«Allegra Pierre le Chevrier» - des chèvres, des ânes et des bovins broutent pour la biodiversité

20.09.2016

87 chèvres, 26 ânes et 35 bovins ont contribué avec des agriculteurs, des écolières et des écoliers, des bénévoles et des civilistes à refleurir l’équivalent de quelque 80 terrains de football de prairies et pâturages secs. C’est en résumé le bilan intermédiaire de la réussite des dix ans du projet «Allegra Pierre le Chevrier» de Pro Natura en Valais et dans les Grisons. De nombreux sites pâturés offrent maintenant jusqu’à un tiers d’espèces végétales et le double d’espèces animales de plus qu’avant le démarrage du projet. Pro Natura poursuit son projet «Allegra Pierre le Chevrier» et publie pour les professionnels un guide qui explique les facteurs de réussite.Les prairies et pâturages secs sont à la fois des biotopes particulièrement riches en espèces et des témoins de la culture et de l’histoire agricoles. Au cours des 100 dernières années, quelque 95 pour cent de ces habitats de très haute valeur écologique ont disparu - et avec eux nombre de plantes, de papillons et de sauterelles rares. C’est surtout dans les régions de montagne que les prairies et les pâturages s’embuissonnent parce que leur utilisation par la fauche et la pâture régulières n’est plus rentable.

C’est de nouveau rentableEn collaboration avec des paysannes et des paysans, Pro Natura lutte contre l’embroussaillement depuis dix ans avec le projet «Allegra Pierre le Chevrier». Pro Natura a choisi trois régions en Suisse, à Chalais (VS), dans la vallée du Rhin près de Coire (GR) et dans le Val Bregaglia (GR) pour défricher depuis 2006 des prairies et des pâturages afin de les rendre réutilisables pour la pâture par des ânes, des chèvres ou des bovins.Les résultats sont très prometteurs: l’équivalent de plus de 80 terrains de football de prairies et pâturages secs a été revalorisé ou rendu réutilisable. Les agriculteurs reçoivent aujourd’hui des paiements directs et des contributions pour la protection de la nature. Et la valorisation des animaux de pâture leur permet de générer des revenus supplémentaires. La nature est aussi gagnante: les espèces végétales et animales qui aiment la sécheresse et la chaleur comme le criquet à ailes bleues et le criquet à ailes rouges ont augmenté et le nombre de papillons a plus que doublé sur certaines surfaces.

La politique doit tirer à la même cordePro Natura transmet gratuitement aux professionnels intéressés son expérience amassée au cours de ces dix années du projet «Allegra Pierre le Chevrier» sous forme d’un guide (voir le lien ci-après ; guide en allemand pour l’instant, mais bientôt disponible en français). Mais Pro Natura continue aussi de fournir une contribution active puisque l’organisation de protection de la nature poursuit «Allegra Pierre le Chevrier» pour rendre d’autres surfaces à l’agriculture et à la biodiversité.

Il en faut cependant davantage pour pouvoir conserver à long terme la splendeur des couleurs et des formes des prairies et des pâturages de montagne. La politique est appelée à jouer son rôle: il faut créer d’urgence des incitations plus fortes pour que ces prairies de montagne de haute valeur écologique, paysagère et touristique soient préservées à long terme. Informations supplémentaires et téléchargement du guide, en allemand (bientôt disponible aussi en français): www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier

Photos pour les médias: www.pronatura.ch/photos-allegra-pierre-le-chevrier

Informations supplémentaires:

  • Corinne Vonlanthen, cheffe de projet «Allegra Pierre le Chevrier»,tél. 061 317 91 32, @email
  • Service médias Pro Natura: Nicolas Wüthrich, tél. 024 423 35 67, 079 212 52 54,@email