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Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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Portrait de Pascal Affolter
25.05.2022 Énergie

«Les temps sont mûrs pour lancer une offensive solaire»

Antinucléaire convaincu, Pascal Affolter s’est engagé sur la voie du renouvelable durant ses années d’études à l’EPFL, avant de créer sa propre entreprise d’électricité solaire. Pour lui, la Suisse a enfin pris le chemin du photovoltaïque à large échelle.

Depuis le toit de l’Ecole technique et des métiers de Lausanne, la vue sur le lac Léman, les montagnes et les toits de la ville est imprenable. Ce n’est pas pour cette raison que Pascal Affolter nous y a fait monter. Mais bien pour nous montrer une des installations photovoltaïques réalisées par le bureau d’électricité solaire Solstis, qu’il a créé avec son collègue d’études Jacques Bonvin il y a plus de vingt-cinq ans.

En tournant le regard vers l’ouest en direction du Jura, on aperçoit un autre toit entièrement recouvert de cellules noires qui brillent au soleil du matin. «Celles-ci ne sont pas de nous. Nous étions pionniers il y un quart de siècle, la donne a changé. Nous sommes nombreux désormais sur le marché. Et c’est tant mieux, car la demande a explosé ces dernières années.»

Un boom qui va durer

L’année 2020 a en effet marqué une expansion record du photovoltaïque en Suisse, avec un bond de près de 50% – l’équivalent de quelque 476 mégawatts – par rapport à l’année précédente. Un tel engouement trouve ses racines dans trois éléments, comme l’explique notre solariste: d’abord la Stratégie énergétique 2050, qui a donné un coup d’accélérateur aux énergies durables et a rendu le photovoltaïque (enfin) rentable; ensuite, le fameux blackout «que Parmelin a thématisé en automne dernier» et qui fait craindre une augmentation des prix de l’énergie; enfin, la pandémie «qui a accru le désir d’autosuffisance, notamment des particuliers. La guerre en Ukraine va certainement accélérer encore la fin programmée et rapide de la dépendance aux énergies fossiles».

Aujourd’hui, le secteur solaire suisse compte déjà près de 7 000 emplois à temps plein et ce chiffre doit tripler d’ici dix ans. Une formation professionnelle de spécialiste en énergie solaire devrait démarrer à partir de 2024. «Le temps des idéalistes écolos au fond d’un labo est clairement révolu. De plus en plus de jeunes veulent se lancer dans ce domaine d’avenir», se réjouit Pascal Affolter.

D’écolo à chef d’entreprise

Ecolo, c’est bien l’étiquette qui collait à la peau de Pascal Affolter quand il était étudiant en électricité à l’EPFL. «Alors que mes potes voyaient surtout leur avenir dans les grandes entreprises électriques, je m’intéressais déjà à la manière d’économiser l’énergie plutôt que de la produire.» Antinucléaire affiché sans engagement politique, l’étudiant participe de manière bénévole à diverses actions de l’association «Sortir du nucléaire». L’accident de Tchernobyl en avril 1986 finit de le convaincre de la voie à suivre.

Fraîchement diplômé, il travaille d’abord comme électricien dans un bureau d’études de la Côte et développe des projets pilotes avec le Laboratoire d’énergie solaire et physique du bâtiment de l’EPFL. «C’était le temps des projets soutenus par la Confédération à 100%. Le solaire était encore considéré comme une énergie pas rentable.»

En 1996, l’envie d’industrialiser des projets développés par l’EPFL se concrétise et Pascal Affolter crée Solstis avec un collègue ingénieur. «La Suisse est alors en tête de la recherche dans ce domaine. Une position remise en question les années suivantes par des pays comme l’Allemagne, où les politiques publiques sont engagées dans le développement de cette énergie, notamment via une législation peu restrictive.» En Suisse, le marché décolle petit à petit, «en partie grâce au mandat que nous avait confié l’Office fédéral de l’énergie pour la promotion de bourses solaires en Suisse romande», précise Pascal Affolter. De la modeste toiture individuelle à la centrale solaire capable d’alimenter plusieurs centaines de ménages, des installations commencent à fleurir en Romandie.

Produire durable

On touche là au débat parfois sensible sur l’intégration esthétique des installations dans le paysage. «Vaste sujet, qui m’agace parfois. Si nous souhaitons nous départir des énergies fossiles, complètement et très rapidement, il faut arrêter de pinailler. Le but est de produire durable, c’est cela l’objectif.» D’autant que le savoir-faire a suffisamment évolué pour que l’aspect esthétique ne soit plus un frein. «On a pu équiper par exemple une ferme fribourgeoise de 1859 de panneaux solaires d’aspect terracotta – ce qui nous a d’ailleurs valu le Prix solaire 2018. Les panneaux solaires ne se greffent plus, ils habillent!»

De la place sur les toits suisses, il en reste. «L’heure est à l’offensive. Si l’on équipe l’ensemble des toitures existantes de panneaux photovoltaïques, on couvrira 80 % de nos besoins en électricité! La Suisse en est loin: en 2019, elle ne produisait que 4% de sa consommation électrique par le solaire. A titre de comparaison, le Danemark, premier du classement, présente un bilan dix fois supérieur.» Le potentiel solaire suisse est largement sous-exploité, alors que toutes les conditions sont réunies pour le concrétiser. «Maintenant!»

FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN, rédactrice romande du Magazine Pro Natura.

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.

Crise de la biodiversité

Stopper la surproduction

Réduire la consommation ainsi que l’utilisation de matières premières et d’énergie.

Weltacker
Dans un monde où les ressources naturelles sont limitées, une croissance illimitée est impossible: une réalité à nouveau mise en évidence par le débat actuel sur l’énergie. La surproduction et la surconsommation détruisent la nature, provoquent l’effondrement d’écosystèmes vitaux et aggravent la crise climatique. Les moyens de changer les choses se trouvent entre les mains de la politique.

L’actuelle surconsommation massive de ressources, de services, d’énergie et de sols dépasse la limite de résistance de notre planète. L’humanité exploite aujourd’hui passé trois fois plus de ressources naturelles qu’il y a cinquante ans. Cette situation est due à la croissance exponentielle des économies nationales ainsi qu’à la mondialisation et à la numérisation des chaînes d’approvisionnement. Notre consommation de ressources est aujourd’hui de loin la principale cause du déclin de la biodiversité dans le monde. À cela s’ajoutent les émissions de gaz à effet de serre, responsables de la crise climatique.

Une réduction drastique de notre niveau de consommation peut encore changer la donne, sans que nous devions pour autant renoncer à une vie agréable: moins peut parfois signifier plus. Pro Natura s’engage pour une société plus respectueuse de la nature, moins consumériste et plus juste.

Les systèmes économique et social doivent changer

Les innovations techniques qui rendent l’utilisation des ressources plus efficiente ne suffisent pas. Au contraire: jusqu’à présent, l’augmentation de l’efficacité énergétique est toujours allée de pair avec une augmentation de la production et non une économie des matières premières.

Promouvoir une croissance prétendument «verte» et tenter de remplacer tous les combustibles fossiles par de l’énergie électrique est non seulement irréaliste mais a des effets dévastateurs sur l’utilisation d’autres ressources naturelles: on estime par exemple qu’en 2050, l’UE aura besoin de 60 fois plus de lithium et de 15 fois plus de cobalt qu’aujourd’hui.

Pour que nous puissions vivre avec sobriété, sans outrepasser les limites écologiques de notre planète, des changements profonds dans nos systèmes économique et social sont nécessaires. Les changements de comportement individuels peuvent avoir un impact important mais, en fin de compte, c’est aux milieux politiques qu’il incombe d’organiser les transformations nécessaires.

La consommation est-elle source de bonheur? Notre modèle social de surproduction, de surconsommation et de gaspillage est une conséquence directe de notre système économique basé sur la croissance permanente. Or, cette «dictature de la croissance» ne garantit pas le bonheur. Le bien-être n’augmente plus depuis de nombreuses années dans les pays riches. Le consumérisme est loin de nous rendre plus heureux. Au contraire, il nuit à notre santé, car il génère un sentiment de frustration permanent. Le retour à une vie plus simple, impliquant plus de proximité avec les autres, plus de solidarité et aussi plus de proximité avec la nature, est en revanche une source de satisfaction intérieure.

La Suisse porte une responsabilité internationale

La surconsommation en Suisse et dans les pays du Nord (ainsi que d’une élite dans les pays du Sud) ne nuit pas seulement à la nature et à l’environnement là où elle a lieu, mais aussi à l’environnement dans les pays les plus pauvres. Elle détruit les forêts, les milieux naturels et les mers, et met en danger les conditions de vie des habitants des pays du Sud. C’est inacceptable.

Ce que fait et demande Pro Natura

Vêtements de seconde main, alimentation végétalienne et réticence à prendre l’avion sont dans l’air du temps, et les conseils en vue d’économiser l’énergie abondent. C’est capital et nécessaire: nous devons changer nos habitudes de consommation personnelles. Mais les changements de comportement individuels ne peuvent s’imposer que s’ils sont également soutenus et encouragés par des mesures politiques. L’économie et la politique ne doivent pas se cacher derrière l’argument de la demande.

Pro Natura applique l’approche de la sobriété aux principaux domaines politiques dans lesquels nous nous engageons: agriculture et alimentation, aménagement du territoire et énergie.

Sihlwald
À la rencontre de la nature

En proposant un calendrier d’événements variés et pour la plupart gratuits, nous souhaitons permettre à toutes et tous d’accéder à la nature, dans la joie et la simplicité.

Ce que vous pouvez faire

Outre procéder à des changements dans vos propres habitudes de consommation, vous pouvez vous engager en faveur d’un tournant au niveau de la société et de la politique:

  • Trouvez des personnes partageant les mêmes idées que vous et lancez ensemble des changements dans votre communauté. Il existe déjà de nombreuses initiatives locales basées sur le principe de la sobriété: Repair Cafés, prêts d’outils, communautés d’utilisateur·trice·s.
    Vous trouverez du soutien sur la manière d’initier de tels projets dans le réseau Transition de Rob Hopkins
  • Sensibilisez votre entourage et parlez de l’urgence de faire des changements sur le plan économique et politique.
  • Soyez actif·ive·s sur le plan politique. Il y a plusieurs pétitions et initiatives en cours que vous pouvez soutenir.
Fieschertal
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Dans notre newsletter, nous vous informons avec plaisir des manifestations et projets actuels sur les thèmes de la biodiversité, du climat et de la durabilité.

Pollution lumineuse à Zurich
01.09.2022 Énergie

Stop au gaspillage énergétique: pas sans la politique et l’économie

L’empreinte écologique de la Suisse est trois fois plus importante que ne le permettent les limites de notre planète. La consommation d’énergie en représente les deux tiers. Nous savons depuis longtemps qu’il faudrait économiser l’énergie. Mais les appels aux économies lancés aux seuls ménages privés ne suffisent pas. Nous devons poser de nouveaux jalons politiques et économiques. Chaque kilowattheure qui n’est pas consommé compte dans la balance, surtout pour la nature.

Un tiers de notre consommation d’électricité est imputable aux ménages privés, avec d’énormes différences en fonction du mode de vie et du revenu. L’industrie, le commerce et le secteur tertiaire sont responsables d’un peu plus de la moitié de la consommation totale. La part des transports se monte à 10 % environ. Pour que nous puissions aborder le tournant énergétique de manière rapide et durable, il faut donc des mesures d’économie et d’efficacité énergétique contraignantes à tous les niveaux, pour les ménages privés comme pour l’économie.

Aborder conjointement les économies d’énergie et la protection de la nature

Des mesures visant à réduire la consommation d’énergie tout en apportant des avantages considérables à la nature et au climat et en améliorant notre qualité de vie peuvent être mises en œuvre dans différents domaines politiques, parfois très rapidement. En voici quelques exemples:

Transports et mobilité:

Le transport individuel motorisé consomme non seulement énormément d’énergie, mais il consomme aussi de l’espace, imperméabilise les sols, fragmente les milieux naturels et cause du bruit et des dérangements pour les êtres humains et les animaux. Cela vaut aussi en grande partie pour la mobilité électrique, même si elle est plus efficace sur le plan énergétique. Les mesures qui permettent d’économiser de l’énergie, de protéger la nature et le climat et d’améliorer la qualité de vie sont par exemple les limitations de vitesse, les dimanches sans voiture, les incitations à l’autopartage et à l’utilisation des transports publics pour les déplacements sur de courtes comme de longues distances.

La mobilité électrique doit avoir la priorité sur les moteurs à combustion, mais là aussi, des restrictions sont nécessaires: la mobilité douce doit être encouragée par des mesures appropriées partout où cela est possible. Se déplacer à pied, à vélo ou à trottinette est bénéfique non seulement pour l’environnement, mais aussi pour la santé.

Les trajets qui peuvent être parcourus avec les transports publics, comme les voyages de loisirs ou d’affaires en Europe, ne doivent plus être effectués en avion. Pour ce faire, il faut non seulement encourager et développer le transport ferroviaire – par exemple les trains de nuit – mais aussi mettre en place des directives étatiques, qui pourraient aller jusqu’à l’interdiction des vols de courte distance.

Zug in Basel Uwe Conrad

Chauffage, refroidissement et éclairage:

Pour le refroidissement et le chauffage des installations et bâtiments publics, mais aussi des bureaux privés, des valeurs maximales peuvent être fixées par une loi ou une ordonnance. Face à la crise énergétique, certains pays européens ont déjà montré la voie à suivre. Il suffit de réduire de quelques degrés les températures de chauffage et celles des chauffe-eau pour diminuer nettement la consommation totale d’énergie. Cependant, ces efforts doivent être consentis non seulement par les particuliers, mais aussi par l’industrie, le commerce et les services.

Dans l’espace public, interdire les enseignes d’entreprises et les vitrines éclairées ainsi que l’éclairage des bureaux et d’autres bâtiments inutilisés pendant la nuit permet d’économiser beaucoup d’énergie. Nous pourrions éteindre du jour au lendemain les installations publicitaires gourmandes en électricité telles que les écrans publicitaires. Dans le domaine public également, l’éclairage nocturne peut être encore réduit, tant que la sécurité n’est pas compromise. Une mesure qui bénéficiera aussi aux insectes et à d’autres animaux.

Le saviez-vous? Les éclairages nocturnes réduisent les chances de survie d’environ 50 % des espèces d’insectes. Les insectes volants sont attirés par les sources de lumière artificielles comme par un aimant et sont du même coup détournés d’autres écosystèmes. Ils meurent d’épuisement ou deviennent des proies faciles pour les oiseaux et les chauves-souris.

Tourisme et installations de loisirs:

La plupart d’entre nous éprouvent le besoin de passer du temps libre dans un environnement agréable, de faire du sport et de se détendre dans la nature. Cependant, l’industrie des loisirs qui repose sur ces besoins est souvent très gourmande en énergie: voyages vers des destinations de vacances, piscines chauffées, exploitation d’installations de toutes sortes… Parallèlement, de nombreuses activités de loisirs perturbent voire détruisent la nature et le paysage dans lequel elles se déroulent. Par conséquent, un tourisme proche de la nature permet non seulement de réduire la consommation d’énergie, mais aussi d’augmenter la valeur récréative. Toutefois, cela nécessite des mesures d’incitation de la part de l’État, car dans ce domaine aussi, le profit prime souvent sur la nécessité de préserver l’énergie, la nature et le paysage.

L’enneigement artificiel en est un bon exemple: la production de neige artificielle modifie la flore, dérange les animaux et consomme beaucoup d’énergie et d’eau, mais elle est encore en partie encouragée par l’État. C’est à ce niveau qu’il faut agir. Il serait également possible de faire des économies significatives en limitant la consommation d’eau chaude dans les saunas et les piscines couvertes, car le chauffage de l’eau consomme énormément d’énergie, et pas seulement chez les particuliers.

Schneekanone vor dem Matterhorn Matthias Sorg
Les stations de ski maintiennent artificiellement en vie un tourisme de masse gourmand en énergie avec des installations d’enneigement artificiel, au lieu de miser sur un tourisme doux et proche de la nature.

Ne pas assouvir sa soif d’énergie au détriment du climat et de la biodiversité

Les mesures d’économie d’énergie ne sont pas seulement urgentes face à une situation de pénurie aiguë. Elles sont indispensables si nous voulons préserver notre environnement pour les générations futures. Car la menace de pénurie d’énergie n’est pas notre seul problème: la crise de la biodiversité et la crise climatique sont déjà là depuis longtemps et continuent de s’aggraver. Dans la situation actuelle, il est d’autant plus important de ne pas vouloir résoudre la crise énergétique au détriment de la gestion d’autres problèmes – par exemple au moyen de projets à court terme dans le domaine des énergies renouvelables, ce qui nuit à son tour à la nature, ou en revenant à davantage d’énergies fossiles, ce qui ne fait qu’aggraver la crise climatique.

Dans le débat actuel sur l’énergie, il ne faut pas établir une hiérarchie de l’urgence. Car la biodiversité est la base de notre existence: elle garantit notre alimentation, nous fournit de l’air pur et nous maintient en bonne santé. Nous avons tout intérêt à la préserver.

Weltacker
Stopper la surproduction
Le débat actuel sur l’énergie nous le montre une fois de plus: dans un monde où les ressources naturelles sont limitées, une croissance illimitée est impossible. La surproduction et la surconsommation entraînent la destruction de la nature et l’effondrement d’écosystèmes vitaux. Les moyens de changer les choses se trouvent entre les mains de la politique et de l’économie.
Le Parlement fédéral à Berne
05.05.2022 Énergie

Le développement écologique des énergies renouvelables doit passer à la vitesse supérieure

Le développement des énergies renouvelables doit être accéléré : c'est ce qu'affirme l'Alliance-Environnement dans sa prise de position sur la révision de la loi sur l'énergie (LEne). Les organisations environnementales estiment que le besoin d'agir le plus important se situe au niveau des plans directeurs cantonaux, dans lesquels la compatibilité des sites potentiels d'installations énergétiques et des objectifs de protection de la biodiversité et du paysage est aujourd'hui trop peu évaluée. Elles saluent donc la volonté de la Confédération de prendre les choses en main en encourageant le recensement des valeurs naturelles et paysagères, en imposant aux cantons des directives par le biais d'une conception fédérale et en leur prescrivant des analyses environnementales détaillées au niveau du plan directeur. Par ailleurs, il est avant tout essentiel de faire avancer et de faciliter le développement de l'énergie solaire sur les infrastructures déjà construites.

Le développement des énergies renouvelables, notamment de l'énergie solaire, est trop lent. Les raisons en sont les facteurs économiques, l'absence d'incitations financières ou des incitations inappropriées, en passant par les oppositions aux projets en raison d'intérêts particuliers, le manque de ressources des autorités et des tribunaux, mais aussi les recours pour non-respect du droit de l'environnement.
Pour des procédures plus efficaces, l'Alliance-Environnement relève que des améliorations sont nécessaires, surtout au moyen d’un examen précoce et détaillé des valeurs naturelles et paysagères. Les évaluations environnementales réalisées par les cantons lors de l'élaboration des plans directeurs sont souvent trop superficielles et ne permettent que trop rarement d'identifier les conflits potentiels. L'objectif est d'accélérer les procédures tout en respectant la législation en vigueur.

Des clarifications précoces améliorent les procédures 

« Aujourd'hui, ce n'est qu'au moment de l'étude d'impact sur l'environnement (EIE), donc à l'avant-dernière ou dernière étape de la procédure, que l'on détermine de manière détaillée si une installation et son aménagement sur le site prévu menacent des animaux et des plantes protégés ou menacés, et ce parfois de manière insuffisante », déplore Stella Jegher de Pro Natura. Souvent, des lacunes dans les études préalables sont relevées à ce moment-là, ce qui retarde la réalisation des projets.
L’Alliance-Environnement demande, dans sa prise de position, qu’une pesée détaillée des intérêts entre protection et exploitation soit effectuée au plus tard au niveau du plan directeur. « Les effets cumulés de plusieurs projets ou installations dans la même région sur la biodiversité et le paysage doivent également être pris en compte », constate Christa Glauser de BirdLife Suisse.
Une pesée d'intérêts détaillée effectuée suffisamment tôt donnerait également une plus grande sécurité aux concepteurs de projets et aux investisseurs, écrit l'Alliance-Environnement. Ils pourraient ainsi mieux évaluer si, et le cas échéant quelles mesures de protection, de remplacement ou de compensation devraient être prises, ou si d'autres intérêts s'opposent fondamentalement à leurs projets. La Confédération peut soutenir les cantons de plusieurs manières : premièrement, en encourageant le recensement des valeurs naturelles et paysagères importantes comme base pour une éventuelle priorisation des installations d'énergie renouvelable (concept fédéral) ; deuxièmement, par des directives pour une analyse environnementale détaillée au niveau de la planification directrice ; troisièmement, en créant un centre de compétence national pour l'EIE, qui aiderait les autorités cantonales à évaluer les plans et les rapports d'impact sur l'environnement.
Les organisations environnementales sont réticentes face à la réduction des étapes d'approbation des plans à une seule procédure telle que proposée dans le projet de révision, du moins pour les projets hydroélectriques. « Plus un projet est complexe, plus une procédure en deux étapes s'impose », déclare Julia Brändle du WWF. « Les investisseurs devraient donc au moins pouvoir choisir librement s'ils souhaitent une procédure concentrée ou en deux étapes ».

Soutien au développement rapide du solaire

Les organisations environnementales soutiennent unanimement les modifications législatives prévues dans le domaine de l'énergie solaire et iraient même plus loin : « Un standard solaire pour les nouvelles constructions et les constructions existantes, y compris des mesures d'accompagnement financières, est impératif si l'on veut réussir un tournant énergétique écologique », souligne Simon Banholzer, responsable politique de la SES, car « c'est sur les surfaces bâties que nous avons le potentiel d'énergie renouvelable le plus respectueux de la nature et le plus facile à exploiter ».


Contacts:

  • WWF Suisse: Pierrette Rey, responsable de la communication Suisse romande, 021 966 73 75
  • SES: Simon Banholzer, responsable politique, 076 420 90 05
  • BirdLife Suisse: Christa Glauser, Stv. Geschäftsführerin, 044 457 70 24
  • Pro Natura: Stella Jegher, responsable politique, 061 317 92 22

L’Alliance-Environnement 
L'Alliance-Environnement est un regroupement des quatre grandes organisations environnementales Greenpeace, Pro Natura, ATE et WWF. Elle a pour objectif de renforcer les intérêts de la protection de la nature et de l'environnement au niveau politique. Elle coopère avec la Fondation suisse de l'énergie, BirdLife Suisse et l'Initiative des Alpes.

 

 

 

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Communiqué aux médias de l’Alliance-Environnement

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Système solaire Gundeli Basel Matthias Sorg
27.06.2022 Crise de la biodiversité

C’est ainsi que la Suisse réussira sa transition énergétique

La crise de la biodiversité et celle du climat sont les plus grandes menaces induites par l’homme et pesant sur les fondements de notre existence. Ces deux crises se renforcent mutuellement et nous devons agir sans tarder. Les aborder ensemble permet de gagner sur les deux tableaux. La société, l’économie et la politique doivent s’y atteler ensemble. Un approvisionnement énergétique sûr est possible en Suisse d’ici 2035.
  • Les responsables de l’Association transports et environnement (ATE), de BirdLife, la Fondation Suisse de l’Energie (SES), Greenpeace, Pro Natura et le WWF Suisse ont présenté aujourd’hui aux médias leurs idées pour nous permettre de réussir une transition énergétique sûre, efficace et renouvelable d’ici 2035.
  • Une transition énergétique protégeant le climat et la biodiversité est possible. Pour cela, nous devons arrêter de gaspiller de l’énergie, développer rapidement la production solaire et veiller à ce que les critères de protection et d’utilisation aient la même importance dans la planification générale des projets énergétiques.
  • Les avantages pour la société et l’économie d’une transition énergétique rapide, sûre et propre sont nettement supérieurs à ses coûts. En effet, nous protégeons ainsi nos bases existentielles, assurons l’approvisionnement à long terme, créons de nouveaux emplois et conservons la création de valeur en Suisse.
  • La politique a le pouvoir de faire évoluer la situation: des mesures concrètes sont nécessaires rapidement, à l’image d’un délai contraignant pour l’abandon des agents énergétiques fossiles, de nouvelles obligations et incitations pour une utilisation plus raisonnée de l’énergie et de normes en matière de production photovoltaïque sur les bâtiments.

Chaque jour, jusqu’à 150 espèces animales et végétales s’éteignent dans le monde. Les vagues de chaleur mortelles et les incendies se multiplient. «Pour notre base existentielle, la crise de la biodiversité et celle du climat sont les plus grandes menaces induites par l’homme. Protéger le climat et la nature, c’est nous protéger nous», a affirmé Thomas Vellacott, directeur du WWF, lors de la conférence de presse d’aujourd’hui.
Pour cela, la Suisse a besoin d’un approvisionnement énergétique prévoyant, qui n’émettra plus de carbone dans l’atmosphère d’ici 2035. Elle doit aussi ménager les biotopes, qui abritent des milliers d’espèces animales et végétales. «Une bonne planification est tout bénéfice pour le climat et la biodiversité», a encore ajouté Thomas Vellacott. Les solutions coulent de source.

Economiser l’énergie et l’utiliser de manière efficace

Si nous utilisons l’énergie de manière plus efficace et que nous l’économisons, nous réduirons notre consommation d’énergie totale de 41% d’ici 2035. Cela ne coûte pas cher, ne produit pas de CO2 et n’a pas d’impact sur l’environnement. «Il est temps de mettre fin au gaspillage d’énergie», a annoncé pour sa part Anders Gautschi, directeur de l’ATE. «Mobility montre de manière exemplaire que le passage à la voiture électrique combiné à un système d’autopartage permet de réduire fortement la consommation d’énergie.»

La puissance du soleil comme solution

Un développement rapide de la production photovoltaïque sur l’infrastructure existante permet de couvrir l’augmentation des besoins en matière d’électricité. «Mieux vaut avoir recours à l’énergie solaire que d’assécher une rivière», a souligné Iris Menn, directrice de Greenpeace. Une installation posée sur le mur antibruit de l’autoroute Forsch, près de Zumikon, le prouve. En Valais et dans le Knonauer Amt, des installations bien plus grandes sont également prévues.  Pour protéger la biodiversité, il est plus judicieux de réaliser des installations solaires sur les constructions, installations et surfaces imperméabilisées existantes. «Les dispositions légales devraient clairement donner la priorité à ces catégories de surfaces, de sorte qu’elles pourraient couvrir à moyen terme entre 80 et 90% du volume de développement», a encore ajouté Iris Menn.

Sécurité de l’approvisionnement grâce au développement en Suisse

Aujourd'hui, nous dépendons aux trois quarts des importations d'énergie. Cela met en péril la sécurité de l'approvisionnement de la Suisse. D’après les calculs de l’Alliance-Environnement, la production d’électricité renouvelable doit être augmentée de 38 TWh supplémentaires d’ici 2030 pour l’éviter. Dans ces conditions, les importations nettes pourront être sensiblement inférieures à la limite critique de 5 à 10 TWh définie par l’Elcom. «La production en Suisse est prioritaire. Les solutions sont les suivantes: développement de la production photovoltaïque, réduction de la consommation d’énergie et utilisation des centrales hydrauliques à accumulation en fonction des besoins», a expliqué Nils Epprecht, directeur de la SES. 

Une transition énergétique rapide bien planifiée

«Forcer la transition énergétique n’est pas seulement dangereux, mais aussi inutile», a affirmé Urs Leugger, secrétaire central de Pro Natura. En effet, la crise climatique et celle de la biodiversité sont les revers d’une même médaille. Elles ne peuvent être résolues qu’ensemble. La nature intacte sert par exemple, au travers des marais, de puits de CO2 et stocke de grandes quantités de gaz à effet de serre. «Quand on aborde les conflits d’objectifs de façon précoce, que les intérêts en présence sont pesés attentivement et que les emplacements et les projets sont planifiés avec clairvoyance, la nature et l’approvisionnement énergétique y gagnent tous les deux», a souligné Urs Leugger. Une planification générale de cet ordre a par exemple porté ses fruits à Uri, dans le concept cantonal de protection et d’utilisation pour les énergies renouvelables (SNEE). 

Investir dans le climat maintenant

Près de 50 milliards de francs sont aujourd’hui investis dans la transformation et le développement des infrastructures énergétiques, par exemple pour l’installation de pompes à chaleur, de stations de chargement pour les voitures électriques ou d’installations photovoltaïques sur la toiture des bâtiments. Pour réaliser l’objectif zéro émission nette d’ici 2035, environ 3 à 4 milliards de francs devraient annuellement être investis en plus d’ici là. «C’est faisable et crée de nouveaux emplois. Tout le monde en profite», a rappelé Thomas Vellacott. 

Les solutions sont là, la politique doit permettre de les réaliser

L’Alliance-Environnement a défini quatre domaines prioritaires pour la politique. En premier lieu, il convient de fixer une date contraignante pour l’abandon des agents énergétiques fossiles. «Le canton de Glaris nous a montré que nous pouvions très bien nous passer du pétrole et du gaz», a souligné Raffael Ayé de BirdLife. Deuxièmement, il est nécessaire de travailler avec des contraintes et des encouragements comme des taxes incitatives, qui aident la société à gaspiller moins d’énergie. «Une majorité de la population est favorable à une taxe sur les billets d’avion», affirme Raffael Ayé. En troisième lieu, une norme solaire doit être introduite pour les bâtiments. L’idée est de prescrire une occupation photovoltaïque maximale des toits des bâtiments qui se prêtent à une production d’électricité de ce type. «Il est en fin de compte important que la politique reconnaisse que la crise du climat et celle de la biodiversité se renforcent mutuellement. Ce n’est qu’ainsi que nous progresserons rapidement». 

Informations complémentaires  :  

Le dépliant sur un approvisionnement énergétique sûr en Suisse d’ici 2035, ainsi que toutes les fiches d’information peuvent être téléchargées sur le site de l’Alliance-Environnement: www.energiewende2035.umweltallianz.ch/fr

Contact :

  • Pro Natura: Nicolas Wüthrich, responsable de l’information, 079 212 52 54, @email
  • WWF Suisse: Pierrette Rey, porte-parole, 021 966 73 75, @email
  • BirdLife Suisse: Raffael Ayé, directeur, ‭076 308 66 84‬, @email
  • ATE: Anders Gautschi, directeur, 079 960 11 71, @email
  • Greenpeace Suisse: Mathias Schlegel, porte-parole, 079 794 61 23, @email  ‬‬

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Communiqué de presse commun de l'Alliance-Environnement

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 Angela Peter
04.01.2023 Énergie

En pleine nature plutôt que sur nos toits?

Le Suisse se décide enfin – beaucoup trop tard – à abandonner les énergies fossiles. Elle veut en faire payer inutilement le prix à la nature.

«L’énergie est limitée. Ne la gaspillons pas!» Ce slogan de la Confédération pour les économies d’énergie, nous avons certainement tous dû le lire quelque part ces derniers temps. Un impératif dont nul ne contestera le bien-fondé, mais qui serait mieux formulé ainsi: «L’énergie est précieuse. Ne la gaspillons pas!» – quel que soit l’état actuel des stocks.

Un tiers de l’électricité produite en pure perte

Le gaspillage est un problème majeur, et pas seulement dans le secteur énergétique. Mais il a fallu la menace d’une pénurie d’électricité hivernale et l’envolée des prix de l’énergie l’automne dernier pour que le grand public soit invité à réfléchir à la question. Hélas, cela fait longtemps que notre société de surconsommation n’a plus l’habitude d’utiliser les ressources avec modération. Des restrictions s’avèrent soudain indispensables et c’est la levée de boucliers. Or, c’est précisément dans la gestion de cette surconsommation que réside une grande partie de la solution.

En 2011 déjà, l’Agence suisse pour l’efficacité énergétique estimait réaliste une baisse de 36% de notre consommation de courant d’ici 2035 grâce au seul progrès technologique. Comme on a pu le lire dans les médias, l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) confirme dans un récent rapport au Conseil fédéral que la Suisse gaspille 25 à 40% de son électricité. Un potentiel d’économie immédiatement exploitable, sans avoir à voter une nouvelle loi ni même à sacrifier notre confort. En premier lieu, en remplaçant les appareils électriques (trop) obsolètes: des chauffages aux chauffe-eau, en passant par les pompes à chaleur et circulaires, les installations frigorifiques, l’électroménager, etc.

Ajoutons-y des changements dans nos comportements individuels. Cela commence par de petits gestes: éteindre les appareils après utilisation, suspendre sa lessive plutôt que la passer au séchoir, ne pas surchauffer les pièces. D’autres sources de consommation excessive sont à éliminer: les chauffages sur les terrasses, les piscines intérieures, les systèmes de chauffage inefficients. L’industrie et l’économie doivent évidemment aussi prendre leurs responsabilités. Chaque kilowattheure d’électricité non gaspillé est précieux lorsqu’une pénurie se dessine.

Le solaire étranglé

Un autre aspect concerne la production du courant électrique. Depuis des décennies, les organisations de protection de l’environnement réclament un tournant énergétique compatible avec le respect de la nature. Il faut se défaire de notre dépendance aux agents énergétiques non durables, fossiles ou nucléaires, pour développer les filières renouvelables. Cet objectif est à notre portée: l’Alliance-Environnement l’a encore démontré il y a peu dans sa Stratégie énergétique 2035, où elle expose les moyens d’y parvenir.

En 2019, le Conseil fédéral a lui-même décidé que la Suisse devait viser zéro émission nette à l’horizon 2050. Les milieux politiques ont malheureusement longtemps freiné des quatre fers au lieu d’accélérer la transition. Le lobby de l’énergie, surtout d’origine hydraulique, nucléaire et fossile, était trop occupé à défendre ses prébendes, voire à les augmenter dans le cas de l’hydraulique, pénalisant au passage toutes les autres filières renouvelables.

Des milliers de projets sur liste d’attente

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Lorsque la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) a été introduite en 2009, les subventions prévues pour le photovoltaïque ne dépassaient pas 5% du montant alloué. Jusqu’à la moitié de l’enveloppe globale était réservé à la petite hydraulique – alors que la Suisse n’a cessé de développer cette technologie pendant plus d’un siècle, et qu’une augmentation des capacités est aujourd’hui rarement possible sans un coût économique et écologique très élevé. Nonobstant, plus de trois cents projets de petites centrales hydroélectriques ont bénéficié de la manne de la RPC, quand des milliers de projets solaires restaient dans les cartons.

Il a fallu attendre la rétribution unique pour que le déploiement du photovoltaïque sur les infrastructures existantes redémarre enfin. Son essor a été ralenti ces dernières années par le manque de soutien politique à la décentralisation de la production et à l’expansion du solaire en milieu urbain.

Cet automne, la politique a été rattrapée par des années de négligence et d’obstruction. Au lieu de lancer une vaste offensive solaire dans les zones habitées, l’aile bourgeoise du Conseil des États a saisi le prétexte d’une éventuelle pénurie d’électricité pour affaiblir drastiquement la protection de la nature et du paysage. Il est désormais possible de réaliser de grandes centrales dans des régions alpines vierges de construction via un arrêté urgent et le résultat de la pesée d’intérêts pour toute une série de centrales hydrauliques à accumulation est connu d’avance. La perspective d’engranger des profits supplémentaires au détriment de la nature et du paysage est si alléchante qu’elle a conduit à des décisions contraires à la Constitution.

Risque d’affrontement stérile

La Commission de l’environnement du Conseil des États a même proposé de suspendre l’exécution de la législation environnementale jusqu’à ce que les objectifs de développement soient atteints conformément à la loi sur l’énergie. Cela reviendrait à autoriser tout type d’installations, des plus inutiles aux plus polluantes. Jusqu’à présent, les décisions prises en la matière vont heureusement dans un autre sens. Mais le risque d’un affrontement stérile dans lequel la nature et le paysage seront sacrifiés n’est de loin pas encore écarté.

 Matthias Sorg Matthias Sorg
Le lobby de l’énergie, surtout d’origine hydraulique, nucléaire et fossile, était trop occupé à défendre ses prébendes, voire à les augmenter dans le cas de l’hydraulique, pénalisant au passage toutes les autres filières renouvelables.

Nous aurions pourtant les capacités de réussir un tournant énergétique rapide et efficace sans que la nature et le paysage aient à en payer le prix fort. Cela nécessiterait des directives et des règlements obligeant à développer et à exploiter le photovoltaïque dans les zones construites plutôt qu’en pleine nature. Jusqu’ici, la majorité bourgeoise du Parlement s’obstine à l’empêcher.

L’utilisation du potentiel hydraulique résiduel doit faire l’objet d’une planification rigoureuse et les sites envisageables doivent être soigneusement évalués. Idem pour les secteurs susceptibles d’accueillir des éoliennes. Pas question de délivrer un blanc-seing qui serait préjudiciable aux réserves naturelles et à la biodiversité. Car même lorsque l’énergie est bon marché, sa production a bien souvent des conséquences pour la nature et la paysage: «L’énergie est précieuse. Ne la gaspillons pas!»

Michael Casanova est responsable du dossier Politique énergétique chez Pro Natura.

En savoir plus: energiewende2035.umweltallianz.ch

 Angela Peter Angela Peter
Eoliennes dans le Jura
24.01.2023 Énergie

Commentaire des organisations environnementales sur l'offensive éolienne de la CEATE-N

Commentaire aux médias commun des organisations environnementales sur la décision prise aujourd'hui par la CEATE-N concernant l'offensive éolienne.
  • Les organisations Pro Natura, SES, BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse et WWF Suisse saluent l’accélération du développement des énergies renouvelables. L'énergie éolienne doit elle aussi contribuer à atteindre l'objectif de zéro émission nette (cf. https://energiewende2035.umweltallianz.ch/fr/).
  • Il est essentiel de procéder à une évaluation préalable des valeurs naturelles des sites prévus, afin d'éviter les conflits potentiels avec la biodiversité et le paysage.
  • Pour les parcs éoliens visés par le projet de la CEATE-N, une certaine clarification des valeurs naturelles a déjà eu lieu au niveau des plans d'affectation. Une procédure d'autorisation raccourcie est ainsi acceptable pour ces installations.
  • La loi doit toutefois rester une mesure d'exception. Elle ne doit pas préjuger des dispositions légales à long terme. Son application doit être limitée aux 10 parcs éoliens qui disposent ou disposeront prochainement d'un plan d'affectation juridiquement valable.
  • Les organisations environnementales demandent au Conseil national de limiter l'objectif de production à atteindre avec la loi pour un développement rapide de l’énergie éolienne à 0,6 TWh de production annuelle, conformément à la proposition 2 de la minorité. Un objectif plus élevé précipiterait l’autorisation d'installations qui ne disposent pas encore d'un plan d'affectation juridiquement valable.  

Informations :

  • Pro Natura : Stella Jegher, cheffe de la division Politique et affaires internationales, 079 411 35 49, @email
  • Fondation suisse de l’énergie (SES) : Nils Epprecht, directeur, 044 275 21 25 (direct), @email
     
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