Autorisation de tir illicite d’un loup en Valais

14.09.2015

Selon le WWF Suisse et Pro Natura, l’autorisation de tir pour l’un des loups de la région d’Augstbord/vallée de Tourtemagne en Valais est illégale. Les organisations environnementales déposent un recours pour plusieurs raisons. Elles ont déjà exigé la semaine dernière l’application de l’effet suspensif afin qu’aucun loup ne soit abattu sans autorisation légale.

L’existence de plusieurs loups a été attestée à plusieurs reprises dans la région d’Augstbord et dans la vallée de Tourtemagne VS depuis quelques années. Leur présence oblige les éleveurs à prendre des mesures de protection pour les moutons. Cependant, même des mesures de protection des troupeaux toutes simples et facilement réalisables n’ont pas été prises. Sans elles et conformément au Plan loup, les bêtes attaquées ne peuvent être comptabilisées pour justifier une autorisation de tir. Après examen, seuls deux moutons tués dans la région peuvent être considérés comme ayant été suffisamment protégés. Une autorisation de tir légale nécessiterait 15 moutons tués.

Le tir n’empêchera pas les dégâtsSelon les dispositions en vigueur, un tir sélectif est envisageable uniquement s’il peut éviter d’autres dommages. Or, dans la région concernée, la présence de trois loups a été attestée. En abattant l’un de ces loups, il n'est en aucun cas certain d'éviter d'autres dommages à l'avenir. Cette constatation va en principe à l’encontre de l’autorisation de tir.

Irrespect du droitIl est sûr depuis quelque temps que l’un des trois loups vivant dans cette région est une femelle. Il n’est pas exclu que de jeunes loups, passés inaperçus jusqu’ici, y vivent. Dans ce cas, c’est l’Office fédéral de l’environnement OFEV qui devrait donner l’autorisation de tir, le canton du Valais n’étant pas habilité à l’octroyer de son propre chef, comme cela s’est fait.

Selon le Plan loup, il est de la responsabilité des cantons d’observer la présence de loups et de déterminer l'existence de portées. Le canton du Valais a suspendu le monitoring du loup par décision du Grand Conseil, entravant activement de cette manière toute constatation d'éventuels jeunes loups.

Informations supplémentaires:Mirjam Ballmer, cheffe de projet Pro Natura en politique de protection de la nature, tél. 079 416 65 94, @emailGabor von Bethlenfalvy, spécialiste des grands prédateurs auprès de WWF Suisse, tél. 076 552 18 09, @email