Un paradis pour les abeilles sauvages
Nous partons aujourd’hui à la découverte du monde merveilleux des abeilles sauvages. Direction le canton d’Obwald, et plus précisément la ferme de Brigitte Flühler, où des bandes fleuries s’étendent entre les pois mange-tout et les arbres fruitiers, et où des tas de bois et de pierre parsèment le potager et le poulailler. En cette journée caniculaire de juin, des abeilles butinent les bleuets, les pavots, les cardères et les genêts.
Contrairement aux abeilles mellifères d’élevage, les abeilles sauvages évoluent en liberté dans la nature. Autre différence : elles sont généralement solitaires et ne vivent pas en colonie. Enfin, l’abeille sauvage est une cousine de l’abeille mellifère, et non une ancêtre. Il en existe près de 30 000 espèces dans le monde, dont plus de 500 vivent dans nos contrées.
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Un rôle indispensable de pollinisatrices
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Pawel Streit
- Brigitte Flühler (à l’arrière-plan) et Katherine Schmid à la recherche d’abeilles sauvages dans l’Anthémis des teinturiers.
En plus d’être des animaux fascinants, les abeilles sauvages sont indispensables à l’être humain pour leur rôle de pollinisatrices. Les agriculteurs et agricultrices en dépendent, car seules les plantes pollinisées produisent des récoltes. Or, une exploitation agricole trop intensive, associée à la disparition croissante des espaces verts et à la construction d’infrastructures telles que les routes, contribue au déclin de l’habitat de l’abeille sauvage. Près de la moitié des espèces présentes en Suisse figurent aujourd’hui sur la liste rouge des espèces menacées.
Ce n’est toutefois pas une fatalité, comme le montre la ferme biologique de Brigitte Flühler, qui a reçu les conseils de Pro Natura Unterwald et Uri dans le cadre du projet « Summende Bauernhöfe » (fermes bourdonnantes). Katherine Schmid, responsable du projet Promotion de la biodiversité sur les terres agricoles au sein de la section Pro Natura Unterwald explique : « Avec ce projet, nous voulons aider les fermiers et les fermières des cantons d’Uri, de Nidwald et d’Obwald à rendre leur exploitation la plus favorable possible aux abeilles sauvages. » Ils et elles reçoivent des conseils gratuits directement sur place, suivis d’un rapport résumant les différentes propositions, et bénéficient ensuite d’un accompagnement durant la phase de mise en œuvre.
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Des mesures simples à mettre en place
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Pawel Streit
«Nous pouvons faire beaucoup pour les abeilles sauvages, même avec peu de moyens», ajoute Katherine Schmid. Aménager des bandes fleuries, des sites de nidifications, des haies, des tas de bois mort ou de sable sont autant de mesures simples qui offrent aux insectes habitat et nourriture. La propriété de Brigitte Flühler incarne tout cela et bien plus encore: «Je tonds le moins souvent possible et laisse sur place la plupart des déchets végétaux», indique-t-elle pour résumer sa philosophie. «Les fleurs du chou frisé, par exemple, qui est récolté au fur et à mesure en hiver, c’est si joli et les abeilles en raffolent! Et quand les pommiers sont en fleur au même moment, ça bourdonne dans tous les coins.»
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Pawel Streit
- Certaines espèces d’abeilles sauvages nichent dans les interstices des tas de pierres.
Évidemment, les abeilles mellifères pollinisent aussi les plantes sauvages et cultivées, mais elles sont moins efficaces que leurs cousines sauvages, dont font d’ailleurs partie les bourdons. Les abeilles sauvages ne volent pas aux mêmes heures et ne butinent pas les mêmes fleurs que les mellifères, ce qui permet à une grande variété de plantes d’être pollinisées. Elles volent par ailleurs par temps moins chaud et même maussade, à condition toutefois qu’elles trouvent assez de milieux naturels. Dans la ferme maraîchère de Giswil, les bandes fleuries, les haies, les surfaces non fauchées, les tas de sable et de bois mort agrémentés de tas de pierres servent de sites de nidification et offrent aux abeilles sauvages tout ce dont elles ont besoin.
BETTINA EPPER, corédactrice en chef du Magazine Pro Natura.
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
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