Progetti
Pour l’avenir de la nature et du paysage
Depuis plusieurs années, la protection de nos moyens de subsistance diminue au profit de leur exploitation et des gains à court terme. L’initiative populaire fédérale «Un avenir pour la nature et le paysage en Suisse (Initiative biodiversité)» veut inverser cette tendance et faire en sorte que la nature et le paysage soient enfin préservés de manière efficace.
L’Initiative biodiversité s’inscrit dans le droit fil de l’article 78 de la Constitution fédérale sur la protection de la nature et du patrimoine. Pour préserver notre héritage culturel, paysager et naturel pour les générations à venir, elle vise quatre objectifs principaux:
Prendre davantage en compte la nature, le paysage et le patrimoine bâti
Tout ce qui est aujourd’hui protégé d’une manière ou d’une autre doit être sauvegardé. Le reste de la surface du pays doit être utilisé de façon à préserver la nature, le paysage et le patrimoine bâti.
Pondérer les intérêts à un niveau adéquat en cas d’atteinte sensible à un objet à protéger
La Constitution est complétée de façon à ce que toute atteinte sensible à un objet à protéger d’importance nationale soit justifiée par un intérêt prépondérant d’importance nationale et que toute atteinte sensible à un objet d’importance cantonale soit justifiée par un intérêt prépondérant d’importance cantonale ou nationale. Le but est d’éviter que les objets à protéger d’importance nationale soient sacrifiés pour des intérêts cantonaux particuliers.
Plus de surface pour la nature
l’initiative demande à la Confédération et aux cantons de désigner et de préserver les objets dignes d’être protégés et de mettre à disposition les surfaces nécessaires pour préserver la biodiversité. Cette nouvelle disposition contribuera à la réalisation de l’infrastructure écologique décidée par le Conseil fédéral en 2012. Pour atteindre ce but, il faut se doter des instruments adéquats. En tant que membre de la Convention sur la biodiversité, la Suisse est en outre tenue de protéger 17% de son territoire. Un objectif dont elle est encore très éloignée.
Plus d’argent pour la nature
Les moyens disponibles pour la protection de la nature et de la biodiversité sont faibles et nettement inférieurs aux besoins. De plus, ces fonds insuffisants sont régulièrement visés par des interventions politiques demandant leur réduction. Nos surfaces naturelles de grande valeur ne peuvent donc pas être préservées comme l’exige la loi, et les espèces menacées ne peuvent pas être protégées. L’initiative doit permettre de disposer des moyens financiers nécessaires pour préserver et promouvoir la biodiversité. Les moyens supplémentaires serviront à valoriser les zones protégées existantes, à financer des nouvelles surfaces et à mettre en œuvre des mesures de conservation des espèces.
Il est temps d’agir. L’état de la nature et du paysage de notre pays ne saurait se dégrader davantage sans entraîner des dommages pour l’économie et la société. Avec l’Initiative biodiversité, nous envoyons un signal fort contre l’affaiblissement progressif de la législation sur la protection de la nature et contre la négligence à l’égard de notre capital naturel. Il en va de la sauvegarde de l’héritage naturel et paysager de la Suisse comme base de notre qualité de vie, pour nous et pour les générations futures.
SIMONA KOBEL gère le dossier Politique de la biodiversité chez Pro Natura et est responsable de l’Initiative biodiversité.
Ulteriori informazioni
Info
Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
Potrebbe anche interessarti
«Mission B: chaque mètre carré compte!»
La campagne participative pour plus de biodiversité en Suisse sera traité durant un an et demi dans des émissions existantes et au moyen de différents contenus diffusés sur tous les canaux. Le but est de sensibiliser la population et de l’encourager à créer des surfaces de promotion pour la biodiversité. Les nouvelles surfaces créées seront documentées la plateforme principale du projet.
Magazine Pro Natura: Madame Walch, vous êtes responsable de «Mission B», la campagne participative pour plus de biodiversité en Suisse que va lancer la SSR (voir encadré). Quelle est l’origine de cette action?
Bettina Walch: nous avons été inspirés par le projet «Un million de nichoirs pour oiseaux», de la radio et télévision publique finlandaise YLE. Les émissions d’information sur les oiseaux, leur mode de vie et leurs besoins, ont eu pour résultat que plus de 1,3 million de nichoirs ont été installés en une année par des particuliers, des écoles, des ONG et des communes. Le succès a été immense et s’est confirmé lorsque, un an plus tard, des sondages ont montré que 9 nichoirs sur 10 étaient bel et bien utilisés. En Suisse, la situation est différente: ce qui manque aux oiseaux, ce ne sont pas des abris mais de la nourriture. Ils ne trouvent presque plus d’insectes dans les prés et les champs et meurent de faim.
Ulteriori informazioni
Info
«Mission B» est soutenue par différentes organisations économiques, scientifiques et de protection de la nature.
Pro Natura apporte soutien et collaboration au projet.
«De nombreuses personnes aimeraient faire quelque chose, mais ne savent pas par où commencer ni comment s’y prendre.»
Bettina Walch, responsable du projet «Mission B»
L’idée «d’un million de mètres carrés de surface proche de la nature en plus» est née ainsi?
C’est effectivement une option que nous avons envisagée. Mais nous avons finalement renoncé à viser une surface donnée. Peut-être qu’après un an et demi de campagne, il y aura davantage de mètres carrés… Nous ne voulons pas nous limiter. De plus, il n’y a pas que la surface qui compte. Une prise de conscience de la problématique est tout aussi importante, voire plus. Avec «Mission B», nous souhaitons présenter le contexte et les principaux enjeux liés à la biodiversité et approfondir ce thème sous différents points de vue sociétaux – ainsi que l’approcher de façon critique là où c’est nécessaire.
Des enquêtes ont récemment montré qu’un grand nombre de personnes n’ont pas conscience du mauvais état de la biodiversité dans notre pays. Comment l’expliquez-vous?
Le déclin est lent et progressif et donc difficile à saisir. Je crois toutefois qu’aujourd’hui, la perception de la situation est en train d’évoluer. A cet égard, les médias ont certainement joué un rôle important depuis quelques années en parlant davantage de ce thème. Je pense par exemple à une étude sur les insectes en Allemagne publiée récemment. Ces informations laissent souvent le public perplexe. De nombreuses personnes aimeraient faire quelque chose, mais ne savent pas par où commencer ni comment s’y prendre.
«Mission B» veut donner aux particuliers des conseils pratiques sur la manière dont ils peuvent promouvoir la biodiversité sur leur balcon, dans leur jardin, sur leur toit ou sur leur lieu de travail. Mais est-ce que ce ne sont pas des gouttes d’eau dans l’océan?
Non, nous sommes persuadés que l’addition d’un grand nombre de petites actions individuelles peut avoir de l’effet. Chaque mètre carré compte!
Crise planétaire de la biodiversité: les faits sont alarmants et la Suisse doit agir
Trois ans durant, 150 chercheurs de 50 pays ont rassemblé les connaissances scientifiques disponibles sur l’état de la biodiversité dans le monde. Au total, plus de 20 000 personnes ont été impliquées dans l’élaboration. Les résultats sont effrayants:
- Jamais autant d’espèces animales et végétales n’ont été menacées d’extinction sur la Terre. Près de 1 million d’espèces sur un total estimé de 8 millions pourraient disparaître définitivement dans les prochaines décennies.
- La biomasse globale des mammifères sauvages a baissé de 82 %. Les populations de vertébrés ont diminué de façon dramatique depuis 1970.
- 75 % des surfaces terrestres sont aujourd’hui fortement modifiées par des atteintes dues à l’homme, 66 % des espaces marins sont altérés par des effets cumulatifs, plus de 85 % des zones humides ont disparu au cours des 300 dernières années.
Climat et biodiversité, les deux faces d’une même médaille
Les causes détaillées par le rapport sont bien connues. Si les principaux moteurs (au premier rang desquels le dérèglement climatique, l’agriculture intensive et les atteintes aux habitats naturels dues à l’être humain) ne font pas immédiatement l’objet de mesures efficaces, la disparition d’espèces s’accélérera encore. Cela vaut aussi pour la Suisse, où les scientifiques sonnent l’alarme depuis longtemps.
Analyse scientifique: «État de la biodiversité en Suisse»
Par chance, les moyens de réagir à la crise de la biodiversité sont connus: pratiquer une agriculture écologique, protéger plus strictement les habitats naturels, arrêter de bétonner les paysages, encourager la sobriété et supprimer les incitations nuisibles à la biodiversité. Dans la pratique, certaines mesures comme la protection des marais et une agriculture favorisant la formation de l’humus bénéficient à la fois au climat et à la biodiversité.
La politique menée à ce jour par la Suisse est décevante. En demi-teinte et inefficace, le plan d’action accompagnant la Stratégie Biodiversité Suisse a mis des années pour être adopté. La politique agricole fait du surplace. La limitation drastique et urgente de l’utilisation des pesticides n’avance pas. La protection des espèces et l’aménagement du territoire subissent un feu constant d’attaques politiques, les marais protégés continuent à s’assécher et les cours d’eau devraient être exploités jusqu’au dernier kilowattheure.
Faire pression sur les politiciens
«Espérons que le message alarmant de l’IPBES sera enfin aussi entendu par les décideurs suisses», déclare Friedrich Wulf, représentant de Pro Natura à la session plénière de l’IPBES à Paris. Pour cela, une pression de fond est nécessaire. Pro Natura appelle toutes les forces conscientes de leur responsabilité écologique à donner de la voix: en signant la double initiative biodiversité et paysage (LINK) et en exprimant publiquement leur accord pour les initiatives populaires en cours sur les pesticides, la responsabilité des entreprises, le climat et l’élevage intensif. Pro Natura lance un appel aux responsables politiques suisses: prenez en compte l’avis des scientifiques!
Ulteriori informazioni
Link correlati
IPBES: Le dangereux déclin de la natureNos initiatives populaires: pour la biodiversité, contre le bétonnage
De nombreuses espèces animales et végétales sont menacées d’extinction en Suisse. Un tapis monotone de zones résidentielles, d’entrepôts et de serres industrielles recouvre le paysage autour des agglomérations. Simultanément, les autorités et les politiciens affaiblissent la politique de protection de la nature qui a fait ses preuves depuis des années.
Boom de la construction hors zones à bâtir
La diversité des paysages suisses subit une mutation massive. Le sol est de plus en plus bétonné, même là où aucune construction ne devrait être planifiée. En Suisse, 20% de tous les bâtiments se trouvent en zone non constructible. Mais on continue de construire. Rien que l’an dernier, plus que 2000 nouveaux bâtiments ont été érigés – en-dehors des zones à bâtir!
Dans la réalité, la Loi sur l’aménagement du territoire devrait réglementer la croissance désordonnée des constructions en-dehors des agglomérations. Mais aujourd’hui encore, les autorités donnent leur accord pour de nombreux projets. Le Parlement actuel veut assouplir les conditions en vigueur. Le monde politique et l’administration mettent en avant les intérêts des constructeurs et des investisseurs aux dépens de la population, des générations futures et de la nature.
Ulteriori informazioni
La biodiversité est mourante
Une grande partie de ce qui rend la Suisse belle et digne d’être vécue est menacée! La biodiversité, c’est-à-dire la diversité de notre nature, diminue de façon dramatique. Plus d’un tiers des espèces animales et végétales sont en danger. Au cours des 150 dernières années, 255 espèces animales ont disparu. Et ce déclin silencieux se poursuit: 554 autres espèces sont menacées d’extinction. En-dehors du changement climatique, la principale cause en est la disparition des habitats.
Inverser la tendance en politique
Nous ne pouvons plus accepter la destruction de la nature et des paysages. C’est pourquoi nous avons décidé de passer à l’action politique. Ainsi, Pro Natura a fondé, en collaboration avec Birdlife Suisse, Patrimoine suisse et la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, l’Association «Pour la nature, le paysage et le patrimoine bâti». Ensemble, nous avons présenté deux initiatives populaires, chacune ayant recueilli bien plus des 100’000 signatures requises:
- L’Initiative paysage exige des règles plus strictes au niveau de la construction en-dehors des zones à bâtir.
- L’Initiative biodiversité exige plus de surfaces exploitées en accord avec la biodiversité, davantage d’aires protégées et de moyens financiers pour une promotion élargie de la biodiversité.
Vous trouverez de plus amples informations sur les sites internet des deux initiatives:
Il est absolument nécessaire d’agir en faveur de la biodiversité et en particulier dans les zones agricoles
La conférence de presse de l’Union suisse des paysans (USP) de ce jour a présenté une thèse rédigée par un unique biologiste. Ce document contient des thèses et des conclusions qui ne résistent pas à l’analyse scientifique:
Vérification des faits (en allemand)
La communauté scientifique, le Conseil fédéral et l’administration soulignent tous la nécessité d’agir afin de garantir la biodiversité en Suisse, un besoin d’action qui concerne en particulier les zones agricoles:
Conseil fédéral, décembre 2022: «Environnement Suisse 2022»
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/publications-etat-de-l-environnement/umwelt-schweiz-2022.html
Page 86
«La biodiversité en Suisse est sous pression. Et si les mesures de promotion produisent des effets localement, la biodiversité demeure en mauvais état et ne cesse de décliner. Un tiers de toutes les espèces et la moitié des types de milieux naturels en Suisse sont menacés. Les succès ponctuels ne parviennent pas à compenser les pertes, dues essentiellement au manque de surface, à l’imperméabilisation, au morcellement, à l’utilisation intensive des sols ainsi qu’aux apports de pesticides et d’azote. (…) Il est dès lors urgent d’agir fermement pour protéger les services apportés par la biodiversité.»
Pages 88/89
«Sur les surfaces agricoles par contre, la biodiversité se trouve dans un état déplorable, notamment en raison des apports excessifs d’azote, de l’utilisation de pesticides et de l’élimination de buissons, des tas de pierres ainsi que des petites structures et des structures marginales.»
«Les estivages faciles d’accès sont eux aussi soumis à une utilisation plus intensive, au détriment de la biodiversité.»
OFEV, 22.5.2023: Espèces et milieux menacés en Suisse
https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/especes-menacees-suisse.html
«Pour 47% des espèces examinées en Suisse, il est globalement nécessaire d’adopter des mesures de protection et de conservation.» (Espèces éteintes et menacées 35% + espèces potentiellement menacées 12%)
«Les causes principales sont la destruction des habitats, la dégradation de la qualité des milieux et les petites aires de répartition.»
«La part des espèces menacées est la plus élevée sur le Plateau, fortement sollicité, et la plus faible dans les Alpes centrales orientales.»
L’année dernière, l’USP a combattu le contre-projet indirect à l’Initiative biodiversité. Lors de la session d’été 2024, l’USP s’est engagée contre les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) dans les grandes cultures, bien qu’une étude d’Agroscope ait démontré que les SPB étaient essentiels pour la biodiversité gravement mise sous pression dans ces zones.
Agroscope, 19.4.2021: État de la biodiversité dans le paysage agricole suisse
https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/actualite/newsroom/2021/04-19_all-ema.html
«Dans les zones de basse altitude (plaines et collines) – à l’exception des espèces d’oiseaux nicheurs – les indicateurs montrent tous des valeurs très basses en ce qui concerne l’état de la diversité des espèces et des milieux naturels. Les pertes de biodiversité dans les terres cultivées ont véritablement commencé vers le milieu du 20ème siècle, avec l’intensification de la production agricole, et se trouvent à un stade très avancé, en particulier dans les zones de basse altitude.
L’USP évoque une collaboration plutôt qu’une opposition. Et c’est justement l’objectif des organisations de protection de la nature, qui collaborent avec les familles d’agriculteurs dans le cadre de projets fructueux, accomplissant ainsi beaucoup sur le terrain pour la biodiversité. L’Initiative biodiversité veut promouvoir ces exemples positifs alliant protection et exploitation, et ce dans toute la Suisse. Cela vaut pour l’ensemble des secteurs.
Le OUI à l’Initiative biodiversité garantit la qualité des surfaces existantes et la protection nécessaire de notre source de vie, pour les générations futures également.
Contact:
- Pro Natura: Stefan Kunz, chef de la division Politique et affaires internationales, @email, 079 631 34 67
- BirdLife Suisse: Raffael Ayé, directeur, @email, 076 308 66 84
- Fondation suisse pour le paysage: Franziska Grossenbacher, directrice adjointe, @email, 076 304 43 58
- Responsable médias en Romandie: Leo Richard, @email, 079 378 37 11
L’Initiative biodiversité
La Suisse ne fait pas suffisamment d’efforts pour préserver notre nature et donc notre source de vie. C’est pourquoi une large alliance d’organisations de protection de la nature et de l’environnement, de l’agriculture, de la pêche, des parcs suisses et de la protection du paysage soutient l’Initiative biodiversité.
Ulteriori informazioni
Link correlati
Page web de l’Initiative biodiversitéPotrebbe anche interessarti
Bienvenue dans le jardin naturel
Imaginez-vous allongé·e à l’ombre d’un arbre. Vos doigts effleurent les herbes souples, une légère brise fait frémir les feuilles, les rayons du soleil vous caressent le visage et un oiseau gazouille dans la verdure. Ces instants simples nous relient à la nature et ont un effet bénéfique sur notre bien-être. Dans un quotidien souvent frénétique, les moments passés dans la nature sont essentiels. Pourtant, un coup d’œil à nos villes suffit pour constater que la nature recule en milieu bâti. Ainsi, nous perdons non seulement une source précieuse pour notre équilibre, mais aussi des habitats vitaux pour les espèces animales et végétales indigènes.
Chaque mètre carré compte
Depuis 2017, les espaces verts dans les milieux urbains diminuent d’environ 1% par an, comme le montre le programme de monitoring «Observation du paysage suisse» (OPS) de la Confédération. Ce recul est principalement dû à l’activité de construction, qui fragmente les habitats, imperméabilise les sols et nuit à la biodiversité. Aujourd’hui, la densification du bâti se fait surtout en largeur plutôt qu’en hauteur, accentuant la pression sur les espaces verts. Non seulement les milieux naturels restants s’amenuisent mais ils s’isolent les uns des autres. Par ailleurs, la qualité de nombreux espaces libres se dégrade: des structures importantes comme les vieux arbres et les recoins dans les bâtiments anciens disparaissent, tandis que les nouveaux espaces sont souvent monotones et aménagés avec des espèces non indigènes.
-
Nathalie Rutz
Pourtant, le potentiel d’action est immense. À l’échelle nationale, les jardins privés représentent l’équivalent de 97’300 courts de tennis. Chacun de ces jardins, s’il est aménagé de manière naturelle, peut contribuer à former une mosaïque vivante. Plus ces îlots de nature sont reliés entre eux, plus ils offrent un espace vital précieux pour les animaux et les plantes.
Du jardin au jardin naturel
Les attentes envers un jardin sont aussi différentes que les personnes qui les conçoivent: certains souhaitent un havre de paix caché dans la verdure, d’autres passent beaucoup de temps à entre tenir leurs massifs fleuris. L’esthétique varie également, allant de formes géométriques à des haies libres et sauvages. Toutes ces considérations peuvent être prises en compte dans la conception d’un jardin naturel. L’essentiel est de veiller à ce que les espèces animales et végétales y trouvent un habitat adapté.
Pour accueillir une grande diversité d’animaux et de plantes dans un jardin, il est important de disposer d’une large palette de conditions d’implantation. En effet, toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins: certaines aiment les sols maigres, d’autres les milieux humides, sablonneux ou ombragés. Plus un jardin offre de conditions différentes, plus il sera propice à une grande diversité de plantes sauvages. Adaptées au site, ces dernières sont particulièrement précieuses car elles fournissent la nourriture adéquate à la faune indigène. En outre, des tas de branches et de feuilles, des murs en pierres sèches ou des mares servent de refuge aux coléoptères, chenilles, libellules et autres petites bêtes. Ils y trouvent des cachettes, des zones ensoleillées, des lieux pour se reproduire et pour chasser. Pour protéger cette microfaune, il convient de réduire autant que possible la pollution lumineuse, de couvrir les pièges comme les puits de cave ouverts et d’utiliser des outils de jardinage respectueux des animaux. Les pesticides et la tourbe, quant à eux, n’ont pas leur place dans un jardin naturel.
Vous souhaitez vous lancer sans tarder? Notre newsletter sur les jardins naturels vous fournit régulièrement des conseils qui vous permettront de transformer votre jardin en une oasis fleurie pour l’être humain et la nature. Inscrivez-vous dès maintenant à la lettre des jardins.
La phase de test commence
Nous vous aidons à transformer votre jardin en une oasis de nature. La phase de test de BONJOUR NATURE a débuté en avril 2025. Dans certains cantons (voir ci-dessous), des conseils, des certifications et des manifestations sur le thème des jardins naturels sont proposés. Nos conseillers et conseillères spécialisé·e·s répondent à vos questions sur les mesures de promotion de la nature dans les jardins. Si nécessaire, ils se rendent également chez vous. Si vous ne savez pas vraiment ce qu’est un jardin naturel, vous pouvez découvrir des exemples inspirants dans nos Jardins à papillons. Ces jardins d’exposition ne sont pas seulement des lieux d’émerveillement, mais aussi des espaces d’échange et de découverte. Après une certification minutieuse, nous récompensons les jardins proches de la nature par la plaquette Pro Natura «Papillons», un signe visible de votre engagement en faveur de la nature dans les zones d’habitation.
Nota bene: la phase de test a lieu dans les cantons d’Argovie, Berne, Fribourg, Genève, Neuchâtel, Nidwald, Obwald, Schaffhouse, Schwyz, Soleure, Thurgovie et Zurich. Si vous habitez l’un de ces cantons, vous pouvez bénéficier dès cette année des offres en matière de jardins naturels. Vous trouverez tous les détails sur le site Internet de la section Pro Natura de votre canton.
A partir de 2026, l’offre devrait s’étendre à toute la Suisse.
NATHALIE LEUTENEGGER est responsable de la communication du projet BONJOUR NATURE chez Pro Natura.
Coopération: Museum der Kulturen et Ballenberg
Les membres Pro Natura en profitent
Museum der Kulturen Basel
L’exposition «Vivant – bien plus que des mondes humains» du Museum der Kulturen Basel montre comment les relations entre les hommes et leur environnement peuvent être repensées et nouées. En coopération avec Pro Natura, la Journée pour les familles du 24 août sera consacrée aux arbres.
Pro Natura sera présente avec un stand qui fournira des informations sur la protection de la nature et la biodiversité en Suisse. L’entrée est gratuite pour les familles.
Réduction: En tant que membre Pro Natura, profitez de prix d’entrée réduits jusqu’à fin 2026: deux personnes ne paient ensemble qu’une seule entrée, et seule l’une des deux personnes a besoin d’une carte de membre Pro Natura.
En savoir plus sur la Journée pour les familles: «Vivant – bien plus que des mondes humains».
Musée Suisse en plein air Ballenberg
Si vous souhaitez vous imprégner davantage de l’atmosphère des musées tout en restant à l’extérieur, nous vous recommandons le musée en plein air de Ballenberg, qui se concentrera cette année et l’année prochaine sur le thème de la biodiversité.
Réduction: Réduction de 25% sur le prix d'entrée normal au Musée suisse en plein air Ballenberg pendant la durée du thème annuel «La biodiversité – Le Ballenberg en fleurs» (saisons 2025 et 26)
En savoir plus sur l’exposition annuelle consacrée à la biodiversité
Quand la nature reprend ses droits en ville
«Même petits, s’ils sont bien répartis et en grand nombre, les espaces de promotion de la biodiversité en ville peuvent avoir un effet très positif», se réjouit Stéphanie Chouleur, chargée d’affaires de Pro Natura Fribourg et responsable du projet.
-
Pro Natura Freiburg
- Le semis d’une prairie fleurie dans le quartier de Pérolles est une des mesures mises en place dans le cadre du projet.
Le développement des villes provoque la disparition des biotopes et avec elle l’extinction de multiples espèces. Des espaces de qualité permettent à la vie sauvage de s’épanouir tout en rendant des services inestimables: les espaces de nature en ville permettent par exemple l’absorption de l’eau de pluie, sa filtration et son stockage dans les aquifères. Ils épurent l’air, stockent le carbone atmosphérique et régulent la température. Pro Natura Fribourg a donc analysé qualitativement les espaces verts et non bâtis du quartier de Pérolles à Fribourg et proposé des mesures d’amélioration pour augmenter la biodiversité. «Le choix s’est fait sur un quartier récent avec un grand nombre d’espaces potentiellement valorisables. Le projet devrait servir d’exemple pour d’autres quartiers de la ville», poursuit Stéphanie Chouleur.
Quand la population participe
À partir de 2019, grâce à une collaboration entre la Ville de Fribourg, les associations Habiter Pérolles et Fribourg pour le Climat, l’école du Botzet et Pro Natura Fribourg, des mesures concrètes ont été réalisées: citons par exemple un semis de prairie fleurie, des plantations d’arbustes et une installation de troncs sur une terrasse du parc du Domino. Ce projet participatif a offert aux habitants du quartier la possibilité de contribuer à l’amélioration de leur espace de vie et leur retour est très positif.
Depuis 2021 et jusqu’à fin 2023, un appel aux propriétaires privés et publics intéressés par une valorisation de leur terrain en faveur de la biodiversité a été lancé dans l’agglomération fribourgeoise: 35 terrains privés (propriétaires individuels) ont été visités et ont reçu des conseils de la section, ainsi que deux communes (Givisiez et Corminboeuf), cinq PPE et une gérance. «Nous avons aussi élaboré et transmis 22 concepts de valorisation aux propriétaires intéressés et possédant des terrains à grand potentiel», explique Stéphanie Chouleur. Au niveau de la mise en place de mesures, 6 projets ont été concrétisés, les autres sont en cours de discussion pour une prochaine réalisation.
Un projet qui se poursuit
Au vu du succès et de l’intérêt des propriétaires privés, la section a décidé de poursuivre le projet jusqu’en 2028. Le suivi des 13 concepts de valorisation encore en cours de discussion est prévu en 2024–2025 dans le but de les concrétiser rapidement. Les interlocuteurs privés permettent une flexibilité et une réactivité intéressantes pour la mise en œuvre de mesures concrètes, ce qui est le but du projet. «La multiplication des possibilités induite par la grande quantité de terrains privés permet également une mise en réseau des différents aménagements en faveur de la biodiversité, ce qui est très profitable.» Enfin, les propriétaires privés sont soutenus financièrement à hauteur de 50% des coûts de réalisation des mesures.
Les paysagistes au travail Les mesures d’amélioration de la biodiversité proposées aux propriétaires vont de la mise en place de prairies fleuries à l’installation de lentilles de sable pour les abeilles sauvages, de la plantation de haies vives constituées d’espèces indigènes à la création de plans d’eau (zones humides).
Pour réaliser ces mesures, il est prévu dès 2026 de collaborer avec des paysagistes. Le projet sera mis au concours et les professionnels intéressés pourront postuler pour devenir les «paysagistes de Pro Natura Fribourg». Leur dossier devra présenter un concept de réalisation pour une ou plusieurs des mesures proposées. Ces concepts seront ensuite évalués par un biologiste mandaté pour le suivi du projet afin qu’ils répondent aux critères définis par la section et aux besoins des espèces présentes. «La formation des paysagistes aux aménagements en faveur de la biodiversité représente un enjeu majeur de ce projet, et nous nous réjouissons de continuer dans cette direction», conclut Stéphanie Chouleur.
FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN, responsable de l’édition française du Magazine Pro Natura.
Ulteriori informazioni
Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Link correlati
Biodiversité en milieu bâti (Pro Natura Fribourg)Potrebbe anche interessarti
«Un changement de cap est indispensable»
Le Magazine Pro Natura: Quel bilan tirez-vous des deux premières années d’Albert Rösti au Conseil fédéral?
Urs Leugger-Eggimann: On a nettement senti sa signature dans les dossiers environnementaux. Certes, il y a des domaines pour lesquels il a travaillé dans la lignée de Simonetta Sommaruga – qui l’a précédé –, notamment en ce qui concerne la promotion des énergies renouvelables, et dans une certaine mesure, nous soutenons sa position. Mais lorsqu’il s’agit de projets qu’il a lui-même initiés à son accession au Conseil fédéral, c’est nettement plus problématique.
À quoi pensez-vous?
À son ouverture à l’énergie nucléaire par exemple, qui s’avère complètement contreproductive: cela entraîne une insécurité dans la promotion des énergies renouvelables. Et bien sûr, je pense aussi au peu d’importance qu’il accorde à la conservation et à la promotion de la nature et de la biodiversité.
Ulteriori informazioni
Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
C’est principalement là où le bât blesse?
Oui, car il ne reconnaît pas que le changement climatique et la disparition des espèces sont liés et qu’ils ne peuvent être résolus qu’ensemble. Dès lors, les énergies renouvelables sont trop souvent encouragées au détriment de la biodiversité, qui est considérée comme quantité négligeable. De plus, dans le cadre de la campagne pour l’Initiative biodiversité, il a toujours souligné que les bases légales existantes et les moyens financiers mis à disposition suffisaient pour préserver notre source de vie, mais c’est faux, comme l’ont attesté de nombreux scientifiques et experts de l’administration fédérale. Quant au plan d’action évoqué maintes fois pendant la campagne et qui a été adopté en novembre 2024 par le Conseil fédéral, on peut plutôt le qualifier de plan d’inaction.
On a aussi beaucoup reproché à Albert Rösti sa gestion du loup…
Il a réagi trop fort et trop rapidement. La nouvelle ordonnance entrée en vigueur en février 2025 apporte quelques améliorations, mais elles sont minimes. M. Rösti considère le loup uniquement comme une menace et n’envisage que les problèmes qu’il peut apporter. Il devrait plus s’intéresser à son utilité et à sa place dans l’écosystème, tout en étant conscient que le retour du loup s’accompagne de grands défis.
Envisagez-vous avec appréhension ses prochaines années au gouvernement?
S’il continue sur la même lignée que durant les deux premières années de son mandat, ce sera problématique. Un changement de cap est indispensable, une orientation claire de sa part en faveur de la nature, de la biodiversité et de l’environnement. Nous espérons réussir à lui montrer cette nécessité. Nos enfants et petits-enfants ont besoin d’une nature et d’un environnement intacts et diversifiés pour vivre. Et même les entreprises les plus importantes citent le changement climatique, la destruction de l’environnement et la perte de biodiversité parmi les dix plus grands risques pour une économie et une société prospères. Nous espérons que de telles connaissances guideront à l’avenir l’action de notre ministre de l’Environnement.
TANIA ARAMAN, rédactrice du Magazine Pro Natura