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Les Suisses veulent que leurs bases vitales soient mieux protégées
En Suisse, la biodiversité se trouve dans un état critique. Ce fait scientifiquement démontré, est confirmé par le Conseil fédéral et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). Ainsi, le Conseil fédéral écrit-il dans son rapport « Environnement Suisse 2022 » : « La biodiversité en Suisse est sous pression. Et si les mesures de promotion produisent des effets localement, la biodiversité demeure en mauvais état et ne cesse de décliner. Un tiers de toutes les espèces et la moitié des types de milieux naturels en Suisse sont menacés. Les succès ponctuels ne parviennent pas à compenser les pertes (…) Il est dès lors urgent d’agir fermement pour protéger les services apportés par la biodiversité. »
Ces faits alarmants nous concernent directement. Un exemple : sans les abeilles, bourdons ou papillons, la pollinisation d’aliments comme les baies, les fruits et les légumes est impossible. Selon les sondages réalisés à la demande de Tamedia et de la RTS, une majorité de Suisses reconnaît l'importance de la biodiversité. Il est particulièrement réjouissant de constater qu'une nette majorité des femmes se prononcent en faveur de la protection de notre source de vie.
L'association de soutien mettra encore plus l’accent sur l’état déplorable de la biodiversité et la nécessité de prendre des mesures. Dans les semaines à venir, la campagne de votation va s'intensifier. L'Initiative biodiversité est soutenue par plus de 70 organisations nationales et 350 organisations cantonales. Plus d’un millier de personnes s'engagent dans des comités nationaux et cantonaux en faveur de l'initiative.
L'association de soutien de l'Initiative biodiversité met la priorité sur une communication basée sur des faits - dans l'intérêt de nos enfants et petits-enfants. C'est pourquoi elle a lancé un appel pour un débat respectueux et basé sur des faits concernant la biodiversité. Les résultats du sondage l’encouragent dans cette démarche.
L'association de soutien va mobiliser toutes ses forces pour mettre en action les personnes qui soutiennent l'Initiative biodiversité, avec pour objectif de sensibiliser un plus grand nombre de personnes au thème de la biodiversité, les indécis en particulier.
Contact :
- Pro Natura : Urs Leugger, directeur et président de l’association de soutien, @email, 061 317 91 44
- BirdLife Suisse : Raffael Ayé, directeur, @email, 076 308 66 84
- Patrimoine suisse : Peter Egli, responsable de la communication, @email, 044 254 57 06
- Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage : Franziska Grossenbacher, directrice adjointe, @email, 076 304 43 58
- Initiative biodiversité : Manuel Herrmann, responsable médias, @email, 078 765 61 16
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Des milliers de donateurs et donatrices soutiennent la campagne pour le OUI à l’Initiative biodiversité
Depuis l’automne 2023, de nouvelles règles de transparence s’appliquent au financement de la vie politique. Dans ce cadre, le Contrôle fédéral des finances (CDF) a publié les recettes budgétées pour les votations populaires du 22 septembre 2024. L’association de soutien « Pour la nature, le paysage et le patrimoine bâti » a annoncé les recettes budgétées pour la campagne de votation sur l’Initiative biodiversité ainsi que les dons de plus de 15 000 francs.
Les recettes provenant de libéralités monétaires et non monétaires budgétées pour la campagne de votation s’élèvent à 3 308 000 francs. Ce montant met en évidence l’énorme besoin d’agir dans le domaine de la biodiversité et l’importance de protéger notre source de vie - pour nous tous et pour les générations futures.
Les associations de soutien et leurs partenaires apportent la majeure partie des contributions avec 2 208 000 francs, dont 550 000 francs sous forme de prestations de travail. En outre, 1 100 000 francs de dons émanant de particuliers ont été collectés.
Le nombre élevé de dons émanant de particuliers déjà reçus est particulièrement réjouissant : des milliers de petits donatrices et donateurs soutiennent la campagne de l’Initiative biodiversité avec un montant moyen de 65 francs. Cela montre clairement que de nombreuses personnes en Suisse se préoccupent vivement du mauvais état de notre nature et de notre source de vie. Nous ne pouvons plus nous permettre d’encore attendre. Nous nous devons, pour nous et pour les générations futures, agir maintenant et de manière déterminée pour préserver la vie, notre vie.
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Sous nos pieds, ça grouille de vie!
Dans une poignée de terre riche en humus, ce ne sont pas moins de 10 milliards d’organismes vivants qui sont présents. La vie sur terre est dépendante de la diversité cachée des organismes vivant dans les sols: tout ce que nous mangeons, buvons, respirons, l’essentiel des habits que nous portons passe et repasse inexorablement par les sols et les organismes qui y vivent.
Les sols, écosystèmes complexes
Les sols forment cette fine pellicule unique à la surface de la Terre, où géosphère, hydrosphère, atmosphère et biosphère interagissent. Ils constituent des écosystèmes complexes dans l’espace et le temps en fonction du climat, de la nature de la roche, du régime hydrique, de la topographie et des activités biologiques. La genèse des sols dure des milliers d’années et n’est jamais terminée – on parle d’un taux de formation moyen de 0.1 mm par an. Les sols fonctionnels sont le siège d’une foisonnante diversité d’organismes – animaux, plantes, champignons, microorganismes – et de processus fondamentaux comme les cycles des éléments. Dans un gramme de sol vivent entre 2000 et 18’000 espèces différentes d’organismes qui se nourrissent essentiellement de la matière organique du sol.
Bactéries, champignons, protistes et Cie
Les conditions de vie sont très variables dans les sols. La majorité des organismes se trouvent dans les premiers centimètres, dans la couche d’humus composée de la matière issue des organismes morts, de la litière des plantes, et des exsudats racinaires, fongiques et des microorganismes. La plus grande diversité en espèces se retrouve parmi les bactéries et autres unicellulaires microscopiques. On trouve aussi d’innombrables autres organismes, souvent invisibles à l’œil nu, comme des amibes, des némotades en tous genres, des tardigrades, des lombriciens, et en se rapprochant de la surface on découvre des petits vers blancs enchytréides, des mille-pattes, des cloportes, des collemboles, des larves d’insectes, tout comme des gastéropodes grands consommateurs de litière végétale. Sans oublier les taupes et les fourmis qui participent à la structuration et à l’aération des sols, et les sangliers qui en remuent la surface à la recherche de nourriture. Si au niveau mondial, on connaît plus de 80% de la diversité des espèces de plantes, la science a pour l’heure décrit moins de 5% des espèces de nématodes, de champignons et de bactéries.
Une bouse de vache…
Imaginez une bouse de vache. Avec les semaines et les mois, elle disparaît. Qu’est-elle devenue? Pour une bonne part, elle a été intégrée dans le sol par toute une cohorte d’organismes vivants spécialisés qui se succèdent en fonction de son état de décomposition et de dessèchement. Aux gastéropodes et larves de mouches qui débutent le processus de décomposition se substituent différents diptères qui viennent pondre des œufs. Y succèdent les coléoptères coprophages et les petits vers du fumier puis, lorsqu’elle est déjà bien dégradée, les vers de terre finissent le travail d’incorporation de la bouse dans le sol. Tout au long du processus, de nombreux prédateurs viennent se nourrir: insectes staphylins, oiseaux, acariens, pseudoscorpions, mille-pattes. Des champignons et des bactéries participent aussi, en tout temps, au processus de dégradation de la bouse. Il en va de même pour la décomposition d’une feuille ou d’un tronc d’arbre, d’un cadavre ou de toute matière organique morte.
Sans la faune et les microorganismes des sols, cadavres et excréments s’accumuleraient, et la surface de la Terre en serait recouverte, de même que de bois mort.
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Matthias Sorg
L’agriculture a besoin de sols sains
Un sol productif sain héberge une grande diversité d’organismes vivants. S’ils sont présents en suffisance, ces organismes permettent de décompacter les sols agricoles qui sont mis à rude contribution par le passage répété de lourdes machines, avec risque d’asphyxie pour les racines des plantes. Le travail mécanique intensif, l’apport important d’engrais minéraux et de pesticides et la perte progressive en matière organique modifient dramatiquement les sols agricoles et nombre d’organismes vivants en disparaissent, avec des conséquences irréparables sur leur fertilité. Des études montrent que les pratiques agricoles biologiques, l’agriculture de conservation de la matière organique des sols et l’agriculture régénérative détruisent moins la vie qui s’y trouve.
Crise de la biodiversité, aussi dans les sols
La diversité des organismes vivants dans les sols est sous pression. Chaque seconde en Suisse, plus de 1 mètre carré de sol fertile est détruit, et cela depuis des décennies. Or les sols ne sont pas une ressource renouvelable. Leur dégradation peut intervenir en quelques secondes, alors que leur régénération prend des dizaines, voire des centaines d’années. Pourtant, la biodiversité des sols et les fonctions écosystémiques associées sont négligées dans la plupart des évaluations relatives à l’état de la biodiversité. Mais il est évident que l’on ne peut préserver que ce que l’on connaît: en Suisse, il n’existe pas encore de carte nationale des sols, et encore moins une évaluation de l’état des menaces pesant sur les organismes vivants qui s’y trouvent.
La prochaine fois que vous verrez des vers de terre ou des escargots sur un chemin imperméabilisé, saisissez-les délicatement pour les transporter en lieu sûr. Personnellement, je le fais. Se préoccuper de la biodiversité des sols, c’est se préoccuper de leur santé, donc de notre santé et de notre bien-être à toutes et tous.
Le biologiste René Amstutz est un spécialiste des sols. Il dirige la division Biotopes et Espèces chez Pro Natura.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura Spécial.
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La biodiversité en Suisse: questions et réponses
L’eau potable, l’air, les sols fertiles et les plantes pollinisées: nous avons besoin de tout cela pour vivre et tout cela nous est assuré par la biodiversité. Nous dépendons donc de la diversité des milieux naturels et des espèces. La biodiversité est notre source de vie. Or, la biodiversité qui nous entoure diminue fortement et elle est menacée.
Les milieux naturels sont endommagés voire détruits. C’est l’une des principales causes de la perte de biodiversité. De plus, le changement climatique accélère encore l’extinction des espèces. Ce qui est valable pour la crise climatique l’est aussi pour la biodiversité: il faut agir maintenant pour enrayer le déclin de la biodiversité! Pour nous et pour les générations futures.
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- Les sols fertiles, l’eau potable, l’air et les plantes pollinisées: tout cela nous est assuré par la biodiversité et nous en avons besoin pour vivre.
Qu’est-ce que la biodiversité?
La biodiversité représente la diversité de la vie. Cette diversité se compose de trois niveaux.
- La diversité des espèces désigne la diversité des êtres vivants. Environ 30’000 espèces animales et 19’000 espèces végétales et fongiques sont aujourd’hui connues en Suisse. Les spécialistes estiment qu’il existe encore de nombreuses espèces non découvertes à ce jour.
- La diversité des milieux naturels constitue un autre niveau de biodiversité. Cette diversité est importante, car tous les êtres vivants ont des exigences différentes vis-à-vis de leur habitat. Plus les milieux naturels sont diversifiés, plus grand est le nombre d’espèces qui peuvent y vivre. En raison de sa situation et de sa topographie, la Suisse est riche en milieux naturels variés. Une formidable diversité s’étend des zones riveraines des plaines aux sommets de haute montagne.
En savoir plus sur nos milieux naturels - La diversité peut également se présenter au sein d’une espèce. Dans ce cas, on parle de diversité génétique. Chaque être vivant possède son propre matériel génétique unique, l’ADN. Grâce aux différences infimes entre les êtres vivants, les espèces peuvent s’adapter aux variations de leurs conditions de vie. Mais beaucoup d’espèces ne peuvent pas suivre le rythme auquel progresse la crise climatique. Les espèces qui ne peuvent pas s’adapter assez rapidement sont menacées d’extinction.
Qu’est-ce que la crise de la biodiversité?
La crise de la biodiversité désigne la perte de biodiversité. Avec la perte de biodiversité, ce sont aussi nos bases vitales comme l’eau potable, un air pur ou les sols fertiles qui sont en danger.
La biodiversité peut aussi être considérée comme un « tissu vivant » dont les fils sont étroitement entrelacés. Lorsque des espèces enregistrent un fort recul ou disparaissent complètement, ce tissu perd de sa solidité. Souvent, cette évolution n’est pas directement perceptible ni visible. Qui remarque la disparition d’une seule espèce de coléoptère? Et pourtant, c’est le début d’un processus que nous ne pourrons peut-être plus arrêter un jour, un dangereux effet domino:
Les animaux, les plantes et les autres organismes sont en étroite relation les uns avec les autres. Les insectes comme les abeilles sauvages pollinisent les fleurs. Si certaines espèces d’insectes disparaissent, certaines plantes ne seront plus pollinisées. Ces espèces végétales se retrouvent donc en difficulté elles aussi. Les espèces qui se nourrissent de ces plantes sont à leur tour menacées. Tôt ou tard, cet effet domino touchera l’être humain. Lui non plus ne sera plus retenu par le « tissu vivant de la biodiversité » une fois que celui-ci sera complètement déchiré.
Quelles sont les causes de la crise de la biodiversité?
Les causes de l’appauvrissement de la biodiversité sont multiples. Citons par exemple:
- la disparition et la fragmentation des milieux naturels dues aux changements d’affectation, à la construction effrénée, à l’imperméabilisation, au mitage, à la construction d’infrastructures, à un entretien des jardins et des espaces verts qui ne se fait pas dans le respect de la nature;
- l’augmentation des apports de nutriments et de pesticides, le compactage des sols par l’utilisation de grosses machines;
- l’agrandissement et l’homogénéisation des surfaces exploitées: regroupement des surfaces, suppression des bosquets, des bordures et d’autres structures, perte de diversité paysagère;
- la correction des cours d’eau, la canalisation et l’endiguement pour la protection contre les crues et la production d’énergie hydraulique;
- l’abandon de l’exploitation des prairies, des pâturages et des surfaces marginales riches en espèces.
La propagation d’espèces exotiques envahissantes et le changement climatique contribuent également au déclin de la biodiversité.
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- 60% des insectes sont en danger ou potentiellement menacés.
Quelles sont les solutions?
Commençons par la bonne nouvelle: il existe une multitude d’instruments connus et éprouvés qui permettent de faire face à la crise de la biodiversité. Nous savons comment renaturer des rivières et des ruisseaux rectifiés, redonner vie à des marais, exploiter les forêts tout en respectant la nature, aménager des parcs et des jardins riches en biodiversité ou transformer une exploitation agricole en havre de biodiversité. Dans tout le pays, de beaux succès en matière de protection de la biodiversité ont été enregistrés.
Mais il y a aussi une mauvaise nouvelle: la diversité de la nature a besoin d’espace, la promotion de la biodiversité a besoin d’argent. En Suisse, on n’investit ni assez d’espace ni assez d’argent dans la promotion de la biodiversité. C’est précisément pour cela que nous traversons une crise de la biodiversité!
Questions et réponses sur la biodiversité
La nature n’a pas besoin de nous, les êtres humains. Mais nous avons besoin de la nature. Notre bien-être dépend directement d’elle. La nature possède une valeur inestimable. Par services écosystémiques, nous entendons les prestations que la nature nous fournit chaque jour: les rivières naturelles enrichissent les nappes phréatiques, les arbres en ville abaissent la chaleur en été, les forêts nous protègent des dangers naturels. La fertilité des sols, la pollinisation et l’eau propre sont essentielles à la production de denrées alimentaires. Les beaux paysages et les bons moments passés dans la nature renforcent notre santé mentale.
L’état de la biodiversité en Suisse est alarmant:
- Un tiers de toutes les espèces animales et végétales de Suisse sont considérées comme menacées ou déjà éteintes.
- 45% des espèces d’abeilles sauvages en Suisse sont éteintes ou menacées.
- Les marais ont subi un recul de 82% de leur surface depuis 1900.
- Les prairies et pâturages secs ont diminué de 90% durant la même période.
- 7594 km2 de milieux naturels riches en espèces (prairies sèches, zones alluviales et marais) ont disparu depuis 1900. Cela correspond à près d’un cinquième de la superficie totale de notre pays!
La plupart des plus de 230 types de paysages définis scientifiquement en Suisse sont également dans un état préoccupant. Non seulement l’espace vital des espèces animales et végétales indigènes se restreint de plus en plus, mais la qualité et l’interconnexion des milieux naturels ne cessent de diminuer.
C’est en 1994 que la Suisse a cosigné la Convention des Nations unies sur la diversité biologique. Elle a donc fait siens depuis longtemps les objectifs globaux de lutte contre l’extinction aiguë des espèces et la destruction progressive des bases naturelles de la vie. Malheureusement, la politique ne parvient pas à adopter des mesures efficaces pour enrayer la perte de biodiversité.
Pro Natura critique l’inaction du monde politique et montre dans sa propre analyse l’ampleur réelle des mesures à prendre. Vers le rapport
Les conséquences du changement climatique constituent une menace pour la biodiversité en Suisse. C’est surtout la rapidité du changement qui pose problème: l’être humain et la nature n’ont pas le temps nécessaire pour s’adapter.
Malheureusement, les deux crises sont encore largement perçues et traitées comme des phénomènes indépendants. Des mesures sont élaborées de façon sectorielle. Cela conduit à des conflits d’objectifs apparents qui sont exploités à des fins politiques. Concrètement: éoliennes ou protection de la nature? La réponse ne peut être que la suivante: les deux, et les deux au bon endroit!
En effet, une biodiversité élevée est indispensable pour faire face à la crise climatique. Prenons un exemple très simple: l’assèchement d’un marais est une catastrophe pour la biodiversité, car il signe la disparition de milieux naturels uniques. Mais le climat en souffre également: en se décomposant, le sol des marais dégradés libère des gaz à effet de serre, néfastes pour le climat. En alimentant le marais en eau et en le régénérant, on fait du bien à la fois au climat et à la biodiversité. Il est donc important de comprendre que la crise climatique et la crise de la biodiversité ne peuvent et ne doivent être résolues qu’ensemble, et rapidement.
La crise de la biodiversité n’est pas enrayée. Ensemble, nous pouvons créer des conditions favorables à la protection de la nature, notre source de vie et celle des générations futures. Il y a tant de façons d’agir, trouvez celle qui vous convient!
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OUI à notre source de vie
Le Conseil fédéral a confirmé le 22 septembre 2024 comme date de la votation sur l'Initiative biodiversité. La Confédération, les cantons, les villes, les communes, ainsi que de nombreuses associations et une majorité du Conseil national reconnaissent qu’agir avec détermination pour la biodiversité est une priorité. « Il est urgent d’agir fermement pour protéger les services apportés par la biodiversité », écrit par exemple le Conseil fédéral dans son dernier rapport sur l'environnement publié en 2022. Cependant, certains membres du Conseil des États ont refusé d’entrer en discussion sur la proposition de contre-projet indirect.
Ces dernières années, le bétonnage, le mitage du territoire et l'exploitation intensive des sols ont profondément endommagé notre nature et nos paysages. Partout en Suisse, des sites uniques sont défigurés et de somptueux paysages détruits. La perte de la biodiversité met en danger des services écosystémiques vitaux, tels que la pureté de l’air, l'eau potable, la fertilité des sols, la pollinisation ou la protection des forêts contre les avalanches, les chutes de pierres et les fortes précipitations.
Pour protéger notre patrie et notre nature, nous avons besoin d’un OUI de la population suisse. L'initiative veille à ce que les surfaces et les moyens financiers nécessaires à la biodiversité soient mis à disposition. La nature et le paysage doivent être préservés, même au-delà des zones protégées. Protection et utilisation vont de pair. L’initiative ne va pas à l’encontre des préoccupations de l'agriculture, du tourisme ou de l'approvisionnement en énergie.
Exemples
Meyrin, lauréate du Prix Wakker, atteste que l’on peut transformer la diversité en atout grâce au dialogue. Cette commune de l'agglomération genevoise est parvenue à concilier les aspirations des habitants avec les exigences de la nature et à créer une culture du bâti de qualité apportant à tous davantage de biodiversité.
La centrale hydroélectrique de Hagneck (BE) est située dans un paysage alluvial classé réserve naturelle d'importance nationale. La compatibilité de l’installation avec la nature a été mise au premier plan lors de la rénovation des centrales au fil de l'eau et du canal de Hagneck. La production d'électricité a été augmentée de 40%, et ce sans préjudice pour l’environnement.
Le paysage d'infrastructures touristiques du Chäserrugg dans le Toggenburg (SG) montre comment la société des remontées mécaniques de la région, classée IFP (Inventaire fédéral des paysages, sites et monuments naturels), a rénové l'ensemble de ses infrastructures touristiques en misant sur des valeurs naturelles et une culture du bâti de qualité.
Dans le Klettgau (SH), un partenariat exemplaire entre l'agriculture et la protection de la nature a donné naissance à un paysage agricole placé sous le signe de la biodiversité. Dans le grenier à blé du canton de Schaffhouse, un réseau dense de surfaces de promotion de la biodiversité est en place depuis 40 ans, ce qui permet une coexistence entre production intensive et protection de la nature. Les partisans de l'Initiative biodiversité se réjouissent déjà de participer à des débats engagés, respectueux et basés sur des faits.
Contact:
- Pro Natura : Sarah Pearson Perret, directrice romande, @email, 079 688 72 24
- BirdLife Suisse : François Turrian, directeur romand, @email, 079 318 77 75
- Patrimoine suisse : Stefan Kunz, secrétaire général, @email, 079 631 34 67
- Fondation suisse pour le paysage : Franziska Grossenbacher, directrice adjointe, @email, 076 304 43 58
- Initiative biodiversité: Leo Richard, service médias, @email, 079 378 37 11
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Bienvenue dans mon jardin
Crise de la biodiversité: le Conseil fédéral publie le plan de l’inaction
Le Conseil fédéral a adopté aujourd’hui le deuxième Plan d'action biodiversité. Ce plan d’action est décevant à tous points de vue. Son contenu ne contribuera pas de manière significative à la conservation de la biodiversité en Suisse. C’était probablement une décision politique de ne publier ce plan d’action extrêmement faible qu’après la votation sur l’Initiative biodiversité.
Un tigre de papier au lieu de mesures efficaces
Le plan prévoit principalement des études, des développements de méthodes et des clarifications – aucune ressource n’est prévue pour la mise en œuvre. Au contraire: dans le cadre des mesures d’économie, le Conseil fédéral propose même de réduire les moyens alloués à la biodiversité. En Suisse, nous disposons d’un bon niveau de connaissances sur la biodiversité. Sarah Pearson Perret, directrice romande de Pro Natura, souligne: «La nécessité d’agir et les lacunes dans l’application de la législation sont aujourd’hui bien connues. Ces déficits avérés et urgents doivent être comblés. Les études et les prétendues clarifications à apporter servent surtout à détourner l’attention de l’opinion publique».
Aucune ambition pour atteindre les objectifs
En 2012, le Conseil fédéral avait adopté la Stratégie Biodiversité Suisse avec dix objectifs qu’il souhaitait atteindre d’ici 2020. Le premier plan d’action n’a atteint aucun des objectifs, comme l’a montré l'analyse d’impact de la Confédération. Ce constat devrait conduire d’urgence à un plan d’action amélioré. Or, ce que le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a fait adopter par le Conseil fédéral est un nouvel affaiblissement. Avec ce plan d’action, aucun des objectifs ne sera atteint d’ici 2030. Le DETEC et le Conseil fédéral agissent de manière irresponsable.
Ressources totalement insuffisantes
Le plan d’action prévoit un peu plus de 4 millions de francs par an. Il y a huit ans, un calcul de la Confédération avait montré que la conservation des biotopes d’importance nationale nécessitait à elle seule au moins 286 millions de francs par an. D’autres tâches telles que la biodiversité dans les agglomérations et les forêts ainsi que la conservation des espèces fortement menacées nécessitent également des ressources. Au total, les besoins financiers réels pour la conservation de la biodiversité sont plus de cent fois supérieurs à ce qui est prévu actuellement. Compte tenu des objectifs manqués jusqu’à présent, de la pression croissante sur la nature et du renchérissement, il faut partir du principe que les coûts sont encore plus élevés aujourd’hui. «Si la Confédération continue d’attendre avant de prendre des mesures efficaces, la préservation de la biodiversité et de ses prestations coûtera de plus en plus cher – une charge énorme pour les générations futures», fait remarquer Thomas Wirth, chef de projet Biodiversité au WWF Suisse.
«Les moyens financiers pour le plan d’action sont si faibles qu’ils doivent être qualifiés de totalement inappropriés. Il aurait été plus honnête de ne pas adopter de plan d’action plutôt que ce plan d’inaction» critique François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse.
Un facteur aggravant est le fait que la population n’a pas été honnêtement informée sur le plan d’action. Au cours des derniers mois, l’impression a été donnée que le Conseil fédéral faisait élaborer un instrument important pour la préservation de la biodiversité. Le Conseil fédéral a aujourd’hui rompu cette promesse faite à la population.
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Communiqué commun de BirdLife Suisse, WWF Suisse et Pro Natura
«Dans mes assiettes, j’aime mettre de l’intention dans les détails»
Au cœur de la saison estivale, difficile de grappiller quelques instants précieux à Léa Graham. Avec sa petite équipe, elle s’affaire cinq jours par semaine pour proposer ses délicieux mets, désormais réputés dans la région. «À l’ouverture de la saison, je sais que plusieurs mois d’effervescence m’attendent. J’aime ce stress stimulant. Quand c’est trop calme, je m’ennuie», précise la jeune cheffe vaudoise, à la tête de son propre établissement à 32 ans.
Forte des expériences de la première saison, Léa réinvente sa carte chaque semaine et développe de nouveaux projets: le brunch tous les dimanches, c’est son idée. «Une habitude qui s’est imposée dans les villes, et que je souhaitais proposer à Champ-Pittet.» Concocter des confitures et des pâtes à tartiner maison et cuisiner des saveurs plus originales que «l’association un peu éculée du saumon et de l’avocat»: un nouveau défi qui la titille.
Goût de l’esthétisme
Petite, elle testait des recettes qu’elle faisait goûter à sa sœur, elle préparait le repas de Noël pour sa famille, elle regardait des émissions culinaires avec son grand-père. Alors que tout la prédestinait – l’envie, le talent et le soutien de sa famille – à embrasser le métier de cuisinière, c’est vers des études d’art et de design qu’elle se tourne. «Après l’école obligatoire, je me trouvais trop jeune pour commencer un apprentissage et assumer les horaires difficiles de la restauration.»
À 21 ans, elle change de voie et intègre les cuisines d’un chef sur la Côte. Son talent vite repéré – elle est lauréate du concours des meilleurs apprentis vaudois – et son caractère enjoué, matiné d’une bonne dose de culot, lui ouvrent les portes d’établissements renommés où elle poursuit sa formation : l’Hôtel de Ville de Crissier d’abord, puis le restaurant Anne-Sophie Pic au Beau-Rivage à Lausanne.
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Florence Kupferschmid-Enderlin
Curieuse, en quête perpétuelle de créativité et de nouveaux accords culinaires – son point fort –, Léa s’est intéressée aux plantes comestibles pour appendre à les reconnaître et à les intégrer dans sa cuisine afin de développer davantage son univers végétal. Comme la routine l’ennuie, elle change la carte végétarienne du restaurant chaque semaine, et se fait un malin plaisir de réussir à convaincre certains sceptiques que ne pas manger de viande, «ça va aussi!» Pour montrer que la cuisine végétarienne peut être gastronomique, la jeune cuisinière s’est lancé le défi de proposer une fois par saison un repas en plusieurs actes à base de plantes sauvages. «Contrairement aux coups de feu des midis, là je peux prendre plus de temps pour soigner le dressage.»
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Pro Natura
Coups de feu et conserves
Coups de feu après coups de feu, les midis qui s’enchaînent à Champ-Pittet entre mars et octobre ne lui laissent que peu de répit. Elle se réjouit presque de la fermeture du centre pour la période hivernale «car c’est le moment où je peux me poser, réfléchir, et surtout préparer des conserves et des pots de légumes lactofermentés pour compléter mon garde-manger.» C’est durant cette période-là aussi qu’elle consacre du temps à sa famille. Avec sa grand-mère notamment, elle parcourt les brocantes pour dénicher quelques pépites pour son restaurant. Plus d’assiettes, ni de tasses déjà vues à Champ-Pittet. «Je mets un point d’honneur à personnaliser le lieu, avec de la vaisselle qui a une âme, qui me donne encore plus de plaisir au moment du dressage, et qui je l’espère ravit aussi les convives», conclut Léa.
FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN est responsable de l’édition française du Magazine Pro Natura.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
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«Les intérêts environnementaux passent toujours en dernier»
Magazine Pro Natura: les questions environnementales sont souvent laissées pour compte au sein du Parlement.
Ursula Schneider Schüttel: oui, et c’est le bilan négatif de cette législature : la pression sur la nature est devenue très forte, notamment avec la volonté actuelle de développer intensément les énergies renouvelables.
Il faut donc faire contrepoids?
Absolument. Si nous n’étions pas là pour tirer la sonnette d’alarme, le sujet serait tout simplement mis de côté. C’est un combat permanent pour éviter le pire.
Dans son bilan de législature, l’Alliance-Environnement vous attribue la mention «100 % respectueux de l’environnement». Quelle note de 0 à 10 entre «hostile à la nature» et «respectueux de la nature» donnez-vous au Parlement?
Mmh. (Elle réfléchit). Il est assez peu respectueux de l’environnement. Si 0 correspond au moins respecteux, je donne un 3 ou un 4. Plutôt un 3. Les intérêts environnementaux passent toujours en dernier.
Vous avez évoqué la politique énergétique. Elle a été très présente lors de la dernière législature, avec les offensives en faveur du solaire et de l’énergie éolienne. Il est positif qu’on aille de l’avant avec les énergies renouvelables.
Tout à fait. Nous avons enfin réussi à repenser notre approvisionnement énergétique de manière à limiter les énergies fossiles et le CO2.
Alors où réside le problème?
Promouvoir des installations dans les vallées alpines les plus reculées a un impact très négatif sur la nature et le paysage. Nous ne pouvons pas construire d’énormes installations à Gondo ou à Grengiols sans savoir si d’autres endroits plus favorables existent, notamment là où une construction pourrait être plus rapide et facile, soit plus proche de l’endroit où l’électricité est nécessaire.
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Christian Flierl
- La présidente de Pro Natura Ursula Schneider Schüttel ne donne pas de bonnes notes au Parlement actuel en matière de politique environnementale.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
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Vous pensez à l’infrastructure existante?
Il suffit de traverser le Plateau en train pour voir tous les bâtiments sur lesquels on pourrait construire des installations solaires sans trop de difficultés. Bien sûr, l’argument selon lequel nous avons surtout besoin d’électricité en hiver alors que le Plateau se trouve sous le brouillard vient immédiatement à l’esprit. Mais pourquoi ne pas placer ces installations au moins dans des zones touristiques déjà construites? Je pense que nous devons assumer le fait que notre forte consommation d’électricité a un prix et le rendre visible.
L'écorating calcule dans quelle mesure les conseillères et conseillers nationaux votent de manière écologique. Voici le bilan des principaux partis à mi-parcours de la 51e législature.
Quel bilan tirez-vous de la «table ronde sur l’énergie hydraulique»?
Ce qui est positif, c’est que nous y avons participé en tant que principale organisation de protection de la nature en Suisse et qu’une sensibilisation des fournisseurs d’énergie a eu lieu. En outre, l’accord obtenu nous a permis d’aboutir à une solution plus ou moins acceptable pour la nature, par exemple au travers des mesures de compensation prévues. Avec notamment l’obligation de réexaminer les projets listés sous l’angle écologique. Il est important de bien évaluer quelles interventions sont admissibles pour satisfaire notre – trop – grande consommation d’énergie.
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Matthias Sorg
Dans la politique agricole aussi, les questions environnementales ont souvent de la peine à s’imposer. Qu’est-ce qui s’est bien ou mal passé?
Ce sont les points négatifs qui me viennent en premier à l’esprit. Sans doute parce qu’ils vont encore nous demander du travail. C’est toujours la même chose: quand nous effectuons une petite avancée, nous nous heurtons à une forte opposition. Un exemple: à peine décide-t-on qu’au moins 3,5% de surfaces de promotion de la biodiversité doivent être installées en grandes cultures que l’agriculture se plaint d’en faire déjà assez. Cette résistance est toujours là.
Etes-vous parfois désespérée?
Ça m’arrive. Je me dis alors qu’il y a beaucoup d’agricultrices et d’agriculteurs qui pensent et travaillent différemment. Celles et ceux qui cultivent selon les principes de l’agriculture biologique et qui se donnent tant de mal pour protéger la nature. Il faut distinguer les milieux politiques agricoles et les agriculteurs qui travaillent sur le terrain.
Les deux initiatives que Pro Natura a contribué à lancer – l’Initiative paysage et l’Initiative biodiversité – sont à l’agenda politique à la fin de la législature actuelle. En quoi sont-elles si importantes?
Il y a un immense besoin d’agir en matière de biodiversité par exemple. Nous ne nous sommes pas assez préoccupés de cette crise et nombreux sont celles et ceux qui n’ont toujours pas conscience de l’urgence de la situation. Ils ne réalisent pas que la biodiversité est la base de notre existence. L’initiative nous donne l’opportunité de modifier la base légale par le biais d’un contre-projet indirect et ainsi de pouvoir promouvoir la biodiversité.
Et l’Initiative paysage?
La deuxième étape de la révision de la loi sur l’aménagement du territoire est actuellement considérée comme un contre-projet indirect. Ce n’est pas une mauvaise chose, surtout si nous pouvons maintenir l’objectif de stabilisation. Le problème, c’est qu’il y a déjà tellement de dérogations et qu’il y en a toujours plus. Il manque une prise de conscience de l’importance de préserver les zones non constructibles.
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Claudio Büttler
Il y a beaucoup à faire en matière de politique environnementale. À quoi vous attèlerez-vous en premier au cours de la nouvelle législature?
Je vais garder la même ligne. La nature est ma priorité.
BETTINA EPPER, rédactrice du Magazine Pro Natura.