Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
Vengono visualizzate le voci 19-27 di 81
Le crapaud accoucheur est l'animal de l'année 2013 Jan Ryser
Animal de l’année

Animal de l’année 2013: le crapaud accoucheur

Son chant rappelant le son d’une clochette est aussi insolite que sa façon de s’occuper de ses petits. Avec le crapaud accoucheur (Alytes obstetricans), Pro Natura choisit comme Animal de l’année une espèce d’amphibien gravement menacée.

Le mode de vie du crapaud accoucheur est unique parmi les amphibiens indigènes. Pendant plusieurs semaines, le père porte les œufs à califourchon sur son dos. Lorsque les têtards sont prêts à éclore, il les amène rapidement et sûrement dans l’eau.
 
Choisir le crapaud accoucheur comme Animal de l’année 2013, c’est aussi pour Pro Natura l’occasion d’attirer l’attention sur le déclin dramatique des amphibiens indigènes et de réclamer davantage de zones humides pour les grenouilles, les crapauds, les tritons et les salamandres.

Nocturnes et insectivores

Le crapaud accoucheur mesure 3,5 à 5 centimètres. Il appartient au superordre des anoures. Sa peau est gris terre et sa face ventrale blanchâtre. Une série de verrues, souvent rougeâtres, s’étire sur ses flancs. Ses grands yeux dorés se caractérisent par une pupille verticale en forme de fente.

Durant la journée, le crapaud accoucheur se cache dans des trous dans le sol, dans des trous de souris, sous des pierres, dans les joints de murs, des tas de sable ou des plates-bandes. S’il fait suffisamment chaud et humide, il quitte sa cachette le soir pour se mettre en quête de nourriture. Pour son menu, il n’est pas difficile: il attrape à peu près tout ce qui passe à sa portée et qui est plus petit que lui, comme des insectes, des araignées, des cloportes, des limaces et des vers.

Geburtshelferkröten sind keine besonderen Feinschmecker Axel Birgin
Le crapaud accoucheur est omnivore: il mange tout ce qui passe à sa portée.

Le chœur des prétendants

En Suisse alémanique, on lui donne le nom familier de «Glögglifrösch» (grenouille clochette). Il ne porte pas ce nom par hasard: si les crapauds accoucheurs ne se montrent que rarement à notre regard, on les remarque facilement à leur chant particulier. Le soir, de la fin mars à août, les mâles se disputent les faveurs des femelles prêtes à l’accouplement en émettant des sons brefs et clairs. Le chant du crapaud se réduit à une note répétée par chaque individu. Mais quand il est émis en chœur, il ressemble à un carillon polyphonique. Lorsqu’un des prétendants a conquis une femelle, il s’accroche à elle avec les pattes avant. Commence alors un long et complexe rituel d’accouplement.

Geburtshelferkröten bei der Paarung Kurt Grossenbacher
Le crapaud accoucheur lors de l’accouplement.

S’occuper des petits est l’affaire des mâles

Contrairement à tous les autres crapauds, les crapauds accoucheurs s’accouplent sur la terre ferme et ne pondent pas leurs œufs dans un plan d’eau. Le couple forme avec les pattes postérieures une petite corbeille. La femelle y dépose deux chapelets d’œufs qui sont immédiatement fécondés par le mâle. Ensuite, le mâle passe plusieurs fois ses pattes postérieures à travers la ponte afin d’enrouler les cordons d’œufs autour de ses talons.

La femelle est maintenant libérée de ses obligations. Le mâle se charge parfois d’une, plus rarement de deux autres pontes d’autres femelles. La précieuse cargaison bien fixée sur ses pattes, le papa crapaud part à la recherche d’une cachette chaude et humide, favorable à la maturation des œufs. Après 3 à 6 semaines de bons et loyaux services, il met à l’eau les œufs arrivés à maturité. En quelques minutes, les larves commencent à éclore. Les têtards se transforment durant le même automne en animaux terrestres ou bien hivernent dans l’eau sous forme de larves. Ils atteignent la taille imposante de 9 centimètres, supérieure à celle de tous les autres têtards indigènes.

Männchen mit Eigelege Jan Ryser
Le mâle avec son chapelet d’œufs.

Des talus et de l’eau

En Suisse, le crapaud accoucheur vit surtout dans les régions vallonnées et les Préalpes. On n’en trouve pas au sud des Alpes. Il a absolument besoin d’eau tranquille pour le développement de ses larves. La forme que prend cette eau semble secondaire: le crapaud dépose ses têtards dans des mares et des étangs, mais aussi dans certains tronçons de rivières et de ruisseaux à l’écoulement lent.

Une fois sortis de l’eau, les crapauds accoucheurs passent le reste de leur vie sur terre. Ils ne s’établissent que là où ils trouveront un biotope terrestre adapté. C’est toujours à proximité de l’eau. Ils ont une préférence pour les talus bien ensoleillés au sol meuble. Le crapaud accoucheur trouve cette proximité entre habitat aquatique et terrestre surtout dans les zones alluviales, les pentes instables, les gravières et les carrières. Certaines fois aussi au bord d’étangs à la situation avantageuse, mais le plus souvent dépourvus de poissons.

Lebensraum der Geburtshelferkröte Andreas Meyer
Le biotope idéal des crapauds accoucheurs.

Crapaud accoucheur en détresse

Le crapaud accoucheur est gravement menacé en Suisse. Près de la moitié de sa population a déjà disparu au cours des vingt-cinq dernières années. Il n’est pas le seul à connaître ce triste sort. Quatorze des vingt espèces d’amphibiens indigènes figurent sur la liste rouge. L’une d’entre elles a même déjà disparu de notre pays. Les amphibiens appartiennent aux groupes d’animaux les plus menacés en Suisse.

Die Wechselkröte gilt in der Schweiz als ausgestorben. Pro Natura
Le statut du crapaud vert en Suisse est actuellement peu clair.

L’eau manque aux amphibiens

Les amphibiens ont besoin de plans d’eau pour vivre. Malheureusement, le fameux «château d’eau suisse» est devenu trop sec. Les rivières ont été canalisées, les ruisseaux mis sous tuyau, les mares et les étangs asséchés et les prairies humides drainées. Au total, neuf zones humides sur dix se retrouvent aujourd’hui à sec. Les plans d’eau et les cours d’eau qui s’assèchent périodiquement sont aujourd’hui particulièrement rares. Or, ils sont nécessaires à beaucoup d’espèces d’amphibiens peu communes, car on n’y trouve pratiquement pas de poissons et de larves de libellules qui mangent œufs et têtards.

D’autres facteurs font également du tort aux amphibiens: dans nos campagnes intensivement exploitées, les animaux manquent de recoins. De nombreux lieux de frai sont isolés. Des poissons sont lâchés dans des cours d’eau qui n’en comptaient pas jusqu’alors. Les amphibiens sont aussi victimes de la circulation routière, des pesticides, des engrais chimiques ou même d’un nouveau champignon parasite.

Mais la cause principale du déclin des amphibiens réside toutefois dans nos paysages asséchés. Pro Natura s’engage pour sauvegarder le solde des plans d’eau adaptés aux amphibiens et pour leur reconstruire des habitats.

Ein Problem sind kanalisierte Bäche.
Les ruisseaux canalisés posent problème.

Que fait Pro Natura?

  • Pro Natura préserve le crapaud accoucheur et d’autres espèces d’amphibiens menacées au moyen de projets de protection des espèces.
  • Pro Natura assure l’existence d’un réseau de plus de 650 réserves naturelles dans tout le pays avec une centaine de sites d’importance nationale pour le frai des amphibiens.
  • Pro Natura milite pour une agriculture qui produit des aliments sains dans le respect de la nature. Elle se bat pour que des paiements directs soient aussi versés pour la protection de petites structures comme les plans d’eau accueillant des amphibiens.
  • Pro Natura s’engage pour des cours d’eau naturels possédant des zones alluviales convenant aux crapauds accoucheurs et à d’autres amphibiens. Elle soutient le retour du castor qui crée des habitats attractifs pour les amphibiens grâce à ses constructions.
  • Pro Natura insiste sur la nécessité de protéger comme l’exige la loi nos marais et sites marécageux, qui offrent un habitat aux amphibiens en plus de nombreuses autres espèces animales et végétales.
  • Pro Natura est cofondatrice du Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse (karch) et elle collabore avec ses spécialistes dans le cadre de projets particuliers.
Amphibienförderung durch gezielte Artenschutzprojekte helfen auch der Geburtshelferkröte.
Il est nécessaire de mener des actions concrètes pour protéger les crapauds accoucheurs.
L’engagement des bénévoles de Pro Natura en faveur des grenouilles
L’oreillard brun est l'animal de l'année 2012 Dietmar Nill2
Animal de l’année

Animal de l’année 2012: l’oreillard brun

Pro Natura a choisi l’oreillard brun (Plecotus auritus) comme Animal de l’année 2012. Cette petite chauve-souris est une infatigable chasseuse nocturne d’insectes. Pendant la journée, elle se repose dans son gîte.

L’oreillard brun est aussi appelé oreillard commun ou roux. Les chauves-souris apportent une contribution importante à l’équilibre écologique dans la nature. En contrepartie, elles ont besoin d’habitats naturels diversifiés. Les chauves-souris sont des voisines discrètes: toute la journée, elles se tiennent bien cachées dans des cavités d’arbres, des fissures et des anfractuosités, certaines d’entre elles vivent même secrètement dans nos maisons. Qui sont ces êtres étranges qui ne sont ni des oiseaux, ni des souris? 

Voler avec les mains

Les chauves-souris forment l’ordre des chiroptères, terme signifiant «qui vole avec ses mains». Ce sont les seuls mammifères capables de voler activement. Une fine membrane de peau élastique s’étire entre leurs métacarpes et leurs phalanges pour former leurs ailes.

Plus de 1100 espèces de chauves-souris ont été répertoriées dans le monde entier. En 60 millions d’années, elles ont conquis une étonnante diversité de niches écologiques. Sous les tropiques, il existe des chauves-souris insectivores, carnivores, piscivores, frugivores et herbivores. Ces dernières mangent des feuilles, du nectar ou du pollen. Les chauves-souris de Suisse se nourrissent exclusivement d’insectes et d’autres arthropodes comme les araignées et les faucheux. 30 espèces de chauves-souris ont été dénombrées à ce jour en Suisse.

Aktiv fliegen: für Säugetiere ein Privileg Dietmar Nill
Voler: un privilège pour un mammifère.

Voir avec les oreilles

Les chauves-souris sont ultrarapides pour chasser les insectes dans l’obscurité et elles manquent rarement leur cible. Une prouesse rendue possible par un système d’ultra-sons sophistiqué: nos chasseuses nocturnes émettent de brefs cris par la bouche, inaudibles pour une oreille humaine. Ces signaux ultrasoniques sont réfléchis par des obstacles comme des branches ou des murs, mais aussi par des proies. Ces sons reviennent aux oreilles des chauves-souris. Elles peuvent ainsi se construire une représentation précise des environs grâce à l’écho de leurs cris. L’oreillard a même une aptitude supplémentaire: il peut localiser ses proies sans besoin de provoquer un écho; même le bruissement le plus faible n’échappe pas à ses grandes oreilles.

Mit Ultraschall auf Insektenjagd Dietmar Nill
À la chasse.

Mangeur de papillons et as de la voltige

L’oreillard brun (Plecotus auritus), l’Animal de l’année Pro Natura 2012, mesure environ cinq centimètres sans la queue. Ses immenses oreilles, qu’il peut mouvoir séparément, sont presque aussi longues que son corps. Il ne pèse que 5 à 12 grammes pour une envergure d’ailes d’environ 24 centimètres.

Cet as de la voltige aérienne attrape principalement des papillons de nuit. Parmi eux, des espèces nuisibles à la forêt, comme la tordeuse verte du chêne et le bombyx disparate. Les scarabées, les cousins, les chenilles et les araignées figurent également à leur menu. Comme un faucon crécerelle, l’oreillard brun peut se maintenir en vol stationnaire et cueillir directement sa proie sur une feuille, un tronc ou un brin d’herbe. Ses larges ailes lui permettent pirouettes et loopings. Lorsque l’oreillard capture de grands papillons, il se suspend à un perchoir pour les manger. Il les décortique et laisse tomber sur le sol ce qui n’est pas digeste, comme les ailes, les pattes et les antennes.

Das Braune Langohr trägt seinen Namen zu Recht Dietmar Nill
L’oreillard brun, le bien nommé.

Des forêts où il fait bon vivre

L’oreillard brun est considéré comme une chauve-souris forestière typique. À quoi ressemble la forêt idéale pour les chauves-souris? C’est une mosaïque de forêt dense et de forêt claire, de peuplements de feuillus et de peuplements mixtes, avec des arbres jeunes et vieux ainsi que des îlots de bois mort offrant de nombreuses cavités dans des troncs. Quantité d’insectes différents y vivent. Ainsi, la forêt fournit des habitats naturels pour le plus grand nombre possible d’espèces de chauves-souris.

Les oreillards bruns chassent la nuit, de préférence en forêt. Les vergers hautes-tiges, les haies et les prairies naturelles, situées à moins de 2 kilomètres de leur gîte, constituent aussi des territoires de chasse privilégiés. Leur logis peut se trouver dans la cavité d’un arbre ou dans les combles d’églises, d’usines, d’écoles et de maisons d’habitation. C’est aussi là que les femelles élèvent leurs petits pendant l’été, dans ce qu’on appelle des gîtes de mise bas. Comme les chauves-souris ne donnent généralement naissance qu’à un petit par année, leurs populations sont particulièrement vulnérables. Il faut des décennies pour permettre à une espèce affaiblie de rétablir ses effectifs.

Braune Langohren brauchen: vielfältige Wälder mit Baumhöhlen Klaus Bogon
L’oreillard brun dépend de forêts diversifiées avec des arbres à cavités.

Pendues dans le froid

Pour dormir, les oreillards bruns replient leurs oreilles vers l’arrière et les coincent entre l’avant-bras et le corps. Seule une pointe sur la conque de l’oreille, appelée tragus, fait encore saillie.

Durant la saison froide, les chauves-souris se retirent dans leurs quartiers d’hiver, à l’abri du gel. Elles hibernent: la température de leur corps baisse et leurs fonctions corporelles se réduisent à un minimum. Il peut ainsi s’écouler jusqu’à 90 minutes entre deux inspirations. La fréquence cardiaque est également basse. Pour éviter aux animaux de se déshydrater durant leur long sommeil hivernal, l’habitat doit présenter une humidité de l’air élevée. Les cavernes, anfractuosités, tunnels, caves aux sols naturels et les cavités d’arbres constituent des quartiers d’hiver appréciés.

En hiver, les chauves-souris ne sont pas complètement immobiles. Elles modifient parfois leur position de sommeil ou changent de quartier lorsqu’il se met à faire trop chaud ou trop froid. Mais chaque réveil est lent et utilise une partie de leurs réserves de graisse limitées. Le réveil, qui prend jusqu’à une heure, consomme la même quantité d’énergie qu’environ onze jours d’hibernation. Les chauves-souris en hibernation ne devraient pas être dérangées jusqu’au printemps, qui marque le retour de la chaleur et de l’offre en nourriture.

Der Winter wird kopfüber verschlafen Dietmar Nill
Une hibernation la tête en bas.

Les chauves-souris ont besoin de diversité

En Suisse, l’oreillard brun est une espèce répandue du Plateau aux régions de montagne. Il est néanmoins considéré comme menacé, comme la quasi-totalité des chauves-souris indigènes. L’utilisation intensive du paysage fait disparaître un nombre croissant de vergers, de haies et de bosquets champêtres qui servent de territoires de chasse et de points d’orientation importants pour les chauves-souris en vol. Les arbres creux sont devenus une denrée rare dans nos forêts intensément exploitées, d’où les vieux arbres et le bois mort sont éliminés. L’agriculture intensive réduit la diversité des insectes.

En choisissant l’oreillard brun comme Animal de l’année 2012, Pro Natura invite à préserver et à améliorer la diversité des habitats naturels, et ainsi à offrir des paysages structurés et diversifiés aux chauves-souris.

Vernetzt: Obstgärten und Hecken dienen als wichtige Flugstrassen Klaus Bogon
En réseau: les vergers et les haies constituent des itinéraires de vol importants.

Que fait Pro Natura?

  • Pro Natura s’engage pour des forêts diversifiées, au travers de projets de protection de la forêt et sur le plan politique. Les chauves-souris ont besoin de ces forêts diversifiées, où l’on trouve aussi de vieux peuplements et du bois mort.
  • Pro Natura soutient la sauvegarde des vergers de fruitiers hautes-tiges en Suisse avec le label «Hautes-tiges Suisse». Les vergers hautes-tiges sont doublement importants pour les chauves-souris: comme territoires de chasse et comme points d’orientation lors de leur vol nocturne.
  • Pro Natura s’engage pour une politique agricole plus écologique. Davantage de surfaces de compensation écologiques et moins de pesticides augmentent la diversité des insectes et l’offre en nourriture des chauves-souris s’en trouve améliorée.
  • Pro Natura milite pour des cours d’eau proches de la nature fournissant une source de nourriture aux chauves-souris.
  • Pro Natura participe à la gestion de plus de 650 réserves naturelles dans toute la Suisse. Notre but: agir pour la nature - partout!
Pro Natura – für vielfältige Lebensräume! Christoph Oeschger
Milieux vitaux diversifiés.
L’oreillard brun: Animal de l’année 2012
La partie antérieure fortement pigmentée d'un Lumbricus terrestris Heidi & Hans-Jürgen Koch / Pro Natura
Animal de l’année

Animal de l’année 2011: le lombric

L’Animal de l’année choisi pour 2011 par Pro Natura est un ouvrier aussi discret que sous-estimé: le lombric. Aussi appelé ver de terre commun ou ver de rosée, Lumbricus terrestris est la plus connue des espèces indigènes de vers de terre. Il peut forer ses galeries dans le sol jusqu’à deux mètres de profondeur, et il produit un excellent engrais pour les plantes.

Les vers de terre sont les maîtres d’œuvre de la fertilité des sols. Ils forent infatigablement dans la terre, font pénétrer les restes de plantes dans le sol, produisent un humus précieux et améliorent la structure du sol. Ces travailleurs assidus entretiennent ainsi une de nos plus précieuses ressources: le sol, qui, comme base vitale des plantes, des animaux et des hommes, doit être à ce titre utilisé et protégé avec le plus grand soin.

On trouve en Suisse une quarantaine d’espèces de vers de terre. La plus connue d’entre elles est le ver de rosée Lumbricus terrestris. Ce ver de terre de 12 à 30 cm de long est rouge-brun à l’avant et plutôt pâle à l’arrière. On le trouve partout sur la planète: dans les prairies, les champs, les jardins et les forêts, où il perce dans le sous-sol des galeries presque verticales jusqu’à près de 2 mètres de profondeur, mélangeant ainsi activement la terre. Son régime est fait de feuilles et de restes de récoltes qu’il tire dans ses galeries pour les y faire prédigérer par des champignons et des bactéries. Seule cette technique de compostage permet au lombric, qui n’a pas de dents, d’absorber ces matières végétales.

Les vers de terre sont des organismes à sang froid qui ne peuvent pas contrôler eux-mêmes la température de leur corps. C’est au printemps et en automne qu’ils sont le plus actifs. En cas de sécheresse estivale et pendant les gels de l’hiver, la plupart des espèces commencent par se réfugier dans les profondeurs du sol, puis, si les conditions sont trop extrêmes, les vers de terre s’enroulent dans une cavité tapissée de déjections et tombent dans un état de torpeur rigide pour redevenir actifs lorsque les conditions s’améliorent.

Les trois formes de vie de nos vers de terre

Les différentes espèces de vers de terre peuvent être classées en trois groupes écologiques en fonction de leur habitat:

  • Petits et agiles, les habitants des litières se trouvent tout en haut de la couche d’humus. Ils mangent de la matière végétale morte trouvée à la surface du sol. Leur corps est entièrement rouge-brun pour se protéger des rayons UV. Le ver du compost Eisenia foetida est un représentant typique de ce groupe
  • Ceux qui vivent dans le sol minéral colonisent la zone des racines des plantes et se nourrissent par exemple de bouts de racines mortes, mais ils ne s’attaquent pas aux parties vivantes des plantes. Pâles et transparentes, ces espèces qui creusent surtout des galeries horizontales et instables ne viennent presque jamais à la surface du sol. On peut citer ici comme exemple le ver gris Nicodrilus caliginosus.
  • Les grandes espèces qui creusent profondément vont et viennent entre le sous-sol et la surface du sol, forant des galeries presque verticales, stables et dont les parois sont tapissées de leurs déjections. Ces espèces puissantes prennent des matières végétales à la surface du sol pour les tirer dans leurs galeries. Seule la partie antérieure de leur corps est de couleur foncée. C’est à ce groupe qu’appartient le ver de terre Lumbricus terrestris.
Lumbricus terrestris in einer Wohnröhre H. & Hans-Jürgen Koch / Pro Natura
Lumbricus terrestris dans une des galeries qu’il habite.

Aveugle, sourd et muet

Le corps du lombric peut comporter jusqu’à 200 segments dont chacun est muni de poils courts. Les muscles circulaires et longitudinaux se trouvent sous la peau. S’il contracte les muscles circulaires, les muscles longitudinaux se relâchent et l’endroit concerné se rétrécit et s’allonge. C’est en alternant l’allongement et le raccourcissement des parties de son corps que le ver de terre rampe vers l’avant. Pour s’enfoncer dans le sol, il enfile sa «tête» fine dans une étroite fissure, puis il contracte ses muscles longitudinaux, l’avant de son corps s’épaissit et écarte la terre. Les vers de terre peuvent déplacer de cette manière jusqu’à 60 fois le poids de leur corps, ce qui les propulse – par rapport à leur poids – parmi les animaux les plus puissants du monde.

Le lombric, comme l’homme, a le sang rouge. Entraîné par cinq paires de «cœurs», il circule dans un ingénieux système de vaisseaux sanguins. Le ver de terre n’absorbe pas l’oxygène dont il a besoin par des poumons ou des branchies, mais par la surface de son corps: son sang circule sous et à travers la peau dans des vaisseaux très fins, capturant de l’oxygène au passage.

Les vers de terre n’ont pas d’oreilles ni de nez – et pas de vrais yeux. Des cellules photosensibles placées à leur extrémité antérieure et postérieure leur permettent cependant de percevoir les variations de luminosité, et un sens du toucher et de la gravitation les aide à s’orienter dans leur système de galeries. Enfin, un sens de la pression leur permet de ressentir les secousses et donc de s’enfuir à temps à l’approche d’un prédateur.

Tauwurm mit Geschlechtsgürtel und pigmentiertem Vorderteil Heidi & Hans-Jürgen Koch / Pro Natura
Lombric commun avec clitellum et partie antérieure pigmentée.

La vie amoureuse des hermaphrodites

Les vers de terre s’accouplent surtout au printemps et en automne. Ils sont hermaphrodites, c’est-à-dire qu’ils possèdent aussi bien des testicules que des ovaires. Les vers qui ont atteint leur maturité sexuelle se reconnaissent à un épaississement situé au tiers antérieur du corps, le clitellum. Pour se reproduire, deux vers de terre se collent tête-bêche étroitement l’un à l’autre et échangent leur sperme. Ils forment ensuite autour du clitellum un anneau de mucus dont ils se dépêtrent ensuite lentement en y excrétant leurs œufs et leur sperme. Une fois détachée, cette manchette de mucus forme un cocon gros comme une tête d’allumette. Après une période de quelques semaines à plusieurs mois, selon l’espèce, les jeunes vers de terre éclosent de cet «œuf».
Le verre de terre Lumbricus terrestris s’accouple quant à lui une fois par année en formant 5 à 10 cocons contenant chacun 1 œuf. Eisenia foetida, par contre, s’accouple plus souvent et forme environ 140 cocons par année, chacun donnant naissance à plusieurs multiplés.

Zitronenförmiger Kokon in der Grösse eines Zündholzkopfes Heidi & Hans-Jürgen Koch / Pro Natura
Cocon en forme de citron de la grandeur d’une tête d’allumette.

L’architecte de la fertilité des sols

Les vers de terre sont les artisans incontournables de la fertilité des sols: dans un hectare moyennement peuplé, 1 bon million de lombrics produisent chaque année jusqu’à 100 tonnes de déjections. Cet humus de haute valeur contient jusqu’à 5 fois plus d’azote, 7 fois plus de phosphore et 11 fois plus de potassium que la terre environnante. Cet engrais d’excellente qualité contribue de manière décisive à l’approvisionnement des plantes en éléments nutritifs.

En même temps que la matière végétale morte, le lombric ingère aussi de grandes quantités de terre minérale. Ses déjections contiennent donc ce qu’on appelle des complexes argilo-humiques, qui sont très importants pour que le sol ait une bonne structure grumeleuse.

Infatigables constructeurs de tunnels, les lombrics aèrent le sol, améliorent sa capacité de rétention d’eau et facilitent la croissance des racines. Et en arboriculture fruitière, les vers de terre sont même des auxiliaires biologiques bienvenus dans la lutte contre les ravageurs: en tirant les feuilles mortes dans le sol et en les mangeant, ils détruisent aussi les organismes nuisibles comme les spores de la tavelure du pommier ou les insectes qui creusent des galeries dans les feuilles.

Bis zu 100t Regenwurmlosung pro Hektare und Jahr wird im und über dem Boden abgelegt Heidi & Hans-Jürgen Koch / Pro Natura
Quelque 100 tonnes de déjections sont déposées dans et sur le sol par les lombrics en un an sur un hectare.

La terre, c’est bien plus que de la saleté

Le lombric prend donc soin d’une de nos plus précieuses ressources puisque le sol est la base de la vie des plantes, des animaux et de l’homme: assurant habitat et nourriture, le sol régule le cycle naturel de l’eau, fournit des matières premières minérales, de la géothermie et la base même de la diversité des paysages.

Or le sol est menacé. Surfertilisation, pesticides, polluants, compactage et érosion lui donnent certes du fil à retordre, mais c’est le bétonnage qui nous fait perdre le plus de sols vivants. En effet, la surface d’habitat et d’infrastructure croît en Suisse de presque un mètre carré par seconde. Les constructions en tout genre recouvrent toujours plus de sols agricoles et détruisent toujours plus de paysages.

En choisissant le lombric comme Animal de l’année, Pro Natura attire l’attention sur le gaspillage des sols et des paysages et en appelle à leur protection.

Auf einer Wiese leben zwischen 200-400 Regenwürmer pro m2 Heidi & Hans-Jürgen Koch / Pro Natura
Une prairie abrite entre 200 et 400 lombrics par mètre carré.

Les dangers qui guettent le lombric

Le lombric est une véritable friandise pour de nombreuses espèces animales. On trouve parmi ses ennemis naturels de nombreuses espèces d’oiseaux, les taupes, les martres, les hérissons, les musaraignes, le crapaud commun, les grenouilles, les salamandres, les chilopodes, les fourmis, les carabidés, les renards et les blaireaux.

Quant à l’être humain, il fait courir au lombric des dangers autrement plus graves: l’utilisation incorrecte des engrais et des pesticides ainsi que le labour intensif ou le hersage avec des machines rotatives déciment radicalement ses populations. Sans compter que les engins agricoles, toujours plus lourds, tassent le sol en profondeur et mènent la vie dure à ce fouisseur impénitent.

La pire des interventions humaines reste cependant le bétonnage effréné des sols cultivés. On ne trouve en effet quasiment plus rien de vivant sous les surfaces totalement imperméables comme les bâtiments, les parkings et les routes.

Wohnen im Grünen Matthias Sorg
C’est l’être humain qui fait courir les plus grands dangers au lombric.

De quoi le lombric a-t-il besoin?

Favoriser le lombric contribue directement à rendre les sols plus sains, plus vivants et plus fertiles. Il faut donc ménager le sol quand on travaille la terre de nos jardins ou de nos champs: labourer et bêcher avec parcimonie, utiliser motoculteurs et herses rotatives seulement quand c’est absolument nécessaire. Les vers de terre ont aussi besoin d’avoir suffisamment de matières organiques à ingérer, et la diversification des rotations des cultures, l’abondance des restes de récoltes, la couverture systématique du sol (engrais verts, mulchage) et l’utilisation correcte des engrais organiques (fumier, compost, lisier) permettent de leur garantir une nourriture copieuse. À l’inverse, les fortes doses d’engrais chimiques et les produits phytosanitaires toxiques doivent être évités au maximum pour la survie des vers de terre.

Der Regenwurm Lumbricus terrestris Heidi & Hans-Jürgen Koch
Le ver de terre Lumbricus terrestris.
Die Langhornbiene ist das Tier des Jahres 2010 Nicolas J. Vereecken
Animal de l’année

Animal de l’année 2010: l’abeille à longues antennes

Pro Natura a choisi l’abeille à longues antennes comme Animal de l’année 2010 afin de représenter environ 580 espèces d’abeilles sauvages vivant en Suisse.

Les abeilles sauvages constituent un maillon écologique important dans la nature car elles jouent le rôle de pollinisateurs. Par ce choix, Pro Natura souhaite attirer l’attention du public sur les millions d’insectes, souvent «invisibles» pour le novice, qui préservent la base même de notre existence: la biodiversité. L’abeille à longues antennes est une petite pièce d’un grand puzzle. Avec ses longues antennes et son dos recouvert de poils, l’abeille à longues antennes se fait tout de suite remarquer parmi les abeilles sauvages (insectes de l’ordre des hyménoptères et de la famille des apidés). Comme la plupart d’entre elles, l’abeille à longues antennes est une solitaire, à la différence de sa cousine mieux connue, l’abeille domestique, qui vit en communauté. L’abeille à longues antennes niche dans un terrier qu’elle aménage dans un sol nu, sablonneux ou limoneux. Pour se nourrir, l’abeille à longues antennes s’est spécialisée dans les papilionacées. C’est pourquoi on la rencontrera plutôt dans des prairies sèches, et des glaisières. Sa période de vol s’étend à peu près de mai à la fin juillet.

L’orchidée compte sur l’abeille à longues antennes

L’ophrys bourdon (Ophrys holosericea) a développé une stratégie irrésistible pour amener l’abeille à longues antennes à effectuer sa pollinisation. Les fleurs de l’ophrys bourdon attirent les mâles d’abeille à longues antennes en imitant la forme et l’odeur de la femelle. Dès que le mâle se pose sur une fleur pour ce qu’il pense être un accouplement, du pollen lui tombe sur la tête. Pollen que l’insecte mâle, déjà attiré par d’autres odeurs présages de reproduction, déposera dans une nouvelle fleur d’ophrys bourdon. L’insecte jouant le rôle de «taxi» pour le transport du pollen contribue donc involontairement à la pollinisation. Cette orchidée compte parmi les fleurs qu’on dit exercer une «confusion sexuelle». Sans abeilles à longues antennes, l’ophrys bourdon ne pourrait pas survivre. Chaque espèce compte!

Duft und Form der Hummel-Ragwurz locken die Langhornbiene an. Nicolas J. Vereecken
Le parfum et la forme de l’ophrys bourdon attirent l’eucère à longues antennes.

L’abeille domestique n’est pas seule!

L’abeille domestique et ses produits sont connus et appréciés. Avec Maya l’abeille, elle a conquis de nombreux cœurs d’enfants sous sa forme littéraire (en 1912) et cinématographique (dès 1976). Mais on ignore souvent qu’à côté de l’abeille domestique, il existe environ 580 espèces d’abeilles sauvages en Suisse et environ 30’000 dans le monde entier. À la différence de l’abeille domestique, la plupart des abeilles sauvages ne vivent pas en communauté mais appartiennent à des espèces solitaires et discrètes. Les abeilles sauvages jouent un rôle écologique essentiel comme pollinisateurs de plantes sauvages et cultivées. Le nectar des fleurs constitue leur principale source de nourriture. Elles approvisionnent leur couvain en pollen et en nectar. Selon l’espèce, elles trouvent leur site de nidification dans des lieux les plus divers. Les abeilles sauvages nichent dans des sols sablonneux ou limoneux, dans des coquilles d’escargots, elles creusent des trous dans le bois mort, construisent des nids dans les tiges de plantes ou dans des murs en pierres sèches.

Die Grosse Holzbiene ist eine der grössten Wildbienenarten. Nicolas J. Vereecken
Le xylocope violet, ou abeille charpentière.

Toute une vie consacrée au couvain

La vie de la femelle abeille sauvage tourne autour du nid qu’elle se construit elle-même et où elle passe la plupart de son temps: elle y pond ses œufs et le couvain va s’y développer. C’est seulement pour trouver nourriture ou matériaux de construction qu’elle quitte cet endroit sûr. Elle dépose un œuf avec du pollen et du nectar dans chaque cellule, unité de base du nid, qu’elle referme ensuite avec par exemple du limon. Les cellules se succèdent jusqu’à ce que le nid soit rempli. C’est dans ces cellules que s’effectue la métamorphose complète de l’œuf en abeille entre l’automne et le printemps. La femelle passe ainsi les quelques semaines de sa période de vol – du printemps à l’été – à veiller sur le couvain pour assurer sa descendance.

Längsschnitt durch eine Brutzelle. Zu unterscheiden sind Pollenhaufen, Bienen-Larve und die Zellwand aus Mörtel. Nicolas J. Vereecken
Coupe longitudinale d’une cellule de ponte.

Les abeilles sauvages toujours moins nombreuses

De nombreuses abeilles sauvages (hyménoptères de la famille des apidés) figurent sur la liste rouge des espèces menacées de Suisse. Le recul aussi bien du nombre d’espèces que d’individus a été considérable au cours de ces dernières décennies. Les raisons en sont multiples mais elles sont généralement liées au comportement humain. Les habitats naturels de nombreuses espèces d’abeilles sauvages ont disparu ou se sont dégradés. L’agriculture intensive, l’utilisation de pesticides, la construction d’infrastructures comme les routes et les bâtiments péjorent ou détruisent les habitats naturels, les lieux de nidification et l’offre en nourriture des abeilles sauvages. Il y a toujours moins d’espaces verts et les espaces ouverts restants sont souvent exploités trop intensivement. Ces deux facteurs menacent la pérennité des quelques 580 espèces d’abeilles sauvages de Suisse.

Ausgeräumte, eintönige Landschaften sind ein Grund für den steten Rückgang der Bienen-Fauna. Pro Natura
La dénaturation et l’uniformisation des paysages nuisent aux abeilles sauvages.

Sans plantes sauvages pas d’abeilles sauvages, et inversement!

La période de vol des abeilles sauvages ne dure que quelques semaines entre le printemps et l’été et elle présente des variations selon les espèces. Les fleurs sauvages, les buissons et les arbres fruitiers qui offrent aux abeilles sauvages la nourriture dont elles ont besoin fleurissent souvent durant une période très limitée. Il faut ainsi qu’il y ait durant les quelques semaines de vol des abeilles, suffisamment de nourriture pour elles et leur progéniture. Si les abeilles sauvages sont très dépendantes de l’offre alimentaire existante, leurs plantes nourricières ont aussi besoin d’elles pour la pollinisation. On a donc là une parfaite illustration des interactions existant entre animaux et plantes. Les espèces animales et végétales ne peuvent survivre séparément. Elles font partie de la biodiversité et dépendent les unes des autres, ainsi chaque espèce compte. L’être humain aussi fait partie de la biodiversité et dépend d’elle. C’est pourquoi nous devons la protéger.

Wildbienen brauchen vielfältige Landschaften, wie hier an der Lötschberg Südrampe. M. Sorg
Les abeilles sauvages ont besoin de paysages diversifiés.

Osons le désordre et la diversité dans nos jardins!

En aménageant et en entretenant nos jardins de manière naturelle, nous pouvons faire beaucoup pour les abeilles sauvages, sans grands efforts. Le principe est simple: il faut avoir le courage d’accepter un certain désordre pour laisser place à la diversité. La contribution la plus importante à la protection des abeilles sauvages réside dans la préservation et la valorisation de milieux naturels.

Vous pouvez être utile aux abeilles avec:

  1. Un jardin aux structures très diverses avec des plantes indigènes de différentes formes et périodes de floraison.
  2. Une prairie riche en espèces que vous fauchez en plusieurs fois: en ne fauchant que certaines parties du pré, on conserve un milieu naturel pendant une plus longue période.
  3. Des zones ouvertes avec des sols sablonneux ou limoneux.
  4. Des tas de gravier et de bois mort, des murs en pierres sèches, des coquilles d’escargots et des tiges de plantes.

Avec ces mesures simples, nous pouvons aider les abeilles sauvages à se nourrir et à se reproduire. Mais pensez aussi que le couvain des abeilles se développe pendant l’hiver dans les nids. Laissez donc dans votre jardin des tiges de plantes et des coquilles d’escargots jusqu’au printemps, sans quoi tout un couvain pourrait être perdu. Si vous voulez faire encore davantage pour les abeilles sauvages, vous trouverez au début de la page un mode d’emploi pour la construction d’hôtels à abeilles (en allemand). 

Ein naturnah gestalteter Garten ist bei den Wildbienen heiss begehrt. M. Sorg
Un jardin «sauvage» pour les abeilles.
Ours brun près d’un marais Lucaar / Stock Adobe
Animal de l’année

Animal de l’année 2009: l’ours brun

Le mot d’ordre du 100ème anniversaire de Pro Natura – un regard tourné vers le passé et vers l’avenir – trouve un symbole dans le choix de l’ours brun comme Animal de l’année 2009. L’ours brun a été le premier animal figurant sur l’emblème de la Ligue suisse pour la protection de la nature – aujourd’hui Pro Natura – et son retour représente à présent l’un des défis majeurs de la protection des espèces en Suisse.

«L’ours est de retour!» annonçait le Parc national suisse dans un communiqué de presse daté du 26 juin 2005, soit près de cent ans après que le dernier ours suisse a été abattu. Deux autres ours sont apparus dans le val Münster et en Engadine en 2007. On peut s’attendre à ce que d’autres ours immigrent en Suisse pour y trouver un nouveau milieu de vie. L’Arc alpin a été peuplé d’ours depuis la nuit des temps. Et il semble bien que ce soit à nouveau le cas. L’ours fait partie de notre nature, de notre culture. De nombreux noms de lieux et sa présence sur des armoiries cantonales et communales en témoignent. Sans oublier toutes les auberges du pays dont le nom rend hommage à l’ours. 

L’ours trouve chez nous des conditions de vie favorables. L’attitude de la population à son égard et le manque de soutien politique sont en définitive les plus grands obstacles que l’ours brun ait à franchir sur son chemin vers la Suisse. Notre pays doit faire face à ses responsabilités si des ours bruns continuent d’immigrer de manière naturelle. En effet, les ours bruns sont toujours menacés et donc protégés au niveau européen.

Pro Natura et l’ours: cent ans d’histoire commune

Cent ans ont passé depuis la constitution par des scientifiques bâlois de la Ligue suisse pour la protection de la nature – aujourd’hui Pro Natura – en vue de créer un Parc national suisse. Le premier objectif de Pro Natura était d’obtenir le financement du futur parc national. Il aura fallu également près de cent ans pour que l’ours brun revienne en Suisse: en 1904, deux chasseurs abattaient le dernier ours helvétique en Engadine. Photographes et population villageoise s’étaient alors déplacés pour assister au triomphe du monde civilisé sur le monde sauvage. Pendant près d’un siècle, on a donc considéré que l’ours avait disparu de Suisse.
Jusqu’à ce que JJ2 – affectueusement rebaptisé «Lumpaz» par le Blick – s’aventure à nouveau dans les forêts grisonnes en 2005. Ce n’est pas par hasard si le premier ours est réapparu cent ans après dans le Parc national suisse fondé par Pro Natura. Ce site offre manifestement une portion de nature sauvage où l’ours se sent bien. Aujourd’hui, Pro Natura s’investit sur le plan politique et par un travail de sensibilisation pour un retour pacifique de l’ours en Suisse. Pour permettre à l’histoire de l’ours en Suisse et en Europe de se poursuivre.

Vivre avec l’ours, c’est possible!

L’ours est toujours une espèce menacée et il bénéficie donc d’une protection au niveau européen. La Suisse porte une responsabilité particulière à l’égard de la diffusion naturelle de l’ours en Europe. L’Arc alpin est l’un des plus vastes territoires européens offrant un espace naturel aux ours et la Suisse est au beau milieu. Les ours ont fait partie de notre culture pendant des siècles. De nombreux noms de lieux-dits et de localités et quantité d’armoiries témoignent de la longue histoire culturelle de l’ours en Suisse. Sans parler des centaines d’auberges à travers le pays qui portent fièrement le nom de l’«ours». Mais la société a désappris à partager son territoire avec des animaux sauvages au cours de la centaine d’années pendant lesquelles l’ours avait disparu. Par le choix de l’ours, Pro Natura souhaite rendre la population attentive aux besoins des animaux sauvages et au bon comportement à adopter à leur égard, en particulier avec l’ours. Son objectif est d’obtenir davantage de sécurité pour les êtres humains et un plus large accueil de l’ours par une meilleure connaissance de cet animal.

Der Schweizerische Bund für Naturschutz wirbt 1908 auf einem Plakat mit dem Bären um Mitglieder. Die Litographie stammt von Anton Christoffel
© Anton Christoffel

Qui est l’ours brun? Signalement

La taille de l’ours brun (Ursus arctos) se situe entre 1m70 et 2m20. Son poids peut varier considérablement selon le territoire où il vit. Le mâle (120 à 350 kg) est nettement plus lourd que la femelle (75 à 160 kg). L’ours brun d’Europe est couvert d’un épais pelage brun clair. Le jeune porte un collier clair qui disparaît avec l’âge. À côté de puissantes canines, la dentition de l’ours présente des molaires relativement plates et larges qui fonctionnent comme des meules broyant les végétaux. Ses organes sensoriels sont extrêmement développés, en particulier son museau et ses oreilles. Le plantigrade est très curieux et montre une grande capacité d’apprentissage. Les connaissances acquises jouent un rôle important dans son comportement. Chaque animal porte en lui l’empreinte de ses expériences individuelles, ainsi les modes de comportement peuvent varier fortement d’un individu à un autre.

Répartition hier et aujourd’hui

Hier...

L’ours brun vivait autrefois dans tout l’hémisphère nord, de la toundra arctique aux régions subtropicales. Sa grande faculté d’adaptation lui a permis d’occuper des milieux naturels très divers: forêts, steppes, régions de montagne, toundra arctique. Le morcellement du paysage, le déboisement de l’Europe et surtout la traque dont il a été victime, l’a fait disparaître de vastes secteurs de son aire de diffusion originelle. Le débat sur l’opportunité du retour de l’ours a été lancé en Suisse peu après l’extinction de l’espèce dans notre pays. En 1936, l’Engadinois Steivan Brunies, co-fondateur de la Ligue suisse pour la protection de la nature (LSPN), aujourd’hui Pro Natura, exprimait l’espoir d’un repeuplement naturel de la région du Parc national à partir du Tyrol du Sud, où des partisans italiens de la protection de la nature militaient énergiquement pour une protection de l’ours et pour la création d’une vaste réserve. Septante ans plus tard, on parle de nouveau de l’ours brun en Suisse. En 2005, le premier ours brun depuis des décennies regagnait la Suisse depuis le sud.

…et aujourd’hui

Les populations actuelles d’ours en Europe sont installées dans des régions boisées, généralement montagneuses et assez peu peuplées. Leur habitat naturel est déterminé par les ressources alimentaires à disposition. En Europe, on connaît des territoires vitaux allant de 50 à 5000 km2. Selon les expériences faites dans d’autres régions d’Europe densément peuplées et exploitées de manière intensive, la Suisse offre aussi des milieux naturels appropriés pour les ours. On trouve la densité d’ours la plus élevée en Europe dans les Carpates roumaines. L’ours est également répandu dans les Alpes (Slovénie, Italie) et dans les Pyrénées. Un nombre important d’ours vit également à l’état sauvage au nord et à l’est de l’Europe (Suède, Finlande, Norvège, Russie).

L’ours brun est non seulement répandu en Europe mais aussi en Amérique du Nord, sous la forme des sous-espèces que sont l’ours Kodiak (Île Kodiak et îles voisines, près de la côte sud de l’Alaska) et le grizzly (ouest et centre de l’Amérique du Nord).

Que mange l’ours?

Le plus grand prédateur européen est principalement végétarien. Un ours brun n’est jamais en équilibre au niveau énergétique. Soit il prend rapidement du poids, soit il maigrit.

Son appétit est particulièrement grand à la fin de l’été et en automne, car il doit se constituer des réserves de graisse pour l’hiver. Un ours adulte peut consommer jusqu’à 20’000 calories par jour. Cette quantité d’énergie correspond à 30 kg de pommes.

À cette époque de l’année, la nourriture de l’ours est constituée de fruits, tels que glands et faînes et, dans les forêts du sud, de châtaignes et de baies. L’ours se retire dans une grotte pour passer l’hiver, ses réserves de graisse atteignent près d’un tiers de son poids. Lorsqu’il quitte son abri au printemps, il n’a guère faim dans un premier temps. Il se nourrit alors de racines, de graminées et de plantes comme l’ail des ours. Des charognes d’animaux sauvages victimes de l’hiver, par exemple de chamois, sont également les bienvenues. Des abeilles, des guêpes ou des fourmis fournissent aussi à l’ours des protéines animales.

Comportement et reproduction

L’ours mâle erre en solitaire dans la forêt. Il ne défend donc pas de territoire mais il évite ses congénères. C’est seulement durant la période d’accouplement, en été, qu’il cherche le contact avec une femelle. Au terme de quelques jours passés ensemble et après l’accouplement, leur chemin se sépare déjà.

Après la fécondation, le développement des embryons ne débute qu’avec l’hibernation de la femelle. La gestation dure alors de six à huit semaines. Blottie dans sa tanière, la femelle donne naissance à deux à trois minuscules rejetons qui ne pèsent que 300 à 400 grammes. Les ours vont grandir rapidement et quitter la grotte qui les a vu naître au début du printemps. Ils resteront avec leur mère pendant un an et demi à trois ans et demi.

Leur mère leur apprend à reconnaître les endroits où trouver de la nourriture et les aliments les plus énergétiques. Une fois séparés de leur mère, les oursons restent généralement encore un été ensemble avant de se mettre en quête d’un territoire propre. Les jeunes femelles cherchent alors à rester à proximité de leur mère alors que les jeunes mâles doivent souvent parcourir de longues distances pour trouver un territoire libre. Les animaux qui ont survécu à la période critique de la jeunesse peuvent atteindre l’âge de 25 ans.

Hibernation

Pour passer l’hiver, l’ours recherche une caverne dans laquelle il dépose toutes sortes de végétaux propres à constituer un tapis douillet. Durant l’hibernation, le plantigrade ne boit et ne mange rien pendant des mois et brûle ses réserves de graisse pour survivre. C’est également l’époque à laquelle les mamans ourses allaitent leurs petits. Durant le repos hivernal, l’ours voit la température de son corps baisser, de même que sa fréquence respiratoire et cardiaque. Il n’a pas besoin d’uriner ni de déféquer. Mais s’il est dérangé, l’animal se réveille instantanément et quitte même son refuge au besoin. Lorsque la température se radoucit, il arrive qu’il quitte brièvement son abri. On peut donc parfois tomber sur ses traces même en plein hiver.

Bärin mit Jungbären Prisma / Berndt Fischer
Une ourse avec ses oursons

Ours et homme: la cohabitation est possible

On trouve un bon exemple de coexistence pacifique de l’ours et du monde civilisé à quelques kilomètres seulement de la frontière suisse. Après des années de travaux préparatoires, des ours slovènes ont trouvé une nouvelle patrie dans le Parc naturel italien d’Adamello Brenta, dans le Trentin. Dix ours y ont été lâchés au tournant du millénaire. Les ours des Alpes n’auraient pas eu d’avenir sans cet apport de sang neuf. Faute d’autres populations vivant aux alentours avec lesquelles ils auraient pu entretenir un échange, leur base génétique était devenue trop restreinte et ces ours n’avaient plus de descendance. Les ours réintroduits vont permettre de reconstituer une population viable.

Lors d’un sondage, la population du Trentin s’est déclarée favorable à cette politique de soutien à l’ours. Cela tient d’une part aux ours eux-mêmes, qui n’ont jamais posé de problème de par leur discrétion, et d’autre part au travail d’information intensif mené par les responsables du projet. Les chasseurs et les paysans, qui constituent les groupes d’intérêts les plus critiques, ont été inclus dans le projet. Les expériences de nos voisins Italiens et Autrichiens montrent que l’ours et l’homme peuvent cohabiter sans encombre. Ursus arctos constitue même un véritable atout touristique dans les régions concernées.

Adopter le bon comportement vis-à-vis des ours est un élément important pour la cohabitation de l’animal et de l’homme, ce uniquement dans le cas très rare d’une rencontre en pleine nature. Les mesures à adopter par la société à l’égard des ours jouent aussi un rôle important. Des poubelles à l’épreuve des ours, aucun nourrissage et aucune tentative de rapprochement téméraire sont autant d’éléments essentiels pour une cohabitation sûre et paisible de l’être humain et de l’ours. Certains ours, comme Lumpaz ou JJ3, se montrent peu timides à l’égard du monde civilisé. On doit réapprendre cette réserve aux ours en leur enseignant qu’ils ne trouveront rien à manger dans les zones habitées et qu’ils n’y sont pas les bienvenus. La plupart des ours apprécient la tranquillité et vivent retirés dans leur forêt, à l’écart des agglomérations.

Rares rencontres entre l’ours et l’être humain

Des surfaces boisées impraticables et reculées sont certes idéales pour l’ours. Mais l’homme ne doit pas forcément être absent de son territoire vital. La chance de rencontrer cet animal sauvage reste très faible même dans les régions où l’ours brun est répandu. Grâce à son remarquable odorat et à son ouïe fine, il détecte généralement de loin la présence de l’homme et prend le large. Lorsqu’on croise néanmoins le chemin du plantigrade, il faut rester calme et immobile. Dès que l’ours discerne la présence de l’être humain et réalise qu’elle ne constitue pas une menace, il bat tranquillement en retraite. Le fait que l’homme ait poursuivi et chassé ses ancêtres pendant des millénaires est profondément inscrit en lui. Il reste donc à bonne distance des êtres humains.

Eingewanderter Bär im Münstertal/GR Sobli / Thomas Buchwalder
L’ours brun dans le Val Münster

Dommages causés par l’ours: comment les prévenir

L’ours est surtout végétarien mais il peut s’en prendre aux animaux domestiques, aux cultures et aux aliments pour les animaux. Il aime le sucré. Les ruches constituent donc une véritable tentation. Il est toutefois possible de les protéger par des clôtures électrifiées. Les moutons, les chèvres isolées, les bovins et les chevaux peuvent aussi être des victimes de premier plan. On peut limiter dans une large mesure les dommages en faisant garder les animaux domestiques, en les détenant la nuit dans une étable ou en les protégeant avec une clôture électrifiée. En Europe, un ours tue moins de cinq moutons par année. Les dommages aux cultures dus aux ours sont négligeables en comparaison des dommages causés par les cerfs, les chevreuils, les chamois ou les sangliers. Les dommages occasionnés malgré toutes les mesures préventives, sont indemnisés par la Confédération et les cantons.

Ein Patou bewacht seine Schafherde auf der Alp Giétroz Jean-Marc Weber
Sur l’Alp Giétroz

Menacé et protégé: protection juridique et gestion en Suisse

En Suisse, l’ours brun est protégé sur la base de la Convention de Berne (1980) et de la législation fédérale sur la chasse (1986). La gestion des ours immigrants a été définie en 2006 par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) dans un «Plan Ours». Ce Plan est basé sur la conviction que les ours et les hommes peuvent aussi cohabiter en Suisse. Il souhaite créer les conditions préalables à une coexistence qui soit la plus pacifique possible, réglementer la prévention et l’indemnisation des dommages et définir la gestion des ours dangereux pour les êtres humains. Des concepts de gestion des populations locales ont été développés dans plusieurs pays européens afin de garantir la protection de l’espèce et une cohabitation avec les hommes qui soit la plus paisible possible. Sur le plan européen, un «Plan d’action» du Conseil de l’Europe poursuit les mêmes objectifs. Grâce à ces efforts, différentes populations européennes d’ours bruns ont connu un essor au cours des dernières décennies.

 Imagepoint Imagepoint
En Suisse, l’ours brun est protégé
Un chasseur se tient au bord d'un champ de céréales et regarde à travers ses jumelles
Protection des espèces

Chasse et pêche – Une contribution active à la protection de la nature en Suisse

En Suisse, la chasse et la pêche représentent des instruments importants pour préserver la biodiversité et protéger les milieux naturels. L’objectif est d’assurer une gestion durable des populations de gibier et de poissons, tout en garantissant l’équilibre écologique. Pro Natura reconnaît que les milieux de la chasse et de la pêche participent à l’entretien et la préservation des milieux naturels. Ils contribuent également à sensibiliser un large public aux besoins de la faune sauvage.

Nous partageons l’environnement avec les animaux sauvages. L’expansion de l’être humain sur l’ensemble du territoire et sa supériorité technique ont augmenté la pression sur la faune de telle sorte que certaines espèces ont été éradiquées et des écosystèmes détruits. Le retour du cerf élaphe, du castor ou du loup illustre l’efficacité des réglementations modernes en matière de chasse et de protection. Une lueur d’espoir à une époque où la biodiversité est plus menacée que jamais.

Défis et engagement

Une chasse qui se fonde sur des connaissances techniques considère la faune sauvage en tant que composante importante de notre environnement et ne l’empêche pas de se répandre. Une réglementation claire est indispensable quant aux périodes de chasse (ouverture/fermeture), plans de tir, protection des couples reproducteurs ou femelles suitées et méthodes de chasse respectueuses. Le suivi et la recherche déterminent où les interventions cynégétiques s’avèrent nécessaires ainsi que leurs conséquences. Ils évaluent les résultats de manière factuelle dans le cadre de la gestion de la faune sauvage.

La cohabitation de l’être humain avec des espèces de grande taille et d’une grande capacité d’adaptation est parfois problématique. Des voix s’élèvent alors rapidement pour réclamer des tirs. Pro Natura s’engage afin que la résolution des conflits ne se fasse pas uniquement au détriment des animaux. Des mesures préventives et la valorisation des milieux naturels revêtent autant d’importance que la chasse ou des interventions régulatrices pour assurer une coexistence harmonieuse avec des animaux sauvages susceptibles d’engendrer des conflits.

Chasse et protection de la nature sont conciliables

Par respect pour le vivant et les écosystèmes, Pro Natura souhaite une chasse qui prenne soin de la nature et des animaux:

  • Les animaux sauvages et leurs besoins en matière d'habitat sont respectés comme partie intégrante de notre paysage anthropisé.
  • La pratique de la chasse ne menace pas les populations et la répartition des espèces animales indigènes, ni ne porte préjudice à leurs habitats. Elle tient compte des préoccupations relatives à la protection des animaux et renonce à des méthodes éthiquement discutables, telles que la chasse au terrier ou la traque avec des pièges pour capturer le gibier vivant.
  • Les mesures cynégétiques ou régulatrices poursuivent des objectifs tant concrets que techniques. Leur efficacité est régulièrement évaluée. Pro Natura rejette la «régulation des populations» comme justification générale de la chasse.
  • Les personnes pratiquant la chasse et les autorités en charge attestent d’une conception moderne des espèces carnivores. Les petits et grands prédateurs ne sont pas considérés comme des «nuisibles» ou des «concurrents» qu’il faut combattre. Leur droit d'exister est reconnu et leur influence intégrée dans la planification cynégétique.
  • La chasse est pratiquée selon des critères biologiques et des motifs écologiques. L’obtention de «trophées» ostentatoires n’a pas lieu d’être. Les femelles sans bois doivent être prélevées afin d’assurer un équilibre entre les sexes au sein de l’effectif.

Pro Natura reconnaît que, de nos jours, la chasse locale répond à ces objectifs dans une large mesure. En collaboration avec les autorités, les sociétés ou les fédérations de chasse, les dianas, ainsi que les personnes pratiquant la chasse, nous nous efforçons de préserver et de promouvoir la biodiversité.

Engagement sur tous les fronts pour la protection des poissons

Les populations de poissons indigènes sont menacées par l’aménagement des cours d’eau, le réchauffement climatique, les polluants et les espèces invasives. Pro Natura s’engage en faveur de la protection et de la restauration des habitats aquatiques. Une pêche durable garantit la préservation des effectifs et des milieux naturels. Les loutres et les oiseaux piscivores ont également le droit d’exister. Les conflits d’utilisation avec les cormorans, harles bièvres et autres espèces ne peuvent et ne doivent pas être «réglés» à long terme au fusil.
 

FAQ Chasse et pêche

Doit-on abolir la chasse et la pêche pour protéger la nature?

Non. Selon Pro Natura, la chasse et la pêche (sportive et commerciale) ont leur raison d’être en tant que formes d’exploitation durable. Tant qu’elles ne portent pas préjudice aux populations d’espèces indigènes, elles sont acceptables du point de vue de la protection de la nature. Les velléités d’interdiction de chasse ou de pêche sont en général motivées par des considérations éthiques et non écologiques. En revanche, la consommation élevée de viande et de poisson est contestable. La viande et le poisson issus de l’exploitation industrielle sont associés à nettement plus de souffrance animale que ceux issus de la chasse et de la pêche suisses, qui consomment en outre moins de ressources. La chasse peut également participer à une gestion judicieuse de la faune sauvage.

Comment la chasse ou la pêche participent-elles à la protection de la nature?

Une gestion de la faune sauvage reposant sur des bases scientifiques actualisées permet d’équilibrer les exigences en matière d’habitat et d’utilisation par la faune et l’être humain du paysage anthropisé. Elle ne se place donc pas en porte-à-faux avec la protection de la nature. Un grand nombre d’adeptes de la chasse et de la pêche interviennent tout au long de l’année en faveur des milieux de vie de la faune sauvage et des poissons: tailler les haies, faucher les prairies sèches, éclaircir la forêt, protéger les jeunes arbres, sauver les faons de la faucheuse, sécuriser les passages à faune sur les routes et signaler leurs observations d’espèces rares pour le besoin de la recherche, pour ne citer que quelques exemples. D’autres s’impliquent dans le nettoyage de cours d’eau, déplacent poissons et écrevisses vers des plans d’eau plus grands et plus frais en cas de canicule ou de sécheresse, participent à leur capture à des fins de marquage et de recherche, ou encore entretiennent à bien plaire les zones riveraines. En outre, ces volontaires sensibilisent leur entourage et le grand public aux besoins du gibier et des poissons en matière de tranquillité, de nourriture, ainsi que de leurs exigences en termes de milieux naturels appropriés. Des interventions cynégétiques ciblées sur des ongulés sauvages ou des renards peuvent, par exemple, favoriser localement le rajeunissement de la forêt ou la reproduction d’espèces rares, telles que le lièvre brun ou le vanneau huppé.

Existe-t-il un droit à la proie?

Non. Les cantons disposent du droit régalien de la chasse et d’une vaste marge de manœuvre pour l’organisation de la chasse de certains mammifères et oiseaux sauvages, autorisant la population à en faire usage. En Suisse, le droit de chasse n’est pas lié à la propriété foncière, mais peut être transféré par le canton à des particuliers (système de chasse à patente) ou à des sociétés de chasse (système de chasse affermée). Une personne pratiquant la chasse n’a toutefois pas droit à un nombre déterminé d’animaux abattus. Elle ne peut pas être «lésée» par la concurrence du loup ou du lynx.

Quelle est la position de Pro Natura quant à la chasse d’espèces menacées?

La chasse ne doit pas mettre en danger la population de l’espèce chassée ni les milieux naturels. Elle doit remplir des objectifs clairs et vérifiables. Ce dernier point est discutable concernant le lagopède, le tétras-lyre, la bécasse des bois, le lièvre variable et le lièvre brun. Une régulation de leurs populations n’est pas nécessaire. Cependant, la principale menace ne vient pas de la chasse. Les espèces en péril souffrent davantage des perturbations et du réchauffement climatique, au même titre que de la destruction, de la dégradation et de la fragmentation des milieux naturels. Selon Pro Natura, la chasse de ces espèces est de ce fait difficilement justifiable. 

Des tirs sont-ils nécessaires dans les districts francs et les sites de protection des oiseaux d’eau?

Les districts francs ont été créés pour permettre la reconstitution des populations d'ongulés sauvages (cerf élaphe, chamois, bouquetin, chevreuil) surexploitées. De nos jours, leur objectif est d’offrir une protection tout au long de l’année contre les perturbations humaines des habitats d’espèces menacées. Les sites de protection des oiseaux d’eau protègent les espèces d’oiseaux aquatiques et migrateurs vulnérables. Les zones protégées de la chasse et des perturbations permettent de ce fait aux ongulés sauvages comme le cerf élaphe ou le sanglier de prospérer, de sorte qu’ils pullulent parfois. Des dommages à la forêt et des conflits avec les surfaces agricoles voisines peuvent en résulter. Ce sont fondamentalement des zones prioritaires pour la faune et le tir d’animaux sauvages doit demeurer l’ultime recours. L’agriculture, l’économie forestière, la protection de la nature et le secteur touristique ont leur rôle à jouer pour désamorcer les conflits (par exemple par un pâturage adapté, la rotation des cultures, la mise en place de clôtures, la sylviculture, la gestion du public, l’entretien des milieux naturels). Cela s’applique surtout aux sites de protection des oiseaux d’eau, particulièrement sensibles aux perturbations, et aux zones centrales intégralement protégées des districts francs fédéraux. Dans les «zones périphériques» des districts francs, partiellement protégées, Pro Natura estime en revanche que des interventions régulatrices ciblées par les gardes-chasse sont acceptables, à condition qu’elles soient limitées dans le temps et que leur efficacité soit régulièrement évaluée.

Les cormorans, harles bièvres et autres espèces similaires sont-ils problématiques pour nos poissons?

Dans les milieux aquatiques, les prédateurs sont un élément important de l’écosystème, qu’il s’agisse de poissons carnassiers comme le brochet, d’oiseaux ou de mammifères piscivores (loutres). Dans le paysage suisse anthropisé, urbanisé et surexploité, les poissons sont confrontés à de nombreux dangers, tels que barrages, surchauffe, débits résiduels insuffisants, produits chimiques, introduction d’espèces, aménagements des cours d’eau et des berges, pressions exercées par l’être humain et les prédateurs. Les cormorans, harles bièvres et autres espèces similaires ne sont pas responsables du déclin des populations de poissons, mais servent souvent de «boucs émissaires» à des fins politiques. Toutefois, la pression exercée par les oiseaux sur certains milieux aquatiques peut mettre en péril, par exemple, les frayères de l’ombre commun, une espèce menacée. Dans certaines circonstances, le prélèvement ponctuel d’oiseaux piscivores peut s’avérer nécessaire, selon Pro Natura. Néanmoins, ces mesures ne sauraient se substituer à la nécessité d’une revitalisation et à la mise sous protection de zones riveraines plus vastes à même de fournir un refuge aux poissons.

Quelle est la position de Pro Natura sur le repeuplement des cours d’eau?

La Suisse manque de zones de protection des eaux et des poissons. Le repeuplement artificiel des cours d’eau par des alevins ne fait que combattre les symptômes. L’exploitation piscicole en tire profit, mais pas la protection des espèces. La revitalisation et la protection de zones aquatiques et riveraines plus étendues servant de refuges aux poissons sont, elles, incontournables. Mais, si repeuplement il y a, il devrait être effectué avec des espèces indigènes – Pro Natura rejette formellement l’introduction d’espèces non indigènes, telle la truite arc-en-ciel.

La Rosalie des Alpes est une espèce de coléoptère strictement protégée

Ros­alie des Alpes: une reine de beauté par­mi les coléop­tères indigènes

Le jaune éclatant des linaires d'Italie en pleine floraison dans des vignes valaisannes

Coup de pouce à la mél­itée des linaires en Valais

Un muscardin grimpe dans un arbre

Sur la piste du muscardin

Lebensraum Wiese
laufende Projekte

Aktuell fördern wir mit über 250 Projekten die Natur und die Artenvielfalt in allen Regionen der Schweiz. Dies ist nur dank Spenden und Mitgliederbeiträgen möglich. Herzlichen Dank für Ihre Unterstützung.

Jetzt spenden