La nature est notre meilleure réponse
L’été est terminé. Les canicules s’effacent des mémoires et la sécheresse semble – à première vue – moins dramatique. Les températures extrêmes reviendront et nous aurons à nouveau à nous en préoccuper. Pour lutter contre les longues périodes de chaleur et le manque d’eau, il est urgent de revoir nos fondamentaux: mieux protéger nos forêts, nos sols et notre réseau hydrographique et les aider à remplir leur fonction naturelle d’éponge et de régulateurs du climat. Pour l’agriculture, des espaces naturels intacts sont indispensables à la rentabilité. Pour toute la population, des zones de détente gratuites à proximité des villes sont une assurance-vie naturelle contre les météos extrêmes.
Plus d’écosystèmes résilients
La solution n’est pas à chercher dans la technologie de pointe, mais dans la biodiversité. Elle accroît la résilience des écosystèmes, leur permet de mieux supporter la chaleur et la sécheresse et de nous aider à traverser les canicules. Pour cela, l’eau doit rester dans la nature. C’est tout l’intérêt de concepts comme la ville-éponge et le paysage-éponge. Mis en œuvre à l’échelle nationale, ils peuvent contribuer à la régulation du cycle de l’eau et à la limitation des pertes. La désartificialisation des sols et leur qualité doivent devenir des priorités. Car seul un sol sain et perméable est capable de retenir l’eau dans laquelle vont puiser les plantes et les arbres aux longues racines. En retour, ceux-ci le stabilisent et régulent le climat. Dans les villes comme à la campagne, la promotion de surfaces proches de leur état naturel est un important moyen de lutte contre les températures excessives, l’érosion et les crues.
Les forêts nous rendent également de précieux services écologiques pour affronter le plus efficacement possible la chaleur et la sécheresse. Mais les arbres ne peuvent jouer leur rôle thermorégulateur que si l’eau est présente en suffisance. Ils y parviennent particulièrement bien dans les forêts humides. Dotées d’une grande capacité de résistance, les forêts implantées dans des zones alluviales, des marécages ou des tourbières réussissent habilement à gérer la canicule et l’absence de précipitations. En retenant l’eau dans les sols, elles favorisent la biodiversité.
La Confédération doit se doter de données fiables
La politique doit se baser sur des données irréfutables. Actuellement, il n’est par exemple pas possible de savoir en Suisse qui prélève quelle quantité d’eau dans nos ruisseaux, rivières et lacs. Il manque également une véritable cartographie des sols. La Confédération doit établir un relevé précis de la situation et publier les données correspondantes en toute transparence. En mettant en œuvre toutes ces mesures, la population et la nature suisses seront dans de meilleures conditions pour traverser les prochaines périodes de canicules et de sécheresses.
Contacts:
- Leo Richard, porte-parole, tél. 079 378 37 11, @email