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Un bail pour la biodiversité – une opportunité pour l’être humain et la nature
«Cela a quand même été un coup dur pour mon père», rapporte Tobias Angliker. Tobias n’a repris la ferme Ziegelhof qu’en 2021 et la gère encore avec son père pendant une phase de transition. Un coup dur? Tobias Angliker fait référence au souhait des propriétaires de voir les terres louées être dorénavant exploitées davantage au profit de la biodiversité.
Les Angliker exploitent en Argovie une ferme équestre avec des cultures arables et quelques vaches allaitantes en agriculture conventionnelle. Depuis 30 ans, ils louent un peu moins de 4 hectares de terrain, qui sont gérés par la communauté des héritiers de Walter Nyffenegger depuis 2021. Défenseurs passionnés de la nature, les membres de la communauté d’héritiers ont saisi cette opportunité d’influer sur l’exploitation des terres et de contribuer à la promotion de la biodiversité. Leur intention initiale était de créer des haies sauvages avec des arbustes indigènes.
Une solution durable pour toutes les parties prenantes
Mais il n’est pas aisé de s’y retrouver dans la jungle des baux à ferme agricoles. C’est là qu’intervient le projet «Un bail pour la biodiversité» de Pro Natura. Pro Natura soutient les aspirations des propriétaires tout en cherchant à mettre sur pied des solutions ciblées à même de satisfaire les locataires, grâce aux conseils de professionnels. C’est pour cette raison que Pro Natura travaille avec des cabinets de conseil externes et qu’elle prend en charge le coût de ces consultations. Bea Vonlanthen, consultante chez Agrofutura AG, est fortement impliquée dans la mise en œuvre du projet. Elle estime également que «seules les solutions qui conviennent à toutes les parties prenantes sont durables et efficaces». Par toutes les parties prenantes, elle entend les locataires, les propriétaires et la nature.
Vole, alouette, vole!
Lors de la première inspection des surfaces louées, il est rapidement apparu que les haies n’étaient pas l’instrument idéal pour y promouvoir la biodiversité. En effet, des alouettes des champs sont installées dans ce secteur. Ces oiseaux nichant au sol, devenus très rares, préfèrent nidifier dans des espaces ouverts offrant une bonne visibilité et la présence de haies constitue plutôt une gêne pour eux. En revanche, les jachères florales et les petites structures, combinées à l’absence de pesticides, sont importantes pour les alouettes. Bea Vonlanthen a donc proposé, entre autres, les mesures suivantes pour les terres louées par la communauté des héritiers:
À partir de 2022, un peu moins de 25 % des parcelles louées seront déclarées en jachère florale ou tournante et exploitées en conséquence.
Dans la mesure du possible, les cultures arables doivent être gérées sans pesticides (fongicides, herbicides et insecticides). Ce qui signifie pour les différentes cultures:
- Pour la culture des céréales, du maïs et du colza, il faut renoncer totalement à l’utilisation de produits phytosanitaires.
- Les produits phytosanitaires peuvent être utilisés dans la culture de la betterave sucrière. L’évolution vers une réduction des produits phytosanitaires pour la culture de la betterave sucrière doit être observée. Les premières solutions qui se dessinent doivent être appliquées sur les parcelles.
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Angela Peter
- Beraterin Bea Vonlanthen bespricht gemeinsam mit dem Pächter Tobias Angliker und der Vertreterin der Erbengemeinschaft Edith Tribelhorn mögliche Massnahmen zur Förderung der Biodiversität.
«J’acquiers de nouvelles connaissances.»
Les mesures proposées par la communauté d’héritiers ont surpris les Angliker. Ils ont néanmoins apprécié le fait d’avoir été rapidement impliqués dans le projet et dans les échanges. Tobias Angliker, qui dirige l’exploitation, estime que ce type d’exigences deviendra de toute façon la norme tôt ou tard et qu’on a donc intérêt à prendre les devants. Mais au cours de sa formation, ces sujets n’avaient pas été abordés dans le détail. «Maintenant, je me documente sur de nouvelles techniques et j’acquiers de nouvelles connaissances.» Tobias Angliker est déjà impatient de voir ce que donnera la première saison de colza avec un sous-semis. Le sous-semis est utilisé pour supprimer les plantes indésirables de manière naturelle. Cela rend l’utilisation d’herbicides superflue.
Mais la culture du colza sans pesticides reste très exigeante. Les propriétaires en tiennent compte. Si les Angliker devaient subir des pertes de rendement importantes l’année suivante, la communauté d’héritiers proposerait un arrangement pour le loyer des surfaces concernées.
Promotion, mesures et approche ciblées
La bonne compréhension mutuelle est favorisée par une inspection conjointe des champs, au cours de laquelle locataires et propriétaires évaluent, avec la conseillère, l’évolution des mesures mises en œuvre. Un bon départ a été pris, assure Tobias Angliker: «Mon père, qui était sceptique au début, cherche déjà de nouveaux sites de nidification pour les abeilles sauvages». Ces efforts ne sont pas vains car les insectes ont déjà remarqué que quelque chose est en train de changer dans les champs. En regardant de plus près la jachère florale, même l’œil non averti voit plus que de la terre et un peu de verdure. Le premier coquelicot aux pétales délicats reçoit déjà la visite d’un syrphe.
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Angela Peter
- Le premier coquelicot aux pétales délicats reçoit déjà la visite d’un syrphe.
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Excédents d’azote: la Confédération doit soutenir les exploitations tournées vers l’avenir
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Les émissions d’ammoniac restent à un niveau élevé néfaste pour l’environnement. C’est ce que révèle une étude sur l’ammoniac réalisée pour les organisations environnementales. L’analyse a porté sur la situation dans neuf cantons, dans lesquels l’élevage animal est particulièrement intensif (ZH, LU, BE, ZG, FR, TG, SG, AR, AI). Bien que le problème soit reconnu dans la plupart des cantons examinés et que des plans de mesures onéreux aient en partie été élaborés, les objectifs de réduction cantonaux et nationaux ne sont (et de loin) pas atteints dans les cantons analysés.
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Pour réduire efficacement les émissions d’ammoniac, les cantons doivent assumer leur responsabilité de mise en œuvre de manière plus conséquente. Il est également nécessaire d’encourager la production et la consommation de protéines végétales. La Confédération devrait créer un fonds de soutien pour les exploitations agricoles qui souhaitent arrêter l’élevage animal ou réduire la densité du bétail pour se concentrer davantage sur la production de calories végétales pour l’alimentation humaine. Les subventions versées par l’État et qui encouragent directement ou indirectement les excédents d’azote doivent par ailleurs être abolies ou repensées. Il s’agit par exemple de cesser de promouvoir la consommation de viande, de produits laitiers et d’œufs.
Citations
«Le rapport montre que presque tous les cantons ne font pratiquement pas de progrès dans la réduction des émissions d’ammoniac, et ce malgré d’onéreux programmes d’utilisation durable des ressources payés par la Confédération. La Confédération et les cantons devraient aborder le problème à la racine et soutenir les exploitations qui souhaitent abandonner l’élevage de bétail pour passer à la production végétale.»
Kurt Eichenberger, directeur de projet de comparatif intercantonal de l’ammoniac au WWF Suisse
«Nous saluons le fait que le Conseil fédéral ait reconnu l’urgence de la situation et qu’il ait défini des objectifs de réduction sérieux en ce qui concerne les excédents d’engrais. Ces mesures doivent maintenant être mises en œuvre de manière efficace dans les cantons.»
Marcel Liner, responsable de la politique agricole à Pro Natura
«L’effet fertilisant de l’ammoniac a des conséquences graduelles dévastatrices pour la forêt et d’autres biotopes indispensables aux humains et aux animaux. L'ammoniac nuit ainsi à la biodiversité et est en partie responsable de la disparition massive des insectes.»
Patrik Peyer, directeur de projet Agriculture chez BirdLife Suisse
«L’ammoniac provoque entre autres de l’asthme et des maladies pulmonaires.»
Martin Forter, Médecins en faveur de l'environnement
Il est temps de prendre des mesures efficaces
Les organisations environnementales saluent le fait que la Confédération entende désormais réduire sérieusement les émissions d’ammoniac particulièrement nocives. Nous pourrons réaliser ces objectifs si nous veillons à ce que l’agriculture soit adaptée aux sites et utilise efficacement les ressources, comme le stipule en principe l’art. 104a de la Constitution fédérale depuis l’automne 2017.
La condition est toutefois d’aménager la politique agricole de manière cohérente. Les subventions provoquant directement ou indirectement des excédents et des émissions d’azote doivent être supprimées. Les pâturages suisses peuvent être exploités de manière judicieuse, c’est-à-dire avec un nombre d’animaux nourris uniquement avec le fourrage produit dans la région. Nous devrions également exploiter nos terres arables de manière plus efficace, c’est-à-dire pour produire des aliments destinés directement à l’alimentation humaine. Ainsi nous augmentons la sécurité alimentaire.
Notre viande doit provenir essentiellement de ruminants élevés et nourris sur les pâturages, sans fourrage importé. Il convient également de soutenir les exploitations tournées vers l’avenir. Pour cela, la Confédération doit créer un fonds de soutien pour les agricultrices et les agriculteurs qui souhaitent abandonner l’élevage de bétail ou réduire la densité du bétail pour se concentrer davantage sur la production de calories végétales pour l’alimentation humaine.
Des millions de francs d’argent public gaspillés
Ces dernières années, tant au niveau fédéral que cantonal, des millions de francs d’argent public ont été investis dans des mesures techniques destinées à corriger et à éviter les dommages causés à l’environnement en raison de cheptels trop gros. C’est notamment le cas du financement de l’utilisation de pendillards, des aides financières pour la transformation d’étables ou de la couverture des réservoirs à lisiers. Ces mesures ont eu des effets positifs, comme le montre l’exemple du canton de Zoug.
Parallèlement toutefois, ces efforts ont été réduits à néant par les incitations contradictoires en matière de politique agricole, à l’image de la promotion à la vente de produits laitiers, de viande et de fromage ou des allègements douaniers pour le fourrage concentré importé. Ces incitations contradictoires favorisent les excédents d’ammoniac. Il est donc peu surprenant que les progrès en matière de réduction soient au point mort depuis des années. Il faut en outre souligner que cette réduction nécessaire des émissions d’ammoniac concerne l’ensemble de la société et qu’elle ne peut pas être imputée exclusivement au secteur agricole. Il faut donc aussi prendre des mesures au niveau du commerce et de la consommation.
Contacts
- Marcel Liner, responsable de la politique agricole, Pro Natura, 061 317 92 40, @email
- Pierrette Rey, responsable de la communication Suisse romande, WWF Suisse, 079 830 96 80, @email
- Patrik Peyer, directeur de projet Agriculture, BirdLife Suisse, 079 810 04 80, @email
- Martin Forter, Médecins en faveur de l'environnement, 061 691 55 83, @email
Glossaire
Azote: L'azote est un nutriment indispensable pour tous les organismes vivants. L’utilisation d’engrais azotés minéraux et organiques pour augmenter les rendements est une pratique courante dans l’agriculture. Sur ce plan, le point décisif est de s’en servir raisonnablement, conformément aux besoins et en tenant compte de la nature du site. En effet, les émissions d’azote sous forme d’ammoniac nuisent au climat, à la qualité de l’air et à la biodiversité. Sous forme de nitrate, elles polluent la nappe phréatique et notre eau potable.
Ammoniac: L'ammoniac est surtout une conséquence de l’élevage, par la transformation de l’urée et des protéines contenues dans le lisier et le fumier. La plupart de ces émissions sont le fait de l’élevage de bovins, en particulier pour la production laitière, mais aussi pour celle de viande. L’épandage de lisier, de fumier et de résidus de fermentation libère de grandes quantités d’ammoniac dans l’atmosphère. Il parvient alors dans des écosystèmes délicats, où il nuit à la biodiversité en raison de son effet eutrophisant et acidifiant.
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Communiqué aux médias de l’Alliance-Environnement
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Rapport sur l’ammoniacPotrebbe anche interessarti
Pro Natura dit OUI à l’initiative contre l’élevage intensif
En rejoignant le comité de Pro Natura, la conseillère aux États neuchâteloise Céline Vara renforce encore son très fort engagement pour l’environnement. Son expérience politique sera précieuse pour aider la plus importante association de protection de la nature en Suisse à préserver la biodiversité. Dans notre pays aussi, le déclin des espèces est alarmant. Les prochaines années seront décisives au niveau politique si nous voulons que les bonnes intentions se transforment enfin en mesures réelles. Céline Vara prendra ses fonctions le 1er juillet. Elle sera accompagnée par deux nouvelles têtes, élues avec lors de la même séance: l’horticultrice Katiusha Galli de Cortébert (BE) et l’administratrice de faculté Franziska Schumacher de Bourguillon (FR).
Taille des cheptels et biodiversité
On recense chaque année quelque 1,52 million de vaches, 2,5 millions de porcs et 78 millions de poules élevés en Suisse. Le nombre d’animaux de rente a pratiquement doublé ces vingt dernières années, alors que 20 % des exploitations agricoles ont disparu durant la même période. L’augmentation considérable de l’effectif d’animaux de rente par exploitation nuit non seulement au bien-être animal, mais aussi à la biodiversité et au climat.
Le lisier et le fumier que produisent annuellement ces 80 millions d’animaux dégagent de l’azote qui se disperse dans l’environnement, où il pollue l’air, s’accumule dans les eaux souterraines et entraîne la surfertilisation des habitats. «Des cheptels de trop grande taille sont l’une des causes principales de la crise de la biodiversité», souligne Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura. «Pour préserver la biodiversité et les fonctions vitales du sol, des forêts et des cours d’eau, nous devons très nettement réduire les effectifs de bétail par exploitation en Suisse. »
C’est exactement ce que vise l’initiative contre l’élevage intensif, en réclamant des groupes plus petits et moins de bêtes par hectare. L’initiative demande aussi que les animaux soient élevés d’une manière plus conforme à l’espèce et que les produits animaux importés respectent ces standards. Selon le Conseil fédéral, ces exigences ne concerneraient que 5 % des exploitations agricoles. Pro Natura recommande donc d’accepter l’initiative contre l’élevage intensif qui sera soumise au peuple en septembre ou en novembre 2022.
Contacts:
Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura, tél. 078 603 87 25, @email
Sarah Pearson Perret, secrétaire romande de Pro Natura, tél. 079 688 72 24, @email
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Décisions du Conseil des délégués de Pro Natura
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Politique agricole: le Conseil fédéral tient ses promesses
Le Conseil fédéral a décidé de réduire les risques liés aux pesticides et d'éliminer les excédents massifs d'azote dans l'agriculture,(sous forme de lisier), comme prévu dans la Politique agricole 22+. Les organisations environnementales saluent cette décision. Il protège ainsi notre base de production et donc notre sécurité alimentaire à long terme.
Il reporte malheureusement d’un an, à 2024, l'objectif d'aménager des surfaces de promotion de la biodiversité sur au moins 3,5 % des terres assolées. Il est toutefois important que cette décision ait été prise. Cela contribue à une production agricole respectueuse de la nature et donc sûre, car les insectes utiles et les pollinisateurs contribuent à la santé des plantes et donc à la sécurité des rendements.
Le Conseil fédéral reporte également la suppression du seuil de 10% dans le calcul du bilan de fumure à 2024. Dommage que le courage l'ait quitté dans ce domaine. Et ce, bien que le Parlement ait approuvé cette suppression après de longs débats.
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Communiqué de presse commun avec le WWF Suisse et BirdLife Suisse
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Naturellement sain
Les hommes de l’âge de pierre le savaient déjà: les plantes peuvent rendre la santé. «Aujourd’hui comme hier, la majeure partie de l’humanité dépend de la médecine traditionnelle pour les soins médicaux de base, et celle-ci repose en premier lieu sur des principes actifs végétaux», souligne l’ethnopharmacologue Andreas Lardos, directeur du groupe Chimie des substances naturelles et phytopharmacie à la Haute école des sciences appliquées de Zurich (ZHAW).
Dans ce contexte, la médecine basée sur la nature joue un rôle plus important que beaucoup ne l’imaginent. «Près de la moitié des médicaments autorisés à ce jour n’existeraient pas sans l’étude de la nature.» Environ 25% de tous les médicaments sont directement issus de substances naturelles comme les plantes, les champignons, les micro-organismes ou les animaux, ou de leurs dérivés. Vingt-cinq autres pour cent sont certes synthétiques, mais inspirés de substances naturelles.
Un potentiel à protéger
Il est impossible de chiffrer avec précision le nombre d’espèces végétales utilisées à des fins médicales: selon les estimations, elles seraient environ 20000. Et il existe de nombreuses autres plantes potentiellement intéressantes mais encore inconnues – que personne ne découvrira peut-être jamais, car la biodiversité ne cesse de régresser.
L’un des problèmes réside dans le boom que connaissent actuellement les plantes médicinales. Non seulement pour des applications médicales mais aussi comme produits de bien-être et de beauté. Certaines plantes sont cultivées spécialement dans ce but mais cela n’est pas toujours possible. C’est ainsi qu’une très grande partie des plantes utilisées en médecine sont encore cueillies dans la nature. Il n’est pas rare que cela entraîne une surexploitation de ces ressources. Au moins existe-t-il maintenant des directives et des normes légales qui ont pour but une cueillette durable des plantes médicinales et la protection de la biodiversité en général. Malgré tout, le problème persiste «et nous sommes mis au défi d’y trouver des solutions», relève Andreas Lardos.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
Une course que nous devons gagner
La destruction progressive de la nature et sa surexploitation n’entraînent pas seulement la disparition d’une multitude de plantes. Les peuples indigènes et leurs langues disparaissent en même temps que leur habitat naturel, et avec eux leurs connaissances médicinales sur les plantes, qui ne sont transmises que par voie orale. Les ethnobotanistes s’efforcent de documenter ce savoir et de le préserver «mais c’est une course contre la montre».
Une course que nous devons absolument gagner, car le déclin de la biodiversité représente une perte importante pour la médecine, donc pour l’humanité. Selon Andreas Lardos, il est difficile d’estimer l’étendue réelle de cette perte mais «il ne faut pas sous-estimer son ampleur ainsi que les conséquences éventuelles qui en découlent pour la médecine.»
Participation aux bénéfices
La Convention des Nations unies sur la diversité biologique (CDB) stipule qu’en cas d’utilisation de ressources génétiques ou de savoirs traditionnels associés, une partie des bénéfices doit être reversée aux détenteurs de ces savoirs traditionnels ou aux pays d’origine des ressources génétiques. La mise en œuvre de ce partage des bénéfices a été précisée en 2010 dans le Protocole de Nagoya et ratifiée par la plupart des parties à la CDB, y compris la Suisse. Cependant, les génomes de ces organismes peuvent aujourd’hui être décryptés et transmis sous forme d’«informations séquentielles numériques» (ISN) sans aucun partage des bénéfices. De nombreux pays du Sud et des ONG souhaitent donc que les ISN soient également réglementées par la CDB et le Protocole de Nagoya. Or, le lobby pharmaceutique suisse et la Confédération s’y refusent.
Les plantes sauvages et le savoir traditionnel ne sont pas brevetables
Les substances naturelles sont extrêmement intéressantes pour la médecine. «Les molécules issues de plantes, d’animaux ou de micro-organismes ont un énorme potentiel médicinal», explique Andreas Lardos. «Du fait de l’évolution, tous les êtres vivants ont, dans une certaine mesure, des structures similaires. Les composants qui servent de défense ou de protection à la plante présentent souvent aussi un effet médicinal chez l’être humain.» Malgré cela, l’industrie pharmaceutique mise plutôt sur des molécules synthétiques. Cela s’explique notamment par la complexité du droit des brevets pour les substances actives végétales, en particulier lorsque celles-ci sont liées à un savoir traditionnel. Les grandes entreprises pharmaceutiques hésitent donc à investir des millions dans le développement de médicaments à base de substances naturelles. Quant aux petites et moyennes entreprises, elles n’ont pas assez de capitaux.
BETTINA EPPER, rédactrice en cheffe adjointe du Magazine Pro Natura.
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Matthias Sorg
- Jardin d'herbes aromatiques avec mélisse dorée, camomille et plus.
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Le changement de génération dans l’agriculture est une chance pour l’écologie
Face aux crises de la biodiversité et du climat, l’agriculture doit opérer une mue écologique, tant dans notre pays que partout dans le monde. L’alimentation est le secteur économique qui a le plus d’impact sur l’environnement, devant le logement et la mobilité. Or nos habitudes de consommation et nos modèles de production sont tout sauf durables. Viande, œufs, sucre et graisses animales y tiennent trop de place, au prix d’une agriculture intensive qui détruit petit à petit ses propres bases: la biodiversité, le sol, l’air et l’eau.
Surmonter les résistances en ouvrant des perspectives d’avenir
Ces réformes suscitent une forte résistance politique. Les mesures nécessaires ont des répercussions sur les structures des exploitations, les revenus financiers et les entreprises qui fournissent l’agriculture. Comme l’explique Marcel Liner, expert agricole chez Pro Natura et auteur de l’étude, «si nous réduisons les cheptels, les ventes de viande et d’aliments concentrés pour le bétail diminueront, ainsi que la demande en doses de semence et en prestations vétérinaires. Autant d’éléments qui amènent les milieux concernés à bloquer le processus».
Pour rallier la majorité des voix, les revendications politiques qui appellent à une agriculture plus écologique doivent prendre en compte les perspectives économiques et sociales des agriculteur·trices. Pro Natura montre dans sa nouvelle étude comment la relève générationnelle peut être mise à profit pour dépasser les résistances compréhensibles dans une optique à court terme et ouvrir la voie à la réforme plus qu’urgente de notre système agroalimentaire.
Rendre possible une planification individuelle
Ces quinze prochaines années, la moitié des chef·fes d’exploitations agricoles atteindront l’âge de la retraite. Passé ce cap, ils ne touchent plus de paiements directs. Les domaines sont généralement transmis à un·e successeur·e. À défaut, les terres sont affermées ou vendues. «À l’heure actuelle, toutes les fermes de Suisse doivent se conformer aux nouvelles exigences à partir d’une date butoir. Or chaque exploitation qui change de main offre une chance de planifier enfin les adaptations écologiques requises, en intégrant les points forts de la génération suivante», souligne Marcel Liner.
On le voit à l’exemple de l’agriculteur biologique Markus Fischer. Il y a douze ans, il a repris la ferme de son père, Gerhard Fischer, à Bäretswil (ZH). Il en a profité pour cesser les achats de fourrage concentré, introduire le vêlage saisonnier plus avantageux du point de vue écologique et annoncer des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) d’une qualité supérieure. «Nous avons pu programmer ensemble la remise», raconte Markus Fischer. «Désormais, non seulement la production de notre ferme bio est plus respectueuse de la biodiversité et du climat, mais nous avons aussi l’assurance d’en tirer un revenu durable».
Suivre la tendance à une alimentation durable
Pour promouvoir les réformes écologiques, il existe dans les lois sur l’agriculture et sur la protection des eaux diverses dispositions plus faciles à mettre en œuvre lors du passage de témoin d’une génération à l’autre qu’à une date butoir. «On pourrait par exemple introduire une prime pour les exploitations qui, après reprise, tournent uniquement avec les fourrages produits sur le domaine. Ou conditionner les paiements directs à une reconversion en bio. Des crédits d’investissement spécifiques pourraient être octroyés pour financer ces mesures, les cantons développant une offre de conseil en la matière», détaille Marcel Liner.
Présidente de Pro Natura et conseillère nationale, Ursula Schneiter Schüttel est elle aussi convaincue que cette approche est la bonne: «nous avons besoin de nouveaux instruments socialement acceptables pour sortir la politique agricole 22 de l’impasse. Il ne tient qu’à la Commission de l’économie et des redevances du Conseil des États d’étudier nos propositions dès le 27 juin et, comme nous l’espérons, d’en faire usage pour atteindre les objectifs écologiques de l’agriculture. Elle ouvrira ainsi à la branche une perspective d’avenir qui s’accorde avec la tendance à une alimentation saine et durable.»
Informations complémentaires
- Étude complète «Le changement de génération dans l’agriculture: une opportunité pour l’écologie»
- Fiche d’information sur l’étude
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Illustration de l'étude © Pro Natura / Vera…Le Conseil fédéral tergiverse, les défis de la protection du climat et de la biodiversité dans l'agriculture restent
Moins de fourrages, plus d’aliments directement pour les êtres humains, plus d’innovations et de circuits courts, une alimentation plus saine et des marchés résilients, le Conseil fédéral dépeint un tableau attirant de ce à quoi pourrait ressembler l’agriculture et l’industrie alimentaire en 2050.
Les organisations environnementales soutiennent cette vision, car la sécurité alimentaire ne peut être garantie pour les générations futures que si les bases de production (fertilité des sols, eau, pollinisateurs, etc.) sont préservées à long terme, si davantage de cultures sont destinées directement à l'alimentation humaine et si le gaspillage alimentaire est réduit.
Huit ans sans nouvelle politique agricole ?
Malheureusement, l'ensemble de la stratégie reste toutefois très flou et imprécis. Au lieu de poser immédiatement les premiers jalons pour garantir une mise en œuvre progressive de cette vision, le Conseil fédéral propose de supprimer des parties importantes de sa propre politique agricole PA22+ et d'attendre ensuite huit ans pour mettre en œuvre une nouvelle politique agricole et alimentaire.
Un changement est pourtant nécessaire de toute urgence: aucun des 13 objectifs environnementaux pour l’agriculture n’est atteint, de nombreuses incitations nuisent à la biodiversité et l’exploitation très intensive des sols menace la sécurité de l’approvisionnement. La crise climatique et la disparition de la biodiversité menacent notre sécurité alimentaire. Et les agriculteurs et agricultrices doivent être activement soutenus par la politique dans la transformation nécessaire qui les attend. Patienter huit ans avant de mettre en œuvre de nouvelles mesures dans ce domaine n’a pas de sens et va à l'encontre des objectifs de l'Accord de Paris sur le climat et de la Stratégie de développement durable 2030.
Conserver la dynamique
Le Parlement doit maintenant corriger le tir et traiter la PA22+ de façon étendue. Les promesses faites doivent être tenues et des mesures de protection du climat et de la biodiversité doivent être mises en œuvre. Celles-ci ne peuvent pas attendre 2030. En outre, il est indispensable d'orienter dès aujourd'hui la politique vers la vision 2050. Sans une stratégie globale, le rapport restera lettre morte.
Contact
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Pro Natura: Nicolas Wüthrich, Responsable de l’information, @email, 079 212 52 54
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WWF Suisse: Océane Dayer, Responsable politique, @email, 076 615 71 70
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BirdLife Suisse: François Turrian, Directeur romand, @email, 079 318 77 75
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Greenpeace Suisse: Alexandra Gavilano, cheffe de projet Agriculture et climat, @email, 078 821 76 13
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Communiqué commun de Pro Natura, BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse & WWF Suisse
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Le changement de génération dans l’agriculture: une chance pour l’écologie
Nous mangeons trop de viande, trop d’oeufs, trop de sucre et trop de graisse animale. Ce mode d’alimentation porte atteinte non seulement à notre santé, mais aussi à l’environnement, car la production agricole intensive détruit insidieusement la biodiversité, les sols, l’air et les eaux.
Permettre la transformation
Les revendications politiques pour plus d’écologie dans l’agriculture ont encore beaucoup de mal à s’imposer. Trop d’intérêts particuliers s’y opposent. Si l’on envisage, par exemple, une réduction du cheptel bovin afin de diminuer les charges en ammoniac trop élevées, cela signifie que l’agriculteur pourra par la suite vendre moins de lait ou de viande. Il se vendra aussi moins d’aliments concentrés, moins de doses d’insémination et moins de prestations vétérinaires. Tout cela provoque des résistances, ce qui retarde la mise en place de mesures de reconversion écologique.
Il est nécessaire de trouver des solutions à même de jeter un pont entre ces résistances, compréhensibles à court terme, et la transformation nécessaire et urgente du système agricole et alimentaire à plus long terme. Des solutions qui tiennent également compte des perspectives sociales et économiques des paysannes et des paysans.
Tirer profit du changement de génération
Le changement structurel dans l’agriculture, qui s’accélère visiblement, offre une chance pour la transition écologique. Des études de la station de recherche Agroscope montrent qu’en Suisse, la moitié des propriétaires d’exploitations agricoles atteindront l’âge de 65 ans dans les 15 prochaines années. Comme les paiements directs disparaissent en Suisse à partir de l’âge de la retraite, les agriculteurs et agricultrices transmettent généralement leur exploitation à une nouvelle génération ou louent leurs terres à ce moment-là. C’est donc une période-clé pour transformer une ferme de manière écologique. Mais pour ce faire, il faut des conditions-cadres appropriées.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Lors des précédentes réformes agricoles en Suisse, les innovations ont toujours été mises en oeuvre à une date précise, par exemple au 1er janvier. Cela présente surtout des avantages pour l’administration, en simplifiant l’exécution et le contrôle des mesures.
Afin d’encourager les mesures de conversion écologique, il serait toutefois judicieux de mettre en oeuvre certaines adaptations non pas à une date butoir prédéfinie, mais au moment de la cession de l’exploitation. Cela permettrait d’améliorer la protection sociale des agriculteurs et des agricultrices et leur faciliterait la planification des mesures à prendre. On pourrait par exemple imaginer de nouvelles aides pour les exploitations qui, après la transmission, n’utiliseraient plus que leurs propres fourrages, ou des paiements directs liés à une production biologique. Aborder la conversion écologique de l’agriculture avec de tels moyens offre le grand avantage de rendre sa planification plus aisée pour tout le monde. Ce qui comporte beaucoup d’aspects positifs : les objectifs écologiques sont enfin atteints, la mise en oeuvre est clairement réglementée et les exploitations ont une perspective d’avenir. En bref: la solution de la conversion écologique au moment du changement de génération peut être planifiée individuellement et sur mesure, et mise en oeuvre de manière socialement acceptable.
MARCEL LINER gère la politique agricole chez Pro Natura.
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Des paysannes et paysans inspirants
La dernière édition du Magazine Pro Natura dresse le portrait de cinq personnes inspirantes qui pratiquent une agriculture innovante. C’est enthousiasmant!
Fanny Eisenhut
Fanny Eisenhut travaille au sein de la Coopérative agricole de la Ferme des Vergers à Meyrin (GE). Enseignante pendant 8 ans, elle s’engage aujourd’hui dans le maraîchage et l’agriculture durable.
«La coopérative agricole de la Ferme des Vergers à Meyrin donne la possibilité à la commune de Meyrin, aux habitant·es et aux paysan·nes sensibles à l’agro-écologie de mettre l’alimentation, et donc l’agriculture, au centre de ce nouvel écoquartier. Notre mission consiste à rendre cohérentes entre elles nos trois activités principales : la sensibilisation, le paysage et l’agriculture. Nous utilisons par exemple les espaces agricoles et paysagers pour nos activités de sensibilisation, ou nous transformons les déchets du paysage en engrais verts dans la production. Je travaille principalement comme coresponsable de l’agriculture et du maraîchage. Ma réorientation professionnelle me permet aujourd’hui de travailler dans un domaine qui me motive, dans une structure de gouvernance horizontale. Le projet est assez neuf, c’est comme un petit laboratoire, où nous pouvons essayer diverses techniques en les adaptant à notre petite surface de terres cultivées de 4 000 m2. Dans un écoquartier densément peuplé, nous travaillons le sol avec des ânes maraîchers – et un motoculteur –, c’est assez inhabituel.Notre projet favorise les circuits courts pour réduire les intermédiaires. Notre magasin, la Fève, centralise les produits et les revend au consommateur. Ainsi, la part qui revient au producteur est plus grande et permet de vivre plus décemment et de faire des choix plus respectueux de l’être humain et de l’environnement. Nous privilégions les rendements à petite échelle et défendons des salaires décents pour les producteurs de nourriture que nous sommes. Pour moi, la notion de collectif dans notre projet est essentielle : nous mettons toutes et tous nos compétences professionnelles et personnelles au service du groupe, dans un esprit de gouvernance horizontale. Nous sommes continuellement en adaptation et en apprentissage. Quand cela fonctionne, cela fait des merveilles !» fk
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Fabian Biasio
Julia Schmidlin
Julia Schmidlin travaille comme personne en formation dans l’exploitation biologique Eulenhof de Möhlin (AG). Elle est cofondatrice de l’association F.A.M.E et terminera en mars 2023 le cycle de formation de F.A.M.E.
«Ce n’est pas l’agriculture industrielle, mais les petites exploitations agricoles qui nourrissent la majeure partie de l’humanité. Et dans la grande majorité des cas, elles le font de manière durable, alors que l’agriculture industrielle laisse derrière elle un sillon de désolation. Je souhaite que l’agriculture à petite échelle, écologique et sociale, devienne la règle en Suisse. Pour changer le système, nous avons besoin de changements politico-économiques fondamentaux et d’un autre rapport à l’alimentation qu’on peut acquérir, par exemple, au travers d’un abonnement pour la livraison de légumes, en travaillant dans une exploitation agricole ou par le biais de projets dans les écoles. L’agriculture écologique à petite échelle a besoin de professionnels bien formés. Une telle formation manque encore dans la culture maraîchère. Avec notre association F.A.M.E. (Formation Autogérée de Maraîchage Ecologique), nous souhaitons combler une partie de cette lacune. Notre objectif est de proposer une formation qui contribue à une nouvelle agriculture porteuse d’avenir. Nous avons commencé avec la première promotion en automne 2020. Les 22 participantes et participants travaillent dans différentes exploitations maraîchères. Ils prennent part à des séminaires en Suisse romande et en Suisse alémanique pour une durée totale de dix semaines. Pour la deuxième promotion, 35 personnes se sont déjà inscrites, ce qui nous réjouit beaucoup.» nig
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Fabian Biasio
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Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Valentin Gionchetta
Valentin Gionchetta a cofondé la Ferme des Savanes en 2021 à Apples, petit village du pied du Jura vaudois. Le projet a été nominé au Prix Climat 2022 décerné par l’Alliance climatique suisse.
«La ferme des Savanes est un domaine agricole créé en 2021 selon les principes de la permaculture et qui mêle maraîchage, vergers multi-étagés, agroforesterie et grandes cultures. Le but du projet est de développer une agriculture durable de l’ère post-pétrole qui se fonde sur la résilience et la souveraineté alimentaire, ainsi que sur l’indépendance technique. Actuellement en première année de reconversion au label bio, j’utilise diverses techniques manuelles pour me départir des énergies fossiles et éviter le recours à une mécanisation lourde. La découverte de fruits et de légumes (exotiques) me fait vibrer. Dans une recherche d’adaptation aux changements climatiques, des asiminiers – petite mangue d’Amérique du Nord – ont été plantés. J’espère en récolter les fruits dans quelques années. J’accorde une grande importance aux arbres, car ils apportent des bénéfices aux végétaux qui les bordent : de l’ombre, de l’humidité, une protection contre le vent et une couverture du sol en hiver. J’en ai déjà planté 2000. Plusieurs haies ont été replantées sur les terrains pour favoriser les insectes auxiliaires et la biodiversité, en déclin dans les champs. Je me base sur certaines techniques éprouvées par les pionniers et transmises au travers d’écrits. Mon but est de les adapter à ma situation et de pouvoir à mon tour transmettre mon expérience plus loin. En 2022, la ferme a été nominée au Prix Climat : si cela a permis de faire connaître mon projet au-delà de la région, le nombre d’abonnements de paniers de légumes n’a pas augmenté. Mais l’expérience était très enrichissante. Mes légumes sont proposés selon le modèle ACP (agriculture contractuelle de proximité) dans des paniers hebdomadaires 100 % produits de la ferme et à composer soi-même sur place. Je me réjouis de pouvoir proposer bientôt des paniers de fruits de la ferme.» fk
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Fabian Biasio