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«Action Lièvre & Cie» pour plus de biodiversité dans les vignes
Au jardin: quatre conseils pour créer des oasis pour les reptiles
Les tas de branches et de cailloux ainsi que les murs de pierres sèches constituent des habitats précieux pour les reptiles. Il leur faudrait, idéalement, également une dune de sable pour y pondre leurs œufs, une bande herbacée ou une prairie avec des surfaces ouvertes qui les protégera des oiseaux de proie et leur servira de terrain de chasse. Voilà de quoi offrir aux reptiles un véritable paradis.
Trois règles de base pour des oasis de bien-être
Avant de commencer, vérifiez bien que vous pouvez respecter ces règles de base dans le lieu que vous avez choisi:
- Renoncer aux pesticides: n’utilisez pas de pesticides dans votre jardin. Ils portent atteinte aux reptiles et aux autres animaux et empoisonnent leurs sources de nourriture. Les lézards mangent énormément d’insectes et certaines espèces de serpents, comme les couleuvres, se nourrissent aussi de petits rongeurs. Ces différents animaux maintiennent ainsi un équilibre naturel.
- Pas de chats domestiques: les chats domestiques représentent la plus grande menace dans les jardins. Protégez les endroits ensoleillés et les petites structures avec quelques branches épineuses ou des ronces séchées.
- Un endroit calme et ensoleillé: les reptiles sont très craintifs. Assurez-vous que cette partie du jardin soit bien au calme. La température corporelle des reptiles s’adapte à leur environnement. Ces animaux ont besoin d’endroits chauds et bien ensoleillés.
Conseil n°1: des tas de branches pour les orvets
Les reptiles aiment les cachettes leur offrant à la fois chaleur et sécurité. Les tas de branches, de feuilles et de déchets de taille constituent des refuges très appréciés. Les orvets, en particulier, apprécient ces milieux naturels chauffés par le soleil mais aussi par la lente décomposition des plantes.
Il est facile de créer un habitat idéal dans un tas de branches:
- Trouvez un emplacement qui soit le plus ensoleillé possible.
- Empilez au moins un demi-mètre cube de matériau. Dans l’idéal des branches de différents diamètres et du bois grossier mais aussi des feuilles et des déchets de fauche et de taille.
- Complétez le tas de bois avec des racines si vous en avez. Rajoutez enfin des branches d’épineux qui éloigneront les chats trop curieux.
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Friederike Brüssow
- Tas de branches avec branches d’épineux en guise de protection contre les chats.
Conseil n°2: un lieu de ponte pour les couleuvres à collier
Vous avez des couleuvres à collier dans votre jardin? Construisez-leur un site de ponte sécurisé. Tout ce dont vous avez besoin, c’est d’un endroit ensoleillé, protégé du vent et des fortes pluies, et de matériaux provenant de votre jardin: compost, déchets de fauche et de taille, feuilles, branches, vous pouvez même utiliser du fumier et de la sciure.
Collecter: rassemblez assez de matériel pour former un tas d’au moins 2 m3. La règle qui prévaut est la suivante: «Plus c’est gros, mieux c’est» et «plus il y en a, mieux c’est». Si vous disposez d’un grand terrain, vous pouvez créer plusieurs sites de ponte.
Empiler: superposez le matériau préparé pour former un tas. Variez les matériaux et aérez les fins déchets de fauche avec des brindilles. Vous créerez des habitats diversifiés en termes d’humidité et de température.
Entretenir: ajoutez chaque année de nouveaux matériaux au site de ponte en les empilant sur le dessus sans déranger le tas. Vérifiez que le site est encore suffisamment ensoleillé. Si vous voulez supprimer votre tas, faites-le de préférence entre avril et mai.
Conseil n°3: un tas ou un mur de pierres pour les lézards
Les reptiles adaptent leur température corporelle à leur environnement. C’est pourquoi ils aiment particulièrement les pierres chaudes. Ils y font le plein de chaleur et ils peuvent rapidement se mettre à l’abri en cas de danger.
Suivez les conseils suivants:
- Enlevez la couche supérieure de végétation. Choisissez des pierres de différentes tailles. Quatre pierres sur cinq doivent avoir un diamètre de 20 à 40 cm. Vous créerez ainsi des espaces idéaux pour les reptiles.
- N’utilisez que des pierres provenant des environs.
- Disposez les pierres en tas. Enfin, placez quelques branches épineuses sur le dessus pour protéger le site des chats domestiques.
- Vous n’avez généralement pas besoin d’une autorisation de construire pour les structures en pierre de 120 cm maximum. Il est conseillé d’informer le ou la propriétaire du terrain avant d’entreprendre ces travaux. Certaines communes n’autorisent que des petites structures d’un mètre de haut. Veuillez vous informer au préalable.
Les murs en pierres sèches remplissent la même fonction que les tas de pierres et les murgiers. Pour un mur en pierres sèches, demandez conseil à un spécialiste.
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Andrea Haslinger
- Murgier optimal avec un mélange de grandes et de petites pierres, qui a l’avantage de créer de nombreuses cavités. Comme il n’y a pas de chats domestiques dans les environs, on a renoncé ici à la couche protectrice d’épineux.
Créer son propres mur de pierres (murgiers)
Les reptiles ont besoin de cachettes sûres et protégées du gel pour l’hibernation. Voici comment procéder:
- Enlevez la couche de végétation et la couche d’humus supérieure. Vous pouvez composter la couche de terre la plus foncée et l’utiliser ensuite au potager. Creusez un grand trou, d’une profondeur d’au moins 80 cm et d’un volume de 2 m3. Cette profondeur assurera la protection nécessaire contre le gel.
- Recouvrez le fond d’une couche de drainage constituée de sable ou de gravier fin pour permettre à l’eau de pluie de s’écouler.
- Remplissez la fosse avec des pierres de différentes tailles provenant des environs. Le diamètre idéal se situe entre 20 et 40 cm. Ne prenez pas de pierres dans des tas existants, pour éviter de détruire des habitats.
- Formez une butte avec le matériau d’excavation sur le côté nord du tas de pierres. La partie du murgier exposée au sud doit absolument rester ouverte, sans terre ni végétation.
Vous pouvez également construire un murgier sur une pente. Veuillez assurer un bon drainage, afin que l’eau de pluie puisse bien s’écouler et que les espaces entre les pierres ne se remplissent pas de terre.
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Friederike Brüssow
- Une cachette optimale pour l’hiver: une grande fosse avec un drainage et suffisamment d’interstices offre un refuge à l’abri du gel à une grande variété de reptiles.
Conseil n°4: dune de sable avec bandes herbacées pour les lézards
Les lézards aiment pondre leurs œufs dans du gravier sablonneux à des endroits ensoleillés. Prévoyez une dune de sable et une bande herbacée pour accompagner les tas de pierres et de branches décrits ci-dessus. La dune de sable devrait faire au moins 50 cm de large et environ 35 cm de profondeur. En outre, elle a besoin d’un drainage – sinon les nids se retrouveraient rapidement sous l’eau lors de fortes pluies. Remplissez la fosse d’environ 5 cm de gravier. Plus la dune de sable est petite, plus vite elle sera envahie par la végétation.
Aménager une dune de sable dans les règles de l’art
Si vous avez un chemin en gravier: prévoyez une surface sablonneuse en bordure. Les reptiles élisent aussi domicile sur les toits plats végétalisés avec des zones de gravier ouvertes ou dans les prairies maigres présentant des surfaces ouvertes.
Pour se protéger des oiseaux de proie, les reptiles se déplacent volontiers sous une dense couche herbacée. Une bande de plantes sauvages d’au moins 50 cm de large leur procurera le couvert dont ils ont besoin.
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Friederike Brüssow
- Une petite fosse remplie de sable pour les œufs des reptiles, bordée d’une bande herbacée d’au moins 50 cm de large pour les protéger des rapaces.
Qu’est-ce qu’un jardin naturel?
Les jardins sont aussi variés que celles et ceux qui les entretiennent. Certaines personnes recherchent un coin abrité où s’asseoir, d’autres aiment passer du temps parmi les arbustes, tandis que d’autres encore souhaitent aménager un espace adapté aux enfants avec un bac à sable et une haie garnie de petites baies à grignoter. Tous les jardins ont une chose en commun: quelle que soit leur taille ou le temps qu’on leur consacre, ils peuvent offrir un espace à la nature.
À quoi ressemble un jardin naturel?
La nature y est non seulement présente: elle est pleinement vivante. À la place d’un gazon impeccable, des fleurs sauvages s’épanouissent dans une prairie colorée, tandis que des arbustes indigènes structurent l’espace. Des murs en pierres sèches, des tas de branches ou des zones sablonneuses créent des habitats variés et offrent un refuge aux visiteuses et aux visiteurs du jardin, comme les hérissons et les abeilles sauvages. Dans un jardin naturel, le passage des saisons est particulièrement perceptible: le jardin se montre tantôt luxuriant et ponctué de couleurs éclatantes, tantôt plus discret, dans des nuances de brun chaleureux. Grâce à la dynamique naturelle et à l’évolution de ses divers éléments, un jardin naturel change également d’une année à l’autre. Cette variabilité reflète le rythme de la nature et distingue clairement un jardin naturel d’un jardin conventionnel.
Dans votre jardin naturel, respectez surtout les trois principes énoncés ci-dessous:
Ouvrez l’œil lors du choix de vos plantes. Misez sur des plantes sauvages indigènes adaptées aux conditions locales. Elles constituent une source de nourriture pour les animaux indigènes et sont résistantes aux influences environnementales. Évitez les néophytes envahissantes.
Trouvez l’équilibre pour un jardin naturel et aménagé. Un jardin est toujours aménagé. Laissez consciemment un peu d’espace à la nature et à sa dynamique. Les éléments naturels peuvent offrir un plus esthétique.
Entretenez votre jardin dans le respect des animaux. Un entretien modéré est essentiel dans un jardin naturel. Renoncez aux pesticides et à la tourbe. Utilisez des outils qui ménagent les animaux et réduisez la pollution lumineuse. Éliminez les pièges pour les petits animaux et n’installez pas de barrières.
La diversité fait la différence! La diversité de la faune et de la flore repose sur une alternance de milieux naturels variés: maigres, humides, sablonneux, ombragés, etc. Les structures offrant des cachettes, telles que les tas de branches et de feuilles, les murs de pierres sèches ou les mares, servent de refuge pour les coléoptères, les chenilles, les libellules et d’autres animaux.
On appelle néophytes les plantes introduites par l’être humain dans des régions où elles n’étaient pas présentes avant le XVIe siècle. En effet, après l’arrivée des navigateurs européens sur le continent américain en 1492, les échanges entre continents se sont intensifiés, permettant à de nombreuses plantes de coloniser de nouveaux habitats qu’elles n’auraient jamais atteints naturellement.
De nombreuses plantes exotiques paraissent attrayantes et inoffensives à première vue. Certaines présentent des fleurs colorées, poussent rapidement et demandent peu d’entretien. Cependant, une partie d’entre elles peuvent avoir un impact négatif sur la nature indigène. Sur les quelque 750 espèces exotiques présentes en Suisse, une petite partie se comporte de manière invasive. Ces plantes se développent rapidement, occupent beaucoup d’espace et privent les plantes indigènes de lumière, d’eau et de nutriments. Or, de nombreux animaux, comme les abeilles sauvages, les coléoptères ou les chenilles, dépendent étroitement des plantes indigènes et ne peuvent pas simplement changer de source de nourriture. Lorsque les plantes indigènes sont supplantées par des néophytes envahissantes, de nombreux animaux indigènes disparaissent également.
Le caractère envahissant d’une plante ne se manifeste souvent qu’après de nombreuses années. C’est pourquoi il convient d’être prudent avec toutes les néophytes.
Vous trouverez ici de plus amples informations sur la gestion des néophytes envahissantes au jardin. (https://www.pronatura.ch/fr/especes-exotiques-envahissantes)
Comment créer un jardin naturel?
Un jardin naturel allie esthétique et diversité écologique. Son aménagement s’inspire des habitats naturels. Divers éléments tels que les arbres, les prairies ou les microstructures favorisent la biodiversité et offrent des refuges à la faune et à la flore. En parallèle, il constitue pour nous un lieu de calme et de détente. Les exemples suivants montrent comment des éléments d’un jardin naturel peuvent être mis en œuvre de multiples façons.
Pour commencer simplement: Ces éléments sont faciles à mettre en place et apportent rapidement une plus-value pour la nature. Souvent, de petits changements suffisent à créer des habitats précieux.
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Petites structures
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Claudio Büttler
- Trois quart des espèces d’abeilles sauvages indigènes nichent dans des cavités qu’elles creusent dans le sol. Les surfaces sablonneuses situées dans des endroits ensoleillés sont donc très appréciées.
Les tas de branches, de feuilles, d’herbes et de pierres, les parterres de sable, les murs de pierres sèches et le bois mort constituent de précieuses microstructures : elles offrent abris et sites de nidification aux animaux. Les petites structures enrichissent les habitats naturels et sont simples et peu coûteuses à aménager, souvent à partir de matériaux issus du jardin lui-même, comme les déchets de taille des haies ou d’anciennes dalles de jardin.
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Aides à la nidification
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Daniel Rihs
Un jardin naturel offre de nombreux sites naturels de nidification. Des parties de plantes fanées toujours sur pied après l’hiver, des microstructures, des zones dégagées et ensoleillées ainsi que des anfractuosités dans les murs de pierres sont utilisées comme sites de reproduction et de nidification par de nombreux animaux. Les nichoirs à oiseaux et abris pour chauves-souris, ou encore les «hôtels» à insectes, permettent de cibler certaines espèces. Pour que ces aides à la nidification soient utilisées, il est toutefois indispensable que les environs soient naturels, et qu’ils offrent de la nourriture et des abris. Profitez-en pour faire de belles observations de la vie animale!
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Arbres
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Daniel Rihs
Les arbres sont de véritables condensés de biodiversité. Ils offrent un habitat à de nombreux organismes, tels que les oiseaux, les insectes, les lichens, les champignons et les mousses. Les grands arbres indigènes âgés ainsi que les arbres fruitiers s’avèrent particulièrement précieux pour la biodiversité. Les arbres influent également sur notre bien-être. Ils structurent le jardin, rafraîchissent l’environnement et assainissent l’air. Laissez les vieux arbres en place aussi longtemps que possible. Si vous plantez un nouvel arbre, privilégiez un feuillu indigène. Tenez compte de sa taille adulte et des distances minimales à respecter. Certaines espèces conviennent également aux petits jardins, comme le cornouiller mâle ou le sorbier des oiseleurs. La plupart des arbres, y compris les arbres fruitiers sauvages, demandent peu d’entretien. Les arbres fruitiers et les saules têtards, qui doivent être taillés chaque année, font exception.
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Ourlets herbeux
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Andrea Haslinger
Les ourlets herbeux sont de hautes structures végétales herbacées le long des routes, des murs, des clôtures ou des haies. Ce sont de précieux corridors écologiques de mise en réseau. La végétation y est riche en espèces et en fleurs. Elle est source de nourriture et sert de refuge pour de nombreux animaux. Laissez la végétation se développer le long des haies, murs de garage ou clôtures sur une largeur d’au moins 50 cm, voire deux mètres. Ne taillez ces lisières que tous les deux à trois ans. Pour créer une lisière particulièrement riche en espèces, il est conseillé de retravailler le sol et de semer un mélange de graines approprié.
Pour aller plus loin: Si vous avez davantage de temps à disposition et souhaitez créer de nouveaux habitats, rapides à réaliser et peu exigeants en entretien, les options suivantes s’offrent à vous :
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Surfaces rudérales
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Andrea Haslinger
Les surfaces rudérales accueillent les premiers stades du développement végétal, du sol ouvert jusqu’aux premiers arbustes. Ces milieux naturels dynamiques jouent un rôle important pour un grand nombre d’insectes. Les emplacements ensoleillés du jardin se prêtent particulièrement bien à la création de ce type de surfaces. Les parterres de gravier existants ou les anciens bacs à sable peuvent être transformés en surfaces rudérales en ajoutant du gravier fin et des cailloux plus grossiers, puis en retirant les éventuelles toiles ou, à défaut, en les perforant. Pour créer de nouvelles surfaces rudérales, vous devez enlever la végétation existante ainsi que la couche d’humus. Si vous ne souhaitez pas laisser la végétation s’installer spontanément, vous pouvez semer un mélange de graines adapté aux sols maigres et secs. Dans tous les cas, observez régulièrement la surface et arrachez les néophytes envahissantes avant qu’elles ne produisent des graines, puis éliminez-les correctement. Une fauche annuelle au printemps, avant le débourrement, ainsi que l’élimination des feuilles mortes à l’automne suffisent. Au fil du temps, la surface se refermera lentement.
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Places et chemins non imperméabilisés
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Andrea Haslinger
Les places et chemins recouverts de gravier ou de marne, perméables, servent d’habitat à des espèces spécialisées. Des plantes résistantes au piétinement s’y développent. Les abeilles sauvages et d’autres insectes y trouvent des sites de nidification attrayants. Les chemins non imperméabilisés contribuent en outre à la mise en réseau des milieux naturels. Autre effet bienvenu: les places non imperméabilisées chauffent moins en été, car l’humidité peut s’évaporer.
Il est préférable de renoncer dès le début aux chemins imperméabilisés. Les zones déjà scellées peuvent être revalorisées en les désimperméabilisant au moins sur les bords. Ne conservez que les surfaces et chemins vraiment nécessaires. Retirez les pavés des terrasses surdimensionnées ou des allées trop larges et comblez les espaces vides avec du gravier. Les chemins et les surfaces peu utilisées se recouvrent de végétation avec le temps. En automne, pensez à enlever les feuilles mortes.
En savoir plus sur la valorisation des surfaces imperméabilisées et la création de surfaces rudérales
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Haies sauvages
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Andrea Haslinger
Les haies sauvages sont des bandes boisées riches en espèces et en structures. Elles sont étroitement interconnectées avec d’autres milieux naturels et, du printemps à l’automne, offrent abri, nourriture et sites de nidification à de nombreuses espèces animales. Dans un jardin, les haies sauvages peuvent servir de protection visuelle et structurent l’espace. Remplacez les arbustes exotiques par des espèces indigènes et complétez les haies existantes avec différentes plantes sauvages produisant des baies, telles que des roses sauvages. Si possible, laissez les haies taillées pousser librement.
Lors de la plantation d’une nouvelle haie sauvage, prévoyez suffisamment d’espace (idéalement deux à trois mètres). Choisissez différentes espèces d’arbustes bien adaptés à la station, produisant des fruits et offrant une protection visuelle si vous le souhaitez. Après quelques années, une fois la haie sauvage bien établie, entretenez-la chaque année par petites sections en taillant les espèces à croissance rapide. Vous pouvez utiliser les déchets de taille pour créer des tas de branches qui serviront de refuge pour la faune.
Pour les plus patient·es: celles et ceux qui sont prêt·es à fournir un peu plus d’efforts et à faire preuve de patience seront récompensé·es par un environnement vivant et riche en espèces. Selon la situation, il peut être judicieux de faire appel à des spécialistes pour la planification ou la réalisation.
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Prairies
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Matthias Sorg
- Prairies
Les prairies ont de nombreux visages. Humides ou sèches, ombragées ou ensoleillées, elles peuvent s’épanouir dans diverses conditions. Les prairies particulièrement riches en espèces se développent à des emplacements pauvres en nutriments, ensoleillés et fauchés seulement une ou deux fois par an. Elles offrent un habitat à de nombreux insectes qui, à leur tour, deviennent source de nourriture pour de nombreux animaux. En été, vous pourrez écouter le concert des stridulations et bourdonnements.
Avec le temps, une pelouse peut se transformer en prairie. Cela fonctionne particulièrement bien avec les pelouses anciennes, où poussent déjà de nombreuses espèces, surtout si elles sont bien exposées au soleil. Laissez pousser la végétation et ne tondez plus qu’une à trois fois par an. Si vous souhaitez circuler dans la prairie avant la fauche, vous pouvez y créer des chemins en les fauchant. Retirez toujours les déchets de fauche. Ils peuvent servir de nourriture pour les animaux ou de matériau pour offrir un abri aux petits animaux sauvages.
Si la pelouse est composée principalement de quelques graminées et de trèfle blanc, il vaut la peine de revaloriser la surface ou de la réaménager. Pour ce faire, vous pouvez introduire des plantes sauvages ou semer des bandes isolées. La méthode la plus rapide pour obtenir une prairie fleurie riche en espèces consiste à la réaménager entièrement: pour ce faire, retirez la végétation existante et semez à nouveau sur le sol nu. Il faut environ trois ans pour qu’une prairie se développe. Ensuite, il suffit de la tondre trois fois par an au maximum, idéalement par sections. Lors de la création d’une nouvelle prairie, veillez à la qualité des semences.
Vous trouverez des informations à ce sujet dans la brochure Pro Natura sur les prairies fleuries: À commander sur le shop de Pro Natura
Ou écoutez les conseils d’un expert en jardinage sur le site de la RTS.
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Points d’eau
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Daniel Rihs
L’eau est source de vie, au jardin aussi. Il n’est pas nécessaire d’aménager un grand étang: une petite mare peut aussi constituer un milieu naturel précieux pour les amphibiens et les insectes. Les oiseaux et les petits mammifères, quant à eux, l’utilisent comme abreuvoir. Au bord de l’eau, vous pourrez en outre faire de belles observations de la nature.
Vous pouvez créer un mini-étang en installant au niveau du sol un récipient étanche (par exemple une auge ou un ancien évier). Garnissez le fond d’un peu de gravier et prévoyez une aide à la sortie à l’aide de grosses pierres ou de morceaux de bois, afin que les animaux puissent en ressortir facilement. Ces petits plans d’eau s’assèchent facilement en été, il est donc nécessaire de les remplir régulièrement au besoin. Si vous disposez de beaucoup d’espace dans votre jardin et qu’aucun jeune enfant n’y a accès, vous pouvez envisager la création d’un étang plus grand. L’aménagement d’un plan d’eau plus important nécessite une certaine planification et de l’expérience. Il doit être étanche et comporter différentes profondeurs afin de limiter l’entretien. Il est recommandé de se renseigner auprès d’un·e spécialiste. Veillez à ce que chaque plan d’eau dispose de suffisamment de zones peu profondes ou au moins d’une aide à la sortie. Renoncez à y introduire des animaux, qu’il s’agisse de poissons ou d’œufs d’amphibiens.
À quoi d’autre veiller pour faire de votre jardin un paradis naturel?
Les insectes nocturnes comme les papillons de nuit sont irrésistiblement attirés par la lumière. Leur agitation autour des lampes se termine souvent par une mort d’épuisement. De plus, de nombreux animaux tels que les chauves-souris évitent les zones éclairées par crainte des prédateurs. D’autres, comme le ver luisant, deviennent invisibles pour leurs congénères en raison d’un excès de lumière.
Des méthodes simples permettent de renoncer aux éclairages inutiles: vous les trouverez sur le site Internet de DarkSky Switzerland. Saviez-vous qu’un éclairage bien pensé permet de préserver l’environnement tout en réalisant des économies? Pour en savoir plus, consultez l’article du Magazine Pro Natura «L’obscurité, c’est mieux et moins cher».
Pour trouver leur nourriture, se reproduire ou chercher des cachettes sûres, les animaux sauvages doivent pouvoir se déplacer en courant le moins possible de risques. Or, les petits animaux sont confrontés à de nombreux pièges et obstacles dans les jardins et autour des maisons. Découvrez comment désamorcer ces pièges sur notre site internet.
Plus d’infos
Le guide pratique «Guide pratique de la nature en ville – Favoriser la biodiversité en milieu bâti en Suisse» est une bonne introduction pour celles et ceux qui souhaitent créer un milieu proche de la nature dans leur jardin, sur leur balcon ou sur leur terrasse.
Listes d’espèces: vous trouverez ici (en allemand) une liste d’espèces indigènes et régionales d’arbres et d’arbustes, ainsi qu’une sélection de plantes sauvages indigènes et régionales.
Voir aussi: des idées pour davantage de nature au quotidien
Comment aménager une dune de sable pour les abeilles sauvages?
Mais avant de commencer, sachez que plus la surface est grande, plus elle a de la valeur. Par contre il faut savoir qu’entretenir des grandes surfaces peut se révéler difficile. Un espace plus petit convient également aux abeilles sauvages. Des pots, des plates-bandes surélevées, des carrés aux abords des maisons et des chemins peuvent abriter une colonie bourdonnante. Même les petites surfaces de la dimension d’une assiette sont colonisées si le substrat est adéquat et que les insectes ne sont pas dérangés.
Une dune de sable vous semble difficile à mettre en place? Retirer les plantes qui colonisent une pente douce, ou créer un décrochement sur un talus suffit à créer un environnement favorable aux abeilles sauvages terricoles.
4 conseils pour trouver le bon emplacement
Les points suivants sont à considérer avant de commencer les travaux:
- Le site est-il suffisamment éloigné des plantes qui prolifèrent aisément? Le feuillage alentour est-il peu abondant? L’eau de pluie peut-elle s’écouler facilement? Il est important que l’emplacement soit facile d’accès pour son entretien, ainsi que pour les observations futures.
- Y a-t-il assez de fleurs à butiner à proximité? Les abeilles sauvages ne volent souvent que sur quelques centaines de mètres. Elles ont donc besoin de suffisamment de nectar et de pollen appropriés sur place. Il est important de pouvoir offrir un bon approvisionnement en plantes sauvages indigènes tout au long de l’année. Il devrait toujours y avoir des plantes en fleurs.
- De bonnes cachettes: les microstructures comme des tas de branches ou des haies offrent des endroits cachés pour se poser et passer la nuit.
- Du soleil et de la sécheresse: pour bien commencer la journée, les abeilles sauvages doivent faire le plein de chaleur. Les larves se développent également mieux dans un milieu chaud. Veillez à ce que l’emplacement soit ensoleillé toute l’année.
Choisir le bon sable
Le sable ne doit pas être trop friable ni trop argileux. Le sable des bacs à sable ne convient pas car il est lavé et ne contient plus d’argile. Vous pouvez acheter votre sable dans les gravières, au prix de environ 60 francs suisse le m3.
Une vidéo de Wildbee permet de visualiser comment évaluer la qualité idéale pour le sable. Prenez un échantillon de sable légèrement humide, par exemple après la pluie. Pressez fermement le sable dans votre main et tapotez le morceau ainsi formé de vos doigts. Le sable idéal doit s’émietter facilement.
Si vous trouvez différents types de sable, vous pouvez créer différentes zones. Certaines abeilles préfèrent le sable naturel, d’autres le sable limoneux.
Une dune de sable dans son jardin en 5 étapes
Une dune de sable se construit idéalement entre octobre et février. Les abeilles sauvages se réveillent en mars et les premières espèces construisent leur nid début mars déjà.
- Procurez-vous suffisamment de sable. Pour une dune de 3 m2, il faut 1,5 m3 de sable adapté aux abeilles sauvages. Prévoyez-en davantage, car le sable se tasse au fil du temps et on ne peut pas en rajouter par la suite, au risque d’enterrer vivantes les abeilles sauvages. Calculez donc généreusement dès le début. Une profondeur de sable d’environ 30 cm est recommandée, afin que toutes les abeilles aient de la place pour leurs galeries de nidification.
- Creusez une fosse de 35 cm de profondeur.
- Une bonne dune a besoin d’un drainage, sans quoi les nids se retrouveront inondés à la prochaine forte pluie. Tapissez le fond de la fosse avec env. 5 cm de gravier.
- Remplissez la fosse de sable. Certaines espèces d’insectes apprécient le sable meuble sur le bord, d’autres aiment les surfaces fermes. Exercez une légère pression sur le sable et répartissez-le uniformément.
- Stabilisez le bord de la dune avec des pierres, des troncs d’arbres ou des plantes à rhizomes, par exemple. Elle sera ainsi protégée de l’érosion.
Votre dune de sable aura encore plus de valeur si vous ajoutez des pierres de toutes tailles, des troncs d’arbres morts, des plantes à rhizomes, voire des blocs rocheux sur les côtés. Pour éviter que les chats ne fassent une litière de votre dune, couvrez-la avec quelques branches épineuses ou du grillage métallique. S’il y a beaucoup de passage alentour, il vaut également la peine d’installer une petite clôture ou un panneau indicatif.
Sur le balcon: mini-dune pour maxi-effet
Là aussi, il est préférable de créer votre dune de sable entre octobre et février. La saison des abeilles sauvages débute en mars. Les premières espèces commencent alors à voler et à construire leurs nids.
- Procurez-vous un pot, une jardinière ou un baquet avec des trous pour l’écoulement de l’eau. Une hauteur de 35 cm est idéale.
- Procurez-vous du sable en suffisance. N’utilisez pas le sable lavé de la jardinerie, mais allez chercher du sable dans une gravière.
- Posez environ 5 cm de gravier dans le pot. Cela évitera aux nids de se retrouver sous l’eau même si la soucoupe disposée sous le pot est remplie d’eau de pluie.
- Remplissez le récipient de sable. Certaines espèces d’insectes apprécient le sable meuble sur le bord, d’autres aiment les surfaces fermes. Exercez une légère pression sur le sable et répartissez-le uniformément.
- Si vous avez assez de place, vous pouvez aménager quelques structures supplémentaires de bois mort au bord du pot ou à côté.
Comment entretenir votre dune de sable
- Enlevez les herbes et les plantes à forte croissance à la main 1 ou 2 fois par an (printemps, automne) sur toutes les surfaces.
- À l’automne, laissez les plantes qui portent des fruits en bordure.
- Certaines abeilles sauvages s’aménagent un nid en rongeant les tiges des plantes remplies de moelle, par exemple celles des mûres ou des églantiers. Conservez donc ces tiges dans votre jardin ou coupez-les au printemps pour les lier ensemble et les dresser contre une clôture ou un mur. Cela permettra aux jeunes abeilles d’éclore.
Si le tas de sable est envahi par la végétation ou si le sable a été emporté par les eaux, construisez une nouvelle dune de sable ailleurs. Ne répandez pas de nouveau sable sur l’ancien site, sans quoi les abeilles sauvages présentes dans le sol ne pourront pas éclore et seront enterrées vivantes.
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Une explosion de couleurs en milieu sec
Choisissez un endroit ensoleillé pour créer votre nouveau milieu sec. Vous pouvez aussi transformer des surfaces imperméables, comme une étendue de gravier ou une place de parc, en un paradis fleuri.
Aménager un milieu sec aux fleurs multicolores:
- Emplacement: Un endroit bien ensoleillé est idéal, sur un sol maigre et bien drainé, à proximité d’autres habitats riches en fleurs. La surface peut ne mesurer que quelques mètres carrés. Cependant, les grandes surfaces ont une plus grande valeur écologique.
- Sol: Le sol existant est souvent trop riche en nutriments, il doit donc être appauvri. Enlevez la végétation et retirez les 20 cm supérieurs de terre (humus) qui peut être réutilisée au potager.
- Gravier: Si le sous-sol est graveleux, vous pouvez passer directement à l’étape quatre. Sinon, répandez 20 cm de tout-venant (mélange de gravier et de sable provenant de la gravière).
- Semis: N’hésitez pas à attendre et à voir quelles plantes trouvent seules le chemin vers leur milieu sec. Surveillez les plantes néophytes envahissantes et éliminez-les. Si vous souhaitez ensemencer la zone: mettez environ 5 cm de compost. Il vous faut absolument un compost dépourvu de graines de mauvaises herbes, il existe un label de qualité qui le garantit. Sans cela, des plantes indésirables pousseront rapidement et vous aurez beaucoup plus de travail. Achetez des semences régionales pour les milieux secs. Mélangez uniformément les graines, le sable et le compost. La meilleure façon de faire est d’utiliser un croc ou un râteau à dents écartées. Vous pouvez aussi sauter cette étape. Vous verrez que des plantes germeront et fleuriront étonnamment vite.
- Aménager des cachettes et des structures: Ajoutez de petites structures comme du bois mort et des tas de pierres. Ils permettront à de nombreux insectes et animaux sauvages d’y trouver des endroits où nicher et se cacher. Certaines plantes vivaces pionnières disponibles sur le marché offrent également des cachettes bienvenues.
Vous n’avez pas besoin d’arroser ni de fertiliser le milieu sec. Coupez la végétation au printemps et enlevez les plantes envahissantes – en particulier les plantes non indigènes comme la vergerette ou la verge d’or. Pour en savoir plus
Nous vous souhaitons de belles surprises colorées et beaucoup de visiteurs sur votre parcelle.
Silence, s’il vous plaît!
C’est un frais matin d’automne dans le Val Cluozza, le cœur du Parc national suisse. Les abords de la cabane Cluozza sont encore déserts. Une première incursion de l’hiver, quelques jours plus tôt, a saupoudré les sommets environnants de sucre glace. Au fond de la vallée, le torrent sauvage de l’Ova da Cluozza s’écoule vers le Spöl dans un doux murmure. De temps en temps, un oiseau lance un cri qui vient ponctuer le silence. Le brame des cerfs que nous avons entendu ici la nuit précédente résonne encore dans ma tête.
Pendant ce temps, la cabane Cluozza bruit du cliquetis de la vaisselle et du bourdonnement des voix. Le petit déjeuner est prêt. Une heure plus tard, nous sommes en route pour le Murter-Sattel. Le bruissement de l’Ova da Cluozza s’estompe lentement. Le silence unique des montagnes nous entoure. Peut-on entendre le silence? Sur les derniers mètres vers le Murter, nous devons nous frayer un chemin dans la boue et la neige qui fond. Le bruit de ma propre respiration devient le son dominant. De temps en temps, un sifflement déchire l’air. Les marmottes font les derniers préparatifs avant l’hiver.
A 2545 mètres, nous passons le Murter-Sattel. Nous entrons dans l’univers sonore du Val dal Spöl. Toujours le Parc national, toujours la vie sauvage des montagnes alentour. Et pourtant, nous sommes soudain plongés dans une autre atmosphère. Dans la vallée du Spöl passe la route de l’Ofenpass. C’est un week-end ensoleillé, peut-être la dernière occasion d’une sortie en moto sur la fameuse route en lacets du col de l’Ofenpass. Le bruit des engins motorisés résonne dans le paysage. Après trois jours en pleine nature, c’est un peu le choc. Nous descendons jusqu’à la route, où nous reprendrons le car postal.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
Le grand tapis sonore
Le trafic routier constitue de loin la source de bruit la plus importante en Suisse. Selon les chiffres officiels, un Suisse sur sept souffre à son domicile de bruit gênant ou nuisible produit par ce trafic. Sans surprise, le problème touche principalement le Plateau, densément peuplé. C’est ce que montre clairement la cartographie du bruit figurant sur le portail de géodonnées de la Confédération. A côté du trafic routier, les travaux de construction, les bruits de tirs, le brouhaha des loisirs, les installations industrielles, entre autres, sont aussi en cause.
En 2017, le Conseil fédéral a présenté un «Plan national de mesures pour diminuer les nuisances sonores». Cependant, sa mise en œuvre laisse à désirer. Le bruit a même tendance à s’amplifier à de nombreux endroits. Au printemps 2020, la pandémie a brusquement interrompu l’augmentation, apparemment irréversible, du niveau sonore. Tout à coup, nous avons redécouvert la beauté d’un ciel sans avions. Des centaines de milliers de personnes ont pu temporairement être soulagées du bruit de la route. Inversement, durant l’été 2020, les Suisses en quête de détente ont généré beaucoup de bruit et d’agitation dans certains coins de Suisse d’ordinaire plus calmes.
Silence, où es-tu?
Où aller pour trouver du silence, du calme, de la sérénité ? Pas forcément très loin. Sur le Plateau suisse déjà. En 2020, la Fondation suisse pour la protection et l’aménagement du paysage, en collaboration avec l’EPFZ, a présenté une «Tranquillity Map» pour le Plateau suisse. Elle identifie 53 zones avec une grande qualité de tranquillité, selon les critères de l’étude. Les zones de tranquillité sont encore plus vastes et plus nombreuses dans l’Arc jurassien et surtout dans les Alpes. C’est ce que montre la carte de la nature sauvage en Suisse, récemment élaborée par des experts de l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL), en collaboration avec Pro Natura et Mountain Wilderness. Cette carte répertorie des zones proches de la nature enclines à devenir de véritables zones de nature sauvage.
Dans ces zones de tranquillité, on est d’autant moins disposé à supporter le bruit d’activités comme l’héliski, le vol de loisir ou les balades motorisées. Un plaisir pour quelques-uns au détriment de tous les autres. C’est une évidence: les zones de tranquillité ont besoin d’une protection ciblée et juridiquement contraignante contre les nuisances sonores.
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Raphael Weber
- Le col de Murter sépare le tranquille Val Cluozza du Val dal Spöl, traversé par la route qui mène au col de l’Ofen.
Protéger et favoriser les zones de tranquillité
Les experts s’accordent à dire que le bruit doit être combattu à la source. Si la plus bruyante de toutes les sources de bruit est le trafic, il faut donc le réduire considérablement. A son tour, le volume de trafic est indissociable de l’aménagement du territoire. Le combat de longue date de Pro Natura contre le morcellement du paysage est donc aussi un combat pour plus de calme et de tranquillité. Notre Initiative paysage, déposée en septembre 2020, le montre particulièrement bien. Elle souhaite mettre un terme à l’étalement urbain, donc à la pollution sonore, dans les zones non bâties.
Pro Natura défend également les zones de tranquillité avec sa campagne «Espaces sauvages – plus de place pour la nature!» ainsi qu’avec ses 700 réserves naturelles et son engagement en faveur des zones de tranquillité pour la faune sauvage. Toutes ces zones si importantes pour les êtres humains et la faune sont autant d’îlots de détente et de communion avec la nature.
Mais la planification de la protection contre le bruit doit aller au-delà de ces zones de tranquillité, souvent cantonnées à de petites surfaces. On se passerait bien par exemple des 40 places d’atterrissage en montagne où l’on dépose des personnes pourvues d’une conscience écologique discutable pour qu’elles « profitent de la nature » dans un bruit assourdissant. Ces sites d’atterrissage, dont certains sont même situés dans des paysages d’importance nationale, devraient être complètement rayés du plan sectoriel des infrastructures aéronautiques. Cela permettrait d’épargner chaque année à la nature et à nos oreilles plus de 10 000 vols inutiles en hélicoptère. La Suisse est prête à faire ce pas.
Rico Kessler est rédacteur du Magazine Pro Natura.
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Raphael Weber
- Les zones de tranquillité ont besoin d’une protection ciblée et juridiquement contraignante contre les nuisances sonores.
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Dans la nature - avec respect!
Nos amateurs et amatrices de grand air et protecteurs de la nature ont résumé pour vous les règles les plus importantes pour approche respectueuse de la nature. Adoptez-les donc vous-aussi, afin de ménager les animaux sauvages, les plantes et les paysages.
Nous vous souhaitons de belles aventures en forêt, en montagne, sur l’eau et où que vous soyez: Dans la nature - avec respect!
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Dans la nature avec respect
Vous trouverez ci-dessous les règles les plus importantes pour vos activités de loisirs en plein air, ainsi que de nombreux liens pour en savoir davantage.
- Respecter les zones de tranquillité et de protection pour la faune sauvage.
- En forêt: Rester sur les sentiers et itinéraires balisés/recommandés.
- Eviter les lisières et les zones sans neige.
- Tenir les chiens en laisse, surtout en forêt.
Davantage d'informations:
- Rester à une distance d’au moins 100 m des roselières.
- Rester à une distance d’au moins 100 m des bancs de sable et des îlots de gravier.
- Maintenir une distance de plusieurs centaines de mètres avec les concentrations d'oiseaux.
- Respecter les aires protégées.
Davantage d'informations:
- S’informer sur les itinéraires, offres et restrictions. Se conformer aux règles.
- Circuler uniquement sur les routes et chemins publics, les pistes et tracés balisés.
- S’abstenir de rouler au crépuscule et de nuit afin de ne pas déranger la faune sauvage. Ménager les chemins et la végétation en roulant sans agressivité.
- Respecter les autres usagers et leur accorder la priorité.
Davantage d'informations:
- S’informer des itinéraires, offres et aires protégées et se conformer aux règles.
- Emprunter les chemins et itinéraires existants dans la mesure du possible.
- Garder la nature propre et emporter ses déchets.
- Tenir les chiens en laisse, surtout dans les zones protégées, en forêt et sur les pâturages.
Davantage d'informations:
- S’informer des itinéraires, offres, sites protégés et fermetures saisonnières. Se conformer aux règles.
- Emprunter les itinéraires d'approche et de descente de la zone d'escalade existants, afin de ménager les milieux sensibles.
- Contourner les peuplements végétaux et les zones de nidification des oiseaux afin de ne pas impacter la flore et la faune sauvage.
- Garder la zone d'escalade propre et emporter tous ses déchets et équipements.
Davantage d'informations:
- Respecter l’obligation de tenir le chien en laisse et les autres règles de conduite.
- Dans les zones sensibles rester sur les sentiers et tenir les chiens en laisse, en particulier dans les réserves naturelles et les zones de tranquillité pour la faune sauvage, lorsque des animaux sauvages se tiennent à proximité, plus généralement dans les marais, roselières, forêts denses et zones riveraines.
- Rester sur les sentiers avec les chiens aux périodes sensibles et les tenir en laisse, surtout de nuit et durant la période de nidification des oiseaux.
- Ramasser les déjections canines et les éliminer correctement dans les conteneurs réservés à cet effet.
- S’informer des offres, restrictions et aires protégées. Se conformer aux règles.
- Pour une nuit à la belle étoile, éviter les zones sensibles telles que la limite supérieure des forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales.
- Éviter de faire du bruit ou de la lumière afin ne pas perturber la faune sauvage, en particulier dans la forêt.
- Limiter au strict minimum les activités nocturnes dans la nature, telles que la course à pied, le vélo et l'équitation.
Davantage d'informations:
- S’informer des offres (cabanes forestières, foyers, aires de pique-nique) et en respecter les règles.
- Apporter son bois et n'allumer de feu que dans les foyers prévus à cet effet.
- Emporter ses déchets et les éliminer correctement.
- Afin de ne pas perturber les animaux sauvages, éviter le bruit et la lumière.
- S’informer sur les chemins et les offres, ainsi que sur les aires protégées et se conformer à leurs règles.
- Utiliser dans la mesure du possible les chemins et les itinéraires existants, respecter la propriété privée et les terres exploitées.
- Ne pas perturber la faune sauvage, en particulier sur les sites de nidification et zones de tranquillité. Garder ses distances et ne faire aucun bruit.
- Renoncer aux observations nocturnes et ne pas utiliser de flash.
Davantage d'informations:
- S’informer des périodes d'interdiction, des quantités autorisées et des zones protégées.
- Ne cueillir que pour sa consommation personnelle. Ménager la végétation.
- Garder la nature propre. Emporter ses déchets et les éliminer correctement.
- Tenir les chiens en laisse, surtout dans les zones protégées et en forêt.
- Effectuer des vols dans des espaces sans dangers d’interférence. Pour ce faire, choisir des zones dégagées, sans oiseaux ni autres animaux sauvages, ou des zones urbaines peu peuplées.
- Utiliser l'appareil avec prudence. Ne pas s’approcher ni poursuivre d’animaux sauvages. Si des animaux réagissent, suspendre immédiatement le vol.
- Éviter les vols dans des zones sensibles, notamment à proximité de concentrations d'oiseaux, groupes d'animaux sauvages, parois rocheuses, haies ou roselières.
- N'effectuer aucun vol au-dessus de réserves naturelles, de zones de tranquillité pour la faune sauvage, districts francs ou réserves d'oiseaux d'eau et migrateurs.
Davantage d'informations:
- Avant le vol, s’informer des sites de décollage et d'atterrissage et des dispositions réglementant la zone de vol.
- Utiliser les sites de décollage et d'atterrissage officiels et balisés. Au sol, rester sur les chemins publics.
- Voler avec précaution. Ne pas se diriger vers des animaux sauvages, s’en éloigner immédiatement s’ils réagissent.
- Survoler les réserves naturelles, districts francs et zones de tranquillité pour la faune sauvage à une hauteur importante. En hiver, rester à proximité des infrastructures touristiques.
Davantage d'informations:
- S’informer sur les zones protégées et se conformer aux règles. Respecter la propriété privée et les terres exploitées.
- Rester dans la mesure du possible sur les chemins, sentiers et itinéraires existants.
- Placer les caches uniquement dans des endroits accessibles au public et sans aucun impact négatif sur la faune sauvage et la végétation.
- Garder la nature propre. Emporter ses déchets et les éliminer correctement.
- S’informer des itinéraires, offres et restrictions. Se conformer aux règles.
- Emprunter uniquement les routes et chemins publics, les pistes équestres balisées.
- Ne pas déranger la faune sauvage. Éviter les sorties au crépuscule et de nuit.
- Respecter les autres usagers et leur accorder la priorité.
Davantage d'informations:
Code de bonne conduite de la Fédération Suisse de Sports Équestres
- Respecter les habitats des animaux et des plantes, et rester à l’écart des biotopes. Ces derniers sont généralement signalés par des poteaux rouges/jaunes/bleus avec un «chapeau vert».
- Se déplacer uniquement sur les chemins et aires de jeux prévus à cet effet.
- Ne pas déranger la faune sauvage et ne pas cueillir de plantes.
- Éliminer les déchets à l’endroit prévu à cet effet.
Davantage d’informations:
Des exemples qui font école
Enseigner un autre type d’agriculture
A 25 ans, Martin Ott hésitait entre la biologie, la médecine ou l’agriculture. «Je ne voulais pas être un théoricien, alors j’ai opté pour l’agriculture et j’ai mis sur pied une ferme à Bäretswil, avec ma femme», raconte Martin Ott. Plus tard, l’agriculteur a loué la plus grande ferme du canton de Zurich, à Rheinau, et l’a convertie à la production biodynamique. Aujourd’hui, Rheinau est une institution renommée, qui dispose également d’une réserve de semences sans OGM pour l’agriculture biologique et d’une fondation socio-thérapeutique.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
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Jusqu’à cet automne, Martin Ott est encore responsable de la formation biodynamique des agriculteurs et agricultrices de Suisse. Son crédo: il faut prendre dans la nature de quoi nous nourrir mais sans la détruire pour autant.
Auteur du livre «Kühe verstehen – eine neue Partnerschaft beginnt» (ndlr : Comprendre les vaches – vers un nouveau partenariat), il est également considéré comme «l’homme qui murmure à l’oreille des vaches». «Dans de nombreuses cultures, les vaches sont sacrées. Dans la nôtre, elles ont été dénaturées par les exigences techniques qui leur ont été imposées», déplore Martin Ott, qui aime réfléchir à la nature profonde des choses. sb
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Nicolas Zentner
- Martin Ott, agriculteur
Moins c’est beaucoup plus!
Moins. C’est le mot qui définit le mieux Léna Abi Chaker. Journaliste, elle rédige des articles pour le journal Moins! et souhaite par ce biais «apporter un regard critique sur la société actuelle et proposer des solutions pratiques pour la vie quotidienne». Dans sa vie, elle consomme moins. «Je consomme mieux et je produis davantage moi-même.» Elle prépare tous ses repas, elle ramasse une grande partie de sa nourriture, «ça me prend dix minutes par jour, car les plantes sauvages poussent autour de chez moi», elle fabrique différents produits avec « de l’huile de tournesol pour la peau, du vinaigre pour le ménage».
Surtout, elle travaille moins: fini le 100 %! «C’est la première étape vers une reconversion, cela libère temps et énergie, pour faire soi-même beaucoup de choses. Au final, on fait même des économies, la boucle est bouclée». Elle souhaite à tout le monde de devenir aussi autonome que possible, capable de subvenir à ses besoins, mais «pas dans le sens de gagner sa vie, non. Plutôt être capable de se nourrir, de se chauffer, de s’habiller, de bricoler, de réparer, de construire». En le faisant elle-même, elle montre que c’est possible. «Je partage avec d’autres des découvertes intéressantes et des solutions simples ou pratiques.» fk
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Nicolas Zentner
- Léna Abi Chaker, «diffuseuse d'autonomie»
Actionner les leviers politiques
Depuis des années, elle se bat pour la qualité de l’eau potable: Franziska Herren (54 ans) est à l’origine de l’Initiative pour une eau potable propre. Au lendemain du rejet de celle-ci par le peuple suisse, elle n’aime pas parler de défaite. «Je suis malgré tout contente de m’être engagée. Nous sommes des millions de personnes à avoir perdu, dont des bébés et des enfants, nous qui consommons de l’eau potable dont la charge en pesticides est supérieure à la valeur limite.»
Propriétaire d’une salle de fitness, Franziska Herren s’est investie pour la première fois en politique à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima. Elle a alors lancé une initiative dans le canton de Berne demandant la fermeture immédiate de la centrale nucléaire de Mühleberg. Cette initiative a été rejetée mais les exploitants ont arrêté le réacteur en 2019.
Ecœurée par le caractère inadapté de la politique agricole, Franziska Herren a lancé l’Initiative pour une eau potable propre en 2017. Elle estime qu’il faudra peut-être une nouvelle tentative pour convaincre la population de la nécessité de mieux protéger notre eau potable. Une ténacité qui prouve une fois de plus que de simples particuliers peuvent être à l’origine de changements majeurs. sb
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Nicolas Zentner
- Franziska Herren, citoyenne politicienne
Faire école avec la création du Parc national suisse
Steivan Brunies (1877–1953), biologiste originaire de S-chanf (GR) et fils d’un ancien chercheur d’or, a été un pionnier de la protection de la nature. Professeur d’école secondaire à Bâle, il a su défendre la cause de la nature auprès de la jeunesse. Avec Paul Sarasin, il fut à l’origine de la création de la Ligue suisse pour la protection de la nature, dont il a été le premier secrétaire central de 1909 à 1935. A ce titre, il fut également l’un des pères fondateurs du Parc national suisse en Basse-Engadine, le premier d’Europe centrale.
En tant que premier surveillant général du parc, Steivan Brunies a suivi la réintroduction du bouquetin, l’emblème de Pro Natura. Mais c’est en vain qu’il aura espéré le retour d’une autre espèce menacée d’extinction: «Il est probable que l’ours aura bientôt disparu pour toujours », écrivait-il quelques années avant sa mort. Heureusement, l’avenir lui a donné tort et ursus arctos se propage à nouveau lentement dans l’Arc alpin.
Stefan Brunies a également pu voir «son» Parc national faire école dans toute l’Europe. On en compte aujourd’hui près de 300 sur le continent. En revanche, aucun nouveau parc national n’a vu le jour en Suisse depuis lors. zen
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Nicolas Zentner
- Steivan Brunies, fondateur du parc national
L’amoureux des montagnes allie le geste à la parole
«La nature est ma source d’inspiration, notamment la montagne. J’habite en Suisse depuis un an et demi seulement. L’action de Summit Foundation m’a tout de suite impressionné, car elle motive les gens à préserver l’environnement protégé de proximité par des actions concrètes simples. J’ai grandi en Ouzbékistan, au temps de l’URSS, à l’époque de l’avènement de la société de consommation, avec son flot de PET et de sachets en plastique. J’ai vu des rivières très polluées. Au Tadjikistan, où j’ai travaillé ensuite pendant neuf ans, j’ai vu des sources d’eau en haute montagne envahies par du plastique.
J’ai toujours essayé de faire quelque chose de concret pour la nature: en Jordanie par exemple, j’ai rejoint une association de rando-nettoyeurs dont l’engagement est de rendre l’aspect originel aux sites naturels. Alors dès mon arrivée en Suisse, je suis très vite devenu bénévole à Summit Foundation, avec la même envie de nettoyer la nature. Ce n’est pas compliqué comme geste, et les effets sont grands pour l’environnement.» fk
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Nicolas Zentner
- Kirill Kuzmin, nettoyeur bénévole
Des assemblées citoyennes contre la crise climatique
a fait une première expérience positive dans ce sens.
Face au peu d’empressement de la Suisse à agir pour protéger le climat, les Vertsdemandent la création d’un Conseil du climat. Le parti écologiste souhaite la constitution d’une assemblée citoyenne composée de 200 personnes tirées au sort, qui proposeraient des mesures «susceptibles de réunir une majorité pour protéger le climat et instaurer une plus grande justice climatique». On veillerait à une représentation équilibrée des différentes catégories de population. A l’automne 2020, avant que la loi sur le CO2 n’échoue dans les urnes, le groupe parlementaire des Verts avait déposé une initiative parlementaire dans ce sens. La création d’un Conseil du climat figure également parmi les principales revendications du Mouvement pour le climat.
L’intérêt d’une telle assemblée citoyenne, c’est qu’elle ne serait inféodée à aucun parti et délibérerait loin des feux des médias. Cela la rendrait plus apte à proposer les mesures incisives indispensables pour maîtriser la crise climatique. Le conseiller national Balthasar Glättli en témoigne: «J’ai été surpris par l’ampleur des mesures dont ont accouché des assemblées similaires en France et en Irlande.» En Suisse, le Conseil du climat pourra proposer des modifications législatives qui seront traitées de manière accélérée par le Conseil fédéral et le Parlement. Il pourra en outre, si deux tiers au moins de ses membres le souhaitent, soumettre au peuple et aux cantons des modifications de la Constitution.
Uster joue les pionniers
Au niveau communal, la ville d’Uster (ZH) a déjà tenté l’expérience. Son Conseil du climat a vu le jour à l’initiative du canton de Zurich. L’automne dernier, vingt personnes tirées au sort parmi les intéressés se sont réunies pour discuter de la protection du climat. Joelle Warthmann, bachelière en année sabbatique, était de la partie. «Nous avons débattu de manière très ouverte, chaque avis a compté. On comprend mieux ainsi ce qu’est concrètement la politique», s’enthousiasme-t-elle. Auparavant, Joelle se préoccupait déjà du climat, sans pour autant être une militante.
Après des délibérations réparties sur quatre journées avec un exposé introductif par un expert du climat, le «panel citoyen d’Uster pour une meilleure protection du climat» a arrêté quarante-quatre mesures, qui vont des visites de spécialistes de l’environnement dans les écoles à l’instauration par la commune d’un sac poubelle pour les déchets plastiques. Début novembre, les membres du panel citoyen ont présenté les mesures à une centaine de personnes. Joelle Warthmann a trouvé l’expérience «très positive» et aimerait voir de telles initiatives se multiplier.
C’est maintenant au tour des instances politiques d’Uster d’examiner quelles revendications seront mises en œuvre. «Nous avions déjà fait pas mal de choses auparavant», fait remarquer Karin Fehr (Verts), magistrate responsable du dossier à la municipalité. Le panel citoyen n’a pas hésité à empoigner des thèmes controversés et a recommandé par treize voix contre sept la généralisation de la limitation de vitesse à 30km/h dans les quartiers. Karin Fehr signale que cette mesure rencontre un écho positif au sein de l’exécutif. La proposition du Conseil du climat «confirme la pertinence de notre action et nous incite à poursuivre dans ce sens». La ville d’Uster est gouvernée depuis 2018 par une majorité rouge-verte.
La Suisse réticente
A l’échelon national, l’appel à instaurer un Conseil du climat a sans doute plus de mal à convaincre, notamment parce qu’un tel organe disposerait de davantage de compétences que le panel citoyen d’Uster. La commission du Conseil national chargée de l’examen préalable a clairement rejeté l’initiative parlementaire des Verts par dix-neuf voix contre cinq. Même les parlementaires socialistes ne l’ont pas unanimement soutenue. La majorité de la commission a estimé qu’un Conseil du climat «affaiblirait» la position du Parlement en instituant une autorité concurrente, puisque les citoyens et citoyennes ont déjà la possibilité d’intervenir dans le processus politique grâce aux instruments de la démocratie directe. Peu avant la clôture de la rédaction, le Conseil national a rejeté l’objet par 136 voix contre 33, il n’est donc plus sur la table.
Balthasar Glättli n’abandonne pas l’idée pour autant et veut «continuer à la promouvoir en tenant compte des critiques.» Et à l’échelon local, le canton de Zurich prévoit de créer d’autres Conseils du climat, cette année à Winterthour et à Thalwil.
STEFAN BOSS est journaliste indépendant.
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«Je ne connaissais rien au climat»
Un exercice de démocratie directe à l’échelle nationale a eu lieu d’octobre 2019 à juin 2020 en France: la première Convention Citoyenne pour le Climat. Son but: définir des mesures pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2030. Entretien avec Guy Kulitza, technicien informatique aujourd’hui retraité.
Magazine Pro Natura: quelle est l’origine de la Convention Citoyenne pour le Climat?
Guy Kulitza: elle fait partie des mesures prises par Emmanuel Macron qui avait promis un «grand débat national» pour répondre à la crise des gilets jaunes. Dès avril 2019, un institut indépendant a généré aléatoirement des numéros de téléphone pour garantir un panel représentatif de la population française selon les critères de l’âge, du genre, de la zone d’habitation, des niveaux de diplôme et des catégories socioprofessionnelles.
Personne ne s’est donc porté volontaire ou n’a posé de candidature liée à un parti politique ou un lobby économique pour participer aux débats?
Exactement. Nous avons toutes et tous été tiré-es au sort. J’ai d’abord cru avoir été victime d’un spam. J’ai discuté avec ma famille avant de décider de me lancer dans cette aventure. J’avais tout à apprendre: je ne connaissais rien au climat, je n’avais pas spécialement de conscience écologique.
Comment s’est déroulée la convention?
Son organisation a été confiée au Conseil économique, écologique et social (CESE). Un comité de gouvernance indépendant a été mis en place pour assurer l’accompagnement de la convention, préserver son indépendance et le respect de sa volonté. Les 150 membres ont à nouveau été tirés au sort pour siéger dans l’un des cinq groupes de travail: se loger, se déplacer, consommer, produire et travailler, se nourrir. Un groupe d’appui composé d’expert-es dans les différents domaines abordés était là pour contrôler les faits et chiffres et répondre aux questions législatives ou scientifiques durant les débats. Finalement, des facilitateurs et falicitatrices nous ont encadrés pour assurer que chaque membre puisse s’exprimer.
Que s’est-il passé au cours des huit sessions?
Des intervenant-es de tous bords politiques et idéologiques ont présenté leur analyse et l’état actuel des connaissances sur le climat dans leurs domaines de compétences respectifs. J’ai fait partie du groupe «se nourrir». J’aurais préféré les transports, un domaine où je pensais pouvoir participer plus efficacement. Mais avec du recul, je trouve que la démarche a du sens: finalement j’ai écouté attentivement les interventions des représentant-es de l’agro-industrie, des semenciers, des circuits courts et de nombreuses ONG sans a priori ni préjugés.
L’exercice de démocratie participative est donc réussi pour vous?
Absolument! Même si, selon moi, le Président de la République a trahi sa parole: il avait promis de transmettre aux parlementaires les propositions les plus abouties «sans filtre». Or sur les 149 propositions, seules une quinzaine ont réellement été reprises par le gouvernement. Si je suis déçu, notre rapport a quand même fait avancer les choses. L’exercice a montré qu’avec des informations multilatérales et de qualité, chaque citoyen peut prendre de grandes responsabilités et amener des propositions ambitieuses, à même d’être acceptées par une large majorité.
Quel bilan tirez-vous de cette expérience?
Si la politique venait «d’en bas», elle serait plus apaisée: nos débats étaient empreints de respect et de bon sens, aucune de nos propositions n’allait à l’encontre de l’intérêt général. Chacun en est ressorti transformé.
MURIEL RAEMY est journaliste indépendante.
www.conventioncitoyennepourleclimat.fr