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Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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Réalisation aménagements favorables à l'hermine dans la région du Gros-de-Vaud
05.03.2018 Protection des espèces

«Au chevet de l'hermine»

Dans le Gros-de-Vaud (VD), où l'agriculture est particulièrement intensive, les petites structures se font rares. Pour que la situation s'améliore, Pro Natura mène dans cette région un projet de promotion des microstructures favorables à l'hermine, entre autres.

En 2015, un jeune herpétologue approche Pro Natura pour signaler que la situation du lézard agile se détériore dans la région dite du Gros-de-Vaud (la zone située entre Yverdon-les-Bains, le Jorat et Moudon). Pro Natura est convaincue que le recul de cette espèce protégée en Suisse est la conséquence de deux phénomènes: d'abord le manque cruel de petites structures dans le paysage, comme les tas de pierres et de branches, les haies et bosquets, les lisières étagées, les jachères, les ourlets extensifs ou encore les bandes herbeuses non fauchées. Ensuite, l'isolement de ces habitats favorables aux espèces qui en dépendent. Pro Natura décide alors de démarrer un projet de promotion de l'espèce dans cette région.

Un projet synergique

Les petites structures sont aussi favorables aux petits mustélidés, d'excellents auxiliaires pour l'agriculture friands de campagnols et autres rongeurs. Afin de tenir compte des spécificités biologiques et écologiques aussi bien du lézard agile que de la belette, une espèce prioritaire pour la Confédération, et de l'hermine, une espèce qui figure dans les objectifs environnementaux pour l'agriculture, Pro Natura intègre dans le projet plusieurs acteurs: le karch (Centre de coordination pour les amphibiens et les reptiles de Suisse) et le REHM (Fondation pour la promotion des petits carnivores).

Sur la base des données info fauna, les experts ont ainsi analysé les photos aériennes et les cartes pour définir les secteurs à potentiel pour promouvoir ces trois espèces. Cinq secteurs ont été définis. Durant l'année 2017, avec le soutien de Pro Natura Vaud et des services cantonaux, un biologiste a parcouru trois de ces secteurs pour analyser la qualité des habitats et répertorier les habitats existants favorables, les habitats existants mais qui méritent une amélioration et ceux inexistants mais intéressants à aménager. L'analyse a pour objectif de définir des sites pour la reproduction et des sites de mise en réseau des habitats. En recoupant son analyse avec celles des experts et les données des réseaux écologiques agricoles, une carte regroupe dorénavant les sites qui méritent d'être améliorés prioritairement pour les espèces cibles définies.

Convaincre et non contraindre

Les discussions sont en cours avec les ingénieurs forestiers et les biologistes en charge des réseaux écologiques agricoles pour présenter le projet et définir la meilleure démarche pour convaincre les propriétaires fonciers et les exploitants de réaliser des petites structures. Grands prédateurs de campagnols, les hermines atténuent par exemple les pics démographiques des campagnols terrestres. De plus, les petites structures sont favorables à de multiples autres organismes comme les insectes et les araignées qui sont autant d'auxiliaires utiles pour l'agriculture, pour la pollinisation ou la prédation de ravageurs.

Objectif: 25 aménagements d'ici 2019

Dès ce printemps, Pro Natura espère voir se concrétiser les premiers aménagements. Les chances sont bonnes: dans le cadre de journées de formation pour les collaborateurs de Pro Natura réalisées en 2017, deux agriculteurs de la région ont déjà mis en place avec beaucoup d'enthousiasme des tas de pierres avec une chambre de nurserie. Les deux agriculteurs sont prêts à en réaliser d'autres. Fait réjouissant, indépendamment de ce projet, d'autres acteurs se lancent dans la promotion des petits mustélidés en Suisse romande, en particulier certains parcs naturels régionaux, par exemple ceux du Doubs et de Chasseral.

D'ici fin 2019, Pro Natura souhaite réaliser dans la région du Gros-de-Vaud au moins 25 aménagements favorables à l'hermine, en milieux agricole et forestier, le long de talus routiers ou ferroviaires. Dans ce cadre, Pro Natura offre du conseil, de l'expertise, des formations spécifiques, du suivi de réalisations et du financement.

René Amstutz, chef de projet en promotion des espèces chez Pro Natura.

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Info

Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.

Le Pro Natura Magazine vous plonge dans la nature. Il vous dévoile de petites merveilles, de grands projets et des personnalités captivantes. Des images superbes et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par an. Le Pro Natura Magazine éclaire sur 48 pages les coulisses des décisions politiques, présente des recherches, explique la nature et il révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

Protection des espèces

Le lynx, le loup et l’ours sont de retour

Nous nous engageons pour des solutions constructives

Lynx dans le Jura soleurois Matthias Neuhaus
Les grands prédateurs appartiennent à la faune indigène suisse. Ils ne doivent pas être exterminés une deuxième fois. Pro Natura s’engage pour une coexistence pacifique entre l’être humain et le lynx, le loup et l’ours. L’objectif est de permettre à ces espèces de réintégrer leur place dans l’écosystème tout en veillant à ce que les animaux de rente puissent continuer à estiver en toute sécurité dans nos alpages.

En bref:

  • Lynx, loups et ours font partie de notre faune. Pro Natura se réjouit qu’ils soient de retour et qu’ils aient retrouvé un habitat en Suisse. Notre travail de vulgarisation sur la cohabitation avec les grands prédateurs vise à déconstruire les préjugés et les peurs au sein de la population.
  • Par le biais de nos projets et d’un engagement politique, nous luttons afin que ces chasseurs à quatre pattes soient acceptés et que leur droit d’exister soit reconnu.
  • En parallèle, nous nous employons également à protéger les animaux de rente. Il est possible de pratiquer un estivage durable en présence de grands prédateurs.

Retour dans leurs habitats d’origine

En Suisse, au cours du XIXe siècle, l’être humain a exterminé le lynx et le loup et, au début du XXe siècle, l’ours également. Dans la foulée, il a également décimé, voire exterminé, leurs principales proies (cerfs, chevreuils, chamois, sangliers) et défriché leurs refuges naturels, les forêts. Les lynx et les loups sont aujourd’hui de retour en Suisse – tout comme, bien avant eux, leurs proies. Quant aux ours, ils rendent régulièrement visite à la Suisse.

  • Le lynx colonise les Préalpes, les Alpes et le Jura, et de plus en plus le Plateau. Les trois populations partielles en Suisse sont mal connectées et menacées par la consanguinité, ce qui a des conséquences négatives sur la préservation à long terme de l’espèce.
  • Le loup est revenu dans tout l’espace alpin et au sud du Jura. Il a également fait son apparition sur le Plateau. En 2022, au moins vingt meutes, de nombreux couples et quelques loups solitaires ont été recensés en Suisse, soit au total quelque 180 individus. La population de loups est actuellement en forte croissance.
  • Depuis l’été 2005, des ours en provenance du Trentin italien traversent presque chaque année la frontière pour se rendre aux Grisons. Ils ne s’aventurent que rarement dans d’autres cantons. Jusqu’à présent, il ne s’agissait que de mâles. Il semble donc pour l’instant improbable que des ours se reproduisent sur le sol suisse.
Wolf in mystischer Abendstimmung
Quel comportement adopter si je rencontre un loup?

La grande majorité de la population suisse ne tombera jamais sur un loup en liberté. Il est toutefois théoriquement possible d’en croiser un par hasard sur une grande partie du territoire suisse. Comment se comporter dans une telle situation? Voici nos recommandations.

Une coexistence possible

Pro Natura est consciente que la cohabitation avec le lynx, le loup ou l’ours dans les paysages ruraux nécessite un apprentissage. Il s’agit là d’un défi et il n’y a pas de recette miracle. Pro Natura est cependant convaincue qu’une coexistence pacifique est possible, comme dans d’autres pays.

Nous nous engageons en faveur de solutions constructives afin de préserver et de soutenir l’expansion de ces espèces protégées en Suisse, tout en considérant les intérêts légitimes des populations de montagne et des éleveuses et éleveurs d’animaux de rente.

Nous recherchons le dialogue avec les parties concernées et contribuons à une mise en œuvre concrète de la protection des troupeaux en Suisse, que ce soit par le biais d’aides financières, du bénévolat ou d’excursions visant à enseigner aux participantes et participants quel comportement adopter en cas de rencontres avec des chiens de protection.

Les grands prédateurs et l’agriculture peuvent coexister

Sur des pâturages protégés, accompagnés de chiens de protection et/ou entourés de clôtures électriques, idéalement surveillés par des bergères et bergers, les animaux de rente sont largement à l’abri des prédateurs.

Ce n’est qu’avec une bonne gestion de la pâture qu’ovins et bovins contribuent dans les faits à la préservation de la diversité biologique dans les Alpes. Parallèlement, cette pratique permet de réduire les pertes dues aux chutes ou aux maladies, à l’origine chaque année d’un nombre nettement plus important de victimes parmi les animaux d’élevage que celui causé par les prédateurs.

Certes, il y aura toujours des loups isolés qui s’en prendront à des troupeaux protégés. Dans ces cas-là, le tir d’individus particulièrement nuisibles représenterait une option. C’est ce que prévoient la convention de Berne et la loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP). Dans les régions où la population de loups est assurée et la pression de la prédation sur les animaux de rente élevée, il peut s’avérer nécessaire de recourir à une régulation de leur effectif. Dans cette éventualité, Pro Natura part toutefois du principe que la protection des troupeaux a été mise en œuvre au préalable. La population de loups ne doit pas être mise en danger par les éventuels tirs de régulation, même localement.

C’est la raison pour laquelle Pro Natura suit de près l’application de la loi et, le cas échéant, exerce le droit de recours des associations pour faire appliquer une gestion réfléchie du lynx, du loup et de l’ours.

Lince seduta
Ressources pédagogiques pour vous

Les chiens de protection

Les chiens gardiens de troupeaux sont un moyen efficace pour protéger les ovins des crocs des prédateurs. Un bref court-métrage cofinancé par Pro Natura précise comment se comporter correctement avec les chiens de protection.

Régions avec chiens gardiens de troupeaux 

Ulteriori informazioni

Info

Il existe aussi différents dépliants sur ce sujet avec pour titres: «L’ours de retour chez lui», «Le lynx dans nos forêts» et «Le loup est de retour». Commandez vos exemplaires dans la boutique en ligne de Pro Natura. 

Quels comportements adopter en présence de chien de protection?
Wolf
Histoire du retour du loup en Suisse

Comment le loup a-t-il fait sa réapparition en Suisse? L’histoire de son retour présentée de manière chronologique jusqu’à l'été 2021.

Pas d’affaiblissement de la protection légale

Le loup, l’ours et le lynx sont protégés par la loi. Pourtant, des demandes de tirs visant à réduire leur nombre sont régulièrement formulées et des tirs illégaux malheureusement toujours à déplorer. La protection du loup a déjà été sérieusement affaiblie sur le plan juridique.

Pro Natura est convaincue qu’une protection efficace pour la survie de ces espèces est plus que jamais nécessaire. Nous nous opposons donc politiquement à un nouvel affaiblissement de la protection légale du loup, de l’ours et du lynx et exigeons que le braconnage soit fermement combattu.

Orso bruno nella foresta rada
Histoire du retour de l’ours en Suisse

Comment l’ours a-t-il fait son retour en Suisse? Récit chronologique.

Des abeilles et des ours

Les ours raffolent du miel. Plus précisément, ce sont les larves d’abeilles que l’ours apprécie. Comment les apicultrices et apiculteurs peuvent-ils empêcher ces grands gourmands de piller leurs ruchers?

Une clôture électrique correctement installée représente une protection efficace. Nous souhaitons diffuser le plus largement possible les moyens pratiques à disposition pour vivre en bon voisinage avec les grands prédateurs. Voilà pourquoi nous avons soutenu ce court-métrage sur les abeilles, les ours et la manière dont les apicultrices et apiculteurs peuvent protéger efficacement leurs colonies. Visionnez-le!

Des abeilles et des ours (en allemand)
Une anguille européenne
01.11.2017 Protection des espèces

La balade de l'anguille

En Suisse, l'anguille figure sur la liste rouge des espèces en voie de disparition. Nombre d’entre elles meurent dans les turbines des centrales hydro-électriques durant leur migration.

À l'automne, l'anguille européenne (Anguilla anguilla) de nos cours d’eau se lance dans une grande migration. En tant qu’«anguille argentée», elle descend les cours d’eau jusqu'à la mer et, de là, poursuit son périple dans l’Atlantique en direction de la Mer des Sargasses, à l'est de la Floride. Durant cette migration, ses organes digestifs régressent en faveur des organes sexuels. Dans la Mer des Sargasses, les animaux s'accouplent, frayent et meurent. Un nouveau cycle de vie commence alors.

Les délicates larves d'anguille ont l'apparence de feuilles de saule transparentes. Elles reviennent vers la côte européenne avec le Gulf Stream, sur une période d'environ trois ans. A ce moment-là, elles ont pris l'apparence typique d'une anguille, tout en restant entièrement transparentes. Ces «civelles» pénètrent alors dans la zone d'eau saumâtre des estuaires. C'est ici que leur métabolisme s'adapte à l'eau douce. Les jeunes anguilles qui remontent les cours d'eau sont appelées «anguilles jaunes». Et comme si tout cela n'était pas assez spectaculaire, elles possèdent encore une autre particularité: dans un environnement suffisamment humide, elles peuvent ramper sur la terre ferme pour contourner des obstacles rencontrés au fil de l'eau.

L’airelle des marais: pas si inoffensive que cela
01.09.2017 Protection des espèces

Prudence – Cette baie bleue vous rendra gris!

Qui ne connait pas les délicieux fruits du myrtillier (Vaccinium myrtillus)?

Mais avant de cueillir ses baies mûres à la fin de l’été et de les goûter, assurez-vous qu’il ne s’agit pas en fait de l’airelle des marais (Vaccinium uliginosum). Une consommation excessive de ces dernières peut vous mettre dans un état proche de l’ébriété. On suppose que les substances toxiques qui en sont responsables proviennent d’un champignon parasite.

En y prêtant une attention particulière, les deux espèces de baies sont aisément identifiables. Bien que bleue toutes les deux, leur pulpe et leur jus sont différents. Les myrtilles ont une pulpe bleue, celle des airelles des marais est de couleur claire. Ces deux éricacées présentent encore d’autres caractéristiques distinctives: les jeunes branches des myrtilles sont vertes et anguleuses avec des feuilles ovoïdes finement dentelées. Les jeunes rameaux de l’airelle des marais par contre sont bruns et ronds, leurs feuilles entières. Un examen attentif en vaut donc la peine.

La bondrée apivore est une spécialiste de l'alimentation
01.08.2017 Protection des espèces

Le friand de guêpes

Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Alors que nous autres humains pestons contre les innombrables guêpes qui bourdonnent autour des tables à la fin de l'été, celles-ci font la joie de la bondrée apivore (Pernis apivorus).

Cet oiseau se nourrit principalement de guêpes, ainsi que de leurs larves et de leurs cocons. A première vue, la bondrée apivore peut être confondue avec la buse variable. Mais un examen plus attentif permettra de noter que son corps est adapté à son mode alimentaire spécialisé: ses serres peu recourbées conviennent mieux pour fouiller le sol à la recherche de nids de guêpes; et la forme de ses narines, comme fendues, empêche les corps étrangers ou les insectes d'y pénétrer quand elle fouille le sol de son bec. Celui-ci, mince, peut facilement picorer larves et œufs de guêpes dans les rayons. La base du bec et le tour des yeux sont protégés des piqûres par des plumes serrées d'aspect écailleux. Enfin, ses yeux sont implantés plus latéralement que chez les autres oiseaux de proie. Comme les guêpes ne volent que durant une période limitée dans le temps, les bondrées apivores ne séjournent en Suisse que cinq mois, avant de rejoindre leurs quartiers d'hiver en Afrique du Sud, dès la fin août. Un voyage long de 7000 kilomètres.

Lucane cerf-volant mâle: les mâchoires du lucane ressemblent à une ramure.
01.05.2017 Protection des espèces

La vie souterraine du cerf-volant

Le coléoptère le plus spectaculaire de notre pays est sans doute le lucane cerf-volant (Lucanus Cervus), une espèce crépusculaire.

Les mâles ont des mandibules caractéristiques évoquant la ramure du cerf et servant au combat entre rivaux. Ces mandibules sont parfois si grandes qu’elles gênent l’insecte dans l’ingestion des aliments. Les cerfs-volants se nourrissent de la sève qui s’écoule des troncs d’arbres écorchés ou fissurés. Après l’accouplement, qui a lieu en juin, la femelle cherche un feuillu mort ou en dépérissement, au pied duquel elle enterrera un par un une vingtaine d’œufs. Les chênes ont sa préférence.

Les larves de cerfs-volants, qui ressemblent à des vers blancs, vivent dans la terre pulvérulente – stade intermédiaire entre le bois et l’humus – où elles se nourrissent d’humus et de bois putréfié. Après cinq à huit ans, c’est le temps de la métamorphose qui se déroule dans un fourreau de la taille d’un œuf de poule, fait de fibres de bois mâchées. La métamorphose se termine en octobre, mais l’individu adulte (l’imago) passe l’hiver dans le fourreau et ne fait surface qu’à partir du mois de mai suivant. Les lucanes passent donc la majeure partie de leur vie à l’état larvaire, cachés dans le sol.

Le lièvre variable ne peut résister aux rigueurs de l’hiver en montagne qu’en économisant ses réserves d’énergie.
29.11.2017 Protection des espèces

Les humains, ces trouble-fêtes!

En nous promenant dans la nature, nous oublions souvent que les animaux qui y vivent pourraient être dérangés.

Dans de nombreux cantons suisses, outre les sites de protection de la faune d'importance nationale, des zones de tranquillité pour la faune existent. L’accès à ces zones est interdit, mais il est quand même possible de les traverser sur des chemins. Les chamois, bouquetins, cerfs, chevreuils, grands tétras, tétras-lyres et lagopèdes alpins y trouvent toute l'année ou pendant une certaine période des zones de repli où ils peuvent se reposer et s'alimenter sans être dérangés.

Stress et fuite augmentent la consommation d’énergie

L’hiver est une saison particulièrement rude pour certains animaux vivant en montagne. Le froid et le manque de nourriture les forcent à économiser leur énergie. Les dérangements dus à l'homme sont un facteur de stress qui pousse les animaux à fuir. Cette dépense accrue d'énergie peut conduire à l'épuisement, voire à la mort dans certains cas extrêmes, ou encore à une diminution du taux de reproduction. Les randonneurs à ski ou en raquettes doivent absolument respecter les zones de tranquillité et les sites de protection de la faune, rester sur les itinéraires et sentiers balisés, éviter les lisières et les surfaces non enneigées particulièrement appréciées par les animaux et tenir leur chien en laisse, notamment dans les forêts. Une carte des zones de tranquillité est disponible sur internet et permet de planifier les courses à ski en tenant compte de la faune, voir ci-dessus.

L'hermine Mark Zerkuis / Saxifraga
Animal de l’année

Animal de l’année 2018: l’hermine

Très vive, l’hermine (Mustela erminea) est une remarquable chasseuse de campagnols. Mais cette chasseuse n’en a pas moins de prédateurs. Un paysage riche en cachettes est donc indispensable à sa survie.

L’hermine vit dans des paysages variés et ouverts. Elle évite la forêt. Carnivore, elle est spécialisée en Suisse dans la capture des campagnols. Les hermines sont solitaires mais les femelles sont souvent accompagnées par leurs petits. Elles sont fidèles à leur territoire.

L’habitat idéal de l’hermine se caractérise par une bonne connectivité spatiale. Il offre une multitude de cachettes, de territoires de chasse et d’axes de migration. L’hermine chasse dans les prés. Les petits viennent au monde dans un nid aménagé sous des branches ou des pierres. Au printemps, la présence de haies riches en couverts, d’ourlets herbeux ou de rives de ruisseaux facilite la recherche d’une femelle par le mâle. Une quête souvent dangereuse où l’animal est amené à parcourir de longues distances.   

Les hermines se font toujours plus rares dans certaines régions, faute de petites structures et de corridors de migration appropriés. Avec l’hermine disparaissent aussi d’autres espèces dépendant de paysages riches en structures.

Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi l’hermine comme Animal de l’année?

Avec le choix de l’hermine, Pro Natura lance un appel pour que nos paysages culturels redeviennent un réseau d’habitats riche en structures. Cela serait profitable non seulement à l’hermine, mais aussi à de nombreuses autres espèces animales et végétales.

Pro Natura mène à bien des projets de mise en réseau et recrée un habitat pour l’hermine dans ses propres réserves naturelles. Dans le cadre de la campagne «Voie libre pour la faune sauvage!», Pro Natura s’engage pour la protection et le rétablissement de corridors de migration pour la faune sauvage.

Vers la campagne «Voie libre pour la faune sauvage!»

Une hermine dans un abri sûr Adolf Durrer
Les hermines ont besoin de petites structures comme ce tas de pierres

Petits mustélidés

En Europe, il existe deux espèces indigènes de petits mustélidés: l’hermine (Mustela erminea) et la belette (Mustela nivalis). Ces deux espèces sont indigènes en Suisse et elles sont apparentées à la fouine et à la martre, au putois, à la loutre et au blaireau.

Les hermines se déplacent généralement par sauts en courbant fortement le dos Shutterstock / Smiler
Le dos brun, le ventre blanc, le bout de la queue noir: une hermine avec son pelage d’été file, plus rapide que l’éclair

Portrait: une gracieuse et vive demoiselle avec deux livrées

Mince et délicate, un poids de 300 grammes en moyenne et la taille d’une règle d’écolier: cette morphologie permet à l’hermine de se glisser facilement dans les trous de souris, les tas de branches ou les fourrés. Lorsqu’elle ne se repose pas, l’hermine est toujours en mouvement. Elle se livre occasionnellement à de véritables cabrioles. Les scientifiques n’ont pas encore d’explication concluante à ces acrobaties. Des oreilles rapprochées, de courtes pattes et un museau piqueté de vibrisses complètent le portrait de ce gracieux mustélidé. La taille et le poids des hermines varient fortement selon leur habitat. Les individus de l’espace alpin sont plus petits que leurs congénères du Plateau. Les mâles sont plus grands que les femelles (dans le même milieu de vie). En été, le pelage de l’hermine est brun sur le dos et blanc-jaunâtre sous le ventre. En hiver, il devient blanc comme neige. Une seule petite partie de sa fourrure reste noire toute l’année: la houppe fournie ornant le bout de sa queue. Ce pinceau constitue le signe distinctif le plus sûr permettant de différencier l’hermine de sa parente très ressemblante, la belette. L’Animal de l’année 2018 est protégé par la loi. Les populations d’hermine en Suisse ne sont pas connues. Bien qu’elle ne soit pas considérée comme menacée, les spécialistes estiment que ses populations sont en recul. En Suisse, les hermines sont présentes des régions de plaine jusqu’à 3000 mètres d’altitude.

Im Winter trägt das Hermelin ein weisses Fell iStock / Vershinin
En hiver, l’hermine porte une fourrure blanche. La mue est déclenchée par la longueur des jours et par l’hérédité de chaque individu

La terreur des campagnols

L’agilité et la vivacité de l’hermine ont leur prix. L’hermine, longue et fine, a besoin de beaucoup d’énergie pour conserver sa chaleur et se maintenir en forme. Elle doit manger jusqu’à 40 % de son poids chaque jour. En Suisse, l’hermine est spécialisée dans la chasse aux campagnols, sa préférence allant aux campagnols terrestres (Arvicola terrestris). Ces petits rongeurs dodus vivent dans le sous-sol et forment de petits monticules de terre. L’hermine est donc une chasseuse de souris très appréciée des agriculteurs. Elle mange une à deux souris par jour en moyenne. Durant la période d’élevage des petits, au printemps, ses besoins sont encore plus importants. En montagne, l’hermine se rabat sur le campagnol des neiges (Chionomys nivalis).

La recherche d’une proie peut faire parcourir plusieurs kilomètres à une hermine. Lorsque son mets préféré se fait rare, l’Animal de l’année 2018 peut se contenter d’autres espèces de souris, chasser aussi des oiseaux et des insectes ou même manger végétarien.

Une hermine ramène sa proie dans un endroit sûr Shutterstock / Romuald Cisakowski
L’hermine tue rapidement sa proie en la mordant à la nuque

Reproduction: des femelles très précoces

La femelle donne naissance à ses petits entre mars et mai, bien à l’abri dans un nid. Entre-temps, les mâles vagabondent sans répit à travers prés et champs à la recherche de femelles prêtes à s’accoupler. Les femelles sont déjà prêtes à l’accouplement même si elles allaitent encore. Plus étonnant encore: les jeunes femelles sont déjà fécondables à l’âge de trois semaines; elles ont alors les yeux ouverts et ont mangé de la viande pour la première fois. Les mâles, en revanche, ne seront fertiles qu’à l’âge d’un an. Le croisement d’animaux apparentés est donc largement exclu. À la fin de l’été, lorsque les jeunes individus doivent se mettre à la recherche de leur propre territoire, toutes les femelles sont à nouveau portantes. Mais la gestation va opérer une pause. L’embryon entre dans une période de dormance à l’intérieur de l’utérus. Son développement ne reprendra qu’au début du printemps de l’année suivante. À leur naissance, les petits prédateurs sont légers comme des plumes, recouverts d’un fin duvet blanc et aveugles.

Im Alter von rund 2 Wochen schmückt vorübergehend eine «Löwenmähne» die Hermelin-Säuglinge Beate Ludwig
Le nid où la femelle donne naissance à ses petits doit rester sec et à l’abri des intempéries

Ennemis sur deux et quatre pattes

L’Animal de l'année 2018 a de nombreux ennemis naturels. Il constitue un morceau de choix pour les renards, les oiseaux de proie, les chouettes, les cigognes ou les hérons cendrés. L’hermine redoute également les chats domestiques et les chiens. Mais son ennemi numéro 1 est l’homme. Il est certes révolu, le temps où l’hermine était chassée en Suisse pour sa fourrure ou parce qu’on estimait qu’il s’agissait d’un animal «nuisible». Mais la disparition des petites structures dans le paysage et la fragmentation de celui-ci sont plus néfastes à l’hermine que tous les pièges.

Une hermine traverse une route après une partie de chasse réussie Jean Malevez
Cours, petite hermine, cours! Le dense réseau des routes en Suisse fait un nombre inconnu de victimes parmi la population d’hermines

Jamais à découvert

L’hermine évite, dans la mesure du possible, de se déplacer à découvert, elle redoute donc les zones trop «propres en ordre». Un tas de pierres ici, une bande de pré non fauchée là, avec un ruisseau ou une haie entre les deux: l’hermine a besoin de petites structures bien connectées entre elles. L’Animal de l’année 2018 dépend donc d’une agriculture respectueuse de la nature. Il n’a pas non plus d’exigences démesurées. Ce petit prédateur peut même vivre dans des régions intensément exploitées, pour autant qu’il y trouve un minimum de petites structures et de prés. Plus il y a aura d’agriculteurs et d’agricultrices prêts à aménager et entretenir ce type de petites structures, plus l’hermine pourra remplir son office de chasseuse de souris. Des petites structures diversifiées offrent aussi un habitat naturel précieux à de nombreuses autres espèces animales. Il est également urgent d’aménager davantage de passerelles et de tunnels permettant à l’hermine de franchir sans danger les voies de communication très fréquentées.

Paysage culturel varié dans la vallée de la Brecca FR – un gain pour l’homme et la nature Pro Natura / Matthias Sorg
Un réseau le plus dense possible de cachettes, d’abris et de corridors migratoires est indispensable à la survie de l’hermine – et de nombreuses autres espèces animales

La population d’hermines: des hauts et des bas

Il survient de temps en temps des «années à souris», durant lesquelles les campagnols se reproduisent en grand nombre. L’hermine réagit à cette abondance de nourriture en se reproduisant davantage. Durant les années normales, la femelle donne naissance à 4-6 petits. Durant une année à souris, elle peut concevoir jusqu’à 14 petits. La population d’hermines augmente, les territoires vacants peuvent être recolonisés. Cela a pour effet de lisser les pics de la prolifération de souris. Mais cette forte augmentation du nombre d’hermines est de courte durée. La moitié au moins des petits meurt durant le premier hiver. L’âge moyen d’une population d’hermines est de 1 à 2 ans seulement. En captivité, ces animaux peuvent atteindre l’âge de 8 ans.

Eine Hermelin-Mutter mit Jungtieren Iain H. Leach
Rencontrer une femelle avec ses petits par un beau jour d’été est un véritable coup de chance, mais leur apparition est souvent fugace
Les hermines de Haut-Jura

Ce que fait Pro Natura

Pro Natura demande que les axes de déplacement et les corridors faunistiques soient à nouveau accessibles sans restrictions à la faune. Les besoins en mobilité de la faune sauvage doivent être pris en compte lors de l’étude et de la construction d’infrastructures. Les animaux sauvages comme l’hermine ont besoin de différents habitats naturels. Ils évoluent entre leur aire de repos et leur territoire de chasse, entre le lieu où ils se réfugient en toute sécurité et le nid où ils donnent naissance à leurs petits, quand ils ne sont pas encore en quête d’un territoire. Nos paysages très fragmentés compliquent voire empêchent ces déplacements importants, même à petite échelle.
 
Pro Natura réclame aux milieux politiques et aux autorités, sur le plan national mais aussi local et régional, des améliorations notables de l’infrastructure écologique et des espaces naturels interconnectés. 

Campagne «Voie libre pour la faune sauvage!»

Pro Natura milite pour une agriculture respectueuse de la faune sauvage. Nous soutenons les agricultrices et les agriculteurs qui offrent un habitat et un refuge à l’hermine et à de nombreuses autres espèces animales. Ces prestations de l’agriculture doivent être encouragées de manière appropriée et indemnisées. Pro Natura s’engage sur le plan politique pour que la future politique agricole 22+ soit aussi favorable à l’hermine.

Biodiversité dans les terres cultivées

Pro Natura s’investit aussi activement sur le terrain en faveur de l’hermine. Nous gérons environ 700 réserves naturelles dans toute la Suisse, constituant de précieux milieux naturels pour toutes sortes d’animaux et de plantes. Pour autant qu’elles ne se trouvent pas en forêt, un grand nombre de ces réserves naturelles offrent aussi un milieu de vie et un refuge à l’hermine. Nous réalisons aussi des projets de protection de certaines espèces en dehors de nos réserves naturelles, contribuant notamment à la sauvegarde de l’hermine. Des projets de cet ordre sont actuellement en cours dans le Saanenland BE et dans le Gros-de-Vaud VD.

En savoir plus sur nos quelque 700 réserves naturelles

Projets menés par Pro Natura en collaboration avec les sections cantonales

Trois hermines joueuses
Un hérisson dans la neige
06.12.2017 Protection des espèces

L’hiver, période de repos

Nos hérissons, enroulés sur eux-mêmes comme des pelotes d’épingles, passent l’hiver dans un nid tapissé de feuilles mortes, à l’abri des intempéries. Le hérisson, grand dévoreur d’insectes, a bien de la peine à trouver de quoi se nourrir à cette saison; il lui faut donc économiser son énergie.

Pour ce faire, il sombre en hibernation. Cela lui permet de réduire drastiquement sa température corporelle et de mettre en veilleuse l’ensemble de son métabolisme. Il puise également dans ses réserves de graisse. Les mâles regagnent leurs quartiers d’hiver en premier, suivis des femelles, et enfin des jeunes.

Les hérissons dorment durant cinq à six mois en moyenne, il y a donc fort peu de chances d’en rencontrer en hiver. Si cela devait tout de même vous arriver, essayez tout d’abord d’évaluer l’état de santé de l’animal. Si le hérisson a l’air rondouillard, est actif, se met en boule lorsqu’on le touche et mange la nourriture pour chats qu’on lui propose, il est vraisemblablement en bonne santé. ll s’est peut-être simplement réveillé et a quitté son nid pour un petit moment. S’il a été dérangé, il est peut-être en train de chercher un nouveau refuge. Vous pouvez l’aider en lui préparant un nid pour hiberner: une caisse remplie de paille, avec une ouverture de 15x15 cm. Il ira bientôt s’y cacher pour se rendormir. Mais si le hérisson a l’air affaibli et amaigri, il se pourrait qu’il ait besoin d’aide. Vous pouvez alors lui donner de la nourriture pour chiens ou chats, ou des œufs brouillés non assaisonnés, ainsi que de l’eau (jamais de lait).

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Info

Les hérissons blessés, malades ou sous-alimentés ont besoin d’aide compétente. Dans ce cas, contactez le plus vite possible un refuge pour hérissons ou un/une vétérinaire.

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