetter peut être considérée comme une pionnière à plus d’un titre. Si c’est avec son époux Ernst qu’elle acquière en 1915 le domaine de Stuhlen (ZH), il lui laisse finalement l’entière responsabilité de l’exploitation. Elle peut alors se livrer librement à ses expériences, en cherchant sans cesse l’harmonie entre les plantes, les animaux, les êtres humains et le sol.
Dans son ouvrage «Neues Bauerntum, altes Bauernwissen» (Nouvelle agriculture, ancien savoir), elle s’émerveille de la vie grouillante que l’on peut observer dans un minuscule échantillon de terre. Persuadée que notre propre existence dépend de cette biodiversité et adepte de la doctrine biodynamique de Rudolf Steiner, elle esquisse les principes de ce qui deviendra la permaculture. Pour éviter l’utilisation de produits phytosanitaires, elle crée dans son jardin des habitats pour les oiseaux, ennemis naturels des parasites. En automne, elle ne ramasse pas les feuilles mortes qui jouent alors leur rôle d’engrais et de protection du sol. Proche du mouvement pour une vie saine (Lebensreformbewegung), elle devient végétarienne en 1922 et adopte même une alimentation crue.
Dès 1929, elle organise dans son domaine des cours pratiques, afin de mieux faire connaître ses méthodes de culture, et crée en 1936 le centre de formation «Seeblick». C’est là qu’a lieu en 1947 l’assemblée constitutive de la Coopérative d’agriculture biologique, qui deviendra plus tard Bioterra. La notoriété de Mina Hofstetter dépasse même nos frontières: elle est invitée à Bratislava en 1937 à la conférence Women’s Organisation for World Order, où elle donne un exposé sur le sujet «Femme-Terre-Paix». Car la cause féministe lui tient également à cœur, de même que le sort des petits paysans. Elle plaide aussi pour un meilleur dialogue entre agriculteurs et consommateurs, persuadée qu’une initiation dès l’enfance au monde végétal mènerait la population au respect du cycle des saisons dans l’alimentation.
TANIA ARAMAN, rédactrice pour le Magazine Pro Natura
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
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La politique agricole 2030+ ne protège pas suffisamment la nature
«Les propositions relatives à la politique agricole 2030+ telles qu’elles ont été présentées aujourd’hui par le Conseil fédéral sont loin d’être suffisantes pour renforcer la protection du climat, de la biodiversité et de l’environnement.» Tel est le bilan que les organisations de protection de la nature tirent à ce stade de la position du Conseil fédéral.
L’orientation actuelle de la politique agricole, avec ses subventions aux conséquences néfastes pour la biodiversité, accélère les atteintes aux ressources naturelles comme l’eau potable et affaiblit la résilience face au changement climatique. À long terme, elle met également en péril les bases de la production agricole que sont les sols fertiles et la biodiversité. Dans son rapport «Orientation future de la politique agricole» de décembre 2024, le Conseil fédéral a fixé des objectifs pour 2050 qui permettraient de relever ces défis. Mais les propositions présentées aujourd’hui sont loin d’être en adéquation avec ces visées. Même les taxes d’incitation sur les aliments concentrés pour le bétail et les pesticides ont été supprimées par le Conseil fédéral aujourd’hui. La politique agricole 2030+ doit être revue de toute urgence pour mieux protéger le climat, la biodiversité et l’environnement.
Les organisations de protection de la nature analyseront les suggestions du Conseil fédéral et élaboreront des solutions dans le cadre de la procédure de consultation qui doit être lancée à l’automne 2026. Il appartient au gouvernement de reprendre les objectifs environnementaux qu’il s’est fixé dans sa vision 2050 pour l’agriculture et de les mettre en œuvre dans le projet de message.
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Commentaire commun de Pro Natura, BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse
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Plus de la moitié de toutes les espèces végétales de Suisse vivent dans ce milieu naturel. Elles constituent la base vitale pour de nombreuses espèces animales. Au cours des dernières décennies, 90% de ces prairies fleuries ont disparu. Leur protection et valorisation, ainsi que la création de nouvelles prairies riches en espèces, s’avèrent essentielles pour la biodiversité en Suisse.
Pro Natura se bat pour protéger les prairies fleuries
Nous exigeons la protection et la valorisation des prairies riches en espèces au niveau politique. Cela vaut particulièrement pour les parcelles qui ne sont pas protégées par la loi. Il s’agit concrètement de surfaces utilisées par l’agriculture, d'espaces verts publics en zones urbaines comme des parcs, jardins privés, talus de chemin de fer et de chaussées.
Des prairies riches en espèces particulièrement précieuses sont répertoriées dans l’Inventaire des prairies et pâturages secs (PPS) d’importance nationale. Elles sont protégées par la loi. Pro Natura exige une application cohérente de l’ordonnance adoptée par la Confédération en 2010.
Pro Natura met également la main à la pâte: de nombreuses réserves Pro Natura abritent de magnifiques prairies fleuries riches en espèces. Des projets concrets tels que REGIO Flora et Pro Biotop, initiés par Pro Natura, maintiennent et promeuvent la diversité des espèces sur des prairies menacées de disparition. Par ses offres d’éducation à l’environnement et ses projets d’information, l’association montre ce que chacune et chacun peut faire pour des prairies de ce type.
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Benoît Renevey
- Prairies fleuries de Zeneggen VS.
La diversité des espèces créée par l’être humain
Les prairies et pâturages couvrent un cinquième du territoire national et façonnent l’image de la Suisse. Ils sont le résultat du déboisement opéré par l’être humain qui a créé pour lui et son bétail des prairies, des pâturages et des champs. Entre le sol, les plantes et les animaux s’est développé au fil des siècles un réseau unique d’interactions. Aucun autre milieu naturel n’abrite autant d’espèces par mètre carré. Sans utilisation agricole des prairies et pâturages, la forêt reprend ses droits. En revanche, une exploitation intensive les rend pauvres en espèces et les transforme en tapis herbeux monotones.
Une prairie n’est pas la même partout
Il y a beaucoup de différents types de prairies, telles des prairies à fromental multicolores, des prairies sèches ou humides, des ourlets. Les experts distinguent au moins 30 groupements différents abritant de nombreuses espèces animales spécialisées.
Deux facteurs déterminent si la prairie est colorée et riche en espèces ou plutôt d’un vert monotone: le site (sol et climat) et l’exploitation. Le climat et le sol décident de la biodiversité potentielle. Sa concrétisation dépend de la fonction et du type d’exploitation de la prairie. L’intensification de l’agriculture au cours des dernières décennies a exercé une pression croissante sur les prairies riches en espèces, les faisant presque entièrement disparaître.
Inventaire pour la protection des prairies et pâturages secs
En dix ans de travail, les prairies et pâturages secs particulièrement précieux ont été cartographiés dans tous les cantons. Les 3000 objets d’importance nationale couvrent environ 0,5% du territoire suisse et ont été inscrits dans l’inventaire fédéral. L’inventaire des PPS représente, avec les inventaires des biotopes existants sur les hauts- et bas-marais, les marais de transition, les sites de reproduction des batraciens et les zones alluviales, le dernier inventaire de ce type.
En 2009, nous avons récolté plus de 38’000 signatures avec l’aide de l’ASPO/ BirdLife Suisse en vue de protéger les dernières prairies et pâturages secs. Cette pétition appelait à mettre enfin en œuvre les instruments disponibles. L’inventaire des PPS et la mise en œuvre de l’ordonnance représentent une première étape. Par ailleurs, tous les PPS d’importance nationale devront être contractuellement protégés jusqu’en 2020.
L’intensification de l’agriculture est l’une des principales raisons du déclin des prairies riches en espèces. L’utilisation accrue d’engrais provoque une croissance et une concurrence renforcées des graminées et permet une exploitation plus précoce et plus fréquente. Les espèces à croissance rapide, adaptées aux sols riches en nutriments et à des coupes fréquentes, supplantent les espèces végétales moins compétitives des prairies riches en espèces, qui dépendent de la propagation spontanée des semences. Les surfaces se transforment ainsi de plus en plus en un tapis vert uniforme. Le choix des machines de récolte a également un impact majeur sur la diversité des espèces, en particulier sur les petits animaux. Les faucheuses couramment utilisées de nos jours déciment par ex. plus de 80% des sauterelles. Mais le rythme d’expansion rapide des zones urbaines et de leurs infrastructures, ainsi que l’abandon de l’exploitation des terres en zone de montagne, contribuent aussi de manière significative à la disparition des prairies fleuries multicolores.
Depuis l’introduction de la compensation écologique dans l’agriculture en 1995, la Confédération tente de contrer le déclin des prairies fleuries. L’exploitation extensive des prairies et pâturages est encouragée. Des prairies riches en espèces particulièrement précieuses sont répertoriées dans l’Inventaire des prairies et pâturages secs (PPS) d’importance nationale. Le Conseil fédéral a adopté une ordonnance sur la protection de ces surfaces en 2010. Ces deux volets forment des instruments très importants pour la protection des prairies riches en espèces. Malheureusement, leur incidence se révèle trop faible. Chaque année, des dizaines d’hectares de prairies précieuses disparaissent encore. L’agriculture n’est pas la seule à devoir s’améliorer: les espaces publics verts, les jardins privés, les talus routiers et ferroviaires peuvent grandement contribuer à préserver des habitats diversifiés s’ils sont conçus et entretenus en conséquence. C’est pourquoi Pro Natura s’engage à tous les niveaux pour la préservation et la promotion des prairies riches en espèces.
En 1987, il y avait encore des prairies luxuriantes de fauche à fromental avec le silène dioïque et la renoncule âcre – deux indicateurs d’une intensification pourtant déjà initiée (© Graphische Sammlung der Schweizerischen Nationalbibliothek / Willy Burkhardt). En 2010, une prairie grasse avec du trèfle rampant, de l'ivraie et la berce des prés (© Pro Natura / Nathalie Gfeller).
Projets pour des prairies et pâturages
Nouvel espace pour scientifiques en herbe au Centre Pro Natura de Champ-Pittet
Le laboratoire écologique rénové permet aux visiteurs avides de découvertes de se mettre dans la peau d’un-e scientifique et d’expérimenter la nature. Petits et grands pourront observer les invertébrés du marais à l’aide de binoculaires, écouter les sons des insectes des prairies fleuries ou découvrir la forêt de manière ludique. L’exposition «Petites boules de poils autour du marais, le muscardin et ses cousins» signe pour une deuxième année: sur 300 m2 d’espace muséal, petits et grands partent sur les traces des micromammifères cachés dans les ronces, les roseaux et la forêt. Dans la peau du muscardin, le visiteur en apprend plus sur son mode de vie et son habitat. La visite donne des astuces pour favoriser la biodiversité et l’habitat des micromammifères. Les visiteurs poursuivent leur visite en extérieur. Ils suivent les indices laissés par le muscardin ou réalisent l’activité de science participative «Sur les traces du lérot» proposée par Pro Natura. Cette action permet de cartographier l’animal dans toute la Suisse à l’aide de tunnels à empreintes bricolés et posés par chacun.
Une nouvelle exposition en extérieur et un programme d’activités pour toute la famille
Une exposition de photographies en extérieur met en avant le savoir-faire ancestral de la construction de murs en pierres sèches, structures stratégiques pour la biodiversité. Christiane Yvelin photographie avec talent et passion ces constructions qui façonnent l’Arc jurassien.
De nombreux ateliers, animations, formations et événements viennent compléter le programme de la saison 2023, comme le marché aux plantons le 13 mai ou la Nuit des musées le 27 mai. La traditionnelle Fête des familles se déroulera le 27 août. Des ateliers permettront de s’initier aux bases de la lactofermentation ou à la fabrication de cidre artisanal. Les passionnés de nature pourront partir sur les traces des micromammifères ou observer les oiseaux de la Grande Cariçaie avec un ornithologue.
Le centre est ouvert du samedi 18 mars au dimanche 29 octobre 2023, du mardi au dimanche ainsi que les lundis fériés, de 10 h à 17 h 30.
Pour toute information:
- Thierry Pellet, directeur, 024 423 35 72, 079 459 10 82 (seulement pour les médias)
Événements et expositions:
pronatura-champ-pittet.ch/fr/agenda
Saison haute en couleur avec quatre expositions artistiques
Avec l’atelier d’art différencié CREAHM, la saison artistique débute en beauté. Six artistes évoquent de façon audacieuse la fragilité des végétaux, leur exubérance et leur diversité. La saison se poursuivra avec l’exposition de photographies: « Le faucon de l’espoir », proposée par Benoît Renevey. Pendant l’été, une exposition engagée sur le thème du climat présentera les images de Luka Tomac. L’exposition de peintures et de gravures de Laurent Willenegger et Pierre Baumgart terminera la saison sur une note mystérieuse et sauvage.
Le vernissage de la saison et de l’exposition d’art différencié aura lieu vendredi 17 mars à 18 h.
Offres clés en main pour les écoles
Les animations nature proposées par le centre éveillent les enfants et adolescents aux merveilles de la nature. En diversifiant les approches pédagogiques et en misant sur l’observation et le jeu, ces activités donnent aux jeunes l’occasion d’apprendre par le vécu et les émotions. Des formations continues sont proposées aux enseignants pour leur permettre d’étudier des thématiques telles que les oiseaux ou la forêt avec leurs élèves.
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Le centre est ouvert du samedi 18 mars au dimanche 29 octobre 2023, du mardi au dimanche ainsi que les lundis fériés, de 10 h à 17 h 30
Photo: © Raphael Dupertuis
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Nationalrat gefährdet mit verantwortungslosen Abstrichen am Naturschutz die Vorlage mitsamt dem kräftigen Ausbau der Erneuerbaren
Der Nationalrat bestätigt die ambitionierten Ausbauziele des Ständerates für neue Erneuerbare. Bis 2035 soll die jährliche Stromproduktion aus diesen Energiequellen 35’000 GWh, bis 2050 45’000 GWh betragen. Um diese Ziele zu erreichen, hat die grosse Kammer unter anderem einen Photovoltaik-Standard für Gebäude verabschiedet. Dieser geht in die richtige Richtung. Dass er nur noch für Neu- und Umbauten gilt, nicht mehr aber für grosse Bestandesbauten, ist sehr bedauerlich. Mit der Mindestvergütung für kleine Solaranlagen wird dieser PV-Standard für Hauseigentümer:innen sozialverträglich abgefedert und der notwendige Ausbau der Solarenergie massiv beschleunigt. Auch hat sich der Nationalrat für die Überdachung von grossen Aussenparkplätzen mit Photovoltaik ausgesprochen. Obwohl sich auch hier nur eine abgespeckte Version durchsetzen konnte, ist die Nutzung dieser bereits versiegelten Flächen begrüssenswert.
Mit der Bestätigung der gleitenden Marktprämie sorgt der Nationalrat zudem dafür, dass möglichst viele Investor:innen in den Ausbau neuer Produktionsanlagen investieren. Schliesslich ist es sehr erfreulich, dass sich der Nationalrat klar für mehr Effizienz ausgesprochen hat, denn das Einsparpotential ist riesig. Das nun vorliegende Instrument mit der Schaffung eines Effizienzdienstleistungsmarktes verpflichtet die Elektrizitätsunternehmen, Effizienzsteigerungen zu erbringen. Diese und weitere Massnahmen würden es erlauben, den notwendigen Zubau der Erneuerbaren stark zu beschleunigen.
Korrektur insbesondere bei Restwasser nötig
Diesen für den Ausbau zentralen Massnahmen stehen Abstriche beim Naturschutz entgegen, welche für den raschen Zubau der Stromproduktion unnötig sind, die zugleich aber die gesamte Vorlage gefährden:
So hat der Nationalrat in einer äusserst knappen Abstimmung beschlossen, einen Teil des Gewässerschutzgesetzes betreffend minimaler Restwassermengen bei Neukonzessionierungen bis mindestens 2035 ausser Kraft zu setzen. Dieser Angriff auf das Restwasser ist komplett verantwortungslos. Denn der Druck auf die Gewässer nimmt mit der Klimakrise noch zu und bereits heute stehen über 65 Prozent aller Fischarten auf der Roten Liste. Auch für die Energiesicherheit ist es unnötig, denn es geht dabei nur um vergleichbar wenig Strom: Alleine zwischen März und Juni in diesem Jahr wird mehr Strom durch Photovoltaik zugebaut, wie die Sistierung bis 2035 insgesamt bringt.
Weiter hat der Nationalrat entschieden, dass bei Eingriffen in Landschaften des Bundesinventars der Landschaften und Naturdenkmäler (BLN) künftig keine Schutz-, Wiederherstellungs-, Ersatz- oder Ausgleichsmassnahmen mehr geleistet werden müssen. Diese Massnahmen sind für die Energieproduktion nicht entscheidend, tragen aber dazu bei, Beeinträchtigungen unserer natürlichen Ressourcen und der Landschaft zu vermeiden oder zu begrenzen.
Die Umweltverbände erwarten vom Ständerat, die Vorlage mit Verbesserungen für die Biodiversität, insbesondere beim Restwasser, ins Gleichgewicht zu bringen.
Kontakt:
- Pro Natura: Michael Casanova, Projektleiter Gewässerschutz- und Energiepolitik, 061 317 92 29, @email
- WWF Schweiz: Jonas Schmid, Kommunikationsbeauftragter, 079 241 60 57, @email
- Greenpeace Schweiz: Georg Klingler, Energie- und Klimaexperte, 079 785 07 38, [email protected]
- BirdLife Schweiz: Raffael Ayé, Geschäftsführer, 076 308 66 84, @email
- Schweizerische Energie-Stiftung: Nils Epprecht, Geschäftsführer, 044 275 21 25, [email protected]
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Gemeinsame Medienmitteilung der Umweltallianz
Titelbild © Angela Peter
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Sichere Schweizer Energieversorgung 2035Potrebbe anche interessarti
En amputant de manière irresponsable la protection de la nature, le conseil national met en péril le projet, y compris le développement marqué des énergies renouvelables
Le Conseil national a confirmé les objectifs de développement ambitieux du Conseil des Etats pour les nouvelles énergies renouvelables. Jusqu’en 2035, la production d’électricité annuelle de ces sources d’énergie doit atteindre 35 000 GWh, puis 45 000 GWh jusqu’en 2050. Pour réaliser ces objectifs, la chambre du peuple a, entre autres, approuvé une norme photovoltaïque pour les bâtiments. Cette décision est un pas dans la bonne direction. Elle ne s’applique toutefois qu’aux bâtiments neufs et rénovés, et pas aux grands bâtiments existants, ce qui est vivement regrettable. La rétribution minimale pour les petites installations photovoltaïques atténue les conséquences de cette norme pour les propriétaires fonciers de manière socialement acceptable, tandis que le développement de l’énergie solaire s’accélère massivement. Le Conseil national s’est aussi prononcé en faveur de la couverture des grands parkings extérieurs par des panneaux photovoltaïques. Bien que la version qui s’est imposée ait subi une cure d’amaigrissement, l’utilisation de ces surfaces déjà imperméabilisées est louable.
Avec la confirmation de la prime de marché flottante, la chambre du peuple fait en sorte qu’un nombre aussi important que possible de personnes puisse investir dans le développement de nouvelles installations de production. Il est aussi réjouissant que le Conseil national se soit clairement prononcé pour davantage d’efficacité, un domaine où le potentiel d’économies est immense. La création d’un marché des services d’efficacité est un instrument qui oblige les entreprises électriques à faire des progrès concrets dans ce domaine. Cette mesure et d’autres devraient permettre d’accélérer fortement le développement des énergies renouvelables.
Corrections indispensables, en particulier en ce qui concerne les débits résiduels
Ces mesures essentielles pour le développement sont entravées par des réductions de la protection de la nature qui sont inutiles pour le développement rapide de la production d'électricité et qui mettent en danger l'ensemble du projet:
Le Conseil national a décidé, à l’issue d’un vote extrêmement serré, de suspendre une partie de la loi sur la protection des eaux jusqu’en 2035 au moins, à savoir les dispositions s’appliquant aux débits résiduels minimaux lors de l’octroi de nouvelles concessions. Cette attaque contre les débits résiduels est irresponsable. En effet, la pression sur les cours d’eau s’accroît encore avec la crise climatique alors que plus de 65% de toutes les espèces de poissons sont déjà sur liste rouge. Pour la sécurité énergétique, il n’est pas nécessaire de prendre une telle mesure, la quantité de courant ainsi produite étant comparativement faible: rien qu’entre mars et juin de cette année, le développement du photovoltaïque permettra de produire plus de courant que ce que la suspension décidée par le Conseil national permettra d’obtenir d’ici 2035.
Par ailleurs, le Conseil national a décidé qu'à l'avenir, les atteintes aux paysages inscrits à l’Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels d'importance nationale (IFP) ne devront plus faire l'objet de mesures de protection, de reconstitution, de remplacement ou de compensation. Ces dernières ne sont pas décisives pour la production d'énergie, mais contribuent à éviter ou à limiter les atteintes à nos ressources naturelles et à nos paysages.
Les organisations environnementales attendent du Conseil des Etats qu'il équilibre le projet par des améliorations en faveur de la biodiversité, notamment en ce qui concerne les débits résiduels.
Contacts:
- WWF Suisse : Cédric Jacot-Guillarmod, porte-parole WWF Romandie, 079 445 87 79, @email
- Pro Natura : Stella Jegher, cheffe de la division Politique et affaires internationales, 079 411 35 49, @email
- Greenpeace Suisse : Mathias Schlegel, porte-parole, 079 794 61 23, @email
- Bird Life Suisse : Raffael Ayé, directeur, 076 308 66 84, @email
- Fondation suisse de l’énergie (SES) : Nils Epprecht, directeur, 044 275 21 25, @email
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Communiqué de presse commun de l'Alliance-Environnement
Image de couverture © Angela Peter
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Pour un approvisionnement énergétique suisse et sûr en 2035
Manifeste Pro Natura Vaud
Angewiesen auf alte Eichen
Der Algenpartner (Fotobiont) betreibt Fotosynthese und versorgt sich und den Pilzpartner (Mycobiont) mit Kohlenhydraten. Im Gegenzug versorgt der Pilz die Flechte mit Wasser und mineralischen Nährstoffen und bietet der Alge Schutz vor zu intensiver Sonnenstrahlung und algenfressenden Tieren.
Die Eichenstabflechte (Bactrospora dryina), eine von über 1700 in der Schweiz vorkommenden Flechtenarten, gehört gemäss Roter Liste der gefährdeten baum- und erdbewohnenden Flechten der Schweiz aus dem Jahr 2002 zu den verletzlichen Arten. Sie kommt in tiefen Lagen nördlich der Alpen vor und zählt wegen ihrer Wuchsform zu den Krustenflechten. Der Symbiosepartner des Pilzes ist eine Grünalge der Gattung Trentepohlia. Die Eichenstabflechte lebt auf der überhängenden Seite von geneigten Stämmen alter Stiel- und Traubeneichen mit tief-rissiger Borke in südlicher oder östlicher Exposition. So ist sie geschützt vor direktem Niederschlag wie Schnee, Regen oder Hagel, der in der Regel von Westen kommt. Die Eichenstabflechte lässt die Borke weiss erscheinen. Die schwarzen Punkte stammen von den Fruchtkörpern des Pilzes.
Wegen ihres nur langsamen Wachstums und kleinräumigen Ausbreitungspotenzials wurde in einem Projekt im Kanton Zug mittels Transplantation versucht, die Flechtenart auszubreiten. Im Gebiet Zollischlag, wo bereits 42 Eichenstämme von der Eichenstabflechte besiedelt waren, wurde an einer absterbenden Eiche Flechtenmaterial gesammelt und samt Borkenstücken an unbesiedelte Bäume geklebt. Die Mehrheit der Transplantate hat an den regengeschützten Stammseiten, wo die Flechte ja auch natürlicherweise wachsen würde, zwei Jahre überlebt. Ob sie sich am neuen Standort auch ausbreitet, wird sich erst in den nächsten Jahren zeigen.
Sabine Mari, Projektleiterin Ratgeber.
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Dieser Artikel wurde im Pro Natura Magazin publiziert.
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Tributaires des vieux chênes
La base du lichen est un champignon, l’autre organisme est une algue verte ou une cyanobactérie. L’algue (le photobionte) effectue la photosynthèse et produit des hydrates de carbone – autrement dit du sucre – pour elle-même et pour son partenaire (le mycobionte). En échange, le champignon assure l’approvisionnement du lichen en eau et en éléments nutritifs minéraux, et protège l’algue contre le rayonnement solaire et contre les animaux algivores.
Le lichen Bactrospora dryina, un membre de la famille des lichens crustacés, fait partie des 1 700 espèces de lichen présentes en Suisse. Il figure comme espèce vulnérable sur la « Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Lichens épiphytes et terricoles » de 2002. On le trouve au nord des Alpes, à basse altitude.
Le partenaire symbiotique du champignon est l’algue verte du genre Trentepohlia. Le lichen Bactrospora dryina pousse généralement sur la face inclinée des troncs de vieux chênes pédonculés et rouvres, dont l’écorce est profondément crevassée, exposés au sud ou à l’est. Ainsi, il est protégé des précipitations directes (pluie, neige, grêle) qui viennent généralement de l’ouest. Là où il pousse, il fait paraître l’écorce de couleur blanche. Les points noirs sont les corps fructifères du champignon.
Etant donné la lente croissance et le potentiel de propagation limité de cette espèce de lichen, un projet de transplantation a été initié dans le canton de Zoug. Dans le Zollischlag – la forêt de feuillus de la plaine de la Reuss – le lichen Bactrospora dryina a déjà colonisé 42 chênes. Là, des fragments d’écorce avec du lichen ont été recueillis sur un arbre mourant pour être collés sur des arbres non colonisés. La majorité des transplants ont survécu durant les deux ans de la période d’observation, mais uniquement sur les faces protégées de la pluie, là où le lichen aurait poussé naturellement. Il faudra attendre encore quelques années pour voir s’il arrivera à s’y développer.
SABINE MARI, Service conseils Pro Natura.
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Die Schweiz im Klimawandel
7,4 Grad. So warm war es durchschnittlich in der Schweiz im Jahr 2022. Das ist Rekord – und zwar deutlich: Um rund 0,5 Grad wurde das bisher heisseste gemessene Jahr (2018) überboten. Und: Noch nie wurde in der Schweiz eine so dramatische Gletscherschmelze gemessen wie im Sommer 2022. Mehr als sechs Prozent ihres Volumens (total 3 km3) haben die Schweizer Gletscher verloren, fast dreimal so viel wie in einem Durchschnittsjahr der letzten Dekade.
Und kaum hat das neue Jahr begonnen, purzeln die Rekorde von Neuem. Zum ersten Mal seit Messbeginn sind auf der Alpennordseite im Januar über 20 Grad gemessen worden – Bilder von grün-matschigen Schweizer Ski- und Langlaufgebieten gingen um die Welt. Die Rekordwerte reihen sich ein in Langzeitentwicklungen, die ganz klar zeigen: Die Klimaerwärmung nimmt Tempo auf, die Krise verschärft sich.
Umso erstaunlicher ist es, dass rechtskonservative Politikerinnen und Politiker weiterhin die Augen verschliessen und das neue Klimaschutzgesetz (Gegenvorschlag zur Gletscher-Initiative) per Referendum bekämpfen. Mitten im rekordwarmen Januar gab die SVP bekannt, dass sie die nötigen Unterschriften beisammen hat. Das Klimaschutzgesetz strebt die notwendige Dekarbonisierung an und gibt den Weg zum «Netto-Null-Ziel» bis im Jahr 2050 vor. Zur Abstimmung kommt es am 18. Juni 2023.
Die Schweiz erwärmt sich überdurchschnittlich stark
Global waren die letzten zehn Jahre 1,1 °C (Landfläche 1,6° C) wärmer als der vorindustrielle Durchschnitt (1871–1900). Das globale Temperaturmittel ist heute so hoch wie noch nie in den vergangenen 2000 Jahren, sehr wahrscheinlich sogar seit 125 000 Jahren. Die Schweiz hat sich – wie alle Landmassen in den mittleren nördlichen Breiten – überdurchschnittlich stark erwärmt: Hier waren die letzte zehn Jahre sogar 2,5 °C wärmer als der vorindustrielle Durchschnitt. Seit den 1960er-Jahren war jedes Jahrzehnt bei uns wärmer als das vorherige. Und dabei dürfte es nicht bleiben, wie die Klimaszenarien 2018 des Bundes zeigen: Bei ungebremst steigenden Treibhausgasemissionen kann die Jahresmitteltemperatur bis 2060 um weitere 4,8 °C und bis Ende Jahrhundert um bis zu 6,9 °C steigen (gegenüber dem vorindustriellen Durchschnitt).
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Abweichungen der Jahresmitteltemperatur vom vorindustriellen Durchschnitt:
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Robin Hübscher
- © Robin Hübscher
Die Nordschweiz wird mediterran
Künstliche Sandstrände, Palmen auf Balkonen, nächtlicher Betrieb auf Plätzen und Strassen: Was beim Lebensstil zu beobachten ist, zeigt sich auch beim Blick aufs Thermometer: Die Nordschweiz wird zunehmend mediterran. Basel etwa weist heute jene Jahresmittel- und Sommertemperaturen aus, die in Locarno Mitte der 1970er-Jahre registriert wurden. Neben den angenehmen Effekten bringt der Klimawandel aber auch negative Folgen für die Nordschweiz: häufigere und längere Hitzewellen und Trockenperioden sowie vermehrt auftretende Starkregen und Hochwasser.
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Suzana Mijailovic
Mehr Hitzetage
Noch erheblich stärker als die Durchschnittstemperaturen sind in der Schweiz die Höchsttemperaturen gestiegen. Hitzewellen sowie heisse Tage und Nächte wurden in den letzten Jahrzehnten deutlich häufiger, wie das Beispiel Lugano zeigt. Während in den 1960ern und 1970ern kaum je Tage mit Maximaltemperaturen von mindestens 30 Grad gemessen wurden, sind es inzwischen schon um die 20 Hitzetage pro Jahr. Betroffen sind aber auch die Gebiete nördlich der Alpen, insbesondere die Städte mit ihren vielen versiegelten Flächen. Berechnungen zeigen, dass ohne vehementen Klimaschutz die Zahl der Hitzetage bis 2060 stark zunehmen wird: In Genf etwa von 15 (mittlerer Wert 1981–2010) auf 39, in Zürich von 5 auf 21 und in Luzern von 6 auf 22.
Rasante Gletscherschmelze
Die Schweizer Gletscher erreichten ihre grösste Ausdehnung während der kleinen Eiszeit um das Jahr 1850. Die gesamte Gletscherfläche betrug damals 1735 km2 – exakt die Grösse des Kantons Zürich. Seither haben die Gletscher massiv an Fläche und Volumen verloren: 2016 war nur noch die Hälfte des Volumens übrig. Und von 2016 bis heute – also in nur sechs Jahren – haben die Gletscher zusätzlich rund 12 Prozent Volumen eingebüsst. Gemäss einer Studie von ETH und WSL wird bis im Jahr 2050 die Hälfte der verbliebenen Gletschermasse verloren gehen. Bis zum Ende des Jahrhunderts dürften gar 90 Prozent der heutigen Eismasse verschwinden – falls sich das Klima weiter wie bisher erwärmt. Mit starkem Klimaschutz würden «nur» zwei Drittel der Eismasse verloren gehen.
Der «Alpenleim» löst sich auf
Unter Permafrost versteht man Boden, Schutthalden oder Felswände, die dauerhaft Temperaturen unter 0 °C aufweisen. In der Schweiz findet man auf etwa 5 Prozent der Landesfläche Permafrost, vor allem in den hohen Lagen im Wallis und in Südbünden. Er kann bis in Tiefen von 80 Meter vordringen und stabilisiert die Hänge: Je kälter er ist, desto höher ist die Hangstabilität. Mit einsetzender Erwärmung wird das Eis-Fels-Gemisch «weicher», es beginnt sich zu deformieren und bietet dem Wasser Eintrittsmöglichkeiten. Messungen zeigen, dass die Permafrosttemperaturen in den letzten 20 Jahren an allen 15 Beobachtungsstandorten der Schweiz angestiegen sind. Am Stockhorn bei Zermatt etwa oder in Murtèl-Corvatsch (GR) nahmen sie in 20 m Tiefe um rund 0,5 °C zu. Das scheint wenig, doch eine «kleine» Erwärmung kann schwerwiegende Folgen haben: Hänge werden nicht erst beim Überschreiten der 0 °C-Marke deutlich instabiler, sondern bereits bei Werten um –2 °C.
Dünnere Schneedecken
Die steigenden Temperaturen und der Rückgang der Niederschläge im Winter wirken sich auf die Schneebedeckung der Alpen aus. Eine Langzeitstudie zeigt, dass in den Alpen vor allem unterhalb von 2000 Metern heute deutlich weniger Schnee liegt als noch vor 50 Jahren, im Frühling in allen Höhenlagen. Die mittlere Schneehöhe von November bis Mai ist seit 1971 pro Jahrzehnt um durchschnittlich 8,4 Prozent zurückgegangen – besonders stark in tiefen Lagen. Gemäss MeteoSchweiz könnte die Schneedecke in Höhenlagen über 1500 m. ü. M bis im Jahr 2060 um 30–50 Prozent abnehmen (gegenüber 2020), unterhalb von 1000 m. ü. M. gar um 80 Prozent. Bei Einhaltung des Pariser Abkommens würden die Auswirkungen bis 2060 nur etwa halb so stark ausfallen.
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Raphael Weber
Kürzere Schneesaison
In den letzten 50 Jahren nahm die durchschnittliche Dauer der Schneebedeckung alpenweit im Schnitt um 5,6 Prozent pro Dekade ab. Besonders stark betroffen sind die Lagen unterhalb von 2000 m. ü. M – dort verkürzte sich die Schneesaison seit 1971 um rund einen Monat. Aber auch in den höheren Lagen, wo im Hochwinter noch keine Schneeverluste festzustellen sind, ist die Schneesaison heute kürzer, vor allem aufgrund der starken Frühlingsschmelze. In den Schweizer Alpen beginnt die Schneesaison heute im Durchschnitt 12 Tage später und endet rund 25 Tage früher als 1971. Und sie dürfte bis im Jahr 2100 nochmals um 2–5 Wochen später beginnen und um 2–11 Wochen früher enden als heute (je nach Höhenlage) – wenn die Treibhausgasemissionen weitergehen wie bisher.
Von Nicolas Gattlen
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La Suisse face au dérèglement climatique
7,4 degrés. C’est la température moyenne qu’il a fait en Suisse en 2022. C’est un record, et de loin: l’année la plus chaude jamais mesurée (2018) a été dépassée d’environ 0,5 degré. Pire: jamais encore une fonte des glaciers aussi dramatique que celle de l’été 2022 n’avait été constatée en Suisse. Les glaciers suisses ont perdu plus de 6% de leur volume (3 km3 au total), soit presque trois fois plus que lors d’une année moyenne de la dernière décennie.
Et à peine la nouvelle année a-t-elle commencé que de nouveaux records sont à nouveau battus. Pour la première fois depuis le début des mesures, plus de 20 degrés ont été mesurés au nord des Alpes en janvier. Et juste avant que la neige finisse par tomber, les images de nos pistes de ski verdâtres et boueuses ont fait le tour du monde. Ces valeurs records s’inscrivent dans une évolution à long terme qui montre très clairement une accélération du réchauffement climatique et une aggravation de la crise.
On ne comprend donc pas très bien pourquoi la nouvelle loi sur la protection du climat (contre-projet à l’Initiative pour les glaciers) est combattue par référendum par la droite conservatrice. En plein mois de janvier, qui a battu tous les records de chaleur, l’UDC a annoncé qu’elle avait réuni les signatures nécessaires. Cette loi vise la décarbonisation de la société et indique la voie à suivre pour atteindre l’objectif de «zéro émission nette» d’ici 2050. Elle sera soumise au vote le 18 juin 2023.
La Suisse se réchauffe plus que la moyenne
À l’échelle mondiale, les dix dernières années ont été 1,1°C (surface terrestre 1,6°C) plus chaudes que la moyenne préindustrielle (1871-1900). La moyenne globale des températures est aujourd’hui plus élevée que jamais au cours des 2000 dernières années, très probablement même depuis 125 000 ans. La Suisse – comme toutes les masses terrestres situées aux latitudes nord moyennes – s’est réchauffée plus que la moyenne: ici, les dix dernières années ont même été 2,4°C plus chaudes que la moyenne préindustrielle. Depuis les années 1960, chaque décennie a été plus chaude que la précédente. Et cela ne devrait pas s’arrêter là, comme le montrent les scénarios climatiques 2018 de la Confédération: si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter, la température moyenne annuelle pourrait s’élever de 3,3°C supplémentaires d’ici à 2060 et jusqu’à 5,4°C d’ici à la fin du siècle (par rapport à la situation de 1981-2010).
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
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Écart de la température moyenne annuelle par rapport à la moyenne préindustrielle:
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Robin Hübscher
- © Robin Hübscher
Le nord de la Suisse: méditerranéen?
Plages de sable artificielles, palmiers sur les balcons, animation nocturne sur les places et dans les rues: ce que l’on observe au niveau du style de vie, on le constate également en regardant le thermomètre. Le nord de la Suisse devient de plus en plus méditerranéen. Bâle, par exemple, affiche aujourd’hui les températures moyennes annuelles et estivales qui étaient enregistrées à Locarno au milieu des années 1970. Outre ces effets semblant agréables, le dérèglement climatique a des conséquences négatives pour le nord de la Suisse: des vagues de chaleur et des périodes de sécheresse plus fréquentes et plus longues, ainsi qu’une augmentation des fortes pluies et des inondations.
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Suzana Mijailovic
Davantage de jours de canicule
En Suisse, les températures maximales ont augmenté encore plus fortement que les températures moyennes. Les vagues de chaleur ainsi que les journées et les nuits chaudes sont devenues nettement plus fréquentes au cours des dernières décennies, comme le montre l’exemple de Lugano. Alors que dans les années 1960 et 1970, on ne mesurait pratiquement pas de jours avec des températures maximales d’au moins 30 degrés (canicule), on compte aujourd’hui déjà environ 20 jours de canicule par an. Les régions situées au nord des Alpes sont également touchées, notamment les villes avec leurs nombreux ilots de chaleur. Les calculs montrent que sans une protection efficace du climat, le nombre de jours de canicule augmentera fortement d’ici à 2060: à Genève, par exemple, il passera de 15 (valeur moyenne 1981-2010) à 39, à Zurich de 5 à 21 et à Lugano de 8 à 31.
Fonte rapide des glaciers
Les glaciers suisses ont atteint leur plus grande extension pendant le petit âge glaciaire, vers 1850. La surface totale des glaciers était alors de 1735 km2, soit la taille du canton de Zurich. Depuis, les glaciers ont considérablement perdu en surface et en volume: en 2016, il ne restait plus que la moitié de leur volume. Et de 2016 à aujourd’hui – en seulement six ans – les glaciers ont perdu environ 12% supplémentaires de leur masse. Selon une étude de l’EPF et du WSL, la moitié de la masse restante des glaciers sera perdue d’ici 2050. D’ici à la fin du siècle, 90% de la masse de glace actuelle devrait même disparaître si le climat continue à se réchauffer au rythme actuel. Avec une forte protection du climat, «seuls» deux tiers de la masse glaciaire disparaîtraient.
Le ciment des Alpes se dissout
Par permafrost, on entend le sol, les éboulis ou les parois rocheuses dont la température reste durablement inférieure à 0°C. 5% de la surface du pays est concernée, surtout en haute altitude en Valais et dans le sud des Grisons. Il peut atteindre une profondeur de 80 mètres et stabilise les versants: plus il est froid, plus la stabilité des pentes est élevée. Le réchauffement a un effet sur le mélange glace-roche qui devient plus «mou», se déforme et permet à l’eau de s’immiscer. Des mesures montrent que les températures du permafrost ont augmenté au cours des vingt dernières années sur les 15 sites d’observation en Suisse. Au Stockhorn près de Zermatt, par exemple, ou à Murtèl-Corvatsch (GR), elles ont augmenté d’environ 0,5 degré à 20 mètres de profondeur. Cela semble peu, mais un «petit» réchauffement peut avoir de graves conséquences: les pentes deviennent déjà plus instables à partir de valeurs autour de -2°C.
Des couches de neige plus minces
La hausse des températures et la diminution des précipitations en hiver ont un impact sur la couverture neigeuse dans les Alpes. Une étude à long terme montre qu’en dessous de 2000 mètres, il y a aujourd’hui nettement moins de neige qu’il y a cinquante ans au printemps, et ce à toutes les altitudes. La hauteur moyenne de la neige entre novembre et mai a diminué en moyenne de 8,4% par décennie depuis 1971, de manière particulièrement marquée à basse altitude. Selon MétéoSuisse, le manteau neigeux pourrait diminuer de 30 à 50% d’ici 2060 (par rapport à 2020) à des altitudes supérieures à 1500 mètres, et même de 80% en dessous de 1000 mètres. Si l’accord de Paris était respecté, l’impact serait environ deux fois moins important d’ici 2060.
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Raphael Weber
Une saison d’enneigement plus courte
Au cours des cinquante dernières années, la durée moyenne de la couverture neigeuse a diminué en moyenne de 5,6% par décennie dans l’ensemble des Alpes. Les zones situées en dessous de 2000 mètres d’altitude sont particulièrement touchées – la saison d’enneigement y a été raccourcie d’environ un mois depuis 1971. Même aux altitudes plus élevées, où l’on ne constate pas encore de pertes de neige en plein hiver, la saison d’enneigement est aujourd’hui plus courte, surtout en raison de la forte fonte printanière. Dans les Alpes suisses, la saison d’enneigement commence aujourd’hui en moyenne 12 jours plus tard et se termine environ 25 jours plus tôt qu’en 1971. Et d’ici 2100, elle devrait commencer 2 à 5 semaines plus tard et se terminer 2 à 11 semaines plus tôt qu’aujourd’hui (selon l’altitude), si les émissions de gaz à effet de serre se maintiennent dans les proportions actuelles.
Nicolas Gattlen, reporter pour le Magazine Pro Natura
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Einfach ein Wald
Der Burstel ist ein Wald. Aussergewöhnlich scheint hier nichts: Viele Nadelbäume, ein paar Laubbäume, mehrere Quellen – und an diesem nasskalten Tag Mitte Januar viel Matsch unter einer dicken braunen Schicht Herbstlaub. Wie ein Wald im Thurgau halt so ist. Doch hier und da ist schon zu erkennen, was Markus Bürgisser sich erhofft. Der Geschäftsführer von Pro Natura Thurgau weist auf ein steiles Stück ziemlich weit oben im Wald. Hier liegen Baumstämme kreuz und quer, wo sie eben gerade hingefallen sind, von Moos begrünt und langsam verrottend. «So wild soll der ganze Wald werden.»
Wie Wildnis entsteht
Aus einem Nutzwald einen Urwald zu machen, dass hatte der Biologe nicht von langer Hand geplant. Der Idee liegt ein Zufall zugrunde. «Im Amtsanzeiger las ich 2019 eine kurze Annonce, dass ein Wald zu verkaufen sei, fast 20 Hektaren», erzählt Bürgisser und er wusste einfach: Diesen Wald sollte Pro Natura kaufen. Und es klappte.
Was aber macht man mit fast 20 Hektaren Wald? «Für mich war klar, dass das Projekt etwas mit Wildnis zu tun haben muss, wobei ich den Nationalpark im Hinterkopf hatte und das Prinzip des Prozessschutzes», sagt Markus Bürgisser. Die Begeisterung ist ihm anzuhören, während er einen rutschigen Hang hinunterhangelt, um eines der Highlights des Waldes zu zeigen: eine ungefasste Quelle. «So muss das aussehen», sagt er und scheint selber ein bisschen überrascht von der Schönheit des schlichten Ortes.
Prozessschutz bedeutet vereinfacht gesagt, die Natur einfach Natur sein zu lassen. Sprich: Ein Baum wird nicht gefällt, er altert und stirbt irgendwann ab. Dabei entsteht Totholz, Pilze, Insekten oder Vögel finden neuen Lebensraum. Oder der Wind entwurzelt einen alten Baum, im Sturz reisst er andere Bäume mit und schafft so eine Lücke im Kronendach. Nun erreicht Sonnenlicht den Waldboden, neue Pflanzen wachsen und im besonnten Totholz siedeln sich Käfer und Pilze an. Und so weiter. Natürliche Prozesse eben.
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Dieser Artikel wurde im Pro Natura Magazin publiziert.
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Geduld bringt Wildnis
Ein paar Eingriffe gibt es aber noch, bevor der Wald einfach Wald sein darf. «Es existieren mehrere Wege durch den Burstel und einige wollen wir zuwachsen lassen.» Dafür wurden Informationstafeln aufgestellt, um Reiterinnen, Fussgänger und Velofahrer davon abzuhalten, die Wege weiter zu benutzen und ihnen zu erklären, dass dies geschieht, damit diese wieder der natürlichen Entwicklung des Waldes überlassen werden können. Auch sollen gezielt bestimmte Baumarten gefördert werden, indem etwa standortsfremde Fichten oder Douglasien gefällt werden, um den natürlich vorkommenden Bäumen Platz zu lassen.
Was genau im Burstel alles getan oder gelassen werden soll, hat übrigens nicht Pro Natura allein entschieden. In einer Umfrage konnten Interessierte mitreden. Denn ein so grosses Stück Wald einfach sich selbst zu überlassen und nichts zu machen, sind wir uns Menschen nicht gewohnt. Ein spannendes Experiment, dessen Ausgang noch Jahre in der Zukunft liegt.
Mittlerweile steht das Konzept für den Burstel, jetzt braucht es vor allem eines: Geduld. «Ich muss mich noch daran gewöhnen, dass hier für einmal Nichtstun angesagt ist», sagt Markus Bürgisser und inspiziert einen grossen Ast, der auf einen Weg gefallen ist – und der dort auch liegen bleiben darf.
Bettina Epper, Redaktionsleiterin, Pro Natura Magazin
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De nouveaux gîtes pour le lézard agile, l’hermine et la belette
Pro Natura Magazine
Les 170'000 membres de Pro Natura reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique le vivant. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour l’environnement.
Des articles de vente sélectionnés et une offre variée d’excursions sont proposés également dans le magazine. Et même votre lieu de résidence y est à l’honneur: les sections cantonales Pro Natura vous parlent de la nature tout près de chez vous.
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Dates de publication 2026
1/26: 5 janvier, 2/26: 6 mars, 3/26: 22 mai, 4/26: 14 août, 5/26: 23 octobre, 1/27: 4 janvier
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Dossier thématique actuel du Pro Natura Magazine
« Action Lièvre & Cie » pour plus de biodiversité dans les vignes
Les lisières forestières étagées à Neuchâtel
Clôtures électrifiées correctement installées: une protection efficace contre le loup
Un loup s’introduit dans un troupeau de moutons et les tue – une vision d'horreur pour tout berger ou bergère. La protection du troupeau est essentielle. La plupart des exploitants misent principalement sur un chien de protection des troupeaux ou sur des clôtures. Si les chiens ne peuvent pas être utilisés, les clôtures électriques gagnent encore en importance.
Une clôture électrifiée ne suffit pas toujours
Afin que les clôtures protègent efficacement contre le loup, elles doivent répondre à certaines exigences. La maintenance est primordiale car elles doivent fonctionner correctement. C’est pourquoi Agridea a créé six courts-métrages pour informer et conseiller les agriculteurs, les éleveurs, les consultants agricoles et les écoles. Pro Natura a soutenu Agridea par son savoir-faire professionnel et des apports financiers.
Les loups sont des animaux intelligents et à grande capacité d’adaptation. Les études d’Agridea montrent que ces grands prédateurs sont capables de trouver points faibles des clôtures. Agridea a également été en mesure de torde le cou à une idée reçue, à savoir que les loups ne sautent que très rarement par-dessus les clôtures. Ils tentent plutôt de se faufiler à travers ou de se glisser en-dessous. Une clôture en bon état de fonctionnement les stoppe très vite par une décharge.
Coexistence pacifique entre êtres humains et grands prédateurs: Pro Natura montre la voie
Agridea et Pro Natura participent à une protection efficace des troupeaux à l’aide de courtes vidéos didactiques. De nombreuses personnes sont convaincues à tort que les clôtures électriques ne protègent pas suffisamment des attaques de loups.
Les loups parviennent à surmonter les barrières mal installées. Cependant, si les clôtures électriques sont installées et entretenues de manière professionnelle dès leur installation, elles offrent une protection suffisante, même avec une présence de loups élevée.
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toutes les vidéos d'AgrideaAgridea et Pro Natura participent à une protection efficace des troupeaux avec cette courte vidéo pratique. Le film montre quelles faiblesses les loups mettent à profit et comment les bergers et bergères peuvent protéger leurs animaux de manière optimale.
Davantage d’informations auprès d’Agridea.