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Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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15.03.2018 Cours d'eau

Pro Natura s'oppose à l'augmentation des valeurs limites pour les pesticides

De nombreux cours d'eau suisses sont fortement pollués par des pesticides. Cela n'empêche pas le Conseil fédéral, dans sa révision de l'Ordonnance sur la protection des eaux, d'augmenter considérablement certaines valeurs limites pour les résidus de pesticides dans les eaux de surface. Il met ainsi en péril l'amélioration nécessaire de la qualité des eaux en Suisse.

L'eau claire de nos ruisseaux et de nos rivières cache souvent un cocktail de poisons. En 2017, l'Institut fédéral pour l'aménagement, l'épuration et la protection des eaux (EAWAG) a trouvé des résidus de 128 pesticides différents dans cinq petits cours d'eau. Dans 80 pour cent des échantillons, la limite actuelle de 0,1 microgramme par litre et par substance a été dépassée. "C'est préoccupant et même inacceptable pour Pro Natura", déclare Michael Casanova, chef de projet Protection des eaux et politique énergétique. Au lieu de s'attaquer à ces résultats inquiétants avec des mesures efficaces, le Conseil fédéral a adopté un plan d'action timide en septembre 2017. Ce plan prévoit que seulement la moitié des exigences légales existantes en matière de qualité de l'eau seront satisfaites d'ici 2027. De plus, le plan d'action ne prévoit ni la protection explicite de l'eau potable ni l'interdiction des pesticides les plus toxiques. 

Les valeurs limites pour la pollution des eaux de surface par les pesticides doivent maintenant être ajustées. Chaque matière active est évaluée individuellement en fonction de sa toxicité et de son effet. Les nouvelles valeurs découlent de ces analyses. "Cette approche n'est pas fausse en soi", relève Michael Casanova, "mais elle ne tient pas compte du principe de précaution et du problème de l'effet des mélanges de substances". Selon le projet du Conseil fédéral, la valeur limite des substances individuelles telles que le bentazone ou le glyphosate doit être multipliée par 4 700 ou 3 600 fois par rapport à la valeur actuelle de 0,1 microgramme par litre (nouvelles limites: 470 et 360 microgrammes par litre). Aucune valeur limite n'est en revanche prévue pour la contamination globale des cours d'eau. "C'est un signal totalement faux que d'accepter des niveaux aussi élevés de toxiques dans nos cours d'eau. Ces derniers sont des habitats précieux et, en fin de compte, la base de notre approvisionnement en eau potable. Le Conseil fédéral doit retravailler ces points", affirme Michael Casanova.

Dans sa réponse à la consultation, Pro Natura demande donc l'introduction d'une valeur limite cumulative pour la charge totale de pesticides. De même, la valeur limite générique de 0,1 microgramme par litre doit être maintenue conformément au principe de précaution et seuls des ajustements à la baisse des valeurs limites pour les substances individuelles doivent être effectués. En outre, les toxines les plus puissantes, qui ont déjà un effet toxique avéré sur les organismes aquatiques à une fraction de 0,1 microgramme par litre, doivent être interdites. 

Personne de contact:
Nicolas Wüthrich, responsable de l'information, 079 212 52 54, @email

14.02.2019 Eaux

Les centrales hydrauliques ne doivent pas être dispensées d'obligations

Une initiative parlementaire du conseiller national Albert Rösti demande que les centrales hydrauliques existantes ne soient plus tenues de compenser les atteintes qu’elles font subir aux milieux naturels dignes de protection. Pro Natura, Aqua Viva, le WWF Suisse, ASPO/BirdLife Suisse et la Fédération suisse de pêche sont résolument opposés à cette modification de la Loi sur les forces hydrauliques. Les ONG demandent que les exploitants des centrales hydrauliques s’acquittent enfin de leurs obligations en matière de protection de la nature et du paysage, donc une compensation des dégâts infligés aux écosystèmes.

L’utilisation de la force hydraulique nous procure de l’énergie, mais au prix d’une destruction des milieux naturels par l’assèchement, la modification des cours d’eau et les ouvrages barrant la route à de nombreux poissons migrateurs. De précieux biotopes tels que les zones alluviales et les étendues marécageuses sont bétonnés et disparaissent. Pour limiter ces dommages massifs à la nature et au paysage, plusieurs lois astreignent les exploitants à «compenser» les dégâts aux écosystèmes par des travaux de renaturation et à assurer des débits résiduels minimaux. Or, depuis des décennies, ces directives peinent à être mises en œuvre.

«Au lieu d’imposer des mesures exigibles depuis des années, il est aujourd’hui question d’exonérer encore davantage les exploitants des forces hydrauliques de leur responsabilité écologique», dit Antoine Eisenhut d’Aqua Viva. La modification de la loi proposée par le conseiller national Albert Rösti, président de l’Association pour l’aménagement des eaux, prévoit que lors du renouvellement des concessions, les mesures de compensation écologiques seront déterminées sur la base de l’état actuel des eaux, déjà abîmées par les aménagements. Cela revient à entériner les dommages à la nature et à les faire perdurer sans compensation adéquate, alors qu’il était bien précisé lors de l’octroi de la première concession qu’ils n’étaient tolérés que pour une durée limitée.

Pour Michael Casanova de Pro Natura, «une telle modification de la loi foulerait aux pieds le principe du pollueur-payeur consacré par le droit environnemental. Le mauvais état des eaux que nous constatons aujourd’hui serait érigé en norme pour les prochaines décennies». Les organisations de défense environnementale sont donc farouchement opposées à la révision de la loi. Julia Brändle du WWF Suisse est catégorique: «Si nous voulons enrayer l’appauvrissement dramatique de la biodiversité dans les milieux aquatiques et à leurs abords, il est indispensable que les centrales hydrauliques contribuent enfin à des mesures de revalorisation efficaces».
 

Pour en savoir plus

Contacts

  • Sarah Pearson Perret, secrétaire romande de Pro Natura et membre de la direction, tél. 079 688 72 24, @email
  • Antonia Eisenhut, directrice Aqua Viva, tél. 076 477 96 03, @email
  • Pierrette Rey, responsable de la communication pour la Suisse romande WWF, @email, tél. 021 966 73 75
  • Maxime Prevedello, bureau directeur de la Fédération suisse de pêche, 079 317 00 94, @email
  • François Turrian, directeur romand, ASPO/BirdLife Suisse, tél. 079 318 77 75, @email

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Communiqué aux médias de Pro Natura, AquaViva, le WWF Suisse, BirdLife Suisse et la Fédération suisse de pêche

Moesa
19.05.2025 Eaux

Pesticides: un revirement délétère

Au Parlement, la protection des eaux est remise en question à plusieurs niveaux. Or, les ruisseaux sont fortement chargés en pesticides et les produits de dégradation toxiques menacent depuis des années les nappes phréatiques et l’eau potable.

En 2021, la garantie d’une eau potable propre et l’interdiction des pesticides étaient au cœur de deux initiatives, balayées par le vote populaire. Le camp du non avait alors multiplié les promesses: une loi fédérale garantirait une réduction de 50% des risques liés à l’utilisation de pesticides d’ici à 2027. Des limites strictes seraient fixées pour les pesticides les plus dangereux et les autorisations seraient retirées en cas de dépassement répété de ces limites. 

Cependant, comme l’a révélé un reportage de l’émission Rundschau de la SRF en février dernier, le Parlement et l’administration s’emploient désormais à démanteler les acquis de ces dernières années, pourtant inscrits dans la loi.

Gürbetal Matthias Sorg

Toxiques, mais pas strictement contrôlés

Petit rappel des faits: afin de mieux protéger l’eau potable, mais aussi l’écologie aquatique, le Conseil fédéral a édicté en 2020 des valeurs limites spécifiques pour douze pesticides particulièrement problématiques, dont certaines sont bien inférieures au seuil général de 0,1 microgramme par litre. Onze de ces substances ont été inscrites sur la liste de contrôle de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Or comme l’a révélé Rundschau, quatre d’entre elles en ont été retirées sous la pression de l’Union suisse des paysans (USP). Parmi celles-ci figurent deux insecticides – la deltaméthrine et la lambda-cyhalothrine – très toxiques pour les organisms aquatiques, ainsi que l’herbicide flufénacet, perturbateur endocrinien avéré, interdit dans l’Union européenne depuis mars de cette année.

La liste complète des substances devrait être inscrite cet été dans la révision de l’ordonnance pour la protection des eaux, pour autant que le Conseil fédéral l’accepte. «S’il ne fixait pas de valeurs limites strictes pour ces substances, ce serait une violation manifeste de la loi sur la protection des eaux», alerte Hans Maurer, expert en droit de l’environnement.

Broye Matthias Sorg

Faciliter les interdictions

Parallèlement, certains parlementaires issus des milieux agricoles cherchent à compliquer davantage le retrait des autorisations depesticides. Aujourd’hui, la loi prévoit qu’un pesticide doit être réexaminé si la valeur limite est dépassée dans 10% des stations de mesure durant deux années sur cinq. Mais une motion du conseiller national Leo Müller (Le Centre, LU), membre du conseil d’administration de la coopérative agricole Fenaco, vise à élever encore ce seuil: pour qu’un contrôle puisse avoir lieu, le dépassement de la valeur limite devrait concerner 20 % des stations de mesure durant quatre années sur cinq.

Selon Leo Müller, cette motion soutiendrait l’agriculture qui manque de pesticides: de nombreux groupes de substances actives ont en effet été interdits ces dernières années et très peu de nouveaux produits ont été homologués. Faut-il rappeler que tous les retraits effectués en Suisse jusqu’ici concernent des substances qui ont été interdites dans l’UE? En recommandant d’accepter la motion Müller, comme il l’a fait en mars dernier, le Conseil fédéral fait cavalier seul.

Broye Matthias Sorg

Les eaux souterraines pas assez protégées

Le constat est également préoccupant en ce qui concerne les eaux souterraines. Depuis 1998, la loi impose la délimitation d’aires d’alimentation pour les captages d’eau potable contaminés par des polluants, pour lesquels l’exploitation doit être adaptée. Pourtant, malgré cette base légale et les nombreux dépassements des seuils de nitrates et des produits de dégradation des pesticides parmi les 18’000 captages d’eau souterraine, aucun canton n’a encore défini les mesures nécessaires. Seuls quelques accords isolés ont été conclus avec des agriculteurs, prévoyant une réduction de l’usage des intrants contre indemnisation. Une motion de l’ancien conseiller aux États Roberto Zanetti (socialiste, SO), adoptée par le Parlement en 2021, est pour l’heure restée lettre morte: elle demande que les cantons déterminent, d’ici à 2035, les aires d’alimentation de tous les captages d’eau souterraine d’intérêt régional.

Silberreiher Claudio Büttler

Aujourd’hui, près de 50% des captages en zones de grandes cultures sont donc excessivement pollués par les nitrates et 60% par les métabolites. L’acide trifluoroacétique (TFA) est particulièrement préoccupant. Il est soupçonné de nuire à la fertilité ou au développement des fœtus. L’OFEV considère pourtant ce produit de synthèse persistant comme le plus répandu dans les nappes phréatiques. On trouve des concentrations élevées de TFA dans les zones de grandes cultures où le fongicide flufénacet est utilisé.

Les produits de dégradation du fongicide chlorothalonil sont également très répandus dans les eaux souterraines du Plateau. Interdit depuis 2020 en raison de son classement comme substance «potentiellement cancérigène», le chlorothalonil laisse des résidus stables qui continueront probablement de polluer sols et nappes pendant des décennies. Près d’un million de ménages suisses boivent encore de l’eau potable contaminée, quatre ans après l’interdiction.

Des eaux fortement polluées
Des chercheurs de l’Eawag ont étudié l’impact du «Plan d’action produits phytosanitaires» sur la concentration de pesticides dans les cours d’eau adopté par le Conseil fédéral en 2017. Le nombre de sites respectant l’ensemble des valeurs limites n’a guère évolué entre 2019 et 2022. En 2022, les limites en matière de pesticides ont été dépassées sur 22 des 36 sites analysés, ce qui correspond à une proportion de 61%. Les ruisseaux de petite et moyenne taille étaient particulièrement touchés. Selon le rapport, l’objectif intermédiaire du plan d’action – réduire de moitié, d’ici à 2027, la longueur des tronçons de cours d’eau suisses où les valeurs limites de pesticides sont dépassées – ne pourra pas être atteint.

Eisvogel Claudio Büttler

Guérir plutôt que prévenir

Face à cette situation, de nombreux distributeurs d’eau doivent assumer des coûts importants. L’entreprise Seeländische Wasserversorgung SWG, par exemple, a dû fermer son captage d’eau potable de Worben il y a cinq ans à cause de la pollution de la nappe phréatique, et installe aujourd’hui une nouvelle station de filtrage.

Montant de l’opération: deux millions de francs, ainsi que 250’000 francs de frais d’exploitation annuels. «Nous envisageons une action en responsabilité», confie le directeur de SWG Roman Wiget, «non pas contre les agriculteurs, mais contre le service d’homologation de la Confédération». L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), responsable des homologations depuis 2022, renvoie à un récent rapport du Conseil fédéral sur la présence de chlorothalonil dans l’eau potable. Selon ce document, les distributeurs d’eau sont tenus de prendre des mesures d’assainissement et d’en supporter le coût.

Seeland Matthias Sorg

«On ne tire aucune leçon du passé», déplore Roman Wiget. Ce qui l’irrite particulièrement, c’est qu’un pesticide ne soit soumis à une interdiction que lorsque sa toxicité (effets nocifs) est avérée, en plus de critères comme sa persistance (il ne se dégrade que lentement) et sa mobilité (il se propage aisément). Or, de nombreux cas ont montré que la toxicité des substances actives et de leurs métabolites était systématiquement sous-estimée. «Cela a permis d’autoriser de nombreux pesticides dangereux qui, en raison de leur persistance et de leur mobilité, parviennent jusque dans les nappes phréatiques et contaminent désormais notre eau potable.» 

Roman Wiget ajoute qu’on ignore les effets combinés des différentes substances. «Les risques ne peuvent pas être correctement évalués ni maîtrisés. C’est pourquoi, comme fournisseurs d’eau,nous demandons depuis longtemps que la persistance et la mobilité suffisent à justifier une interdiction d’homologation. Cela permettrait enfin de respecter le principe de précaution inscrit dans la loi.»

NICOLAS GATTLEN, reporter pour le Magazine Pro Natura

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Ramsar-Feuchtgebiet und Pro Natura-Schutzgebiet Bolle di Magadino
21.07.2025 Eaux

La Suisse laisse ses zones humides s’assécher

La Suisse a inscrit une zone humide à la Convention de Ramsar pour la dernière fois en 2005. Ces vingt ans d’inaction ont eu des conséquences dramatiques pour les tourbières et zones humides indigènes, aujourd’hui dans un état déplorable. Fin juillet, la Conférence de l’ONU sur les sites Ramsar offre à notre pays l’occasion de rattraper enfin ce retard.

Début juillet, l’Institut fédéral de recherches WSL a publié une nouvelle étude sur l’état des biotopes d’importance nationale, les joyaux les plus précieux de la nature suisse. Pour les zones humides, le constat est alarmant: les hauts marais sont en voie d’assèchement et leur surface a diminué de l’équivalent de près de 100 terrains de football en quelques années. De même, la plupart des milieux alluviaux n’évoluent pas dans le bon sens. À l’heure de l’aggravation de la crise climatique, les zones humides sont pourtant des réservoirs d’eau et des puits de carbone indispensables à l’être humain et à la nature. Une étude récente du WSL  détaille l’importance des zones humides dans la stabilité des réseaux trophiques. 

De précieux milieux naturels toujours sans protection 

Entrée en vigueur en 1975, la Convention de Ramsar vise à protéger les principales zones humides de la planète. Un demi-siècle plus tard, la Suisse, château d’eau de l’Europe, n’a inscrit que 11 sites, le dernier il y a vingt ans. Une étude d’InfoSpecies parue en 2023 montre qu’il faudrait par exemple augmenter de 124% les surfaces de qualité pour préserver la biodiversité régionale des cours d’eau dynamiques. Il en va de même pour d’autres zones humides comme les plans d’eau, les roselières et les prés à litière.  

La Suisse peut encore rattraper son retard 

Lors de la Conférence de l’ONU sur les zones humides Ramsar prévue du 23 au 31 juillet au Zimbabwe, notre pays peut corriger au moins partiellement ces carences et rattraper l’énorme retard pris par rapport aux autres pays européens (Italie: 57 sites protégés, France: 55 sites, Allemagne: 34 sites, Autriche: 24 sites).  

Pro Natura s’engage en première ligne pour la protection des zones humides. Elle gère et entretient plusieurs sites Ramsar très importants, ou des parties de ceux-ci, notamment les Grangettes (VS, VD), les Bolle di Magadino (TI) ou le Kaltbrunner Riet (SG). Ces sites sont des modèles de protection et d’entretien efficace des zones humides et des lieux d’excursion appréciés des passionnés d’ornithologie et des familles. Pour la conservation de la biodiversité et de nos milieux aquatiques, la Suisse peut et doit absolument en créer davantage. 

Informations complémentaires: 

Contact: 

  • Leo Richard, responsable romand de l’information, tél. 079 378 37 11, @email   

Eaux

Les milieux aquatiques: une mosaïque riche en espèces

Stäubifall Unterschächen UR
Ils sont les artères vitales de notre paysage. Qu’ils soient grands ou petits, qu’il s’agisse de milieux humides ou de cours d’eau, les milieux aquatiques sont indispensables à notre biodiversité.

La Suisse était autrefois recouverte d’un réseau de cours d’eau et de zones humides. Ruisseaux, rivières, fleuves, prairies humides et marais émaillaient le paysage. Un paradis pour un grand nombre d’animaux et de plantes.

Les zones humides sont devenues rares

Durant les 200 dernières années, l’homme a asséché la majeure partie des milieux humides. Les cours d’eau ont été bétonnés et affectés à la production d’énergie. Aujourd’hui, les zones humides ne sont généralement plus que des sites isolés, perdus au milieu de zones intensément exploitées. Des cours d’eau canalisés ou rectifiés se retrouvent coincés au milieu d’agglomérations, de champs ou de prés. Beaucoup de petits ruisseaux circulent aujourd’hui dans des tuyaux souterrains, inaccessibles pour les animaux et les plantes hydrophiles. Les aménagements en dur sur les rivières empêchent la migration des poissons jusqu’à leurs zones de frai. Des milieux aquatiques vivants, que ce soit sur les rives ou dans l’eau, font défaut presque partout.

Un changement de cap s’est amorcé au cours de ces dernières années. On redonne à nouveau plus de place aux eaux dans nos paysages. Toutefois, le réseau suisse des zones humides et des cours d’eau est encore très lacunaire. Le castor, l’anguille ou le cincle plongeur manquent de milieux naturels appropriés tels que des rives riches en structures variées, des zones alluviales dynamiques ou des portions de rivières et de ruisseaux où l’eau peut s’écouler naturellement.

Des cours d’eau «sous tension»

Pro Natura s’engage pour des cours d’eau proches de la nature, qui abritent les plantes et les animaux les plus divers. Mais les fleuves, rivières et ruisseaux n’ont pas cessé de susciter les convoitises et leurs écosystèmes sont toujours menacés par de nouveaux projets de construction, en particulier par les projets d’installations hydroélectriques. Aujourd’hui, pratiquement chaque goutte d’eau qui coule en Suisse passe plusieurs fois dans une turbine. Les derniers cours d’eau intacts seront-ils épargnés?

Les eaux ont besoin de notre aide

Pro Natura s’engage pour que les eaux reçoivent la place dont elles ont besoin. Nous réalisons des projets de revalorisation et nous agissons sur le plan politique en faveur des différents organismes vivant dans les milieux humides et aquatiques. Donner plus d’espace aux rivières et aux fleuves sert aussi à la protection contre les crues. Plus de place pour les eaux, cela signifie également réduire les pics de crues et donc les dommages potentiels dans les secteurs situés en aval. 

Les sources, des milieux naturels uniques

Avez-vous déjà bu de l’eau jaillissant librement d’une source? L’eau de source est fraîche, pauvre en oxygène et en nutriments et désaltérante. Des animaux très spécialisés vivent dans les eaux de source. Outre des trichoptères, des escargots, des turbellariés et d’autres petits animaux, on y trouve souvent des larves de salamandre tachetée. En exploitant et en captant l’eau des sources, on détruit un habitat naturel précieux. 
 

Twannbach
Ressources pédagogiques pour vous

Projets pour des eaux vivantes

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Les larves de l’œdipode turquoise sortent bientôt des œufs.
20.04.2023 Animal de l’année

Les œdipodes turquoise vont éclore

Les œufs de l’œdipode turquoise, Animal de l’année de Pro Natura, dorment dans la terre depuis l’été dernier. C’est sous cette forme que la nouvelle génération a survécu à l’hiver, quand les insectes adultes ont succombé au gel. L’éclosion a lieu entre avril et juin. C’est le moment d’observer et de déterminer l’espèce à l’aide d’un nouveau journal de terrain adapté.

À la fin de l’été, la femelle de l’œdipode turquoise dépose environ 120 œufs dans le sol. Elle ne verra pas naître sa progéniture. Alors que la génération à venir passe l’hiver au stade de l’œuf, les parents meurent dès les premières gelées d’automne. Les nymphes éclosent entre avril et mai de l’année suivante. Mesurant à peine quelques millimètres, ce sont des versions miniatures des insectes adultes, moins les ailes azurées qui donnent son nom à l’espèce. Avant leur apparition, les femelles connaîtront quatre mues et les mâles cinq, la couleur de base de leur livrée s’adaptant à celle de leur environnement.

Le monde menacé des insectes

«Comme l’œdipode turquoise, beaucoup d’insectes reprennent vie au printemps. C’est le moment idéal pour les observer», explique Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande. Rappelons que 60 % des espèces animales de la planète sont des insectes – et que 60 % des insectes suisses sont menacés. Ils jouent un rôle capital dans les cycles naturels comme la pollinisation ou la transformation des matériaux morts. Quand les insectes sont en danger, les conditions essentielles à notre vie sur Terre le sont aussi. 

Observer, déterminer, promouvoir

Dans le cadre d’une sortie scolaire, en famille ou en solo, il est passionnant d’observer les insectes dans leurs habitats naturels. Notre Animal de l’année se rencontre sur des sols arides et ensoleillés comme les bancs de graviers et les terrains en friche, en bordure des voies ferrées et des zones industrielles, de préférence en Valais, au Tessin et le long du versant sud du Jura.

Pour mieux comprendre le monde des insectes qui nous entourent, Pro Natura a édité des guides de poche et des informations permettant d’identifier les espèces, ainsi qu’un journal de terrain. «Ce dernier montre aussi comment aménager balcons, jardins et préaux pour que les insectes s’y sentent mieux, ajoute Delphine Seydoux, afin que la prochaine génération puisse éclore au printemps prochain.» 

Informations complémentaires: 

Contacts: 

  • Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande, tél. 079 357 27 99, @email 
  • Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email  

 

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Pressefoto gemulchte Alpenfläche
02.05.2023 Alpen

Mulchregelung bedroht Biodiversität im Alpenraum

In ihrer Vernehmlassungsantwort zum Landwirtschaftspaket 2023 kritisiert Pro Natura die vorgeschlagene Mulchregelung im Sömmerungsgebiet. Die Entbuschungs- und Weidepflegetechnik mit brachialen Maschinen hinterlässt massive Spuren in der Landschaft und bedroht die bereits gefährdete Insektenwelt. Um die Herausforderungen im Alpenraum zu bewältigen, braucht es regionale Alpkonzepte anstatt schweren Maschineneinsatz mit hohem administrativem Aufwand.

Mit einem Grossteil der Anpassungen im neuen Landwirtschaftspaket 2023 zeigt sich Pro Natura einverstanden. Aber: «Die vorgeschlagene Regelung für das Mulchen im Sömmerungsgebiet ist ein Rückschritt für die akut bedrohte Biodiversität und muss zurückgewiesen werden», betont Marcel Liner, Experte für Agrarpolitik bei Pro Natura.

Fehlende wissenschaftliche Grundlagen

Moderne Mulchgeräte sehen aus wie überdimensionierte Rasenmäher oder sind an Traktoren befestigt. In den sensiblen und bisher wenig beeinflussten Naturgebieten der Alpen hinterlassen sie entsprechende Verwüstung. Fotos von gemulchten Flächen im Alpenraum zeigen, welche drastischen Folgen ein grossflächiger und unsachgemässer Einsatz haben kann: aufgerissener Boden und verhäckselte Zwergsträucher auf den sonst naturnahen Alpflächen. «Das ist nicht nur unschön anzusehen und negativ für den Tourismus, sondern schädigt auch Biodiversität und Boden», kritisiert Liner. Wissenschaftliche Untersuchungen zu den Auswirkungen beispielsweise auf die stark bedrohte Insektenwelt im Alpenraum fehlten im Vorschlag des Bundesamts für Landwirtschaft (BLW). 

Mehr administrativer Aufwand

«Mit dem unausgereiften Vorschlag zum Mulchen im Sömmerungsgebiet hat das BLW dem Druck einiger weniger Kantone nachgegeben», bedauert Liner. Dabei ist die Unterscheidung zwischen Weidepflege und Entbuschung, wie sie die Vorlage vorsieht, in der Praxis kaum umsetzbar und wird den administrativen Aufwand für die Kantone weiter erhöhen.
Auch Pro Natura ist der Ansicht, dass Weiden vor Verbuschung und Vergandung geschützt werden müssen. «Das sieht die bestehende Direktzahlungsverordnung schon jetzt so vor. Doch der Trend hin zu immer weniger und immer grösseren Landwirtschaftsbetrieben führt zu laufend weniger Arbeitskräften, weniger Biodiversität und zu einem Rückgang von Ziegen und alptauglichen Rindern», so der Experte. 

Es braucht regionale Alpkonzepte

Die übergeordneten Herausforderungen der Alpwirtschaft werden allein mit mehr Maschineneinsatz nicht gelöst. Dafür sind regionale Alpkonzepte notwendig, die aufzeigen welche Alpen in den kommenden Jahrzehnten überhaupt weiterhin bestossen werden können, wo genügend Tiere vorhanden sind und wo eine Bewirtschaftung besser aufgegeben werden muss. Darum weist Pro Natura die neue Mulchregelung des BLW zurück. Agrarexperte Liner bekräftigt: «Zuerst braucht es eine grundsätzliche Diskussion über eine Alpwirtschaft mit Zukunft.»

Weitere Informationen:

Kontakt:

  • Marcel Liner, Leiter Landwirtschaftspolitik, @email, 061 317 92 40
  • Nathalie Rutz, Medienverantwortliche, @email, 079 826 69 47
     

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Medienmitteilung zur Vernehmlassungsantwort zum Landwirtschaftspaket 2023

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Pressefoto gemulchte Alpenfläche
Biberdamm bei Buchrain

Der Biber — Land­schafts­gestal­ter und Klimahelfer

BLN Greina – Piz Medel GR, Copyright Jan Guerke
26.01.2023 Energie

Ausbau der Erneuerbaren: UREK-N sagt Ja zum Biotopschutz - doch der Kompromiss braucht noch Verbesserungen

Die Umweltallianz begrüsst, dass die UREK-N den Schutz bestehender Biotope von nationaler Bedeutung aufrechterhält und den Ausbau der Solarenergie auf Infrastrukturen vorantreibt. Sie zeigt sich jedoch besorgt über den geplanten Freipass für Windkraftanlagen in Waldgebieten und erinnert daran, dass die Bewilligung von Wasserkraftprojekten nicht von den bestehenden Verfahren ausgenommen werden darf.

Die UREK-N stellt sich hinter die wertvollsten Naturgebiete in der Schweiz, was die Umweltallianz begrüsst. Die Biotope von nationaler Bedeutung umfassen Moore, Auen, Trockenwiesen und Amphibienlaichgebiete und machen nur gerade 2 Prozent unserer Landesfläche aus, beherbergen aber ein Drittel aller bedrohten Tier- und Pflanzenarten. So speichern sie beispielsweise auch CO2 und schützen uns vor Dürren und Überschwemmungen. Dieses Herz der Natur ist im Kampf gegen die Klima- und Biodiversitätskrise besonders wichtig.

Zugleich relativiert die Kommission aber den Schutz für Gletschervorfelder und alpine Schwemmebenen, die mit dem Rückzug der Gletscher nationale Bedeutung erreichen könnten. Dies ist aus wissenschaftlicher Sicht unnötig und bedauerlich, denn viele dieser Pionierstandorte sind sehr selten und somit für den Erhalt der Biodiversität der Alpen zentral. Für eine sichere Winterstromversorgung ist es nicht notwendig, diese Gebiete zu nutzen. 

Für die Winterstromversorgung will die UREK-N auf die 15 Projekte des Runden Tisches Wasserkraft setzen. Die Umweltverbände betonen, dass die geltenden Verfahren dazu eingehalten und die am Runden Tisch zugesagten Schutz- und Ausgleichsmassnahmen ebenfalls angewendet werden müssen.

Die erweiterte Pflicht für Solarenergie auf Neubauten und Infrastrukturbauten geht in die richtige Richtung. Der Solarausbau sollte prioritär auf bestehender Infrastruktur stattfinden. Sehr kritisch sehen die Umweltorganisationen die Standortgebundenheit der Windanlagen im Wald, da die Biodiversität im Wald wesentlich höher ist als im Kulturland.

Aktion «Retten wir das Herz der Schweizer Natur»

Diverse Verbände appellieren gemeinsam an die Politik, am Schutz der Biotope von nationaler Bedeutung festzuhalten. Ohne Biotopschutz könnten unersetzbare Lebensräume verbaut und für immer zerstört werden. Dazu gehören z.B. die wilde Natur in der Greina, im Val Roseg, in Zinal oder im Maderanertal. 

Weitere Informationen:

Kontakt:

  • Pro Natura: Michael Casanova, Projektleiter Energie-, Gewässerschutz- und Klimapolitik, 061 317 92 29, @email
  • WWF Schweiz: Christoph Kinsperger, Kommunikationsberater, 078 749 88 14, @email
  • Bird Life Schweiz: Raffael Ayé, Geschäftsführer, 076 308 66 84, @email
  • Greenpeace Schweiz: Georg Klingler, Energie- und Klimaexperte, 079 785 07 38, @email

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Gemeinsame Medienmitteilung von WWF Schweiz, BirdLife Schweiz, Greenpeace Schweiz und Pro Natura

BLN Greina – Piz Medel GR © Jan Gürke

BLN Greina – Piz Medel GR, Copyright Jan Guerke
26.01.2023

Développement des énergies renouvelables: la CEATE-N dit oui à la protection des biotopes, mais le compromis doit encore être amélioré

L’Alliance-Environnement salue le fait que la CEATE-N maintient la protection des biotopes d’importance nationale et encourage le développement de l'énergie solaire sur les infrastructures existantes. Elle s'inquiète toutefois du développement des éoliennes dans les zones forestières et rappelle que les autorisations pour les projets hydroélectriques ne doivent pas être exemptées des procédures existantes.

La CEATE-N soutient la protection des zones naturelles les plus précieuses de Suisse, ce que salue l’Alliance-Environnement. Ces marais, zones alluviales, prairies sèches et sites de reproduction des amphibiens représentent à peine 2% de notre territoire, mais abritent un tiers des espèces animales et végétales menacées. Elles sont particulièrement importantes dans la lutte contre le réchauffement climatique et la crise de la biodiversité. Elles stockent le CO2 et nous protègent des sécheresses et des inondations. 

Toutefois, la commission réduit la protection pour les nouvelles marges proglaciaires et les plaines alluviales alpines, qui pourraient devenir d’importance nationale avec le recul des glaciers. D'un point de vue scientifique, c'est inutile et regrettable. En effet, nombre de ces sites pionniers sont rares et essentiels pour la préservation de la biodiversité alpine. Il est inutile de les utiliser pour assurer l’approvisionnement électrique en hiver. 

Pour l'approvisionnement en électricité en hiver, la CEATE-N veut s’appuyer sur les 15 projets reconnus par la table ronde consacrée à l’énergie hydraulique. Les organisations membres de l’Alliance-Environnement insistent pour que les procédures en vigueur soient respectées et que les mesures promises lors de la table ronde soient appliquées. 

L'obligation d'utiliser l'énergie solaire pour les nouveaux bâtiments va dans la bonne direction. Le développement de l'énergie solaire doit se faire en priorité sur les infrastructures existantes. Enfin, les membres de l’Alliance-Environnement sont très critiques à l'égard de l’implantation des éoliennes en forêt, car la biodiversité y est nettement plus élevée que sur les terres cultivées.

Action «Sauvons le cœur de la nature suisse»

Diverses organisations environnementales lancent un appel commun aux autorités politiques pour qu'elles maintiennent la protection des biotopes d'importance nationale. Sans protection des biotopes, des habitats irremplaçables pourraient être exploités et irrémédiablement détruits. La nature sauvage de la Greina, du Val Roseg, de Zinal ou du Maderanertal en font partie.

Plus d'informations:

Réussir la transition énergétique : energiewende2035.umweltallianz.ch/fr  
Préserver les biotopes d'importance nationale : protectionbiotopes.ch

Contact:

  • Pro Natura: Sarah Pearson Perret, secrétaire romande, 079 688 72 24, @email
  • WWF Suisse: Cédric Jacot-Guillardmod, porte-parole, 079 445 87 89, @email
  • BirdLife Suisse: François Turrian, directeur romand, 079 318 77 75, @email
  • Greenpeace Suisse: Mathias Schlegel, porte-parole, 079 794 61 23, @email 

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Communiqué commun de WWF Suisse, BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse et Pro Natura

BLN Greina – Piz Medel GR © Jan Gürke

Paarungszeit bei den Fröschen, Copyright Sandra Schweizer
06.02.2023 Amphibien

Die Klimakrise macht den Amphibien zu schaffen

Wenn nachts die ersten Regentropfen fallen und das Thermometer über vier Grad anzeigt, beginnt die grosse Wanderung: Millionen Frösche, Kröten und Molche machen sich auf den Weg zu ihren Fortpflanzungsgewässern. Gefahr droht ihnen vom Strassenverkehr, aber auch von der Klimakrise.

Jedes Jahr wandern schweizweit Millionen geschlechtsreife Frösche, Kröten und Molche von ihren Überwinterungsquartieren im Wald zu den Laichgewässern, in denen sie geboren wurden. Ihre innere Uhr weckt die Tiere aus der Winterstarre und signalisiert, dass es Paarungszeit ist. Sobald die Nächte warm und die Witterung nass genug sind, starten sie ihre gefährliche Hochzeitsreise. Im Schnitt dauert diese im Mittelland von Mitte Februar bis Ende März. 

Klimaerhitzung stört den Ablauf

Weil die Wanderrouten von unzähligen Strassen durchschnitten werden, wartet dabei auf tausende Tiere der Tod. Dank Kleintierunterführungen und dem  Einsatz zahlreicher Freiwilliger kann das mittlerweile vielerorts verhindert werden. In den letzten Jahren war denn der Verkehr auch nicht mehr die einzige Gefahr für die Amphibienwanderung. 
«Die Klimaerhitzung bringt den Ablauf der Wanderung immer öfter durcheinander», erklärt Urs Tester von Pro Natura: «Die lange Trockenheit im Februar und März letztes Jahr führte dazu, dass sich nur wenige Grasfrösche und Erdkröten auf die Reise machten. Kurz nach Beginn der Fortpflanzungszeit gab es ausserdem nochmals Frostnächte, die den Grasfroschlaich absterben liessen.»

Amphibien leiden auch unter Biodiversitätskrise

Tester betont, dass sich die Populationen von einzelnen Ereignissen dieser Art erholen können. «Treten sie aufgrund der Klimakrise jedoch gehäuft auf, kann das ganze Bestände auslöschen». Fehlen diese Tiere in Zukunft, verlieren wir wichtige Bindeglieder in der Nahrungskette: Sie fressen Mücken, Fliegen und andere Insekten und sind selbst wichtige Beutetiere für Vögel und Reptilien. Schon jetzt sind die Amphibien, eine der am stärksten von der Biodiversitätskrise betroffenen Tierarten. Durch den grossen Schwund von Feuchtgebieten sind drei Viertel der 20 einheimischen Amphibienarten gefährdet. Umso wichtiger ist es, ihren Fortpflanzungserfolg mit effektiven Massnahmen gegen die Klima- und Biodiversitätskrise zu sichern. Mit dem Anlegen zahlreicher Tümpel und Teiche leistet Pro Natura hier einen konkreten Beitrag, der Wirkung zeigt, wie eine Studie der WSL und Eawag belegt.


Weitere Informationen:


Kontakt:

  • Urs Tester, Leiter Abteilung Biotope und Arten Pro Natura, Tel.  061 317 91 36, @email  
  • Pro Natura Medienstelle: Tel. 079 826 69 47, @email 

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Headerbild © Sandra Schweizer

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La saison des amours chez les grenouilles, Copyright Sandra Schweizer
06.02.2023 Amphibiens

Les amphibiens souffrent de la crise du climat

Lorsqu’il pleut la nuit et que le mercure s’élève au-dessus de quatre degrés, le signal de la grande migration est donné: des millions de grenouilles, crapauds et tritons se mettent en route pour gagner leurs sites de reproduction. Déjà victimes de la circulation routière, ils sont aujourd’hui menacés par la crise climatique.

Chaque année, dans toute la Suisse, des millions de grenouilles, crapauds et tritons quittent leurs quartiers d’hiver dans la forêt pour gagner les frayères où ils sont nés. Leur horloge interne les tire de leur hibernation et leur signale que la période de reproduction a commencé. Dès que les nuits se réchauffent et que la météo est suffisamment humide, les amphibiens entreprennent leur périlleux voyage de noces. Il s’étend généralement de mi-février à mi-mars sur le Plateau.

Le réchauffement perturbe le processus

Les itinéraires de migration traversent d’innombrables routes où la mort guette des milliers d’animaux. Ce sort peut aujourd’hui leur être évité en beaucoup d’endroits grâce à l’aménagement de passages à amphibiens et à l’engagement de nombreux bénévoles. Mais depuis quelques années, la circulation routière n’est du reste plus le seul danger que doivent affronter les amphibiens lors de leur périple.
«Le réchauffement climatique perturbe de plus en plus souvent le déroulement de la migration», explique René Amstutz, de Pro Natura: «L’an dernier, à cause de la longue sécheresse en février et mars, seul un petit nombre de grenouilles rousses et de crapauds se sont mis en route. La saison de reproduction avait à peine commencé que le retour des gelées nocturnes a fait mourir les œufs des grenouilles rousses». 

Les amphibiens souffrent aussi de la crise de la biodiversité

René Amstutz précise que les populations sont capables de se rétablir après de tels  événements, pour peu qu’ils restent isolés. «Mais si la crise climatique les amène à se produire trop souvent, tout l'effectif peut s'effondrer.» Sans ces animaux, nous perdrions des maillons importants de la chaîne alimentaire. Ils se nourrissent de moustiques, mouches et autres insectes, tout en constituant eux-mêmes une proie de choix pour les oiseaux et les reptiles. Les amphibiens comptent déjà parmi les espèces les plus durement affectées par la crise de la biodiversité. La raréfaction des zones humides met en danger trois quarts des espèces d’amphibiens indigènes. Il est d’autant plus important d’assurer le succès de leur reproduction par des mesures efficaces contre la crise du climat et de la biodiversité. Pro Natura y travaille concrètement en aménageant de nombreuses mares et étangs, une contribution qui porte ses fruits, comme le prouve une étude du WSL et de l’Eawag.

Informations complémentaires:

Contacts:

  • René Amstutz, chef de projet Réserves naturelles & espèces, tél. 061 317 91 34, @email 
  • Service médias Pro Natura: Nicolas Wüthrich, tél. 079 212 52 54, @email

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Getreidefeld, Copyright Matthias Sorg
31.01.2023 Umweltpolitik

Umwelt-, Konsumenten- und Gesundheitsverbände warnen vor mehr Intransparenz bei der Pestizid-Zulassung

Eine Mehrheit der nationalrätlichen Wirtschaftskommission hat heute dem Druck der Agrochemiekonzerne nachgegeben und das Parteistellungsrecht der Umweltorganisationen bei der Pestizid-Zulassung eingeschränkt. Dies widerspricht dem Entscheid des Bundesgerichts und den Vorgaben des Natur- und Heimatschutzgesetzes.

Seit einem Bundesgerichtsentscheid im Jahr 2018 haben die Umweltorganisationen ein Parteistellungsrecht bei der Zulassung von Pestiziden. Durch dieses Urteil erhielten Umweltorganisationen Zugang zu den Dokumenten, die als Grundlage für die Zulassung eines Pestizids dienen und die bis dahin nur der Verwaltung und den Agrochemiekonzerne zugänglich waren. Das Urteil hat dadurch nicht nur die Transparenz des Zulassungsverfahrens erhöht, sondern auch dessen Glaubwürdigkeit massiv verstärkt.

Eine Stimme für die Natur und Gesundheit

Zusammen mit dem Parteistellungsrecht kommt ein Beschwerderecht, das dazu dient, zu überprüfen, ob die Interessenabwägung zwischen Schutz und Nutzung in Übereinstimmung mit der Umwelt- und Gesundheitsschutzgesetzgebung vorgenommen wurde. Denn die Natur und die öffentliche Gesundheit haben keine Stimme. Sie braucht eine Anwältin im Zulassungsprozess - eine Aufgabe, welche die Umweltorganisationen, nicht zuletzt auch im Namen der öffentlichen Gesundheit, übernehmen. Wer nun das Parteistellungsrecht der Umweltorganisationen schwächen will, will Stoffe und Produkte zulassen, die gemäss Umweltrecht und aus Sicht des Konsumentenschutzes und der öffentlichen Gesundheit nicht zugelassen werden dürften.

Behauptet wird, dass das Zulassungsverfahren wegen der Verbandsbeschwerde verlangsamt wurde. Die Möglichkeit der Umweltorganisationen zur Parteistellung führt jedoch nicht zu einer Flut an Beschwerden. Seit dem Bundesgerichtsentscheid von 2018 haben die Umweltorganisationen lediglich in zwei Fällen Beschwerde geführt. Dies entspricht weniger als 0.1 Prozent der 700 derzeit hängigen Dossiers. Nach Angaben des BLV sind heute neun Beschwerden der Agrochemiekonzerne und nur eine von Umweltschutzorganisationen hängig!

Unabhängiges Audit empfiehlt mehr statt weniger Transparenz

Ende 2019 zeigte ein von der Bundesverwaltung an die KPMG AG beauftragtes Audit auf, wo die wirklichen Mängel des Zulassungsverfahrens liegen. Die Hauptgründe für den verlangsamten Prozess sind die Flut an Gesuchen aus den Unternehmen der Agrochemie, welche die viel zu tiefen Gebühren (Kostendeckungsgrad von 2%) ausnutzt sowie die oft unvollständig eingereichten Dossiers und die mangelnden personellen Ressourcen der Behörde, um diese Flut an Gesuchen überhaupt zu bewältigen.
Der Bericht von KMPG enthält zehn Handlungsempfehlungen. Unter anderem empfiehlt er, dass die Zulassungsentscheide zugänglich gemacht werden und dass die Verbände besser integriert werden. Eine Schwächung der Parteistellungsrecht für die Umweltorganisationen geht genau in die entgegengesetzte Richtung.

Agrochemie profitiert von der Intransparenz

Die überwiegende Mehrheit der KMPG-Handlungsempfehlungen wurden bislang nicht umgesetzt. Die Agrochemie arbeitet daran, dies zu verhindern, da sie von der Intransparenz des Systems profitiert. Doch je undurchsichtiger das System ist, desto wichtiger ist das Verbandsbeschwerderecht. Denn Pestizide haben massive Auswirkungen auf die Natur, das Trinkwasser und die menschliche Gesundheit (vgl. dazu das Faktenblatt von SCNAT-Factsheet). Es ist zwingend notwendig, dass ihre Zulassung transparent und im Einklang mit dem Umweltrecht erfolgt.

Die Verbände appellieren an den Nationalrat den Entscheid seiner Kommission zu korrigieren und fordern die Umsetzung des KPMG-Berichts für mehr Transparenz und Sicherheit. Nur so kann das System verbessert und die Natur und Gesundheit auch wirklich geschützt werden.

Kontakt:

  • Pro Natura: Marcel Liner, Verantwortlicher Agrarpolitik, 061 317 92 40, @email
  • WWF Schweiz: Jonas Schmid, Kommunikationsbeauftragter, @email, 079 241 60 57
  • BirdLife Schweiz: Patrik Peyer, Projektleiter Landwirtschaft, 044 457 70 26, @email
  • Greenpeace Schweiz: Alexandra Gavilano, Projektleiterin Nachhaltiges Ernährungssystem, 044 447 41 38, @email

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Getreidefeld © Matthias Sorg

Gemeinsame Medienmitteilung von WWF Schweiz, Greenpeace Schweiz, BirdLife Schweiz, SFV, AefU, Allianz Gesunde Schweiz, Public Health, Dachverband Schweizerischer Patient*innenstellen, Landwirtschaft mit Zukunft, Biene Schweiz, Future 3, Arbeitsgemeinschaft Wasserwerke Bodensee-Rhein

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SCNAT-Factsheet zu Pestiziden
Champ de céréales, Copyright Matthias Sorg
31.01.2023 Politique environnementale

Les ONG mettent en garde contre un manque de transparence accru dans la procédure d’autorisation des pesticides

Une majorité de la Commission de l’économie et des redevances du Conseil national a cédé aujourd’hui à la pression des groupes agrochimiques et a limité le droit des organisations de défense de l’environnement d’être partie dans la procédure d’autorisation des pesticides. Cette décision va à l’encontre de la décision du Tribunal fédéral et des prescriptions de la loi sur la protection de la nature et du paysage.

En 2018, le Tribunal fédéral a rendu un arrêt qui accorde aux organisations environnementales le droit d’être partie dans la procédure d’homologation des pesticides. Depuis cette décision, ces organisations ont donc accès aux documents qui servent de base à l’autorisation d’un pesticide et qui n’étaient jusqu’alors accessibles qu’à l’administration et aux groupes agrochimiques. Cette décision a ainsi augmenté la transparence de la procédure d’homologation, et ainsi sa crédibilité.

Une voix pour la nature et la santé

Outre le droit d’être partie à la procédure, il existe un droit de recours qui sert à vérifier si la pesée des intérêts entre protection et utilisation a été effectuée conformément à la législation sur la protection de l’environnement et de la santé. Car la nature et la santé publique n’ont pas de voix. Elles ont besoin d’un avocat dans le processus d’autorisation, une tâche assumée par les organisations environnementales, également au nom de la santé publique. Celles et ceux qui veulent affaiblir le droit de ces dernières à être partie à la procédure d’homologation veulent ainsi voir autoriser des substances et des produits qui, selon le droit de l’environnement et du point de vue de la protection des consommateurs et de la santé publique, ne devraient pas l’être.

L’argument avancé par les opposants au droit de recours des associations est qu’il ralentit la procédure d’autorisation. Pourtant, la possibilité qu’ont les organisations environnementales d’être partie à la procédure ne provoque pas une avalanche de recours. Depuis l’arrêt du Tribunal fédéral de 2018, les associations concernées n’ont fait recours que dans deux cas, soit moins de 0,1% des 700 dossiers en cours actuellement. Selon les indications de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, 9 recours de groupes agrochimiques doivent actuellement être traités, contre seulement un des organisations environnementales !

Un audit indépendant recommande plus de transparence

Fin 2019, un audit confié par l’administration fédérale à KPMG SA  a montré où se situaient les véritables lacunes de la procédure d’autorisation. Les principales raisons du ralentissement du processus sont l’afflux de demandes émanant des entreprises de l’agrochimie, qui profitent des émoluments beaucoup trop bas (taux de couverture des coûts de 2%), les dossiers souvent incomplets et le manque de ressources en personnel des autorités pour faire face à l’afflux de demandes d’autorisation.

Le rapport de KMPG contient dix recommandations d’action. Il préconise entre autres que les décisions d’autorisation doivent être accessibles et les associations mieux intégrées à la procédure. Un affaiblissement du droit d’être partie des organisations environnementales va exactement dans la direction opposée.

L’agrochimie profite du manque de transparence

La grande majorité des recommandations d’action de KMPG n’a pas encore été mise en œuvre. L’industrie agrochimique travaille à éviter qu’elles le soient, puisqu’elle profite de l’opacité du système. Mais plus celui-ci est opaque et plus le droit de recours des associations est important. En effet, les pesticides ont un impact massif sur la nature, l’eau potable et la santé (voir à ce sujet la fiche d’information de SCNAT) . Il est impératif que leur autorisation soit transparente et conforme à la législation environnementale.

Les organisations signataires appellent le Conseil national à corriger la décision de sa commission et demandent la mise en œuvre du rapport de KPMG pour plus de transparence et de sécurité. C'est la seule façon d'améliorer le système et de protéger réellement la nature et la santé.

Contacts:

  • Pro Natura: Nicolas Wüthrich, responsable de l’information, Pro Natura, @email, 079 212 52 54
  • WWF Suisse: Cédric Jacot-Guillarmod, Porte-parole WWF Romandie, @email, 079 445 87 79
  • BirdLife Suisse: Patrik Peyer, Chef de projet agriculture, BirdLife Schweiz, @email, 044 457 70 26
  • Greenpeace Suisse: Alexandra Gavilano, Chef de projet Système alimentaire durable, @email, 044 447 41 38 

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Champ de céréales © Matthias Sorg

Communiqué de presse commun de WWF Suisse, Greenpeace Suisse, BirdLife Suisse, SFV, AefU, Allianz Gesunde Schweiz, Public Health, Dachverband Schweizerischer Patient*innenstellen, Landwirtschaft mit Zukunft, Biene Schweiz, Future 3, Arbeitsgemeinschaft Wasserwerke Bodensee-Rhein

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SCNAT-Factsheet zu Pestiziden
Grimsel
08.12.2025 Eaux

Accord entre le canton, KWO et des associations sur de grands projets de développement hydroélectrique

Dans le cadre d’un dialogue constructif, le canton de Berne, la société Kraftwerke Oberhasli AG (KWO) et des associations se sont entendus sur un large ensemble de mesures de compensation supplémentaires pour protéger la biodiversité et le paysage dans le cadre des projets de développement des capacités d’accumulation de KWO. Les conditions sont ainsi réunies pour la réalisation des projets de Trift et d’agrandissement du lac de retenue du Grimsel. L’accord constitue en outre la pierre angulaire du troisième projet, moins avancé, d’agrandissement du lac de retenue de l’Oberaar. Toutes les parties prenantes accueillent avec satisfaction le résultat de ce dialogue inédit. L’accord donne la priorité à la production hivernale d’électricité, un aspect particulièrement important, tout en optimisant la protection de la nature et du paysage.

Le canton de Berne, KWO et les associations participantes se sont entendus sur un ensemble de mesures. Il s’agit notamment du renoncement du canton à exploiter la force hydraulique sur plusieurs cours d’eau ou tronçons de cours d’eau, de contributions financières de KWO au démantèlement d’ouvrages de captage sur la Simme et l’Emme, de restrictions de construction et d’exploitation dans trois marges proglaciaires et de la création d’une fondation financée par KWO pour assurer l’entretien à long terme d’autres mesures de revalorisation et de revitalisation de la nature.

Grâce à l’aboutissement des négociations, des exigences supplémentaires prévues dans la Déclaration commune de la table ronde consacrée à l’énergie hydraulique, adoptée en 2021, et dans la loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, en vigueur depuis janvier 2025, peuvent être mises en œuvre pour de grands projets de centrales hydroélectriques à accumulation. Les accords qui en résultent sont inédits. Un dialogue constructif entre les autorités, les associations environnementales et les producteurs d’électricité a permis de trouver une solution soutenue par l’ensemble des parties. Celles-ci ont signé aujourd’hui les accords obtenus après l’aboutissement des négociations le 16 septembre dernier.

Des mesures de compensation pour protéger la biodiversité et le paysage

Les projets de lac de retenue et de centrale de Trift ainsi que d’agrandissement du lac du Grimsel font partie des 15 projets pour lesquels la table ronde consacrée à l’énergie hydraulique a recommandé des clarifications approfondies dans sa déclaration commune du 13 décembre 2021. La loi fédérale relative à un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, atteste l’importance de ces projets pour la sécurité de l’approvisionnement énergétique de la Suisse. Tant la déclaration commune que la nouvelle loi fédérale prescrivent que les 15 grands projets retenus doivent donner lieu à des mesures de compensation supplémentaires pour protéger la biodiversité et le paysage. Le Conseil-exécutif du canton de Berne soutient ces efforts. Il est disposé à exclure la création ou les agrandissements importants de centrales hydrauliques, notamment s’agissant de petites centrales, sur les cours et tronçons de cours d’eau proches de l’état naturel ou peu altérés.

Consensus entre toutes les parties prenantes grâce au Dialogue du Grimsel 

Les mesures de compensation supplémentaires à prévoir pour les projets de développement des capacités d’accumulation de KWO ont été négociées entre des représentantes et des représentants du canton de Berne, de KWO et des associations participantes. Les négociations, qui ont débuté le 18 septembre 2024, se sont déroulées dans le cadre du Dialogue du Grimsel. Les parties ont examiné pendant toute une année les mesures de compensation supplémentaires à prévoir pour les projets de développement des capacités d’accumulation de KWO afin de protéger la biodiversité et le paysage. Elles ont réuni l’Office des eaux et des déchets et l’Office de l’agriculture et de la nature pour les autorités cantonales bernoises, KWO ainsi que, pour les associations, WWF Suisse, WWF Berne, Pro Natura – Ligue suisse pour la protection de la nature, Pro Natura Berne, Aqua Viva, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, le Club alpin suisse, la Fédération suisse de pêche, la Fédération cantonale bernoise de la pêche ainsi que les communes d’implantation de Guttannen et Innertkirchen. Le canton et les associations ont en outre conduit des entretiens bilatéraux pour négocier le renoncement à l’exploitation de la force hydraulique à certains endroits (voir ci-après). 

Le Dialogue du Grimsel a abouti à des paquets complets et largement soutenus de mesures de compensation supplémentaires pour protéger la biodiversité et le paysage dans le cadre des projets de Trift et d’agrandissement du lac du Grimsel, ainsi qu’à un train de mesures partiel pour le projet, moins avancé, d’agrandissement du lac de l’Oberaar. Les associations assurent le canton de Berne et KWO qu’elles ne recourront pas contre les adaptations et les compléments de concession requis pour la réalisation de ces projets. En participant au Dialogue du Grimsel, les associations ont pu faire entendre la voix de la nature: elles ont oeuvré pour que les projets de KWO valorisent autant que possible la nature et le paysage, en plus de respecter la législation environnementale en vigueur et de prévoir les mesures de remplacement et de compensation prescrites. 

Renoncements à l’exploitation de la force hydraulique, protection des marges proglaciaires, création d’une fondation 

Dans le cadre du Dialogue du Grimsel, le canton de Berne, KWO et les associations ont développé une méthode d’évaluation qualifiée de «méthode bernoise». Elle permet d’évaluer les atteintes à la nature et au paysage associées aux projets de développement de KWO, d’une part, et la valeur ajoutée écologique et paysagère des mesures de compensation prévues, d’autre part. Cela permet de définir l’ampleur que ces mesures doivent revêtir. Les accords qui viennent d’être conclus prévoient un train de mesures pour chacun des trois projets de développement de KWO. 

Il s’agit à la fois de mesures qui seront réalisées ou financées directement par KWO et d’engagements du canton à renoncer à l’exploitation de la force hydraulique sur 53 cours ou tronçons de cours d’eau, que ce soit par la construction de nouvelles centrales hydrauliques ou par la réalisation d’extensions importantes de centrales existantes (liste des cours d’eau et de tronçons de cours d’eau concernés en annexe [en allemand]). Ces renoncements à l’exploitation de la force hydraulique reposent sur la pesée des intérêts effectuée dans le cadre de la Stratégie de l’eau 2010 du canton de Berne. Par conséquent, il est déjà impossible ou très difficile aujourd’hui de réaliser de nouvelles centrales sur beaucoup des cours d’eau principaux concernés. Les accords conclus les protègent durablement contre d’autres interventions. Concrètement, les parties se sont accordées sur les trains de mesures suivants: 

Train de mesures pour Trift 

  • Renoncement à l’exploitation de la force hydraulique sur 18 cours ou tronçons de cours d’eau dans le canton de Berne
  • Démantèlement du barrage de la centrale hydraulique de Spiez sur la Simme
  • Restrictions de construction et d’exploitation dans la marge proglaciaire du glacier de Stein (territoire de la concession de KWO)
  • Création d’une fondation par KWO pour assurer l’entretien à long terme d’autres mesures de revalorisation et de revitalisation de la nature 

Train de mesures pour l’agrandissement du lac de retenue du Grimsel 

  • Renoncement à l’exploitation de la force hydraulique sur 29 cours ou tronçons de cours d’eau dans le canton de Berne
  • Démantèlement de deux petites centrales hydroélectriques sur l’Emme (Bätterkinden et Hagerhüsli)
  • Prairies riches en espèces: la promotion de la biodiversité est assurée par le soutien conceptionnel et financier de projets visant à préserver durablement les surfaces ainsi que la qualité et les réseaux écologiques dans de paysages cultivés précieux qui, sinon, seraient laissés en friche.
  • Restrictions de construction et d’exploitation dans la marge proglaciaire des glaciers de Bächli et de Gruben (territoire de la concession de KWO)
  • Création d’une fondation par KWO pour assurer l’entretien à long terme d’autres mesures de revalorisation et de revitalisation de la nature 

Train de mesures pour l’agrandissement du lac de retenue de l’Oberaar 

  • Renoncement à l’exploitation de la force hydraulique sur 6 cours ou tronçons de cours d’eau dans le canton de Berne
  • Mesures à réaliser par KWO: à définir 

Recours de l’association du Grimsel contre le projet de Trift 

Par arrêté du 8 juin 2023, le Grand Conseil du canton de Berne a rajouté à la concession globale de KWO concernant l’utilisation des forces hydrauliques de l’Oberhasli le droit d’exploitation requis pour le projet de développement de Trift. Un recours de l’association du Grimsel (Grimselverein) contre cet arrêté est encore pendant. Cette association a renoncé à participer au Dialogue du Grimsel et maintenu son recours. Le 28 mai 2024, KWO a déposé une demande de concession actualisée pour le projet d’agrandissement du lac de retenue du Grimsel. Le Grand Conseil bernois devrait statuer sur cette demande lors de sa session d’automne 2026. Quant au projet d’agrandissement du lac de retenue de l’Oberaar, il n’a donné lieu pour le moment qu’à une étude de faisabilité succincte.

L’essentiel en bref

Accord trouvé: le canton de Berne, KWO et des associations de premier plan se sont entendus sur d’importantes mesures de compensation supplémentaires pour protéger la biodiversité et le paysage.

Une base pour des projets de développement d’ouvrages d’accumulation: ces accords com-plètent les demandes de concession pour les projets de développement des capacités d’accumulation de Trift et du Grimsel et constituent une pierre angulaire pour le projet, moins avancé, de l’Oberaar.

Pas de recours des associations: les associations participantes s’engagent à renoncer aux voies de droit contre les demandes de concession en cours pour les projets de Trift et du Grimsel.

Des trains de mesures de grande envergure:

  • 53 cours ou tronçons de cours d’eau dans le canton de Berne ne peuvent pas accueillir de nou-velles centrales électriques ou d’extensions importantes de centrales existantes.
  • Des ouvrages de captage sont démantelés sur la Simme et l’Emme.
  • Des restrictions de construction et d’exploitation sont appliquées dans trois marges progla-ciaires sensibles.
  • La promotion de la biodiversité est assurée par le soutien conceptionnel et financier de projets visant à préserver durablement les surfaces ainsi que la qualité et les réseaux écologiques dans de paysages cultivés précieux qui, sinon, seraient laissés en friche.
  • Une fondation est créée pour assurer l’entretien à long terme d’autres mesures de revalorisa-tion et de revitalisation de la nature.

Évaluation sur la base de la méthode bernoise: la méthode développée conjointement permet d’effectuer une évaluation transparente des atteintes à la nature et au paysage associées à chaque pro-jet ainsi que de la valeur écologique et paysagère des mesures possibles. C’est un instrument important pour définir des trains de mesures adaptés.

Réussite reposant sur un dialogue constructif: le Dialogue du Grimsel, initié par KWO, montre que les autorités, les associations et les entreprises énergétiques peuvent trouver des solutions com-munes viables.

Contact:

  • Pro Natura: Michael Casanova, chef de projet Politique de protection des eaux et politique énergétique 061 317 92 29, @email
  • Canton de Berne: Christoph Neuhaus, président du gouvernement, directeur des travaux publics et des transports, 031 633 31 02
  • Kraftwerke Oberhasli AG (KWO): Thomas Huber, responsable Communication et groupements d’intérêts, 079 662 48 13, @email
  • WWF Suisse: Jonas Schmid, porte-parole 079 241 60 57, @email
  • Aqua Viva: Salome Steiner, directrice 052 510 14 50, @email
  • Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage: Rahel Marti, co-directrice, 079 707 49 11, @email
  • Club alpin suisse: Philippe Wäger, responsable du domaine Cabanes & Environnement, 031 370 18 62 2, @email
  • Fédération cantonale bernoise de la pêche: Markus Schneider, président, 079 460 92 05, @email
Sauberes Trinkwasser ist für uns in der Schweiz selbstverständlich – doch diese Sicherheit ist bedroht. © HMVart
19.02.2026 Eaux

Une large alliance réclame une eau propre pour une Suisse saine

Lancement de l’appel en faveur de l’eau potable

Plusieurs interventions politiques visent actuellement à faire couler la protection des eaux en Suisse. Elles ciblent directement la qualité de l’eau que nous buvons, qui devrait pourtant aller de soi dans notre pays. Une large alliance de la société civile lance un appel au Conseil fédéral et au Parlement pour réclamer une protection rigoureuse de notre eau potable et de nos milieux aquatiques.

En Suisse, l’eau potable est une évidence. Pourtant, cette certitude est en train de vaciller: les pesticides et les produits chimiques tels que les PFAS polluent nos eaux, et mettent en danger notre santé et la nature.

L’eau potable doit rester saine

Sur le Plateau, un million de personnes boivent de l’eau potable contaminée par les pesticides (notamment par des résidus de chlorothalonil). Les poissons du lac de Zoug ne peuvent plus être commercialisés en raison de leur teneur élevée en PFAS. Dans de nombreux captages d’eau potable, l’eau doit être diluée, car sa forte concentration en nitrates la rend impropre à la consommation.

Au lieu de passer à l’action contre ces évolutions extrêmement préoccupantes afin de sauvegarder la plus précieuse de nos denrées alimentaires, de nouvelles interventions parlementaires tentent sans cesse d’assouplir la protection des eaux en Suisse. Une large alliance réunissant des organisations de la société civile a lancé un appel pour une eau potable. Les Suissesses et les Suisses peuvent ainsi envoyer un signal clair au Conseil fédéral et au Parlement: notre eau potable doit rester saine. Plus de 15’000 personnes ont déjà signé l’appel.

Des polluants dangereux pour l’être humain et la nature

Les polluants tels que les pesticides, les nitrates et les PFAS parviennent dans l’eau de diverses manières. Ces substances se dégradent lentement et peuvent s’accumuler au fil du temps dans les milieux aquatiques et dans notre corps. Des études montrent que les pesticides sont susceptibles de perturber les processus hormonaux. Avec de graves conséquences: troubles de la reproduction, risque accru de tumeurs hormonodépendantes, dont certains cancers du sein, des ovaires, de la prostate ou des testicules. La nature souffre elle aussi. Les polluants nuisent aux champignons, aux poissons ou aux insectes ainsi qu’à leurs larves. Ils perturbent des processus écologiques vitaux comme le cycle des nutriments ou la purification de l’eau. Parce que le régime hydrologique et la circulation des nutriments relient les différents écosystèmes entre eux, il en résulte des réactions en chaîne qui affectent des milieux naturels de haute valeur tels que les plaines alluviales et les bas-marais. 

Une longue liste d’interventions politiques dangereuses

La protection des eaux suisses subit en ce moment de multiples assauts. Les objets listés ci-dessous pourraient affecter durablement la protection de notre eau potable:

  • L’initiative parlementaire Bregy (objet 22.441) vise une reprise automatique des autorisations de pesticides de l’UE. La Commission de l’économie du Conseil des États a décidé de proposer son adoption en début de semaine.
  • La motion Riem (objet 25.3186) veut assouplir le monitorage de la protection des eaux.
  • La motion Müller (motion 24.4589) veut affaiblir le contrôle de l'autorisation des produits phytosanitaires et des pesticides. L’objet est au programme de la session de printemps.
  • Consultation sur la révision partielle de l’ordonnance sur la protection des eaux: le texte n’instaure aucune valeur limite pour trois substances particulièrement toxiques (dont la deltaméthrine). Le délai de consultation court jusqu’au 12 mars.
  • Consultation sur la modification de la loi sur la protection des eaux: la protection de l’aire d’alimentation d’un captage d’eaux souterraines, exigible depuis 1998, est une nouvelle fois reportée. Le délai de consultation court jusqu’au 12 mars.

Pour stopper l’affaiblissement délibéré de la protection des eaux en Suisse, il faut un signal fort de la population.

Informations complémentaires:

Contacts:

  • Pro Natura: Leo Richard, responsable de l’information, 079 378 37 11, @email 

  • WWF Suisse: Sophie Sandoz, chargée de communication, 021 966 73 71, @email 

  • Fédération Suisse de Pêche: David Bittner, administrateur, 079 461 91 78, @email

  • Médecins en faveur de l’Environnement: Dr. med. Bernhard Aufdereggen, président, 079 639 00 40, @email  

  • Arbeitsgemeinschaft Wasserwerke Bodensee-Rhein: Roman Wiget, coprésident, 079 260 74 97, @email

Organisations de soutien:

  • Aqua Viva

  • Arbeitsgemeinschaft Wasserwerke Bodensee-Rhein

  • Association des petits paysans

  • BirdLife Suisse

  • Fédération romande des consommateurs

  • Fédération Suisse de Pêche

  • Fondation FUTURE3

  • Médecins en faveur de l’Environnement

  • Pro Natura

  • Stiftung für Konsumentenschutz

  • WWF Suisse

Ulteriori informazioni

Info

Communiqué de presse commun de Aqua Viva, Arbeitsgemeinschaft Wasserwerke Bodensee-Rhein, Association des petits paysans, BirdLife Suisse, Fédération romande des consommateurs, Fédération Suisse de Pêche, Fondation FUTURE3, Médecins en faveur de l’Environnement, Pro Natura, Stiftung für Konsumentenschutz, WWF Suisse

Lobsigensee
21.04.2021 Eaux

Pro Natura dit oui le 13 juin

Le 13 juin prochain, nous dirons 3×oui sans hésiter: oui à l’initiative pour une eau potable propre, oui à une Suisse sans pesticides de synthèse et oui à la Loi sur le CO2.

Insecticides, herbicides et fongicides: près de 2 000 tonnes de pesticides sont répandues chaque année en Suisse. Appelées «produits phytosanitaires», ces substances chimiques nocives pour l’environnement sont utilisées par l’agriculture conventionnelle pour la culture des légumes, des pommes de terre ou de la vigne. Les pesticides polluent les sols, les eaux et se retrouvent dans la chaine alimentaire, ce qui veut dire dans nos estomacs également.

2×OUI aux initiatives eau potable propre et pesticides de synthèse

Deux initiatives populaires, lancées indépendamment l’une de l’autre, veulent mettre fin à cette situation et obliger l’agriculture suisse à adopter un mode d’exploitation proche de la nature. L’Initiative pour une Suisse libre de pesticides de synthèse veut totalement interdire leur utilisation. L’Initiative pour une eau potable propre exige que seuls les agriculteurs et agricultrices qui n’utilisent pas de pesticides, n’utilisent pas d’antibiotiques à des fins prophylactiques et qui sont en mesure de nourrir leur bétail avec le fourrage produit sur leur exploitation (pas d’importation de fourrage) puissent obtenir des paiements directs.

Du poison pour les micro-organismes

Pro Natura recommande d’accepter les deux initiatives. «Un changement de mentalité́ doit s’opérer dans l’agriculture suisse, il est urgent de donner plus de place à l’écologie», argumente Marcel Liner, responsable de la politique agricole chez Pro Natura. L’utilisation excessive des pesticides est l’une des causes principales du déclin dramatique de la biodiversité́ en Suisse. Les poisons affectent aussi les minuscules organismes aquatiques comme le gammare des ruisseaux –  Animal de l’année 2021 – qui a besoin d’eau propre pour vivre. Les oiseaux, les amphibiens et les coléoptères souffrent également de l’empoisonnement de l’environnement. 

Pro Natura est très insatisfaite de la politique agricole actuelle. «Le lobby agricole est très fort au Parlement et freine systématiquement les développements qui vont dans la bonne direction», critique Marcel Liner. La politique agricole 22+ du Conseil fédéral est un bon exemple. Alors qu’elle prévoyait des progrès écologiques modestes, elle a été torpillée par le lobby paysan bourgeois. 

Un contre-projet non contraignant 

Les initiatives pour une eau potable propre et pour une Suisse sans pesticides de synthèse sont soutenues jusque dans le camp bourgeois. Le Parlement n’a cependant pas réussi à leur opposer de véritables contre-propositions, se contentant d’un contre-projet formel qui prévoit une réduction progressive de 50% de l’utilisation des pesticides. «Le Parlement a fortement affaibli le projet initial et il manque des mesures de mise en œuvre efficaces», constate Marcel Liner. A son avis, la sensibilité́ de la population au problème des pesticides a «fortement augmenté» ces dernières années, à l’instar de celle pour le changement climatique. Pro Natura espère donc que les deux initiatives seront acceptées, pour que les pesticides hautement nocifs cessent de détruire nos bases vitales. 

Oui à l’initiative pour une eau potable propre
L’Initiative pour une eau potable propre veut réserver les paiements directs aux seuls agriculteurs et agricultrices qui n’utilisent pas de pesticides. En outre, aucune subvention ne sera allouée aux éleveurs qui utilisent des aliments concentrés importés et des antibiotiques à titre préventif.
L’initiative prévoit une période de transition de huit ans, au cours de laquelle ces mesures devraient permettre de réduire le cheptel des animaux de rente en Suisse, actuellement de 15 millions de têtes, et de diminuer ainsi la fertilisation excessive des sols et des eaux, fortement pollués par les nitrates. L’initiative a été lancée par la bernoise Franziska Herren, qui s’était auparavant engagée contre la centrale nucléaire de Mühleberg. L'initiative pour une au potable propre

Oui pour une Suisse libre de pesticides de synthèse
L’Initiative pour une Suisse libre de pesticides de synthèse veut interdire l’utilisation des pesticides de synthèse en Suisse, non seulement dans l’agriculture, mais aussi par les entreprises et les particuliers. Elle exige aussi qu’au terme d’une phase de transition de dix ans, les légumes et les fruits importés soient libres de pesticides, de façon à garantir des conditions de concurrence équitables entre les producteurs suisses et étrangers. L’initiative a été lancée par le groupe « Future3 », présent surtout en Suisse romande. Une Suisse libre de pesticides de synthèse

Oui à la Loi sur le CO2

Si nous voulons protéger le climat, nous devons dire oui à la Loi sur le CO2 le 13 juin prochain. Un échec dans les urnes retarderait de plusieurs années la mise en œuvre de mesures efficaces. La Loi sur le CO2 prévoit un ensemble de mesures soigneusement élaborées qui en appellent à la responsabilité́ solidaire de tous les secteurs (bâtiment, industrie, mobilité́, finance). Oui à la Loi sur le CO2

Ausläufer Aletschgletscher von der Belalp-Seite Claudio Büttler
Nos glaciers fondent. Les effets des changements climatiques se font de plus en plus visibles en Suisse. Ils vont s’accélérer.
les marges proglacieres
28.07.2021 Eaux

Des lacs de barrage à la place des glaciers?

La fonte des glaciers laisse apparaître de vastes marges pro-glaciaires dans les Alpes. A de nombreux endroits, le secteur de l’énergie aimerait les utiliser pour construire de nouveaux lacs de retenue. Or ces milieux naturels ont aussi une grande valeur pour la biodiversité.

Les glaciers disparaissent inéluctablement. Les neiges éternelles qui illustrent encore nos cartes postales ne survivront pas au réchauffement climatique provoqué par l’être humain. Dans les Alpes, plus de 60 % du volume des glaciers a déjà fondu entre 1850 et 2016. Et cette tendance ne fait que s’accélérer: alors qu’en 1973, la Suisse comptait encore 2100 glaciers, il n’en reste aujourd’hui plus que 1400.

Les glaciologues estiment que peut-être, dans le meilleur des cas, il restera encore à la fin du siècle des reliques de glaciers en haute montagne. Ces témoins muets et désolés seront alors le signe que nous aurons quand même réussi, en tant que société, à tirer le frein à main pour éviter que la catastrophe climatique ne devienne complètement incontrôlable. A cet égard, le rejet de la Loi sur le CO2 le 13 juin dernier n’est cependant pas un signal encourageant.

De nouveaux milieux naturels

Avec la disparition des glaciers et du permafrost disparaît aussi leur effet stabilisateur sur les paysages de montagne, ce qui augmente fortement le risque de glissement de terrain dans les Alpes. Cependant, malgré le tragique de la situation, les surfaces qui apparaissent ouvrent des perspectives. Du point de vue de la protection de la nature, l’extension des marges glaciaires peut avoir, selon le site, une valeur élevée pour la biodiversité. Du point de vue du secteur de l’énergie, les lacs en train de se former constituent un potentiel exploitable pour l’énergie hydraulique.

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Info

Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

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Série d’analyses (allemand)

Le secteur de l’énergie a déjà commencé à formuler ses desiderata. Là où les glaciers marquaient le paysage de leur empreinte, des lacs de retenue pourraient former un nouveau type de paysage, voué à l’énergie. Ce développement pourrait être favorisé par l’attribution relativement unilatérale des subsides à l’énergie hydraulique. L’utilité réelle de nouvelles installations est toutefois controversée, d’autant plus que d’autres technologies moins invasives, notamment le solaire, ou des améliorations d’efficience dans certains domaines ont un potentiel d’efficacité beaucoup plus important et peuvent tout autant contribuer à la sécurité d’approvisionnement souvent citée.

Fort potentiel pour la biodiversité

Alors que le potentiel énergétique des sites se laisse aisément estimer en vue de leur exploitation, les études nécessaires pour évaluer l’importance de ces surfaces du point de vue de la biodiversité n’en sont qu’à leur début. Pro Natura a donc mandaté une série d’analyses en ce sens. Comme on pouvait s’y attendre, les résultats montrent que certaines surfaces seront d’une grande valeur pour la diversité du vivant – notamment en tant que nouveaux habitats et éventuellement aussi comme zones de retrait pour les espèces contraintes de migrer en altitude en raison du réchauffement climatique.

Gletschervorfelder Raphael Weber
Un des treize objets prioritaires présentant le plus fort potentiel de biodiversité : la marge pro-glaciaire du glacier de l’Unteraar, où les plans d’inondation en vue d’une exploitation hydraulique sont déjà bien avancés.

Beaucoup de questions restent toutefois ouvertes. Pour en discuter, le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC) a organisé une « Table ronde consacrée à l’énergie hydraulique », qui s’est tenue pour la première fois l’an dernier. Ce format doit permettre de discuter des exigences d’exploitation et de protection en les mettant sur un même niveau et d’inclure tous les acteurs concernés pour concevoir le développement de l’énergie hydraulique. Pro Natura participe à ces discussions et s’engage pour que les zones qui présentent un intérêt particulier pour la biodiversité soient maintenues en faveur de celle-ci.

Beaucoup d’objets de grande valeur

Près de 500 marges pro-glaciaires ont été étudiées sur mandat de Pro Natura. Menées par le bureau d’études géographiques geo7, les analyses portaient d’une part sur les zones dynamiques des sites et leur développement et, d’autre part, sur leur utilisation actuelle.

Les résultats montrent que de nombreux sites présentent une priorité élevée du point de vue de la protection de la biodiversité, que ce soit comme nouvelles plaines alluviales alpines ou comme marges pro-glaciaires. Un grand nombre d’entre eux se trouvent en dehors des zones protégées existantes. L’exploitation de certains de ces endroits fait déjà l’objet de discussions ou d’études.

Selon Pro Natura, la Confédération doit examiner de manière plus approfondie la valeur écologique de ces zones pour la biodiversité avant de poursuivre la discussion sur leur éventuelle exploitation. Là où les critères pour l’inscription dans un inventaire national de protection sont remplis, les inventaires doivent être complétés et les surfaces affectées à la protection de la biodiversité plutôt qu’à l’exploitation hydraulique. 

Michael Casanova est responsable des dossiers Politique énergétique et Protection des eaux chez Pro Natura.

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