Non à l’initiative «Pas de Suisse à 10 millions»
L’initiative de l’UDC «Pas de Suisse à 10 millions»: aucune protection réelle de la nature et de l’environnement
La Suisse compte aujourd’hui 9,1 millions d’habitants. L’initiative de l’UDC entend maintenir ce chiffre sous la barre des 10 millions d’ici à 2050. Si la population venait à dépasser les 9,5 millions d’habitants, le Conseil fédéral et le Parlement seraient contraints de prendre des mesures et, si celles-ci s’avéraient insuffisantes, de dénoncer des accords fondamentaux tels que celui sur la libre circulation des personnes avec l’UE ou ceux relatifs aux droits des réfugiés.
Pro Natura s’oppose à cette initiative.
Pourquoi cette initiative n’est-elle pas la bonne solution pour protéger la nature et l’environnement?
L’initiative de l’UDC relève de la politique migratoire, non de la protection de la nature. Elle ne s’attaque ni aux causes de la crise de la biodiversité ni à celles de la crise climatique, et ne propose pas non plus de mesures éprouvées pour y remédier. Des solutions existent pourtant: mettre fin au mitage du territoire, revitaliser les cours d’eau rectifiés, redonner vie aux marais, gérer les forêts dans le respect de la nature, aménager des parcs et des jardins riches en biodiversité ou transformer des exploitations agricoles en havres de biodiversité. Ces transformations requièrent avant tout une volonté politique et des moyens financiers et non une limitation du nombre de personnes vivant en Suisse.
Quel est l’impact du nombre d’habitants sur la nature et l’environnement?
La nature en Suisse est sous pression. Pour y remédier, ce n’est toutefois pas la démographie qui constitue le facteur décisif, mais bien la manière dont nous consommons, produisons, construisons et protégeons notre environnement: tant que notre consommation ne cesse d’augmenter, que les responsables politiques persistent dans une politique agricole indifférente à la durabilité, que l’aménagement du territoire se fragilise et que la protection de la nature perd de son importance, aucune transition vers un développement durable ne sera possible.
Pourquoi l’UDC n’est-elle pas crédible en tant qu’initiatrice d’une prétendue «initiative pour le développement durable »?
Depuis des années, l’UDC s’oppose à toute mesure visant à protéger la nature et l’environnement. C’est pourquoi ce parti se retrouve toujours, et de loin, en queue de peloton du classement environnemental établi par l’Alliance-Environnement (voir le bilan à mi-parcours de la 52ème législature en cours). Ce classement évalue dans quelle mesure les parlementaires votent en faveur de l’environnement. Deux dossiers politiques illustrent de façon particulièrement éloquente la position de l’UDC en matière de protection de la nature et de l’environnement:
- En 2022, l’UDC s’est opposée à ce qu’environ 30 % du territoire national soit consacré à la biodiversité d’ici à 2040.
- En 2023, l’UDC a été le seul des grands partis suisses à s’opposer à la loi sur le climat et l’innovation, qui a été adoptée par le peuple.
Si l’UDC se souciait réellement de développement durable, elle appuierait les efforts politiques de Pro Natura et des autres associations de protection de la nature et de l’environnement, et ne mènerait pas une politique purement symbolique sous le couvert du développement durable, comme elle le fait avec son initiative.
Quelles mesures protègent durablement la nature et l’environnement?
Pour améliorer l’état de la nature, il n’est pas nécessaire de limiter le nombre d’habitants en Suisse mais il faut agir sur trois fronts essentiels:
- Un système alimentaire en harmonie avec la nature: il faut des cheptels adaptés à la capacité de charge des écosystèmes, une réduction significative de l’utilisation des pesticides et une politique qui encourage l’agriculture durable grâce à des mesures incitatives judicieuses. | En savoir plus sur l’agriculture agroécologique
- Pas de croissance incontrôlée du milieu bâti: une gestion durable du sol, ressource non renouvelable, exige une limitation définitive et contraignante de l’extension du milieu bâti. La distinction entre zones constructibles et zones non constructibles doit rester claire et inviolable. Cela va de pair avec une augmentation de l’indice d’utilisation du sol dans les zones à bâtir. | En savoir plus sur l’aménagement du territoire
- Des aires protégées suisses fonctionnelles et interconnectées: pour promouvoir la biodiversité, il est indispensable de préserver des surfaces suffisamment vastes et de grande qualité écologique, et de les relier entre elles. Ces aires protégées requièrent une gestion adaptée. Atteindre ces objectifs suppose une volonté politique, des ressources financières suffisantes et l’implication de la société civile. | Découvrir les réserves naturelles Pro Natura