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Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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Travaux Sagnes de Boudry

Amé­nage­ments aux Sagnes de Boudry

Une Fôret
28.03.2023 Forêt

Simplement une forêt

En Thurgovie, une forêt exploitée devrait redevenir sauvage, mais cela ne va pas sans certaines mesures.

La forêt de Burstel est une forêt thurgovienne typique. Beaucoup de résineux, quelques feuillus, plusieurs sources. Et, en cette journée humide et froide de janvier, beaucoup de boue sous l’épaisse couche de feuilles mortes. Rien d’extraordinaire, semble-t-il, si ce n’est que l’on commence déjà à voir çà et là ce que Markus Bürgisser escompte. Le chargé d’affaires de la section Pro Natura Thurgovie indique un endroit particulièrement escarpé dans le haut de la forêt, où des troncs sont couchés sur le sol, là où ils sont tombés. Recouverts de mousse, ils se décomposent lentement. «Voilà comment toute la forêt devrait devenir.»

Faire d’une forêt exploitée une forêt à l’état naturel n’était pas un projet que le biologiste avait prévu de longue date. «En 2019, j’ai lu dans la Feuille des avis officiels qu’une forêt était à vendre, presque 20 hectares. Pro Natura devait l’acheter. Et c’est ce qui s’est passé», raconte Markus Bürgisser.

Mais que fait-on avec 20 hectares? «Pour moi, le projet devait favoriser les espaces sauvages. J’avais en tête le Parc national et le principe de la dynamique naturelle.» Son enthousiasme transparaît, alors qu’il descend prudemment une pente glissante pour nous montrer une source intacte, l’un des joyaux de la forêt. 

Protéger les processus naturels, c’est laisser faire la nature. Cela signifie qu’un arbre n’est pas abattu, mais qu’il vieillit, qu’il meurt et que son bois mort sert de nouvel habitat aux champignons, aux insectes et aux oiseaux. Ou qu’un vieil arbre déraciné par le vent emporte d’autres arbres dans sa chute, ce qui crée une ouverture dans le couvert du peuplement par laquelle la lumière peut atteindre le sol où vont pousser de nouvelles plantes, tandis que des coléoptères et des champignons colonisent le bois mort ensoleillé. Et ainsi de suite.

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Schutzgebiet Burstel
«Je dois aussi m’habituer au fait qu’il ne faut plus rien faire ici.»

Markus Bürgisser, chargé d’affaires de la section Pro Natura Thurgovie

Maintenant, patience ...

Un certain nombre d’interventions sont encore nécessaires avant que la forêt retrouve sa dynamique naturelle. «Nous voulons fermer certains chemins à travers la forêt pour qu’elle puisse reprendre ses droits. » Des panneaux informent les usagers – cavaliers, cyclistes et promeneurs – que ces chemins ne doivent plus être utilisés pour permettre à la forêt de s’y développer naturellement. Il est aussi prévu de favoriser certaines essences et d’abattre des épicéas et des douglas étrangers au site pour faire de la place aux arbres naturellement présents.

Pro Natura n’a pas décidé seule des mesures à prendre – ou à ne pas prendre. Un questionnaire en ligne a permis aux personnes intéressées de donner leur avis. Depuis, un plan de gestion a été établi pour la forêt de Burstel. Maintenant, patience: les résultats des mesures ne seront visibles que dans quelques années. «Je dois aussi m’habituer au fait qu’il ne faut plus rien faire ici», conclut Markus Bürgisser, en désignant une grande branche tombée sur le chemin que nous suivons.

Bettina Epper, rédactrice alémanique du Magazine Pro Natura.

Schutzgebiet Burstel
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Réserve naturelle Baldeggersee
19.05.2023 Crise de la biodiversité

Notre puzzle coloré pour plus de biodiversité

Ce qui a commencé il y a plus d’un siècle avec le Parc national suisse est devenu au fil du temps un vaste réseau: Pro Natura sauvegarde et gère 781 réserves naturelles en Suisse.

Nous sommes le 15 février 2021. Dans une étude de notaire de Porrentruy, Jacques Villars et Marc Tourette signent un contrat de vente portant sur 33,6 hectares de forêt au bord du Doubs au nom de Pro Natura et de sa section jurassienne. Grâce à cette acquisition, la nature pourra se développer librement sur une vaste portion de forêt. Promouvoir la nature en concluant des contrats? Pour Pro Natura, cette démarche n’a rien d’inhabituel, elle y a recours quasiment chaque semaine, qu’il s’agisse d’une donation, d’un achat de terrain ou d’une convention de protection de longue durée. Mais il est rare qu’une transaction concerne plus de 30 hectares, et cela est donc particulièrement réjouissant. Ces parcelles s’ajoutent à celles que Pro Natura a déjà protégées par contrat au bord du Doubs, pour constituer morceau par morceau la réserve naturelle de Clairbief. Elle atteint aujourd’hui les 100 hectares et s’étend sur plus de 3,5 kilomètres le long de la rivière.  

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Gletschervorfeld Morteratsch
Un convalescent enchanteur
Pro Natura possède plusieurs étangs et lacs. Le plus grand, le Baldeggersee, couvre près de 5 km2. Ses rives sont largement exemptes de construction, car la réserve appartient depuis 80 ans à Pro Natura, qui s’est toujours engagée pour qu’elle reste strictement protégée. Une imposante ceinture de roseaux s’étend au nord et au sud du lac, où l’on observe de nombreux migrateurs. Le sentier didactique sur la rive sud invite à découvrir la fascinante diversité écologique de la région et la zone humide renaturée de Ronfeld. Mais ce cadre idyllique est trompeur : l’apport excessif de nutriments et notamment de phosphates issus de l’agriculture oblige depuis 40 ans à oxygéner artificiellement les eaux du lac pour éviter l’effondrement de l’écosystème. L’exemple du Baldeggersee montre qu’il ne suffit pas de protéger certaines surfaces: il faut aussi créer les conditions-cadres politiques et sociales favorables à leur maintien. Pro Natura y travaille depuis des décennies. Réserve naturelle Baldeggersee, Baldegg (LU) et communes avoisinantes, surface: 546 hectares, altitude: 463 mètres, protégée depuis 1940

Stratégies et heureux hasards

Dans certains cas, c’est par un coup de chance que Pro Natura se retrouve propriétaire de joyaux naturels. Sa section vaudoise a par exemple hérité en 2014 de la forêt et du pâturage de La
Cruchaude dans le Jura vaudois. Pour d’autres sites, il s’écoulera des années entre les premiers contacts et la signature du contrat. Parfois, le processus n’aboutit pas, parce que le propriétaire pose des conditions que Pro Natura ne peut pas s’engager à tenir ou qu’une interprétation restrictive du droit foncier rural fait échouer la transaction. La phase de réalisation peut, elle aussi, subir des retards, comme à Fischbach-Göslikon (AG), où Pro Natura a acheté un terrain en 2012, mais attend toujours l’autorisation de renaturer l’ancienne zone alluviale de la Reuss.

La valeur écologique effective est évidemment l’un des critères prépondérants pour l’achat, mais d’autres facteurs, souvent stratégiques, entrent aussi en ligne de compte. Lorsque l’occasion s’est présentée d’acquérir le site de notre magnifique Centre Pro Natura de Champ-Pittet au bord du lac de Neuchâtel, l’achat a aussi été motivé par le fait qu’en devenant propriétaire, Pro Natura pouvait influencer le projet de construction de l’autoroute A1 à travers la Grande Cariçaie. Quant à Pro Natura Argovie, elle a su reconnaître une bonne affaire quand des terres agricoles ont été mises en vente du côté de Zurzach. Ces surfaces d’échange ont ultérieurement permis la revitalisation du paysage alluvial du «Chly Rhy» à Ritheim.

Dans l’ADN de Pro Natura

Se procurer des surfaces pour les dédier entièrement à la nature est la raison d’être initiale de Pro Natura et pour ainsi dire son ADN. Comme chaque mètre carré de sol suisse appartient à un ou une propriétaire, qui en détermine l’usage, les instruments de Pro Natura pour promouvoir la nature sont depuis le début l’achat de terrains et les conventions de protection. La Ligue suisse pour la protection de la nature – aujourd’hui Pro Natura – fut fondée en 1909 pour financer la sauvegarde des sites qui allaient constituer le Parc national suisse en Basse-Engadine.  

En 1910 déjà, Pro Natura achetait elle-même une première aire naturelle protégée de 4,4 hectares, la forêt de «Buhaul» au-dessus d’Ilanz. Cette première réserve existe toujours 113 ans plus tard. Au total, Pro Natura possède actuellement 6 946 hectares de terrain en Suisse, ce qui la classe parmi les plus grands propriétaires fonciers privés du pays. Proportionnellement, chacun et chacune de nos quelque 170 000 membres se trouve pour ainsi dire propriétaire d’environ 400 mètres carrés de biodiversité. 

0,6 % du territoire national

Le réseau des réserves naturelles de Pro Natura est cependant bien plus vaste. Il englobe à ce jour:

Sites
Hectares
% du territoire national

Dans la plupart des cas, Pro Natura n’en est pas propriétaire, mais a pu les protéger par des contrats de longue durée. Ainsi, la fascinante forêt d’Aletsch: la convention conclue avec la commune de Ried-Mörel fête cette année ses 90 ans d’existence, et nous espérons bien que la protection de ce lieu unique sera reconduit pour les 90 prochaines années.

La sauvegarde des terrains par acquisition ou convention n’est souvent que la première étape du processus de renaturation. Nos sections définissent ensuite un objectif de protection et assurent le développement des valeurs naturelles du site par le biais de mesures appropriées. Avec des résultats parfois spectaculaires, comme à Eglisau (ZH), où des reinettes coassent à l’emplacement d’un ancien dépôt de carburant. La zone industrielle s’est muée en un paradis pour la flore où un petit ruisseau gazouille en direction du Rhin. C’est une pièce de plus à ce puzzle multicolore qui en comprend presque 800 – notre contribution très concrète pour davantage de biodiversité en Suisse.

URS TESTER dirige la division Biotopes et Espèces chez Pro Natura.

Baldeggersee
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Champ-Pittet
28.07.2023 Crise de la biodiversité

«Dans mes assiettes, j’aime mettre de l’intention dans les détails»

Cheffe du restaurant du centre Pro Natura de Champ-Pittet depuis deux saisons, Léa Graham ravit les papilles de la clientèle avec une cuisine végétarienne qui lui ressemble: inventive, colorée, subtile et gourmande.

Au cœur de la saison estivale, difficile de grappiller quelques instants précieux à Léa Graham. Avec sa petite équipe, elle s’affaire cinq jours par semaine pour proposer ses délicieux mets, désormais réputés dans la région. «À l’ouverture de la saison, je sais que plusieurs mois d’effervescence m’attendent. J’aime ce stress stimulant. Quand c’est trop calme, je m’ennuie», précise la jeune cheffe vaudoise, à la tête de son propre établissement à 32 ans.

Forte des expériences de la première saison, Léa réinvente sa carte chaque semaine et développe de nouveaux projets: le brunch tous les dimanches, c’est son idée. «Une habitude qui s’est imposée dans les villes, et que je souhaitais proposer à Champ-Pittet.» Concocter des confitures et des pâtes à tartiner maison et cuisiner des saveurs plus originales que «l’association un peu éculée du saumon et de l’avocat»: un nouveau défi qui la titille.

Goût de l’esthétisme

Petite, elle testait des recettes qu’elle faisait goûter à sa sœur, elle préparait le repas de Noël pour sa famille, elle regardait des émissions culinaires avec son grand-père. Alors que tout la prédestinait – l’envie, le talent et le soutien de sa famille – à embrasser le métier de cuisinière, c’est vers des études d’art et de design qu’elle se tourne. «Après l’école obligatoire, je me trouvais trop jeune pour commencer un apprentissage et assumer les horaires difficiles de la restauration.» 

À 21 ans, elle change de voie et intègre les cuisines d’un chef sur la Côte. Son talent vite repéré – elle est lauréate du concours des meilleurs apprentis vaudois ­– et son caractère enjoué, matiné d’une bonne dose de culot, lui ouvrent les portes d’établissements renommés où elle poursuit sa formation : l’Hôtel de Ville de Crissier d’abord, puis le restaurant Anne-Sophie Pic au Beau-Rivage à Lausanne. 

Léa Florence Kupferschmid-Enderlin
Grande Cariçaie
Elle y apprend le perfectionnisme, le goût du détail, l’esthétisme, l’alliance des saveurs. Elle y apprend tout. Tout, vraiment ? «Il me manquait un lien plus direct avec la nature, notre terre nourricière. Une cuisine plus instinctive et qui se soucie aussi des déchets.»

Curieuse, en quête perpétuelle de créativité et de nouveaux accords culinaires – son point fort –, Léa s’est intéressée aux plantes comestibles pour appendre à les reconnaître et à les intégrer dans sa cuisine afin de développer davantage son univers végétal. Comme la routine l’ennuie, elle change la carte végétarienne du restaurant chaque semaine, et se fait un malin plaisir de réussir à convaincre certains sceptiques que ne pas manger de viande, «ça va aussi!» Pour montrer que la cuisine végétarienne peut être gastronomique, la jeune cuisinière s’est lancé le défi de proposer une fois par saison un repas en plusieurs actes à base de plantes sauvages. «Contrairement aux coups de feu des midis, là je peux prendre plus de temps pour soigner le dressage.» 

Champ-Pittet Pro Natura

Coups de feu et conserves 

Coups de feu après coups de feu, les midis qui s’enchaînent à Champ-Pittet entre mars et octobre ne lui laissent que peu de répit. Elle se réjouit presque de la fermeture du centre pour la période hivernale «car c’est le moment où je peux me poser, réfléchir, et surtout préparer des conserves et des pots de légumes lactofermentés pour compléter mon garde-manger.» C’est durant cette période-là aussi qu’elle consacre du temps à sa famille. Avec sa grand-mère notamment, elle parcourt les brocantes pour dénicher quelques pépites pour son restaurant. Plus d’assiettes, ni de tasses déjà vues à Champ-Pittet. «Je mets un point d’honneur à personnaliser le lieu, avec de la vaisselle qui a une âme, qui me donne encore plus de plaisir au moment du dressage, et qui je l’espère ravit aussi les convives», conclut Léa.

FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN est responsable de l’édition française du Magazine Pro Natura.

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Pro Natura Schutzgebiet Brunnenkresse im Kanton Bern
18.12.2023 Crise de la biodiversité

Un an après l'accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité, la Suisse doit définir plus de surfaces pour protéger la nature

Il y a un an, la Convention sur la biodiversité de l'ONU a adopté des objectifs globaux pour lutter contre l'extinction aiguë des espèces et la destruction continue de nos bases naturelles de vie. Il s'agit notamment de protéger 30% des surfaces planétaires d'ici 2030. La Suisse tente d'atteindre cet objectif avec des chiffres enjolivés au lieu de mener une protection efficace. Pro Natura critique cette légèreté et montre dans sa propre analyse de la situation l'ampleur réelle des actions nécessaires.

Afin de sauver nos bases naturelles de vie fortement menacées, 23 objectifs ont été adoptés le 19 décembre 2022 lors de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité à Montréal. Il s'agit notamment de stopper la disparition des espèces, de réduire l'utilisation d'engrais et de pesticides et d'adapter les activités économiques aux besoins de la nature. L’un des objectifs les plus significatifs est de protéger 30% des surfaces terrestres et maritimes d’ici à la fin de la décennie. Il faut maintenant réellement s’atteler à la concrétisation et à la mise en œuvre de cet objectif dit «30by30». Bien que la Suisse ait fait partie de la coalition à l’origine de cet engagement, elle n’a jusqu’à présent rien fait pour remplir ses obligations sur son propre sol. Cela doit impérativement changer.   

Des chiffres trompeurs au lieu d’une protection efficace

En matière de protection de la biodiversité, il y a un énorme écart entre les exigences et la réalité du terrain. En 2021, le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement a montré que la Suisse était l’un des pays d’Europe présentant la plus faible proportion d’aires protégées par rapport à sa superficie. Ces aires sont indispensables à la sauvegarde des espèces et des habitats menacés, mais aussi au maintien des services écosystémiques essentiels à notre survie comme la fertilité des sols, le stockage de l’eau et du CO2 ou la pollinisation.

Au lieu de fixer des surfaces suffisamment vastes à la protection de la nature, le Conseil fédéral et l’Office fédéral de l’environnement préfèrent jouer sur les chiffres pour nous faire croire que l’objectif «30by30» est en vue. Dans le rapport qu’ils ont publié cette année, ils prennent en compte des surfaces qui ne bénéficient que d’une protection minimale ou temporaire pour déterminer le pourcentage global. C’est trompeur, car laisse supposer que la nature se porte bien en Suisse, alors que la moitié des habitats indigènes et un tiers des espèces animales et végétales y sont menacés. 

Les surfaces suffisamment protégées n’occupent que 8% du territoire suisse

Pro Natura demande à la Confédération d’identifier de façon rigoureuse les surfaces dévolues à la biodiversité en appliquant des critères vérifiables faisant autorité au niveau international. Cela n’a pas été le cas jusqu’ici. Pro Natura a effectué une analyse détaillée qui montre que 8% seulement des aires protégées indiquées dans le rapport fournissent la protection requise, et non 23% comme la Confédération l’annonce.

Pour atteindre l’objectif «30by30», la Suisse doit accroître la protection de certaines aires déjà délimitées, tant sur le plan juridique que dans les faits. Elle doit en outre leur adjoindre d’autres surfaces assez vastes pour protéger toutes les espèces et habitats rares. Tant que ces conditions ne sont pas remplies, il est incorrect de prétendre que la Suisse n’a pas besoin de davantage d’aires protégées et que la législation et la planification en vigueur sont satisfaisantes. Il est urgent d’en faire plus pour protéger la biodiversité, y compris voter oui à l'Initiative biodiversité l'année prochaine.  

Informations complémentaires:

Contact: 

Friedrich Wulf, chef de projet Politique internationale de la biodiversité, tél. 079 216 02 06, @email

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La réserve naturelle de Brunnenkresse dans le canton de Berne © Matthias Sorg

Oasis de biodiversité en péril: les zones humides sont les habitats les plus fortement menacés de Suisse. © Timon Bucher, Urbanum AG
Eaux

Photos pour les médias «Prix Elisabeth et Oscar Beugger 2024»

Les photos mises à disposition ici ne peuvent être utilisées qu'en rapport avec le Prix Elisabeth et Oscar Beugger et avec mention du copyright.

Il n'existe pas de photos du célèbre castor bâtisseur du Lobsigenseem mais vous trouverez des images d'illustration du castor ici.

Vue panoramique de la Réserve des Chenevières de Guévaux

Chenevières-de-Gué­vaux: agri­cul­ture et nature 

L'Alp Flix présente une grande biodiversité
15.10.2024 Protection des espèces

«Nous avons trop peu d’aires protégées où les espèces peuvent trouver refuge»

La Suisse manque de hotspots de biodiversité de grande taille et bien reliés entre eux. Urs Tester, responsable sortant de la division Biotopes et espèces à Pro Natura, dresse un bilan de la gestion des réserves naturelles.

En Suisse, il n’existe pas de vue d’ensemble ni de stratégie sur lamanière dont les aires protégées doivent être réparties et mises en réseau sur l’ensemble du territoire. Le patchwork actuel de zones protégées manque en outre de réserves naturelles diversifiées et de qualité, qui réunissent différents milieux naturels et abritent une grande variété d’espèces animales et végétales – ce que l’on appelle les hotspots de biodiversité.

Pro Natura assure la protection de plus de 800 réserves naturelles en Suisse, dont certains hotspots. Dans ce magazine, nous en présentons une petite sélection, avec des caractéristiques différentes. Parallèlement, nous nous entretenons avec notre chef de division sortant, Urs Tester, sur la gestion des réserves naturelles.

Magazine Pro Natura: «Quelles aires protégées pour la Suisse?»: c’est la question à laquelle vous consacrez votre nouveau livre, à paraître prochainement. Faut-il surtout des vastes aires protégées bien connectées, comme celles mises à l’honneur dans ce numéro?

Urs Tester: de toute évidence, il en faudrait plus de ce type. De nombreuses espèces menacées ont besoin d’habitats vastes en raison de leur mode de vie. Et les grandes réserves sont nécessaires aussi pour les espèces hautement spécialisées, car le risque d’extinction est élevé dans les aires isolées et de petite taille. Il suffit parfois de deux étés caniculaires successifs ou d’émissions d’azote trop importantes à proximité pour qu’une espèce disparaisse de la zone. L’impact de ces phénomènes est moins marqué dans les aires plus vastes, les espèces spécialisées s’y maintiennent donc plus facilement. En outre, une grande réserve a plus de chances d’être colonisée par des animaux et des plantes. Les îles en sont une parfaite illustration: plus elles sont grandes, plus on y trouve d’espèces.

Les arguments en faveur de la création de grandes réserves naturelles semblent donc nombreux.

Oui, mais il serait impossible de couvrir tous les types d’habitats et toutes les régions géographiques de Suisse avec seulement quelques très grandes aires protégées. Il en faut donc de plus petites, réparties sur tout le territoire. Autre point important, elles ne doivent pas être trop éloignées les unes des autres, et doivent être reliées entre elles par ce que l’on appelle des biotopes-relais, comme des haies, des prairies extensives, des étangs, des ruisseaux à ciel ouvert. Là encore, les îles sont un bon exemple: celles qui sont isolées, éloignées d’un continent ou d’autres îles, comptent moins d’espèces. Cette «théorie des îles» va donc dans le sens, arguments à l’appui, de la création de corridors écologiques.

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Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Haie d'arbres riche en espèces près de Mümliswil-Ramiswil, SO Susanna Meyer
Haie d’arbres riche en espèces près de Mümliswil-Ramiswil (SO).
Pourtant, il y a déjà plein de petites zones protégées en Suisse. Chaque commune en a une, qu’il s’agisse d’un étang, d’une ancienne carrière, etc.

Effectivement, la Suisse compte beaucoup de toutes petites aires protégées. Certains biotopes d’importance nationale ne sont pas plus grands qu’un terrain de handball. Mais un petit étang isolé ne peut assurer la survie d’aucune population. Il peut servir de relais, à condition qu’il se trouve à proximité de biotopes plus vastes. En Suisse, il n’y a pas assez d’aires protégées où les espèces peuvent se sentir en sécurité et trouver refuge. Pro Natura essaie de montrer l’exemple et de contribuer au déploiement d’un réseau de zones protégées viable: en gérant 260 km2 de réserves naturelles, nous participons au maintien de la biodiversité. Mais c’est insuffisant, il en faut davantage.

À quoi reconnaît-on une «bonne» réserve naturelle?

Elle doit être bien connectée et être entourée d’une zone tampon suffisamment large. Bon nombre de sites à protéger se trouvent au cœur d’une zone exploitée intensivement et sont exposés à de nombreux risques, comme les engrais, les pesticides, la lumière artificielle, le bruit, la circulation. Plus les «frontières» sont marquées, plus les réserves naturelles sont vulnérables. Dans l’idéal, la transition entre la zone protégée et la surface exploitée intensivement devrait être graduelle. Et le paysage y gagnerait aussi beaucoup. Enfin, la manière dont la réserve est gérée et entretenue est un élément décisif.

À quoi faut-il veiller?

Tout d’abord, il faut fixer un objectif clair: quels milieux naturels souhaite-t-on conserver ou valoriser? Il faut ensuite établir un plan de gestion pour définir comment atteindre cet objectif. Vient alors la mise en œuvre: les réserves naturelles ne sont pas autonomes, elles doivent être entretenues et développées. C’est aussi valable pour les espaces où on laisse la nature à sa libre évolution, comme les réserves forestières naturelles ou les zones alluviales. On peut éviter les dégradations ou les limiter au maximum par une bonne signalisation et une bonne gestion des visiteurs, ainsi que par la présence de rangers. Malheureusement, de nombreuses réserves communales, cantonales et nationales ne sont pas entretenues autant qu’il le faudrait et perdent en qualité. Les bas-marais s’embroussaillent, des néophytes envahissantes se répandent dans les zones alluviales, les hauts-marais s’assèchent.

Comment expliquez-vous ce manque d’entretien?

C’est le reflet du manque de considération d’une partie de la société envers la nature. La classe politique n’est pas prête non plus à investir les ressources financières et humaines nécessaires pour valoriser et développer les aires protégées. Au lieu d’être valorisés pour leur travail, les agriculteurs et agricultrices signent des contrats d’entretien standard et n’ont pas d’interlocuteur dédié, faute de personnel. Et parce qu’il n’y a pas assez d’argent, ils n’ont pas l’assurance de recevoir les contributions versées au titre de la protection de la nature. Autant d’éléments qui se répercutent sur leur motivation et sur la qualité de la zone protégée.

En Suisse, il existe peu d’aires protégées où la nature est livrée à elle-même. La plupart n’échappent pas au fauchage, à la mise en pâturage, à la taille ou au sciage. Ne serait-il pas bénéfique de laisser plus d’espaces sauvages?

Effectivement, de nombreuses espèces en profiteraient, raison pour laquelle Pro Natura s’engage depuis des années en ce sens. Cela étant, la Suisse est aussi riche en paysages cultivés dotés de biocénoses spécifiques. Sans agriculture, une partie de ces espèces n’existerait pas chez nous. C’est le cas du grand rhinolophe, une chauve-souris originaire du bassin méditerranéen, ou de la fouine, arrivée du Proche-Orient, deux espèces qui ont pu s’établir chez nous parce qu’elles y ont trouvé un habitat adapté sur les terres agricoles et dans les zones urbanisées. La flore messicole aussi est arrivée en Suisse grâce à la culture des terres. Originaire en grande partie du Proche-Orient, elle enrichit désormais les zones cultivées ici, à condition qu’on lui laisse l’espace dont elle a besoin. L’entretien du paysage est donc essentiel à la protection de la biodiversité. Là où la culture traditionnelle n’est plus pratiquée, nous devons la remplacer par des mesures ciblées.

Dans certaines zones protégées, la dynamique naturelle de l’eau est simulée, par exemple via la création d’étangs et de mares ou le dragage de gravières, afin de créer des habitats de substitution pour les populations des zones alluviales. Cela fonctionne-t-il?

Il s’agit là du type de réserve naturelle le plus complexe et le plus exigeant: parce que les rivières et les ruisseaux ne s’écoulent plus librement, leur dynamique naturelle est annihilée. Il faut donc des habitats de substitution dans lesquels les phénomènes naturels sont recréés par dragage. L’expérience montre que ces mesures sont efficaces.

Existe-t-il un «état idéal» vers lequel la protection de la nature tendrait?

De ce point de vue, les choses ont bien changé: iI y a plus d’un siècle, au moment de la création du Parc national suisse, on avait une vision très statique de la nature. On pensait que la forêt, après les grandes opérations de déboisement du 19e siècle, poussait en continu jusqu’à atteindre un équilibre éternel. Cet équilibre était perçu comme l’idéal à atteindre dans la forêt, mais aussi plus généralement dans tous les écosystèmes. Dans les années 1970, la notion de cycles répétitifs s’est imposée: on imaginait que les forêts avaient une phase de croissance puis d’écroulement avant de recommencer à croître. Cette idée de nature qui change toujours de la même manière est dépassée. On sait aujourd’hui que la nature est en constante évolution et le dérèglement climatique agit comme un accélérateur. Elle ne reviendra plus jamais à un état antérieur, mais continuera d’évoluer en spirale.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour la gestion des zones protégées?

Les objectifs à atteindre ne doivent pas être liés à un état passé. Conserver un marais ou une prairie à l’identique est un objectif vain. En revanche, avec une bonne politique de gestion des réserves naturelles, nous pouvons favoriser la biodiversité et empêcher la nature de s’appauvrir.

NICOLAS GATTLEN, reporter, et RAPHAEL WEBER, rédacteur en chef du Magazine Pro Natura.

Découvrez la diversité de la nature dans une sélection de nos réserves naturelles.

Haumüli (ZH)
Zurigo

Réserve naturelle de Haumüli (ZH)

Apprendre en s'amusant, au bord de l'étang

Dans la réserve naturelle du Haumüli, près du village d'Embrach, vous trouverez tout ce qu'il faut pour une passionnante excursion en famille ou une heure de leçon vivante. Près du torrent, dans les roseaux du bassin de retenue et dans les prairies fleuries, sous les vieux arbres fruitiers, il est possible de faire de magnifiques observations faunistiques et floristiques.

Depuis la fermeture du moulin et de la scierie, les libellules, les abeilles sauvages, les papillons, les oiseaux, mais aussi les amphibiens se sont installés dans cet ancien paysage rural. Même des espèces devenues rares, comme la rainette et le chatoyant martin-pêcheur, y ont trouvés refuge.

Depuis que Pro Natura a fait du Haumüli sa 500e réserve naturelle en 1989, les bâtiments de l'ancienne meunerie ont été soigneusement rénovés et transformés en site pédagogique consacré à la nature. En outre, Pro Natura lutte activement pour la conservation des habitats et, en particulier, du milieu naturel de l’étang.

Découvrez et étudiez la vie du Haumüli

La brochure «Haumüli Embrach» vous propose six points de départ différents pour découvrir la réserve naturelle. Les plus déterminés atteindront le Haumüli en cinq minutes depuis la gare d'Embrach-Rorbas. Un sentier pédagogique interactif ainsi que la brochure vous guideront dans vos découvertes. Les écoles et les groupes ont la possibilité d'utiliser un local équipé d'un microscope, de jumelles, de loupes binoculaires et d'un projecteur.

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Moulin moyenâgeux et ancienne scierie, sur un site issu de l'agriculture traditionnelle: torrent, bassin de retenue, prairies maigres, haies, forêt, vieux arbres fruitiers et gravière.

Tenir les chiens en laisse.

Dettagli sulla riserva naturale

Accesso

Avec les CFF jusqu'à la gare d'Embrach-Rorbas.

Servizi sul luogo

Brochures, local d'observation et activités (sur demande).

Lebensraum Wiese
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