Une musaraigne sauvée sur une main

Barrières et pièges dans l’espace urbain

Petites mesures, grande efficacité: dans l’espace urbain, dans le jardin et autour de la maison, il existe de nombreux pièges et barrières pour les petits animaux. Souvent, nous ne nous en apercevons même pas. Ils ne sont pourtant pas difficiles à éliminer.

Beaucoup de petits animaux, mais aussi de plus grande taille, utilisent une zone bâtie comme une partie de leur habitat. Ainsi, on trouve par exemple des loirs dans les combles des maisons, des tritons alpestres et des grenouilles dans l’étang du jardin et des hérissons qui se régalent de limaces dans les plants de salade. Le renard et la martre, eux aussi, s’aventurent dans les villages et les villes. Mais nous les Hommes, nous empiétons çà et là, sans le savoir, sur l'«habitat» de nos colocataires et les mettons en danger de mort.

Veillez à éliminer les pièges à faune existants ou à ne pas en créer de nouveaux. Il n’en faut pas plus pour aider la nature. Les villages et villes servent également d’habitat à tout un monde animal. Vous donnerez ainsi plus de valeur à l’espace urbain et assumerez vos responsabilités vis-à-vis de la nature.

    Il existe aussi différents dépliants sur ce sujet avec pour titres: «ATTENTION, animaux sauvages!» et «Des amphibiens autour de sa maison». Sur demande, nous vous en enverrons volontiers plusieurs exemplaires. Merci de prendre contact par e-mail:



    Les dangers pour les animaux sauvages autour de la maison

    Ce que vous pouvez faire

    Éliminez clôtures et filets

    Les clôtures et filets (clôtures de jardins, clôtures de pâturages et filets de protection contre les oiseaux) constituent non seulement des barrières qui fractionnent les habitats des animaux, mais peuvent aussi représenter des pièges dangereux pour les renards, les blaireaux, les chevreuils, les hérissons et les oiseaux.

    Les animaux peuvent se prendre dans des filets lâches ou enchevêtrés. Lorsqu’ils se faufilent sous la clôture ou à travers les trous de celle-ci, ils peuvent rester accrochés, se blesser ou se coincer et agoniser dans d’atroces souffrances.

    C’est pourquoi il convient si possible de renoncer à l’utilisation de filets. Si leur utilisation est inévitable, choisissez des filets à fines mailles, souples et colorés. Fixez-les correctement et contrôlez-les régulièrement. La séparation la plus esthétique et la plus naturelle est la haie d’arbustes indigènes. Elle représente une valeur ajoutée à la fois écologique et simple à mettre en œuvre. Si vous recherchez une clôture, optez pour une clôture en bois surélevée par rapport au sol, avec un agencement diagonal des lattes offrant davantage de possibilités de passage.

    Sécurisez les ouvertures de puits et les accès à la cave

    Les puits de lumière, de ventilation ou d’eaux usées situés à fleur de sol sont des pièges mortels pour les petits animaux. Les accès de cave ont le même effet: les amphibiens, les reptiles, les coléoptères ou les petits rongeurs, voire les hérissons, peuvent y tomber et ne plus parvenir à en sortir en raison de parois verticales ou de marches d’escalier.

    Vous pouvez y remédier en couvrant le puits d’une claie à fines mailles, en réalisant un rebord surélevé ou en disposant un fossé crénelé autour du puits ou de l'accès à la cave. La mise en place d’une «aide à la montée», par exemple une mince planche de bois posée au-dessus de l’escalier ou dans le puits, permet aux animaux de s’échapper. Un nouveau puits de lumière peut être habillé de pierres disposées de manière à former une pente douce.

    Concevez vos jardins en tenant compte de la faune sauvage

    Les espaces verts et jardins situés en zone urbaine ne constituent généralement pas un habitat approprié pour la plupart des animaux, car ils n’offrent souvent ni abri, ni nourriture. Quelques exemples: les plantes exotiques sont généralement inutiles pour la faune locale, un gazon coupé ras et fertilisé est très pauvre en espèces animales, et le manque de plantes à fleurs lui confère peu d'attrait pour de nombreux insectes. Les murs en béton et les surfaces étanches sont des barrières et n’offrent aucun habitat pour les animaux.

    Un jardin naturel est un lieu de détente pour les Hommes, mais aussi un habitat pour ses occupants animaux et végétaux. Une conception variée du jardin doit intégrer différents éléments tels que des arbres, des buissons, des surfaces de prairie et de gravier, des murs secs, des zones ensoleillées et des coins ombragés. Les jardins extensifs sans engrais, dotés de plantes sauvages locales, sont les habitats préférés des espèces les plus rares.

    Couvrez les piscines et installez des échappatoires

    Aussi beau que puissent être un étang de jardin ou une piscine pour les habitants d’une maison, pour beaucoup de petits animaux tels que des petits rongeurs, des reptiles, mais aussi des renards, des blaireaux ou des hérissons, ils peuvent se muer en un piège mortel.

    Et ce, de deux manières: d’une part, les animaux courent le risque de se noyer dans un bassin rempli non couvert ; d’autre part ils peuvent, en hiver, tomber dans le bassin vidé. Dans tous les cas, il n’y a aucune échappatoire lorsque les parois du bassin sont trop raides, voire verticales.

    Couvrez les bassins et étangs à bords abrupts la nuit et en hiver, installez une échappatoire avec une planche ou des pierres disposées en pente douce et surélevez les bords du bassin. Une alternative particulièrement attractive pour la faune et la flore consiste à mettre en place un biotope humide ou un étang de baignade avec des rives plates.

    Soyez attentif lorsque vous entretenez votre jardin

    Les petits habitants des jardins domestiques sont menacés de diverses manières:

    • Lorsque la végétation est riche, ils risquent par exemple d’être pris dans une tondeuse ou une débroussailleuse, même dans leur abri.
    • L’utilisation de filets au niveau des arbustes et arbres fruitiers ou des vignes est un désastre surtout pour les oiseaux, mais aussi pour les hérissons.
    • Les poisons utilisés dans les jardins domestiques sont une menace pour de nombreux organismes vivant dans ce milieu.
    • Pendant la saison hivernale, il est fréquent de déranger par inadvertance les animaux dans leur abri d’hiver: éliminer ou brûler le tas de brindilles laissé au fond de votre jardin pourra nuire aux hérissons en hibernation, et puiser dans votre tas de bois de chauffage détruira le refuge hivernal des chauve-souris, des petits rongeurs ou des loirs.
    • Veillez également à brasser votre tas de compost avec délicatesse.
    • N’utilisez tondeuses et débroussailleuses qu’avec précaution à proximité des haies, et uniquement si cela est absolument nécessaire.
    • En hiver, laissez au repos les tas de branches aussi longtemps que possible.