L’intensification croissante de l’agriculture et la suppression d’éléments naturels ont banalisé le paysage dans la région des Trois-Lacs. Reportair, Niklaus Wächter
09.02.2026 Politique environnementale

Comment les entreprises suisses peuvent devenir des forces positives pour la nature

Le Conseil mondial de la biodiversité (IPBES) publie aujourd’hui un rapport détaillé sur les interdépendances entre l’économie et la biodiversité. En Suisse comme ailleurs, les entreprises sont étroitement tributaires d’une nature intacte. Or leur impact est au contraire principalement destructeur. S’inspirant des recommandations du rapport, Pro Natura montre comment l’économie suisse pourrait devenir un moteur de changement positif.

«Toute entreprise a besoin des prestations de la nature.» C’est le message clé du rapport de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), publié aujourd’hui sur les relations d’interdépendance et les effets réciproques entre l’économie et la nature. Mais « les activités qui sont aujourd’hui source de profit pour les entreprises conduisent souvent à une perte de biodiversité, alors que ce qui est bon pour la diversité des espèces et la société n’est pas toujours rentable.» 

En raison des chaînes d’approvisionnement mondialisées et de la prévalence du secteur des matières premières, les grandes entreprises et les banques helvétiques contribuent de façon disproportionnée à la destruction de la nature partout sur la planète. Si nous voulons préserver durablement nos ressources vitales, un changement est impératif, comme le martèle l’équipe de scientifiques de grande renommée qui signent le rapport. L’action volontaire de quelques entreprises engagées ne suffit pas pour transformer le système. Par des réglementations et des instruments incitatifs plus efficaces, les États et les organismes internationaux doivent créer un environnement propice au changement. Il leur revient d’instaurer les conditions-cadres nécessaires pour amener les entreprises et les institutions financières à agir dans l’intérêt de la nature. 

Quelles implications pour l’économie et la politique suisses?

Le rapport adresse 13 recommandations d’action aux gouvernements et au secteur privé. Pro Natura en déduit notamment une série de mesures à mettre en œuvre par la politique et l’économie suisses: 

  • Instaurer des directives, lois et réglementations pour une gestion durable de la diversité biologique: appliquer la Stratégie Biodiversité Suisse de façon cohérente et systématique, prendre en compte la conservation de la biodiversité dans les dossiers en cours concernant la politique financière (programme d’allègement), la politique agricole (PA 2030+) et l’aménagement du territoire (mise en œuvre de la LAT 2).
  • Abolir les incitations néfastes pour la biodiversité et renforcer celles qui encouragent les modes de production respectueux de l’environnement: supprimer ou rediriger les 162 subventions dommageables à la biodiversité identifiées par l’Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT) en Suisse, comme la promotion des microcentrales hydrauliques ou des cheptels surdimensionnés. Renforcer et étendre les contributions propices à la biodiversité, p. ex. pour l’agriculture biologique, les réserves forestières ou le conseil en matière de jardins naturels.
  • Fixer des limites au comportement des entreprises: soutenir l’initiative pour des multinationales responsables, qui prévoit un devoir de diligence pour les grands groupes internationaux et leurs filiales, et permet de les tenir pour responsables en cas de destruction de l’environnement.
  • Améliorer la traçabilité et la transparence des chaînes d’approvisionnement: mettre en place des exigences telles que les chaînes d’approvisionnement sans déforestation, comme l’a fait l’Union européenne.
  • Réorienter les investissements du secteur financier, en les retirant des entreprises qui détruisent l’environnement pour les rediriger vers celles qui favorisent la nature: soutenir l’initiative sur la place financière, qui poursuit ces objectifs.

 

Informations complémentaires:

Contact:

  • Sarah Pearson Perret, directrice romande, @email, tél. 079 688 72 24