Stratégie énergétique 2050 au Conseil des Etats: Tentative de dilution

24.09.2015

Le Conseil des Etats a adopté la Stratégie énergétique 2050 mais il a substantiellement dilué la version du Conseil national. Il a approuvé des mesures d’efficacité inefficaces, il a affaibli la RPC, il a décidé de subventionner des petites centrales hydro-électriques non rentables et il n’a pas voulu sortir du nucléaire. Les décisions du Conseil des Etats doivent être entièrement corrigées par le Conseil national.

Une stratégie doit comprendre des objectifs mesurables et des mesures efficaces. Le Conseil des Etats ne l’a pas vu ainsi. Il est revenu sur toute une série de décisions du Conseil national. L’Alliance-Environnement a bon espoir que le Conseil national perçoive cette tentative de dilution du projet et qu’il reste sur ses positions.

Création de valeur ici plutôt qu’ailleurs

La Suisse importe chaque année de l’énergie pour 13 milliards de francs. Cet argent part dans des pays comme la Russie, la Lybie, le Kazakhstan ou le Nigéria. En transformant l’approvisionnement énergétique suisse par le recours aux énergies renouvelables et les mesures d’efficacité énergétique, cet argent restera en grande partie en Suisse. Le Conseil des Etats n’a apparemment tou-jours pas fait le lien entre ces éléments.

Trop d’hésitations concernant la sortie du nucléaire

Le Conseil des Etats s’est montré très hésitant concernant la sortie du nucléaire. Ceci malgré le fait que le Conseil national ait déjà arraché quelques dents à la loi sur l’énergie nucléaire. Toutefois, les prix de l’électricité qui restent bas, les problèmes de sécurité, les coûts élevés et la pression de la population vont finir par entraîner la mise hors service des centrales nucléaires suisses, mais pas trop tard espérons-le. Le politique aurait maintenant l’opportunité de poser des conditions-cadres claires. Les projections 2015 de production de courant provenant de la biomasse, du soleil et du vent s’élèvent à 3‘142 GWh. Cela dépasse déjà la production de la centrale de Mühleberg ou de Beznau II en 2014. La sortie du nucléaire est faisable, à court terme également. L’Alliance-Environnement va continuer de se battre dans ce sens.

Pour toute question complémentaire:

Patrick Hofstetter, responsable Climat [&] Energie, WWF Suisse, 076 305 67 37

Florian Kasser, expert en nucléaire, Greenpeace, 076 345 26 55

Sabine von Stockar, responsable de projet Energie nucléaire et électricité, SES, 079 223 56 86

Michael Casanova, chef de projet en Politique énergétique et de protection des eaux, Pro Natura,

061 317 92 29