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Page web de Alliance-EnvironnementDe petites installations suffisent pour exploiter l’énergie éolienne. Tout comme les installations photovoltaïques, les petites installations peuvent être aménagées dans le domaine privé, sur les toits des maisons ou sur les bâtiments. À noter que les éoliennes sont considérées comme de petites installations jusqu’à 30 mètres de haut, tandis que toutes celles qui dépassent cette hauteur sont considérées comme de grandes installations.
Avec un rotor d’un diamètre de 140 mètres également, soit une hauteur totale de plus de 200 mètres, de telles installations fournissent une puissance pouvant atteindre 6 mégawatts et peuvent, selon leur emplacement, produire jusqu’à 10 gigawattheures d’électricité par an. Cela correspond à la consommation d’électricité d’environ 3500 ménages (ayant une consommation de 3000 kWh chacun, soit la consommation moyenne de deux personnes dans un immeuble collectif).
En mer, les éoliennes devraient même, dans un avenir proche, être pourvues d’un rotor de plus de 200 mètres de diamètre et atteindre une puissance de plus de 10 mégawatts.
Dangers pour la nature résultant de la construction et de l’exploitation d’éoliennes
La construction d’une éolienne nécessite des routes larges et des véhicules lourds. Si les éoliennes sont construites dans des zones non aménagées jusqu’alors, les atteintes à la nature sont importantes, ne serait-ce que pour la construction de l’éolienne et l’accès ultérieur à l’installation pour son entretien. C’est pourquoi nous militons pour que la construction d’éoliennes se limite aux sites ne nécessitant pas de nouveaux aménagements.
L’exploitation à terre est surtout problématique pour les oiseaux et les chauves-souris. D’une part, il existe un risque de collision, d’autre part, certaines espèces sont sensibles aux dérangements. Les animaux concernés évitent les parcs éoliens et sont ainsi chassés de leur habitat habituel.
En mer également, la construction et l’exploitation peuvent générer des bruits parasites importants qui éloignent les poissons et les mammifères marins de leur habitat.
Les défenseurs de l’énergie éolienne mentionnent souvent le fait que l’installation puisse être démantelée au terme de sa période d’exploitation. Or, ce n’est que partiellement vrai à ce jour:
- Les tours en acier sont relativement faciles à démonter et à recycler.
- La technologie utilisée dans la tête de l’éolienne (nacelle) impose de plus grandes précautions: il faut éviter que des substances nocives pour l’environnement ne s’en échappent.
- Les importantes fondations en béton restent souvent dans le sol après le démantèlement. Cela se justifie seulement si l’installation est soumise à un repowering et qu’une nouvelle installation est construite sur le même site. Dans le cas contraire, les fondations devraient elles aussi être démontées et le béton armé recyclé.
- Aujourd’hui encore, les pales de rotor sont majoritairement composées de matériaux composites à base de fibres, qui ne sont pas réutilisables sous cette forme. Différentes entreprises et institutions travaillent au développement de procédés chimiques ou thermiques afin de séparer les matériaux et de les rendre ainsi réutilisables. On travaille également à la fabrication de pales de rotor recyclables.
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Quelle est la position de Pro Natura vis-à vis de l’énergie éolienne?
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Sjo
- L’impact des éoliennes sur la nature ne peut pas se mesurer uniquement en termes d’animaux tués par collision. Les éoliennes peuvent chasser les animaux de leur territoire et contribuer ainsi à la fragmentation des milieux naturels.
En 2022, 41 éoliennes ont produit 0,15 TWh d’électricité. La Confédération estime le potentiel maximal à environ 700 installations. Une telle augmentation aurait toutefois un impact négatif sur la biodiversité. En particulier parce que les sites à fort potentiel éolien sont souvent situés dans des zones importantes pour la biodiversité.
En collaboration avec les associations de l’Alliance-Environnement, nous avons étudié le nombre d’éoliennes pouvant être installées en Suisse sans que la nature ait à en souffrir. Sur la base de ces travaux, nous estimons qu’une extension à 3,1 TWh est possible d’ici à 2035. Cela correspond à environ 300 éoliennes supplémentaires.
Une telle extension nécessite des bases de planification élaborées avec soin, indiquant où se trouvent les zones qui, d’une part, sont exposées à des vents assez forts et, d’autre part, répondent également aux exigences de la protection de la biodiversité. Si ces bases de planification ne sont pas élaborées avec le soin nécessaire, Pro Natura exige le respect des bases légales pour la protection de la nature. Par exemple, lorsque de grandes installations industrielles doivent être construites en dehors de la zone à bâtir.
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Comment développer l’énergie éolienne dans le respect de la nature?
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thamerpic
- Au col du Nufenen, l’infrastructure existante a été utilisée pour agrandir la centrale hydroélectrique existante avec une éolienne.
Les éoliennes ont toujours un impact sur la nature locale. Il est donc important que leur développement soit planifié et coordonné suffisamment tôt. Une extension compatible avec la nature est encore possible en tenant compte des points suivants:
- La construction n’est autorisée qu’en dehors des zones protégées.
- Même en dehors des zones protégées, l’impact sur la faune et la flore, notamment sur l’avifaune locale et migratrice et sur les chauves-souris, doit être clarifié de manière exhaustive.
- La construction et l’exploitation des installations ne doivent pas nécessiter de nouveaux aménagements fixes tels que des routes ou des lignes électriques aériennes. Ce point est particulièrement important dans les paysages préservés. Les voies d’accès doivent rester perméables.
- Les installations doivent être concentrées sur des sites appropriés, de sorte que la nature ne soit pas inutilement affectée et morcelée par des installations isolées.
- La construction et l’exploitation de l’installation ne doivent pas nuire aux objectifs de protection des zones protégées cantonales et communales.
Nous demandons par conséquent qu’au niveau cantonal au moins, et mieux encore au niveau national, l’extension prévue et les sites appropriés soient planifiés de manière globale, coordonnée et transparente.
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Quels sont les sites adaptés aux projets éoliens?
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Matthias Sorg
- Avec une planification coordonnée et globale, il est possible de développer l’énergie éolienne suisse à hauteur de 3,1 TWh tout en respectant la nature.
Notre pays dispose de potentiels éoliens dans l’Arc jurassien et dans certaines vallées alpines, mais aussi en Suisse orientale. Vous trouverez un aperçu des vitesses du vent et des zones à potentiel éolien en Suisse dans l’Atlas des vents de l’Office fédéral de l’énergie.
Aperçu des projets d’énergie éolienne actuellement prévus en Suisse
Le relevé précoce des valeurs naturelles sur les sites prévus est essentiel lors de la planification d’installations éoliennes. C’est la seule façon d’éviter les conflits potentiels relatifs à la biodiversité et au paysage. Pour les parcs éoliens concernés par le projet d’accélération de la CEATE-N, une certaine clarification de ces valeurs naturelles a déjà eu lieu à l’étape du plan d’affectation. C’est pourquoi une procédure d’autorisation simplifiée est acceptable pour ces installations. Cette procédure doit toutefois rester exceptionnelle et ne pas servir de référence pour d’autres procédures d’autorisation.
Au 1er janvier 2023, 43 installations éoliennes ont été soutenues en Suisse par le système de rétribution de l’injection. 457 autres éoliennes ont reçu une garantie de subvention et 356 sont encore sur liste d’attente. Les projets qui disposent déjà de promesses de soutien ne sont pas tous prévus sur des sites appropriés. Pro Natura évalue chaque projet individuellement et cherche le juste milieu entre développement de l’énergie éolienne et protection de la nature. Il faut de la transparence sur les projets et une vue d’ensemble géographique. Notre carte interactive vous apporte une aide dans ce sens.
Éolienne bleue = installation en cours de planification
Éolienne verte = installation en service
Surface bleue = parc éolien en projet
Contours bleus =zone de test de l’énergie éolienne
Voie libre pour la faune sauvage
Les animaux sauvages se déplacent entre leurs lieux de repos et de pâture, entre leurs quartiers d’été et d’hiver, et vers leurs sites de reproduction. Quelques individus solitaires partent coloniser de nouveaux territoires. Ces migrations sont essentielles pour la perpétuation de l’espèce.
Les grands mammifères, tel le cerf élaphe, ne sont pas les seuls à dépendre d’une grande liberté de mouvement. Le lynx, le blaireau, le lièvre, la martre des pins, le hérisson, la rainette et le lézard agile ont, comme presque tous les animaux, d’importants besoins en mobilité et empruntent des itinéraires spécifiques, appelés corridors faunistiques ou axes de déplacement.
Pas de survie sans mobilité
Les échanges entre les différentes populations animales sont cruciaux pour leur survie. Le risque d’extinction est d’autant plus élevé que les populations sont petites et isolées. Et la menace ne fait qu’augmenter: toujours davantage de routes, voies ferrées, agglomérations, cours d’eau canalisés et terres agricoles exploitées intensivement coupent les itinéraires traditionnels de déplacement de la faune sauvage.
Afin que les routes et les voies ferrées ne constituent pas des obstacles dangereux pour la survie des animaux sauvages, des ponts et des passages souterrains pour la faune ainsi que des ouvrages pour les petits animaux et des crapauducs se révèlent nécessaires. Il est essentiel que les aménagements soient adaptés aux espèces concernées et mis en réseau avec les paysages naturels environnants.
Les voies de déplacement des animaux sont bloquées
Pro Natura s’engage pour que les corridors faunistiques et axes de déplacement endommagés ou interrompus soient de nouveau praticables. Lors de la planification d’infrastructures telles que des routes ou des voies ferrées, il s’agit de prendre en compte le plus tôt possible et de manière cohérente les besoins en mobilité de la faune sauvage, afin d’éviter un fractionnement supplémentaire de ses habitats.
En 2001, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) avait recensé 304 corridors faunistiques transrégionaux en Suisse. L’état de ce réseau était catastrophique: seul un quart environ des corridors faunistiques (28%) étaient intacts, 56% endommagés et 16% totalement impraticables. Dix ans plus tard, l’OFEV a réexaminé la situation. Conclusion: le bilan est mauvais, la situation ne s’est pas améliorée. Seuls les développements les plus récents apportent un peu d’espoir.
20 000 animaux sauvages périssent chaque année
Chaque année, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) recense plus de 20 000 animaux sauvages tués dans des accidents. Ce chiffre couvre uniquement les mammifères de grande taille, allant du cerf au lièvre. Il ne couvre pas les plus petits animaux. Les amphibiens sont pourtant extrêmement vulnérables lors de leurs migrations saisonnières.
Il existe des mesures techniques de dissuasion pour éloigner les animaux des routes, mais elles n’offrent pas une protection suffisante contre les accidents. Les systèmes électroniques d’alerte gibier représentent actuellement la technique la plus efficace, car ils préviennent les usagères et les usagers de la route dès que des animaux s’approchent de la chaussée.
Des pièges autour de la maison
Le danger ne provient pas uniquement des routes: de nombreux pièges et barrières pour les petits animaux parsèment l’espace urbain, les jardins et les alentours des maisons. Il s’agit par exemple de clôtures ou de filets. Les puits de lumière, de ventilation ou d’eaux usées au niveau du sol sont des pièges mortels pour les petits animaux. Les accès aux caves, les étangs de jardin et les piscines cachent des dangers similaires. On peut y remédier facilement.
Ce que fait Pro Natura
Dans le cadre de sa campagne «Voie libre pour la faune sauvage!» (2017 – 2019), Pro Natura a attiré l’attention sur les corridors faunistiques endommagés ou interrompus. Il s’agissait d’informer la population sur les besoins en mobilité des animaux sauvages afin de la sensibiliser à l’importance de ces passages vitaux. Par ailleurs, Pro Natura a travaillé avec plusieurs cantons et offices fédéraux à l’assainissement de corridors faunistiques.
Pro Natura s’investit activement dans la création de nouveaux corridors. Avec plus de 700 réserves naturelles, elle favorise la mise en réseaux de milieux naturels afin de permettre à des espèces animales protégées et menacées de se déplacer entre divers habitats. Les sections Pro Natura entretiennent une multitude de petites structures et de talus, mis à profit comme axes de déplacement ou aires de repli par de nombreuses espèces animales.
Ce que vous pouvez faire
Il est absolument essentiel que les animaux ne soient pas dérangés sur ces corridors faunistiques. Ne vous y engagez donc pas, sinon les animaux ne les utiliseront pas. Si vous apercevez des animaux sauvages, ne les poursuivez pas et ne les éclairez pas avec votre lampe de poche.
En hiver également, le risque d’effrayer des animaux est conséquent, notamment lors de randonnées à ski ou en raquettes, descentes en freeride ou marches à pied. Veuillez respecter les zones de tranquillité et les districts francs, et tenez votre chien en laisse dans les zones sensibles.
En voiture à l’aube ou au crépuscule, adaptez votre vitesse à l’orée des forêts: c’est justement à ces moments de la journée que les animaux sauvages tentent de traverser les routes. Et chez vous, faites attention aux pièges et barrières en tout genre dans votre jardin et les alentours. Enlevez-les et n’en créez pas de nouveaux. La faune sauvage vous en est reconnaissante!
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«Protéger les espèces ne sufit pas, il leur…Pro Natura Magazine
Les 170'000 membres de Pro Natura reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique le vivant. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour l’environnement.
Des articles de vente sélectionnés et une offre variée d’excursions sont proposés également dans le magazine. Et même votre lieu de résidence y est à l’honneur: les sections cantonales Pro Natura vous parlent de la nature tout près de chez vous.
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Info
Dates de publication 2026
1/26: 5 janvier, 2/26: 6 mars, 3/26: 22 mai, 4/26: 14 août, 5/26: 23 octobre, 1/27: 4 janvier
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Dossier thématique actuel du Pro Natura MagazineLe chat sauvage est l’Animal de l’année 2020
Le nom latin du chat sauvage signifie «chat des forêts». Les forêts préservées présentant une grande diversité structurelle constituent l’habitat originel du chat sauvage. Elles lui offrent un terrain de chasse où se procurer des souris, un lieu sûr où se cacher pour dormir durant la journée et un refuge au sec pour donner naissance à ses petits.
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Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le chat sauvage comme Animal de l’année?
Oser plus de nature sauvage est le pari de Pro Natura en choisissant le chat sauvage en 2020. Laisser libre cours à la nature serait bénéfique à maints endroits de notre Suisse propre en ordre. On n’a pas forcément besoin d’y consacrer de vastes territoires. Dans chaque forêt, au bord de chaque ruisseau, de chaque champ et pâturage, nous pouvons accorder plus de liberté à la nature. De nombreuses espèces végétales et animales, et pas seulement les chats sauvages, s’en porteraient mieux. Le chat sauvage s’aventure aussi dans les paysages cultivés lorsqu’il y trouve suffisamment de «désordre» où rester à couvert. Cependant, la présence d’habitats appropriés n’aide les prédateurs comme le chat sauvage que si les animaux sont protégés d’une persécution directe. L’histoire du chat sauvage le montre bien.
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Fabrice Cahez
- Rencontre fugace d’un chat sauvage sur un chemin forestier.
Le chat sauvage reprend pied
Le chat sauvage européen a connu le même sort que tous les prédateurs de Suisse. Considéré comme nuisible, il a impitoyablement été traqué. En 1976, Philipp Schmidt écrit dans son Histoire des animaux chassables en Suisse: «Dans la loi fédérale sur la chasse et la protection des oiseaux de 1963, le chat sauvage est même protégé, mais c’est un peu comme avec la fosse à purin qui n’est recouverte que lorsque quelqu’un y est tombé, à savoir qu’on aurait dû agir plus tôt». (Philipp Schmidt, Das Wild der Schweiz, Berne, 1976, page 341).
Heureusement, la protection du chat sauvage est intervenue à temps. Aujourd’hui, de vastes secteurs du Jura suisse abritent des chats sauvages. Mais on ignorera probablement toujours si le «tigre de nos forêts» a vraiment échappé de justesse à une extinction en Suisse. Il est aussi possible que l’espèce soit revenue depuis la France. Dans les années 1960 et 1970, il y a également eu plusieurs lâchers de chats sauvages par des organismes officiels et des particuliers.
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- Carte de répartition actuelle du chat sauvage en Suisse. Chaque carré désigne une ou plusieurs observations (état novembre 2019).
Rares images de chats sauvages
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WLS.CH
- Screenshot WLS WildLife Solutions
À quoi reconnaît-on un chat sauvage?
Il n’y a pas que des chats sauvages qui se promènent dans nos forêts. Environ 1,6 million de chats domestiques vivent en Suisse. Beaucoup d’entre eux jouissent d’une liberté totale. Des milliers de chats harets (chats domestiques retournés à l’état sauvage) parcourent également champs et forêts. Même avec un chat qu’on apercevrait au plus profond d’une forêt, la question se poserait s’il est sauvage ou domestique. Un chat domestique tigré n’est pas toujours facile à distinguer d’un chat sauvage. On ne peut avoir de certitude que par des analyses génétiques.
Extérieurement, les caractéristiques suivantes sont typiques d’un chat sauvage:
- corps donnant une impression de robustesse et de massivité en raison de la fourrure dense à poil long
- fourrure gris-brun plus uniforme sur les côtés, souvent avec des taches blanches au niveau de la gorge, de la poitrine et du ventre; toujours une raie noire le long de la colonne vertébrale
- queue touffue, arrondie et noire à l’extrémité, souvent avec deux ou trois anneaux noirs
- bout du nez toujours rose
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Fabrice Cahez
- Ce chat sauvage présente plusieurs caractéristiques typiques.
L’année du chat sauvage
Les chats sauvages vivent en solitaires sur un territoire défini. Ils marquent ce territoire avec leur urine et leurs excréments, en griffant des arbres ou en déposant des marques olfactives en se frottant. L’étendue du territoire varie en fonction du paysage et de l’offre alimentaire, mais représente plusieurs kilomètres carrés par animal. Les territoires plus vastes des mâles englobent les territoires de plusieurs femelles. De janvier à mars, les bois résonnent des cris peu harmonieux des matous en rut. La rencontre du mâle et de la femelle ressemble plus à une bagarre qu’à un acte d’amour. Après l’accouplement, leurs chemins se séparent à nouveau.
Deux bons mois plus tard, la chatte donne naissance à ses 2 à 5 petits, qui sont allaités jusqu’à trois mois. Dès l’âge de 5 semaines environ, les chatons goûtent à leurs premiers morceaux de viande. Lorsque l’hiver arrive, la vie de famille touche à sa fin. Les jeunes chats adultes se mettent en quête de leur propre territoire. L’année suivante, les femelles pourront déjà porter leurs propres petits, si elles sont encore en vie. Car de nombreux dangers guettent les jeunes chats sauvages: leurs ennemis naturels sont le lynx, le renard, la martre, le hibou grand-duc ou l’hermine.
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Fabrice Cahez
- «Ici, c’est chez moi!»: un chat sauvage marque son territoire avec son urine.
Chat sauvage et chat domestique: une différence subtile
On pourrait supposer que notre chat domestique (Felis catus) descend du chat sauvage d’Europe (felis silvestris). Or, il n’en est rien. Nos tigres domestiques remontent génétiquement au chat sauvage afro-asiatique (Felis lybica), appelé aussi chat ganté. Les chats domestiques ont atteint nos latitudes il y a environ 2000 ans, avec les Romains. La science considère aujourd’hui ces trois «types» de chats comme des espèces indépendantes. Mais les chats domestiques et les chats sauvages peuvent s’accoupler et donner naissance à des petits aptes à la reproduction.
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Fabrice Cahez
- Il n’est pas rare de voir des chats domestiques et sauvages chassant la souris dans des prés fraîchement fauchés, en bordure de forêt.
Des recherches menées avec de la valériane
Jusqu’il y a quelques années, il était très difficile d’effectuer des recherches scientifiques sur les chats sauvages. En 2006, des chercheurs ingénieux ont eu l’idée de tirer profit de l’attrait irrésistible que la valériane exerce sur les chats. Ces chercheurs ont placé en forêt des planches non rabotées, vaporisées de valériane. Les chats s’y frottent avec plaisir. Ce faisant, ils y laissent aussi des poils qui fournissent des informations sur les caractéristiques génétiques de l’animal grâce aux méthodes d’analyse modernes.
En 2008-2010, Hintermann & Weber AG a utilisé cette méthode pour analyser pour la première fois la répartition des chats sauvages dans le Jura, sur mandat de la Confédération. À cette époque, seuls 10% environ de l’Arc jurassien étaient colonisés par des chats sauvages. Ce monitoring est actuellement répété sous la direction de l’Association Wildtier Schweiz. Début 2021, on peut s’attendre à de nouvelles découvertes passionnantes sur la répartition des chats sauvages en Suisse.
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Darius Weber
- Un chat sauvage se frotte contre un piquet, attiré par l’odeur irrésistible de la valériane.
L’avenir du chat sauvage se présente bien…
Lorsque des espèces disparues retournent à leur habitat d’origine, il n’est pas rare d’avoir des surprises. C’est notamment le cas avec les chats sauvages. Les résultats de recherches récentes de la Fondation KORA montrent, par exemple, que le chat sauvage peut apparemment se débrouiller également en dehors de grandes zones forestières. Au cours de l’été 2018, quatre animaux porteurs d’émetteurs ont séjourné régulièrement dans le paysage intensément cultivé du Seeland.
Cependant, des structures en réseau comme des haies, des bosquets et des îlots forestiers sont indispensables. Des passages à faune au-dessus ou au-dessous des routes très fréquentées sont tout aussi importants, sans quoi quantité de chats sauvages sont victimes de la circulation routière.
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Fabrice Cahez
- De nombreux chats sauvages sont victimes de la circulation.
Important: garder les chats domestiques sous contrôle
À moyen terme, le plus grand danger pour nos chats sauvages réside dans le croisement (hybridation) avec les chats domestiques. Les propriétaires de chats ont donc une grande responsabilité. Les chats qu’on laisse aller et venir comme bon leur semble devraient être stérilisés, afin d’éviter tout croisement avec des chats sauvages. Heureusement, de nombreux propriétaires de chats prennent déjà cette responsabilité au sérieux. Le monitoring en continu des chats sauvages fournira également des données sur l’hybridation actuelle des chats sauvages et domestiques en Suisse.
Que fait Pro Natura pour le chat sauvage?
Les nombreuses réserves naturelles Pro Natura dans le Jura peuvent servir de sous-habitats pour les chats sauvages. Ils trouvent des refuges sûrs dans nos réserves forestières et ils peuvent chasser les souris dans les prés et pâturages riches en espèces en bordure des forêts.
En savoir plus sur les 700 réserves naturelles Pro Natura
Les chats sauvages ont besoin d’habitats en réseau. Et ils doivent pouvoir traverser les voies de circulation en toute sécurité. Pro Natura s’engage pour des corridors faunistiques sûrs dans le cadre de sa campagne «Voie libre pour la faune sauvage!».
En savoir plus sur la campagne «Voie libre pour la faune sauvage!»
Personne ne pense plus aujourd’hui à éradiquer les chats sauvages. Mais son parent de plus grande taille, le lynx, est dans le collimateur de la politique. En 2019, le Parlement suisse a adopté une loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages complètement inepte. Elle menace également le lynx. Pro Natura et d’autres associations ont lancé un référendum contre cette nouvelle loi.
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Vers de nouveaux objectifs internationaux de biodiversité
La «Décennie des Nations unies pour la biodiversité» (2011-2020), si prometteuse lors de sa proclamation, s’est terminée l’année dernière sur un bilan décevant: aucun des objectifs internationaux actuels en matière de biodiversité (dits «objectifs d’Aichi») n’a été atteint. La crise de la biodiversité prend aujourd’hui des proportions telles que personne ne peut plus nier l’urgence d’agir.
La communauté mondiale prend un nouveau départ
Les États signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB), dont la Suisse, se réuniront à Kunming, en Chine en octobre 2021 - avec un an de retard sur le calendrier en raison du coronavirus et à condition que la pandémie le permette. Les parties prenantes y conviendront de nouveaux objectifs mondiaux en matière de biodiversité, à mettre en œuvre d’ici à 2030. Du 3 mai au 13 juin, une étape majeure pour les travaux préparatoires du nouveau «Plan stratégique pour la diversité biologique» aura lieu: la Conférence de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (OSASTT) et de l’Organe subsidiaire chargé de l’application (SBI). Pro Natura participe aux négociations aux côtés de son réseau Friends of the Earth International et s’engage pour un accord efficace, ambitieux et équitable, à même de mettre fin à la perte de biodiversité d’ici à 2030. Certains sujets de négociation revêtent une importance particulière, notamment pour la politique de la biodiversité en Suisse.
La mise en oeuvre, une tâche transversale
Le fait que les objectifs d’Aichi n’aient pas été atteints est principalement dû à des lacunes majeures dans leur mise en œuvre. À l’avenir, celle-ci ne devrait plus être laissée à l’entière discrétion de chaque pays, mais devrait être planifiée selon des directives uniformes, comprenant des formats standardisés pour les rapports et un mécanisme de vérification contraignant. En outre, la responsabilité de la mise en œuvre des objectifs en matière de biodiversité ne doit plus incomber uniquement aux départements de l’environnement, mais elle doit être comprise comme une tâche transversale pour tous les domaines politiques («whole government approach»). C’est là un message qui concerne également la Suisse et sa stratégie en matière de biodiversité: le nouveau plan d’action, qui doit entrer en vigueur à partir de 2023, doit engager tous les secteurs politiques et fixer pour tous les départements des objectifs contraignants. Cela signifie également qu’il faut veiller à ce que l’exploitation - par exemple dans l’agriculture ou dans le secteur de l’énergie - n’augmente pas davantage encore la pression sur la biodiversité. Le projet actuel du nouveau plan stratégique mondial peut également être amélioré sur ce point.
Plus de surfaces et plus de moyens financiers!
Les objectifs de surface constituent une question clef, tant dans le débat international qu’au niveau national. Sous le mot d’ordre «30by30», un groupe de plus de 57 pays («High Ambition Coalition») a appelé à donner la priorité à la conservation de la nature sur 30% de la surface terrestre et maritime. La Suisse fait partie de ce groupe - et à juste titre, car cet objectif est nécessaire pour la Suisse d’un point de vue scientifique. Il ne s’agit pas seulement d’objectifs quantitatifs, mais aussi d’améliorations qualitatives et de la participation de la population concernée. Tant au niveau national qu’international, une sélection représentative des sites, une participation équitable et complète des propriétaires fonciers et de toutes les parties prenantes sont nécessaires, en même temps qu’une gestion coordonnée, efficace et ciblée des zones protégées.
La promotion de la biodiversité englobe naturellement un aspect financier. En plus d’une augmentation significative de l’aide financière aux pays du Sud (une fois de plus), il est impératif de réorienter les subventions néfastes pour la biodiversité. La Suisse dispose de suffisamment de leviers pour aller dans ce sens: de l’augmentation des ressources financières affectées à la biodiversité à tous les niveaux à la suppression des subventions néfastes à la biodiversité, dont le montant est estimé à au moins 40 milliards de francs suisses par an.
Économie et consommation: respecter les limites de la planète
Si l’on veut atteindre les objectifs en matière de biodiversité, on ne peut pas faire l’impasse sur l’économie, le commerce et la consommation. La demande dans les pays industrialisés et les activités des grands groupes qui y sont implantés exercent une pression considérable sur la biodiversité dans les pays en développement. Il est nécessaire d’établir des règles juridiquement contraignantes pour garantir que ces entreprises n’exercent pas leurs activités économiques au détriment de l’environnement et des droits de l’homme. Actuellement, le projet du nouveau plan stratégique pour la diversité biologique ne souhaite s’adresser qu’aux consommateurs. Mais cela ne suffit pas, les engagements purement volontaires des entreprises non plus. La Suisse, en tout cas, a reçu un signal clair lors du vote populaire sur l’initiative «Entreprises responsables», approuvée par la majorité de la population: nos citoyens sont favorables à des règles étatiques plus contraignantes.
Il y a encore beaucoup à faire... tant en Suisse qu’au niveau international
Le projet actuel du nouveau traité mondial sur la biodiversité est loin d’être aussi ambitieux que les objectifs d’Aichi et ne tient pas compte non plus d’aspects importants de la convention sur la biodiversité. Sur de nombreux points heureusement, les positions de la Suisse officielle ne sont pas très loin de celles défendues par Pro Natura / Friends of the Earth dans leurs efforts communs pour obtenir un traité plus efficace. Il est probable que la délégation suisse reprenne certaines des revendications susmentionnées lors des négociations. Il reste à espérer que la politique suisse en matière de biodiversité, avec ou sans plan stratégique international exigeant, se fera également plus ambitieuse et plus efficace à l’avenir.
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A l’heure du réchauffement climatique, où l’être humain enrichit artificiellement l’air en CO2 par son mode de vie et ses activités économiques et industrielles, le cycle du carbone est influencé. Le taux de CO2 dans l’atmosphère n’a plus été si élevé depuis 800 000 ans!
L’effet de serre – phénomène indispensable à la vie sur Terre et dont l’intensité varie dans le temps – s’emballe. De nombreuses espèces sont en danger, y compris la nôtre. Seule la réduction de la concentration en CO2 dans l’atmosphère peut ralentir le changement climatique. Dans ce contexte, les puits de carbone peuvent être un petit bout de la solution.
De gigantesques puits de carbone
Stocks de carbone actifs, les puits de carbone sont plus ou moins renouvelables et stockent à plus ou moins long terme. Les arbres par exemple stockent du carbone en particulier durant leur croissance, puis une partie du carbone contenue dans le bois et les feuilles est intégrée au sol alors que le reste est relâché par la décomposition microbienne.
Dans les biotopes humides que sont les tourbières, les végétaux morts ne sont que partiellement décomposés. Ils s’accumulent sous forme de tourbe, constituée pour moitié de carbone. Tant que la tourbe reste gorgée d’eau, le processus de décomposition ne se met pas en route et le carbone reste piégé, parfois depuis plusieurs dizaines de milliers d’années. Dans une épaisseur d’environ 15 centimètres de tourbe, la quantité de carbone est la même que dans une forêt centenaire. Rien d’étonnant alors que les tourbières, qui ne représentent que trois pour cent de la surface terrestre mondiale, stockent un tiers du carbone piégé dans les sols, soit plus que dans toutes les forêts de la planète.
Les marais détruits libérent du CO2
Les tourbières sont des milieux d’une extrême fragilité, particulièrement vulnérables aux perturbations anthropiques comme le piétinement, le drainage, les apports de nutriments ou l’extraction de la tourbe. Facteur perturbateur externe, la hausse des températures induite par le réchauffement climatique a aussi des répercussions sur ce milieu naturel. On constate alors une perte de la biodiversité spécifique, un boisement qui va encore accentuer l’assèchement et un arrêt de la production de tourbe. Surtout, le carbone historiquement stocké dans la tourbe depuis des millénaires, voire des dizaines de milliers d’années est remis en circulation. En bref, des tourbières saines avec une biodiversité intacte peuvent séquestrer du carbone, tandis que des tourbières en mauvais état libèrent du carbone.
D’ici à 2100 à l’échelle mondiale, les tourbières pourraient alors passer de puits de carbone à source de carbone. En Suisse, le renversement a déjà eu lieu. Même si les estimations sur ce renversement de situation sont encore très incertaines, les émissions annuelles de dioxyde de carbone par les tourbières dégradées représentent d’ores et déjà 5 à 10 % des émissions anthropiques annuelles mondiales de CO2.
La destruction des zones humides causée par le changement d’affectation des terres constitue également une menace. La conversion de marais en terres agricoles est à cet effet très révélateur. En Suisse, un tiers des légumes est produit sur d’anciens marais dans le Seeland, le Wauwilermoos, le Rheintal saint- gallois ou la plaine de la Thièle. L’exploitation agricole intensive, rendue possible dans ces régions par un drainage important, libère des quantités considérables de CO2. Un hectare de carottes du Seeland dégage ainsi 30 tonnes de CO2 chaque année.
Pro Natura prend des contre-mesures
Malgré l’acceptation de l’Initiative de Rothenturm en 1987 qui a inscrit dans la loi suisse la protection des marais, malgré la fin des activités destructrices significatives au début des années 1990, une majorité des marais continue de se dégrader en raison des atteintes subies avant 1987, mais surtout en raison de zones-tampons insuffisantes, voire inexistantes.
Pro Natura est impliquée dans divers projets de revitalisation. Un bon exemple est la tourbière des Pontins dans la commune de St-Imier (BE). Ce milieu naturel diversifié est inscrit dans l’Inventaire fédéral des hauts-marais d’importance nationale et constitue un haut-lieu de la biodiversité.
Ici, Pro Natura s’efforce de préserver le caractère marécageux du site et de restaurer les habitats des différentes espèces animales et végétales. Pour y parvenir, les fossés de drainage construits à l’époque ont été entièrement comblés sur une longueur d’un kilomètre et l’écoulement sur le drainage principal a été fermé par des palplanches. Désormais, le marais est à nouveau en eau, permettant à la biodiversité de s’épanouir et au marais de capter à nouveau du carbone.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
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Concours photo 2021 «Espaces sauvages»
Un total de 2174 photos ont été soumises dans les différentes catégories («montagnes sauvages», «forêts sauvages», «eaux sauvages» et «îlots sauvages en milieu urbain »). Les meilleures photos ont été présentées par Pro Natura le dimanche 31 octobre 2021 dans le parc naturel Wildnispark Zürich à Sihlwald, à l’occasion de la clôture de la saison.
La biodiversité a besoin d’espaces sauvages
De nombreuses espèces d’animaux, de plantes et de champignons ont besoin pour leur survie d’espaces naturels où l’être humain reste en retrait et n’intervient pas. Sans nature sauvage, la biodiversité souffre, et les écosystèmes et les communautés biotiques disparaissent. Les conséquences ne sont pas toujours prévisibles.
Les derniers espaces sauvages doivent être préservés et laissés en paix afin de pouvoir se développer sans entrave – pour la biodiversité mais aussi pour les êtres humains.
Nous nous engageons en faveur d’une plus grande biodiversité et de paysages de valeur. Soutenez-nous:
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Photo: Nature sauvage au col du Lukmanier © Markus Bühler
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