La commission du National tient à sa «Loi d’abattage»

20.02.2019

En prenant position le 19 février 2019 pour le nouvel article 7a de la loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages (LChP), la Commission de l’environnement du Conseil national s’obstine à soutenir une révision totalement déséquilibrée.

Ce projet de loi franchit trois lignes Rouges.

  • Tout d’abord, la Confédération abandonnerait aux cantons la responsabilité de protéger les espèces, faisant fi de son mandat constitutionnel et de ses engagements internationaux. Déléguer aux cantons la compétence d’ordonner des tirs  d’espèces protégées au niveau national ne peut qu’accroître la disparité des pratiques dans ce domaine.
  • Il est ensuite question d’autoriser l’abattage «prévisionnel». Cela signifie que des animaux protégés, car menacés, pourraient être abattus alors même qu’ils n’ont causé aucun dommage. Il est particulièrement révoltant qu’on ne prenne pas auparavant la peine de renforcer les mesures de protection qui minimiseraient les dégâts.
  • Enfin, le Conseil fédéral voudrait pouvoir élargir en tout temps la liste des espèces protégées susceptibles d’être régulées, sans en référer au Parlement. Ce serait soumettre ces espèces encore davantage à l’emprise des groupes d’intérêts désireux de s’arroger leur gestion. Toute une série d’animaux protégés risquent d’être catalogués «régulables» et de facto livrés aux chasseurs.

Si le Conseil national ne parvient pas à corriger cette «loi d’abattage», un référendum est inévitable.

Renseignements

Nicolas Wüthrich, responsable de l’information de Pro Natura, tél. 079 212 52 54, @email

François Turrian, directeur romand de BirdLife Suisse, tél. 079 318 77 75, @email

Gabor von Bethlenfalvy, responsable Grands prédateurs au WWF Suisse, tél. 076 552 18 09, @email

Commentaire de Pro Natura, du WWF Suisse et de BirdLife Suisse