Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
Vengono visualizzate le voci 46-54 di 164
Glacier d'aletsch Claudio Büttler
07.09.2023 Politique environnementale

Élections fédérales 2023: donnons notre voix à la nature!

Une réelle chance pour la nature: le 22 octobre 2023, la Suisse élit un nouveau Parlement. Nous profiterions toutes et tous d’un monde politique plus soucieux de la nature. Alors votons! Chaque voix fait la différence.

Jusqu’à présent, l’environnement n’a jamais constitué une priorité politique. Nous voulons et pouvons changer cela! Nous avons le choix, pas la nature. Constat inquiétant toutefois: seules 4 personnes sur 10 se rendent aux urnes! Il est crucial de mobiliser davantage que les 40% habituels des votantes et votants pour ce scrutin important. 

5 raisons de voter pour la nature

Nous souhaitons vous expliquer pourquoi nous votons en faveur de la nature. Les élections de l’automne 2023 dépendent de nous – saisissons cette chance! Aidez-nous et partagez notre argumentaire avec votre entourage. 

  1. Limites planétaires: Une croissance infinie est impossible dans un monde fini. Depuis de nombreuses années, nous augmentons la production alimentaire, polluons l’environnement et exploitons les ressources naturelles. La Terre ne peut pas résister éternellement à cette pression. Nous devons prendre au sérieux dès maintenant la crise climatique et celle de la biodiversité, car certaines dégradations seront irréversibles. Voilà pourquoi nous voterons en faveur de la nature cet automne. 

    Infobox: Limites planétaires 
    Le concept de «limites planétaires» (2009) de Johan Rockström, un professeur suédois, montre que l’activité humaine a déjà largement dépassé plusieurs seuils écologiques. Les éléments suivants se situent déjà en zone critique: l’extinction d’espèces, la libération d’énormes quantités de phosphore et d’azote ainsi que l’introduction de substances (p. ex. des substances radioactives ou des métaux lourds) et d’organismes nouveaux. 

  2. Protéger les milieux naturels: De nombreux milieux naturels de grande valeur sont menacés. Afin de pallier la crise de la biodiversité, nous avons besoin de paysages naturels et ruraux diversifiés. Nous votons pour la biodiversité en respectant la nature. 

  3. Protéger la faune et la flore: La diversité des animaux, des plantes et des champignons diminue. 255 espèces d’animaux, de plantes et de champignons ont déjà disparu en Suisse. Plus d’un tiers des espèces animales et végétales sont menacées. La disparition d’espèces se répercute sur l’ensemble de l’écosystème. Nous protégeons les animaux et les plantes, et exigeons de nos parlementaires de faire de même. 

  4. Sauver des vies humaines: L’usage de pesticides, la pollution de l’air, la contamination de l’eau potable, le compactage des sols et les îlots de chaleur urbains sont presque devenus la norme. En sus, les phénomènes météorologiques extrêmes tels que sécheresses et inondations ont triplé de par le monde depuis les années 1980 – ce que nous faisons endurer à la Terre a in fine un impact sur nous. La crise du climat et celle de la biodiversité nous concernent directement. Nous avons besoin d’un Parlement qui comprenne ces interactions et qui soutienne des mesures efficaces en vue de protéger l’environnement. 

  5. Prendre ses responsabilités: Nous élisons des candidates et candidats qui se soucient de la nature parce qu’il est grand temps que nous assumions toutes et tous nos responsabilités. La surconsommation en Suisse et dans les pays du Nord (ainsi que par l’élite dans le Sud) nuit directement à la nature et à l’environnement ici, bien sûr, mais aussi à l’environnement dans les pays les plus faibles économiquement. Elle détruit forêts, milieux naturels et mers, et met aussi en danger les conditions de vie des populations du Sud. C’est inacceptable. Ensemble, nous pouvons changer les choses. Aidez-nous et votez pour la nature en octobre! 

Gletschervorfeld
Aide à la décision basée sur des faits

Le site internet ecorating.ch, géré par l’Alliance-Environnement, offre une aide pratique basée sur des faits afin de permettre aux électrices et électeurs de se forger une opinion. Il évalue la position des parlementaires quant aux thématiques liées à l’environnement. Il en ressort rapidement que pour soutenir une politique écologique cohérente, les Vert·e·s et le PS, le PEV et le PVL (dans l’ordre) tiennent généralement le haut du pavé.

Quiz: À quel animal correspondez-vous? 

Vous comportez-vous comme une rainette, un hérisson, un papillon Apollon ou plutôt comme une huppe fasciée? Découvrez-le à l’aide du test de personnalité suivant. Apprenez-en davantage sur la situation de ces espèces en Suisse. Votre animal est-il en crise? Partagez le quiz avec votre entourage afin d’attirer l’attention sur la crise de la biodiversité. 

Nature sauvage
07.09.2023 Crise de la biodiversité

Bilan de la législature sous l’angle de la protection de l’environnement

Le peuple suisse élira un nouveau Parlement le 22 octobre 2023. Saisirons-nous l’opportunité d’offrir une réelle chance à la nature? Il est parfois utile de regarder en arrière pour mieux aller de l’avant. Alors penchons-nous sur la dernière législature!

Examinons la dernière période législative et évaluons les positions défendues par nos parlementaires lors de votations ayant trait à l’environnement. Quand la nature en est-elle ressortie gagnante? Quand a-t-elle été prétéritée par l’être humain? 

Énergie et climat

Au cours de la législature qui touche à sa fin, des clivages sont apparus sur les thématiques de l’énergie et du climat. La promotion du photovoltaïque a encore rencontré des obstacles. Ce n’est qu’après l’agression de la Russie contre l’Ukraine et à cause du spectre d’une pénurie d’électricité que la majorité politique a soudain jugé utile de promouvoir les énergies renouvelables de manière conséquente. Le débat actuel sur la mise en œuvre du tournant énergétique démontre toutefois que, selon le Parlement, l’avenir énergétique ne doit pas être réalisé en harmonie avec la nature, mais à son détriment – et même avec la bénédiction des milieux de la Gauche et des Vert·e·s. 

Pas de réduction du CO2 dû au trafic routier

Le trafic routier doit lui aussi contribuer à la réduction des émissions de CO2, comme le demandait une motion de Jürg Grossen (PVL, BE). Mais sans succès: cinq jours après le rejet de la loi sur le CO2 par le peuple suisse, la droite du Conseil national a également rejeté ce projet – avec la voix prépondérante de son président, Andreas Aebi (UDC, BE). 

Infographie: Trafic routier
Suppression des mesures compensatoires

Jusqu’à présent, une partie au moins des dommages importants causés par la construction de centrales hydroélectriques devait être compensée lors de l’expiration de la concession existante et l’octroi d’une nouvelle concession. L’état naturel initial, c’est-à-dire celui qui existait avant la construction de la centrale, constituait la base d’évaluation. Le conseiller national Albert Rösti (UDC, BE), accessoirement président de l’Association suisse pour l’aménagement des eaux, a réussi à changer la donne par le lancement d’une initiative parlementaire: après son adoption à une très faible majorité par le Conseil national, c’est désormais l’état actuel déjà altéré qui sert de base. Les mesures de compensation écologiques deviennent ainsi largement caduques. 

Infographie: mesures compensatoires
Gletschervorfeld
«Les intérêts environnementaux passent toujours en dernier.»
Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura et conseillère nationale PS, dresse le bilan de la dernière législature.

Politique agricole: un bilan en demiteinte

Nous devons toutes et tous nous poser davantage de questions sur la provenance de nos aliments, leur mode de production et le bien-être de nos animaux dits de rente. Il est également primordial de jeter un regard sur l’impact environnemental. En Suisse, chaque année: 

de pesticides seront répandues sur le Plateau densément peuplé.
d’azote seront propagées dans l’environnement.
de phosphore seront propagées dans l’environnement.
Pas de nouvelle dilution du droit en vigueur

Le conseiller aux États Werner Hösli (UDC) souhaitait obtenir, par le biais d’une motion, qu’un espace réservé aux cours d’eau puisse être réduit si l’agriculture devait perdre une «part excessivement importante de terres cultivables pour la production intensive». La définition d’un espace minimal pour les cours d’eau sert à la mise en réseau écologique des tronçons revitalisés, ainsi qu’à la garantie des débits de crue et du transport des sédiments. Le Conseil des États a approuvé cette motion mais le Conseil national l’a rejetée, empêchant ainsi une nouvelle dilution du droit en vigueur. 

Infographie: droit en vigueur
Les fourrages grossiers ne sont pas déclarés

Le vote dont il est question ici portait sur la question suivante: dans le cadre de l’objectif de réduction des nutriments, les exploitations agricoles doivent-elles déclarer uniquement les aliments concentrés ou également les fourrages grossiers? La déclaration des aliments concentrés n’a pas été contestée, car les importations représentent 1,3 million de tonnes par an et apportent ainsi une énorme quantité d’éléments nutritifs en Suisse. Le Conseil des États a proposé de ne pas inclure la déclaration des fourrages grossiers (foin, herbe, ensilage, maïs) dans cette obligation de déclaration. Le Conseil fédéral n’était pas d’accord, arguant qu’il manquerait ainsi un élément pour établir la transparence des flux d’éléments nutritifs. Le Conseil national a toutefois soutenu la demande du Conseil des États, avec la voix prépondérante du président du Conseil. 

Infographie: Les fourrages grossiers
Manœuvre tactique du lobby agricole

Le 16 mars 2021, après des années de travail préparatoire et de consultation des milieux concernés, le Conseil national a décidé, après le Conseil des États, de suspendre le débat sur la politique agricole après 2022 (PA 22). Cette suspension était une manœuvre du lobby agricole. Selon les médias, l’Union suisse des paysans avait promis aux représentants de l’économie libérale au sein du Parlement de combattre l’initiative sur la responsabilité des multinationales si celles-ci soutenaient la suspension. Ce qui fut le cas. L’objectif de cette manœuvre était probablement d’obtenir à grands frais, avant les délibérations sur la PA 22, le rejet de deux initiatives motivées par des impératifs écologiques (initiatives pour une eau potable propre et pour une Suisse libre de pesticides de synthèse) et d’une initiative en faveur de la protection des animaux (initiative contre l’élevage intensif). Après quoi, les aspects écologiques de la PA 22 auraient pu être balayés. Cette tactique n’a pas fonctionné. Entre-temps, les débats ont repris. 

Infographie: lobby agricole
Getreidefeld
Un attentisme aux conséquences fatales pour la biodiversité
Les engrais et les pesticides, les machines lourdes et les nouvelles voies d’acheminement ainsi que notre importante consommation de viande, de lait, d’œufs, etc. entraînent de graves problèmes environnementaux. Un système alimentaire respectueux de l’environnement est essentiel pour faire face à la crise climatique et à la crise de la biodiversité.

Un attentisme aux conséquences fatales pour la biodiversité

Il y a près de 30 ans, l’Office fédéral de l’environnement publiait la première «Liste rouge des espèces animales menacées en Suisse» et avertissait sur un ton inhabituel: «Il est franchement alarmant de constater que, pour 10 des 17 groupes faunistiques traités, 50% de leurs populations sont menacées!» L’avertissement n’a eu que peu d’effet – et la crise s’est aggravée. 

C’est seulement en 2008 que le Parlement a donné le mandat à la Confédération d’élaborer une Stratégie Biodiversité Suisse (SBS) et il a fallu à nouveau presque dix ans et deux législatures (2011–2015 et 2015–2019) pour qu’un plan d’action SBS – insuffisant et non contraignant – soit adopté en septembre 2017. 

Initiative biodiversité: soutien au contre-projet

Avec l’Initiative biodiversité, les choses bougent enfin vers la fin de la législature. Le Conseil fédéral présente au Parlement un contre-projet indirect au printemps 2022. Celui-ci prévoit d’inscrire dans la loi (LPN) que «17% du territoire national est réservé à des fins de protection de la biodiversité». Avec les surfaces de mise en réseau, ces surfaces protégées doivent constituer la base de l’infrastructure écologique. 

L’objectif des 17% est supprimé par le Conseil national lors de la session d’automne 2022. Une majorité du Conseil adopte néanmoins les bases du projet du Conseil fédéral, avec quelques adaptations. Au lieu de l’objectif de surface, le Conseil national mise sur une amélioration de la qualité dans les zones définies. Pour ce faire, il met en discussion le nouvel instrument des «sites de biodiversité». Le Conseil des États décidera lors de la session d’été 2023 s’il entre en matière sur le contre-projet à l’Initiative biodiversité. 

Initiative biodiversité
Réguler davantage les loups

Après le rejet par le peuple de la révision de la loi sur la chasse en septembre 2020, la Commission de l’environnement du Conseil des États a lancé une nouvelle tentative en octobre 2022. Son initiative parlementaire demande que la population de loups soit désormais «régulée de manière anticipée», sans rapport avec les dommages causés aux animaux de rente. Là où des dommages dûs à une forte densité de loups sont attendus, l’élimination de meutes de loups ou d’animaux isolés peut être autorisée. La proposition répond tout de même à une critique fondamentale formulée à l’encontre du projet de loi rejeté: la compétence d’autoriser les tirs n’est pas déléguée aux cantons, mais reste en main de la Confédération. Malgré tout, cette révision constitue une «occasion manquée» selon le PS et Les Verts. Les aspects positifs du loup (forêts de protection préservées, promotion de la biodiversité, etc.) sont complètement passés sous silence et l’agriculture est dégagée de sa responsabilité dans la protection des troupeaux. 

Infographie: les loups
Wald
Qu’en est-il de la biodiversité en Suisse?
Les milieux naturels disparaissent, des espèces animales et végétales s’éteignent. La crise de la biodiversité nous concerne directement, nous les êtres humains. Comment tout cela est-il lié?
Key Visual Vision Trois Lacs 2050
24.08.2023 Crise de la biodiversité

Situation «win-win» pour la nature et l’agriculture

Au Pays des Trois Lacs, les problèmes environnementaux sont légion. Avec leur «Vision Trois-Lacs 2050» cinq organisations environnementales nationales donnent des impulsions pour un développement orienté vers l’avenir. Elles font appel à l’esprit d’invention de la région et souhaitent une cohabitation entre agriculture et nature.


Des champs affaissés, de l’eau potable polluée, des cours d’eau canalisés, une biodiversité en recul et un paysage cultivé monotone: la liste des problèmes dans le Pays des Trois Lacs, entre la plaine de l’Orbe et la Grenchner Witi, est longue. Nombre de ces atteintes à l’environnement sont dues à l’assèchement à grande échelle des zones humides suite aux deux corrections des eaux du Jura. C’est grâce à elles que l’exploitation agricole intensive actuelle est possible. Mais les inondations plus fréquentes et les périodes de sécheresse plus nombreuses, conséquences du changement climatique, causent de plus en plus de problèmes aux exploitations agricoles.

Sortir de l’impasse

L’exploitation actuelle du Pays des Trois Lacs et les plans pour l’avenir, qui prévoient notamment une infrastructure d’irrigation artificielle couvrant l’ensemble du territoire, conduisent à une impasse. Par exemple, en de nombreux endroits, les nappes phréatiques ne peuvent plus être utilisées pour l’approvisionnement en eau potable en raison de la charge élevée en nutriments et en pesticides. L’agriculture intensive a également entraîné une diminution de moitié de la surface totale des sols tourbeux dans la région des Trois lacs au cours des cinquante dernières années. Il n’est pas possible de pratiquer une agriculture durable sur ce type de sol avec des méthodes conventionnelles, car celles-ci accélèrent la disparition de la tourbe. L’affaissement moyen du sol d’un centimètre libère chaque année dans la région environ 125 000 tonnes de dioxyde de carbone (CO2). Pour atténuer le réchauffement climatique, ce gaz à effet de serre doit à l’avenir rester dans les sols tourbeux. Ce n’est qu’ainsi que le Pays des Trois Lacs pourra à nouveau jouer son rôle important de puits naturel de CO2.

Dans la «Vision Trois-Lacs 2050» présentée le 24 août 2023 à Berne, les cinq organisations environnementales nationales BirdLife Suisse, Pro Natura, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, la Fédération Suisse de Pêche et le WWF Suisse montrent qu’il est possible de faire autrement. «Si nous continuons à agir comme nous l’avons fait jusqu’à présent, des ressources essentielles à la survie de la région, telles que des sols fertiles et de l’eau potable propre, seront irrémédiablement perdues et devront être remplacées par des solutions techniques coûteuses», a expliqué lors de la conférence de presse du jour Ursula Schneider Schüttel, présidente de Pro Natura, qui vit elle-même dans le Seeland. «Nous sommes convaincus que la région se prêterait bien à une production alimentaire plus respectueuse de la nature et de l’environnement.»

Davantage de zones humides dans le paysage agricole uniformisé

La vision est basée sur les connaissances scientifiques les plus récentes. Elle prévoit notamment d’utiliser les sols marécageux et les surfaces dégradées pour revitaliser les bas-marais et autres zones humides, ainsi que de renaturer les cours d’eau et leurs zones alluviales. Cela permettrait d’améliorer considérablement la capacité de rétention d’eau ainsi que la qualité de l’eau dans la région. Des techniques de culture et des cultures adaptées, qui supportent des températures plus élevées et des précipitations plus faibles, sont également essentielles pour un développement durable. Il s’agit notamment de variétés résistantes à la sécheresse et de méthodes sans labour, comme le semis direct. Elles améliorent la fertilité des sols et favorisent la biodiversité des zones humides. Cela profite à la fois à la nature et aux exploitations agricoles.

Selon la vision, les tendances sociétales atténueront la demande en production des exploitations agricoles et réduiront leurs besoins en surfaces cultivables. Ainsi, la Confédération veut réduire de moitié d’ici 2030 les pertes de denrées alimentaires, qui sont actuellement de plus de 30%. Si moins d’aliments finissent à la poubelle, il reste plus de place pour la nature. Il en va de même si à l’avenir il faut moins de surface pour la production de fourrage pour les animaux de rente. En effet, leur besoin en terres est aujourd’hui bien plus important que celui de la culture des légumes. Le fait que de plus en plus de personnes renoncent à la viande favorise la culture de légumineuses, de pommes de terre et de céréales. Sur une même surface, celles-ci fournissent environ cinq fois plus de calories que les aliments d’origine animale.

Terrain pionnier pour une agriculture respectueuse de l’environnement

La vision développe des stratégies qui concilient la production agricole avec des eaux de surface intactes, une eau potable de qualité, la protection du climat, une plus grande biodiversité et des intérêts touristiques. Il est prévu de continuer à développer les solutions envisagées en collaboration avec d’autres acteurs et parties prenantes de la région. «Nous voyons dans le Pays des Trois-Lacs un terrain pionnier pour une utilisation du paysage tournée vers l’avenir en Suisse», explique la présidente de Pro Natura Ursula Schneider Schüttel. «Avec Expo 02, la région a prouvé qu’elle pouvait accomplir de grandes choses si tous poursuivent le même objectif. Continuons dans cette voie et créons des situations win-win qui profitent à la fois à la nature, à la population et à l’agriculture.»

Informations complémentaires:

Images, fiches d’information et autres documents à télécharger ici.

Contacts: 

  • Pro Natura: Ursula Schneider Schüttel, présidente, @email, tél. 078 603 87 25 (thème vision globale)
    Sarah Pearson Perret, directrice romande de Pro Natura, tél. 024 423 35 66, @email (thème agriculture)
  • BirdLife Suisse: François Turrian, Directeur adjoint, Responsable du siège de la Suisse romande, tél. 026 677 03 80, @email (thèmes paysage et vision globale)
  • Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage: Roman Hapka, directeur suppléant, tél. 079 691 76 64, @email (thèmes paysage et vision globale)

Ulteriori informazioni

Info

Communiqué commun de WWF Suisse, BirdLife Suisse, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, la Fédération Suisse de Pêche et Pro Natura

Photo © Isabelle Bühler

Les jachères florales sont une mesure très efficace de promotion de la biodiversité.
06.03.2024 Crise de la biodiversité

Le Conseil national prend enfin conscience de la crise de la biodiversité dans l'agriculture

Pour la deuxième fois en l’espace d’une semaine, le Conseil national avait aujourd’hui à se prononcer sur un taux minimal de surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) dans les champs cultivés. Après avoir accepté la motion Grin visant à supprimer les 3,5% de SPB sur terres assolées mercredi dernier, le Conseil national s’est ressaisi et a cette fois rejeté sans discussion l’initiative du canton de Genève qui poursuivait le même objectif.

Les insectes pollinisateurs et les organismes du sol sont indispensables à la production de denrées alimentaires indigènes saines. Ils aident à lutter contre les ravageurs, ce qui permet d’utiliser moins de pesticides, provoquant moins de polluants dans notre eau potable. Tous les travaux scientifiques confirment que la biodiversité est dans un état alarmant sur le Plateau suisse. Sa sauvegarde nécessiterait au moins 5% de SPB de haute valeur écologique sur terres assolées (voir l’étude en lien).

Le Conseil national s’en est apparemment souvenu aujourd’hui et il a rejeté sans discussion l’initiative du canton de Genève qui demandait la suppression des 3,5% de SPB sur les terres assolées. Il a ainsi corrigé l’erreur commise la semaine dernière avec l’acceptation de la motion Grin à une très courte majorité. On croirait presque à un sketch… qui se joue malheureusement sur le dos des agriculteurs et de la nature. En décembre dernier, le National avait déjà demandé au Conseil fédéral d’ouvrir une consultation (toujours en cours) sur des variantes moins strictes pour la mise en œuvre de l’exigence des 3,5% (Train d’ordonnances 2024 / PA22+). Le Conseil des États va en parallèle devoir examiner la motion Grin, qui veut exactement le contraire de ce que le Conseil national a décidé aujourd’hui. Face à ces tergiversations, on peut comprendre la lassitude des paysans, qui font de moins en moins confiance aux politiques. Les 3,5% de SPB dans les terres assolées sont une étape nécessaire pour préserver nos ressources vitales.

Informations complémentaires:

Contact:

  • Marcel Liner, responsable Politique agricole, Tel. 079 730 76 64, @email
Ackerrandstreifen
11.06.2024 Crise de la biodiversité

Le Parlement torpille la principale mesure pour réduire les pertes d’engrais et les pesticides dans l’agriculture. Et maintenant?

Aujourd’hui, le Conseil des États a suivi le Conseil national et a enterré la mesure des 3,5% de surface de promotion de la biodiversité (SPB) sur les terres arables. La Suisse se prive ainsi de la mesure la plus importante pour lutter contre les pertes d’éléments nutritifs et l’utilisation des pesticides dans l’agriculture. Comme la politique ignore la disparition des espèces, un OUI du peuple à l’initiative pour la biodiversité est nécessaire afin de corriger le tir. 
  • Le Parlement ne tient pas sa promesse faite au peuple en amont de la votation sur l’initiative pour l’eau potable et contre les pesticides. Cette violation du principe de la bonne foi affaiblit la confiance dans la politique.  
  • Compte tenu de l’état dramatique de la biodiversité, nous n’avons plus le temps de tergiverser et de débattre davantage. Si le Parlement veut atteindre l’objectif de réduction des pesticides et des pertes de nutriments autrement qu’avec les 3,5% de SPB, d’autres solutions doivent sans plus attendre être trouvées afin que des mesures efficaces puissent être mises en œuvre. 
  • La biodiversité forme la base de la production agricole. Elle est pourtant gravement menacée sur les terres cultivées. Selon des études scientifiques, une part d’au moins 5% de SPB serait nécessaire pour la préserver. Actuellement, elle n’est toutefois que de 1%. 
  • La décision prise aujourd’hui est diamétralement opposée au fait que, par le passé, le Parlement a confirmé à plusieurs reprises cette mesure. Elle va aussi à l’encontre de la volonté de s’engager en faveur de la biodiversité qu’avait annoncé le monde agricole. L’initiative biodiversité n’en est que plus nécessaire: l’agriculture ne doit pas sauver la biodiversité à elle seule, mais elle doit certainement contribuer à son sauvetage. 

Citations:  

Eva Goldmann, experte en agriculture au WWF Suisse: 
«La décision montre que le Parlement n’est pour le moment pas prêt à soutenir les agricultrices et agriculteurs suisses innovants dans la mise en œuvre de méthodes de production respectueuses de l’environnement.» 

Marcel Liner, responsable de l’agriculture, Pro Natura:   
«Il n’y a pas que les lièvres, les abeilles sauvages et les coccinelles qui, en Suisse, dépendent d’habitats disponibles sur les terres cultivées. De nombreuses autres espèces animales et végétales sont aussi dans ce cas. La sécurité alimentaire profite d’une amélioration de la situation grâce au travail de pollinisation des insectes et à une meilleure fertilité des sols.» 

Jonas Schälle, chef de projet Agriculture, BirdLife Suisse:  
«En supprimant cette mesure, le Parlement ignore qu’il est urgent d’agir dans le domaine de la biodiversité sur les terres cultivées. Il s’agit désormais de stopper, par tous les moyens, la disparition des insectes, qui se poursuit, et d’œuvrer ensemble en faveur de la nature et d’une agriculture porteuse d’avenir.» 

Barbara Wegmann, experte en consommation, Greenpeace Suisse:  
«La biodiversité n’est pas «nice to have». La prestation de pollinisation des insectes, la lutte contre les nuisibles par les organismes utiles, ainsi que la diversité des organismes vivant dans les sols, gage du maintien de leur fertilité, sont décisifs pour garantir les rendements et donc, la sécurité de l’approvisionnement.» 

L’agriculture suisse doit réduire les pertes d’éléments nutritifs et les risques de l’utilisation des pesticides d’ici 2027. Dans le cas des pesticides, la réduction doit être de 50%. Il s’agit d’une exigence légale. La mesure la plus importante pour atteindre ce but prévoyait qu’à l’avenir, les agricultrices et agriculteurs consacrent 3,5% (au lieu de seulement 1% jusqu’à présent) aux SPB sur leurs terres cultivées. 

Au cours de la dernière législature, cette mesure a déjà été confirmée à plusieurs reprises. Le nouveau Parlement a maintenant plié sous la pression et enterré les 3,5% de SPB. Le compromis en faveur de la réduction des risques liés à l’utilisation des pesticides et aux pertes d’éléments nutritifs, qui jouissait d’un large soutien, est ainsi définitivement rayé de la carte. Les jalons de sa mise en œuvre étaient pourtant déjà posés. 

Les agricultrices et agriculteurs progressistes paient les pots cassés 

Encore en décembre, la mesure avait été ajournée d’une année supplémentaire à la suite de l’adoption de la mo. Friedli. L’administration avait alors été chargée d’étudier la possibilité de la concevoir de manière pragmatique. En novembre dernier, l’Union suisse des paysans indiquait elle aussi vouloir simplement «optimiser les mesures d’application». Depuis le début de l’année, toute une palette de représentants des milieux agricoles (dont IP Suisse et Bio Suisse), d’organisations de protection de la nature et de l’environnement, des cantons et des villes ont été entendus à ce sujet. Personne n’a exprimé de doutes sur la possibilité de mettre en œuvre la mesure ni sur sa nécessité. Les agriculteurs concernés se sont préparés à l’appliquer et ce sont aussi eux qui en auraient finalement profité dans le cadre d’une production agricole durable. La décision du Parlement heurte précisément celles et ceux qui s’engagent pour une agriculture progressiste et porteuse d’avenir. 

Un nombre suffisant d’insectes pollinisateurs et d’organismes utiles assurent les rendements 

Les 3,5% de SPB ne seraient pas seulement une étape importante pour réduire les risques liés à l’utilisation des pesticides et à la perte de nutriments, mais ils contribueraient également à ralentir la disparition des espèces dans nos champs. En Suisse, la biodiversité se porte très mal, particulièrement sur les terres cultivées. La présence d’un plus grand nombre d’espèces animales et végétales soutient directement les exploitations agricoles dans leur travail de production: elle encourage les insectes pollinisateurs et permet de réduire l’utilisation des pesticides en assurant la présence d’organismes utiles. Pour les exploitations, il s’agit d’un cercle vertueux. La conclusion de l’étude la plus récente d’Agroscope est la suivante: «Il est essentiel, tant pour l’agriculture que pour la conservation de la biodiversité, de ménager et d’encourager les communautés d’insectes pollinisateurs en optimisant l’exploitation et en prenant des mesures ciblées, à l’image des surfaces de promotion de la biodiversité.» 

Contacts: 

  • Pro Natura: Nicolas Wüthrich, responsable de l’information, tél. 079 212 52 54, @email      
  • WWF Suisse: Pierrette Rey, porte-parole, tél. 021 966 73 75, @email 
Photo de couverture de la campagne sur la biodiversité
13.06.2024 Crise de la biodiversité

L’Alliance du Non ignore l’urgence de prendre des mesures pour préserver la biodiversité

Ce jeudi, l’Alliance du Non organise une conférence de presse afin de présenter ses arguments contre l’Initiative biodiversité soumise au vote le 22 septembre. En menant une campagne fondée sur la peur, elle tente manifestement de détourner l’attention de l’état déplorable de la biodiversité en Suisse et des solutions pour préserver notre source de vie. Notre responsabilité envers les générations futures exige un débat sérieux. C'est pourquoi l’Initiative biodiversité a lancé un appel pour un débat respectueux et basé sur des faits.

La nature est notre source de vie. Pollinisation, sols fertiles, eau propre, protection contre les dangers naturels, régulation du climat: sans biodiversité, rien n’est possible. Les paysages variés et le patrimoine architectural sont au cœur de notre identité suisse. En Suisse, presque toutes les branches économiques dépendent de la biodiversité pour assurer leur prospérité.

Pourtant, la biodiversité se porte mal en Suisse. Environ la moitié des milieux naturels sont en danger. Plus d’un tiers de nos espèces animales et végétales sont menacées ou déjà éteintes (OFEV). Le Conseil fédéral avertit: «Il est urgent d’agir fermement pour protéger les services apportés par la biodiversité.» Le Conseil fédéral, les cantons et le Conseil national ont tous reconnu cette urgence et se sont engagés en faveur d’un contre-projet indirect visant à préserver la biodiversité, essentielle à notre vie et nos activités. Le Conseil des États a toutefois refusé le compromis, ignorant la menace qui pèse sur notre source de vie et sur les générations futures.

L’Alliance du Non nie également cette menace et noircit les conséquences d’une acceptation de l’initiative avec une campagne fondée sur la peur. Or, les faits sont têtus et permettent une conclusion plus nuancée.

À propos de l’initiative, l’Alliance du Non écrit: «Elle limiterait fortement la production (durable) d’énergie et de denrées alimentaires, restreindrait l’utilisation des forêts et des zones rurales pour le tourisme, et renchérirait la construction.»

  • Dans les faits, un avis de droit indépendant daté du 13 mai 2024 est arrivé à la conclusion que la loi sur l’électricité adoptée le 9 juin 2024 pourra être mise en œuvre même si l’Initiative biodiversité est acceptée.
  • L’Initiative biodiversité charge la Confédération et les cantons de mettre à disposition les surfaces, les instruments et les moyens financiers nécessaires. Une exploitation adaptée est possible dans la plupart des zones protégées existantes.
  • L’agriculture et la sylviculture ainsi que d’autres secteurs fournissent déjà des efforts en faveur de la biodiversité. Mais des surfaces, des moyens financiers et des instruments supplémentaires sont nécessaires tant que la protection et l’exploitation ne seront pas en équilibre. Une grande partie de la Champagne genevoise (GE), le paysage agricole du Klettgau (SH), la centrale hydroélectrique de Hagneck (BE) ou la région touristique du Chäserrugg dans le Toggenburg (SG) sont des exemples de bonnes solutions équilibrées. Ce n’est qu'en promouvant la biodiversité qu’elle pourra nous fournir à moyen et à long terme ses services essentiels à notre survie.

L’Alliance du Non écrit: «Les initiants veulent que 30% de la surface du pays soient réservés à la biodiversité.»

  • Nous tenons à préciser que le texte de l’initiative ne mentionne strictement aucun objectif chiffré en matière de surfaces. En cas d’acceptation de l’initiative, le Parlement et le Conseil fédéral mettront en œuvre le texte constitutionnel, en concertation avec les cantons et les différents secteurs. D’autres faits sont disponibles dans nos FAQ.

L’Alliance du Non laisse penser qu’il existe déjà suffisamment de lois, de plans d’action et d’initiatives pour protéger la biodiversité.

  • Dès 2021, la Commission de gestion du Conseil des États (CdG-E) a conclu que la biodiversité constituait «un enjeu central pour la Confédération, dans la mesure où elle présente des implications non seulement sur le plan écologique, mais également au niveau économique et social».
  • Dans son analyse d’impact, le Conseil fédéral constate précisément: «...l’état de la biodiversité en Suisse reste insatisfaisant. Les objectifs de la Stratégie Biodiversité Suisse (SBS) ne sont pour la plupart pas atteints.»

Au lieu de quoi, lors de la session d’été, 43 millions francs destinés à l’entretien et l’assainissement des zones protégées ont été biffés du plan financier. Le 11 juin 2024, le Parlement a en outre supprimé l’obligation d’affecter 3,5% des terres assolées à des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) dans les zones de grandes cultures. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur les conséquences de l’appauvrissement de la biodiversité. C’est pourquoi il faut dire oui à l’Initiative biodiversité le 22 septembre. Il en va de la vie, notre vie et de celle des générations futures.

Les organisations de soutien à l’Initiative biodiversité tiendront leur conférence de presse le 25 juin 2024 au Centre de presse à Berne, pour le lancement de la campagne de votation.

 Contact:

  • Pro Natura: Sarah Pearson Perret, directrice romande, @email, 079 688 72 24
  • BirdLife Suisse: François Turrian, directeur romand, @email, 079 318 77 75
  • Patrimoine suisse: Peter Egli, Direction communication, @email, 044 254 57 06
  • Fondation suisse pour le paysage: Franziska Grossenbacher, directrice adjointe, @email, 076 304 43 58
  • Initiative biodiversité: Leo Richard, service médias, [email protected], 079 378 37 11

Initiative biodiversité
La Suisse ne fait pas assez pour la sauvegarde de notre nature et donc de notre source de vie. Pour cette raison, une large alliance regroupant des organisations actives dans l’agriculture, la sylviculture, la pêche, les parcs naturels, la recherche et la protection de la nature soutient l’Initiative biodiversité.
Nous publions régulièrement des informations et des contenus destinés à vérifier les faits sur les réseaux sociaux. Vous trouverez en outre un argumentaire et une FAQ sur notre site internet.

Ulteriori informazioni

Info

Communiqué de l’association de soutien à l’Initiative biodiversité

Photo de couverture de la campagne sur la biodiversité
25.06.2024 Crise de la biodiversité

Pour mettre fin à la chute de la biodiversité en Suisse, OUI à l’Initiative biodiversité le 22 septembre!

Le 22 septembre 2024, l’Initiative biodiversité sera soumise au vote. Il est grand temps d’agir: en Suisse, la biodiversité va mal et notre source de vie est en danger. Près de la moitié des milieux naturels et plus d’un tiers de nos espèces animales et végétales sont menacés de disparition ou sont déjà éteints. Il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour garantir l’état de la biodiversité. À l’occasion d’une conférence de presse, une large alliance a appelé à voter OUI à l’Initiative biodiversité.

«La destruction insidieuse de notre nature, ainsi que les pertes en matière de paysages et de patrimoine bâti sont alarmantes», a déclaré Urs Leugger-Eggimann, directeur de Pro Natura, lors de la conférence de presse. «Cela a de graves conséquences sur notre santé, sur l’économie et sur l’avenir de nos enfants et petits-enfants.»

Une large alliance composée de sept organisations de soutien, de plus de 60 organisations partenaires, de 24 comités cantonaux ainsi que 164 groupements locaux s’engage pour le OUI à l’Initiative biodiversité et pour préserver notre source de vie.  

Raffael Ayé, directeur de BirdLife Suisse, souligne: «La biodiversité est fortement menacée, mais il est possible d’inverser cette tendance. L’Initiative biodiversité crée la base nécessaire à cet effet.» 

L’Initiative biodiversité:

  • veut mieux protéger la biodiversité, notre source de vie, dans la Constitution
  • demande les surfaces et les moyens financiers nécessaires à la sauvegarde de la biodiversité
  • met la Confédération et les cantons face à leurs responsabilités, sans fixer de chiffres précis quant aux surfaces et aux moyens nécessaires 
  • préserve la nature, la diversité des paysages et les beaux sites, même en dehors des zones protégées.

Les humains sont tributaires des interactions entre les végétaux et les animaux dans leurs milieux naturels. «Une nature diversifiée garantit l’eau potable, la fertilité des sols et la pollinisation. La plupart de ces fonctions ne peuvent être remplacées, pas même à l’aide d’énormes moyens techniques», rappelle Sarah Pearson Perret, directrice romande de Pro Natura.  

Franziska Grossenbacher, directrice adjointe de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, ajoute: «Des paysages variés, une nature diversifiée et des sites caractéristiques forment l’image de la Suisse. Nous nous y sentons bien, ils favorisent notre bonne santé et sont importants pour le tourisme.» Ce n’est qu’en protégeant la nature et les paysages qu’on leur permettra de nous fournir à moyen et long terme les services indispensables à notre vie. Le tourisme, la production durable d’énergie, la production de denrées alimentaires et la filière bois sont tous tributaires de nos bases vitales intactes.  

«L’insuffisance des mesures actuelles en faveur de la biodiversité nous coûteront bien plus cher que la mise en œuvre de l’Initiative biodiversité», constate Matthias Jauslin, membre du Conseil de fondation de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage et conseiller national, lors de la conférence de presse.  

Notre responsabilité envers les générations futures exige un débat sérieux. C’est pourquoi l’Initiative biodiversité lance un appel en faveur d’un débat respectueux et basé sur les faits.  

Exposés:

Contacts:

  • Sarah Pearson Perret, directrice romande de Pro Natura, @email, 079 688 72 24
  • François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse, [email protected], 079 318 77 75
  • Franziska Grossenbacher, directrice adjointe de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, [email protected], 076 304 43 58
  • Matthias Jauslin, membre du Conseil de la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage et conseiller national, 079 402 29 81, [email protected]
Pro Natura Schutzgebiet Brunnenkresse im Kanton Bern
18.12.2023 Crise de la biodiversité

Un an après l'accord de Kunming-Montréal sur la biodiversité, la Suisse doit définir plus de surfaces pour protéger la nature

Il y a un an, la Convention sur la biodiversité de l'ONU a adopté des objectifs globaux pour lutter contre l'extinction aiguë des espèces et la destruction continue de nos bases naturelles de vie. Il s'agit notamment de protéger 30% des surfaces planétaires d'ici 2030. La Suisse tente d'atteindre cet objectif avec des chiffres enjolivés au lieu de mener une protection efficace. Pro Natura critique cette légèreté et montre dans sa propre analyse de la situation l'ampleur réelle des actions nécessaires.

Afin de sauver nos bases naturelles de vie fortement menacées, 23 objectifs ont été adoptés le 19 décembre 2022 lors de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité à Montréal. Il s'agit notamment de stopper la disparition des espèces, de réduire l'utilisation d'engrais et de pesticides et d'adapter les activités économiques aux besoins de la nature. L’un des objectifs les plus significatifs est de protéger 30% des surfaces terrestres et maritimes d’ici à la fin de la décennie. Il faut maintenant réellement s’atteler à la concrétisation et à la mise en œuvre de cet objectif dit «30by30». Bien que la Suisse ait fait partie de la coalition à l’origine de cet engagement, elle n’a jusqu’à présent rien fait pour remplir ses obligations sur son propre sol. Cela doit impérativement changer.   

Des chiffres trompeurs au lieu d’une protection efficace

En matière de protection de la biodiversité, il y a un énorme écart entre les exigences et la réalité du terrain. En 2021, le rapport de l’Agence européenne pour l’environnement a montré que la Suisse était l’un des pays d’Europe présentant la plus faible proportion d’aires protégées par rapport à sa superficie. Ces aires sont indispensables à la sauvegarde des espèces et des habitats menacés, mais aussi au maintien des services écosystémiques essentiels à notre survie comme la fertilité des sols, le stockage de l’eau et du CO2 ou la pollinisation.

Au lieu de fixer des surfaces suffisamment vastes à la protection de la nature, le Conseil fédéral et l’Office fédéral de l’environnement préfèrent jouer sur les chiffres pour nous faire croire que l’objectif «30by30» est en vue. Dans le rapport qu’ils ont publié cette année, ils prennent en compte des surfaces qui ne bénéficient que d’une protection minimale ou temporaire pour déterminer le pourcentage global. C’est trompeur, car laisse supposer que la nature se porte bien en Suisse, alors que la moitié des habitats indigènes et un tiers des espèces animales et végétales y sont menacés. 

Les surfaces suffisamment protégées n’occupent que 8% du territoire suisse

Pro Natura demande à la Confédération d’identifier de façon rigoureuse les surfaces dévolues à la biodiversité en appliquant des critères vérifiables faisant autorité au niveau international. Cela n’a pas été le cas jusqu’ici. Pro Natura a effectué une analyse détaillée qui montre que 8% seulement des aires protégées indiquées dans le rapport fournissent la protection requise, et non 23% comme la Confédération l’annonce.

Pour atteindre l’objectif «30by30», la Suisse doit accroître la protection de certaines aires déjà délimitées, tant sur le plan juridique que dans les faits. Elle doit en outre leur adjoindre d’autres surfaces assez vastes pour protéger toutes les espèces et habitats rares. Tant que ces conditions ne sont pas remplies, il est incorrect de prétendre que la Suisse n’a pas besoin de davantage d’aires protégées et que la législation et la planification en vigueur sont satisfaisantes. Il est urgent d’en faire plus pour protéger la biodiversité, y compris voter oui à l'Initiative biodiversité l'année prochaine.  

Informations complémentaires:

Contact: 

Friedrich Wulf, chef de projet Politique internationale de la biodiversité, tél. 079 216 02 06, @email

Ulteriori informazioni

Info

La réserve naturelle de Brunnenkresse dans le canton de Berne © Matthias Sorg

Blumen am Rand eines Ackers
04.12.2023 Crise de la biodiversité

Les fleurs des champs seront coupées

Au dernier moment, le Conseil national reporte une nouvelle fois l’introduction d’une part de 3,5% de surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) sur les terres assolées. Le lobby agricole pourrait y voir un prétexte pour supprimer cette mesure au Parlement. Les organisations de protection de l’environnement attendent que les promesses du Conseil fédéral et du Parlement soient tenues.
  • L’affectation de 3,5% des terres assolées à des SPB est une promesse faite à la population par le Conseil fédéral et le Parlement en vue de réduire l’utilisation de pesticides dans l’agriculture. 
  • L’augmentation du nombre d’organismes utiles et d’insectes pollinisateurs n’est pas seulement positive pour la nature, mais soutient aussi la production agricole et atténue les dégâts aux cultures. 

Les 3,5% de SPB offrent un habitat aux plantes et aux animaux dans les champs. Ces surfaces favorisent les insectes utiles et aident ainsi également la production alimentaire et la sécurité de l'approvisionnement. À l’origine, cette affectation était déjà prévue pour le mois de janvier 2023; elle a toutefois été reportée d’une année en raison de la guerre en Ukraine. Elle fait partie des paquets de mesure de la Confédération, proposés à titre de contre-proposition inofficielle du Parlement aux initiatives sur les pesticides, sur lesquelles le peuple s’était prononcé en 2021. Cela signifie que depuis plus de deux ans et demi, le secteur sait que les SPB seront mises en œuvre. Pourquoi attendre alors encore une année de plus? Cet ajournement un mois avant l’entrée en vigueur prévue est une gifle pour toutes les exploitations agricoles qui se sont préparées en toute bonne foi à cette modification au début de l’année 2024. Les cantons ont également adapté leurs systèmes.

«Mieux vaut bien faire que se précipiter», argumente l’Union suisse des paysans (USP), qui plaide pour un nouveau report de la mesure.

Les organisations de protection de l’environnement attendent de l’USP qu’elle tienne parole et qu’elle ne s’oppose pas plus longtemps à cette mesure. En effet, par le passé, le lobby agricole a déjà tenté à quatre reprises de la supprimer. Le Parlement s'est déjà prononcé quatre fois en sa faveur. 

Les 3,5% de SPB sont absolument nécessaires

En Suisse, la biodiversité se porte très mal, particulièrement sur les terres arables. Or, un plus grand nombre d’espèces animales et végétales sont une aide directe à la production agricole. La promotion des insectes pollinisateurs et la présence des organismes utiles permettent de réduire l’utilisation de pesticides, ce qui est judicieux pour les exploitations agricoles et profite aussi à notre santé. Les biotopes riches en structures et en espèces réduisent par ailleurs le risque d’érosion et stockent davantage d’eau. Ces milieux naturels sont en outre moins sensibles aux évènements météorologiques extrêmes comme les pluies abondantes ou la sécheresse, dont la fréquence augmente en raison du réchauffement de la planète, provoqué par l’activité humaine. Enfin, diverses espèces d’oiseaux nicheur menacés et les lièvres y trouvent un cadre de vie optimal.

Contact:

  • Pro Natura: Marcel Liner, responsable de projet Politique agricole, tél. 079 730 76 64, @email
  • WWF Suisse: Pierrette Rey, porte-parole, tél. 021 966 73 75, @email

Ulteriori informazioni

Info

Communiqué commun de WWF Suisse, BirdLife Suisse et Pro Natura

Photo © Matthias Sorg

Lebensraum Wiese
laufende Projekte

Aktuell fördern wir mit über 250 Projekten die Natur und die Artenvielfalt in allen Regionen der Schweiz. Dies ist nur dank Spenden und Mitgliederbeiträgen möglich. Herzlichen Dank für Ihre Unterstützung.

Jetzt spenden