Progetti
Sous nos pieds, ça grouille de vie!
Dans une poignée de terre riche en humus, ce ne sont pas moins de 10 milliards d’organismes vivants qui sont présents. La vie sur terre est dépendante de la diversité cachée des organismes vivant dans les sols: tout ce que nous mangeons, buvons, respirons, l’essentiel des habits que nous portons passe et repasse inexorablement par les sols et les organismes qui y vivent.
Les sols, écosystèmes complexes
Les sols forment cette fine pellicule unique à la surface de la Terre, où géosphère, hydrosphère, atmosphère et biosphère interagissent. Ils constituent des écosystèmes complexes dans l’espace et le temps en fonction du climat, de la nature de la roche, du régime hydrique, de la topographie et des activités biologiques. La genèse des sols dure des milliers d’années et n’est jamais terminée – on parle d’un taux de formation moyen de 0.1 mm par an. Les sols fonctionnels sont le siège d’une foisonnante diversité d’organismes – animaux, plantes, champignons, microorganismes – et de processus fondamentaux comme les cycles des éléments. Dans un gramme de sol vivent entre 2000 et 18’000 espèces différentes d’organismes qui se nourrissent essentiellement de la matière organique du sol.
Bactéries, champignons, protistes et Cie
Les conditions de vie sont très variables dans les sols. La majorité des organismes se trouvent dans les premiers centimètres, dans la couche d’humus composée de la matière issue des organismes morts, de la litière des plantes, et des exsudats racinaires, fongiques et des microorganismes. La plus grande diversité en espèces se retrouve parmi les bactéries et autres unicellulaires microscopiques. On trouve aussi d’innombrables autres organismes, souvent invisibles à l’œil nu, comme des amibes, des némotades en tous genres, des tardigrades, des lombriciens, et en se rapprochant de la surface on découvre des petits vers blancs enchytréides, des mille-pattes, des cloportes, des collemboles, des larves d’insectes, tout comme des gastéropodes grands consommateurs de litière végétale. Sans oublier les taupes et les fourmis qui participent à la structuration et à l’aération des sols, et les sangliers qui en remuent la surface à la recherche de nourriture. Si au niveau mondial, on connaît plus de 80% de la diversité des espèces de plantes, la science a pour l’heure décrit moins de 5% des espèces de nématodes, de champignons et de bactéries.
Une bouse de vache…
Imaginez une bouse de vache. Avec les semaines et les mois, elle disparaît. Qu’est-elle devenue? Pour une bonne part, elle a été intégrée dans le sol par toute une cohorte d’organismes vivants spécialisés qui se succèdent en fonction de son état de décomposition et de dessèchement. Aux gastéropodes et larves de mouches qui débutent le processus de décomposition se substituent différents diptères qui viennent pondre des œufs. Y succèdent les coléoptères coprophages et les petits vers du fumier puis, lorsqu’elle est déjà bien dégradée, les vers de terre finissent le travail d’incorporation de la bouse dans le sol. Tout au long du processus, de nombreux prédateurs viennent se nourrir: insectes staphylins, oiseaux, acariens, pseudoscorpions, mille-pattes. Des champignons et des bactéries participent aussi, en tout temps, au processus de dégradation de la bouse. Il en va de même pour la décomposition d’une feuille ou d’un tronc d’arbre, d’un cadavre ou de toute matière organique morte.
Sans la faune et les microorganismes des sols, cadavres et excréments s’accumuleraient, et la surface de la Terre en serait recouverte, de même que de bois mort.
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Matthias Sorg
L’agriculture a besoin de sols sains
Un sol productif sain héberge une grande diversité d’organismes vivants. S’ils sont présents en suffisance, ces organismes permettent de décompacter les sols agricoles qui sont mis à rude contribution par le passage répété de lourdes machines, avec risque d’asphyxie pour les racines des plantes. Le travail mécanique intensif, l’apport important d’engrais minéraux et de pesticides et la perte progressive en matière organique modifient dramatiquement les sols agricoles et nombre d’organismes vivants en disparaissent, avec des conséquences irréparables sur leur fertilité. Des études montrent que les pratiques agricoles biologiques, l’agriculture de conservation de la matière organique des sols et l’agriculture régénérative détruisent moins la vie qui s’y trouve.
Crise de la biodiversité, aussi dans les sols
La diversité des organismes vivants dans les sols est sous pression. Chaque seconde en Suisse, plus de 1 mètre carré de sol fertile est détruit, et cela depuis des décennies. Or les sols ne sont pas une ressource renouvelable. Leur dégradation peut intervenir en quelques secondes, alors que leur régénération prend des dizaines, voire des centaines d’années. Pourtant, la biodiversité des sols et les fonctions écosystémiques associées sont négligées dans la plupart des évaluations relatives à l’état de la biodiversité. Mais il est évident que l’on ne peut préserver que ce que l’on connaît: en Suisse, il n’existe pas encore de carte nationale des sols, et encore moins une évaluation de l’état des menaces pesant sur les organismes vivants qui s’y trouvent.
La prochaine fois que vous verrez des vers de terre ou des escargots sur un chemin imperméabilisé, saisissez-les délicatement pour les transporter en lieu sûr. Personnellement, je le fais. Se préoccuper de la biodiversité des sols, c’est se préoccuper de leur santé, donc de notre santé et de notre bien-être à toutes et tous.
Le biologiste René Amstutz est un spécialiste des sols. Il dirige la division Biotopes et Espèces chez Pro Natura.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura Spécial.
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Les fonds publics amplifient toujours la destruction de la nature
Dans sa Stratégie Biodiversité de 2012, le Conseil fédéral se fixait l’objectif de réduire au plus tard en 2020 les effets négatifs des incitations et subventions sur la biodiversité, et si possible de les éliminer totalement. À cette date, les messages pour la révision des bases légales auraient dû être prêts. Mais la Confédération n’a rien fait. En 2020, le WSL et la SCNAT ont publié un rapport révélant l’énorme étendue des dommages à la biodiversité imputables à l’argent public. Ils ont mis en évidence plus de 160 subventions néfastes, représentant annuellement près de 40 milliards de francs. Cinq ans ont encore passé et le Conseil fédéral n’a quasiment rien entrepris. Certaines des subventions néfastes ont même augmenté! Il s’est contenté d’en faire examiner 8 par les offices compétents. Sans surprise, plusieurs offices ont surtout cherché à défendre leur budget et à enjoliver la situation.
Tactique au détriment des générations futures
Un élément ressort clairement de l’évaluation publiée aujourd’hui: en près de treize ans, le Conseil fédéral a perdu beaucoup de temps et ne semble pas prêt à changer de cap. Cette inaction aura un coût considérable pour notre économie et pour la société.
Ignorer les dommages causés par ces milliards de francs de subventions et incitations financières dommageables à la biodiversité est d’autant plus choquant que le Conseil fédéral propose simultanément de diminuer les ressources allouées à sa protection dans son Programme d’allègement 2027, mis aujourd’hui en consultation. Au lieu de lutter contre la destruction des bases de notre vie, le Conseil fédéral accroît encore la dette que nous laisserons aux générations futures. Et l’État – et donc le contribuable – passe deux fois à la caisse: d’abord pour financer des subventions, puis lorsqu’il doit intervenir pour réparer les dommages.
Le Conseil fédéral publiera la prochaine évaluation globale en 2028, soit deux ans avant que la Suisse n’ait à rendre compte de ses progrès en la matière lors de la Conférence internationale sur la biodiversité. Pour qu’un quelconque résultat puisse alors être présenté, il faut accélérer le tempo et s’engager de manière beaucoup plus forte contre cette destruction de la nature incitée ou soutenue par l’État.
Contacts:
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Communiqué commun de BirdLife Suisse et Pro Natura
«Regio Flora»: l’enherbement direct favorise la biodiversité régionale
Des centaines d’hectares de prairies sont créés en Suisse chaque année, par exemple sur des surfaces de promotion de la biodiversité pour l’agriculture, pour la végétalisation de talus dans le cadre de la construction de routes ou pour les aménagements extérieurs en milieu bâti. Dans la majorité des cas, on recourt à des semences standardisées qui ne reflètent que rarement le réservoir d’espèces régional et les écotypes génétiquement adaptés. À long terme, une dégradation de la composition végétale régionale typique et un appauvrissement de la diversité génétique des prairies en découlent.
L’enherbement direct comme alternative
La méthode de l’enherbement direct permet d’y remédier. Pour ce faire, soit le produit de la fauche d’une prairie source proche est répandu sur la surface receveuse à enherber, soit les semences régionales récoltées sur des surfaces sources proches et riches en espèces sont utilisées pour l’ensemencement. Ces deux techniques permettent de favoriser efficacement les espèces locales et de préserver leurs caractéristiques génétiques.
Le projet «Regio Flora», initié il y a dix ans par Pro Natura, encourage ces méthodes d’ensemencement par le biais d’offres diverses comme:
- une plate-forme d’information,
- une base de données des surfaces sources,
- un guide pour les utilisatrices et utilisateurs,
- des cours et des ateliers.
Ce projet permet de lutter concrètement contre l’appauvrissement des prairies fleuries locales. Le succès est au rendez-vous: l’enherbement direct avec des semences locales est choisi au quotidien par un nombre croissant d’exploitations agricoles ainsi que par des spécialistes de la protection de la nature, de l’horticulture et de l’aménagement des routes. Actuellement, 18 cantons répertorient des surfaces sources pour l’enherbement direct sur le site internet du projet «Regio Flora».
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L’enherbement direct pour davantage de biodiversité
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A. Bosshard
- Récolte de semences avec une moissonneuse Seedharvester
Quelques voix sceptiques s’élèvent encore contre les méthodes d’enherbement direct, mais les contrôles d’efficacité sur le terrain sont plus que prometteurs. Des surfaces ensemencées par le biais d’un transfert de fauche ont été étudiées sur une période de cinq ans. Elles recèlent en général un nombre d’espèces plus élevé que les surfaces enherbées avec des mélanges standard.
Le projet «Regio Flora» a été initié par Pro Natura il y a dix ans et développé en partenariat avec l’Office fédéral de l’environnement OFEV, l’Office fédéral de l’agriculture OFAG, AGRIDEA, Info Flora, l’Association pour le développement de la culture fourragère ADCF ainsi que quinze cantons.
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Un projet d’avenir
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A. Bosshard
- Répartition du produit de fauche fraîchement récolté d’une surface source proche sur la surface receveuse.
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Contatto
Olivier Magnin
HAFL Zollikofen
tel: +41 31 848 64 65
@email
Documenti scaricabili
Vers le rapport détaillé (PDF allemand)«L’enherbement direct est un procédé efficace pour favoriser les prairies riches en espèces et pour préserver les espèces de fleurs et de graminées autochtones (propres à la région)», estime Andrea Lips, cheffe de projet Biotopes et espèces au sein de Pro Natura. Dans les années à venir, le plus grand nombre possible de semis de prairies sera revalorisé grâce à des semences régionales ou des transferts de fauche. «L’utilisation de semences régionales doit être prise en compte. La Confédération et les cantons doivent imposer des prescriptions à ce sujet», explique Andrea Lips.
Il est d’autant plus réjouissant que l’OFAG ait reconnu l’importance de cette thématique et créé un poste à durée limitée suite à notre projet «Regio Flora». Cela permet d’offrir davantage de visibilité à l’enherbement direct et aussi de créer un centre de liaison pour rassembler et coordonner les demandes des différents acteurs. Nous nous réjouissons de voir davantage d’ensemencements, de transferts de fauche et donc de biodiversité régionale dans les prairies.
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Situation «win-win» pour la nature et l’agriculture
Des champs affaissés, de l’eau potable polluée, des cours d’eau canalisés, une biodiversité en recul et un paysage cultivé monotone: la liste des problèmes dans le Pays des Trois Lacs, entre la plaine de l’Orbe et la Grenchner Witi, est longue. Nombre de ces atteintes à l’environnement sont dues à l’assèchement à grande échelle des zones humides suite aux deux corrections des eaux du Jura. C’est grâce à elles que l’exploitation agricole intensive actuelle est possible. Mais les inondations plus fréquentes et les périodes de sécheresse plus nombreuses, conséquences du changement climatique, causent de plus en plus de problèmes aux exploitations agricoles.
Sortir de l’impasse
L’exploitation actuelle du Pays des Trois Lacs et les plans pour l’avenir, qui prévoient notamment une infrastructure d’irrigation artificielle couvrant l’ensemble du territoire, conduisent à une impasse. Par exemple, en de nombreux endroits, les nappes phréatiques ne peuvent plus être utilisées pour l’approvisionnement en eau potable en raison de la charge élevée en nutriments et en pesticides. L’agriculture intensive a également entraîné une diminution de moitié de la surface totale des sols tourbeux dans la région des Trois lacs au cours des cinquante dernières années. Il n’est pas possible de pratiquer une agriculture durable sur ce type de sol avec des méthodes conventionnelles, car celles-ci accélèrent la disparition de la tourbe. L’affaissement moyen du sol d’un centimètre libère chaque année dans la région environ 125 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO2). Pour atténuer le réchauffement climatique, ce gaz à effet de serre doit à l’avenir rester dans les sols tourbeux. Ce n’est qu’ainsi que le Pays des Trois Lacs pourra à nouveau jouer son rôle important de puits naturel de CO2.
Dans la «Vision Trois-Lacs 2050» présentée le 24 août 2023 à Berne, les cinq organisations environnementales nationales BirdLife Suisse, Pro Natura, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, la Fédération Suisse de Pêche et le WWF Suisse montrent qu’il est possible de faire autrement. «Si nous continuons à agir comme nous l’avons fait jusqu’à présent, des ressources essentielles à la survie de la région, telles que des sols fertiles et de l’eau potable propre, seront irrémédiablement perdues et devront être remplacées par des solutions techniques coûteuses», a expliqué lors de la conférence de presse du jour Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura, qui vit elle-même dans le Seeland. «Nous sommes convaincus que la région se prêterait bien à une production alimentaire plus respectueuse de la nature et de l’environnement.»
Davantage de zones humides dans le paysage agricole uniformisé
La vision est basée sur les connaissances scientifiques les plus récentes. Elle prévoit notamment d’utiliser les sols marécageux et les surfaces dégradées pour revitaliser les bas-marais et autres zones humides, ainsi que de renaturer les cours d’eau et leurs zones alluviales. Cela permettrait d’améliorer considérablement la capacité de rétention d’eau ainsi que la qualité de l’eau dans la région. Des techniques de culture et des cultures adaptées, qui supportent des températures plus élevées et des précipitations plus faibles, sont également essentielles pour un développement durable. Il s’agit notamment de variétés résistantes à la sécheresse et de méthodes sans labour, comme le semis direct. Elles améliorent la fertilité des sols et favorisent la biodiversité des zones humides. Cela profite à la fois à la nature et aux exploitations agricoles.
Selon la vision, les tendances sociétales atténueront la demande en production des exploitations agricoles et réduiront leurs besoins en surfaces cultivables. Ainsi, la Confédération veut réduire de moitié d’ici 2030 les pertes de denrées alimentaires, qui sont actuellement de plus de 30%. Si moins d’aliments finissent à la poubelle, il reste plus de place pour la nature. Il en va de même si à l’avenir il faut moins de surface pour la production de fourrage pour les animaux de rente. En effet, leur besoin en terres est aujourd’hui bien plus important que celui de la culture des légumes. Le fait que de plus en plus de personnes renoncent à la viande favorise la culture de légumineuses, de pommes de terre et de céréales. Sur une même surface, celles-ci fournissent environ cinq fois plus de calories que les aliments d’origine animale.
Terrain pionnier pour une agriculture respectueuse de l’environnement
La vision développe des stratégies qui concilient la production agricole avec des eaux de surface intactes, une eau potable de qualité, la protection du climat, une plus grande biodiversité et des intérêts touristiques. Il est prévu de continuer à développer les solutions envisagées en collaboration avec d’autres acteurs et parties prenantes de la région. «Nous voyons dans le Pays des Trois-Lacs un terrain pionnier pour une utilisation du paysage tournée vers l’avenir en Suisse», explique la présidente de Pro Natura Ursula Schneider Schüttel. «Avec Expo 02, la région a prouvé qu’elle pouvait accomplir de grandes choses si tous poursuivent le même objectif. Continuons dans cette voie et créons des situations win-win qui profitent à la fois à la nature, à la population et à l’agriculture.»
Informations complémentaires:
Images, fiches d’information et autres documents à télécharger ici.
Contacts:
- Pro Natura: Ursula Schneider Schüttel, présidente, @email, tél. 078 603 87 25 (thème vision globale)
Sarah Pearson Perret, directrice romande de Pro Natura, tél. 024 423 35 66, @email (thème agriculture) - BirdLife Suisse: François Turrian, Directeur adjoint, Responsable du siège de la Suisse romande, tél. 026 677 03 80, @email (thèmes paysage et vision globale)
- Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage: Roman Hapka, directeur suppléant, tél. 079 691 76 64, @email (thèmes paysage et vision globale)
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Communiqué commun de WWF Suisse, BirdLife Suisse, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, la Fédération Suisse de Pêche et Pro Natura
Photo © Isabelle Bühler
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Le Conseil national prend enfin conscience de la crise de la biodiversité dans l'agriculture
Les insectes pollinisateurs et les organismes du sol sont indispensables à la production de denrées alimentaires indigènes saines. Ils aident à lutter contre les ravageurs, ce qui permet d’utiliser moins de pesticides, provoquant moins de polluants dans notre eau potable. Tous les travaux scientifiques confirment que la biodiversité est dans un état alarmant sur le Plateau suisse. Sa sauvegarde nécessiterait au moins 5% de SPB de haute valeur écologique sur terres assolées (voir l’étude en lien).
Le Conseil national s’en est apparemment souvenu aujourd’hui et il a rejeté sans discussion l’initiative du canton de Genève qui demandait la suppression des 3,5% de SPB sur les terres assolées. Il a ainsi corrigé l’erreur commise la semaine dernière avec l’acceptation de la motion Grin à une très courte majorité. On croirait presque à un sketch… qui se joue malheureusement sur le dos des agriculteurs et de la nature. En décembre dernier, le National avait déjà demandé au Conseil fédéral d’ouvrir une consultation (toujours en cours) sur des variantes moins strictes pour la mise en œuvre de l’exigence des 3,5% (Train d’ordonnances 2024 / PA22+). Le Conseil des États va en parallèle devoir examiner la motion Grin, qui veut exactement le contraire de ce que le Conseil national a décidé aujourd’hui. Face à ces tergiversations, on peut comprendre la lassitude des paysans, qui font de moins en moins confiance aux politiques. Les 3,5% de SPB dans les terres assolées sont une étape nécessaire pour préserver nos ressources vitales.
Informations complémentaires:
Contact:
- Marcel Liner, responsable Politique agricole, Tel. 079 730 76 64, @email
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Le Parlement torpille la principale mesure pour réduire les pertes d’engrais et les pesticides dans l’agriculture. Et maintenant?
- Le Parlement ne tient pas sa promesse faite au peuple en amont de la votation sur l’initiative pour l’eau potable et contre les pesticides. Cette violation du principe de la bonne foi affaiblit la confiance dans la politique.
- Compte tenu de l’état dramatique de la biodiversité, nous n’avons plus le temps de tergiverser et de débattre davantage. Si le Parlement veut atteindre l’objectif de réduction des pesticides et des pertes de nutriments autrement qu’avec les 3,5% de SPB, d’autres solutions doivent sans plus attendre être trouvées afin que des mesures efficaces puissent être mises en œuvre.
- La biodiversité forme la base de la production agricole. Elle est pourtant gravement menacée sur les terres cultivées. Selon des études scientifiques, une part d’au moins 5% de SPB serait nécessaire pour la préserver. Actuellement, elle n’est toutefois que de 1%.
- La décision prise aujourd’hui est diamétralement opposée au fait que, par le passé, le Parlement a confirmé à plusieurs reprises cette mesure. Elle va aussi à l’encontre de la volonté de s’engager en faveur de la biodiversité qu’avait annoncé le monde agricole. L’initiative biodiversité n’en est que plus nécessaire: l’agriculture ne doit pas sauver la biodiversité à elle seule, mais elle doit certainement contribuer à son sauvetage.
Citations:
Eva Goldmann, experte en agriculture au WWF Suisse:
«La décision montre que le Parlement n’est pour le moment pas prêt à soutenir les agricultrices et agriculteurs suisses innovants dans la mise en œuvre de méthodes de production respectueuses de l’environnement.»
Marcel Liner, responsable de l’agriculture, Pro Natura:
«Il n’y a pas que les lièvres, les abeilles sauvages et les coccinelles qui, en Suisse, dépendent d’habitats disponibles sur les terres cultivées. De nombreuses autres espèces animales et végétales sont aussi dans ce cas. La sécurité alimentaire profite d’une amélioration de la situation grâce au travail de pollinisation des insectes et à une meilleure fertilité des sols.»
Jonas Schälle, chef de projet Agriculture, BirdLife Suisse:
«En supprimant cette mesure, le Parlement ignore qu’il est urgent d’agir dans le domaine de la biodiversité sur les terres cultivées. Il s’agit désormais de stopper, par tous les moyens, la disparition des insectes, qui se poursuit, et d’œuvrer ensemble en faveur de la nature et d’une agriculture porteuse d’avenir.»
Barbara Wegmann, experte en consommation, Greenpeace Suisse:
«La biodiversité n’est pas «nice to have». La prestation de pollinisation des insectes, la lutte contre les nuisibles par les organismes utiles, ainsi que la diversité des organismes vivant dans les sols, gage du maintien de leur fertilité, sont décisifs pour garantir les rendements et donc, la sécurité de l’approvisionnement.»
L’agriculture suisse doit réduire les pertes d’éléments nutritifs et les risques de l’utilisation des pesticides d’ici 2027. Dans le cas des pesticides, la réduction doit être de 50%. Il s’agit d’une exigence légale. La mesure la plus importante pour atteindre ce but prévoyait qu’à l’avenir, les agricultrices et agriculteurs consacrent 3,5% (au lieu de seulement 1% jusqu’à présent) aux SPB sur leurs terres cultivées.
Au cours de la dernière législature, cette mesure a déjà été confirmée à plusieurs reprises. Le nouveau Parlement a maintenant plié sous la pression et enterré les 3,5% de SPB. Le compromis en faveur de la réduction des risques liés à l’utilisation des pesticides et aux pertes d’éléments nutritifs, qui jouissait d’un large soutien, est ainsi définitivement rayé de la carte. Les jalons de sa mise en œuvre étaient pourtant déjà posés.
Les agricultrices et agriculteurs progressistes paient les pots cassés
Encore en décembre, la mesure avait été ajournée d’une année supplémentaire à la suite de l’adoption de la mo. Friedli. L’administration avait alors été chargée d’étudier la possibilité de la concevoir de manière pragmatique. En novembre dernier, l’Union suisse des paysans indiquait elle aussi vouloir simplement «optimiser les mesures d’application». Depuis le début de l’année, toute une palette de représentants des milieux agricoles (dont IP Suisse et Bio Suisse), d’organisations de protection de la nature et de l’environnement, des cantons et des villes ont été entendus à ce sujet. Personne n’a exprimé de doutes sur la possibilité de mettre en œuvre la mesure ni sur sa nécessité. Les agriculteurs concernés se sont préparés à l’appliquer et ce sont aussi eux qui en auraient finalement profité dans le cadre d’une production agricole durable. La décision du Parlement heurte précisément celles et ceux qui s’engagent pour une agriculture progressiste et porteuse d’avenir.
Un nombre suffisant d’insectes pollinisateurs et d’organismes utiles assurent les rendements
Les 3,5% de SPB ne seraient pas seulement une étape importante pour réduire les risques liés à l’utilisation des pesticides et à la perte de nutriments, mais ils contribueraient également à ralentir la disparition des espèces dans nos champs. En Suisse, la biodiversité se porte très mal, particulièrement sur les terres cultivées. La présence d’un plus grand nombre d’espèces animales et végétales soutient directement les exploitations agricoles dans leur travail de production: elle encourage les insectes pollinisateurs et permet de réduire l’utilisation des pesticides en assurant la présence d’organismes utiles. Pour les exploitations, il s’agit d’un cercle vertueux. La conclusion de l’étude la plus récente d’Agroscope est la suivante: «Il est essentiel, tant pour l’agriculture que pour la conservation de la biodiversité, de ménager et d’encourager les communautés d’insectes pollinisateurs en optimisant l’exploitation et en prenant des mesures ciblées, à l’image des surfaces de promotion de la biodiversité.»
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Le putois est classé «vulnérable» sur la liste rouge des mammifères de Suisse. Il est certes encore relativement répandu dans les régions de basse altitude, mais sans doute pas fréquent. Car le putois est difficile à observer. Ce parent de la fouine aime la discrétion. Il préfèrera toujours faire un détour plutôt que de se déplacer à découvert. Si on a la chance de l’apercevoir, on le reconnaît aisément à son museau blanc et à l’ourlet de ses oreilles, blanc également.
Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le putois comme Animal de l’année ?
Le putois ne peut sortir de la forêt et parcourir les paysages agricoles que s’ils lui offrent une grande diversité de structures et d’abris naturels. Il est vital pour ce petit mustélidé de pouvoir disposer d’une mosaïque de fossés, de haies, de hautes herbes vivaces, de tas de branches et de pierres, de ruisseaux naturels et de zones humides. De nombreuses autres espèces ont également besoin de ce type de structures, par exemple les grenouilles, les crapauds et d’autres petits animaux. Le putois dépend d’ailleurs d’eux pour sa survie. Or, les paysages agricoles riches en structures et les zones humides font partie des types de paysages les plus menacés de Suisse. En tant qu’Animal de l’année 2024, le putois rappelle le besoin de protéger ce qui reste de ces paysages et à redonner vie aux paysages peu diversifiés.
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Stefan Huwiler
- Observer son environnement, bien caché en lieu sûr; un comportement typique du putois.
Un nomade solitaire
En dehors de la période de reproduction, les putois sont des animaux solitaires. Ils sont principalement actifs la nuit. Selon la disponibilité en nourriture et la qualité du milieu naturel, leur domaine vital s’étend d’un demi-kilomètre carré à plusieurs kilomètres carrés. Les femelles adoptent parfois un comportement territorial. Les putois en recherche de nourriture fouillent de façon systématique leur secteur à la recherche de grenouilles, de crapauds ou d’autres petits animaux. Une fois qu’ils ont épuisé une portion de leur domaine, ils changent de secteur. Ils ne reviendront dans la zone qu’au bout de plusieurs mois.
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Fabrice Cahez
- Vu de profil, ce putois montre sa bosse typique sur le dos.
Légèrement vêtu, très odorant
Le pelage du putois n’est pas épais. C’est pourquoi cet animal a besoin d’un abri protecteur en hiver, surtout en altitude. Il trouve souvent refuge dans une grange ou une étable. Avant que la première neige ne tombe, l’Animal de l’année 2024 absorbe de grandes quantités de nourriture. En automne, un tiers de son poids peut être constitué de graisse.
En hiver, le putois est peu actif et ne quitte que rarement ses quartiers pour faire ses besoins ou pour trouver quelque nourriture facile à se procurer. Il peut s’agir d’un œuf de poule, de nourriture pour chat ou encore d’une souris imprudente.La prudence est de mise à chaque sortie: le putois figure lui-même au menu des plus grands carnivores. Il n’est toutefois pas sans défense. S’il se sent menacé, il lâche de véritables bombes puantes: ses glandes anales répandent en effet une sécrétion très malodorante.
Cuisses de grenouille à volonté
Les putois sont des carnivores qui se nourrissent principalement de grenouilles et de crapauds. Au printemps, lorsque les grenouilles rousses et les crapauds communs migrent vers leurs plans d’eau de reproduction, le putois s’en donne à cœur joie. Les proies sont si nombreuses que le putois en constitue des réserves ou ne mange plus que les cuisses des grenouilles. Ces restes macabres trahissent sa présence. Mais l’abondance ne dure que peu de temps. Après le frai, les grenouilles et les crapauds regagnent leurs habitats d’été. Dès lors, le putois doit à nouveau rechercher sa nourriture en forêt, dans les prairies humides, les prairies d’arbustes ou d’autres habitats de grenouilles.
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Fabrice Cahez
- Une proie bien grasse: le putois est tributaire des populations de grenouilles et de crapauds.
La femelle putois, une mère célibataire
Les putois s’accouplent principalement d’avril à juin. Après six semaines, la femelle putois met bas trois à six petits, qu’elle élève seule. Ceux-ci ouvrent leurs yeux au bout d’un mois environ et mangent déjà de la viande. Deux mois plus tard, les jeunes femelles sont presque aussi grandes que leur mère, et les jeunes mâles déjà plus grands qu’elle. La famille se sépare alors. S’ils survivent à l’hiver, les jeunes seront sexuellement matures l’année suivante.
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Roman Willi
- Sortie en forêt pour une famille de putois.
Une carte de répartition lacunaire
Un rapide coup d’œil sur la carte de répartition du putois en Suisse pourrait faire croire qu’il est abondamment présent dans toutes les zones de plaines et de collines du pays. En y regardant de plus près, on constate son absence en vallée en Valais et au Tessin. De plus, le nombre de putois présents en Suisse est inconnu. Le recul des milieux naturels appropriés et la diminution dramatique des populations d’amphibiens rendent sans aucun doute la vie difficile à ce mustélidé.
Légende : Répartition actuelle du putois en Suisse. Les symboles orange indiquent des mentions antérieures à l’an 2000.
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Daten: info fauna | Karte: swisstopo
Plaidoyer pour un paysage accueillant pour la faune!
En Suisse, la forêt offre en de nombreux endroits un milieu naturel favorable au putois. Les grenouilles et les crapauds, très appréciés de ce petit mustélidé, y prennent souvent leurs quartiers d’été. Cependant, la situation est moins accueillante en dehors de la forêt. Les surfaces agricoles adaptées aux machines n’offrent souvent plus de cachettes ni de corridors de migration au putois. En outre, 90% des zones humides de Suisse ont été asséchées au cours des 150 dernières années.
Là où les grenouilles abondaient autrefois, il ne reste aujourd’hui que des populations résiduelles. Conclusion: notre pays a besoin de plus d’étangs, de mares, de haies, de fossés, de ruisseaux et de «coins de nature sauvage»!
Ce que fait Pro Natura pour le putois
Pro Natura assure la protection d'environ 800 réserves naturelles dans toutes les régions de Suisse. Plusieurs de ces sites comptent des putois.
Découvrir nos réserves naturelles
L’«Action Lièvre & Cie» comprend divers projets poursuivant un objectif commun : plus de diversité naturelle sur les surfaces agricoles.
En savoir plus
A l’échelon politique, Pro Natura milite pour une Suisse accueillante pour toutes les espèces indigènes. Notre travail dans les domaines suivants revêt actuellement une importance particulière:…
…pour un tournant énergétique respectueux de la nature
…pour une agriculture écologique
…pour la protection des milieux aquatiques
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Pro Natura soutient l’initiative sur l’alimentation
«Face à la crise du climat et à celle de la biodiversité, il devient urgent de réformer notre système alimentaire», martèle Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura. «En renforçant la place des végétaux dans notre alimentation, l’Initiative pour une alimentation sûre nous permet d’épargner de précieuses ressources et de redonner plus d’espace à la nature, tout en augmentant le taux d’auto-approvisionnement du pays.» Ces raisons ont conduit les déléguées et délégués de Pro Natura réuni ce 2 décembre à décider de soutenir l’initiative. Ursula Schneider Schüttel précise que les revendications de l’initiative à l’égard de l’agriculture suisse correspondent à l’orientation future de la politique agricole voulue par le Conseil fédéral.
Une alimentation respectueuse de l’environnement en point de mire
Près de 60% de nos terres arables servent à nourrir le bétail plutôt que les êtres humains. C’est un gaspillage insensé de sol, d’eau et d’énergie. Si ces surfaces étaient affectées directement au contenu de nos assiettes, nous pourrions décupler leur rendement pour l’alimentation humaine et augmenter drastiquement notre taux d’auto-approvisionnement. Il faut modifier en plusieurs endroits les conditions-cadres en vigueur, afin d’obliger nos autorités à encourager une alimentation plus respectueuse de l’environnement, ce qu’elles ne font qu’à la marge jusqu’à présent.
Cesser de surfertiliser les habitats naturels
Par rapport à ses voisins européens, la Suisse possède une densité record d’animaux de rente. Car en plus des terres indigènes utilisées pour nourrir cet énorme cheptel, elle importe 1,2 million de tonnes de fourrage chaque année. À l’étranger, notre appétit de viande, d’œufs et de produits laitiers accapare une surface équivalente à celle que nous lui consacrons à l’intérieur de nos frontières. Ce que le bétail ingurgite ressort de l’autre côté sous forme d’engrais, fumier ou lisier. L’excès de fertilisant est un problème gravissime dans de nombreuses régions de Suisse. Il affecte de précieux espaces naturels, comme les tourbières et les prairies sèches, sans parler des lacs qui doivent parfois être oxygénés artificiellement. La situation actuelle nuit également à la santé des êtres humains. La consommation moyenne de protéines animales dépasse de loin le raisonnable. Notre système alimentaire déréglé engendre des dépenses publiques qui se chiffrent en milliards de francs. Le peuple suisse peut lutter contre ces coûts en signant l’initiative d’ici fin 2024.
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Les fleurs des champs seront coupées
- L’affectation de 3,5% des terres assolées à des SPB est une promesse faite à la population par le Conseil fédéral et le Parlement en vue de réduire l’utilisation de pesticides dans l’agriculture.
- L’augmentation du nombre d’organismes utiles et d’insectes pollinisateurs n’est pas seulement positive pour la nature, mais soutient aussi la production agricole et atténue les dégâts aux cultures.
Les 3,5% de SPB offrent un habitat aux plantes et aux animaux dans les champs. Ces surfaces favorisent les insectes utiles et aident ainsi également la production alimentaire et la sécurité de l'approvisionnement. À l’origine, cette affectation était déjà prévue pour le mois de janvier 2023; elle a toutefois été reportée d’une année en raison de la guerre en Ukraine. Elle fait partie des paquets de mesure de la Confédération, proposés à titre de contre-proposition inofficielle du Parlement aux initiatives sur les pesticides, sur lesquelles le peuple s’était prononcé en 2021. Cela signifie que depuis plus de deux ans et demi, le secteur sait que les SPB seront mises en œuvre. Pourquoi attendre alors encore une année de plus? Cet ajournement un mois avant l’entrée en vigueur prévue est une gifle pour toutes les exploitations agricoles qui se sont préparées en toute bonne foi à cette modification au début de l’année 2024. Les cantons ont également adapté leurs systèmes.
«Mieux vaut bien faire que se précipiter», argumente l’Union suisse des paysans (USP), qui plaide pour un nouveau report de la mesure.
Les organisations de protection de l’environnement attendent de l’USP qu’elle tienne parole et qu’elle ne s’oppose pas plus longtemps à cette mesure. En effet, par le passé, le lobby agricole a déjà tenté à quatre reprises de la supprimer. Le Parlement s'est déjà prononcé quatre fois en sa faveur.
Les 3,5% de SPB sont absolument nécessaires
En Suisse, la biodiversité se porte très mal, particulièrement sur les terres arables. Or, un plus grand nombre d’espèces animales et végétales sont une aide directe à la production agricole. La promotion des insectes pollinisateurs et la présence des organismes utiles permettent de réduire l’utilisation de pesticides, ce qui est judicieux pour les exploitations agricoles et profite aussi à notre santé. Les biotopes riches en structures et en espèces réduisent par ailleurs le risque d’érosion et stockent davantage d’eau. Ces milieux naturels sont en outre moins sensibles aux évènements météorologiques extrêmes comme les pluies abondantes ou la sécheresse, dont la fréquence augmente en raison du réchauffement de la planète, provoqué par l’activité humaine. Enfin, diverses espèces d’oiseaux nicheur menacés et les lièvres y trouvent un cadre de vie optimal.
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Communiqué commun de WWF Suisse, BirdLife Suisse et Pro Natura
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