Traktor mit Schleppschlauch und Fass auf dem Feld. © Andrea Haslinger
18.06.2026 Agriculture

Le Conseil des États veut enterrer la transparence sur les engrais

Ce matin, le Conseil des États a accepté à une voix près deux textes visant à supprimer l’obligation de communiquer les livraisons de fourrages concentrés et de fertilisants. Il rompt la promesse du Parlement faite aux Suisses et aux Suissesses de réduire les excédents d’engrais pour protéger nos eaux et nos sols. Sans une information transparente sur les flux de fertilisants, il est impossible d’agir efficacement contre les excédents.

Les eaux souterraines du Plateau suisse sont de plus en plus chargées en produits phytosanitaires et en fertilisants, comme le confirment plusieurs études (mesure des pesticides, mesure de nitrates). Raison pour laquelle le Parlement a décidé en 2021 de réduire la concentration en pesticides dans les eaux de 50% d’ici 2027, ainsi que d’agir sur les apports de nutriments d’ici 2030 (iv. pa. 19.475). Pour contribuer efficacement à ces objectifs, il a instauré une obligation de communiquer l’utilisation de pesticides et d’engrais. En acceptant à une voix près l’initiative du canton de Berne et l’initiative parlementaire Stark qui veulent enterrer cette avancée pour la nature et la population, le Conseil des États vient de porter un coup très important à la protection de nos eaux et de nos sols.

Le Conseil des États choisit d’avancer à l’aveugle

À partir de 2027, quiconque commercialise des produits phytosanitaires, des engrais et des fourrages concentrés devra les enregistrer dans l’application digiFLUX fournie par la Confédération. Pour les paysans et les paysannes, cela n’engendrera pas de charge de travail supplémentaire, car la saisie de ces données est déjà nécessaire pour toucher les paiements directs. À l’avenir, celles-ci seront communiquées au format numérique et analysées de manière centralisée. La résistance ne vient donc pas des agriculteurs, mais de l'industrie des engrais et de fourrage. 

En supprimant totalement cette obligation de communiquer concernant les livraisons d’éléments fertilisants, le Conseil des États entrave la transparence et sape la confiance dans l'agriculture locale. En l’absence de données fiables, les autorités ne disposeront pas des éléments de décision nécessaires pour protéger efficacement les ressources naturelles suisses. Le Conseil national doit absolument corriger cette décision irresponsable, afin que le Parlement puisse remplir sa promesse de veiller à une eau propre et à un sol sain.

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