Progetti
Bras des Quiess à Saxon
Vue depuis le centre de la réserve
Fenêtre sur le passé
Il n'est pas éloigné le temps où les vastes marais décrits par les naturalistes couvraient la plaine du Rhône entre Riddes et Martigny et pourtant, ces espaces naturels, presque inviolés au début du siècle, ne subsistent plus que sur quelques photographies jaunies...Avec eux ont disparu du Valais de nombreuses plantes aquatiques et probablement de nombreuses espèces animales qui n'ont même pas été inventoriées!
Deux marais entre Sion et Martigny
Aujourd'hui, des huit marais qui existent encore dans la plaine valaisanne, il n'y en a plus que deux sur les trente kilomètres qui séparent Sion de Martigny : les marais d'Ardon et de Chamoson et l'ancien bras du Rhône, au lieu-dit les Quiess à Saxon .L'exploitation des graviers de la plaine et la construction de l'autoroute ont bien entraîné l'aménagement de plans d'eau artificiels, mais leur intérêt reste limité en raison de l'intense utilisation touristique dans un cas, de la faible taille, de la mauvaise situation ou de la structure, dans l'autre.
Renaturation en 2005
Financé par la commune, le canton, la confédération et pour moitié par Pro Natura (CHF 110'000), la renaturation du Vieux Rhône de Saxon a débuté en décembre 2005. Les travaux débutèrent par le curage l’étang bordant le camping, puis l’élargissement et la mise en lumière par la suppression des arbres sur la rive Sud de l’ancien bras du Rhône. Un nouvel étang fût creusé dans une roselière atterrie afin d’offre un refuge aux oiseaux d’eau. Enfin, une prairie humide fût aménagée sur les parcelles adjacentes, propriétés de Pro Natura. La signature d’une convention avec la commune et l’inscription d’une servitude en faveur de Pro Natura favorisent la protection du site, sur le long terme.
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Pro Natura VS-
Orthoptère vulnérable
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- le conocéphale bigarré (conocephalus fuscus)
L’œdipode turquoise est l’Animal de l’année 2023
Pour survivre, il a besoin d’un bon équilibre entre soleil et ombre. La plupart du temps, il se camoufle avec maestria et, posé au sol, il est à peine visible. Mais quand il s’envole, l’œdipode turquoise déploie ses spectaculaires ailes bleues bordées de noir. Alors que le changement climatique représente une chance pour lui, la crise de la biodiversité fait peser une menace sur sa répartition en Suisse.
Une présence révélatrice
«L’Animal de l’année 2023 est plein de contrastes», confirme Leo Richard, responsable de l’Animal de l’année au Secrétariat romand de Pro Natura. L’œdipode turquoise préfère les terrains arides. Il colonise les prairies sèches discontinues, les bancs de gravier à la végétation clairsemée dans les zones alluviales et même certaines friches ferroviaires et industrielles qui retournent progressivement à l’état sauvage. En Suisse, on trouve surtout ce type d’habitats en Valais et au Tessin – plus rarement dans le nord du pays – et parfois en pleine ville. «Parmi les insectes, l’œdipode turquoise peut être considéré comme une espèce bioindicatrice. Sa présence est un bon signe pour la biodiversité et dans la grande majorité des cas, d’autres espèces peu fréquentes et exigeantes en termes d’habitat sont également présentes», précise Leo Richard.
Paradis naturels éphémères
Cependant, la destruction des paysages fluviaux naturels ainsi que l’intensification de l’agriculture et de l’anthropisation des terres au cours des cent dernières années ont entraîné une crise aiguë de la biodiversité et le déclin de nombreuses espèces d’insectes. Dans toute la Suisse, 60% des insectes et, parmi eux, 40% des orthoptères sont aujourd’hui menacés. «L’œdipode turquoise est potentiellement menacé en Suisse. Mais le changement climatique pourrait changer la donne», indique Leo Richard. L’élévation des températures favorise l’émergence de son habitat, mais il s’agit souvent de paradis éphémères. Sans dynamique naturelle ou sans entretien ciblé, ces habitats riches en espèces disparaissent à nouveau.
L’épine dorsale de la biodiversité
«Les insectes constituent l’épine dorsale de nombreux cycles naturels», souligne Leo Richard. «Ils fournissent la nourriture de nombreuses autres espèces, pollinisent les plantes, décomposent le matériel végétal et rendent encore bien d’autres services, souvent peu visibles. Leur déclin global et l’augmentation ponctuelle de certaines populations devraient nous alerter de la même manière. Ils montrent que la crise climatique et la crise de la biodiversité déséquilibrent les bases naturelles de notre existence.»
Pour que les insectes comme l’œdipode turquoise puissent assumer leur fonction dans l’écosystème, la crise climatique et la crise de la biodiversité doivent être résolues conjointement. C’est pourquoi Pro Natura s’engage pour la promotion de la biodiversité par le biais de projets concrets de protection de la nature et, sur la scène politique, pour un tournant énergétique respectueux de la nature.
Contact:
- Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email
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Photo: © Blickwinkel / F. Perseke
«Le compte de nos espaces sauvages est un constat d’échec»
«La Suisse doit mieux protéger les grands sites naturels proches de leur état originel qui subsistent sur son territoire». Jan Gürke résume ainsi le constat impératif formulé par septante d’expert·es réuni·es aujourd’hui à Bienne pour discuter de l’avenir des espaces sauvages du pays. Le responsable de la campagne de Pro Natura sur les espaces sauvages tire la sonnette d’alarme, alors que divers projets d’aménagement dédiés au tourisme et à la production d’énergie mettent en danger nos derniers paysages intacts. «Que le Parc National soit la seule et unique grande réserve de nature sauvage des Alpes suisses est un aveu d’échec. Pour prévenir l’effondrement de la biodiversité, il faut absolument que d’autres régions bénéficient d’une protection étendue et pérenne». Un avis que les spécialistes participant au congrès ne sont pas seul·es à défendre, puisque plus d’un millier de leurs collègues l’ont exprimé l’an dernier lors d’une enquête portant sur les espaces sauvages.
Un réseau d’espaces naturels proches de l’état originel
À côté des grandes aires protégées, il est important de maintenir aussi des «petits coins de nature sauvage» laissés libres au cœur des zones habitées, souligne André Stapfer, membre du Groupe spécialisé Infrastructure écologique. «Ils constituent des biotopes-relais permettant le déploiement d’un réseau d’espaces sauvages sur l’ensemble du pays». À l’heure où les forêts sont souvent réduites à leur fonction productrice et protectrice, nous devons aussi reconnaître leur valeur écologique en tant qu’habitat pour les espèces menacées, plaide Thibault Lachat, professeur à la Haute École des sciences agronomiques, forestières et alimentaires. «Notre Animal de l’année, le lérot, ne peut survivre sans les forêts et les espaces sauvages», rappelle Sara Wehrli de Pro Natura, qui présente une nouvelle carte de répartition de l’espèce, établie grâce au projet de science citoyenne en cours.
«Petits ou grands, les espaces sauvages contribuent à notre santé», ajoute Nicole Bauer, de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage. Sophie Chanel, directrice du Parc Naturel du Jorat, montre que son parc récemment récompensé concilie protection de la nature sauvage et nécessité de disposer d’une zone de détente aux portes de Lausanne. Dans les Alpes suisses également, les besoins de la population jouent un rôle déterminant pour la protection des espaces sauvages, comme le relate Sebastian Moos de Mountain Wilderness Suisse. À l’exemple du projet «Wildnis-Dialog Kandersteg», il expose comment sensibiliser à la valeur des espaces sauvages dans les régions de montagne et encourager à en prendre soin. Au terme d’un congrès de haute tenue, Pro Natura espère enfin une prise de conscience de cette valeur en politique et en pratique.
Contact:
- Jan Gürke, responsable de la campagne «Espaces sauvages – plus de place pour la nature!», 079 720 99 08, @email
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Photo © Benoît Renevey
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Congrès Espaces sauvagesLa Suisse doit rattraper son retard de toute urgence
La diversité biologique de la Suisse est en crise. Des espèces animales et végétales sont au bord de l’extinction. Le monde des insectes subit un déclin massif. Il ne reste plus que des reliquats d’habitats typiques comme les marais, les zones alluviales ou les prairies sèches. Pour enrayer la perte de biodiversité, il faut revenir à une utilisation durable du territoire et, parallèlement, dédier des surfaces à la nature sous forme d’aires protégées.
Ce constat n’est pas nouveau. La Suisse a par exemple cessé de surexploiter ses forêts il y a cent cinquante ans. Depuis lors, l’exploitation de nos forêts ne se fait plus par coupes rases mais selon les principes d’une gestion forestière durable et proche de la nature. Mais comme certains processus naturels et certains stades de développement font défaut même dans une forêt proche de la nature, nous avons aussi besoin de réserves forestières en complément, c’est-à-dire de zones protégées où la dynamique naturelle, par exemple, peut avoir lieu.
Des îlots de nature ne suffisent pas
Alors que nos forêts se remettent de la surexploitation du 19e siècle, nous répétons les erreurs du passé dans les zones cultivées. De petits îlots de nature parsèment un paysage exploité de manière de plus en plus intensive, envahi par les constructions et les infrastructures. Sous leur forme actuelle, ils ne peuvent mettre fin au déclin de la biodiversité.
Il est illusoire de vouloir conserver des espèces animales et végétales sur une petite surface. Elles ont besoin d’espace pour constituer un ensemble qui fonctionne. Les scientifiques du monde entier estiment qu’il faudrait protéger 30% des surfaces terrestres et aquatiques pour enrayer le déclin de la biodiversité. La Suisse en est encore loin.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
Les aires protégées doivent mieux l’être
Mais ce n’est pas uniquement une question de surface: les aires protégées doivent également être surveillées et développées. Une condition qui n’est même pas garantie pour les biotopes d’importance nationale. Même les cantons considèrent que leurs propres sites ne sont pas assez protégés, faute de personnel et de moyens financiers suffisants. Des nutriments provenant de surfaces agricoles exploitées de manière intensive continuent par exemple de porter atteinte aux valeurs naturelles de certaines aires protégées. Des dérogations attribuées trop largement sapent le bénéfice de la mise sous protection. Et les rares projets de revitalisation et d’agrandissement d’aires protégées ou la planification de nouvelles aires se heurtent à l’incompréhension et à la résistance de la population et des femmes et hommes politiques.
Rappelons que la Suisse n’a pas réussi à se doter d’un nouveau parc national depuis plus de cent ans. Dans sa nouvelle prise de position sur le sujet, Pro Natura réfléchit à la manière de créer un réseau d’aires protégées performant
Un défi pour la Confédération et les cantons
Pro Natura s’efforce elle-même de donner le bon exemple: nous protégeons plus de 700 réserves naturelles dans toute la Suisse et apportons ainsi une contribution majeure à la conservation de la biodiversité en Suisse. Lorsque je visite nos réserves naturelles, je suis heureux de constater telle ou telle évolution positive rendue possible grâce aux efforts conjugués de nos bénévoles dévoués, de nos collaboratrices et collaborateurs et de vous, membres de Pro Natura.
Mais cet engagement de tous les instants n’est malheureusement pas suffisant. En effet, la gestion de nombreuses aires protégées fédérales, cantonales et communales laisse à désirer: ces sites sont négligés et cela reflète l’attitude de notre société envers la nature. Chaque parcelle d’une aire protégée sacrifiée au profit d’une route de contournement, d’une installation portuaire, d’une centrale hydroélectrique ou de toute autre installation, chaque décision du gouvernement de réduire le financement des aires protégées est le signe que nous n’avons toujours rien compris à l’immense valeur de la biodiversité.
URS TESTER dirige la division Biotopes et espèces chez Pro Natura.
La Suisse a besoin d’une offensive en faveur de la biodiversité
L’un des objectifs centraux de l’Initiative biodiversité est de garantir davantage de surfaces en faveur de la biodiversité. En effet, la Suisse ne dispose actuellement pas de surfaces suffisantes pour ralentir le déclin de la diversité biologique.
Jusqu’ici, la nature n’a été privilégiée que sur une petite partie du territoire suisse: elle ne bénéficie d’une protection juridique complète que sur 5,9% de la superficie du pays. Cette surface comprend les zones protégées à l’échelon national avec le Parc national suisse et la zone centrale des parcs naturels périurbains (0,4%) ainsi que les biotopes d’importance nationale (2,2%). S’y ajoutent les zones de protection de la nature cantonales, régionales et locales, qui représentent 3,3%, y compris les reserves forestières des cantons.
Les districts francs (3,65% du territoire national) et les réserves d’oiseaux d’eau et migrateurs (0,55%) bénéficient d’une protection moins stricte. Si l’on tient également compte de ces derniers, les aires protégées représentent environ 10% du territoire national.
L’Office fédéral de l’environnement (OFEV) va encore plus loin et mentionne deux autres catégories de surfaces protégées: il s’agit d’une part d’aires protégées d’importance internationale (1%, ce sont les sites Emeraude et Ramsar). Ces sites sont pris en considération mais ne sont pas protégés par la loi suisse. D’autre part, l’OFEV mentionne également les surfaces de promotion de la biodiversité dans l’agriculture correspondant à un niveau de qualité 2 (2,7%). Ces dernières ne peuvent pas réellement être considérées comme des surfaces protégées, car leur protection n’est pas garantie à long terme.
Lanterne rouge européenne
Même en incluant les catégories de surface qui ne répondent pas aux critères de protection dans le calcul global, l’ensemble des aires protégées de Suisse, qui ont pour but de promouvoir la biodiversité, représentent moins de 14% de la surface du pays. Cela fait de la Suisse l’un des pays ayant le plus faible pourcentage de zones protégées en Europe.
L’Initiative biodiversité exige donc que la Suisse garantisse les surfaces nécessaires à la conservation de la biodiversité. Elle ne mentionne pas d’objectif concret en termes de superficie. Et ce, pour deux raisons:
- La Constitution fédérale, qui serait modifiée en conséquence en cas d’adoption de l’initiative, définit des objectifs à long terme et les objectifs généraux de la Confédération. Les lois et les ordonnances sont là pour régler le détail des directives. Un objectif de surface n’aurait donc pas sa place dans la Constitution.
- De plus, il n’existe toujours pas de base scientifique permettant de définir la superficie nécessaire à la sauvegarde de la biodiversité. Pour remédier à cette lacune, l’OFEV a mandaté l’organisation Infospecies qui planche sur la question actuellement.
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L’objectif «30 by 30»
Selon une étude réalisée en 2013 par l’Académie suisse des sciences naturelles, la conservation et la promotion de la biodiversité devraient être prioritaires sur près d’un tiers du territoire. Un bon 30%: c’est précisément ce que les experts réclament sur le plan international également. Dans le cadre des négociations autour de la Convention sur la biodiversité et du nouveau cadre mondial pour la biodiversité pour après 2020, 60 pays de six continents – dont la Suisse – se sont regroupés pour former la «High Ambition Coalition for Nature and People» (HAC). Leur objectif est de protéger 30% des terres et des océans d’ici à 2030 («30 by 30»). La HAC a vu le jour à l’initiative des présidents de la France et du Costa Rica.
Récemment, le Conseil fédéral a officiellement approuvé le mandat de négociation de la délégation suisse à la Conférence sur la biodiversité. La délégation suisse veut plaider en faveur d’objectifs ambitieux, mesurables et concrets, dont le «30 by 30». Selon les déclarations du Conseil fédéral, cela nécessite non seulement la désignation d’aires protégées, mais aussi des mesures supplémentaires: la revitalisation de cours d’eau, la préservation et la promotion de zones précieuses pour la biodiversité, ainsi que la préservation et la création de sites servant à relier les habitats d’animaux sauvages. Exactement ce que demande l’Initiative
biodiversité.
Un contre-projet avec des objectifs insuffisants
Dans ce contexte, il est incompréhensible que le Conseil fédéral, dans son contre-projet à l’Initiative biodiversité, veuille réserver seulement 17% du territoire national à la biodiversité – un objectif que la Suisse s’est déjà engagée à mettre en œuvre d’ici à 2020 dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique. Il s’agirait donc d’ancrer pour les décennies à venir un objectif déjà dépassé, de surcroît jamais atteint, dans notre Loi sur la protection de la nature et du paysage. Est-ce vraiment une politique cohérente en matière de biodiversité?
La consultation sur le contre-projet indirect à l’Initiative biodiversité a pris fin le 9 juillet. L’association de soutien, composée de Pro Natura, BirdLife Suisse, Patrimoine suisse, la Fondation suisse pour la protection du paysage et d’autres organisations, a pris position à ce sujet. Le Conseil fédéral a jusqu’au printemps 2022 pour examiner et analyser les prises de position. Il devra ensuite soumettre au Parlement le contre-projet indirect révisé, avec son message. Les débats parlementaires qui suivront montreront dans quelle direction le contre-projet va évoluer. C’est seulement ensuite qu’on saura si l’Initiative biodiversité peut être retirée ou si une votation populaire est nécessaire.
SIMONA KOBEL est responsable de l’Initiative biodiversité
Même les réserves naturelles ne sont pas à l’abri de l’enneigement artificiel
Si la construction et l’exploitation d’infrastructures d’enneigement artificiel posent problème d’un point de vue écologique, elles sont la plupart du temps légales. Mais pas toujours. Au nombre des projets juridiquement contestables, on trouve surtout ceux qui visent une implantation dans des biotopes d’importance nationale – hauts et bas-marais, prairies et pâturages secs – ou dans des districts francs fédéraux. La loi fédérale commande de conserver intacts les biotopes d’importance nationale. Comme les installations d’enneigement artificiel causent presque toujours des dégradations importantes, elles ne sont pas compatibles avec les objectifs de protection de ces biotopes.
La situation juridique des biotopes d’importance régionale ou locale est différente. Les seuils d’intervention sont ici moins élevés. Si le promoteur du projet peut prouver que des atteintes au biotope sont inévitables et que l’intérêt de l’installation l’emporte sur celui de la protection, l’intervention est autorisée, et les exigences peu sévères. A ce stade, il sera encore possible de contester la forme et l’étendue des mesures de compensation écologique.
Selon les configurations, la question de la conformité d’un projet d’enneigement artificiel avec les dispositions de la protection du paysage (par exemple un lac de rétention dans un paysage d’importance nationale), de la protection de la faune (par exemple dans un district franc fédéral) ou de la protection des eaux (notamment en matière de débit résiduel minimum lors de prélèvements dans un cours d’eau) se pose aussi.
Les exemples de Zuoz et d’Elm
Ces dernières années, Pro Natura a déposé deux recours contre des projets d’enneigement artificiel. Le premier cas concerne le domaine skiable de Zuoz (GR), où l’enneigement artificiel est déjà largement pratiqué. Il était prévu d’implanter une partie de la nouvelle infrastructure sur une prairie sèche d’importance nationale et dans un bas-marais protégé au niveau régional. Pro Natura et le WWF ont pu négocier un accord avec le promoteur et la commune. Ils ont obtenu que l’on renonce à la construction d’installations d’enneigement dans la zone de la prairie sèche d’importance nationale. En outre, le promoteur du projet va installer les conduites et puits en dehors du bas-marais d’importance régionale.
Le second cas a trait au domaine skiable d’Elm (GL) situé dans le district franc fédéral du Kärpf. Le projet visait une extension des installations d’enneigement artificiel, qui comportent actuellement 14 canons et 9 lances à neige. Il était question de porter le nombre à 120 ou 130. Le Tribunal administratif a approuvé le recours et révoqué le permis de construire. Il a invoqué la non-conformité au plan de zone et la nécessité d’un plan d’affectation spécial mettant en balance tous les impacts du projet de construction. Les juges ont en outre retenu que l’extension entraînerait une intensification de l’exploitation qui perturberait durablement la faune dans le district franc, en contradiction avec l’objectif de protection du Kärpf. Le canton de Glaris tente maintenant de procéder à un échange de terrain avec la Confédération et de délimiter une surface de remplacement afin de pouvoir retrancher le domaine skiable d’Elm du district franc fédéral du Kärpf.
ANDREAS KÄLIN est responsable du suivi des dossiers juridiques chez Pro Natura.
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Réserve naturelle de Almagellertal
Caractéristiques spéciales de l'Almagellertal
- bassin de haute vallée sauvage et non urbanisé
- grand éboulement postglaciaire (Moosufer) avec deux canaux d'irrigation traversants, aujourd'hui abandonnés.
- chute d'eau haute et attrayante (Lehnfall)
- la flore et la faune typiques de l'étage subalpin à l'étage supérieur, en particulier la végétation silicatée magnifiquement formée
- présence de quelques espèces végétales spéciales ayant une petite aire de répartition en Suisse
- charmants peuplements de mélèzes et de pins
- site de reproduction élevé de la fauvette babillarde à environ 2400 m d'altitude, dans des pins à faible croissance et paralysés, à la limite des arbres, dans la zone de fissures du Moosufer
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Pro Natura VSRéserve naturelle du marais des Pontins
Situé à 1100 m d’altitude au sud de Saint-Imier, au fond d’un vallon dans le flanc nord de Chasseral, le marais des Pontins regroupe à la fois des surfaces de bas-marais, haut-marais, prairie humide et forêt. À l'ouest de la route cantonale qui traverse le site, environ 26 ha ont été mis sous la protection du canton de Berne dès 1947. L’arrêté de protection et le périmètre des objets inscrits à l’inventaire fédéral des sites marécageux d’une beauté particulière et d’importance nationale ont été révisés en 2004/05. 16 ha à l'est de la route cantonale ont ainsi été inclus dans l'aire protégée des Pontins.
Pro Natura Jura bernois s'intéressait depuis longtemps à l'achat, sans succès, de terrains sur la partie est du marais. La révision de l’inventaire a cependant fait évoluer la situation et finalement 5 ha ont été acquis de trois propriétaires privés. L'achat a été cofinancé par la Confédération, le fonds de loterie du canton de Berne et Pro Natura. Le Service de la Promotion de la Nature du canton de Berne et la commune de Saint-Imier ont apporté un soutien technique lors de cet achat.
Une restauration globale
L'acquisition des surfaces marécageuses par Pro Natura (Berne) a permis, sous conduite de projet de l’association centrale de Pro Natura, de restaurer toute la partie orientale du marais qui avait été drainée, exploitée et recouverte d’une dense forêt d’épicéas.
Au cours de l'hiver 2015/16, le fossé de drainage principal a été bloqué par plusieurs palissades en bois recouvertes de tourbe prélevée sur place, créant ainsi plusieurs plans d'eau. Les fossés latéraux ont été comblés et la forêt d’épicéa a été éclaircie. Un pâturage extensif est mené sur certaines surfaces afin de conserver les bas-marais et prairies humides ouverts et riches en espèces.
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Pro Natura BELe projet a été financé par Pro Natura, la Confédération, le canton, le fonds écologique des BKW, la Fondation Yvonne Jacob et le Fonds Suisse pour le Paysage.
La Vieille Birse – Un refuge discret à Sorvilier
Deux petites surfaces disjointes, aménagées dans les années 1970 au sein d’anciens méandres, accueillent aujourd’hui une biodiversité remarquable. Étangs, saulaies marécageuses, boisements humides, haies et prairies composent une mosaïque d’habitats pour amphibiens, libellules et papillons.
Inscrite aux inventaires cantonaux et fédéraux, la réserve est gérée dans un esprit de tranquillité et de conservation. Elle joue un rôle clé dans le réseau de zones humides de la vallée, bientôt renforcé par le projet de revitalisation de la Birse.