Tourbières des Ponts-de-Martel Matthias Sorg
Neuchâtel

Réserve naturelle des tourbières des Ponts-de-Martel (NE)

Un marais raconte son histoire

La formation d'un haut-marais est un long processus qui peut durer plusieurs millénaires. Sa destruction est malheureusement beaucoup plus rapide, que ce soit par l'exploitation de la tourbe, l'assèchement ou la fertilisation. Les tourbières des Ponts-de-Martel racontent une histoire qui est celle de presque tous les hauts-marais de Suisse.

Tel un rempart noir, le rebord du gisement de tourbe, haut de deux mètres, s'étire à travers le paysage. C'est le témoin d'une exploitation qui a eu lieu pendant les deux guerres mondiales, alors que les usines de la région avaient un grand besoin de combustible. Plus récemment, la tourbe a été utilisée aussi comme substrat pour l'horticulture. Cette exploitation organisée a détruit presque complètement les hauts-marais des Ponts-de-Martel en l'espace de quelques décennies. Aujourd'hui, il n'en reste plus que quelques reliques, alternant avec des prairies et de rares bas-marais.

Des trous étranges au bord du chemin

Au départ de la gare des Ponts-de-Martel, un circuit à travers le vaste paysage marécageux vous est proposé. En chemin, par l'intermédiaire de panneaux, Pro Natura pose des questions à tous les intéressés. Vous trouverez les passionnantes réponses au sein du marais même. En longeant le ruisseau Le Bied, vous remarquerez certainement d'étranges trous dans le sol. Ils sont formés par des écoulements souterrains qui érodent  le calcaire soluble, à tel point que le sol  se creuse gentiment, formant ainsi des dolines (également appelées emposieux). D'ailleurs, Le Bied disparaît dans une de ces dolines, pour ne réapparaître que près de Noiraigue, à 4 km de là et 250 m plus bas.