L’hermine est l’Animal de l’année 2018

03.01.2018

L’hermine (Mustela erminea) est l’un des plus petits prédateurs de Suisse. Même très vive, cette chasseuse de souris de nos campagnes a besoin de nombreux endroits où s’abriter lorsqu’elle-même devient proie. Pro Natura a élu ce petit mustélidé Animal de l’année 2018 pour promouvoir les paysages ruraux diversifiés, gais et riches en milieux naturels. Les tas de branches et de pierres, les petits ruisseaux ou les haies sont indispensables à la survie de nombreuses espèces indigènes, telle l’hermine.

L’hermine est une des deux espèces indigènes de petits mustélidés (voir encadré). Elle habite les paysages les plus diversifiés possible. En effet, ce sympathique petit animal a besoin de chemins lui offrant un couvert suffisant pour éviter ses nombreux ennemis naturels, comme les renards, les oiseaux de proie, les cigognes ou les hérons. Il est donc très important que l’hermine trouve des haies, des ruisseaux, des tas de branches ou de pierres où s’abriter. En choisissant l’hermine comme Animal de l’année 2018, Pro Natura se bat contre la disparition de ces petites structures dans le paysage. L’association s’engage en faveur de corridors faunistiques intacts, dont dépendent l’hermine et beaucoup d’autres petits animaux sauvages. Les petites structures leur sont indispensables pour se protéger des prédateurs, s’abriter, se nourrir et élever leurs petits.

Une gracieuse demoiselle

Mince et délicate, pesant 300 grammes et de la taille d’une règle d’écolier, la morphologie de l’hermine lui permet de se glisser dans les trous de souris, les tas de branches ou les fourrés. Mais sa gracilité et sa vivacité ont leur prix. L’hermine dépense beaucoup d’énergie pour conserver sa chaleur et rester en pleine forme. Elle doit manger jusqu’à 40 pour cent de son poids chaque jour. 

Précieuse auxiliaire de l’agriculture

En Suisse, l’hermine est spécialisée dans la chasse aux campagnols. Ces petits rongeurs dodus vivent dans le sous-sol des prés, sur lesquels ils forment de petits monticules de terre bien connus et peu appréciés des agriculteurs. L’hermine mangeant une souris par jour en moyenne, elle constitue une aide bienvenue pour les paysans. Lorsque son mets préféré se fait rare, l’Animal de l’année 2018 se contente d’autres espèces de souris. Elle chasse aussi des oiseaux et des insectes ou consomme des végétaux.

Des sentiers pour la faune

L’hermine dépend de corridors migratoires riches en couverts, et pas seulement pour ses expéditions de chasse. Ses populations varient fortement en fonction de l’offre en souris. Lorsque ces proies se font très rares, les hermines peuvent disparaître totalement de certains secteurs. Des itinéraires de migration efficaces, longeant des haies, des murs en pierres, des ruisseaux ou des ourlets herbeux, permettent aux hermines de changer de territoire.

 

Apparentée à la martre

L’hermine est, avec la belette, une des deux espèces indigènes de petits mustélidés. Toutes deux sont de proches parentes de la martre. Son corps mesure de 20 à 30 centimètres et sa queue de 10 à 13 centimètres. Les hermines comptent parmi les plus petits prédateurs au monde. Les mâles ne pèsent pas plus de 350 grammes et les femelles 235 grammes.

En Suisse, l’Animal de l’année 2018 est présent presque partout jusqu’à 3000 mètres d’altitude, sauf dans les forêts et les agglomérations. Les hermines sont solitaires, à l’exception des «familles mères» réunissant une femelle avec ses jeunes de l’année ou de l’année précédente. En Suisse, leur territoire peut couvrir jusqu’à 40 hectares. L’hermine le défend contre l’intrusion de congénères du même sexe.

En été, le pelage de l’hermine est brun sur le dos et blanc sous le ventre. Les pattes avant sont blanches et le bout de la queue noir. Une mue intervient en automne: de brun et blanc, le pelage devient blanc comme neige. Seule la pointe de la queue reste noire. Ce pinceau noir constitue le signe distinctif le plus sûr permettant de différencier l’hermine de la belette, dont toute la queue est brune.

L’hermine n’est pas considérée comme menacée en Suisse. Mais les spécialistes estiment que ses populations ont beaucoup régressé, surtout en plaine. Son habitat typique – le paysage agricole – est devenu toujours plus uniforme et «propre en ordre» durant les dernières décennies. Au contraire du nombre d’obstacles à sa migration, comme les routes, les lignes de chemin de fer et les agglomérations, qui ont augmenté. Ces deux éléments entraînent à terme la disparition locale de cette adorable chasseuse de souris.

 

Plus d’information sur l’animal de l’année 2018:

www.pronatura.ch/fr/animal-de-l-annee-2018-hermine

Images pour les médias (merci d’observer les droits d’utilisation):

www.pronatura.ch/fr/photos-animal-de-l-annee-2018

Informations complémentaires:

Sarah Pearson Perret, biologiste, secrétaire romande de Pro Natura, tél. 079 688 72 24, @email

Le castor avait ouvert la liste des animaux élus Animal de l’année Pro Natura. Le tout nouveau site internet de notre association présente une intéressante rétrospective de toutes ces espèces et de leurs situations. Un petit tour d’horizon vaut la peine. Sous pronatura.ch vous trouverez naturellement d’autres news, des possibilités de recherche sur des projets de protection de la nature, des idées d’excursion et les prises de position de Pro Natura sur les sujets politiques touchant à l’environnement.



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