Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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Gletschervorfeld Unteraaregletscher BE
14.08.2025 Alpes

Une «ruée vers l’or» menace les marges proglaciaires

Les marges proglaciaires sont le berceau de nouveaux milieux naturels et comptent parmi les dernières régions sauvages de Suisse. Or, avant même qu’un débat de société sur leur protection n’ait eu lieu, elles sont menacées de destruction.

Le recul des glaciers s’accélère et, d’ici quelques décennies, les glaces éternelles de nos montagnes appartiendront en grande partie au passé. Il ne subsistera que des surfaces dépourvues de glace, témoins de l’incapacité de la communauté internationale à limiter le changement climatique.

Mais en fondant, les glaciers ne laissent pas seulement derrière eux des paysages rocheux et arides. Selon leur emplacement, ils cèdent la place à des milieux naturels d’une valeur inestimable. Les marges proglaciaires constituent un nouveau territoire dynamique où la nature peut s’épanouir librement. Une mosaïque colorée de milieux naturels très variés peut s’y développer: des lacs glaciaires aux deltas et aux marais, en passant par les prairies alpines et les plaines alluviales. L’eau de fonte qui s’écoule au printemps et en été façonne, anime et modifie ces zones humides exceptionnelles.

Gletschervorfeld schmelzendes Eis Grimsel BE Raphael Weber

Nouveaux milieux naturels et refuges

Les marges proglaciaires offrent un habitat à une multitude de communautés végétales rares à différents stades d’évolution, parmi elles figurent des espèces étroitement liées à des températures fraîches. De nombreuses espèces animales menacées bénéficient aussi de ces habitats. Avec le réchauffement climatique, les espèces dépendantes du froid et contraintes de migrer vers des altitudes plus élevées pour survivre trouvent notamment refuge dans les marges proglaciaires. Des études montrent que, dans les Alpes européennes, plus de 2000 espèces de végétaux, d’animaux et de champignons ont déjà déplacé leur aire de répartition vers des régions plus élevées en réponse à la hausse des températures.

En raison de leur beauté intacte et de leur dynamique, les marges proglaciaires sont des lieux préservés et rares dans un paysage suisse fortement marqué par l’activité humaine. Leur isolement contribue également à leur préservation.

Gletschervorfeld Grimsel BE Raphael Weber

Des zones mal protégées

Cependant, dans les débats politique actuels sur la transition énergétique, leur valeur paysagère et écologique est souvent négligée, voire délibérément ignorée. Ces milieux naturels risquent donc d’être détruits avant même qu’un débat de société sur leur protection n’ait pu avoir lieu. La législation actuelle autorise la construction de barrages sur des marges proglaciaires précieuses, même lorsque ces sites remplissent les critères d’inscription à l’inventaire fédéral des zones alluviales. En 2023, le Parlement a adopté des réglementations permettant la construction de centrales hydro­électriques sur ces sites, à condition qu’ils n’aient pas été inscrits à l’inventaire des zones alluviales avant le 1er janvier 2023.

La justification invoquée est souvent la même: la production d’électricité hivernale. Mais cette argumentation est simpliste. Premièrement, nous disposons déjà de volumes de stockage importants en montagne. Ensuite, il existe des possibilités de rehausser les barrages existants, sans nécessiter de nouvelles interventions majeures. Pourtant, de nombreux projets de ce type sont ­actuellement bloqués. Non pas en raison de préoccupations écologiques, mais parce que les cantons reprendront ces installations dans un avenir proche (retour au propriétaire), ce qui dissuade les exploitants d’investir davantage. Rappelons également que l’électricité produite en moins de quatre mois par les nouvelles installations solaires aménagées sur des infrastructures existantes­ équivaut à la production annuelle d’un nouveau barrage de la taille de Zervreila. Un quart de cette électricité solaire est disponible en hiver et souvent moins coûteuse que celle issue des nouvelles centrales hydroélectriques.

Une chance unique pour la biodiversité

Il s’agit donc de trouver un équilibre entre protection et exploitation et surtout d’empêcher que ces milieux naturels exceptionnels ne soient irrémédiablement détruits. Les marges proglaciaires ne sont pas seulement un héritage du passé, elles représentent aussi une chance unique pour la nature et la biodiversité à l’avenir.

Michael Casanova est responsable des dossiers de politique énergétique et de protection des eaux chez Pro Natura.

Gletschervorfeld Unteraaregletscher BE Raphael Weber

« C’est un terrain d’étude idéal »

Brigitta Erschbamer, professeure de géobotanique à Innsbruck, nous explique pourquoi une marge proglaciaire doit être considérée dans sa globalité et placée sous protection.

Magazine Pro Natura: quelle importance écologique revêtent les marges proglaciaires?

Brigitta Erschbamer: dans ce milieu, la colonisation par les plantes part de zéro. Nous pouvons donc observer la formation d’une nouvelle communauté végétale dès les premiers stades. C’est, en quelque sorte, un terrain d’étude idéal. Si le lieu reste exempt de glace pendant 40 à 50 ans, le nombre d’espèces ne peut plus croître. De nouvelles espèces continuent d’apparaître, mais les espèces pionnières disparaissent.

D’ici 40 à 50 ans, la plupart des glaciers des Alpes auront malheureusement disparu, sauf dans quelques zones de très haute altitude.

Nous constatons déjà que, sous l’effet du changement climatique, l’évolution est de plus en plus rapide. Il y a 50 ou 60 ans, il fallait attendre 5 à 10 ans avant que les premières plantes ne s’installent sur ces nouvelles marges proglaciaires. Aujourd’hui, on observe déjà les premiers végétaux un an seulement après la disparition des glaces. Plus une marge proglaciaire descend en altitude, plus les changements sont rapides et marqués, allant jusqu’à la reforestation. En Suisse, des mélèzes font alors leur apparition.

Dans notre pays, nous sommes préoccupés par la multiplication de projets de nouveaux barrages dans les zones où les marges proglaciaires s’étendent. Qu’en est-il en Autriche?

Cette discussion est également d’actualité au Tyrol. En raison du cadre juridique, la définition même de ce qu’est une marge proglaciaire fait souvent débat: peut-on encore parler de marge proglaciaire lorsqu’une zone a été modifiée par des événements tels que des laves torrentielles?

En Autriche, une marge proglaciaire est en soi un milieu naturel protégé.

Théoriquement oui. Mais les différents intérêts que ces zones suscitent ont conduit à une définition vague de ce qui est ou pas une marge proglaciaire.

Selon vous, quels critères devraient entraîner la protection d’une marge proglaciaire?

Peu importe les transformations dues à des laves torrentielles ou à des crues: une marge proglaciaire doit être considérée dans sa globalité et placée sous protection. Toute discussion devient inutile dès lors qu’on reconnaît l’importance écologique exceptionnelle de ces zones. Par exemple pour les plantes de haute montagne, qui pourraient trouver ici leur ultime refuge face au changement climatique. Et où d’autre peut-on encore observer la genèse de milieux naturels et de biocénoses? Nulle part! C’est pourquoi ces milieux naturels, en particulier les communautés végétales le long des torrents glaciaires, sont protégés au plus haut niveau de l’UE. Ils sont uniques et irremplaçables.

Vous concluez dans vos recherches que les jeunes plantes peuvent aussi mourir de soif dans une marge proglaciaire. Surprenant, non?

Nos expériences ont révélé que deux facteurs sont déterminants pour l’établissement des plantes, à savoir – sans surprise – la disponibilité des graines, mais aussi l’absence de sécheresse. Sur ces sols souvent sableux, des épisodes de sécheresse prolongés peuvent retarder, voire empêcher l’implantation des plantes. Le changement climatique accentue également ce phénomène.

RICO KESSLER, rédacteur du Magazine Pro Natura.

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Gletschervorfeld Grimsel BE
% du volume de glace a fondu

Entre 1850 et 2016, les Alpes ont déjà perdu 60% de leur volume de glace. Pro Natura demande à la Confédération d’examiner de plus près la valeur écologique des marges proglaciaires pour la biodiversité avant de poursuivre les discussions sur leurs possibles utilisations.

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Alpen Waadt
14.08.2025 Alpes

Aux petits soins des chalets d’alpage

Afin d’offrir les meilleures conditions possibles aux agriculteurs de montagne et de garantir une exploitation durable des pâturages, Pro Natura Vaud entreprend régulièrement des travaux d’entretien et de mise aux normes sur les onze chalets d’alpage qu’elle possède dans les réserves de La Pierreuse, du Vanil Noir et des Diablerets.

Destination du jour: le Gros Jable. Un chalet d’alpage situé dans le vallon de La Torneresse, en plein cœur du Pays-d’Enhaut, dont le propriétaire n’est autre que la section vaudoise de Pro Natura. «Durant les années 1970, alors que le tourisme connaissait un grand essor en Suisse, l’association a jugé nécessaire de préserver la riche biodiversité des milieux montagnards en acquérant plusieurs alpages», explique Kelly Delavy, responsable des réserves naturelles de la section.

L’idée n’était pas de mettre la nature sous cloche, mais de perpétuer le rôle ancestral de l’agriculture de montagne, en conservant des milieux ouverts précieux pour de nombreuses espèces animales et végétales. «Sans pâture, la forêt reprendrait vite le dessus. C’est pourquoi nous veillons au maintien d’une agriculture traditionnelle, qui soit la plus durable possible.»

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

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Kelly Delavy nous emmène à la rencontre de l’agriculteur Nicolas Henchoz qui, depuis douze ans, passe ses étés au Jable, avec ses quelque 50 vaches et 70 génisses. Pour le rejoindre, nous empruntons un petit téléphérique destiné avant tout au transport du matériel et des exploitants. L’occasion d’admirer de haut la réserve naturelle de La Pierreuse, entre sommets verdoyants, pâturages et forêts de sapins et d’épicéas. Kelly Delavy précise: «Aucun de nos chalets d’alpage ne se situe au-dessus de la limite des forêts: ces zones étant déjà dégagées, cela n’aurait aucun sens pour la biodiversité.»

Après une quinzaine de minutes, nous arrivons à destination. Les vaches sont encore à l’étable. Seul signe de vie: la fumée qui s’échappe de la cheminée. À l’intérieur, Nicolas Henchoz est en pleine fabrication d’Étivaz, dans une grande cuve chauffée au feu de bois. «C’est l’un des critères pour obtenir le label AOP (Appellation d’origine protégée)», relève-t-il. Si cette exigence date de la création de la Coopérative des producteurs d’Étivaz AOP en 1935, d’autres normes ont aussi été établies ces dernières années, concernant notamment l’hygiène. «Et c’est là que Pro Natura Vaud, propriétaire, entre en jeu», souligne Kelly Delavy. «Nous finançons les travaux nécessaires, comme la réfection des sols de la pièce où est fabriqué le fromage, ou encore la construction d’une fumière derrière la ferme, obligatoire désormais sur tous les alpages.»

Kuh Alp Waadt Tania Araman
En été, 50 vaches et 70 bovins paissent au Jable. Sans pâturage, les terres seraient rapidement envahies par la forêt.

C’est sur cette grande dalle de béton rehaussée de murets sur trois des quatre côtés que sont stockés les excréments des vaches durant quelques semaines. «Le liquide s’écoule dans la fosse, et nous épandons le reste sur le pâturage, en suivant un plan précis qui nous évite au maximum de péjorer la flore», explique Nicolas Henchoz. Une mesure chère aux yeux de Pro Natura Vaud, qui finance aussi les aménagements favorisant une agriculture extensive, tels que la création d’étangs ou la fabrication de murs en pierres sèches. Au Gros Jable, l’agriculteur a installé en 2016 déjà des panneaux solaires qui rendent le chalet autonome. «Seul le système de traite des vaches est alimenté par une génératrice.»

Fromagerie alps vaudoise Tania Araman
Depuis douze ans, l’agriculteur Nicolas Henchoz fabrique de l’Étivaz au Gros Jable, un chalet d’alpage qui appartient à Pro Natura Vaud.

Pour des chalets plus confortables

Prochains travaux à mettre en œuvre, la réfection du toit en tavillons. Nicolas Henchoz en profitera pour ajouter une chambre de plus à l’étage du chalet, qui pourra ainsi accueillir plus confortablement, de début juin à mi-août, sa femme et leurs trois jeunes enfants. «Les temps ont changé», souligne Kelly Delavy. «Avant, les agriculteurs montaient seuls à l’alpage, le confort était sommaire, il n’y avait ni eau ni électricité et parfois seulement un lit de paille. Aujourd’hui, ils souhaitent souvent être accompagnés de leur famille. Si nous voulons garder nos agriculteurs de montagne, nous devons améliorer leurs conditions de travail.»

Miststock Alp Waadt Tania Araman
Une fumière a été construite à l’arrière de la ferme afin d’assurer une meilleure gestion des excréments des vaches et de leur épandage.

Prochains travaux à mettre en œuvre, la réfection du toit en tavillons. Nicolas Henchoz en profitera pour ajouter une chambre de plus à l’étage du chalet, qui pourra ainsi accueillir plus confortablement, de début juin à mi-août, sa femme et leurs trois jeunes enfants. «Les temps ont changé», souligne Kelly Delavy. «Avant, les agriculteurs montaient seuls à l’alpage, le confort était sommaire, il n’y avait ni eau ni électricité et parfois seulement un lit de paille. Aujourd’hui, ils souhaitent souvent être accompagnés de leur famille. Si nous voulons garder nos agriculteurs de montagne, nous devons améliorer leurs conditions de travail.»

Le coût total des rénovations et d’entretien réalisés au Gros Jable depuis 2022 se monte à 90 000 francs. Pour financer ces travaux, ainsi que ceux nécessaires sur l’ensemble des onze chalets que possède Pro Natura Vaud (six pour la fabrication du fromage, deux pour la traite et trois comme logements et espaces de stockage), la section peut compter sur des subventions du Canton et du Fonds suisse pour le paysage. Elle a aussi lancé une recherche de fonds, afin d’obtenir un budget fixe sur plusieurs années.

À l’heure où nous quittons l’alpage, les vaches paissent et les camarades de classe d’un des enfants de Nicolas Henchoz se familiarisent avec la fabrication du fromage. Nous réembarquons à bord du petit téléphérique – dont les frais d’entretien sont également assurés par Pro Natura Vaud – et entamons notre descente. Un trajet que Kelly Delavy effectue régulièrement durant l’été, de même que vers les autres alpages de la section, afin de s’assurer que tout se passe au mieux. «Quand nous avons acheté les chalets, la population craignait que nous les laissions à l’abandon. Ils ont pu constater que n’était pas le cas. C’est aussi une façon de montrer que nous ne sommes pas systématiquement opposés aux agriculteurs.»

TANIA ARAMAN, rédactrice pour le Magazine Pro Natura.

Kuh Alp Waadt
Projets en cours

Nous soutenons actuellement plus de 250 projets en faveur de la nature et de la biodiversité dans toutes les régions de Suisse. Cela n'est possible que grâce aux dons et aux cotisations de nos membres. Nous vous remercions chaleureusement pour votre soutien.

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Eaux

Les milieux aquatiques: une mosaïque riche en espèces

Stäubifall Unterschächen UR
Ils sont les artères vitales de notre paysage. Qu’ils soient grands ou petits, qu’il s’agisse de milieux humides ou de cours d’eau, les milieux aquatiques sont indispensables à notre biodiversité.

La Suisse était autrefois recouverte d’un réseau de cours d’eau et de zones humides. Ruisseaux, rivières, fleuves, prairies humides et marais émaillaient le paysage. Un paradis pour un grand nombre d’animaux et de plantes.

Les zones humides sont devenues rares

Durant les 200 dernières années, l’homme a asséché la majeure partie des milieux humides. Les cours d’eau ont été bétonnés et affectés à la production d’énergie. Aujourd’hui, les zones humides ne sont généralement plus que des sites isolés, perdus au milieu de zones intensément exploitées. Des cours d’eau canalisés ou rectifiés se retrouvent coincés au milieu d’agglomérations, de champs ou de prés. Beaucoup de petits ruisseaux circulent aujourd’hui dans des tuyaux souterrains, inaccessibles pour les animaux et les plantes hydrophiles. Les aménagements en dur sur les rivières empêchent la migration des poissons jusqu’à leurs zones de frai. Des milieux aquatiques vivants, que ce soit sur les rives ou dans l’eau, font défaut presque partout.

Un changement de cap s’est amorcé au cours de ces dernières années. On redonne à nouveau plus de place aux eaux dans nos paysages. Toutefois, le réseau suisse des zones humides et des cours d’eau est encore très lacunaire. Le castor, l’anguille ou le cincle plongeur manquent de milieux naturels appropriés tels que des rives riches en structures variées, des zones alluviales dynamiques ou des portions de rivières et de ruisseaux où l’eau peut s’écouler naturellement.

Des cours d’eau «sous tension»

Pro Natura s’engage pour des cours d’eau proches de la nature, qui abritent les plantes et les animaux les plus divers. Mais les fleuves, rivières et ruisseaux n’ont pas cessé de susciter les convoitises et leurs écosystèmes sont toujours menacés par de nouveaux projets de construction, en particulier par les projets d’installations hydroélectriques. Aujourd’hui, pratiquement chaque goutte d’eau qui coule en Suisse passe plusieurs fois dans une turbine. Les derniers cours d’eau intacts seront-ils épargnés?

Les eaux ont besoin de notre aide

Pro Natura s’engage pour que les eaux reçoivent la place dont elles ont besoin. Nous réalisons des projets de revalorisation et nous agissons sur le plan politique en faveur des différents organismes vivant dans les milieux humides et aquatiques. Donner plus d’espace aux rivières et aux fleuves sert aussi à la protection contre les crues. Plus de place pour les eaux, cela signifie également réduire les pics de crues et donc les dommages potentiels dans les secteurs situés en aval. 

Les sources, des milieux naturels uniques

Avez-vous déjà bu de l’eau jaillissant librement d’une source? L’eau de source est fraîche, pauvre en oxygène et en nutriments et désaltérante. Des animaux très spécialisés vivent dans les eaux de source. Outre des trichoptères, des escargots, des turbellariés et d’autres petits animaux, on y trouve souvent des larves de salamandre tachetée. En exploitant et en captant l’eau des sources, on détruit un habitat naturel précieux. 
 

Twannbach
Ressources pédagogiques pour vous

Projets pour des eaux vivantes

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Heckenpflanzung Stelliwald-Oberwald

Heck­en­verbindun­gen

Die Larven der Blauflügeligen Ödlandschrecke.
20.04.2023 Tier des Jahres

Die neue Generation Blauflügeliger Ödlandschrecken entdecken

Seit letztem Sommer liegen sie in der Erde: Die Eier des Pro Natura Tier des Jahres, der Blauflügeligen Ödlandschrecke. Während die Elterntiere mit dem Frost sterben, überdauert die nächste Generation im Eistadium den Winter. Zwischen April und Juni ist es so weit: Sie schlüpfen und können mittels geeigneter Forscherutensilien auch beobachtet und bestimmt werden.

Rund 120 Eier legt das Weibchen der Blauflügeligen Ödlandschrecke Ende Sommer in den Boden. Miterleben, wie ihre Jungtiere das Licht der Welt erblicken, wird sie nicht. Denn während die nächste Generation im Eistadium den Winter überdauert, sterben die Elterntiere mit dem ersten Frost im Herbst. Zwischen April und Mai schlüpfen dann die nur wenige Millimeter grossen Nymphen. Sie sehen zwar schon aus wie Miniaturversionen ihrer Eltern, die namensgebenden blauen Flügel fehlen jedoch noch. Um diese zu entwickeln, häuten sich die Weibchen vier und die Männchen fünfmal und passen dabei ihre Grundfärbung der Umgebung an.

Die bedrohte Welt der Insekten

«Neben der Blauflügeligen Ödlandschrecke erwachen auch viele andere Insekten im Frühling zum Leben. Der ideale Zeitpunkt, diese genauer zu studieren», sagt Elisabeth Karrer, Projektleiterin Umweltbildung bei Pro Natura. Schliesslich machen Insekten 60 Prozent aller Tierarten weltweit aus und 60 Prozent der Schweizer Insekten sind gefährdet. Dabei sind sie zentral für natürliche Kreisläufe wie die Bestäubung oder die Umwandlung von totem Material. Wo Insekten bedroht sind, sind deshalb auch unsere Lebensgrundlagen bedroht. 

Beobachten, bestimmen, fördern

Ob mit der Schulklasse, der Familie oder auch allein; Insekten lassen sich in der Natur wunderbar entdecken. Unser Tier des Jahres zum Beispiel findet man auf sonnig, kargem Gelände, wie Kiesbänken oder verwilderten Bahn- und Gewerbearealen, bevorzugt im Wallis, Tessin und entlang des Jurasüdhangs.
Um auch die vielen anderen Insekten besser zu verstehen, hat Pro Natura einen Bestimmungsfächer sowie ein Naturtagebuch entwickelt. «Letzteres liefert auch Tipps, wie Balkon, Garten oder Schulhof insektenfreundlicher gestaltet werden können, damit im nächsten Frühjahr wieder eine neue Insektengeneration zum Leben erwacht», ergänzt Elisabeth Karrer.

Weitere Informationen: 

Kontakt: 

  • Elisabeth Karrer, Projektleiterin Umweltbildung, Tel. 061 317 91 65, @email
  • Nathalie Rutz, Medienverantwortliche, 079 826 69 47, @email

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Headerfoto: © Christian Roesti

Les larves de l’œdipode turquoise sortent bientôt des œufs.
20.04.2023 Animal de l’année

Les œdipodes turquoise vont éclore

Les œufs de l’œdipode turquoise, Animal de l’année de Pro Natura, dorment dans la terre depuis l’été dernier. C’est sous cette forme que la nouvelle génération a survécu à l’hiver, quand les insectes adultes ont succombé au gel. L’éclosion a lieu entre avril et juin. C’est le moment d’observer et de déterminer l’espèce à l’aide d’un nouveau journal de terrain adapté.

À la fin de l’été, la femelle de l’œdipode turquoise dépose environ 120 œufs dans le sol. Elle ne verra pas naître sa progéniture. Alors que la génération à venir passe l’hiver au stade de l’œuf, les parents meurent dès les premières gelées d’automne. Les nymphes éclosent entre avril et mai de l’année suivante. Mesurant à peine quelques millimètres, ce sont des versions miniatures des insectes adultes, moins les ailes azurées qui donnent son nom à l’espèce. Avant leur apparition, les femelles connaîtront quatre mues et les mâles cinq, la couleur de base de leur livrée s’adaptant à celle de leur environnement.

Le monde menacé des insectes

«Comme l’œdipode turquoise, beaucoup d’insectes reprennent vie au printemps. C’est le moment idéal pour les observer», explique Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande. Rappelons que 60 % des espèces animales de la planète sont des insectes – et que 60 % des insectes suisses sont menacés. Ils jouent un rôle capital dans les cycles naturels comme la pollinisation ou la transformation des matériaux morts. Quand les insectes sont en danger, les conditions essentielles à notre vie sur Terre le sont aussi. 

Observer, déterminer, promouvoir

Dans le cadre d’une sortie scolaire, en famille ou en solo, il est passionnant d’observer les insectes dans leurs habitats naturels. Notre Animal de l’année se rencontre sur des sols arides et ensoleillés comme les bancs de graviers et les terrains en friche, en bordure des voies ferrées et des zones industrielles, de préférence en Valais, au Tessin et le long du versant sud du Jura.

Pour mieux comprendre le monde des insectes qui nous entourent, Pro Natura a édité des guides de poche et des informations permettant d’identifier les espèces, ainsi qu’un journal de terrain. «Ce dernier montre aussi comment aménager balcons, jardins et préaux pour que les insectes s’y sentent mieux, ajoute Delphine Seydoux, afin que la prochaine génération puisse éclore au printemps prochain.» 

Informations complémentaires: 

Contacts: 

  • Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande, tél. 079 357 27 99, @email 
  • Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email  

 

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Une hermine profite d’un abri aménagé avant de partir en chasse aux mulots dans le pâturage.

Pro Natu­ra Vaud s’en­gage pour la bio­di­ver­sité en milieu agricole

2
Mag
2026
-
3
Mag
2026
Martkstand Pro Natura Aargau

Stand – Kommen Sie vorbei!

Pro Specie Rara Markt Wildegg

Luogo
Schloss Wildegg
Costo
Gratuito
Dal
02.05.2026
Al
03.05.2026
Der Pro Specie Rara Markt in Wildegg lockt jedes Jahr viele Besuchende auf Schloss Wildegg. Pro Natura Aargau ist seit vielen Jahren mit einem Stand vertreten.

Informieren sie sich an unserem Stand über unsere Arbeit, Naturschutz oder die Förderung der Natur bei Ihnen zu Hause und kaufen Produkte aus unserem Shop.

Wir freuen uns, über Ihren Besuch!

 

Öffnungszeiten:

Sa, 02.05.2026, 09:00 - 17:00

So, 03.05.2026, 09:00 - 16:00

 

Weitere Informationen zum Setzlingsmarkt: https://www.prospecierara.ch/erleben/veranstaltungen/veranstaltungen-de…

Ulteriori informazioni

Dettagli dell'evento

Data

DAL
Sabato, 2.05.2026
A
Domenica, 3.05.2026
INIZIO
09:00
FINE
16:00

Luogo

Schloss Wildegg

Dettagli

Stagione

Costo

gratis

Pressefoto gemulchte Alpenfläche
02.05.2023 Alpen

Mulchregelung bedroht Biodiversität im Alpenraum

In ihrer Vernehmlassungsantwort zum Landwirtschaftspaket 2023 kritisiert Pro Natura die vorgeschlagene Mulchregelung im Sömmerungsgebiet. Die Entbuschungs- und Weidepflegetechnik mit brachialen Maschinen hinterlässt massive Spuren in der Landschaft und bedroht die bereits gefährdete Insektenwelt. Um die Herausforderungen im Alpenraum zu bewältigen, braucht es regionale Alpkonzepte anstatt schweren Maschineneinsatz mit hohem administrativem Aufwand.

Mit einem Grossteil der Anpassungen im neuen Landwirtschaftspaket 2023 zeigt sich Pro Natura einverstanden. Aber: «Die vorgeschlagene Regelung für das Mulchen im Sömmerungsgebiet ist ein Rückschritt für die akut bedrohte Biodiversität und muss zurückgewiesen werden», betont Marcel Liner, Experte für Agrarpolitik bei Pro Natura.

Fehlende wissenschaftliche Grundlagen

Moderne Mulchgeräte sehen aus wie überdimensionierte Rasenmäher oder sind an Traktoren befestigt. In den sensiblen und bisher wenig beeinflussten Naturgebieten der Alpen hinterlassen sie entsprechende Verwüstung. Fotos von gemulchten Flächen im Alpenraum zeigen, welche drastischen Folgen ein grossflächiger und unsachgemässer Einsatz haben kann: aufgerissener Boden und verhäckselte Zwergsträucher auf den sonst naturnahen Alpflächen. «Das ist nicht nur unschön anzusehen und negativ für den Tourismus, sondern schädigt auch Biodiversität und Boden», kritisiert Liner. Wissenschaftliche Untersuchungen zu den Auswirkungen beispielsweise auf die stark bedrohte Insektenwelt im Alpenraum fehlten im Vorschlag des Bundesamts für Landwirtschaft (BLW). 

Mehr administrativer Aufwand

«Mit dem unausgereiften Vorschlag zum Mulchen im Sömmerungsgebiet hat das BLW dem Druck einiger weniger Kantone nachgegeben», bedauert Liner. Dabei ist die Unterscheidung zwischen Weidepflege und Entbuschung, wie sie die Vorlage vorsieht, in der Praxis kaum umsetzbar und wird den administrativen Aufwand für die Kantone weiter erhöhen.
Auch Pro Natura ist der Ansicht, dass Weiden vor Verbuschung und Vergandung geschützt werden müssen. «Das sieht die bestehende Direktzahlungsverordnung schon jetzt so vor. Doch der Trend hin zu immer weniger und immer grösseren Landwirtschaftsbetrieben führt zu laufend weniger Arbeitskräften, weniger Biodiversität und zu einem Rückgang von Ziegen und alptauglichen Rindern», so der Experte. 

Es braucht regionale Alpkonzepte

Die übergeordneten Herausforderungen der Alpwirtschaft werden allein mit mehr Maschineneinsatz nicht gelöst. Dafür sind regionale Alpkonzepte notwendig, die aufzeigen welche Alpen in den kommenden Jahrzehnten überhaupt weiterhin bestossen werden können, wo genügend Tiere vorhanden sind und wo eine Bewirtschaftung besser aufgegeben werden muss. Darum weist Pro Natura die neue Mulchregelung des BLW zurück. Agrarexperte Liner bekräftigt: «Zuerst braucht es eine grundsätzliche Diskussion über eine Alpwirtschaft mit Zukunft.»

Weitere Informationen:

Kontakt:

  • Marcel Liner, Leiter Landwirtschaftspolitik, @email, 061 317 92 40
  • Nathalie Rutz, Medienverantwortliche, @email, 079 826 69 47
     

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Info

Medienmitteilung zur Vernehmlassungsantwort zum Landwirtschaftspaket 2023

Documenti scaricabili

Pressefoto gemulchte Alpenfläche
26
Set
2026
Un cerf bramant dans la forêt d'Aletsch

Exkursion

Excursion le brame des cerfs I

Luogo
Centre Pro Natura d'Aletsch
Costo
Da CHF 15.00
Giorno
Sabato
Data
26.09.2026
Data e ora
06:45 - 09:00
Iscrizione entro
Quelle impressionnante rencontre que celle d'un cerf qui brame! Venez vous promener avec nous dans la forêt d'Aletsch et faites-en l'expérience de près.

Le brame des cerfs résonne à travers la forêt d'Aletsch. À l'aube, nous partons à l'affût à la recherche des rois de la forêt d'Aletsch et avec un peu de chance nous pourrons les observer en train de bramer.

Coûts

  • Adultes: CHF 15.-
  • Enfants (7 à 16 ans): CHF 7.50

Guide

Nathan Rudin, ingénieur en sciences de l'environnement

Point de rendez-vous

Rassemblez-vous à l'heure indiquée devant la Villa Cassel et restez silencieux.

Ulteriori informazioni

Info

Participant·e·s: Minimum 6, maximum 15 personnes; enfants à partir de 7 ans. 

Une inscription est obligatoire.

Dettagli dell'evento

Data

Sabato, 26.09.2026
Data e ora
06:45 - 09:00

Luogo

Centre Pro Natura d'Aletsch

Dettagli

Tipo di evento
Stagione

Preparazione

Indirizzo
Villa Cassel, 3987 Riederalp

Costo

Adultes: CHF 15.-, enfants (7 à 16 ans): CHF 7.50

Biberdamm bei Buchrain

Der Biber — Land­schafts­gestal­ter und Klimahelfer

BLN Greina – Piz Medel GR, Copyright Jan Guerke
26.01.2023 Energie

Ausbau der Erneuerbaren: UREK-N sagt Ja zum Biotopschutz - doch der Kompromiss braucht noch Verbesserungen

Die Umweltallianz begrüsst, dass die UREK-N den Schutz bestehender Biotope von nationaler Bedeutung aufrechterhält und den Ausbau der Solarenergie auf Infrastrukturen vorantreibt. Sie zeigt sich jedoch besorgt über den geplanten Freipass für Windkraftanlagen in Waldgebieten und erinnert daran, dass die Bewilligung von Wasserkraftprojekten nicht von den bestehenden Verfahren ausgenommen werden darf.

Die UREK-N stellt sich hinter die wertvollsten Naturgebiete in der Schweiz, was die Umweltallianz begrüsst. Die Biotope von nationaler Bedeutung umfassen Moore, Auen, Trockenwiesen und Amphibienlaichgebiete und machen nur gerade 2 Prozent unserer Landesfläche aus, beherbergen aber ein Drittel aller bedrohten Tier- und Pflanzenarten. So speichern sie beispielsweise auch CO2 und schützen uns vor Dürren und Überschwemmungen. Dieses Herz der Natur ist im Kampf gegen die Klima- und Biodiversitätskrise besonders wichtig.

Zugleich relativiert die Kommission aber den Schutz für Gletschervorfelder und alpine Schwemmebenen, die mit dem Rückzug der Gletscher nationale Bedeutung erreichen könnten. Dies ist aus wissenschaftlicher Sicht unnötig und bedauerlich, denn viele dieser Pionierstandorte sind sehr selten und somit für den Erhalt der Biodiversität der Alpen zentral. Für eine sichere Winterstromversorgung ist es nicht notwendig, diese Gebiete zu nutzen. 

Für die Winterstromversorgung will die UREK-N auf die 15 Projekte des Runden Tisches Wasserkraft setzen. Die Umweltverbände betonen, dass die geltenden Verfahren dazu eingehalten und die am Runden Tisch zugesagten Schutz- und Ausgleichsmassnahmen ebenfalls angewendet werden müssen.

Die erweiterte Pflicht für Solarenergie auf Neubauten und Infrastrukturbauten geht in die richtige Richtung. Der Solarausbau sollte prioritär auf bestehender Infrastruktur stattfinden. Sehr kritisch sehen die Umweltorganisationen die Standortgebundenheit der Windanlagen im Wald, da die Biodiversität im Wald wesentlich höher ist als im Kulturland.

Aktion «Retten wir das Herz der Schweizer Natur»

Diverse Verbände appellieren gemeinsam an die Politik, am Schutz der Biotope von nationaler Bedeutung festzuhalten. Ohne Biotopschutz könnten unersetzbare Lebensräume verbaut und für immer zerstört werden. Dazu gehören z.B. die wilde Natur in der Greina, im Val Roseg, in Zinal oder im Maderanertal. 

Weitere Informationen:

Kontakt:

  • Pro Natura: Michael Casanova, Projektleiter Energie-, Gewässerschutz- und Klimapolitik, 061 317 92 29, @email
  • WWF Schweiz: Christoph Kinsperger, Kommunikationsberater, 078 749 88 14, @email
  • Bird Life Schweiz: Raffael Ayé, Geschäftsführer, 076 308 66 84, @email
  • Greenpeace Schweiz: Georg Klingler, Energie- und Klimaexperte, 079 785 07 38, @email

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Info

Gemeinsame Medienmitteilung von WWF Schweiz, BirdLife Schweiz, Greenpeace Schweiz und Pro Natura

BLN Greina – Piz Medel GR © Jan Gürke

Installation solaire sur le toit de l'Hôpital cantonal de Winterthur
10.12.2025 Énergie

Les associations environnementales disent oui à l’accord sur l’électricité et exigent des lignes directrices écologiques claires pour la transition énergétique

Dans leur prise de position concernant l’accord sur l’électricité avec l’UE, les membres de l’Alliance-Environnement (BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse, Pro Natura, la Fondation Énergie, ATE et WWF Suisse) soulignent la manière dont cet accord soutient les intérêts de la nature, de l’environnement et du climat.

L’Alliance-Environnement salue l’accord sur l’électricité conclu avec l’Union européenne. Il constitue une étape décisive vers un avenir énergétique respectueux du climat et de la biodiversité. L’Alliance-Environnement, qui regroupe six organisations environnementales (BirdLife, Greenpeace, Pro Natura, la Fondation Énergie, ATE et WWF), a participé à la consultation en soumettant une prise de position à ce sujet. L’accord sur l’électricité sert les intérêts de l’environnement, de la nature et du climat: l’intégration dans le marché intérieur européen de l’électricité permet une utilisation plus efficace des énergies renouvelables, réduit les émissions de gaz à effet de serre et diminue le besoin de construire de nouvelles installations de production. 

En même temps, l’Alliance-Environnement a des attentes claires. Pour que l’accord soutienne une transition énergétique réelle et respectueuse de la nature, des principes écologiques, sociaux et démocratiques doivent être inscrits de manière contraignante. L’Alliance-Environnement suivra de près ce processus au Parlement. 

Accord sur l’électricité: l’intégration renforce la transition vers le zéro net 

Avec l’accord sur l’électricité, la Suisse intègre un système européen qui coordonne mieux les énergies renouvelables, échange efficacement les excédents et réduit les pics de consommation d’énergies fossiles. La Suisse contribue ainsi concrètement aux objectifs climatiques européens et réalise ses engagements en matière de neutralité carbone plus rapidement, de manière plus sûre et à moindre coût. Sans accord sur l’électricité avec l’UE, la Suisse risquerait de devoir construire des centrales de réserve préjudiciables au climat. Par ailleurs, davantage de centrales électriques seraient nécessaire pour maintenir un niveau similaire en matière de sécurité d’approvisionnement. L’accord sur l’électricité permet donc de réduire l’impact sur la nature. 

La mise en œuvre de l’accord sur l’électricité doit être améliorée au niveau national 

L’Alliance-Environnement estime que des ajustements sont nécessaires dans la mise en œuvre nationale de l’accord sur l’électricité. Ils sont indispensables pour garantir un projet équilibré et susceptible de rallier une majorité. Les effets négatifs potentiels sur le développement de la production d’électricité renouvelable ou sur la nature doivent être évités par des mesures appropriées. Afin que l’accord sur l’électricité renforce réellement la transition énergétique respectueuse de la nature, l’Alliance-Environnement demande: 

  • Maintien de conditions équitables pour les petites et moyennes installations photovoltaïques: La suppression prévue de la rémunération minimale, approuvée par les électeurs, affaiblirait la production solaire locale. Cette aide, ou une aide équivalente, doit être maintenue afin de garantir une large participation à la transition énergétique. 

  • Objectifs contraignants en matière de développement des énergies renouvelables: Leur développement doit être utile au système, compatible avec la nature et axé sur une augmentation de la part d’électricité produite en hiver. Les mécanismes de soutien doivent être automatiquement renforcés en cas de non-respect des objectifs. 

  • Renforcer les communautés électriques locales (CEL): les conditions-cadres pour les projets énergétiques communautaires doivent être améliorées, notamment en ce qui concerne les redevances de réseau et les obstacles administratifs. La création de valeur locale et la participation citoyenne sont des éléments centraux d’une transition énergétique démocratique en harmonie avec la nature et l’environnement. 

  • Renforcer la protection pour garantir une équivalence effective avec le droit européen: Selon l’accord, le droit suisse en matière d’environnement dans le domaine de l’électricité doit être au moins équivalent à celui de l’UE, ce qui n’est toutefois pas le cas. Les instruments existants (par exemple les plans directeurs cantonaux) ne sont pas mis en œuvre de manière suffisamment rigoureuse.  

Du point de vue de l’Alliance-Environnement, il existe également des lacunes importantes dans le domaine de la protection des eaux. L’Alliance-Environnement estime qu’il est urgent de s’aligner sur les exigences de l’UE et de mieux prendre en compte la biodiversité, notamment en ce qui concerne la prise en compte des valeurs naturelles dans les plans directeurs, les débits résiduels et les assainissements écologiques. 

Contacts:

Fondation Énergie: Fabio Gassmann, responsable politique, 044 275 21 22, @email  

Greenpeace Suisse: Juliette Wyss, responsable politique, 076 518 79 01, @email 

WWF Suisse: Jonas Schmid, conseiller en communication, 079 241 60 57, @email 

BirdLife Suisse: Damaris Hohler, chargée de projet Politique, 044 457 70 42, @email  

ATE: Luc Leumann, coordinateur de la politique fédérale, 079 705 06 58, @email 

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Info

Communiqué de presse de l’Alliance-Environnement (BirdLife Suisse, Greenpeace Suisse, Pro Natura, la Fondation Énergie, ATE et WWF Suisse)

Action artistique sur le barrage abandonné d'Idbar (Bosnie)

Pro­tec­tion des riv­ières et résis­tance aux pro­jets hydro-élec­triques (Croat­ie et Bosnie & Herzégovine)

Énergie

Énergie hydraulique: chance ou menace?

Le potentiel est largement épuisé.

Lago di Luzzone TI
Source d’énergie à émissions quasi nulles, l’énergie hydraulique constitue la colonne vertébrale de notre approvisionnement en électricité. Son exploitation a cependant des répercussions dramatiques sur la nature. Elle est l’une des principales causes des atteintes écologiques à nos cours d’eau.

Ruisseaux à sec, débits fortement réduits, barrages, milieux aquatiques fragmentés, dynamique d’écoulement artificielle, marges proglaciaires et vallées inondées, voilà les conséquences de l’exploitation de l’énergie hydraulique sur la nature et le paysage. L’eau de nos cours d’eau est détournée par plus de 1400 captages et approvisionne plus de 1000 centrales hydroélectriques. Si l’on souhaite maintenir un niveau d’exploitation tolérable pour la nature, le potentiel est donc largement épuisé.

Barrage du lac de Moiry
Centrales hydroélectriques en Suisse
Plus de 1000 centrales hydroélectriques sont exploitées en Suisse.

L’expansion de l’énergie hydraulique peut-elle se faire sans nuire à la nature?

Si l’on souhaite ménager la nature, le développement du secteur hydraulique n’est envisageable que de manière extrêmement limitée. En raison de la forte expansion du secteur au cours du siècle dernier, la majorité des potentiels exploitables de manière judicieuse a déjà été mise à profit à ce jour. L’énergie hydraulique constitue aujourd’hui la colonne vertébrale de notre approvisionnement en électricité, mais son impact sur nos écosystèmes aquatiques est important.

Près de 57% de l’électricité produite dans le pays provient actuellement de l’exploitation des eaux. Le prix à payer est élevé. La construction de nouvelles installations sur des sites jusqu’ici inutilisés détruirait les derniers cours d’eau naturels de Suisse. Pro Natura s’oppose donc à l’aménagement total de nos cours d’eau. Par ailleurs, la construction de nouvelles installations sur des cours d’eau jusqu’ici inexploités ne présente pas de réels avantages économiques.

Du glacier au barrage...

Du fait de la rapide progression des changements climatiques, nos glaciers fondent. Ils font place à de nouvelles marges proglaciaires, plaines alluviales et petits lacs. Le secteur de l’énergie y voit déjà de nouveaux potentiels d’exploitation. Il exerce par conséquent une forte pression afin de transformer ces plaines et lacs glaciaires en lacs de barrage. Pour la nature, cela signifierait une perte supplémentaire. Les surfaces glaciaires libérées constituent des milieux naturels et des refuges pour la flore et la faune.

Gletschervorfeld Fieschergletscher CR Claudio Büttler
Des lacs de barrage à la place des glaciers?

Apprenez-en davantage sur les marges proglaciaires et sur l’importance de ces milieux naturels pour la biodiversité.

Le développement à tout prix

Dans le cadre d’une table ronde sur l’énergie hydraulique organisée par le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC), les cantons, les offices fédéraux et les associations, y compris Pro Natura et le WWF, se sont accordés fin 2021 sur quinze projets hydroélectriques qui méritent d’être examinés.

Le rapport avantages-impact de ces projets pourrait être tolérable. Une partie d’entre eux implique l’exploitation de lacs glaciaires et de marges proglaciaires. Une étude plus approfondie de leurs conséquences environnementales est nécessaire. Mais aujourd’hui déjà, il semble malheureusement que les cantons de montagne placent l’exploitation avant la protection presque par principe. D’autres projets que les quinze susmentionnés sont envisagés et la recherche de potentiels énergétiques se poursuit, alors même que les impératifs de la sécurité énergétique de la Suisse ne l’exigent pas. Informations détaillées de l’Alliance-Environnement
 

Questions et réponses sur l’hydroélectricité

Qu’est-ce que le débit résiduel?

L’eau qui subsiste dans un cours d’eau à l’aval d’un prélèvement est appelée débit résiduel. Un débit minimal s’avère indispensable afin que le cours d’eau puisse assurer ses fonctions écologiques. C’est pourquoi des dispositions réglementent les débits résiduels depuis 1991: un captage ne doit pas détourner la totalité des eaux, mais en laisser une partie (généralement peu importante) au profit de la nature.

Les prélèvements avec un «débit résiduel zéro», entraînant l’assèchement du cours d’eau, sont le fait de concessions d’exploitation conclues sans l’exigence d’un débit résiduel, car datant d’avant la Loi fédérale sur la protection des eaux de 1991. Les exploitants des centrales hydroélectriques pouvaient ainsi détourner toute l’eau. La loi actuelle oblige les cantons à un assainissement afin qu’une partie au moins du minimum légal subsiste en tant que débit résiduel dans les cours d’eau. Le délai imparti de vingt ans a pris fin en 2012. À ce jour, tous les captages concernés n’ont pas encore été assainis.

Qu’est-ce qu’une exploitation par éclusées?

L’énergie hydraulique par accumulation (barrages) présente un avantage technique: elle est disponible à la demande. Les turbines d’une centrale à accumulation peuvent être mises en service – et stoppées – rapidement.
Lorsque les turbines sont activées, une crue artificielle – une éclusée – est générée en aval du point de restitution. Dès qu’elles s’arrêtent, le débit retombe subitement. Il en résulte une situation artificielle d’étiage, nommée débit plancher.
Les variations entre les débits d’éclusée et les débits planchers sont souvent très importantes, elles s’opèrent brusquement et parfois plusieurs fois par jour. Ces bouleversements artificiels et soudains des débits ont des effets dévastateurs sur les eaux. Le frai, les poissons et les organismes aquatiques sont emportés par l’éclusée. À l’étiage, en revanche, ils sont menacés d’échouer et de mourir sur une zone de marnage.
Les crues naturelles ont surtout lieu au printemps et en automne. Le débit des torrents et rivières est naturellement faible durant les mois d’hiver. C’est à cette période justement que le régime d’éclusées occasionne le plus de dégâts. L’impact est particulièrement nuisible pour des animaux telle la truite fario, qui profite du faible écoulement hivernal pour frayer.
Outre les problèmes liés aux débits, le régime d’éclusées cause également la modification de la température de l’eau. Ajoutons à cela les dommages infligés au lit du cours d’eau. La qualité de ce milieu aquatique est profondément altérée et les échanges avec la nappe phréatique sont rendus difficiles.
La révision de la loi sur la protection des eaux précise que les atteintes majeures causées par le régime d’éclusées doivent être supprimées à l’horizon 2030. À noter que les coûts sont à la charge des consommatrices et consommateurs – via le supplément réseau. Il est toutefois évident depuis longtemps que ces moyens ne suffiront pas. En lieu et place d’un ajustement des moyens, cependant, l’obligation d’assainissement risque malheureusement d’être affaiblie et sa mise en œuvre risque de ne pas être à la hauteur de ce qu’exige la loi. Pro Natura s’engage pour que les assainissements soient enfin réalisés en intégralité et pour que les moyens nécessaires soient mis à disposition.

Quelle différence entre les centrales au fil de l’eau et celles à accumulation?

Les centrales au fil de l’eau utilisent le courant de l’eau, sans véritablement l’entraver. Situées sur de grands cours d’eau pour la plupart, elles mettent à profit le potentiel énergétique de masses importantes d’eau sur des déclivités relativement peu prononcées.

Les centrales à accumulation stockent l’eau dans des barrages pour la turbiner au moment de la plus grande demande (problématique des régimes d’éclusées). Elles arrêtent la production lorsque la demande se révèle faible.

Leur impact sur la nature est divers. Les centrales au fil de l’eau réduisent la connectivité fluviale. Elles entravent les animaux aquatiques dans leurs migrations. Le sable et le gravier, importants pour le fond de la rivière, ne sont plus charriés. Les centrales à accumulation quant à elles disposent souvent de grands tronçons de débits résiduels et engendrent des régimes d’éclusées.

Qu’est-ce qu’une centrale à accumulation par pompage?

Quelques centrales à accumulation ne turbinent pas seulement l’eau des torrents, mais remontent également l’eau par pompage vers des barrages situés en amont. De telles centrales pompent cette eau avec une électricité la meilleure marché possible, afin de turbiner au moment choisi pour produire une électricité de pointe plus onéreuse.

L’opération de pompage consomme davantage d’électricité qu’elle n’en fournit. Par contre, l’eau stockée peut générer à un moment donné du courant de pointe. Comme le prix de l’électricité est soumis à des variations quotidiennes considérables et qu’il s’avère élevé lors des périodes de forte consommation, les centrales d’accumulation par pompage se sont révélées jusqu’à maintenant très rentables – surtout lorsque les pompes disposent d’une électricité avantageuse, en général produite par des centrales à charbon ou nucléaires. 7% environ de la consommation totale d’électricité en Suisse sont utilisés chaque année pour le pompage (2020: 4,46 TWh).

Pro Natura s’oppose-t-elle à la force hydraulique?

Non. Pro Natura est favorable à l’exploitation de la force hydraulique dans la mesure où suffisamment d’espace est ménagé à la faune et à la flore au bord et dans l’eau. L’exploitation doit donc répondre aux critères de la durabilité et ne pas entraîner la disparition d’espèces par la destruction de leurs bases vitales. Dans un pays comme la Suisse, dotée d’une exploitation intensive de la force hydraulique, le potentiel d’expansion est faible. La mise en œuvre des mesures d’assainissement, telles que prévues par la Loi sur la protection des eaux, s’avère urgente.

Que puis-je faire?

Le plus important, en tant que consommatrice et consommateur, est d’utiliser l’électricité avec modération. Nous pouvons aussi exiger de nos fournisseurs un courant écologique certifié «naturemade star». Pro Natura participe avec d’autres organisations au label de qualité «naturemade star».

Si votre fournisseur régional n’en dispose pas, l’achat de certificats «naturemade star» auprès d’entreprises le fournissant sur tout le territoire peut y pallier.

Rien de plus simple que de se rendre sur le site Naturmade

Crise de la biodiversité

Éoliennes: une énergie dans le vent?

Éolienne
L’abandon des énergies fossiles, comme le pétrole, le gaz et le charbon, et le développement des énergies renouvelables sont absolument nécessaires pour freiner l’évolution dramatique de la crise climatique. En Suisse, l’énergie éolienne dispose elle aussi d’un potentiel exploitable dans le respect de la nature. Pour que les projets d’énergie éolienne soient couronnés de succès, une planification minutieuse qui tient compte de la biodiversité est nécessaire.

De petites installations suffisent pour exploiter l’énergie éolienne. Tout comme les installations photovoltaïques, les petites installations peuvent être aménagées dans le domaine privé, sur les toits des maisons ou sur les bâtiments. À noter que les éoliennes sont considérées comme de petites installations jusqu’à 30 mètres de haut, tandis que toutes celles qui dépassent cette hauteur sont considérées comme de grandes installations.

Éolienne
Diamètre du rotor

Les grandes éoliennes terrestres peuvent avoir une hauteur de moyeu atteignant jusqu’à 140 mètres. C’est plus haut que la Prime Tower de Zurich, le deuxième bâtiment le plus haut de Suisse.

Avec un rotor d’un diamètre de 140 mètres également, soit une hauteur totale de plus de 200 mètres, de telles installations fournissent une puissance pouvant atteindre 6 mégawatts et peuvent, selon leur emplacement, produire jusqu’à 10 gigawattheures d’électricité par an. Cela correspond à la consommation d’électricité d’environ 3500 ménages (ayant une consommation de 3000 kWh chacun, soit la consommation moyenne de deux personnes dans un immeuble collectif).

En mer, les éoliennes devraient même, dans un avenir proche, être pourvues d’un rotor de plus de 200 mètres de diamètre et atteindre une puissance de plus de 10 mégawatts.

Dangers pour la nature résultant de la construction et de l’exploitation d’éoliennes

La construction d’une éolienne nécessite des routes larges et des véhicules lourds. Si les éoliennes sont construites dans des zones non aménagées jusqu’alors, les atteintes à la nature sont importantes, ne serait-ce que pour la construction de l’éolienne et l’accès ultérieur à l’installation pour son entretien. C’est pourquoi nous militons pour que la construction d’éoliennes se limite aux sites ne nécessitant pas de nouveaux aménagements.

L’exploitation à terre est surtout problématique pour les oiseaux et les chauves-souris. D’une part, il existe un risque de collision, d’autre part, certaines espèces sont sensibles aux dérangements. Les animaux concernés évitent les parcs éoliens et sont ainsi chassés de leur habitat habituel.

En mer également, la construction et l’exploitation peuvent générer des bruits parasites importants qui éloignent les poissons et les mammifères marins de leur habitat.

Démantèlement et élimination des éoliennes

Les défenseurs de l’énergie éolienne mentionnent souvent le fait que l’installation puisse être démantelée au terme de sa période d’exploitation. Or, ce n’est que partiellement vrai à ce jour:

  • Les tours en acier sont relativement faciles à démonter et à recycler.
  • La technologie utilisée dans la tête de l’éolienne (nacelle) impose de plus grandes précautions: il faut éviter que des substances nocives pour l’environnement ne s’en échappent.
  • Les importantes fondations en béton restent souvent dans le sol après le démantèlement. Cela se justifie seulement si l’installation est soumise à un repowering et qu’une nouvelle installation est construite sur le même site. Dans le cas contraire, les fondations devraient elles aussi être démontées et le béton armé recyclé.
  • Aujourd’hui encore, les pales de rotor sont majoritairement composées de matériaux composites à base de fibres, qui ne sont pas réutilisables sous cette forme. Différentes entreprises et institutions travaillent au développement de procédés chimiques ou thermiques afin de séparer les matériaux et de les rendre ainsi réutilisables. On travaille également à la fabrication de pales de rotor recyclables.

Quelle est la position de Pro Natura vis-à vis de l’énergie éolienne?

Éolienne et oiseaux Sjo
L’impact des éoliennes sur la nature ne peut pas se mesurer uniquement en termes d’animaux tués par collision. Les éoliennes peuvent chasser les animaux de leur territoire et contribuer ainsi à la fragmentation des milieux naturels.

En 2022, 41 éoliennes ont produit 0,15 TWh d’électricité. La Confédération estime le potentiel maximal à environ 700 installations. Une telle augmentation aurait toutefois un impact négatif sur la biodiversité. En particulier parce que les sites à fort potentiel éolien sont souvent situés dans des zones importantes pour la biodiversité.

En collaboration avec les associations de l’Alliance-Environnement, nous avons étudié le nombre d’éoliennes pouvant être installées en Suisse sans que la nature ait à en souffrir. Sur la base de ces travaux, nous estimons qu’une extension à 3,1 TWh est possible d’ici à 2035. Cela correspond à environ 300 éoliennes supplémentaires.

Pour en savoir plus

Une telle extension nécessite des bases de planification élaborées avec soin, indiquant où se trouvent les zones qui, d’une part, sont exposées à des vents assez forts et, d’autre part, répondent également aux exigences de la protection de la biodiversité. Si ces bases de planification ne sont pas élaborées avec le soin nécessaire, Pro Natura exige le respect des bases légales pour la protection de la nature. Par exemple, lorsque de grandes installations industrielles doivent être construites en dehors de la zone à bâtir.  

Comment développer l’énergie éolienne dans le respect de la nature?

Installation éolienne et centrale hydroélectrique au col du Nufenen thamerpic
Au col du Nufenen, l’infrastructure existante a été utilisée pour agrandir la centrale hydroélectrique existante avec une éolienne.

Les éoliennes ont toujours un impact sur la nature locale. Il est donc important que leur développement soit planifié et coordonné suffisamment tôt. Une extension compatible avec la nature est encore possible en tenant compte des points suivants:

  • La construction n’est autorisée qu’en dehors des zones protégées.
  • Même en dehors des zones protégées, l’impact sur la faune et la flore, notamment sur l’avifaune locale et migratrice et sur les chauves-souris, doit être clarifié de manière exhaustive.
  • La construction et l’exploitation des installations ne doivent pas nécessiter de nouveaux aménagements fixes tels que des routes ou des lignes électriques aériennes. Ce point est particulièrement important dans les paysages préservés. Les voies d’accès doivent rester perméables.
  • Les installations doivent être concentrées sur des sites appropriés, de sorte que la nature ne soit pas inutilement affectée et morcelée par des installations isolées.
  • La construction et l’exploitation de l’installation ne doivent pas nuire aux objectifs de protection des zones protégées cantonales et communales.

Nous demandons par conséquent qu’au niveau cantonal au moins, et mieux encore au niveau national, l’extension prévue et les sites appropriés soient planifiés de manière globale, coordonnée et transparente.

Quels sont les sites adaptés aux projets éoliens?

Éolienne Matthias Sorg
Avec une planification coordonnée et globale, il est possible de développer l’énergie éolienne suisse à hauteur de 3,1 TWh tout en respectant la nature.

Notre pays dispose de potentiels éoliens dans l’Arc jurassien et dans certaines vallées alpines, mais aussi en Suisse orientale. Vous trouverez un aperçu des vitesses du vent et des zones à potentiel éolien en Suisse dans l’Atlas des vents de l’Office fédéral de l’énergie.

Vers l’Atlas des vents

Aperçu des projets d’énergie éolienne actuellement prévus en Suisse

Le relevé précoce des valeurs naturelles sur les sites prévus est essentiel lors de la planification d’installations éoliennes. C’est la seule façon d’éviter les conflits potentiels relatifs à la biodiversité et au paysage. Pour les parcs éoliens concernés par le projet d’accélération de la CEATE-N, une certaine clarification de ces valeurs naturelles a déjà eu lieu à l’étape du plan d’affectation. C’est pourquoi une procédure d’autorisation simplifiée est acceptable pour ces installations. Cette procédure doit toutefois rester exceptionnelle et ne pas servir de référence pour d’autres procédures d’autorisation.

Au 1er janvier 2023, 43 installations éoliennes ont été soutenues en Suisse par le système de rétribution de l’injection. 457 autres éoliennes ont reçu une garantie de subvention et 356 sont encore sur liste d’attente. Les projets qui disposent déjà de promesses de soutien ne sont pas tous prévus sur des sites appropriés. Pro Natura évalue chaque projet individuellement et cherche le juste milieu entre développement de l’énergie éolienne et protection de la nature. Il faut de la transparence sur les projets et une vue d’ensemble géographique. Notre carte interactive vous apporte une aide dans ce sens.

Éolienne bleue = installation en cours de planification
Éolienne verte = installation en service
Surface bleue = parc éolien en projet
Contours bleus =zone de test de l’énergie éolienne

Le Magazine Pro Natura est la principale revue dans le domaine de la protection de la nature
Protection des espèces

Pro Natura Magazine

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture.

Les 170'000 membres de Pro Natura reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique le vivant. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour l’environnement.

Des articles de vente sélectionnés et une offre variée d’excursions sont proposés également dans le magazine. Et même votre lieu de résidence y est à l’honneur: les sections cantonales Pro Natura vous parlent de la nature tout près de chez vous.

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Dates de publication 2026
1/26: 5 janvier, 2/26: 6 mars, 3/26: 22 mai, 4/26: 14 août, 5/26: 23 octobre, 1/27: 4 janvier

La tour Eiffel
30.05.2022 Énergie

La fin de la tour Eiffel

Vous êtes au courant ? Pour faire face à la pénurie d’acier à laquelle est confrontée l’industrie automobile en crise, les autorités françaises ont pris des mesures drastiques. La moitié supérieure de la tour Eiffel sera démontée et fondue.

L’Assemblée nationale a fini par accepter ce projet au terme d’un débat très émotionnel et parfois houleux. «Tout le monde doit fournir sa contribution», a exhorté le président de la République. La tour ne disparaîtra pas complètement. Pour atténuer l’effet de la mesure, une ingénieuse installation lumineuse imitera la pointe de la tour pendant la nuit.

Vous vous doutez bien que cette nouvelle est une pure invention. Mais remplacez «tour Eiffel» par «chutes du Rhin» et «acier» par «électricité». Déplacez aussi la situation de Paris à Schaffhouse et vous aurez bien affaire à la réalité. Les plus grandes chutes d’eau de Suisse – comme la tour Eiffel, une des principales attractions françaises – risquent de subir le même sort que de nombreux cours d’eau qui, par le passé, offraient des paysages spectaculaires.

Au lieu de laisser les eaux du Rhin dévaler au-dessus des rochers, il est prévu d’en détourner une partie en amont pour la turbiner afin de satisfaire l’appétit insatiable en électricité de notre société. L’intervention sera bien sûr minime. Mais peut-on le croire ? Une fois la porte ouverte, les convoitises vont s’aiguiser. Quand bien même les Schaffhousoises et les Schaffhousois ont clairement rejeté, il y a huit ans à peine, une modification de loi permettant d’exploiter la force hydraulique des chutes du Rhin.

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.



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La décence politique voudrait que ce sujet ne soit plus abordé le temps d’une génération au moins. Mais alors que la destruction d’un monument national est hors de question, aussi bien la droite que la gauche de notre pays sont d’accord qu’en ce qui concerne les plus célèbres chutes d’eau, «tout le monde doit apporter sa contribution à la transition énergétique». Tout le monde ? L’homo sapiens aussi ? Ou est-ce que ce sont seulement les quelque 60 000 espèces vivant dans notre pays, qui n’ont pas besoin d’électricité, qui doivent se sacrifier ?

En tant que bipèdes doués d’intelligence, nous pouvons faire beaucoup de choses pour empêcher que des paysages exceptionnels soient défigurés. A-t-on déjà tout fait pour remplacer au plus vite les chauffages électriques extrêmement gourmands en électricité ? Est-il aujourd’hui obligatoire d’utiliser l’énergie solaire pour préchauffer l’eau dans les nouvelles constructions et les bâtiments transformés ? Bien sûr que non. Les investissements nécessaires servent plutôt à financer des nouvelles centrales électriques. Il serait pourtant très facile, si nous voulions protéger la biodiversité, d’économiser l’électricité que devraient produire les chutes du Rhin.

Dès que la situation se concrétise et que les mandats de construction pointent le bout de leur nez, les belles déclarations d’intention politiques en faveur de la protection de la biodiversité ou de l’économie d’électricité sont vite oubliées. «L’électricité, c’est la moitié de la vie», vantait une publicité des producteurs d’électricité. La biodiversité, c’est toute la vie. Aussi la nôtre.

RICO KESSLER, rédacteur

Rheinfall Angela Peter
Lebensraum Wiese
laufende Projekte

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