Ein Iltis im Gebüsch
03.01.2024 Animal de l’année

Le putois est l’Animal de l’année 2024

Le putois (Mustela putorius) a été désigné Animal de l’année 2024 par Pro Natura. Ce nomade discret parcourt la campagne durant la nuit à la recherche de ses proies. Pour ce faire, il a besoin de haies, de fossés et de zones humides – un réseau de chemins naturels, aujourd’hui en grande partie détruits. Pour que le putois, classé «vulnérable» sur la liste rouge, se maintienne en Suisse, il a besoin d’une infrastructure écologique à l’échelle du pays.

Le putois est un nomade sans territoire fixe. Dans l’obscurité de la nuit, le cousin de la fouine se déplace de la lisière des forêts et des jardins aux étangs et aux mares, toujours à la recherche de ses proies, principalement des grenouilles et crapauds. Comme de nombreux animaux sauvages, il évite les espaces ouverts et il dépend de la présence de haies, de plantes vivaces, de ruisseaux et d’autres microstructures pour se déplacer. Or, ces artères vitales pour la nature ont en grande partie disparu des paysages suisses actuels. 

Un museau blanc sur la liste rouge

Les paysages agricoles riches en structures et les zones humides comptent aujourd’hui parmi les types de milieux naturels les plus menacés de Suisse. Durant le siècle dernier, les microstructures étaient très présentes dans le paysage rural traditionnel suisse. Mais comme ces structures rendent difficile l’utilisation de machines sur de grandes surfaces, voilà plusieurs décennies que les haies et les buissons sont éliminés, les ruisseaux mis sous terre et les étangs comblés. De ce fait, l’habitat du putois et de ses proies s’est réduit comme peau de chagrin. Le putois est classé «vulnérable» sur la liste rouge des espèces menacées de Suisse, mais il est encore plutôt répandu. Il n’est pourtant pas facile à apercevoir malgré son museau blanc. 

Son arme secrète: une odeur de putois

Le biologiste Darius Weber est l’auteur d’une thèse de doctorat sur le putois en Suisse, rédigée en 1987. Il n’a pourtant jamais aperçu ce mustélidé dans son habitat naturel. «Je n’ai vu de putois vivants que lorsque nous les avons capturés pour les doter d’émetteurs. Une expérience particulière car ces petites bêtes sécrètent une substance désagréable lorsqu’elles se sentent en danger». Outre l’odeur, d’autres caractéristiques distinguent le putois de ses proches cousines, la martre et l’hermine: «son pelage est brun foncé, à l’exception du museau et des bordures des oreilles qui sont blancs, mais ce poil est si fin qu’il laisse voir le sous-poil de couleur jaunâtre », explique Darius Weber. Avec ce pelage clairsemé – qui l’a préservé d’une chasse intensive – le putois réduit fortement son activité en hiver et se retire volontiers dans de vieilles étables ou des granges. 

Le putois a besoin de chemins naturels

Pour retrouver ses proies au printemps, le putois doit sans cesse quitter la sécurité de son abri et traverser des routes dans nos paysages très construits et aménagés. Un risque qu’il paie souvent de sa vie.

Pour que le putois et, avec lui, d’innombrables autres animaux sauvages puissent à nouveau parcourir notre paysage sans danger, Pro Natura appelle à la création d’une infrastructure écologique dans toute la Suisse. Avec l’«Action lièvre & Cie» et quelque 800 réserves naturelles Pro Natura montre la voie à suivre. Avec l’Initiative biodiversité, Pro Natura se bat aussi sur le terrain politique en 2024, pour une Suisse où la nature a sa place.

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Contact:

  • Leo Richard, chef de projet communication et campagnes, Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email 
     

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Photo: Stefan Huwiler