«J’ai découvert sous ma loupe un monde merveilleux»
Anne Freitag n’a jamais été de ces enfants qui admirent des heures durant une colonie de fourmis s’emparer des restes du piquenique familial. «Petite, les insectes me dégoûtaient, je n’avais aucun intérêt pour eux.» Cette aversion précoce ne l’a pas empêchée de devenir entomologiste et d’occuper aujourd’hui le poste de conservatrice des invertébrés au département de zoologie du Naturéum, le Muséum cantonal vaudois des sciences naturelles. Avec une attention toute particulière pour les fourmis, surtout celles des bois, dont elle étudie les énormes nids dans le Parc naturel du Jorat.
Sa passion a émergé durant ses études de biologie à l’Université de Neuchâtel, dans lesquelles la Chaux-de-Fonnière s’est lancée par intérêt pour les animaux. «Je pensais me consacrer aux mammifères, aux oiseaux, aux espèces un peu spectaculaires. Mais grâce à mon professeur d’entomologie, j’ai découvert sous ma loupe un monde merveilleux, avec une variété surprenante de formes et de couleurs.» Sa vocation était née, renforcée par sa rencontre en 1992 avec l’illustre myrmécologue Daniel Cherix, alors conservateur au Musée de zoologie de Lausanne. C’est là qu’Anne Freitag a écrit sa thèse de doctorat sur le torcol, cet oiseau se ourrissant exclusivement… de fourmis.
À l’affût des fourmis
Ce qui la fascine chez ces insectes? Leur vie sociale bien sûr, reflet, dans l’imaginaire collectif, de notre société humaine. Mais Anne Freitag s’intéresse avant tout à leur répartition sur le territoire suisse, la communauté scientifique manquant encore de données à ce sujet. «Même pendant mes balades, je ne manque jamais de grailler sous les pierres ou au creux d’un tronc mort our chercher des fourmis et renforcer nos connaissances sur les quelque 150 espèces qui peuplent le pays.» Un tout petit pourcent de la diversité mondiale, donc, mais qui n’est pas négligeable sur une superficie comme celle de la Suisse. «Nous comptons une certaine variété d’habitats. Ainsi, nous pouvons trouver au Tessin quelques espèces du sud tandis que les Alpes et le Jura abritent des fourmis des montagnes.»
Quand la conservatrice ne se rend pas sur le terrain – une tâche qui n’occupe qu’une petite partie de son mandat –, elle gère avec ses équipes les collections d’invertébrés du département de zoologie. «Au-delà des expositions pour le grand public, c’est la raison d’être d’un musée: permettre aux chercheurs d’avoir accès à des spécimens qu’ils n’ont ainsi pas besoin d’aller récolter eux-mêmes. » sous les pierres ou au creux d’un tronc mort pour chercher des fourmis et renforcer nos connaissances sur les quelque 150 espèces qui peuplent le pays.» Un tout petit pourcent de la diversité mondiale, donc, mais qui n’est pas négligeable sur une superficie comme celle de la Suisse. «Nous comptons une certaine variété d’habitats. Ainsi, nous pouvons trouver au Tessin quelques espèces du sud tandis que les Alpes et le Jura abritent des fourmis des montagnes.»
Quand la conservatrice ne se rend pas sur le terrain – une tâche qui n’occupe qu’une petite partie de son mandat –, ellegère avec ses équipes les collections invertébrés du département de zoologie. «Au-delà des expositions pour le grand public, c’est la raison d’être d’un musée: permettre aux chercheurs d’avoir accès à des spécimens qu’ils n’ont ainsi pas besoin d’aller récolter eux-mêmes.» sous les pierres ou au creux d’un tronc mort pour chercher des fourmis et renforcer nos connaissances sur les quelque 150 espèces qui peuplent le pays.» Un tout petit pourcent de la diversité mondiale, donc, mais qui n’est pas négligeable sur une superficie comme celle de la Suisse. «Nous comptons une certaine variété d’habitats. Ainsi, nous pouvons trouver au Tessin quelques espèces du sud tandis que les Alpes et le Jura abritent des fourmis des montagnes.» Quand la conservatrice ne se rend pas sur le terrain – une tâche qui n’occupe qu’une petite partie de son mandat –, elle gère avec ses équipes les collections d’invertébrés du département de zoologie. «Au-delà des expositions pour le grand public, c’est la raison d’être d’un musée:permettre aux chercheurs d’avoir accès à des spécimens qu’ils n’ont ainsi pas besoin d’aller récolter eux-mêmes.»
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Matthias Sorg
Un travail minutieux
Encore faut-il que le détail des collections soit aisément consultable par les scientifiques intéressés. Voilà donc vingt-cinq ans qu’un travail colossal de numérisation des bases de données a été entamé par le Naturéum. «En ce qui concerne les insectes, on parle de deux à quatre millions d’individus qui attendent d’être inventoriés, en plus des quelque 310 000 qui l’ont déjà été.»
Cette tâche minutieuse se complique encore avec les collections plus anciennes, comme celle du myrmécologue vaudois Auguste Forel, datant du début du 20e siècle. Étiquetée à la main, dans une belle mais difficilement déchiffrable écriture cursive, sa numérisation nécessite une attention particulière. «Parfois, le nom des lieux où ont été collectées les fourmis a changé et il faut faire quelques recherches pour les identifier. À l’époque, c’était plus difficile de déterminer des coordonnées GPS, surtout au milieu de la forêt amazonienne, où Auguste Forel a mené quelques expéditions.»
Aventurière… en Suisse
Anne Freitag n’a-t-elle pas été tentée d’arpenter elle aussi le monde à la recherche de spécimens rares de fourmis ? «Je ne suis pas une grande voyageuse. Mais je suis quand même allée en Indonésie où j’ai pu observer quelques espèces assez mythiques, comme les fourmis tisserandes, qui créent des nids aériens en liant ensemble des feuilles d’arbres à l’aide de fils de soie.» Elle s’estime toutefois tout aussi heureuse lorsqu’elle tombe en Suisse sur une fourmi qu’elle n’avait jamais observée auparavant.
Pour elle, l’autre avantage de numériser les données et de les mettre en réseau avec celles d’autres musées du pays est d’en apprendre plus sur l’évolution des populations. Même si cela permettrait de confirmer un «feeling que ces dernières sont en chute libre. Entre le changement climatique, la perte des milieux naturels, les pressions exercées par l’activité humaine, le nombre de fourmis diminue, c’est inévitable. Mais nous peinons encore à quantifier cette perte. » D’un naturel plutôt gai, elle se sent toutefois plutôt pessimiste face au déclin de la biodiversité. «Et pourtant, c’est à la portée de tous de faire des efforts. Mais de nos jours, on a du mal à accepter des contraintes et on est persuadé qu’on s’engage déjà bien plus que son voisin…»
TANIA ARAMAN est rédactrice pour le Magazine Pro Natura.
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