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Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
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L'Alp Flix présente une grande biodiversité
15.10.2024 Protection des espèces

«Nous avons trop peu d’aires protégées où les espèces peuvent trouver refuge»

La Suisse manque de hotspots de biodiversité de grande taille et bien reliés entre eux. Urs Tester, responsable sortant de la division Biotopes et espèces à Pro Natura, dresse un bilan de la gestion des réserves naturelles.

En Suisse, il n’existe pas de vue d’ensemble ni de stratégie sur lamanière dont les aires protégées doivent être réparties et mises en réseau sur l’ensemble du territoire. Le patchwork actuel de zones protégées manque en outre de réserves naturelles diversifiées et de qualité, qui réunissent différents milieux naturels et abritent une grande variété d’espèces animales et végétales – ce que l’on appelle les hotspots de biodiversité.

Pro Natura assure la protection de plus de 800 réserves naturelles en Suisse, dont certains hotspots. Dans ce magazine, nous en présentons une petite sélection, avec des caractéristiques différentes. Parallèlement, nous nous entretenons avec notre chef de division sortant, Urs Tester, sur la gestion des réserves naturelles.

Magazine Pro Natura: «Quelles aires protégées pour la Suisse?»: c’est la question à laquelle vous consacrez votre nouveau livre, à paraître prochainement. Faut-il surtout des vastes aires protégées bien connectées, comme celles mises à l’honneur dans ce numéro?

Urs Tester: de toute évidence, il en faudrait plus de ce type. De nombreuses espèces menacées ont besoin d’habitats vastes en raison de leur mode de vie. Et les grandes réserves sont nécessaires aussi pour les espèces hautement spécialisées, car le risque d’extinction est élevé dans les aires isolées et de petite taille. Il suffit parfois de deux étés caniculaires successifs ou d’émissions d’azote trop importantes à proximité pour qu’une espèce disparaisse de la zone. L’impact de ces phénomènes est moins marqué dans les aires plus vastes, les espèces spécialisées s’y maintiennent donc plus facilement. En outre, une grande réserve a plus de chances d’être colonisée par des animaux et des plantes. Les îles en sont une parfaite illustration: plus elles sont grandes, plus on y trouve d’espèces.

Les arguments en faveur de la création de grandes réserves naturelles semblent donc nombreux.

Oui, mais il serait impossible de couvrir tous les types d’habitats et toutes les régions géographiques de Suisse avec seulement quelques très grandes aires protégées. Il en faut donc de plus petites, réparties sur tout le territoire. Autre point important, elles ne doivent pas être trop éloignées les unes des autres, et doivent être reliées entre elles par ce que l’on appelle des biotopes-relais, comme des haies, des prairies extensives, des étangs, des ruisseaux à ciel ouvert. Là encore, les îles sont un bon exemple: celles qui sont isolées, éloignées d’un continent ou d’autres îles, comptent moins d’espèces. Cette «théorie des îles» va donc dans le sens, arguments à l’appui, de la création de corridors écologiques.

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Haie d'arbres riche en espèces près de Mümliswil-Ramiswil, SO Susanna Meyer
Haie d’arbres riche en espèces près de Mümliswil-Ramiswil (SO).
Pourtant, il y a déjà plein de petites zones protégées en Suisse. Chaque commune en a une, qu’il s’agisse d’un étang, d’une ancienne carrière, etc.

Effectivement, la Suisse compte beaucoup de toutes petites aires protégées. Certains biotopes d’importance nationale ne sont pas plus grands qu’un terrain de handball. Mais un petit étang isolé ne peut assurer la survie d’aucune population. Il peut servir de relais, à condition qu’il se trouve à proximité de biotopes plus vastes. En Suisse, il n’y a pas assez d’aires protégées où les espèces peuvent se sentir en sécurité et trouver refuge. Pro Natura essaie de montrer l’exemple et de contribuer au déploiement d’un réseau de zones protégées viable: en gérant 260 km2 de réserves naturelles, nous participons au maintien de la biodiversité. Mais c’est insuffisant, il en faut davantage.

À quoi reconnaît-on une «bonne» réserve naturelle?

Elle doit être bien connectée et être entourée d’une zone tampon suffisamment large. Bon nombre de sites à protéger se trouvent au cœur d’une zone exploitée intensivement et sont exposés à de nombreux risques, comme les engrais, les pesticides, la lumière artificielle, le bruit, la circulation. Plus les «frontières» sont marquées, plus les réserves naturelles sont vulnérables. Dans l’idéal, la transition entre la zone protégée et la surface exploitée intensivement devrait être graduelle. Et le paysage y gagnerait aussi beaucoup. Enfin, la manière dont la réserve est gérée et entretenue est un élément décisif.

À quoi faut-il veiller?

Tout d’abord, il faut fixer un objectif clair: quels milieux naturels souhaite-t-on conserver ou valoriser? Il faut ensuite établir un plan de gestion pour définir comment atteindre cet objectif. Vient alors la mise en œuvre: les réserves naturelles ne sont pas autonomes, elles doivent être entretenues et développées. C’est aussi valable pour les espaces où on laisse la nature à sa libre évolution, comme les réserves forestières naturelles ou les zones alluviales. On peut éviter les dégradations ou les limiter au maximum par une bonne signalisation et une bonne gestion des visiteurs, ainsi que par la présence de rangers. Malheureusement, de nombreuses réserves communales, cantonales et nationales ne sont pas entretenues autant qu’il le faudrait et perdent en qualité. Les bas-marais s’embroussaillent, des néophytes envahissantes se répandent dans les zones alluviales, les hauts-marais s’assèchent.

Comment expliquez-vous ce manque d’entretien?

C’est le reflet du manque de considération d’une partie de la société envers la nature. La classe politique n’est pas prête non plus à investir les ressources financières et humaines nécessaires pour valoriser et développer les aires protégées. Au lieu d’être valorisés pour leur travail, les agriculteurs et agricultrices signent des contrats d’entretien standard et n’ont pas d’interlocuteur dédié, faute de personnel. Et parce qu’il n’y a pas assez d’argent, ils n’ont pas l’assurance de recevoir les contributions versées au titre de la protection de la nature. Autant d’éléments qui se répercutent sur leur motivation et sur la qualité de la zone protégée.

En Suisse, il existe peu d’aires protégées où la nature est livrée à elle-même. La plupart n’échappent pas au fauchage, à la mise en pâturage, à la taille ou au sciage. Ne serait-il pas bénéfique de laisser plus d’espaces sauvages?

Effectivement, de nombreuses espèces en profiteraient, raison pour laquelle Pro Natura s’engage depuis des années en ce sens. Cela étant, la Suisse est aussi riche en paysages cultivés dotés de biocénoses spécifiques. Sans agriculture, une partie de ces espèces n’existerait pas chez nous. C’est le cas du grand rhinolophe, une chauve-souris originaire du bassin méditerranéen, ou de la fouine, arrivée du Proche-Orient, deux espèces qui ont pu s’établir chez nous parce qu’elles y ont trouvé un habitat adapté sur les terres agricoles et dans les zones urbanisées. La flore messicole aussi est arrivée en Suisse grâce à la culture des terres. Originaire en grande partie du Proche-Orient, elle enrichit désormais les zones cultivées ici, à condition qu’on lui laisse l’espace dont elle a besoin. L’entretien du paysage est donc essentiel à la protection de la biodiversité. Là où la culture traditionnelle n’est plus pratiquée, nous devons la remplacer par des mesures ciblées.

Dans certaines zones protégées, la dynamique naturelle de l’eau est simulée, par exemple via la création d’étangs et de mares ou le dragage de gravières, afin de créer des habitats de substitution pour les populations des zones alluviales. Cela fonctionne-t-il?

Il s’agit là du type de réserve naturelle le plus complexe et le plus exigeant: parce que les rivières et les ruisseaux ne s’écoulent plus librement, leur dynamique naturelle est annihilée. Il faut donc des habitats de substitution dans lesquels les phénomènes naturels sont recréés par dragage. L’expérience montre que ces mesures sont efficaces.

Existe-t-il un «état idéal» vers lequel la protection de la nature tendrait?

De ce point de vue, les choses ont bien changé: iI y a plus d’un siècle, au moment de la création du Parc national suisse, on avait une vision très statique de la nature. On pensait que la forêt, après les grandes opérations de déboisement du 19e siècle, poussait en continu jusqu’à atteindre un équilibre éternel. Cet équilibre était perçu comme l’idéal à atteindre dans la forêt, mais aussi plus généralement dans tous les écosystèmes. Dans les années 1970, la notion de cycles répétitifs s’est imposée: on imaginait que les forêts avaient une phase de croissance puis d’écroulement avant de recommencer à croître. Cette idée de nature qui change toujours de la même manière est dépassée. On sait aujourd’hui que la nature est en constante évolution et le dérèglement climatique agit comme un accélérateur. Elle ne reviendra plus jamais à un état antérieur, mais continuera d’évoluer en spirale.

Qu’est-ce que cela signifie concrètement pour la gestion des zones protégées?

Les objectifs à atteindre ne doivent pas être liés à un état passé. Conserver un marais ou une prairie à l’identique est un objectif vain. En revanche, avec une bonne politique de gestion des réserves naturelles, nous pouvons favoriser la biodiversité et empêcher la nature de s’appauvrir.

NICOLAS GATTLEN, reporter, et RAPHAEL WEBER, rédacteur en chef du Magazine Pro Natura.

Découvrez la diversité de la nature dans une sélection de nos réserves naturelles.

Des loups dans la forêt
25.10.2024 Protection des espèces

Appel à la Confédération et au canton: éradiquer la meute du Parc national va beaucoup trop loin

L’abattage de l’ensemble de la meute du Parc national ordonné par le canton des Grisons à partir du 1er novembre est totalement disproportionné. Cette décision utilise beaucoup trop la marge de manœuvre offerte par la loi, sans que des alternatives aient été envisagées. Elle ne tient compte ni de la nécessité de mener des investigations plus poussées ni des spécificités du Parc national. Les organisations de protection de la nature appellent la Confédération et le canton à prendre leurs responsabilités sur les plans scientifique, éthique et politique, et à chercher ensemble des solutions mesurées.

C’est en 2023 qu’une meute s’est établie pour la première fois dans le Parc national suisse (PNS). Depuis, elle est intégrée à un projet de recherche du PNS, où des scientifiques étudient depuis plus d’un siècle l’évolution de la nature hors de toute intervention humaine. Le loup fait partie de la faune naturellement présente dans le Parc. Son retour permet d’étudier l’influence des prédateurs sur la nature indigène et d’en tirer des enseignements pour la gestion de la forêt, du gibier et du loup.

Prendre en compte les spécificités du Parc national

En août dernier, des loups qui s’étaient probablement séparés de la meute du Parc national ont tué deux bovins à l’extérieur du périmètre protégé. Les deux loups avaient moins d’un an et on ne sait pas exactement dans quelle mesure ils appartenaient (encore) à cette meute. Le canton des Grisons a alors pris la décision d’exterminer toute la meute aussitôt que les animaux sortent du Parc. Cette mesure va trop loin dans la marge de manœuvre autorisée par la loi: elle ne tient pas compte du statut particulier du Parc national, elle n’est pas le fruit d’une pesée des intérêts, et aucune solution alternative n’a été envisagée.

Proportionnalité exigée

Le procédé du canton pose la question de la proportionnalité de l’intervention dans la population de loups. D’abord d’un point de vue scientifique: les tirs sont-ils réellement efficaces pour empêcher les attaques aux animaux de rente? Le rôle du loup dans l’écosystème est-il suffisamment pris en compte? Y a-t-il des alternatives (protection des troupeaux, effarouchement ou si indispensable abattage ciblé par les gardes-chasse des seuls loups qui causent des dégâts) pouvant être rapidement mises en œuvre? Mais aussi d’un point de vue juridique: les organisations de protection de la nature ont déjà recouru l’an dernier pour demander à la justice d’examiner la proportionnalité des autorisations de tir visant les meutes de Stagias (GR), du Nanztal et des Hauts-Forts (VS). Il s’agit entre autres de déterminer quelles conditions doivent être remplies pour abattre une meute entière. Ces questions de fond sont déjà examinées par les juges et les organisations renoncent à un recours additionnel contre la décision du Parc national.

Il reste que l'unique parc national de Suisse doit être le lieu où trouver des solutions pour la cohabitation entre l’être humain et la nature, autant que possible sans armes. Les organisations de protection de la nature appellent le canton et la Confédération à revenir sur leur décision et à trouver en concertation avec le Parc national, la région et les alpages concernés une solution mesurée qui tient compte des spécificités de cet espace.

Informations complémentaires:

Contacts:

  • Pro Natura: Nicolas Wüthrich, responsable de l’information, tél. 079 212 52 54, @email   
  • Groupe Loup Suisse: Isabelle Germanier, responsable romande, tél. 079 652 28 49, @email   
  • BirdLife Suisse: François Turrian, directeur romand, tél. 079 318 77 75, @email      
  • WWF Suisse: Sophie Sandoz, chargée de communication pour la Suisse romande, 021 966 73 71, @email     

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Communiqué commun de Groupe Loup Suisse, BirdLife Suisse, WWF Suisse et Pro Natura

Forêt mixte du Plateau suisse
04.01.2024 Forêt

«Le problème, c’est la rapidité du changement climatique»

Harald Bugmann, professeur d’écologie forestière à l’EPFZ, observe les premiers signes du réchauffement climatique dans la forêt. L’écosystème forestier peut s’adapter, mais risque de ne plus remplir des fonctions qui nous sont vitales.
Magazine Pro Natura: comment se porte la forêt suisse?

Harald Bugmann: dans l’ensemble, assez bien. Car nous la gérons de façon durable, en utilisant des méthodes plutôt douces. Mais les effets du changement climatique sont déjà visibles, on perçoit plusieurs signaux d’alarme.

Lesquels?

La phénologie se modifie, avec par exemple un allongement de la période de végétation. La germination commence plus tôt, la chute des feuilles survient plus tard. Depuis 2018, les événements clima- tiques extrêmes se succèdent à une fré- quence accrue, notamment les sécheresses. C’est très probablement une conséquence du changement climatique. Si cela devient la norme, ça n’est pas très réjouissant.

Que voulez-vous dire par là?

Le changement climatique induit par l’être humain est extrêmement rapide et d’une ampleur considérable. La forêt peut s’y habituer, mais elle aura de plus en plus de mal à remplir des fonctions qui nous sont pourtant vitales, comme le stockage du carbone, la production de bois, la bio- énergie, la protection contre les dangers naturels en montagne. Par ailleurs, nous ne pourrons plus l’utiliser pour les loisirs.

Que pouvons-nous faire par rapport à cette évolution?

Nous pouvons couper plus tôt les essences menacées, comme les épicéas du Plateau suisse, et créer ainsi des trouées de lumière qui permettront à la forêt de se régénérer. Toutefois, en de nombreux endroits, les énormes effectifs de gibier compliquent cette tâche qui devient très coûteuse. Nous devons aussi nous demander si les jeunes arbres qui apparaissent naturellement sont ceux que nous souhaitons voir atteindre leur maturité dans cinquante ans. Dans le cas contraire, il faut réfléchir aux essences à planter.

Quelles sont ces essences?

Sur le Plateau, il s’agit par exemple du tilleul à petites feuilles, de l’érable plane et du chêne. Ils supportent bien la sécheresse. Mais le hêtre garde de bonnes perspectives de survie sur les sols les plus propices.

Et qu’en est-il des résineux?

L’épicéa ne résiste pas à la sécheresse et il est très vulnérable aux scolytes. On ne peut plus sérieusement envisager de le cultiver en moyenne et basse altitude. Plus haut, à l’étage subalpin, il pourra conti- nuer encore longtemps à jouer un rôle. Concernant le sapin, les avis sont partagés. Je suis moi-même convaincu qu’il a un grand potentiel pour l’avenir. Quant au douglas, même si n’est pas une essence in- digène, sa présence à 10–20% dans une forêt mixte peut être pertinente. Toutefois, il ne s’agit en aucun cas d’importer et de planter sans réfléchir des arbres exotiques sur de vastes surfaces. Cela peut s’avérer catastrophique.

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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

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Buchenmischwald Naturschutzgebiet Horngraben BS
Comment aider la forêt
  • Favoriser la dynamique naturelle.
  • Conserver et favoriser la biodiversité.
  • Procéder à un rajeunissement naturel avec des essences indigènes aussi diversifiées que possible et adaptées à la station.
  • Pratiquer une sylviculture proche de la nature.
  • Développer, garantir et indemniser les réserves forestières ainsi que les sites forestiers rares tels que les forêts humides et sèches, les forêts alluviales et les forêts de feuillus clairsemées.
  • Relier les forêts entre elles dans un réseau écologique.
  • Créer suffisamment de zones de tranquillité pour le gibier.
  • Là où le gibier cause des dommages du point de vue humain, autoriser la régulation, de préférence dans le cadre de processus naturels.
  • Se détendre en forêt en respectant la faune et la flore.
Le changement climatique a-t-il déjà un impact notable sur les différents étages de la végétation?

Il y a vingt-cinq ans, lorsque j’ai commencé à travailler en forêt, peu de gens se préoccupaient du changement climatique. Il allait de soi qu’en montagne, à l’étage des sapins et des épicéas, on ne trouvait pas de hêtres. D’ailleurs, on ne prenait même pas la peine de vérifier. À présent, nous en observons. Les remarquons-nous uniquement parce que nous nous attendons désormais à les trouver à ces altitudes? Leur présence à cet étage est-elle vraiment une nouveauté? Ou étaient-ils déjà là avant, sans que nous n’y prêtions attention? À mon sens, ces phénomènes indiquent quand même que la limite de propagation des essences se déplace vers le haut et beaucoup d’études scientifiques confirment cette hypothèse.

Le risque d’incendies de forêt va-t-il augmenter?

Oui, les feux de forêt vont devenir un sujet de préoccupation également au nord des Alpes. Après le canton de Glaris, ils ont frappé le Jura soleurois cette année. Nous n’y sommes pas habitués. Pour la forêt, ce n’est pas vraiment un problème. Effectivement, ces feux profitent à la biodiversité. Ils créent des niches pour des organismes qui n’auraient aucune chance de survie dans une forêt trop sombre.

Pouvez-vous décrire la forêt du futur?

Impossible, car cela dépendra de nous. Si nous réussissons à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, les dégâts seront limités. Dans le cas contraire, nous nous trouverons dans une situation inédite. Nous devrons faire face à des changements d’un ordre de grandeur jamais vus auparavant en un temps si court.

En d’autres termes, l’avenir de la forêt est entre nos mains?

Oui, c’est à nous de jouer. Jusqu’en février 2022, j’étais très optimiste, je pensais que nous avions la capacité de changer de cap. Mais avec les bouleversements géopolitiques récents, je constate que tous les pays se focalisent sur leurs intérêts à court terme. La réduction des émissions n’est plus une priorité à l’agenda politique.

BETTINA EPPER est rédactrice du Magazine Pro Natura.

Comment Pro Natura aide la forêt
Les réserves forestières permettent un développement naturel de la forêt. Grâce à une forte proportion de vieux bois et de bois mort, elles offrent un habitat à une grande diversité d’espèces. Pro Natura protège depuis plus de cent ans des sites naturels en Suisse, dont de nombreuses forêts comme la Combe Grède (BE), le Val Onsernone (TI), le Burstel (TG) ou la forêt d’Aletsch (VS).

La forêt, c'est plus que des arbres - beaucoup plus!

«Je filtre, tu bois»

Face aux enjeux liés à l’eau potable, la protection des eaux souterraines est une nécessité. Les forêts jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement en eau potable: les eaux souterraines issues des bassins versants forestiers présentent le plus souvent une qualité telle qu’elles peuvent être consommées sans traitement préalable.
Dans ce contexte, la Chambre des Bois de l’Ouest Vaudois, en collaboration avec le Groupement forestier de la Serine AGFORS et le soutien de l’État de Vaud et de la Confédération, a élaboré des outils pratiques permettant de concrétiser un partenariat entre les propriétaires forestiers et les distributeurs d’eau potable visant à garantir la qualité des eaux et à renforcer le cadre légal.

La boîte à outils mise à disposition (www.jefiltretubois.ch) est constituée de plusieurs documents permettant d’établir un partenariat. Elle propose un catalogue de mesures préventives de gestion à appliquer dans les zones de protection des eaux souterraines en forêt, la méthode de calcul de la perte de rendement ou des surcoûts engendrés, un contrat type, des propositions de supports de communication et des textes, à intégrer dans la planification forestière, sur les mesures particulières de gestion des zones de protection des captages.

Les conventions établies sur une base volontaire permettent au monde forestier d’être reconnu comme un acteur à part entière du cycle de l’eau et de valoriser un service écosystémique de la forêt.
François Godi

L’air frais de la forêt pour lutter contre la canicule

La forêt est un climatiseur naturel. La ville de Baden veut en faire bénéficier ses habitants avec son projet «Kühlwald» (forêt rafraîchissante), le premier de ce type en Suisse. Pour échapper aux trop fortes chaleurs estivales, il suffit de se réfugier en forêt: la canopée y offre un ombrage bienvenu. La sensation de fraîcheur est due à la transpiration des plantes, qui diffusent une humidité constante et refroidissent l’atmosphère.

La ville de Baden (AG) souhaite mettre à profit cette propriété rafraîchis- sante en redirigeant, la nuit, les courants froids de la forêt vers la ville par le biais de corridors. «L’idée nous a été donnée par un de nos garde forestiers, qui a constaté que même pendant les nuits de canicule, une brise agréablement fraîche souffle dans certaines zones de la forêt», explique Georg von Graefe, forestier en chef de Baden. En étudiant les courants d’air froid sur les relevés climatiques du canton, Georg von Graefe s’est demandé s’il était possible de les guider dans une direction précise. «Il s’agit simplement de profiter du phénomène physique qui veut que l’air frais descende et s’écoule au ras du sol, en canalisant ce flux à travers des corridors. Nous ne produisons rien, nous n’ajoutons rien, nous ne faisons que donner une orientation.»

En guise d’expérience, quatre corridors de 30 à 100 mètres de longueur sur 20 à 30 de largeur ont été ouverts, dans le cadre de l’exploitation normale de la forêt, en direction de la résidence pour seniors de Kehl. Vingt-deux capteurs ont mesuré la température sur une année, avant et après les coupes. Un effet rafraîchissant réel a été constaté par les résidents et les habitants des alentours. Georg von Graefe attend avec impatience les résultats de l’analyse des mesures, prévus pour début 2024.
Bettina Epper

Dans un paysage hivernal, un chasseur marche dans la neige fraîche.
04.01.2024 Protection des espèces

«C’est un affaiblissement brutal de la protection du loup»

La nouvelle ordonnance sur la chasse, introduite en novembre par le conseiller fédéral Albert Rösti, s’avère problématique non seulement du point de vue de la protection de la nature, mais aussi juridiquement. Selon l’avocat Michael Bütler, elle entre en conflit avec plusieurs lois. Il estime nécessaire que les tribunaux se saisissent du sujet.
Magazine Pro Natura: Michael Bütler, où en est la situation juridique du loup en Suisse?

Michael Bütler: le loup, jusque-là protégé, devient juridiquement une espèce que l’on peut chasser. Dans le pire des cas, on peut s’attendre à un massacre cet hiver.

Vous avez analysé le projet de révision de l’ordonnance sur la chasse sous un angle juridique. Comment l’évaluez-vous?

Je le juge insuffisante. Une ordonnance ne devrait régler que les détails de la mise en œuvre des dispositions générales de la loi ou de la Constitution. Les nouvelles dispositions ne sont pas faciles à comprendre, même pour les spécialistes et, selon l’interprétation, elles sont difficilement conciliables avec différents principes constitutionnels et légaux.

Lesquels?

Par exemple, le droit international, c’est-à-dire la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage, ou la Constitution fédérale suisse, qui prévoit que la Confédération doit préserver les espèces menacées d’extinction. Il existe aussi différentes lois, la loi sur la chasse, la loi sur la protection de la nature et du paysage ou la loi sur les forêts. Ces nouvelles dispositions de l’ordonnance sur la chasse font primer un intérêt, celui de décimer le loup, pratiquement sans tenir compte d’autres intérêts tout aussi importants.

Comment cette ordonnance sur la chasse entre-t-elle en conflit avec la loi sur la chasse à laquelle elle est théoriquement subordonnée?

La loi révisée sur la chasse, qui est partiellement entrée en vigueur en décembre 2023, stipule que l’effectif de la population de loups ne doit pas être mis en danger. Si tous les cantons décidaient maintenant, selon ce que permet l’ordonnance, de réduire au maximum les effectifs de loups, il se pourrait que le loup ne puisse plus survivre localement ni même régionalement.

La loi sur la chasse stipule également que les régulations du loup «doivent être nécessaires pour prévenir un dommage ou un danger pour l’homme lorsqu’il apparaît que des mesures de protection raisonnables ne seront pas suffisantes». Il s’agit donc toujours de prendre des mesures de protection telles que la pose de clôtures électriques et l’utilisation de chiens de protection avant de procéder à un tir. Est-ce que l’ordonnance le prévoit également?

L’ordonnance ne l’exige pas. Elle souhaite permettre une régulation jusqu’à l’atteinte d’un minimum de douze meutes, réparties de manière rigide sur cinq grandes régions. Le respect des conditions constitutionnelles et légales est toutefois prépondérant, ce qui signifie veiller à la survie de l’espèce, prendre des mesures de protection raisonnables avant d’abattre un loup et n’intervenir que lorsqu’un premier dommage mineur est survenu et documenté. En outre, un dommage important doit être imminent et pouvoir être vraisemblablement évité par la suppression de la meute.

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Avocat à Zurich, Michael Bütler est spécialisé dans le droit de l’aménagement du territoire et de l’environnement, ainsi que dans la problématique des dangers naturels.

Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.

Si l’ordonnance est contraire à la loi, est-elle au moins admissible au regard du droit?

Si le Conseil fédéral édicte dans une ordonnance des dispositions contraires à la Constitution et à la loi, celles-ci peuvent être attaquées juridiquement au cas par cas. Les nouvelles dispositions sont relativement floues et soulèvent plusieurs questions. Comment les demandes de tir des cantons seront-elles formulées et motivées? L’OFEV les approuvera-t-il toutes ou seulement en partie? Combien de demandes de tirs seront contestées par les organisations environnementales? C’est seulement avec la mise en œuvre que l’on verra comment les dispositions seront interprétées et si elles sont compatibles au droit supérieur.

La Confédération laisse-t-elle la responsabilité de la gestion du loup aux cantons?

Oui, la Confédération se dérobe un peu à sa responsabilité pour la confier davantage aux cantons. Cela pose problème pour plusieurs raisons: premièrement, la Confédération est responsable de la protection des espèces selon la Constitution, une tâche qu’elle délègue, à mon avis, trop largement. Deuxièmement, dans le climat de tension actuel, la pression sur les cantons et les organisations environnementales va augmenter. Et troisièmement, cette révision ne devrait être que temporaire, jusqu’à fin janvier 2025. La Confédération se tient du côté des opposants au loup, de sorte qu’il sera ensuite plus difficile de faire machine arrière. Jusqu’à présent, la protection du loup a toujours été assouplie par étapes. Cette fois, c’est un affaiblissement brutal de la protection du loup.

Vous avez évoqué la valeur seuil de douze meutes au minimum prévue par la Confédération. Existe-t-il des arguments juridiques contre ce chiffre rigide?

L’OFEV n’explique pas comment il a défini ce chiffre, ni comment la survie du loup peut être assurée avec douze meutes, alors que des études en recommandent davantage. Par ailleurs, deux principes juridiques sont violés: le principe de la proportionnalité, selon lequel une mesure étatique ne doit pas aller plus loin que nécessaire, et le principe de la légalité, qui présuppose qu’une disposition aussi radicale et nouvelle devrait être réglée au niveau de la loi et non de l’ordonnance.

Pour ce changement radical concernant un sujet aussi sensible, il aurait été souhaitable que la Confédération procède avec davantage de prudence. Quelles critiques adressez-vous à la Confédération?

J’ai le sentiment que la Confédération veut satisfaire de manière partiale et précipitée les intérêts des éleveurs d’animaux de rente, au détriment d’une espèce animale protégée. Il n’y a pas eu de discussion approfondie, ni de participation démocratique de tous les acteurs impliqués, ce qui serait pourtant nécessaire pour un débat aussi fondamental. Seules quelques associations ont eu la possibilité de prendre position pendant quelques jours, nous sommes donc loin d’une véritable consultation. En outre, il faudrait introduire des dispositions étendues au niveau de la loi, avec possibilité de référendum. À mon avis, cette procédure est inadmissible. Il serait donc souhaitable de contrôler la légalité des décisions de tirs douteuses ou contraires à la loi et de clarifier plusieurs points importants.

BRIGITTE WENGER est journaliste indépendante.

Bienen und Fliegen auf Wildblume
11.01.2018 Protection des espèces

«La disparition des abeilles n’est que la partie émergée de l’iceberg»

L’étude allemande sur la disparition des insectes publiée en automne dernier inquiète Yves Gonseth, entomologiste et directeur du Centre suisse
de cartographie de la faune à Neuchâtel.

Magazine Pro Natura: Monsieur Gonseth, plus de 75 % des insectes ont disparu en trois décennies en Europe. En tant qu’entomologiste, ces chiffres vous frappent-ils particulièrement?
Yves Gonseth: ce n’est pas parce que les insectes sont mon sujet d’étude et me fascinent que les résultats de cette étude m’interpellent. Les résultats de cette étude sont réellement inquiétants, même s’ils ne sont pas surprenants.

Inquiétants à quel titre?
Parce qu’ils indiquent un état de la biodiversité catastrophique. La disparition des abeilles, très médiatisée, n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les insectes, c’est 47 % de toute la biodiversité suisse et 73 % de la biodiversité de la faune suisse. Avec le déclin des insectes, il faut prendre conscience que c’est l’équilibre des écosystèmes qui est directement touché car ils jouent un rôle central dans de nombreux processus. Rappelons que près de 80 % des plantes sauvages dépendent des insectes pour leur pollinisation, tandis que 60 % des oiseaux en dépendent comme source de nourriture. D’autre part ils jouent un rôle fondamental dans le recyclage de la matière organique d’origine végétale (feuilles mortes en forêt par ex.) comme animale (déjections du bétail dans les pâturages par ex.).

Inquiétants mais pas surprenants, dites-vous. Est-ce à dire que nous connaissons l’ampleur de la catastrophe, en tout cas que nous savons beaucoup de choses, mais que nous ne faisons pas assez pour enrayer l’hécatombe? 
La situation n’est en effet pas nouvelle. Certes les résultats tombent aujourd’hui, mais la situation s’est dégradée avec le temps, sous nos yeux, sans que nous puissions toutefois la quantifier. Malgré la mise en place de mesures visant à promouvoir la biodiversité, son érosion en zone agricole se poursuit inexorablement. J’ai l’occasion de le vivre chaque année, sur le terrain, en retournant quand j’en ai le courage sur des sites dont j’ai étudié la faune par le passé. Le déclin de la Mélitée des Scabieuses, par exemple, une espèce emblématique des prairies et pâturages maigres, n’est pas un mythe. Je le vois régionalement et il est documenté sur l’ensemble de son aire de distribution. Cette étude a été réalisée dans 63 réserves naturelles réparties sur le territoire allemand. N’est-ce pas cela qui est le plus inquiétant ? Un déclin qui s’observe dans des aires protégées?
Il est important à ce niveau de préciser dans quel contexte ces réserves se trouvent. Il s’agit essentiellement de réserves de basse altitude, ceinturées de zones agricoles intensives et pour partie au moins également exploitées. Elles sont donc sous l’influence au moins indirecte de pratiques telles que l’épandage d’engrais chimiques, d’herbicides, de fongicides ou d’insecticides à large spectre. Les réserves naturelles ne sont pas sous cloche : ces résultats prouvent une fois de plus que l’agriculture a une influence sur l’évolution globale de la biodiversité et se doit donc d’assumer cette responsabilité en intensifiant plutôt qu’en réduisant les mesures prévues pour la préserver.  

L’agriculture est pointée du doigt, mais les causes de ce déclin ne sont pas clairement établies. 
Il est clair, et les auteurs de l’étude le reconnaissent, que d’autres variables, telles les fluctuations des conditions météorologiques, peuvent expliquer des fluctuations de biomasse d’insectes volants au cours d’une saison ou d’une année à l’autre. Mais les causes d’un déclin global aussi vertigineux doivent aussi être cherchées ailleurs. L’intensification des pratiques agricoles et l’épandage généralisé de biocides en font partie. Mais aussi la surexploitation des ressources en eau, la gestion calamiteuse des haies, lisières, talus routiers et ferroviaires, le rajeunissement excessif des forêts. Autant de pratiques qui ont des effets dévastateurs, y compris sur les milieux protégés. Aujourd’hui, la base de la pyramide écologique est attaquée, c’est à court terme l’ensemble de la biocénose qui en souffrira.

Vous appelez à une responsabilité individuelle et collective. Qu’entendez-vous par là?
Je suis un scientifique, mais ma relation à la nature n’est pas seulement cartésienne, chiffrée, analysée. Je la vis dans mon corps, dans ma chair. La nature, ce sont des sensations, du ressenti. Alors bien sûr la responsabilité collective du monde politique et des décideurs est engagée pour enrayer la perte de biodiversité. Mais j’appelle aussi chacun à réfléchir à la relation qu’il entretient avec la nature qui l’entoure. Il est urgent que nous prenions conscience de cette responsabilité individuelle et que nous remplacions l’indifférence, l’ignorance ou le déni par l’action.

La Suisse aussi touchée
L’étude allemande sur les insectes menée par des entomologistes de Krefeld s’est attachée à recueillir des données pendant 27 ans dans 63 réserves naturelles disséminées sur le territoire allemand. La masse totale des insectes pris dans des pièges a diminué de 76 % en moyenne, et même de 82 % au milieu de l’été. Selon les auteurs de l’étude, les résultats sont probablement représentatifs de ce qu’il se passe dans une grande partie de l’Europe, donc en Suisse également, où les conditions climatiques et agricoles sont similaires et où de nombreuses réserves naturelles se situent au milieu de terres agricoles. Cette étude pointe donc à nouveau du doigt notre responsabilité dans le déclin alarmant de la biodiversité et la nécessité de prendre des mesures urgentes, et de disposer de moyens financiers ad hoc, pour y remédier. Au même moment, le rapport d’examen environnemental 2017 de l’OCDE atteste également que la Suisse n’est pas bon élève en matière de sauvegarde de la biodiversité et qu’elle doit fournir des efforts dans ce domaine.

FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN, rédactrice romande du Magazine Pro Natura.

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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.

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Protection des espèces

Histoire du retour du loup en Suisse (1995-2021)

Loup courant dans la forêt
Comment le loup a-t-il fait sa réapparition en Suisse? Voici l'histoire de son retour présentée de manière chronologique.

Officiellement, le loup a disparu de Suisse à la fin du 19e siècle. Entre 1908 et 1990, certains spécimens isolés ont néanmoins fait leur apparition à plusieurs reprises sur le territoire national. Leur origine reste incertaine.

État: novembre 2021

Janvier 2021

La louve dominante de la meute du Ringelspitz est retrouvée morte près de Pigniu (GR). Les investigations menées sur la carcasse montrent que la louve a été tuée par d’autres loups, probablement au cours d’un conflit de territoire. 

Dans les gorges du Rhin près de Valendas (GR), un jeune loup, probablement de la meute du Ringelspitz, est à nouveau écrasé par un train. Un autre jeune individu, probablement de la meute de la Muchetta, est également tué par un train des Chemins de fer rhétiques entre Alvaneu-Bad et Filisur. 

Février 2021

La louve F78, qui a tué de nombreux moutons (provenant pour la plupart de troupeaux non protégés) dans la région de Gürbetal-Gantrisch (BE) et que l’on a ensuite tenté d’effaroucher en vain, est abattue par les gardes-faune bernois. Le tir était légal malgré l’absence de protection des troupeaux, car selon le Concept Loup, les attaques de loups dans des régions sans présence préalable de loups peuvent également être comptabilisées dans des troupeaux non protégés. La question de ce qu’on entend par la «présence de loups» est contestée. Des indices réguliers de la présence de loups dans les communes voisines ont été relevés et aujourd’hui, il faut s’attendre à ce que des loups puissent apparaître sur tout le territoire suisse! Il est urgent d’adapter le Concept Loup sur ce point. 

Mars 2021

Un loup est aperçu dans le canton de Zurich. Après avoir été décelé par un piège photographique, l’animal est observé par une cavalière. 

Le Conseil fédéral ouvre la consultation sur une modification partielle de l’Ordonnance sur la chasse (OChP) concernant la gestion du loup. L’amendement prévoit que des interventions contre des loups isolés (tir d’animaux isolés) et contre des meutes entières (régulation) doivent être possibles dès que certains seuils de dommages, plus bas qu’auparavant, sont atteints. À l’avenir, 10 attaques d’animaux de rente protégés au lieu de 15 seront suffisantes pour autoriser une intervention. En outre, la Confédération augmente ses contributions financières aux «mesures supplémentaires» des cantons en matière de protection des troupeaux, pour autant que celles-ci s’avèrent efficaces et justifiées. Cela inclut, par exemple, l’utilisation d’autres races de chiens de protection en plus des races «officiellement reconnues», comme c’est déjà le cas dans le canton des Grisons. Pro Natura accepte cette adaptation, mais demande en même temps une révision complète de la Loi et de l’Ordonnance sur la chasse ainsi que du Concept Loup, afin de renforcer la protection des espèces en général, en plus d’aborder les questions ouvertes sur la gestion du loup. 

Avril 2021

Dans le cadre de la mise en consultation de la modification partielle de l’Ordonnance sur la chasse (OChP), le conseiller d’État grison Mario Cavigelli déclare que le canton des Grisons exige des mesures plus strictes à l’encontre des loups – et ce en totale méconnaissance de la votation populaire de septembre dernier sur la révision de la Loi sur la chasse. Mario Cavigelli demande, entre autres, que les cantons puissent désigner des «zones libres de loups» ou tuer des meutes entières. 

Mai 2021

Un loup est écrasé sur l’A3 dans le canton de Schwyz, près de Wollerau. Il s’agit d’un jeune mâle.

Un garde-faune grison abat près de Vals un loup mâle adulte boitant fortement d’une patte avant. Il s’agit très probablement du mâle dominant de la meute du Ringelspitz. Cette meute, poursuivie par la malchance, a maintenant perdu son mâle dominant après sa louve dominante. Dans ces conditions, on ignore encore si cette meute pourra se maintenir et se reproduire à nouveau. 

Juillet 2021

Différentes mises à jour de l’Ordonnance sur la chasse (OChP) entrent en vigueur le 15 juillet 2021. À l’avenir, les loups isolés et les meutes pourront être abattus à partir de 10 animaux de rente attaqués par mois (au lieu de 15 auparavant). En outre, le budget alloué par l’OFEV à la protection des troupeaux est relevé à 0,8 million de francs. Les associations de protection de l’environnement acceptent l’abaissement des seuils de dommages pour les animaux de rente attaqués, mais elles sont d’avis que le soutien financier à la protection des troupeaux est encore insuffisant.

Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton du Valais ordonne le tir d’un loup dans la vallée de Conches. Les jours précédents, l’animal avait tué 7 moutons dans un troupeau protégé et 7 autres sur des alpages considérés par le canton comme impossibles à protéger. Les organisations de protection de la nature renoncent à déposer un recours, car les conditions légales sont remplies ; elles cherchent toutefois à discuter avec l’administration de la chasse et celle de l’agriculture, car Pro Natura et ses alliés estiment qu’il est inacceptable que les attaques sur des alpages non protégés (car qualifiés d’impossibles à protéger par le canton) soient toujours prises en compte dans l’autorisation de tir. 

Deux ânes dans la région de Schamserberg et un veau près de Trimmis sont gravement blessés par des attaques de loups mais ils survivent. Des attaques fréquentes de moutons (pour la plupart non protégés) ont lieu dans le Prättigau et la Mesolcina. Le canton des Grisons prend alors la décision d’abattre un loup du Prättigau qui a tué plus de 10 animaux de rente appartenant à un troupeau suffisamment protégé près de Seewis. 

Dans la région du Marchairuz, dans le Jura vaudois, débute une série d’attaques sur des veaux âgés de plus de 6 mois (>150 kg) dans des pâturages boisés. La responsabilité des loups dans ces attaques est en partie avérée et en partie présumée. Elle a pu être établie sur au moins 3 cas sur 10 et ces attaques sont probablement le fait de la meute installée dans la région. 

En Valais, dans le Val d’Hérens, plusieurs moutons sont également tués par des loups en juillet et août, parfois dans des situations de protection.

Août 2021

Fin juillet et début août, trois rencontres rapprochées ont eu lieu entre des hommes et des loups de la meute de Beverin dans la région du parc naturel de Beverin (GR). Lors de la première rencontre, une bergère et son chien de berger sont surpris «par derrière» par un loup sur le chemin d’un alpage au-dessus de Sufers. Le loup grogne contre eux en se tenant à 10 m de distance. Quand la jeune femme se met à gesticuler et à crier, le loup finit par s’en aller. Une semaine plus tard, la même bergère, à nouveau accompagnée de son chien de berger, rencontre trois jeunes loups dans la même région, à nouveau à courte distance. Les loups s’intéressent au chien, s’approchent et, selon le procès-verbal officiel du garde-chasse, tentent de l’«attraper». Les médias parleront plus tard d’une «attaque de loup sur le chien de berger». Une fois de plus, les loups se laissent effaroucher par les cris et les gesticulations de la bergère. Une bonne semaine plus tard, un groupe de randonneurs tombe sur deux loups adultes à environ 20 mètres de distance. Les loups sont chassés par les cris et les gesticulations des promeneurs mais ils ne disparaissent pas complètement de leur champ de vision. Quelques minutes plus tard, le groupe rencontre trois jeunes loups qui le suivent sur près de 20 mètres avant d’être dissuadés par le comportement des randonneurs. Les jeunes loups retournent vers les adultes, mais les cinq loups restent encore en vue des randonneurs pendant environ un quart d’heure à une distance de 300 mètres. 
Le lendemain, les alpagistes peuvent observer une grande partie de la meute, à savoir 5 adultes et 6 jeunes, dans la zone où la bergère a rencontré les loups. Il s’agit manifestement du «lieu de rendez-vous» de la meute de Beverin, ce qui pourrait expliquer le comportement curieux et explorateur des loups lors des rencontres évoquées. Bien qu’aucun signe concret d’agressivité envers l’homme ne puisse être prouvé, le service compétent souhaite agir à titre préventif et demande une régulation de la meute de Beverin. 

Le 3 août, un loup isolé est abattu dans la vallée de Conches par un garde-chasse en vertu de la décision de tir prise en juillet.  

Une nouvelle meute de loups est identifiée dans le Val d’Hérens, en Valais. Au moins cinq loups sont enregistrés par une caméra de surveillance de la faune. Il s’agit de la quatrième meute de loups attestée en Valais (mais la première meute attestée dans la région d’Augstbord n’existe probablement plus). 

Suite à l’accumulation d’attaques sur des troupeaux de moutons protégés et sur du gros bétail et à la fréquence des rencontres rapprochées avec des humains, le Service de la chasse et de la pêche des Grisons demande une (nouvelle) régulation de la meute du Beverin (pour la deuxième fois après 2019). L’OFEV autorise le tir de 3 jeunes loups au total, mais rejette la demande de tir concernant le loup dominant M92, que le Service de la chasse tient pour responsable de la plupart des dommages et de la transmission d’une «tradition» néfaste au sein de la meute. Selon l’OFEV, les conditions juridiques requises par l’Ordonnance sur la chasse ne sont pas remplies. M92 aurait dû être reconnu comme l’«auteur» d’au moins deux tiers de tous les dommages survenus dans la région pendant plusieurs années avant qu’un tir puisse être envisagé. Les organisations environnementales acceptent la décision de régulation et renoncent à un recours, même si elles considèrent que le comportement de la meute de loups est nettement moins préoccupant que ne l’estime le canton. Les conditions de régulation sont toutefois remplies, en raison également des dommages causés à des troupeaux protégés. 

Le Service de la chasse et de la nature du canton de Vaud demande la régulation des loups présents sur le territoire de la meute du Marchairuz en raison d’attaques répétées sur du gros bétail. L’OFEV approuve la demande de tir de deux jeunes loups. Les organisations environnementales acceptent la décision et renoncent à faire recours, mais elles tiennent à s’engager pour que des mesures appropriées soient prises afin d’éviter d’autres attaques de bétail l’année suivante. Suite à l’octroi de l’autorisation de tir, diverses protestations et actions de perturbation sont menées par des «sympathisants du loup» locaux contre le service cantonal de la faune. 

Suite aux attaques répétées sur des troupeaux de moutons protégés dans le Val d’Hérens, le Service valaisan de la chasse et de la faune demande la régulation de la meute du Val d’Hérens qui vient d’être identifiée. Le tir de deux jeunes loups est demandé. L’OFEV autorise la régulation. Les organisations environnementales acceptent la décision et renoncent à faire recours, car la limite des dommages aux troupeaux protégés est dépassée. 

Septembre 2021

Dans le canton de Glaris, dans le district franc de Kärpf, une nouvelle meute de loups est identifiée au moyen d’une caméra pour animaux sauvages. Deux louveteaux sont décelés par le piège photographique. Il s’agit de la deuxième preuve de la présence d’une meute dans le canton de Glaris. 

Le 8 septembre, soit quelques jours seulement après avoir reçu l’accord de l’OFEV pour la régulation de la meute de Beverin, les gardes-chasse grisons parviennent à abattre deux jeunes loups de la meute. Un autre animal peut encore être abattu d’ici à la fin mars 2022. 

Le 11 septembre, la surveillance de la faune du canton des Grisons prouve une autre reproduction de loups dans le haut du Val Mesolcina, près du col du San Bernardino, et donc la présence présumée d’une nouvelle meute. Un seul louveteau a été décelé par le piège photographique. Il s’agit de la septième preuve de présence d’une meute de loups dans le canton (mais deux des meutes, celle du Calanda et celle du Ringelspitz, ont disparu). 

L’Office fédéral de l’environnement rejette une demande du canton des Grisons visant à réguler également la meute de Stagias. Il estime que les conditions ne sont pas remplies, car une partie des dommages enregistrés par le canton sont intervenus dans des troupeaux insuffisamment ou non protégés. 

Le canton de Vaud confirme la présence d’une autre meute de loups dans le Jura vaudois et en France voisine (région du Risoud, Vallée de Joux). 
Sur le plan politique, même après le rejet de la nouvelle loi sur la chasse – ou peut-être justement à cause de cela – les choses ne se calment pas autour du loup. Plus d’une douzaine de nouvelles interventions au Conseil national et dans les commissions traitent des conflits liés au loup cette année. 

Le mois s’achève sans que l’individu dont le tir a été autorisé dans le Prättigau (GR) ait pu être abattu.

Octobre 2021

La première preuve (génétique) certaine de la présence d’un loup dans le canton du Jura est apportée près de Saint-Ursanne. Le loup est donc désormais aux portes des demi-cantons de Bâle-Campagne et de Bâle-Ville. 

Le mois d’octobre s’écoule sans que des loups aient pu être abattus dans le cadre des régulations autorisées. Dans la région du Marchairuz, la résistance locale des défenseurs du loup complique les tentatives de régulation. De plus, les meutes sont à nouveau beaucoup plus mobiles qu’en été, ce qui réduit les possibilités d’intervention des gardes-faune.

Novembre 2021

Sept chèvres sont tuées par un prédateur près de Lauwil dans le canton de Bâle-Campagne. Quelques jours plus tard, un loup est aperçu près d'une ferme isolée à Zeglingen, également dans le canton de Bâle-Campagne. Une caméra pour animaux sauvages détecte également l'animal près de Nunningen. Les analyses génétiques de Lauwil confirmeront quelques jours plus tard la présence du loup. 

Un loup mort est retrouvé dans la forêt de Finges (VS). L'autopsie révèle qu’il a été écrasé par une voiture. 

L’administration de la chasse du canton du Tessin annonce la découverte d’une nouvelle meute de loups tessinois. Des parents avec au moins 3 jeunes peuvent être identifiés dans la région sauvage de la Valle Onsernone.

Nombre de meutes de loups en novembre 2021

8 meutes avec preuve actuelle de reproduction (Beverin, Stagias, San Bernardino dans le canton des GR, Onsernone dans le Tessin, Kärpf dans le canton de GL, Val d’Hérens en VS, Marchairuz, Risoud dans le canton de VD). S’y ajoutent au moins 5 autres meutes avérées, mais sans preuve de reproduction de l’année en cours : meute de l’Albula (Muchetta) et meute de Valgronda dans les GR, de Schilt GL, du Chablais et d’Anniviers VS. En outre, des indices (non confirmés) de reproduction de loups ont été recueillis dans les régions d’Entremont (VS), Augstbord (VS) de Morobbia / Val Colle (TI) et du Weisstannental / Calanda (SG/GR).

Au total, on peut compter avec environ 13-15 meutes de loups et une population suisse d’environ 150 individus. On n’est donc plus très éloigné d’un «statut de conservation favorable» pour le loup en Suisse.

Pro Natura met un point final à sa chronique du retour du loup en Suisse en novembre 2021. On peut considérer que le loup est à nouveau présent en Suisse et qu’il y est répandu. Des habitats appropriés non encore colonisés dans le Jura et les (Pré)Alpes seront probablement regagnés dans les années à venir. Le Groupe Loup Suisse informe sur l’état actuel de la répartition des loups et des meutes de loups en Suisse sur son site Internet www.gruppe-wolf.ch et sur sa page Facebook

2020

Janvier 2020

Une louve est happée par un train près de Bonaduz (GR). 

Février 2020

Un loup atteint de la gale, qui avait causé d’importants dégâts à des animaux d’élevage ces dernières semaines dans la zone frontalière des cantons de Thurgovie et de Saint-Gall, notamment dans les enclos de fermes, est achevé par des employés du service de la chasse, près de Bischofszell (TG). Il s’agissait d’un individu venu d’Italie. 

Les gardes-faune du canton des Grisons ont posé un collier émetteur sur un loup de la nouvelle meute de Valgronda ayant séjourné près du village d’Obersaxen ces dernières semaines. L’objectif est de suivre de plus près les mouvements de cette meute de loups peu farouches. L’AJF (Service de la chasse et de la pêche du canton des Grisons) espère également que cette «intervention» à proximité immédiate d’une ferme aura pour effet d’effaroucher les prédateurs. 

Mars 2020

En raison de la pandémie de COVID-19, la votation populaire sur la nouvelle Loi sur la chasse est reportée à septembre 2020. 

Avril 2020

Le Tribunal cantonal valaisan admet les recours de Pro Natura et de l’Office fédéral de l’environnement OFEV concernant l’autorisation de tir d’un loup dans le Val d’Anniviers, délivrée en 2018. Selon la décision du tribunal, le nombre de moutons tués provenant de troupeaux effectivement protégés n’était pas suffisant pour une autorisation de tir. De plus, le périmètre de tir concernait également une zone dans laquelle on pouvait supposer la présence d’une meute, de sorte qu’il aurait fallu demander une autorisation de régulation d’une meute au lieu d’une autorisation de tir d’un animal isolé. Or, la régulation des meutes ne relève pas de la compétence cantonale. Le tribunal cantonal a ainsi donné raison à l’argumentation de Pro Natura sur tous les points importants. 

Juillet 2020

À l’occasion du 25e anniversaire du retour du loup en Suisse, le KORA publie un rapport complet sur la situation du loup dans le pays. Différents aspects de la question du loup y sont traités.

Dans les environs de Sedrun (GR), les gardes-faune parviennent à identifier la cinquième meute de loups des Grisons. Au moins 3 louveteaux de la meute de Stagias sont identifiés à l’aide de pièges photographiques. 

Des indices sonores relevés à proximité du col de Glas signalent que la meute de Beverin a fait des petits et des observations visuelles suggèrent que la meute du Ringelspitz compte à nouveau 5 petits au moins. 

Août 2020

Dans l’arrière-vallée de l’Albula, les gardes-faune peuvent confirmer la présence d’une autre meute de loups avec des petits: la meute dite de la «Muchetta» est la sixième meute de loups des Grisons. Depuis deux ans, on n’a plus aucune preuve de reproduction de la première meute, celle du Calanda. On peut supposer que cette meute est maintenant éteinte. 

Septembre 2020

Un chasseur observe deux jeunes loups dans la vallée de Mürtschen, dans le canton de Glaris. En février de la même année, deux loups adultes avaient déjà été observés ensemble dans la région de Kerenzerberg. C’est la première preuve de la présence d’une meute de loups dans le canton de Glaris. Elle est appelée « meute Schilt ».

Le 27 septembre 2020, le peuple suisse rejette la nouvelle Loi sur la chasse, et avec elle le principe d’une moindre protection des loups, par une courte majorité de 51,9 % des voix! Il s’agit d’une victoire historique des associations environnementales contre un projet des autorités. Cependant, les organisations victorieuses sont conscientes de la situation difficile de la population montagnarde et de la nécessité d’agir face au loup, et elles s’efforcent de trouver un compromis via l’Ordonnance sur la chasse. Une motion dans ce sens de la CEATE-N et de la CEATE-E sera déposée et soumise au Conseil national et au Conseil des États lors de la session d’hiver suivante. 

Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton du Valais confirme une nouvelle reproduction de la meute de loups du Valais central, sur le territoire de la commune de Grône. 

Le Service de la chasse et de la pêche du canton des Grisons (AJF) demande à la Confédération la régulation de la meute de Beverin, qui aurait attaqué deux têtes de gros bétail (un veau et un âne). La demande est ensuite rejetée par le Confédération. Selon l’OFEV, un seul âne ne constitue pas un «dommage important» selon la législation sur la chasse, ce qui autoriserait une intervention contre la meute dans son ensemble. Le veau tué est né dans un pâturage dans une situation non protégée et ne «compte» donc pas non plus. 

Octobre 2020

Dans la région de Gantrisch (BE), un loup tue plusieurs moutons (pour la plupart non protégés ou insuffisamment protégés) et en blesse d’autres. L’inspection de la chasse décide que l’individu doit être effarouché. 

Novembre 2020

Dans la vallée du Rhin saint-gallois et dans les demi-cantons voisins d’Appenzell Rhodes-Intérieures et d’Appenzell Rhodes-Extérieures, plusieurs animaux de rente sont tués ou blessés par des loups, parfois presque simultanément. On doit supposer la présence d’au moins deux, voire trois individus différents dans la région. Des observations sont également réalisées à des distances relativement courtes. 

Dans la Surselva, un loup est à nouveau heurté par une voiture, cette fois entre Disentis et Sedrun. Le jeune mâle vient probablement de la portée de cette année de la meute de Stagias. 

Décembre 2020

Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton du Valais publie son bilan annuel de l’activité du loup dans le canton. 22 loups différents ont été enregistrés, dont 16 nouveaux individus. 302 animaux de rente ont été tués, dont 65 dans des troupeaux protégés. Dans le Valais central et le Bas-Valais, une meute avec reproduction a été identifiée. En outre, le Val d’Entremont et le Val de Bagnes comptent tous deux un couple de loups. 

Entre Surava et Alvaneu (GR), deux jeunes loups de la meute de la Muchetta ont été happés par un train et au moins l’un d’eux a été tué. Les recherches pour retrouver le second animal, vraisemblablement blessé, ont été infructueuses. Les deux loups faisaient partie d’un groupe de 7 animaux qui essayaient de traverser les voies. 

Un jeune loup a également été renversé par une voiture dans la Surselva. L’accident s’est produit sur la route en aval de Siat. Il s’agit probablement d’un jeune individu de la meute du Ringelspitz.  

Nombre de meutes de loups en décembre 2020

9 meutes avec des preuves actuelles de reproduction (Ringelspitz, Beverin, Valgronda, Stagias, Muchetta aux GR, meute Schilt dans le canton de GL, Chablais et Valais central en VS, Marchairuz dans le canton de VD).

Les meutes du Calanda (GR) et de Morobbia (TI) n’existent probablement plus. 

La population totale de loups suisses est estimée à environ 100 individus.

2019

Officiellement, le loup a disparu de Suisse à la fin du 19e siècle. Entre 1908 et 1990, certains spécimens isolés ont néanmoins fait leur apparition à plusieurs reprises sur le territoire national. Leur origine reste incertaine.

Situation: 24.07.2019

Janvier 2019

Un loup est décelé pour la première fois par un piège photographique de la Principauté du Liechtenstein.

L’Université de Lausanne (UNIL) publie les résultats d’une étude sur la génétique des loups «suisses»: depuis la première réapparition de loups dans notre pays, en 1995, l’Institut responsable de l’UNIL a analysé des échantillons issus de 115 loups suisses différents. Des traces génétiques d’un croisement antérieur avec des chiens n’ont pu être mises en évidence que dans deux cas (à peine 2%) chez les individus analysés. Les deux loups descendaient donc de lignées de loups au sein desquelles un croisement avec un chien (probablement dans le sud de l’Italie) était intervenu trois ou quatre générations auparavant. Extérieurement et dans leur comportement, ces loups ne diffèrent pas d’autres loups «de race pure». D’un point de vue scientifique, les résultats de l’étude constituent au moins une réponse aux théories conspirationnistes des opposants au loup, selon lesquelles les loups vivant en Suisse sont tous des hybrides, relâchés dans la nature, et qui n’ont rien à y faire. 

Février 2019

Entre Trin et Flims, un jeune loup est tué par une voiture. 

La louve F26 est identifiée génétiquement sur le territoire de la meute de Morobbia. Il s’agit d’un jeune animal issu de la portée de 2016 de la meute de Morobbia qui a atteint entre-temps l’âge de reproduction. Apparemment, cette jeune louve ne s’est pas encore déplacée. Peut-être remplace-t-elle sa mère décédée à la tête de cette meute?

Mars 2019

Le Service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune présente les résultats du monitoring du loup en 2018, selon lequel 10 loups différents se trouvaient dans tout le canton, mais sans qu’on puisse attester avec certitude de la présence d’une meute. La présence de groupes de 3 à 4 loups a pu être constatée à plusieurs reprises, mais sans identification de louveteaux ni preuve que les animaux se soient déplacés ensemble pendant au moins 12 mois: les animaux présents ne remplissaient donc pas les conditions de la «meute» telle que la définit le Concept loup de la Confédération. Les dégâts causés par le loup dans le canton du Valais ont considérablement augmenté: la mort de 296 moutons est attribuée au loup en 2018. 

Dans le canton d’Argovie, près d’Erlinsbach, non loin de la frontière du canton de Bâle, un loup est capturé par un piège photographique installé par des chasseurs. C’est la première preuve indubitable de l’existence d’un loup dans le nord-ouest de la Suisse.

Juin 2019

Une louve est heurtée par une voiture et grièvement blessée au col du Julier. L’animal est achevé par le garde-faune appelé sur place. L’augmentation du nombre de loups victimes d’accidents de la route et du rail témoigne de l’augmentation générale du nombre de loups en Suisse. 

Juillet 2019

Dans la région de Beverin-Thusis, une nouvelle meute de loups est identifiée – la troi-sième pour le canton des Grisons et (probablement) la cinquième pour la Suisse. Après confirmation qu’un couple de loups s’était constitué dans la région l’année précédente, l’existence d’au moins 7 louveteaux a maintenant été établie dans le cadre du monitoring du loup. Les deux parents ont migré depuis l’Italie, ils ne descendent pas d’une des meutes de loups déjà présentes en Suisse.  

La meute du Ringelspitz, qui semble avoir joué de malchance l’année précédente, semble avoir réussi à se reproduire à nouveau: des pièges photographiques installés par le garde-faune enregistrent la présence de trois louveteaux sur son territoire, près d’Ilanz. La mère, F33, vient de la meute du Calanda voisine et le père, M56, a migré depuis l’Italie.

Août 2019

Dans la région vaudoise du Marchairuz, au sud-est de la Vallée de Joux, trois louveteaux sont flashés par un appareil photo camouflage. Un couple de loups confirmé avait déjà séjourné dans la région l’année précédente; l’établissement d’une meute était à prévoir. Il s’agit de la première meute de loups en dehors des Alpes et de la première meute de loups dans la chaîne du Jura. 

Septembre 2019

Après plus d’une année de débats, les deux chambres du Parlement adoptent une nouvelle Loi sur la chasse qui affaiblirait considérablement la protection du loup en Suisse. À l’avenir, la régulation de la population de loups serait décidée au niveau cantonal et non plus par la Confédération. Le loup serait désormais considéré comme une «espèce régulable» analogue au bouquetin, et des interventions annuelles de routine sur la population de loups seraient possibles sans l’obligation de prouver que des dommages «importants» ont été causés. 

Estimant que cette modification de la loi va trop loin, différentes organisations environnementales – BirdLife Suisse, le Groupe Loup Suisse, Pro Natura, le WWF Suisse et zoosuisse – lancent un référendum. Début janvier, plus de 100’000 signatures ont été recueillies en l’espace de trois mois contre la révision de la loi. Cela permettra aux citoyen·ne·s de se prononcer sur la nouvelle Loi sur la chasse. La date fixée pour le vote est mai 2020. 

Octobre 2019

Après qu’au moins 15 chèvres et plusieurs moutons ont été tués par des loups au sein de troupeaux protégés dans la région de la meute de Beverin, le canton des Grisons prononce une décision de régulation avec l’approbation de la Confédération. 4 jeunes loups de la meute de Beverin doivent être abattus avant le 31 mars 2020. Les exigences minimales de protection des troupeaux étant remplies, les tirs sont conformes à l’Ordonnance sur la chasse. Les associations environnementales renoncent à faire opposition. La même semaine, les gardes-faune du canton des Grisons abattent deux jeunes loups de la meute.

Novembre 2019

Un troisième jeune loup de la meute de Beverin est abattu à proximité de zones d’habitation dans le cadre de la régulation de la population de loups. Près de Cazis, un quatrième jeune loup gravement blessé par un véhicule est achevé par le service de la chasse. L’animal accidenté est pris en compte dans le quota pour la régulation de la meute de Beverin. 

Décembre 2019

Le Service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune présente son bilan annuel de l’activité du loup dans le canton. La présence de 18 loups, dont 10 nouveaux individus, a été établie. Il est confirmé que 205 animaux de rente ont été tués par des loups, dont 26 dans des troupeaux protégés. Une reproduction réussie a été démontrée pour le Valais central et pour le Bas-Valais (meutes du Valais central et du Chablais). 

Deux loups sont tués dans des accidents dans la Surselva (GR): un accident s’est produit sur la voie ferrée près de Brigels, un autre sur une route près de Trin. L’animal heurté par le train était une jeune femelle de la nouvelle meute d’Obersaxen, qui s’appelle désormais la meute de Valgronda. L’autre victime était une louve de la meute du Calanda, née l’année précédente. 

Nombre de meutes de loups en décembre 2019

5 meutes avec des preuves actuelles de reproduction (Ringelspitz, Beverin et Valgrondain GR, Chablais VS, Marchairuz VD).

Parmi les meutes connues jusqu’à présent (Calanda GR et Morobbia TI), aucune preuve de reproduction n’a encore été enregistrée cette année. 

En 2019, un total de 420 animaux de rente ont été tués par des loups. Avec de fortes fluctuations annuelles, on observe une augmentation légère mais constante du nombre de prédations, qui va de pair avec la croissance de la population de loups. Cependant, la population de loups croît bien davantage que le nombre de prédations. En fait, on enregistre moins de prédations d’animaux de rente par loup et par année aujourd’hui qu’il y a dix ans! Un signe clair que la protection des troupeaux est de mieux en mieux établie – et qu’elle porte ses fruits. 

2018

Février 2018

Lors d’une chasse au renard, une louve est abattue accidentellement dans la Vallée de Conches. Le chasseur responsable a immédiatement signalé l’incident à la police. L’animal tué est la louve F28. 

Un loup est écrasé par un train des Chemins de fer rhétiques entre Tamins et Trin (GR). Il s’agit d’un jeune né l’année précédente dans la meute du Calanda.  

Avril 2018

Depuis Noël, un loup boiteux est apparu plusieurs fois dans la région de Sargans (SG). Il s’est approché à plusieurs reprises des maisons et des habitations. En avril, l’animal amaigri est abattu par le garde-faune près de Bad Ragaz. 

Mai 2018

Un loup est observé près de Horgen, dans le canton de Zurich, et documenté photographiquement. En outre, ce même mois, un loup est identifié pour la première fois dans le canton de Zoug.

Juillet 2018

Dans la région de la Bündner Herrschaft, le garde-faune achève un loup gravement malade, probablement un jeune animal, né l’année précédente dans la meute du Calanda. L’animal était apathique, tournait en rond, gardait un œil fermé et se promenait en plein jour. Bien que l’examen pathologique n’ait pas permis de détecter la présence d’un virus, les symptômes d’une grave méningite font penser à la maladie de Carré, qui a été constatée chez différents animaux sauvages (renards, blaireaux) dans la région depuis l’année précédente. La rage peut être exclue au plan vétérinaire.

Août 2018

Une reproduction de la meute du Calanda est à nouveau constatée. Cette fois, la présence de 5 louveteaux est documentée. C’est donc la septième (!) reproduction des animaux fondateurs de la meute. Entre-temps, les deux individus M30 et F07 doivent avoir au moins 9 ans, ce qui est un âge respectable pour un loup en liberté.

Une nouvelle reproduction – la quatrième d’affilée – peut également être attestée dans le Val Morobbia. La meute a eu au moins deux louveteaux cette année. 

Septembre 2018

Au Piz Mirutta, près de Flims, des bergers trouvent le corps inanimé d’un jeune loup qui a déroché.  

La mère fondatrice de la meute de Morobbia, F08, est retrouvée morte. La maladie de Carré est probablement la cause de sa mort. On ne sait pas si les louveteaux de cette année survivront à la perte de leur mère.

Les autorités valaisannes disposent de deux autorisations de tir pour un loup, dans le Val d’Anniviers respectivement la haute vallée de Conches. Pro Natura et le WWF font conjointement opposition contre la décision relative au loup du Val d’Anniviers, de même que l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) de son côté. Selon l’appréciation de Pro Natura, l’autorisation de tir concerne le territoire d’une meute et ne peut donc être approuvée qu’au titre de tir de régulation, ce qui est dès lors du ressort de la Confédération et non du canton. En outre, cette décision ne vise pas un loup particulier, n’importe quel loup pourrait être abattu dans le périmètre considéré. De plus, les attaques ayant motivé l’autorisation de tir sont intervenues en partie dans des troupeaux non protégés, si bien que Pro Natura estime que les conditions de tir d’un individu ne sont pas remplies. La réponse du Conseil d’État n’ayant pas été satisfaisante, l’affaire est actuellement portée devant le tribunal cantonal.

Dans le cas de l’autorisation de tir dans la Vallée de Conches, Pro Natura renonce à faire recours. Bien qu’il y ait encore une marge d’amélioration considérable, les mesures de protection des troupeaux prises peuvent être qualifiées de suffisantes et l’animal qui a appris à franchir les clôtures est susceptible d’être un «loup problématique». Pro Natura n’a pas d’objection fondamentale à soulever face à ce type de tirs isolés, pour autant qu’ils correspondent au Concept loup. 

Dans les deux cas, le délai de tir de 60 jours expire sans qu’un loup ait pu être abattu. Et ceci, bien que les quelque 100 chasseurs de la vallée aient été autorisés à tirer le loup durant la haute chasse dans la Vallée de Conches!

Octobre 2018

En une semaine seulement, deux autres jeunes loups tombent d’une paroi rocheuse sur le Piz Mirutta. Dans un des cas, la chute a pu être observée par des bergers depuis une cabane d’alpage toute proche. Le corps sans vie d’un troisième animal est retrouvé par un randonneur. Il n’y a aucune preuve d’intervention extérieure.

Sur la base d’échantillons génétiques, deux nouveaux loups peuvent être identifiés en Valais: M88 et M89. En plus de la reproduction par des couples de loups «indigènes», la venue constante de loups depuis la France et l’Italie continue de provoquer une forte augmentation de la population de loups dans notre pays. Depuis lors, plusieurs meutes de loups s’étant constituées également dans la région de la Vénétie, il faut s’attendre à une migration plus importante de loups au sud-est de la Suisse également. 

Décembre 2018

Des études menées par l’Institut de pathologie animale, à Berne, ont montré que les trois jeunes loups impliqués dans un accident à Flims ne proviennent pas de la meute du Calanda. En dehors de nombreuses fractures osseuses, aucune indication d’une autre cause de décès (éventuellement non naturelle) n’a été trouvée. Comme on a pu exclure que les jeunes loups accidentés provenaient de la meute du Calanda, on a la preuve qu’une deuxième meute de loups vit sur le territoire grison – la meute du Ringelspitz. Il s’agit probablement de la quatrième meute de loups suisses. On ne sait pas encore si cette meute va pouvoir se perpétuer après la mort de trois jeunes loups. 

En 2018, 513 animaux d’élevage au total sont tués par des loups, ce qui représente une augmentation significative du bilan des dégâts, qui reflète notamment la forte augmentation de la population de loups. Cependant, environ 300 attaques se sont produites dans le seul canton du Valais, dont 90% dans des troupeaux non protégés ou insuffisamment protégés.

En 2018, 4 (peut-être même 5) meutes de loups vivaient sur le sol suisse. Comme le montre la forte augmentation du nombre de nouvelles meutes, la population de loups de Suisse se trouve actuellement dans une phase de croissance exponentielle – exceptionnellement tardive compte tenu du fait que la colonisation du pays a commencé il y a 23 ans. A l’heure actuelle, la Suisse offre encore beaucoup d’habitats appropriés pour d’autres meutes de loups. Cependant, aux endroits où une meute s’est établie – par exemple dans la région du Calanda – la densité de loups se stabilise à 5-10 loups pour 250 km2. Une «explosion démographique» du loup n’est pas à craindre en raison des mécanismes naturels de régulation – présence de proies, comportement territorial, reproduction des individus dominants uniquement.

2017

Janvier 2017

La présence d’un nouveau loup est constatée dans la région d’Augstbord. La louve F24 était à ce jour inconnue des autorités. Il est tout à fait possible que cet animal soit encore un petit du couple fondateur M59 et F14. Les autorités valaisannes veulent maintenant tenter d’éliminer un deuxième individu, car la meute semble être plus importante que ce qu’elles n’avaient imaginé. Les louveteaux M72, F22, F23 et F24 ont été identifés dans la région d’Augstbord sur la base d’analyses génétiques.

Les résultats d’une analyse menée dans la région d’Evolène ont prouvé l’existence d’un autre animal, M73.

Février 2017

Un échantillon de salive émanant d’un loup du Diemtigtal (BE), prélevé sur un chevreuil mort, est attribué à un nouvel individu, M74. L’animal, dont le comportement n’est pas suspect, ne s’était encore attaqué à aucun animal domestique.

Dans le Val d’Anniviers (VS), des promeneurs découvrent la dépouille d’un loup. L’animal, la louve F16, a été la proie d’un braconnier. Elle avait été identifiée plusieurs fois depuis 2014. Le ministère public ouvre une enquête.

Mars 2017

En janvier et février, un loup éventre plus de 40 moutons à Bergell et dans le Val Mesolcina (GR), ainsi que dans la Léventine (TI). Dans trois des cas, le mâle M75 est identifié comme le coupable. D’un commun accord, les cantons des Grisons et du Tessin délivrent une autorisation de tir, limitée à 60 jours. Le périmètre de tir est généreux.

Avril 2017

Le délai de réglementation pour la meute d’Augstbord est arrivé à échéance. Entretemps, l’un des animaux a été tiré. Depuis le premier tir, les loups de la meute évitaient de fait les zones habitées.

Mai 2017

Le canton de St-Gall délivre aussi d’une autorisation de tir contre le mâle M75 qui continue à faire des dégâts. L’animal saute par-dessus des clôtures de pâturages et s’est même introduit dans une étable. La mort de plus de 50 animaux dans les cantons de TI, GR, SG, TG et ZH est attribuée à M75.

Le canton d’Appenzell-Rhodes Intérieures délivre lui aussi une autorisation de tirer contre M75. Le délai arrivera cependant à échéance avant que l’animal n’ait pu être abattu.

Juin 2017

Une louve est retrouvée morte dans la commune de Jaun (FR). Le ministère public ouvre une enquête. Les analyses génétiques montrent qu’il s'agit de F13, une louve qui vit depuis longtemps déjà dans la région. Elle avait été observée durant les derniers mois en compagnie d’un mâle, M64 – dont on ignore ce qu’il est devenu. Les examens pathologiques confirment que la louve a été victime d’un acte malveillant puisqu’elle a été empoisonnée. D’autres animaux (renards, blaireaux, fouines et chats) ont subi le même sort. Une personne connue des services de police est fortement soupçonnée.

Au premier semestre 2017, les preuves de la présence de loups (observations, analyses génétiques, animaux morts) se répartissent sur les régions Calanda, centre des Grisons, Basse-Engadine, Bergell, Tessin, Haut-Valais, Oberland bernois/Fribourg, Suisse centrale et nord de la Suisse (AR/TG/ZH). D’autres traces évidentes (morsures, empreintes) ont aussi été découvertes en Bas-Valais, en Suisse centrale et sur le Plateau (pied du Jura, BE/SO, ZH). Des indices de l’existence d’un loup dans le canton du Jura n’ont pas pu être vérifiés.

D’une manière générale, il faut s’attendre à voir apparaître des loups dans toute la Suisse et à tout moment.

Juillet 2017

Une nouvelle preuve est apportée que la meute du Calanda s’est reproduite: 8 louveteaux sont capturés par les pièges photographiques installés dans la région. 

Août 2017

De nouvelles reproductions sont aussi intervenues au sein de la meute de Morobbia, au Tessin: le garde-faune peut identifier au moins 4 louveteaux. Le territoire de cette meute s’étend apparemment sur une partie du Tessin, de l’Italie et des Grisons. 

Le Conseil fédéral adopte le message sur la révision partielle de la Loi fédérale sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP). Il prévoit que les populations de loups pourront être régulées avant que des dommages importants se produisent. En outre, le DETEC demandera auprès de la Convention de Berne le déclassement du statut de protection du loup de «strictement protégé» à «protégé». Pro Natura et les autres grandes associations de protection de l’environnement (WWF Suisse, BirdLife Suisse) rejettent la nouvelle loi, craignant un relâchement majeur non seulement de la protection du loup mais aussi de la protection des espèces dans son ensemble. Le recours au référendum est envisagé.

Septembre 2017

Un jeune loup est observé dans le Zimmerwald, aux «portes» de la ville de Berne. L’animal, qui montre peu de crainte des humains, est chassé par le garde-faune au moyen d’un tir de semonce. 

Octobre 2017

Le monitoring du loup en Valais indique la présence d’au moins 2 jeunes loups dans la région du Val d’Hérens et du Val d’Anniviers, ce qui semble indiquer la présence d’une meute de loups. On ignore pour l’instant s’il s’agit de la meute d’Augstbord, qui se serait déplacée vers l’ouest, ou d’une autre meute. 

En 2017, 284 attaques de loups sont enregistrées, soit nettement moins que l’année précédente, malgré la présence croissante de meutes. Il semble que les mesures de protection des troupeaux mises en place commencent lentement à porter leurs fruits. 

En 2017, il y avait au moins 3 (peut-être même 4) meutes de loups sur le sol suisse. 

2016

Janvier 2016

Le Plan Loup révisé entre en vigueur. La nouveauté réside avant tout dans la grille d’évaluation du comportement des loups. Pro Natura n’approuve pas les critères, le comportement naturel du loup y étant hâtivement et inutilement défini comme «dangereux». Le Concept néglige des points essentiels, comme l’exigence formelle de consigner les rencontres entre l’homme et le loup ou l’élimination de sources potentielles de nourriture dans les zones habitées.

Février 2016

La Commission de l’environnement du Conseil des États est favorable à une chasse au loup sans période de repos. Cela ouvrirait la porte à une nouvelle stratégie d’extermination du loup.

Mars 2016

Un monitoring réalisé durant l’hiver en Valais atteste la présence de deux loups encore inconnus (M63, M64). Le recensement montre qu’un couple de loups vit dans la région d’Augstbord. Il est vraisemblable qu’une nouvelle meute se formera prochainement dans la région.

Le Conseil des États rejette la «motion Imoberdorf» qui exigeait une extension de l’autorisation de tirer des loups toute l’année et généralisée. La motion est ainsi définitivement écartée. Le Parlement s’était prononcé peu de temps auparavant en faveur d’un assouplissement de la protection des loups (rendant possible le tir de jeunes loups au sein d'une meute à certaines conditions). Pro Natura salue la décision du Conseil des États d’avoir su «garder la tête froide» et invite les parlementaires à continuer à prendre position en faveur d’une politique du loup lucide, équilibrée et orientée vers des solutions.

Le cadavre d’un loup mort est déposé par les eaux sur les rives du Rhône à Raron (VS). D’après les analyses génétiques, il s’agit de l’individu M63 récemment recensé. Les examens pathologiques révèlent qu’il est mort des suites d’une blessure par balle. Le Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune dépose une plainte pénale.

Des ouvriers forestiers trouvent une dépouille de loup sur la commune de Sils dans le Domleschg (GR). L’animal (M67) a succombé à des tirs de plomb. Il s’agit d’un individu d’un an né en 2015 au sein de la meute de Calanda. Au vu de la situation, il semblerait que le loup n’ait pas été tué sur place, mais que son cadavre ait été déposé à cet endroit. Une plainte contre X est déposée par le Service cantonal de la chasse et de la pêche.

Avril 2016

Dans le canton d’Appenzell-Rhodes Extérieures, l’analyse génétique des blessures sur un cerf atteste qu’elles ont été commises par un loup. La bête avait été repérée auparavant par une automobiliste dans la région de Trogen.

A Niedersachsen (D), le loup «Kurti» (MT 6) de la meute de la vallée de Münstair a connu une «issue létale», comme le précisent les autorités. Le jeune mâle affichait un «comportement suspect» (manque de distance par rapport aux humains) et n’a pas réagi face aux tentatives d’effarouchement d’un expert suédois.

Mai 2016

Le Département de l’économie, de l’énergie et du territoire du Valais définit une nouvelle politique en matière de protection des troupeaux. Les chiens de garde ne sont plus considérés comme une protection «adéquate» des moutons dans les régions fortement fréquentées par les touristes. En principe, les clôtures électriques, la surveillance, l’utilisation de chiens de protection de troupeaux et les enclos de nuit sont tout de même reconnus comme des mesures de protection.

Juin 2016

Le conseiller aux États valaisan Jacques Melly autorise le tir du loup M59 dans la région d’Augstbord. Une autorisation de tir avait déjà échu en 2015 contre le même animal. Entre avril et juin, 50 moutons et chèvres ont été dévorés par un loup sur des pâturages de printemps dans cette région. L’autorisation de tir s’appuie sur la Loi fédérale sur la chasse et sur l’ordonnance y relative. Après s’être rendus sur place, les spécialistes (y compris un représentant d’Agridea) étaient parvenus à la conclusion qu’au moins 15 moutons ont été tués dans des conditions protégées et que les conditions de tir étaient donc réunies. L’autorisation de tir est valable durant 60 jours.

Pro Natura considère cette disposition comme illégitime. Dans ce cas, le canton du Valais n’est pas en droit de délivrer une autorisation de tir, car il faut vraisemblablement compter sur l’existence d'une meute – et donc de louveteaux. Si l’un des parents était abattu, les jeunes d’âge critique ne leur survivraient probablement pas. Pro Natura et le WWF déposent une plainte et demandent un délai suspensif.

Juillet 2016

Un loup qui avait tué 50 moutons au cours des deux mois précédents est abattu par un garde-faune de la commune d’Attinghausen, peu après que la Direction de la sécurité ait délivré l’autorisation de tir. L’animal abattu est l’individu M68. Il était en bonne condition physique, mais présentait une blessure par balle remontant à sept semaines au moins. On peut donc partir du principe qu’une personne a tiré illégalement sur l’animal fin mai ou début juin.

Août 2016

L’autorisation de tir pour le loup M59 dans la région valaisanne d’Augstbord échoit une nouvelle fois sans que l’animal ait pu être abattu. Conformément à la législation en vigueur, le périmètre de tir avait été défini de manière restrictive.

Les garde-faune grisons fournissent la preuve que la meute de Calanda s’est reproduite pour la cinquième année consécutive. Six louveteaux au moins ont été surpris par les pièges photographiques.

En Autriche, l’existence de la première famille de loups depuis un siècle au mois est avérée. Les animaux se sont établis sur le terrain d’exercice d’Allensteig dans le district de Zwettl.

Les garde-faune tessinois arrivent à prouver que la meute, fondée par les loups F8 et M47, a eu à nouveau des petits dans la Valle Morobbia. On présume que trois louveteaux au moins sont nés.

Le Conseil fédéral met en consultation un projet de révision de la Loi fédérale sur la chasse. Le projet prévoit que les cantons décident eux-mêmes à l’avenir des tirs au sein des meutes de loup et que des interventions «de régulation» sur les meutes doivent être possibles – sans que des dommages importants ne soient attestés, mais sur la simple présomption que la meute pourrait provoquer des dégâts considérables dans le canton. Si une meute se reproduit, elle doit pouvoir être réduite par des tirs de 50% au maximum durant une même année. Pro Natura et le WWF critiquent résolument la proposition du Conseil fédéral. Les deux associations demandent que les tirs soient approuvés comme jusqu’alors par la Confédération et que la possibilité de régulation ne soient pas accordée par principe. Elles craignent toutefois que des autorisations de tir ne soient délivrées sur la base de critères politiques plutôt que scientifiques. Elles remettent aussi en question l’efficacité du principe même de régulation.

Les autorités valaisannes sont informées par l’OFEV de la présence d’un jeune loup dans la région d’Augstbord. Une preuve photographique a été produite et un particulier a observé sur le même territoire une famille de loups avec trois petits. Il s’agit de la troisième meute de loups enregistrée en Suisse, elle reçoit la désignation de meute d’Augstbord. C’est un collaborateur du KORA qui a pu fournir la preuve. À ce jour, toute réduction d’effectif requiert l’approbation de la Confédération. Le couple à l’origine de cette troisième meute en Suisse est vraisemblablement la paire formée par les individus M59 et F14.

Septembre 2016

Un chasseur observe et filme un loup à Mollis dans le canton de Glaris. Comme le révèlent des analyses génétiques deux mois plus tard, il s’agit d’un nouveau venu, M71, issu de la population italo-française.

À Wienacht Tobel (AR) et Oberuzwil, deux moutons tués indiquent la présence probable de loups.

En été, un nouveau loup a été identifié près de Boltigen, dans le canton de Berne. Deux spécimens ont été enregistrés par des pièges photographiques. En 2016, un animal vivant dans la région depuis presque deux ans, la femelle F13, a été formellement identifiée à plusieurs reprises.

Novembre 2016

Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton du Valais présente le bilan des dégâts commis par les loups durant l’année. 9 individus, dont 3 jeunes, ont été recensés dans le canton en 2016. 187 animaux de rente ont été tués. Les dégâts se chiffrent à Fr. 83’680.–. La présence d’une meute est confirmée dans la région d’Augstbord, raison pour laquelle le canton souhaite présenter une demande de régulation à la Confédération.

Le délai de consultation pour la révision de la Loi fédérale sur la chasse échoit le 30 novembre. Pro Natura rejette catégoriquement la variante proposée: non seulement ce projet ne réglemente pas suffisamment la régulation du loup demandée par le Parlement dans le cadre de la motion Engler, mais il affaiblit en plus fortement la protection d’autres espèces protégées. Toute «régulation» des effectifs de loups doit être conditionnée par la subsistance d’une population capable de se maintenir. Dès son entrée en vigueur, la loi révisée permettrait de commencer immédiatement à réduire la population de loups puisqu’elle compte actuellement trois meutes. Et cela même sans aucun dégât préalable.

Décembre 2016

Le canton du Valais délivre, avec l’assentiment de l’OFEV, une autorisation de régulation pour la meute d’Augstbord. Un individu unique faisant partie de la meute peut être tiré jusqu’au 31 mars 2017. Si la présence de nouveaux jeunes était attestée au fil du temps, le quota d’animaux à abattre pourrait être augmenté.

Un jeune loup est abattu fin décembre dans la région où s’est installée la meute d’Augstbord. L’animal a été tiré de nuit à proximité des habitations. Il s’agit d’une jeune femelle, F22.

Près de 380 têtes de bétail sont tuées par des loups en 2016. Trois meutes de loups vivent sur le territoire suisse.

2015

Mai 2015

Le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) fait part de sa volonté de diriger le comité de l’Association suisse pour un territoire sans grands prédateurs. Pro Natura adresse alors une lettre à tous les cantons membres du SAB afin qu’ils s’y opposent. Il est inacceptable qu’une association soutenue par des fonds publics poursuive des objectifs anticonstitutionnels. Le SAB fait alors marche arrière et s’engage à n’exécuter que des tâches administratives. Malgré une requête directe, les statuts de cette association n’ont toujours pas été communiqués.

Juin 2015

Les cantons d’Uri et Nidwald délivrent une autorisation de tir concernant un loup ayant tué plusieurs moutons. Comme il s’agissait de la première apparition du prédateur dans cette région, Pro Natura accepte cette procédure. Les autorités et les éleveurs s’impliquent dans la protection des troupeaux. Le loup n’est finalement pas abattu, s’étant probablement déplacé.

Août/septembre 2015

Le canton du Valais délivre deux autorisations de tir. La première pour le Vallon de Réchy et le Val d’Anniviers, arguant que le loup y est apparu pour la première fois et que les troupeaux ne sont donc pas protégés. La deuxième pour la région d’Augstbord dans la vallée de Tourtemagne, où la présence d’un mâle et d’une femelle a été attestée. Pro Natura fait opposition, car la présence de loups y est rapportée depuis des années mais aucune protection fonctionnelle des troupeaux n’a été mise en place entretemps. En outre, la formation d’une meute ne peut y être exclue. Les loups n’ont pas été abattus dans les deux cas.

Dans le Val Morobbia (TI), au-dessus de Giubiasco, preuve est apportée aux gardes-faunes qu’une deuxième meute de loups vit sur le sol suisse: la meute compte au moins 3 louveteaux. Les parents sont les loups F08 et M47. La femelle a déjà été identifiée génétiquement une première fois en 2012, elle se montre rarement et semble très farouche. Le mâle a été identifié pour la première fois dans le Val Maggia (TI) et le Misox (GR) fin 2014. 

Novembre 2015

Les cantons des Grisons et de St-Gall déposent une demande d’autorisation de tir pour deux jeunes loups de la meute du Calanda auprès de l’Office fédéral de l’environnement. Les deux cantons estiment que les loups ne seraient plus effrayés par l’être humain et que les tirs permettraient de corriger cet état de fait. Pro Natura est cependant convaincue que le comportement de ces loups ne pose aucun problème. Vu les faibles chances de réussite d’une opposition, elle ne s’y oppose pas, mais critique fondamentalement cette décision.

Décembre 2015

En décembre, l’OFEV approuve la demande d’autorisation de tir sur la base de la révision de l’Ordonnance sur la chasse. Les cantons des Grisons et de St-Gall délivrent tous deux une autorisation de tir pour deux jeunes loups de la meute du Calanda. Les animaux doivent être abattus d’ici au 31 mars. Les tirs doivent se faire à proximité des zones habitées et en présence de la meute. En raison de la douceur de l’hiver, les loups restent toutefois avec leurs proies, les cerfs, dans des régions plus élevées et sont rarement observés à proximité des habitations. L’autorisation de tir échoit sans qu’aucun des loups n’ait été abattu.

Près de 330 têtes de bétail sont la proie des loups en 2015. Deux meutes de loups vivent sur le sol suisse.

2014

Eté 2014

La meute au Calanda accueille pour la troisième fois une portée. Au moins trois louveteaux ont été recensés.

Entre le 1er octobre 2012 et le 30 septembre 2014, 24 loups (17 mâles et 7 femelles) sont identifiés par analyse génétique.

Septembre 2014

Pro Natura et le WWF acceptent avec quelques réserves le Concept Loup Suisse révisé. Pour la première fois, l’influence positive du loup et du lynx sur les effectifs de gibier et sur le système écologique est reconnue. Pour le WWF et Pro Natura, des tirs de régulation ne sont envisageables que s’ils ne mettent pas en danger la survie de l’effectif, ce qui n’est actuellement pas encore le cas. Les deux associations exigent que les milieux concernés se rencontrent afin de poursuivre les accords de 2012.

Automne 2014

Le dépôt d’autres motions politiques entraîne la suspension du Concept Loup Suisse. Pro Natura ne s’oppose pas fondamentalement à une révision de la Loi sur la chasse (Motion Engler) réglant la cohabitation entre le loup et la population de montagne et demandant l’introduction d’une régulation de l’effectif – sous réserve que la survie de l’effectif ne soit pas menacée. Pro Natura refuse catégoriquement, par contre, de permettre la chasse au loup (Motion Imoberdorf).

Décembre 2014

La conseillère fédérale Doris Leuthard rend publique une nouvelle révision de l’Ordonnance sur la chasse. Celle-ci facilite les interventions sur une meute, alors même qu’il en existe une seule en Suisse. Pro Natura est déçue de cette option précipitée et contre-productive. L’association attend davantage d’engagement de la part de Doris Leuthard en faveur d’une politique pragmatique et axée sur les solutions. Pro Natura réclame depuis longtemps une gestion nationale pertinente du loup qui ne se limite pas aux seuls tirs, mais qui tienne compte également du rôle écologique important du loup (par ex. au niveau de la planification de la chasse et de l’exploitation forestière) et s’intéresse également à une meilleure protection des troupeaux, à une information objective et élargie à la population ainsi qu’aux aspects touristiques.

Près de 200 têtes de bétail sont tuées par des loups en 2014.

2013

Avril 2013

Un chasseur valaisan se vante dans une interview parue dans le magazine L’Illustré qu’il braconne régulièrement (entre autres 10 lynx) et qu’il connaît des personnes ayant tiré des loups illégalement. Le WWF et Pro Natura déposent plainte contre le braconnier. La procédure est suspendue en 2014 en raison de la prescription.

Été 2013

La meute au Calanda accueille pour la deuxième fois une portée. La preuve de la présence d’au moins cinq louveteaux, dont trois femelles, a pu être fournie.

Deux loups sont abattus illégalement, l’un parce qu’un chasseur le confond avec un renard (M44), l’autre par un braconnier (M42). Un jeune loup de la portée 2013 (M43) est tué par un train à Schlieren près de Zurich.

Août 2013

Après que la Confédération a refusé un tir en juin, le Conseil d’État valaisan décide en août d’autoriser le tir du loup M35, malgré l’absence de mesures de protection de troupeau. Il est abattu le 2 septembre par un garde-faune. Pro Natura sollicite alors un entretien personnel avec le Conseiller d’État en charge, Jacques Melly.

Novembre 2013

Le Conseil fédéral augmente les moyens dévolus à la protection des troupeaux et lui assure un cadre légal dans l’Ordonnance sur la chasse. Pro Natura s’en réjouit et appelle les cantons et les éleveurs à prendre des mesures de protection des troupeaux.

Près de 240 animaux de rente sont victimes des loups en 2013.

2012

Mai 2012

Les quatre associations ChasseSuisse, la Fédération suisse d’élevage ovin, le WWF et Pro Natura concluent un accord sur la gestion des grands prédateurs. Pour la première fois, elles élaborent des principes communs pour la gestion du loup, de l’ours et du lynx et acceptent d’une manière générale leur retour naturel.

Septembre 2012

La première portée de louveteaux voit le jour en Suisse. Après 17 ans de présence en Suisse, deux loups se sont trouvés au Calanda dans les Grisons: ils ont fondé une meute qui compte au moins quatre petits.

L’Initiative populaire fédérale «Le loup, l’ours et le lynx» n’aboutit pas. L’Initiative populaire fédérale «Pour la protection des grands prédateurs (ours, loup et lynx)» est lancée par pro fauna. Pro Natura ne soutient pas la collecte de signatures, jugeant l’initiative trop radicale.

Novembre 2012

L’année précédente on avait recensé en Suisse neuf loups adultes, analyses génétiques à l’appui, dont deux femelles (F5, Jaun/FR, F7 Calanda/GR). La mort de 114 animaux de rente a été attribuée au loup. 90% d’entre eux n’appartenaient pas à des troupeaux gardés.

2011

Janvier 2011

Les associations Pro Natura, WWF Suisse, ChasseSuisse et la Fédération suisse d’élevage ovin ont commencé à mener, sous la conciliation de l’OFEV, des discussions régulières sur la manière de traiter à l’avenir les lynx, les loups et les ours en considérant les intérêts des populations concernées. L’objectif de ces réunions est de trouver un dénominateur commun pour les stratégies futures.

Mars 2011

Le Conseil des États se rallie à l’avis du Conseil national, contre la recommandation de sa commission de l’environnement et des organisations de protection de la nature, de sorte que les espèces protégées pourront à l’avenir être abattues dans les cantons dès le moment où le produit de la chasse est moins abondant.

Juin 2011

Pour la première fois et grâce à un piège photographique, la présence du loup a pu être attestée à Pontarlier dans le Jura français. Le loup a attaqué plusieurs moutons, suscitant le mécontentement des paysans de la région. Ces derniers organisent une manifestation devant la préfecture.

Septembre 2011

Le canton du Valais n’a pas délivré l’autorisation de tir, malgré 80 moutons tués. Les critères du Concept Loup n’étaient en effet pas remplis, à cause de l’absence ou du manque de mesures mises en œuvre pour protéger les troupeaux concernés.

Octobre 2011

Selon les statistiques du projet KORA, 193 moutons ont été tués cette année. Presque tous ces moutons proviennent de troupeaux non protégés, ce qui montre que les mesures de protection sont efficaces dans la plupart des cas.

La présence de cinq nouveaux loups – quatre mâles et une femelle – a été prouvée par analyse génétique dans le Haut-Valais. Au total, neuf loups ont pu être identifiés génétiquement sur le territoire.

2005 - 2010

21 mars 2005

Un collaborateur du Service de la chasse tessinois immortalise un loup grâce à un piège photographique. Il s’agit vraisemblablement du loup no13.

Fin novembre 2005 (14e loup, mâle)

Dans la région de Valendas/Durschin dans la Surselva, on découvre des excréments de loup. Les analyses révèlent qu’elles ne proviennent pas de l’animal qui vit dans cette région depuis 2002.

Décembre 2005

Un loup est encore aperçu dans l’Avers et au Oberhalbstein. Plusieurs personnes ont vu un animal ressemblant au loup et l’ont également photographié avec un portable. Aucun échantillon d’excréments ou de poils n’a pu être soumis à des analyses.

En 2005, 19 prédations commises par le loup sur du petit bétail sont dénombrées et indemnisées.

Janvier 2006

Des promeneurs observent un loup sur le territoire français du Clos du Doubs, à quelques kilomètres de St-Ursanne (JU).

3 février 2006

Sur un alpage près de Dalpe, au Tessin, un braconnier blesse un loup, alors que ce dernier veut dévorer un faon. Bien que blessé, le prédateur s’échappe. Des observations ultérieures confirmeront que ce loup, sans doute le loup no13, a pu survivre à l’incident.

22 mars 2006 (15e loup, mâle)

Un loup est fauché par le train à Gsteigwiler près d’Interlaken (BE). Il s’agit d’un mâle venant d’Italie. Des analyses révèlent qu’il était atteint de la gale.

Avril 2006

Un loup est aperçu près de Glüringen dans la vallée de Conches (VS). Dans le courant de l’été, 30 moutons sont tués lors d’attaques de loup dans la région du Simplon.

Mai 2006

Des empreintes et des indices découverts sur la carcasse de trois cerfs indiquent qu’un loup fréquente la région de Klosters (GR).

1er septembre 2006

Le Conseil d’État valaisan autorise le tir du loup de la vallée de Conches. Les chasseurs de la région peuvent demander un permis de tir auprès du garde-chasse ou auprès du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune.

27 septembre 2006 (16e loup, mâle)

Sur l’alpage de Conche près de Morgins, un loup tue 8 moutons et en blesse 11 autres. 9 moutons sont en outre portés disparus. Les communiqués de presse font état pour le même incident de 6 moutons tués et de 25 blessés.

11 octobre 2006

Sur la base de l’attaque du 27 septembre, le Conseil d’État valaisan autorise le tir d'un loup dans le Bas-Valais.

16 octobre 2006 (17e loup, femelle)

Dans la région d’Onne dans le Bas-Valais, un troupeau de moutons est attaqué par un loup. Des analyses révèlent par la suite qu’il s’agit d’une louve.

26 octobre 2006 (18e loup, femelle)

Sur mandat du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune, un garde-chasse de la Vallée de Conches abat un loup, il s’agit d’une femelle.

14 novembre 2006

Le WWF et Pro Natura déposent un recours contre l’autorisation de tir du loup dans le Bas-Valais.

21 novembre 2006

Sur mandat du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune, un garde-chasse abat un loup sur l’alpage de Conche, bien que le Tribunal cantonal du Valais ait accordé un délai suspensif après le recours déposé par le WWF et Pro Natura. L’examen du loup révèle que l’animal avait déjà été atteint par des charges de grenaille auparavant. Il s’agit probablement de l’individu no16.

27 novembre 2006 (19e loup, mâle)

À proximité de Pohlern près de Thoune, un animal inconnu tue 8 moutons. Le 12 décembre, l’inspection de la chasse du canton de Berne informe que les moutons ont été victimes d’un loup, un mâle issu de la population italienne.

En 2006, on a dénombré et dédommagé 94 prédations commises par le loup sur du petit bétail.

14 mars 2007

À Estavannens, dans le canton de Fribourg, plusieurs personnes ont vu un animal dont ils affirment qu’il pourrait s’agir d’un loup.

22 mars 2007

Un loup est aperçu près de Zweisimmen.

27 mars 2007

Un loup dévore six moutons à Thierachern près de Thoune.

13 juillet 2007

Des moutons et des chèvres sont tués au cours de plusieurs attaques entre le 13 juillet et le 26 août dans la région des Muverans. Les analyses génétiques concluent à la présence d’un loup d’origine italienne. Il s’agit de la première preuve de l’existence d’un loup dans le canton de Vaud depuis 152 ans.

27 septembre 2007

Une autorisation de tir est délivrée pour un loup dans le Chablais. En l’espace de quatre mois, l’animal aurait tué 41 moutons et agneaux dans le Val d’Illiez et sur l’alpe de Susanfe. L’autorisation de tir échoit avant que l’animal ne soit tué.

28 octobre 2007 (20e loup, mâle)

Un loup est aperçu près de Brigels. Des analyses génétiques ont montré qu’il ne s’agit pas du loup no11 qui est signalé à la Surselva depuis 2002.

En 2007, on a dénombré et dédommagé 97 prédations commises par le loup sur du petit bétail.

Janvier 2008

La présence d’un loup est certifiée à Oberstocken (BE). Des analyses génétiques démontrent qu’il s’agit du même loup qui séjournait en 2006 à Pohlern, en 2007 près de Zweisimmen, Saanen, Jaun et Estavannens et en 2008 à Oberstocken. Le 13 janvier, il est photographié près de Latterbach dans le Simmental.

23 février 2008

Le loup no20 est signalé près de Panix (GR).

Début mars 2008

Un loup est photographié prés de Quinto (TI). Il pourrait s’agir du loup no13.

10 mars 2008

Le Concept Loup remanié de l’Office fédéral de l’environnement entre en vigueur. Les modifications sont infimes et Pro Natura le décrit comme une farce, car le loup ne sera pas plus protégé qu’auparavant. À ce jour, 7 autorisations de tir ont été délivrées, un nombre parmi les plus élevés d’Europe.

6 mai 2008

À Sonogno (TI), un loup cause des dégâts dans un troupeau de chèvres. Les éleveurs de la région demandent que la bête soit abattue.

16 octobre 2008

Un loup cause des dégâts à Teuflbach, dans le canton d’Obwald. Le 19 octobre, un loup est photographié dans le Melchtal avec un appareil de photo automatique. Il s’agit de la première apparition avérée d’un loup dans le canton d’Obwald depuis 164 ans.

12 juin 2008

Un loup cause des dégâts dans un troupeau de moutons près de Bex (VD). Au cours de l’été, d’autres dommages sont constatés.

15 juillet 2008

Un loup s’en prend à un troupeau de moutons près de Troistorrents (VS). D’autres dégâts sont constatés durant l’été.

30 octobre 2008

Un loup cause des dégâts près de Rüschegg (BE).

Début novembre 2008 (21e loup)

La présence d’un loup a été constatée dans une vallée latérale du Val Müstair. Cela porte à 9 le nombre de loups vivant dans l’arc alpin. Ils sont répartis entre les Alpes occidentales et orientales et leur présence a été attestée dans 6 cantons.

En 2008, 107 dommages occasionnés par des loups sur le petit bétail ont été constatés et indemnisés.

16 novembre 2008

Une autorisation de tir est refusée en Valais, car les moutons attaqués n’ont pas bénéficié d’une protection suffisante, malgré la présence du loup l’année précédente. Un léger progrès a été réalisé dans les mesures de protection des troupeaux. En 2008, 45 alpages ont été protégés par 150 chiens de protection de troupeaux. Les autorités recensent désormais 15 loups sur le territoire suisse.

Décembre 2008

Un sondage relève que 80% de la population suisse se déclare en faveur du retour du loup en Suisse. En 2007 déjà, 82% de la population s’était exprimée pour un retour spontané du loup.

Janvier 2009

Le loup est de retour dans le canton de Lucerne au terme d’une absence de 200 ans.

10 mai 2009

Un sondage de l’Institut de recherche gfs zurich sur mandat de Pro Natura révèle que 70% des personnes interrogées se prononcent contre le tir du loup et du lynx, même si leur présence entraîne une diminution du gibier.

Août 2009

Après que des moutons ont été attaqués à plusieurs endroits, les cantons du Valais et de Lucerne ont délivré en l’espace d’une semaine l’autorisation de tir pour 3 loups (Val des Dix, Val d’Illiez, Entlebuch). Pro Natura et le WWF ont dans les trois cas déposé un recours commun, vu que pratiquement aucun troupeau n’était protégé et qu’il y avait absence de preuve absolue que les moutons aient été victimes de loups. Pro Natura est convaincue que le Concept Loup n’assure pas la protection du loup et qu’il est interprété en la défaveur de l’animal. Depuis 2007, la présence de 12 nouveaux loups a été confirmée, dont huit nouveaux individus pour la seule année 2009. Un mâle et une femelle vivent dans la région Vaud-Fribourg-Berne.

Pour l’année 2009, le KORA recense 127 moutons et deux chèvres attaqués par le loup.

Août 2010

L’été 2010 a été relativement calme jusqu’au mois d’août. 84 dommages sont signalés jusqu’à la fin de l’année, ce qui laisse clairement présumer que l’augmentation des mesures préventives a des effets bénéfiques. On estime actuellement à 15 à 20 individus la population de loups en Suisse, avec un seul nouvel animal en 2010.

En août, un troupeau de bétail est attaqué sur l’Alpage de Scex. Pour la première fois, la présence d’un couple de loups est prouvée. Sans plus attendre, l’autorisation de tir est accordée pour l’un des loups, et le mâle est abattu le 11 août, même si la présence d’une progéniture ne pouvait être exclue.

Septembre 2010

Le 30 septembre, le Conseil national étudie 14 recours liés au loup, et se penche sur l’extension de la notion de dégâts dus à la faune sauvage et à l’estivage des ovins. Il décide que la Suisse doit introduire dans la Convention de Berne une réserve concernant le loup et, si cette mesure n’est pas possible, que le pays doit sortir de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Le Conseil national souhaite par ailleurs que les pertes subies par les cantons soient considérées dans le cadre de la régale de la chasse comme des dommages dus à la faune sauvage et qu’elles entrent donc dans la réglementation sur les espèces protégées. L'extension de la protection des troupeaux est rejetée par le Conseil national.

2000 - 2004

15 mars 2000

Les garde-chasse valaisans localisent à nouveau les traces et les crottes d’un loup au Val d’Hérens, analyses à l’appui. Le canton du Valais décide de capturer le loup et de le munir d’un émetteur.

31 mars 2000

Yvon Crettenand, du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune du Valais, présente des traces de loup et six chamois morts qui, selon lui, ont été tués en une nuit au-dessus du hameau de Lana, près d’Évolène.

1er mai 2000

L’OFEFP (Office fédéral de l’environnement, des forêt et du paysage) autorise le tir du loup ayant attaqué 9 moutons fin avril dans le Val d’Hérens.

27 juin 2000 (6e loup)

Le 27 juin, plusieurs moutons sont tués par un animal sauvage pour la première fois à Ginals. Au cours des huit semaines qui suivent, les communes avoisinantes d’Ergisch, d’Embd, de Törbel, de Bürchen et d’Eischoll déplorent également la perte d’ovins. L’analyse de crottes prouve la présence d’un loup mâle d’origine italienne. Des observateurs attestent avoir vu un loup. La Confédération autorise son tir début août. Entre fin juin et fin juillet, la perte de 56 moutons est annoncée dans la région de Bellwald, Bettmer- et Riederalp, de Fiesch et du Fieschertal. Les premières victimes ont été découvertes fin juin sur l’alpage de Bellwald. Début juillet, un chasseur observe un loup à Bellwald, puis dans la région d’Aletsch. On ne peut attribuer avec certitude les prédations à un loup.

3 juillet 2000 (7e loup, mâle)

Découverte de déjections de loup dans le Val d’Hérens, analyses à l’appui. L’échantillon ne provient pas du loup no5, mais bien d’un nouvel individu issu de la population italienne.

25 août 2000 (8e loup, mâle)

Un loup est abattu dans le Val d’Hérens. Il s’agit d’un mâle de 34 kg, âgé de deux à cinq ans et d’origine italienne. Les analyses des tissus prouvent que l’animal n’a pas participé aux prédations commises dans le Val d’Hérens. Le même jour à Ginals (VS), en dessous du Signalhorn, un garde-chasse vise et blesse probablement mortellement un loup. Il pourrait s’agir du 6e loup. En 2000, le canton du Valais dédommage la perte due au loup de 142 moutons et d’un animal domestique. Le total des frais s’élève à Fr. 69’020.- (Fr. 483.-/animal). En 2001, le canton du Valais indemnise les propriétaires de 110 moutons victimes du loup. L’indemnisation s’élève à Fr. 41’826.- (Fr. 380.-/animal). Il s’agit des prédations occasionnées en 2000 dans la région d’Aletsch. On n’a pas pu prouver de manière certaine la présence d’un loup dans cette région.

10 janvier 2001

Sur le Pian di Boor, dans la commune de Carasso (TI), au-dessus de Bellinzone, un loup tue trois chèvres.

7 mars 2001

5 moutons sont tués à proximité immédiate de la frontière suisse à Ragone. Marco Giacometti suppose qu’il s’agit de morsures de loup. Le 21 mars, à Roticcio, on examine une carcasse de biche. Les empreintes et les morsures attestent l’œuvre d’un loup.

10 avril 2001

Un cerf est découvert mort à Bergell (GR). L’analyse de crottes, effectuée le 7 mai, confirme la présence d’un loup. Entre le 3 mai et le 12 juin, celui-ci tue 14 animaux domestiques. Le 6 juin a lieu la première discussion sur des mesures préventives, dont les premières seront mises en place le 12 juin.

20 août 2001

Avec l’accord de la Confédération, les Grisons autorisent le tir du loup à Bergell. Jusqu’au début de la saison de chasse, les garde-faune investissent 420 heures dans la traque du prédateur, en vain. Du 20 août au 28 septembre, le loup attaque par trois fois et tue 14 autres animaux domestiques. 23% des dégâts ont lieu après l’autorisation de tir. En tout, 23 moutons, 37 agneaux et une chèvre sont victimes des 17 attaques du loup. L’indemnisation s’élève à Fr. 16’450.- (Fr. 270.-/animal). Durant sa présence à Bergell, des touristes parviennent à filmer l’animal.

29 septembre 2001 (9e loup, mâle)

Un loup est abattu par un chasseur dans la région de Margna (GR), près du col de la Maloya. Il s’agit d’un mâle adulte de 42 kg, issu de la population italienne.

12 juillet 2002 (10e loup, femelle)

Sur l’Alp Pontimia dans la vallée du Zwischenberg, un animal inconnu a attaqué des moutons. 13 bêtes sont tuées, 4 blessées. Dans les nuits suivantes, les pertes se font plus lourdes. Jusqu’au 23 juillet, la perte de 26 moutons est annoncée. Le canton autorise le tir de l’animal. À partir du 23 juillet, les moutons sur l’alpage de Walter Hiltbrand sont gardés par des chiens de troupeau. À partir de ce moment, aucune prédation n’y sera plus déplorée. Des échantillons de crottes récoltées sur l’alpage témoignent de la présence d’une louve d’origine italienne. Plus tard, on la nommera «Pontimia Mary». Un échantillon de crottes de cette louve avait été recueilli en 2001 au Valle Pesio, au sud de Cuneo (Italie). En septembre, la perte de deux nouveaux moutons est annoncée dans la région. 24 autres auraient disparu. Dans le courant de l’hiver, diverses informations font état de la présence d’un loup sur le versant italien du Simplon.

Début septembre 2002

Dans les communes de Waltensburg et Brigels, cinq moutons sont tués par un animal inconnu. Des pertes supplémentaires sont répertoriées entre le 23 août et le 23 septembre dans la commune d’Andiast (4 attaques, 13 moutons tués ou blessés). Plusieurs moutons sont par ailleurs annoncés manquants dans la région. Dans le Val Frisal près de Brigels, plusieurs personnes aperçoivent un animal qu’elles décrivent comme étant un loup. Pendant la haute saison de chasse aux Grisons, l’animal est vu par 6 chasseurs au-dessus de Panix. Les observations permettent de conclure qu’un loup vit dans l’Oberland grison. Une demi-douzaine d’échantillons de crottes est envoyée à Lausanne pour analyse, mais aucune ne provient d’un loup.

Pour l’année 2002, on recense 38 prédations causées par des loups sur des animaux de rente, dont 26 sont répertoriées en Valais et 12 dans les Grisons.

Février 2003 (11e loup, mâle)

Le 31 décembre près de Brigels, ainsi que le 21 janvier près de Danis/Brigels, des crottes de loup sont prélevées. L’analyse des échantillons démontre qu’il s’agit d’animaux d’origine italienne. Des observations directes attestent qu’au au moins un loup fréquente cette région depuis l’été 2002.

13 et 20 mars 2003

Une première attaque du loup a lieu le 13 mars sur un mouton dans la région du Simplon. Le 20 de ce mois, un mouton appartenant à l’éleveur Joseph Squaratti est dévoré dans la vallée du Zwischenberg.

7 mai 2003

Le Conseil d’État valaisan autorise le tir de la louve no10 au Col du Simplon. Le directeur de l’OFEFP Office fédéral de l’environnement, de la forêt et du paysage), Philippe Roch, demande au Conseil d’État valaisan de surseoir au tir jusqu’à ce que de nouvelles mesures préventives soient prises. Le WWF dépose un recours devant le Tribunal fédéral contre l’autorisation de tir et le gagne. Le Conseil d’État doit en tenir compte.

Octobre 2003 (12e loup, mâle)

Un autre loup vit en plus de la louve no10 dans le Haut-Valais. À proximité de l’Ofental près de Saas, 5 moutons et un agneau sont tués ou blessés en septembre. Sur la base des traces, les experts pensent qu’il s’agit du même loup à l’origine des prédations commises sur le versant italien en été, mais pas de la louve no10.

En 2003, 38 prédations occasionnées à des animaux de rente par des loups sont enregistrées.

Janvier 2004 (13e loup, mâle)

À Osco (TI), une chèvre est dévorée par un animal sauvage. L’analyse des crottes confirmera plus tard qu’il s’agit d’un loup mâle, issu de la population italienne. Par la suite, d’autres indices prouveront sa présence dans la Léventine et dans le Val Bedretto.

Juin 2004

Un loup mâle est détecté au-dessus d’Ilanz par un piège photographique. Il s’agit probablement de l’individu no11.

Mai à novembre 2004

Entre mai et novembre 2004, plusieurs personnes observent un ou deux loups dans le Jura suisse: en mai, entre Cœuve et Lugnez (JU) et près de Montavon (JU), en septembre, près des Ponts-de-Martel (NE), en octobre, au Val de Ruz (NE), en novembre, près de Vallorbe (VD) et dans les environs du Solliat (VD). Néanmoins, la preuve irréfutable de la présence d’un ou de deux loups ne peut être fournie.

En 2004, 44 prédations occasionnées à des animaux de rente par des loups sont enregistrées.

1995 - 1999

Le retour du loup en Suisse s’amorce en 1995

En Italie, le loup est protégé depuis 1970. Sa population dans les Abruzzes, d’abord restreinte, a pu ainsi se développer et s’étendre vers le nord pour atteindre l’arc alpin au début des années 90.

16 juillet 1995

Un animal mystérieux dévore des moutons sur les alpages du Val d’Entremont (VS). À la mi-août, ce sont 70 moutons du Val d’Entremont et du Val Ferret qui succombent à ses attaques. La presse s’en fait alors l’écho à partir de la mi-août. Les cantons peuvent délivrer à tout moment une autorisation de tir du loup s’il est l’auteur d’un trop grand nombre de prédations. Ils assument toutefois également la compensation financière intégrale des dommages occasionnés.

17 septembre 1995 (1er mâle, éventuellement un 2e loup)

Deux échantillons d’excréments sont découverts sur l’alpage du Val d’Entremont (VS). L’analyse génétique révèle que les crottes proviennent peut-être de deux individus différents, des mâles issus de la population italienne.

5 février 1996

Une caméra au-dessus de Liddes (VS), installée par Jean-Marc Landry et Armel Perrion, est déclenchée par les mouvements d’un animal. Selon des experts, les images sont formelles: il s’agit d’un loup. C’est la première preuve de la présence d’un loup en Suisse, vraisemblablement venu d’Italie.

5 février 1996, 23h

Le garde-chasse Tony Roduit aperçoit près de Bourg-Saint-Pierre un loup et tire d’une distance de 70 mètres. D’après les traces de sang, l’animal est manifestement blessé à une patte.

7, 8 et 10 février 1996

Le garde-chasse convoque 50 chasseurs qui participent à plusieurs battues dans la région les jours qui suivent. Le loup parvient à leur échapper.

11 février 1996

Un journaliste du quotidien Le Matin reçoit une photo représentant une tête de loup. Les expéditeurs affirment l’avoir tué le 27 janvier vers minuit. Plus tard, l’affaire se révélera montée de toutes pièces.

19 mars 1996

Des traces du loup blessé sont observées pour la dernière fois.

5 mai 1996

Un garde-chasse affirme avoir tiré sur un loup à proximité d’Orsières (VS) et l’avoir atteint. Les recherches s’avèrent infructueuses.

Entre juillet 1995 et mai 1996, la mort de 117 moutons et de 2 chèvres dans la région du Grand-St-Bernard est attribuée au loup. Six bergers – Florian Volluz, Dominique Duay, Claudine Klaefiger, Raymond Joris, Victor Tissières et Armel Perrion – sont concernés. Les dommages occasionnés sont évalués par les éleveurs de moutons à Fr. 57'000.- (Fr. 479.-/tête). Pro Natura et le WWF paient ensemble Fr. 30'000.-. La Confédération ne possède pas de base légale réglant le dédommagement financier des pertes. Le canton du Valais refuse une compensation matérielle des prédations, car il se prononce clairement contre le retour du loup, qu’il soit réintroduit ou qu’il vienne de son propre chef.

28 juin 1997

La commune de La Fouly dans le Val Ferret inaugure un sentier didactique «Sur les traces du loup».

2 octobre 1998

Dans la petite vallée entre Aranno et Iseo (TI), un chasseur et ami de la nature pense avoir aperçu un loup de près.

Octobre/novembre 1998

Sur les versants nord et sud du col du Simplon, plus de 20 moutons sont tués par un animal sauvage. À la mi-décembre, quatre cerfs et mouflons sont tués dans un enclos en l’espace de deux nuits.

25 novembre 1998 (3e loup, mâle, M01)

Sur la rampe du centre de ramassage des déchets carnés à Reckingen (VS), Thomas Schmid, le responsable, trouve la dépouille d’un loup. L’animal a été illégalement abattu par une gerbe de plombs de grenaille (3 mm) sur son flanc droit, d’une distance évaluée à 30 mètres. Il s’agit d’un jeune mâle d’environ 32 kg provenant d’Italie. Christoph Imwinkelried est accusé de sa mort au printemps, puis disculpé. Elmar Schwick, conseiller communal de Reckingen, explique en février 2001 qu’un collègue, qui s’est suicidé en 1999, serait responsable du tir de ce loup. Un mois plus tard, le procès-verbal de la police cantonale relèvera sa propre culpabilité dans l’abattage du loup.

Décembre 1998

Raphaël Squaratti découvre et photographie des traces de loup dans la région du Simplon. Le 24 décembre, il observe un loup à proximité de la bergerie de son oncle, toujours dans la même région. À fin décembre, des moutons sont attaqués et tués par un animal sauvage à Bitsch et à Zwischenberg. En 1998, le canton du Valais a indemnisé la perte de 36 moutons et de 8 animaux domestiques, tués par le loup en 9 attaques; le coût est de Fr. 32’046.- (soit en moyenne Fr. 728.-/animal). Depuis la révision de l’Ordonnance sur la chasse en 1996, les indemnisations des prédations sont à la charge de la Confédération à hauteur de 80% et de 20% pour les cantons.

14 janvier 1999 (4e loup, mâle, M02)

Tôt le matin, un loup est percuté et mortellement blessé par une Jeep lors d’une opération de déneigement. Il s’agit d’un jeune mâle de 28 kg d’origine italienne. Hermann Squaratti, le conducteur du véhicule, a été félicité par sa commune de Gondo. L’analyse génétique démontre que les loups 4 et 3 étaient de parenté proche, probablement des frères issus d’une meute des Alpes maritimes françaises.

Avril 1999

Raphaël Arlettaz de Fauna Valais informe qu’un membre de l’association a découvert des traces et des poils de loup en Valais. Les poils sont analysés, mais le lieu exact de la découverte est tenu secret.

27 mai 1999

Une attaque sur des moutons à Commeire (VS) laisse supposer la présence d’un loup.

3 juin 1999 (5e loup, mâle)

Des promeneurs observent à Veysonnaz, vers la «Piste de l’Ours», un animal qu’ils identifient comme étant un loup. Une crotte confirme sa présence. Il s’agit d’un mâle issu de la population italienne qui s’avère avoir séjourné jusqu’au 16 avril 2000 en Valais.

Juillet 1999

Le 12 juillet, deux troupeaux de moutons sont attaqués au Val des Dix (VS). Entre le 20 et 21 juillet, quatre agneaux sont tués et 10 autres blessés, ainsi qu’un mouton. L’analyse des excréments et des poils prouve qu’il s’agit bien d’un loup.

29 juin 1999

Le quotidien Le Temps publie la photographie d’un loup, prise au Val des Dix près de Toueno par Yvon Crettenand, collaborateur du Service de la chasse du Valais. Le chien de chasse de Georges Mayoraz, chef des arrondissements chasse-pêche pour le Valais central, meurt sur un pâturage d’alpage, après avoir ingurgité du poison vraisemblablement destiné au loup.

Fin novembre 1999

Entre le 6 et le 18 novembre, 40 moutons sont attaqués dans la région d’Évolène (VS). 22 d’entre eux sont tués. Depuis le début de l’année, 122 moutons ont été tués et 18 blessés, et 63 sont portés disparus.

En 1999 le canton du Valais dédommage 136 moutons tués par le loup et 128 bêtes disparues. En tout, on compte 19 cas d’indemnisation. Les frais s’élèvent à Fr. 106'100.- (soit Fr. 530.-/animal avec une indemnisation à hauteur de 50% par mouton disparu).

1908 - 1994

1908

Un loup est abattu au Tessin.

27 novembre 1947

Un mâle est abattu près d’Eischoll (VS). Au vu des dommages occasionnés aux troupeaux de moutons, il est vraisemblable que ce loup ait vécu dans la région depuis l’été 1946 jusqu’en novembre 1947.

9 septembre 1954

Une louve est abattue sur l’Alp Campascio d’Ur, près de Poschiavo (GR).

1971

Un mâle est abattu au Tessin.

13 décembre 1978

Un jeune mâle est tiré sur la Lenzerheide (GR). Il pèse 36 kg. L’animal avait tué 89 moutons et 3 chèvres dans le courant de l’année. Sa mort a été fêtée officiellement en présence de personnalités.

15 mai 1990

Sur autorisation fédérale, un loup est abattu près de Hägendorf (SO). Des élèves de cette commune chantent «Le loup est mort» devant sa dépouille. Il avait causé des dommages dans les cantons de Bâle-Campagne et de Soleure durant deux mois environ.

Ulteriori informazioni

Info

Causes de mortalité connues des loups en Suisse

Autorisations de tir: 26 (et 6 autorisations de régulation (dont 14 tirs d’animaux isolés ayant abouti et 3 interventions de régulation ayant abouti).)

Nombre total de loups retrouvés morts: 57 (années 1998 et suivantes, y compris les tirs autorisés)

Tirs légaux: 21 loups

Tirs illégaux: 10 loups (y compris les tirs «par erreur»)

Accidents: 24 loups (tués sur la route et sur le rail, pour la plupart)

Un râle profond retentit dans la forêt lorsque ces animaux craintifs rivalisent lors du brame
Animal de l’année

Animal de l’année 2017: le cerf élaphe

Le cerf élaphe (Cervus elaphus) est le plus grand animal sauvage de Suisse. Il se sent parfois à l’étroit dans notre pays, car il se heurte régulièrement à des obstacles lors de ses migrations.

Le cerf élaphe est un migrateur pouvant accomplir de longues distances. Il arrive que plusieurs dizaines de kilomètres séparent ses quartiers d’été et d’hiver. Les mâles couvrent aussi de longues distances pendant le rut, de même que les jeunes cerfs qui conquièrent leur indépendance.

Les cerfs n’ont pas la tâche aisée au cours de leurs migrations dans notre pays. Partout ils tombent sur des agglomérations et des axes de transport difficilement franchissables. Trop souvent, leur voyage se termine contre la clôture d’une autoroute.

Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le cerf comme Animal de l’année?

En choisissant le cerf, Pro Natura souligne l’importance des réseaux biologiques dans nos paysages morcelés. Pro Natura s’engage pour l’aménagement de passages à faune permettant de supprimer les obstacles à la migration.

Ein Hirsch stapft steil bergauf durch den Schnee.
Les cerfs se déplacent fréquemment et sur de longues distances. Mais les constructions leur barrent souvent la route

Repartis de zéro, les cerfs sont aujourd’hui 35'000 en Suisse

Le cerf avait disparu de Suisse il y a 150 ans. Une chasse excessive et la surexploitation des forêts lui furent fatales.

Dès 1870, les premiers cerfs gagnèrent à nouveau le canton des Grisons depuis l’Autriche. Le contexte leur devint plus favorable: la Loi fédérale sur la chasse adoptée en 1875 limitait les périodes de chasse et protégeait les femelles. La forêt récupérait lentement et recommençait à s’étendre.

Le cerf reconquit successivement une grande partie des Alpes suisses et des Préalpes. Depuis les années 1990, il colonise aussi certaines parties du Jura depuis la France.

35’000 cerfs vivent actuellement en Suisse. Mais leur retour n’est pas encore terminé. Des régions relativement étendues et offrant des conditions tout à fait favorables sont encore largement dépourvues de cerfs, par ex. le Plateau, le centre et l’est du Jura, ainsi que les parties occidentales des Alpes.

Rothirsch-Kühe und männlicher Rothirsch mit grossem Geweih geniessen die Abendsonne am Berg.
Alors qu’ils avaient disparu il y a 150 ans, les cerfs sont aujourd’hui bien répandus

Caractéristiques principales du cerf élaphe

Un cerf mâle adulte pèse entre 170 et 220 kilos. Il est donc deux fois plus lourd qu’un bouquetin et huit fois plus lourd qu’un chevreuil. La biche est bien plus petite, mais elle pèse tout de même de 90 à 130 kilos.

Durant l’été, le pelage des cerfs est brun-rouge. Ils changent de livrée en automne pour devenir gris à gris-brun. Le pelage d’hiver est plus épais et plus hirsute que celui d’été. À la fin du printemps, les poils d’hiver tombent en gros flocons.

L’odorat est le plus développé de leurs sens et les cerfs peuvent se fier entièrement à leur flair. Ils se tiennent autant que possible face au vent pour surveiller les alentours. Les aires de repos sont choisies de façon que le vent souffle de là où pourraient venir des ennemis.

Les cerfs élaphes peuvent mouvoir leurs oreilles indépendamment l’une de l’autre. Cela les aide à localiser les sources de bruit avec précision. Leurs yeux perçoivent surtout le mouvement. Leurs pupilles ovales peuvent s’agrandir considérablement. Le cerf voit plutôt bien à l’aube et au crépuscule.

Zwei Rothirsch-Kühe stecken angespannt die Ohren in Richtung des Fotographierenden.
Les cerfs entendent très bien. Ils localisent immédiatement chaque bruit

Des goûts simples, mais de nombreuses heures consacrées à se nourrir

Le cerf est un herbivore peu exigeant. Il mange ce qui se présente. Des études ont montré que ces animaux ont consommé 90% des diverses espèces de plantes poussant dans la zone analysée. Les cerfs préfèrent les graminées et les plantes aromatiques. Mais ils ne dédaignent pas les feuilles et les rameaux de buissons, l’écorce des feuillus, le lichen, la mousse, les fruits des arbres comme les glands, les châtaignes et les faînes. Leur régime alimentaire s’adapte à l’offre saisonnière. Le repas n’est pas expédié à la va-vite. Brouter leur prend 7 à 10 heures par jour. Et ils ruminent encore 5 à 6 heures. Les cerfs se délectent d’amanites tue-mouche. On présume qu’ils en apprécient l’effet psychotrope. L’amanite tue-mouche est très toxique pour l’être humain.

Kleines Rothirsch-Kalb zupft erste Gräser auf der Waldlichtung.
Il n’est jamais trop tôt pour songer à se sustenter

Mâles et femelles vivent en hardes séparées

Le cerf est un animal sociable. Excepté durant le rut, les animaux vivent en hardes séparées selon leur sexe. Les hardes de femelles regroupent plusieurs «famille mère», c’est-à-dire une femelle avec ses petits de cette année ou de l’année précédente. Une biche plus âgée expérimentée conduit la harde et remplit les tâches suivantes:

  • Elle connaît les zones de repli où la harde sera en sécurité et les chemins à emprunter
  • Elle sent quand il est temps de changer de quartier
  • Elle sait comment réagir face aux dérangements

L’expérience de la biche prenant la tête du troupeau est transmise au sein d’une famille mère. Des traditions se constituent ainsi et perdurent sur des générations. Les jeunes mâles quittent la famille mère à l’âge de 2 à 3 ans pour former leur propre harde de mâles. En dehors du rut, les cerfs sont extrêmement farouches et il est donc rare de pouvoir en apercevoir.

Rothirsch-Kuh mit Kalb im Wald
Presque une famille mère – seul manque le petit de l’année précédente

De nouveaux bois chaque année - le poids de la couronne

Les bois d’un grand cerf pèsent environ 8 kilos. Chaque année, ils repoussent en l’espace de quelques mois, un véritable tour de force sur le plan physiologique. Un cerf produit chaque jour jusqu’à 150 grammes de masse osseuse.

Une ou des ramifications supplémentaires apparaissent chaque année. Un cerf d’un an ne porte que deux dagues fines. Quatre à six andouillers se forment déjà durant sa deuxième année. La taille maximale des bois est atteinte entre la septième et la dixième année de l’animal. Les bois peuvent alors compter 20 andouillers.

Les bois sont opérationnels au début du rut, prêts à intimider le rival ou à le frapper. Après le rut, les bois ne sont plus qu’un fardeau et le roi de la forêt se débarrasse de sa couronne à la fin de l’hiver.

Rothirsch mit grossem Geweih im Herbstwald
La formation des bois est un véritable tour de force: un cerf produit jusqu’à 150g de masse osseuse par jour

Le rut, une période éprouvante – mais le jeu en vaut la chandelle

En automne, les mâles se séparent de leur harde. Ces animaux habituellement calmes et discrets se donnent alors en spectacle en rivalisant par leur brame. Un mâle excité peut bramer de toutes ses forces jusqu’à 500 fois par heure. Il rejoint alors une harde de biches, les suit pas à pas et les retient sur la place de brame. Lorsqu’un rival apparaît, il défend sa position de mâle dominant. Les adversaires brament pour s’intimider mutuellement, ils paradent et se mesurent avec leurs bois abaissés et leurs pattes tendues. Lorsqu’aucun ne cède, les adversaires s’affrontent bois contre bois sur la place de brame et tentent de repousser leur rival. Le combat prend fin quand l’un des rivaux se rend compte de son infériorité et abandonne. Un cerf mâle ne mange pratiquement pas pendant le rut. Il perd alors jusqu’à un cinquième de son poids. Mais cela en vaut la peine pour le mâle dominant, qui sera le seul à saillir toutes les biches présentes.

Zwei Rothirsche mit Geweih stehen am Hang und röhren in der Dämmerung.
Un râle profond retentit dans la forêt lorsque ces animaux craintifs rivalisent lors du brame

Économiser de l’énergie – au moyen d’une hibernation temporaire

La nourriture se fait rare en hiver alors même que les animaux ont besoin de plus d’énergie pour se réchauffer. Réduire leurs besoins à un minimum leur permet d’économiser de l’énergie.

En hiver, les cerfs évitent toute activité inutile. Le volume de leur panse se réduit. Leur rythme cardiaque baisse de 60% par rapport à son maximum de l’été. Il arrive que leur cœur ne batte plus que 30 fois par minute.

Si les réserves de graisse s’épuisent au cours de l’hiver, les animaux abaissent également leur consommation d’énergie durant les nuits froides. La circulation sanguine se réduit dans les pattes et les parties extérieures du tronc. La température du corps y descend ainsi jusqu’à 15 degrés Celsius. En temps normal, elle s’élève à 37 degrés Celsius.

Les cerfs montrent alors des réactions semblables à celles des animaux hibernant réellement. Cependant, chez eux l’engourdissement induit par le froid dure tout au plus 9 heures. Cette hibernation temporaire n’est possible que si les animaux se sentent absolument en sécurité. Toute fuite est synonyme pour eux de grosse dépense d’énergie. Il est d’autant plus important que les cerfs puissent bénéficier de quartiers d’hiver tout à fait tranquilles.

Rothirsch mit schönem Geweih im Winterwald
Ne pas déranger – le cerf connaît une hibernation temporaire

Que fait Pro Natura?

  • Pro Natura demande le rétablissement des axes de déplacement et des corridors à faune. Il faut tenir compte des besoins en mobilité des animaux sauvages lors de la planification et de la construction d’infrastructures. Les animaux sauvages comme le cerf évoluent dans différents habitats. Ils se déplacent entre leurs aires de repos et de pâture, entre leur lieu de retraite et leur site de reproduction, etc. Nos paysages morcelés compliquent, voire empêchent, ces déplacements si importants.
  • Pro Natura demande aux milieux politiques et aux autorités de faire en sorte que les infrastructures écologiques et la mise en réseau des espaces naturels soient notablement améliorées sur le plan national. La plupart du temps, les corridors à faune traversent plusieurs régions et les dispositions strictement cantonales ne sont donc pas suffisantes.
  • En tant qu’avocate de la nature, Pro Natura observe les développements actuels sur le plan politique. Pro Natura influe sur la législation qui protège les corridors à faune et sur sa mise en œuvre.
  • Pro Natura sensibilise la population. Pourquoi les animaux sauvages ont-ils besoin d’habitats interconnectés? Comment chacun d’entre nous peut-il éliminer ce qui constitue un piège pour les petits animaux et leur permettre ainsi de se déplacer librement?
  • Pro Natura s’occupe de plus de 650 réserves naturelles dans toute la Suisse. De nombreuses espèces animales et végétales y trouvent un habitat précieux. La mise en réseau de ces habitats joue un rôle majeur à cet égard. Pro Natura favorise par exemple ce qu’on appelle les «biotopes-relais», afin que les animaux sauvages puissent se déplacer plus librement.
Animal de l’année 2017 – Le cerf
La couleuvre à collier – Animal de l’année 2015 Markus Blome
Animal de l’année

Animal de l’année 2015: la couleuvre à collier

La couleuvre à collier (Natrix natrix) pond parfois ses œufs dans les composts. C’est une excellente nageuse qui se nourrit volontiers de grenouilles et de crapauds. En cas de danger, ce serpent non venimeux disparaît dans l’eau ou fait le mort.

Une ondulation dans les roseaux, puis une mince silhouette se glisse dans l’eau. La voilà déjà partie. Les rencontres avec la couleuvre à collier sont généralement fugaces. Ces créatures gracieuses sont extrêmement craintives: effrayées, elles se réfugient dans une cachette à la vitesse de l’éclair ou plongent dans l’eau.  
 
La couleuvre à collier est un serpent non venimeux et inoffensif pour l’homme. Cette excellente nageuse apprécie la proximité des points d’eau où elle trouve grenouilles ou crapauds. Elle partage un gros problème avec ses proies favorites: leurs habitats se font toujours plus rares. En faisant connaitre ce serpent indigène, Pro Natura souhaite encourager la préservation et la création de zones humides ainsi que leur mise en réseau. 

Des anneaux sur la nuque

La couleuvre à collier est l’une de nos huit espèces de serpent indigènes. Elle vit dans toute la Suisse, à l’exception des sommets des Alpes et de certaines régions du Jura. La Suisse abrite deux sous-espèces: Natrix natrix helvetica est largement répandue, alors que la forme Natrix natrix natrix n’est présente qu’au nord-est du pays.

Ses deux taches claires sur la nuque, en forme de croissant, sont le signe distinctif de la couleuvre à collier. Elles sont moins marquées chez certains individus, en particulier ceux qui sont âgés, voire totalement absentes. En regardant de près, on découvre une autre caractéristique de l’espèce: les écailles entre les yeux et la gueule sont bordées de noir vers l’arrière. La sous-espèce Natrix natrix helvetica se caractérise par des barres verticales sur les flancs.

Markenzeichen der Ringelnatter sind die beiden hellen, halbmondförmigen Flecken im Nacken. Pro Natura/Gerhard Sturm
Ses deux taches claires sur la nuque, en forme de croissant, sont le signe distinctif de la couleuvre à collier

Incubation dans un compost

La couleuvre à collier est un reptile très pacifique. On peut s’en apercevoir durant la période de l’accouplement, en mars ou en avril: même lorsque plusieurs galants courtisent la même femelle, il n’y a pas de combats. Les femelles en gestation parcourent souvent plus d’un kilomètre pour trouver un site de ponte approprié. Il peut s’agir de souches d’arbres en décomposition, de tas de compost, de résidus de fauche, de sciure ou de fumier. La décomposition de matières organiques libère de la chaleur. Dans ces incubateurs naturels, la femelle de la couleuvre à collier peut pondre 10 à 40 œufs à coquille molle. Un record parmi les reptiles indigènes. Les bébés serpents, de la taille d’un crayon, éclosent après sept à neuf semaines.

Schlüpfende Jungschlange. Stefan Dummermuth
Jeunes serpents sortant de l’œuf

Quand la peau serre aux entournures

Comme tous les serpents, les couleuvres à collier grandissent tout au long de leur vie. La couche supérieure de leur peau ne se développant pas, ces animaux doivent régulièrement muer. Ce changement de tenue s’annonce par une opacification des yeux, protégés chez les serpents par une écaille transparente. Un film liquide se forme entre l’ancienne et la nouvelle peau, qui aide la mue à se détacher. La vieille peau se détache à la hauteur du museau et l’animal s’en dégage comme d’un bas étroit, en la retournant jusqu’à la queue. Cette peau, appelée exuvie, est ensuite abandonnée.

Das Auge der Ringelnatter trübt vor der Häutung ein. Sonja Haase
Couleuvre à collier avant la mue

Spécialiste du bluff

Les couleuvres à collier sont exposées à mille dangers. Parmi leurs ennemis, on compte par exemple les oiseaux de proie, les hérons, les chats, les renards et les fouines. Ce serpent non venimeux est peu agressif. Il prend si possible la fuite en cas de danger. Si s’enfuir est impossible, la couleuvre tentera d’intimider son adversaire en aplatissant l’avant de son corps comme un cobra, en sifflant et donnant des coups de tête. Mais elle ne mordra pas. En revanche, si on la capture, elle laisse échapper un liquide cloacal nauséabond. En dernier recours, il arrive qu’elle fasse le mort: elle se tord, se place sur le dos et laisse pendre sa langue hors de sa gueule ouverte. Quelques gouttes de sang peuvent même sortir de sa gueule pour parachever l’effet. À peine son agresseur a-t-il relâché son attention que notre couleuvre reprend vie et disparaît.

Eine Ringelnatter stellt sich tot. Andreas Meyer
Couleuvre à collier faisant la morte

Leur langue fourchue: un organe sensoriel olfactif

Comme tous les serpents, la couleuvre à collier est pratiquement sourde. En revanche, sa vue est bien développée et l’aide à chasser et à détecter les dangers. Le frétillement de la langue, typique des serpents, leur permet de percevoir les odeurs. Grâce à une petite ouverture au bout du museau, la couleuvre à collier peut pointer sa langue même avec la gueule fermée. Les particules odorantes flottant dans l’air restent collées à la langue. En rentrant sa langue, le serpent les porte aux organes de Jacobson, dotés de cellules sensorielles et situés dans le haut du palais. La forme bifide de sa langue aide le serpent à obtenir une «image olfactive» tridimensionnelle de son environnement.

Züngeln dient der geruchlichen Wahrnehmung. Stefan Dummermuth
Sa langue perçoit les odeurs en trois dimensions

Habile chasseuse de grenouilles

Les couleuvres à collier se nourrissent essentiellement de grenouilles et de crapauds, mais aussi de tritons, de salamandres, de larves d’amphibiens et parfois de poissons. Cette chasseuse agile ne fait pas dans la dentelle: elle engloutit ses proies vivantes. Le serpent fait avancer alternativement ses mâchoires très mobiles. Il conduit ainsi sa proie toujours plus profondément dans son gosier. La grenouille ne se laisse pas faire si facilement. Elle se gonfle d’air pour se défendre. La couleuvre y remédie en engloutissant généralement grenouilles et crapauds par l’arrière du corps, expulsant ainsi l’air par la gueule de sa proie.

Ringelnattern ernähren sich hauptsächlich von Amphibien. Matthias Sorg
Les couleuvres à collier se nourrissent principalement d’amphibiens

De quoi la couleuvre à collier a-t-elle besoin?

Du fait de leur régime alimentaire, les couleuvres à collier affectionnent les points d’eau riches en amphibiens. Elles suivent aussi les amphibiens dans leurs habitats terrestres et l’on peut donc en voir à relativement grande distance de toute rive. En plus de proies en nombre suffisant, il faut à la couleuvre à collier des endroits où se dorer au soleil et des cachettes – murs en pierres sèches, tas de branches ou de pierres – mais aussi des sites appropriés à la ponte de ses œufs. Les couleuvres à collier passent l’hiver dans des coins abrités du gel, par exemple dans des cavités du sol ou des arbres, sous des pierres, dans les fentes de murs, des tas de compost ou de sciure.

Au cours des cent dernières années, l’homme a détruit une grande partie de l’habitat des couleuvres à collier. Autrefois étendus dans notre pays, les zones humides ont été drainées, les cours d’eau régulés, les espaces naturels construits ou coupés par des routes. En outre, il manque aux couleuvres à collier des structures telles que les haies, les fossés, les murs en pierres sèches, les tas de pierres et les bandes herbeuses. Tous ces éléments ont été débarrassés sur les terres agricoles exploitées de manière intensive. Les populations de cette espèce subissent des pertes considérables. La couleuvre à collier, comme tous les serpents de Suisse, figure sur la Liste rouge des espèces menacées. Elle est aujourd’hui protégée.

Ringelnattern schätzen die Nähe von Gewässern und reichlich Versteckmöglichkeiten. Matthias Sorg
Les couleuvres à collier apprécient la proximité des points d’eau et la présence de nombreuses cachettes

Que fait Pro Natura?

  • Les couleuvres à collier se sentent bien là où les amphibiens prospèrent. Pour aider l’Animal de l’année 2015, il faut protéger les zones humides restantes et créer de nouveaux habitats. Pro Natura agit dans le cadre de sa campagne «Des gouilles pour les grenouilles»: notre association crée de nouveaux points d’eau pour la reproduction des amphibiens et encourage les communes à en faire de même.
  • Pro Natura s’occupe de plus de 650 réserves naturelles dans toute la Suisse. Elle y entretient des habitats humides de manière ciblée et veille à ce que les points d’eau ne soient pas envahis par la végétation ou par les alluvions.
  • Pro Natura s’engage pour des cours d’eau naturels avec des zones alluviales accueillantes pour les reptiles et les amphibiens.
  • Pro Natura milite pour une agriculture produisant des aliments sains, dans le respect de la nature. Elle fait par exemple en sorte que les paiements directs de la Confédération soient liés à des prestations écologiques des agriculteurs et agricultrices.
  • Pro Natura est cofondatrice du Centre de Coordination pour la Protection des Amphibiens et des Reptiles de Suisse (karch) et collabore avec ses spécialistes sur des projets spécifiques.
Ringelnattern sind auf amphibienreiche Feuchtgebiete angewiesen. Matthias Sorg
Les couleuvres à collier dépendent de zones humides riches en amphibiens
Le grillon champêtre est l'animal de l'année 2014 Fabian Biasio
Animal de l’année

Animal de l’année 2014: le grillon champêtre

Pro Natura consacre le grillon champêtre (Gryllus campestris) Animal de l’année 2014, un musicien remarqué de nos prairies.

Le grillon champêtre est surtout connu pour ses inlassables stridulations qui dominent le concert donné dans les prés des premières chaudes journées de printemps jusqu’au mois d’août. Mais cet insecte ne se montre guère aux yeux du public. Ce sont les grillons mâles qui s’efforcent d’attirer les femelles et de tenir leurs rivaux à distance par leurs «zri, zri, zri» sonores. En 2014, Pro Natura donne la vedette à ce modeste premier violon pour sensibiliser la population à l’importance des prairies fleuries riches en espèces du pays. 

Un smoking d’où émerge une tête ronde

Le grillon champêtre est l’une des plus de 100 espèces d’orthoptères vivant en Suisse. On s’imaginerait à tort une sorte de sauterelle verdâtre: le grillon champêtre, qui peut atteindre 28 millimètres de long, est noir et trapu. Sa tête est ronde et ses ailes brunes veinées de noir, leur base colorée de jaune sombre en particulier chez les mâles. Le dessous des pattes arrière est rouge. Les femelles se reconnaissent à leur oviducte long et fin.

Malgré leurs ailes, les grillons sont incapables de voler. Mais ils sont vifs et rapides. Ils se nourrissent de graminées et d’herbes, mais aussi de petits insectes vivants ou morts. Les grillons champêtres, de leur côté, font les délices des gros oiseaux, des reptiles et des mammifères tels les renards, les musaraignes et les chats.

Feldgrillenweibchen mit Legeröhre. Albert Krebs/ETH
Une femelle grillon champêtre reconnaissable à son oviducte

Premier violon dans l’orchestre des prés

Le chant est l’apanage des mâles chez les grillons champêtres. Les mâles marquent leur territoire par de sonores «zri, zri, zri» et montrent en même temps la direction aux femelles intéressées. Ces violonistes se servent de leurs ailes avant, les élytres, comme instrument sonore. La face inférieure de celles-ci possède un alignement de 140 petites dents. Cette râpe passe comme un peigne sur un grattoir formé par la saillie lisse située sur le bord de l’aile opposée. Une membrane à la base des ailes amplifie le son comme un haut-parleur. Leurs ailes relevées et l’entrée de leur galerie servent de caisse de résonance. La stridulation d’un grillon en terrain ouvert peut s’entendre jusqu’à 100 mètres. Muettes, les femelles perçoivent l’appel du mâle grâce à leurs minuscules organes auditifs en forme de fente, logés sur leurs pattes avant. Si la prestation les convainc, elles viennent à la rencontre de leur galant. Dès qu’une femelle s’approche, le mâle change brusquement de mélodie et courtise sa dulcinée avec un chant d’amour délicat.

Das Männchen hebt zum Zirpen die Flügel an. Florin Rutschmann
Le mâle relève ses ailes pour amplifier son chant

Bunker avec terrasse

Il n’est pas simple de localiser précisément un grillon champêtre stridulant entre les herbes. Ces insectes craintifs se taisent dès qu’on s’approche d’eux. Ils disparaissent à la vitesse de l’éclair dans les galeries qu’ils creusent dans le sol. Celles-ci s’enfoncent jusqu’à 40 centimètres de profondeur et ne comportent pas de ramifications.

Les grillons aménagent devant leur galerie une petite plate-forme qu’ils gardent libre d’herbes et de cailloux. Elle sert de scène à leurs prestations musicales, mais aussi d’arène pour les combats entre mâles rivaux. Dès qu’un mâle étranger s’y risque, le maître des lieux entonne un chant strident. Si la menace acoustique ne suffit pas, une épreuve de force peut s’engager: les adversaires projettent leurs longues antennes contre la tête du rival, ils se poussent et se mordent jusqu’à ce que l’un d’eux abandonne le combat.

Ein Feldgrillenmännchen vor seiner Wohnröhre. Ingo Stiegemeyer
Un grillon champêtre mâle devant sa galerie

Jeunes sans domicile fixe

Les grillons champêtres s’accouplent souvent devant l’entrée de la galerie d’un mâle. Les femelles pondent ensuite leurs œufs dans la terre, où ils sont livrés à eux-mêmes. Après deux à trois semaines éclosent des larves minuscules qui ressemblent déjà à leurs parents, sauf qu’elles n’ont pas encore d’ailes. Les larves de grillon champêtre vagabondent pendant l’été, mangent et muent jusqu’à dix fois. Les jeunes ne deviennent sédentaires qu’à l’automne: ils creusent alors une galerie ou en rénovent une, abandonnée par un de leurs congénères. Les larves s’y abriteront l’hiver. Au printemps, elles changeront encore une ou deux fois de peau et deviendront adulte début mai.

Feldgrillenlarven haben noch keine Flügel. Florin Rutschmann
Les larves de grillon champêtre n’ont pas encore d’ailes

Une vie dans les prés fleuris

En Suisse, le grillon champêtre se rencontre dans les vallées au climat relativement doux, dans des endroits chauds et secs, jusqu’à 1800 mètres d’altitude. Le grillon champêtre est un habitant typique des prairies, des pâturages et des talus ensoleillés et entretenus de manière extensive. Ces habitats bien fleuris ne sont pas seulement un paradis pour les orthoptères comme le grillon champêtre, mais aussi pour de nombreuses autres espèces animales et végétales.

Malheureusement, depuis le milieu du siècle dernier, l’étendue et la qualité de nos prairies fleuries riches en espèces diminuent sans cesse. À cause de l’intensification de l’agriculture ou de l’embroussaillement des versants qui ne sont au contraire plus exploités. En outre, il n’est pas rare qu’on construise sur les emplacements ensoleillés. Le chant du grillon champêtre s’est ainsi tu à de nombreux endroits. Si ces insectes sont relativement mobiles à l’intérieur d’une prairie chaude et sèche, ils se heurtent rapidement à certaines limites. Aujourd’hui de nombreuses populations vivent quasiment sur des îlots, ce qui rend plus vulnérable cette espèce normalement répandue.

Feldgrillen mögen sonnige, extensiv bewirtschaftete Wiesen und Weiden. Fabian Biasio
Les grillons champêtres aiment les prés et les pâturages ensoleillés et exploités de manière extensive

Que fait Pro Natura?

  • Pro Natura assure la présence d’un réseau de plus de 650 réserves naturelles dans toute la Suisse. Les prairies et les pâturages dans les réserves naturelles de Pro Natura sont gérés extensivement – à la grande joie du grillon champêtre qui vit dans un grand nombre de ces sites.
  • Avec sa campagne «Flower Power – prairies arc-en-ciel», Pro Natura s’engage pour que les prés et les pâturages colorés et riches en espèces progressent à nouveau en Suisse.
  • Pro Natura préserve et favorise les prairies et les pâturages secs. Le projet Allegra Pierre le chevrier étudie par exemple les possibilités de rendre à nouveau exploitables les versants autrefois entretenus par l’agriculture et de les sauver ainsi de l’embroussaillement.
  • Dans les cantons, les sections de Pro Natura s’investissent aussi pour des prairies et des talus riches en espèces, par exemple dans le canton de Vaud.
  • En matière de politique agricole, Pro Natura défend une position claire en faveur des prairies et des pâturages riches en espèces dans les zones rurales.
  • Pro Natura s’engage pour un usage économe du sol.

 

Blumenwiesen sind ein wichtiger Lebensraum für viele Tier- und Pflanzenarten. Benoît Renevey
Les prairies fleuries constituent un habitat important pour de nombreuses espèces animales et végétales
Chant nuptial d’un mâle
Lebensraum Wiese
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