Progetti
«Nous sommes considérés comme des espions étrangers»
Comme fondateur et président de l’ONG Friends of the Siberian Forests (Amis des forêts de Sibérie), le biologiste Andrey Laletin (à gauche) de Krasnojarsk lutte contre la destruction des forêts primaires en Sibérie. Coprésident de Friends of the Earth Russie et membre de la Global Forest Coalition, un regroupement mondial de 86 ONG, il dispose d’un bon réseau international.
Pro Natura: combien de tigres vivent encore dans les forêts de Sibérie?
Andrey Laletin: 450 tigres de Sibérie vivent encore dans les régions de Primorski et de Khabarovsk, dans l’est de la Russie. Cette espèce en danger d’extinction est surtout menacée par les braconniers qui vendent leur fourrure et leurs os en Chine. L’habitat naturel du tigre ne cesse de se restreindre à cause du déboisement et de l’industrie minière.
Vous vous battez depuis plus de 30 ans pour les forêts de Sibérie. Comment procédez-vous?
En 1992, j’ai fondé l’organisation non gouvernementale Friendsof the Siberian Forests avec des amis. Lorsque nous avons connaissance de déboisements illégaux, nous nous rendons sur place et essayons de mettre fin au processus de déforestation – mais très souvent, nous arrivons trop tard.
Où puisez-vous cette énergie pour protéger la nature?
J’aime les forêts, mon travail de doctorat en biologie portait d’ailleurs sur l’écologie forestière. Pendant mes études, j’ai créé un groupe environnemental pour étudier et recenser les épicéas et les fleurs en forêt. Je suis préoccupé par le recul de la biodiversité en forêt. Je protège aussi les forêts pour mes fils et petitsenfants, à qui j’apprends à écouter la forêt et à la comprendre.
Les personnes qui défendent l’environnement vivent dangereusement en Russie, non?
C’est vrai. Les organisations non gouvernementales ne sont pas reconnues. Comme nous recevons de l’argent de l’étranger, nous sommes considérés comme des espions étrangers par les autorités. A plusieurs reprises, nous avons d’ailleurs dû payer des amendes. L’économie forestière est dominée par des réseaux criminels: le bois exploité illégalement part surtout en Chine où il est «légalisé», avant que les produits finis ne parviennent sur les marchés européens et américains.
Avez-vous déjà reçu des menaces?
Oui, à plusieurs reprises. On a voulu nous forcer à abandonner la lutte contre les déboisements illégaux. Certains de ces criminels sont aujourd’hui sous les verrous. La population locale apprécie-t-elle votre travail? Quelques militants locaux nous soutiennent dans nos actions. Mais la plupart des gens ont tellement de problèmes économiques et sociaux que la protection de la nature passe évidemment au second plan.
Quel est votre plus grand succès?
Certainement la création de la réserve naturelle Botchinsky. 50 000 hectares de forêt préservée devaient être défrichés au bord de la rivière Botchi, près de Khabarovsk, et remplacés par des plantations artificielles. En collaboration avec des scientifiques, nous avons pu convaincre des politiciens locaux de mettre la zone sous protection.
Rolf Zenklusen est journaliste indépendant.
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Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Pro Natura Magazine vous plonge dans la nature. Il vous dévoile de petites merveilles, de grands projets et des personnalités captivantes. Des images superbes et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par an. Le Pro Natura Magazine éclaire sur 48 pages les coulisses des décisions politiques, présente des recherches, explique la nature et il révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
Conservation participative de la nature en Géorgie
Protection des rivières et résistance aux projets hydro-électriques (Croatie et Bosnie & Herzégovine)
Pro Natura Magazine
Les 170'000 membres de Pro Natura reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique le vivant. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour l’environnement.
Des articles de vente sélectionnés et une offre variée d’excursions sont proposés également dans le magazine. Et même votre lieu de résidence y est à l’honneur: les sections cantonales Pro Natura vous parlent de la nature tout près de chez vous.
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Dates de publication 2026
1/26: 5 janvier, 2/26: 6 mars, 3/26: 22 mai, 4/26: 14 août, 5/26: 23 octobre, 1/27: 4 janvier
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Dossier thématique actuel du Pro Natura MagazinePourquoi Pro Natura soutient l’Initiative pour des multinationales responsables
Le rapport mondial sur la biodiversité, présenté début mai 2019 par le Conseil mondial de la biodiversité, dénonce des faits effrayants : jamais autant de plantes et d'animaux ne se sont éteints qu'à notre époque. Aujourd’hui, entre 10 et 100 fois plus d'espèces disparaissent chaque année qu'avant l'apparition de l'homme. Selon les experts, sur les quelque 8 millions d’espèces d’animaux et de plantes existantes, près d’un million sont actuellement menacées de disparition.
Les pesticides représentent l'une des causes de cette énorme perte de biodiversité.
Ces produits se révèlent très lucratifs pour l’agrochimie bâloise. 15 des 32 pesticides vedettes du secteur figurent sur la liste des produits classés «à haut risque» par le réseau Pesticide Action Network. Selon Public Eye, l’activité liée à la vente de pesticides à haut risque a généré en 2017 un chiffre d’affaires d'environ 3,8 milliards de CHF.
Appliquer de meilleures normes environnementales dans le monde entier
Les multinationales mettent à profit une réglementation défaillante dans des pays tels que le Brésil, l'Argentine ou l'Inde, où elles continuent à écouler leurs produits phares toxiques, dont un grand nombre est désormais interdit en Suisse et dans l'Union européenne.
En agissant de la sorte, les multinationales suisses sont complices de l'extinction globale des espèces. C’est pourquoi Pro Natura soutient l’Initiative pour des multinationales responsables.
L'initiative veut mettre fin aux agissements commerciaux peu scrupuleux. Elle oblige la prise en considération des normes environnementales et des droits humains dans les pratiques commerciales de toutes les entreprises.
Pour que toutes les multinationales respectent la nouvelle loi, il est nécessaire que les violations portent à conséquence. Les entreprises doivent, à l'avenir, assumer la responsabilité de la destruction de l'environnement et de la violation des droits humains perpétrées par leurs filiales.
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Vers de nouveaux objectifs internationaux de biodiversité
La «Décennie des Nations unies pour la biodiversité» (2011-2020), si prometteuse lors de sa proclamation, s’est terminée l’année dernière sur un bilan décevant: aucun des objectifs internationaux actuels en matière de biodiversité (dits «objectifs d’Aichi») n’a été atteint. La crise de la biodiversité prend aujourd’hui des proportions telles que personne ne peut plus nier l’urgence d’agir.
La communauté mondiale prend un nouveau départ
Les États signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB), dont la Suisse, se réuniront à Kunming, en Chine en octobre 2021 - avec un an de retard sur le calendrier en raison du coronavirus et à condition que la pandémie le permette. Les parties prenantes y conviendront de nouveaux objectifs mondiaux en matière de biodiversité, à mettre en œuvre d’ici à 2030. Du 3 mai au 13 juin, une étape majeure pour les travaux préparatoires du nouveau «Plan stratégique pour la diversité biologique» aura lieu: la Conférence de l’Organe subsidiaire chargé de fournir des avis scientifiques, techniques et technologiques (OSASTT) et de l’Organe subsidiaire chargé de l’application (SBI). Pro Natura participe aux négociations aux côtés de son réseau Friends of the Earth International et s’engage pour un accord efficace, ambitieux et équitable, à même de mettre fin à la perte de biodiversité d’ici à 2030. Certains sujets de négociation revêtent une importance particulière, notamment pour la politique de la biodiversité en Suisse.
La mise en oeuvre, une tâche transversale
Le fait que les objectifs d’Aichi n’aient pas été atteints est principalement dû à des lacunes majeures dans leur mise en œuvre. À l’avenir, celle-ci ne devrait plus être laissée à l’entière discrétion de chaque pays, mais devrait être planifiée selon des directives uniformes, comprenant des formats standardisés pour les rapports et un mécanisme de vérification contraignant. En outre, la responsabilité de la mise en œuvre des objectifs en matière de biodiversité ne doit plus incomber uniquement aux départements de l’environnement, mais elle doit être comprise comme une tâche transversale pour tous les domaines politiques («whole government approach»). C’est là un message qui concerne également la Suisse et sa stratégie en matière de biodiversité: le nouveau plan d’action, qui doit entrer en vigueur à partir de 2023, doit engager tous les secteurs politiques et fixer pour tous les départements des objectifs contraignants. Cela signifie également qu’il faut veiller à ce que l’exploitation - par exemple dans l’agriculture ou dans le secteur de l’énergie - n’augmente pas davantage encore la pression sur la biodiversité. Le projet actuel du nouveau plan stratégique mondial peut également être amélioré sur ce point.
Plus de surfaces et plus de moyens financiers!
Les objectifs de surface constituent une question clef, tant dans le débat international qu’au niveau national. Sous le mot d’ordre «30by30», un groupe de plus de 57 pays («High Ambition Coalition») a appelé à donner la priorité à la conservation de la nature sur 30% de la surface terrestre et maritime. La Suisse fait partie de ce groupe - et à juste titre, car cet objectif est nécessaire pour la Suisse d’un point de vue scientifique. Il ne s’agit pas seulement d’objectifs quantitatifs, mais aussi d’améliorations qualitatives et de la participation de la population concernée. Tant au niveau national qu’international, une sélection représentative des sites, une participation équitable et complète des propriétaires fonciers et de toutes les parties prenantes sont nécessaires, en même temps qu’une gestion coordonnée, efficace et ciblée des zones protégées.
La promotion de la biodiversité englobe naturellement un aspect financier. En plus d’une augmentation significative de l’aide financière aux pays du Sud (une fois de plus), il est impératif de réorienter les subventions néfastes pour la biodiversité. La Suisse dispose de suffisamment de leviers pour aller dans ce sens: de l’augmentation des ressources financières affectées à la biodiversité à tous les niveaux à la suppression des subventions néfastes à la biodiversité, dont le montant est estimé à au moins 40 milliards de francs suisses par an.
Économie et consommation: respecter les limites de la planète
Si l’on veut atteindre les objectifs en matière de biodiversité, on ne peut pas faire l’impasse sur l’économie, le commerce et la consommation. La demande dans les pays industrialisés et les activités des grands groupes qui y sont implantés exercent une pression considérable sur la biodiversité dans les pays en développement. Il est nécessaire d’établir des règles juridiquement contraignantes pour garantir que ces entreprises n’exercent pas leurs activités économiques au détriment de l’environnement et des droits de l’homme. Actuellement, le projet du nouveau plan stratégique pour la diversité biologique ne souhaite s’adresser qu’aux consommateurs. Mais cela ne suffit pas, les engagements purement volontaires des entreprises non plus. La Suisse, en tout cas, a reçu un signal clair lors du vote populaire sur l’initiative «Entreprises responsables», approuvée par la majorité de la population: nos citoyens sont favorables à des règles étatiques plus contraignantes.
Il y a encore beaucoup à faire... tant en Suisse qu’au niveau international
Le projet actuel du nouveau traité mondial sur la biodiversité est loin d’être aussi ambitieux que les objectifs d’Aichi et ne tient pas compte non plus d’aspects importants de la convention sur la biodiversité. Sur de nombreux points heureusement, les positions de la Suisse officielle ne sont pas très loin de celles défendues par Pro Natura / Friends of the Earth dans leurs efforts communs pour obtenir un traité plus efficace. Il est probable que la délégation suisse reprenne certaines des revendications susmentionnées lors des négociations. Il reste à espérer que la politique suisse en matière de biodiversité, avec ou sans plan stratégique international exigeant, se fera également plus ambitieuse et plus efficace à l’avenir.
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Crises de la biodiversité et du climat: continuer comme avant n’est pas une opt…Nouvelle étude: dépenser de l’argent pour réduire la diversité des espèces?Politique de subventions: comment l’Etat nuit à la biodiversitéCrise planétaire de la biodiversité: les faits sont alarmants et la Suisse doit…La croissance économique effrénée, la libéralisation et la mondialisation sans conditions en matière de protection de l’environnement, accompagnées d’un appauvrissement dramatique de la biodiversité et d’inégalités sociales, ont mené au 20e siècle au quasi-épuisement des ressources naturelles. Les pays industrialisés sont responsables de la majeure partie de la destruction de l’environnement.
Cependant, ce sont surtout les pays du Sud qui en subissent les conséquences. Le changement climatique et les conditions environnementales extrêmes ont des effets catastrophiques là où les marges d’adaptation de la nature et de l’être humain sont les plus faibles.
Notre engagement
Notre appartenance à des réseaux internationaux, notamment notre réseau international du «Amis de la Terre» et l’UICN, et le travail que nous accomplissons dans ce cadre contribuent dans le monde entier à la conservation de la biodiversité. Nous soutenons des mouvements environnementaux dans d’autres pays, afin que des sociétés justes, en harmonie avec la nature, puissent se développer. Au fait des interactions écologiques planétaires et de notre responsabilité dans un monde globalisé, nous nous engageons pour que la Suisse assume ses responsabilités.
Objectifs:
- Le cadre institutionnel et juridique international en matière de conservation de la biodiversité et de protection de l’environnement est renforcé, tout comme les outils législatifs qui y contribuent au niveau suisse.
- Les organisations partenaires actives dans la protection de l’environnement et de la nature en Europe et dans le Sud – sont renforcées.
- Nos collaborateur·trice·s élargissent constamment leur compréhension des contextes internationaux dans leur domaine de travail et sont en mesure d’influencer les débats nationaux en lien avec des enjeux internationaux.
- Nous contribuons au développement des organisations internationales dont nous sommes membres grâce à notre engagement au sein de leurs organes
- En tant qu’organisation majeure d’un pays riche ayant un fort impact environnemental sur d’autres parties du monde, nous nous engageons pour des sociétés durables et fondées sur la sobriété. Nous sommes solidaires avec les populations qui subissent les conséquences écologiques de notre mode de vie non durable.
-
Matthias Sorg
- Manifestation de FoEI lors de la conférence sur le climat 2009 à Copenhague.
Pro Natura s’engage à plusieurs niveaux
- En participant activement aux processus politiques. Nous exerçons une influence sur la politique internationale de la Suisse et prenons part à des négociations internationales pour défendre la nature.
- Dans le cadre du réseau international des «Amis de la Terre», nous travaillons depuis 1995 à l’élaboration d’une politique environnementale durable et globale.
- En tant que membre et co-fondatrice de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), et au niveau local au sein de la CIPRA.
- En soutenant des partenaires de la protection de la nature en Europe centrale et orientale.
«Nous faisons partie d’un mouvement mondial œuvrant à la préservation de la diversité écologique et culturelle de la planète, pour nous-mêmes et pour les générations futures. (…) Pro Natura dispose d’un ancrage à la fois régional avec ses sections, national avec l’Association centrale et international en tant que membre suisse du réseau des Amis de la Terre et membre fondateur de l’UICN.»
Nos projets
Heckenverbindungen
Die neue Generation Blauflügeliger Ödlandschrecken entdecken
Rund 120 Eier legt das Weibchen der Blauflügeligen Ödlandschrecke Ende Sommer in den Boden. Miterleben, wie ihre Jungtiere das Licht der Welt erblicken, wird sie nicht. Denn während die nächste Generation im Eistadium den Winter überdauert, sterben die Elterntiere mit dem ersten Frost im Herbst. Zwischen April und Mai schlüpfen dann die nur wenige Millimeter grossen Nymphen. Sie sehen zwar schon aus wie Miniaturversionen ihrer Eltern, die namensgebenden blauen Flügel fehlen jedoch noch. Um diese zu entwickeln, häuten sich die Weibchen vier und die Männchen fünfmal und passen dabei ihre Grundfärbung der Umgebung an.
Die bedrohte Welt der Insekten
«Neben der Blauflügeligen Ödlandschrecke erwachen auch viele andere Insekten im Frühling zum Leben. Der ideale Zeitpunkt, diese genauer zu studieren», sagt Elisabeth Karrer, Projektleiterin Umweltbildung bei Pro Natura. Schliesslich machen Insekten 60 Prozent aller Tierarten weltweit aus und 60 Prozent der Schweizer Insekten sind gefährdet. Dabei sind sie zentral für natürliche Kreisläufe wie die Bestäubung oder die Umwandlung von totem Material. Wo Insekten bedroht sind, sind deshalb auch unsere Lebensgrundlagen bedroht.
Beobachten, bestimmen, fördern
Ob mit der Schulklasse, der Familie oder auch allein; Insekten lassen sich in der Natur wunderbar entdecken. Unser Tier des Jahres zum Beispiel findet man auf sonnig, kargem Gelände, wie Kiesbänken oder verwilderten Bahn- und Gewerbearealen, bevorzugt im Wallis, Tessin und entlang des Jurasüdhangs.
Um auch die vielen anderen Insekten besser zu verstehen, hat Pro Natura einen Bestimmungsfächer sowie ein Naturtagebuch entwickelt. «Letzteres liefert auch Tipps, wie Balkon, Garten oder Schulhof insektenfreundlicher gestaltet werden können, damit im nächsten Frühjahr wieder eine neue Insektengeneration zum Leben erwacht», ergänzt Elisabeth Karrer.
Weitere Informationen:
- Insekten entdecken mit Naturtagebuch und Bestimmungsfächer
- Dossier zum Tier des Jahres 2023
- Das Insektensterben bedroht unsere Lebensgrundlage
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Headerfoto: © Christian Roesti
Les œdipodes turquoise vont éclore
À la fin de l’été, la femelle de l’œdipode turquoise dépose environ 120 œufs dans le sol. Elle ne verra pas naître sa progéniture. Alors que la génération à venir passe l’hiver au stade de l’œuf, les parents meurent dès les premières gelées d’automne. Les nymphes éclosent entre avril et mai de l’année suivante. Mesurant à peine quelques millimètres, ce sont des versions miniatures des insectes adultes, moins les ailes azurées qui donnent son nom à l’espèce. Avant leur apparition, les femelles connaîtront quatre mues et les mâles cinq, la couleur de base de leur livrée s’adaptant à celle de leur environnement.
Le monde menacé des insectes
«Comme l’œdipode turquoise, beaucoup d’insectes reprennent vie au printemps. C’est le moment idéal pour les observer», explique Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande. Rappelons que 60 % des espèces animales de la planète sont des insectes – et que 60 % des insectes suisses sont menacés. Ils jouent un rôle capital dans les cycles naturels comme la pollinisation ou la transformation des matériaux morts. Quand les insectes sont en danger, les conditions essentielles à notre vie sur Terre le sont aussi.
Observer, déterminer, promouvoir
Dans le cadre d’une sortie scolaire, en famille ou en solo, il est passionnant d’observer les insectes dans leurs habitats naturels. Notre Animal de l’année se rencontre sur des sols arides et ensoleillés comme les bancs de graviers et les terrains en friche, en bordure des voies ferrées et des zones industrielles, de préférence en Valais, au Tessin et le long du versant sud du Jura.
Pour mieux comprendre le monde des insectes qui nous entourent, Pro Natura a édité des guides de poche et des informations permettant d’identifier les espèces, ainsi qu’un journal de terrain. «Ce dernier montre aussi comment aménager balcons, jardins et préaux pour que les insectes s’y sentent mieux, ajoute Delphine Seydoux, afin que la prochaine génération puisse éclore au printemps prochain.»
Informations complémentaires:
- Découvrir les insectes
- Dossier sur l’Animal de l’année 2023
- La disparition des insectes menace nos conditions d’existence
Contacts:
- Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande, tél. 079 357 27 99, @email
- Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email
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Photo: © Christian Roesti
Pro Natura Vaud s’engage pour la biodiversité en milieu agricole
Stand – Kommen Sie vorbei!
Pro Specie Rara Markt Wildegg
Informieren sie sich an unserem Stand über unsere Arbeit, Naturschutz oder die Förderung der Natur bei Ihnen zu Hause und kaufen Produkte aus unserem Shop.
Wir freuen uns, über Ihren Besuch!
Öffnungszeiten:
Sa, 02.05.2026, 09:00 - 17:00
So, 03.05.2026, 09:00 - 16:00
Weitere Informationen zum Setzlingsmarkt: https://www.prospecierara.ch/erleben/veranstaltungen/veranstaltungen-de…
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Pro Natura AGDettagli dell'evento
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Schloss Wildegg
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gratis
Mulchregelung bedroht Biodiversität im Alpenraum
Mit einem Grossteil der Anpassungen im neuen Landwirtschaftspaket 2023 zeigt sich Pro Natura einverstanden. Aber: «Die vorgeschlagene Regelung für das Mulchen im Sömmerungsgebiet ist ein Rückschritt für die akut bedrohte Biodiversität und muss zurückgewiesen werden», betont Marcel Liner, Experte für Agrarpolitik bei Pro Natura.
Fehlende wissenschaftliche Grundlagen
Moderne Mulchgeräte sehen aus wie überdimensionierte Rasenmäher oder sind an Traktoren befestigt. In den sensiblen und bisher wenig beeinflussten Naturgebieten der Alpen hinterlassen sie entsprechende Verwüstung. Fotos von gemulchten Flächen im Alpenraum zeigen, welche drastischen Folgen ein grossflächiger und unsachgemässer Einsatz haben kann: aufgerissener Boden und verhäckselte Zwergsträucher auf den sonst naturnahen Alpflächen. «Das ist nicht nur unschön anzusehen und negativ für den Tourismus, sondern schädigt auch Biodiversität und Boden», kritisiert Liner. Wissenschaftliche Untersuchungen zu den Auswirkungen beispielsweise auf die stark bedrohte Insektenwelt im Alpenraum fehlten im Vorschlag des Bundesamts für Landwirtschaft (BLW).
Mehr administrativer Aufwand
«Mit dem unausgereiften Vorschlag zum Mulchen im Sömmerungsgebiet hat das BLW dem Druck einiger weniger Kantone nachgegeben», bedauert Liner. Dabei ist die Unterscheidung zwischen Weidepflege und Entbuschung, wie sie die Vorlage vorsieht, in der Praxis kaum umsetzbar und wird den administrativen Aufwand für die Kantone weiter erhöhen.
Auch Pro Natura ist der Ansicht, dass Weiden vor Verbuschung und Vergandung geschützt werden müssen. «Das sieht die bestehende Direktzahlungsverordnung schon jetzt so vor. Doch der Trend hin zu immer weniger und immer grösseren Landwirtschaftsbetrieben führt zu laufend weniger Arbeitskräften, weniger Biodiversität und zu einem Rückgang von Ziegen und alptauglichen Rindern», so der Experte.
Es braucht regionale Alpkonzepte
Die übergeordneten Herausforderungen der Alpwirtschaft werden allein mit mehr Maschineneinsatz nicht gelöst. Dafür sind regionale Alpkonzepte notwendig, die aufzeigen welche Alpen in den kommenden Jahrzehnten überhaupt weiterhin bestossen werden können, wo genügend Tiere vorhanden sind und wo eine Bewirtschaftung besser aufgegeben werden muss. Darum weist Pro Natura die neue Mulchregelung des BLW zurück. Agrarexperte Liner bekräftigt: «Zuerst braucht es eine grundsätzliche Diskussion über eine Alpwirtschaft mit Zukunft.»
Weitere Informationen:
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Medienmitteilung zur Vernehmlassungsantwort zum Landwirtschaftspaket 2023
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Pressefoto gemulchte AlpenflächePotrebbe anche interessarti
Exkursion
Excursion le brame des cerfs I
Le brame des cerfs résonne à travers la forêt d'Aletsch. À l'aube, nous partons à l'affût à la recherche des rois de la forêt d'Aletsch et avec un peu de chance nous pourrons les observer en train de bramer.
Coûts
- Adultes: CHF 15.-
- Enfants (7 à 16 ans): CHF 7.50
Guide
Nathan Rudin, ingénieur en sciences de l'environnement
Point de rendez-vous
Rassemblez-vous à l'heure indiquée devant la Villa Cassel et restez silencieux.
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Participant·e·s: Minimum 6, maximum 15 personnes; enfants à partir de 7 ans.
Une inscription est obligatoire.
Der Biber — Landschaftsgestalter und Klimahelfer
Ausbau der Erneuerbaren: UREK-N sagt Ja zum Biotopschutz - doch der Kompromiss braucht noch Verbesserungen
Die UREK-N stellt sich hinter die wertvollsten Naturgebiete in der Schweiz, was die Umweltallianz begrüsst. Die Biotope von nationaler Bedeutung umfassen Moore, Auen, Trockenwiesen und Amphibienlaichgebiete und machen nur gerade 2 Prozent unserer Landesfläche aus, beherbergen aber ein Drittel aller bedrohten Tier- und Pflanzenarten. So speichern sie beispielsweise auch CO2 und schützen uns vor Dürren und Überschwemmungen. Dieses Herz der Natur ist im Kampf gegen die Klima- und Biodiversitätskrise besonders wichtig.
Zugleich relativiert die Kommission aber den Schutz für Gletschervorfelder und alpine Schwemmebenen, die mit dem Rückzug der Gletscher nationale Bedeutung erreichen könnten. Dies ist aus wissenschaftlicher Sicht unnötig und bedauerlich, denn viele dieser Pionierstandorte sind sehr selten und somit für den Erhalt der Biodiversität der Alpen zentral. Für eine sichere Winterstromversorgung ist es nicht notwendig, diese Gebiete zu nutzen.
Für die Winterstromversorgung will die UREK-N auf die 15 Projekte des Runden Tisches Wasserkraft setzen. Die Umweltverbände betonen, dass die geltenden Verfahren dazu eingehalten und die am Runden Tisch zugesagten Schutz- und Ausgleichsmassnahmen ebenfalls angewendet werden müssen.
Die erweiterte Pflicht für Solarenergie auf Neubauten und Infrastrukturbauten geht in die richtige Richtung. Der Solarausbau sollte prioritär auf bestehender Infrastruktur stattfinden. Sehr kritisch sehen die Umweltorganisationen die Standortgebundenheit der Windanlagen im Wald, da die Biodiversität im Wald wesentlich höher ist als im Kulturland.
Aktion «Retten wir das Herz der Schweizer Natur»
Diverse Verbände appellieren gemeinsam an die Politik, am Schutz der Biotope von nationaler Bedeutung festzuhalten. Ohne Biotopschutz könnten unersetzbare Lebensräume verbaut und für immer zerstört werden. Dazu gehören z.B. die wilde Natur in der Greina, im Val Roseg, in Zinal oder im Maderanertal.
Weitere Informationen:
- So retten wir die Biotope von nationaler Bedeutung: www.biotopschutz.ch
- So gelingt uns die naturverträgliche Energiewende: www.energiewende2035.umweltallianz.ch
Kontakt:
- Pro Natura: Michael Casanova, Projektleiter Energie-, Gewässerschutz- und Klimapolitik, 061 317 92 29, @email
- WWF Schweiz: Christoph Kinsperger, Kommunikationsberater, 078 749 88 14, @email
- Bird Life Schweiz: Raffael Ayé, Geschäftsführer, 076 308 66 84, @email
- Greenpeace Schweiz: Georg Klingler, Energie- und Klimaexperte, 079 785 07 38, @email
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Gemeinsame Medienmitteilung von WWF Schweiz, BirdLife Schweiz, Greenpeace Schweiz und Pro Natura
BLN Greina – Piz Medel GR © Jan Gürke
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La lutte pour la biodiversité se prépare à Genève
«Des décisions importantes vont être prises en Suisse ces deux prochaines semaines», souligne Friedrich Wulf. Le responsable Politique de la biodiversité chez Pro Natura sera à Genève avec des représentant·e·s des 195 États signataires de la Convention sur la diversité biologique (CDB), des organisations de protection de l’environnement et des entreprises. Leur tâche: définir les nouveaux objectifs contre la crise de la biodiversité, les mécanismes de mise en œuvre et les indicateurs de succès. Le nouveau cadre de référence mondial s’appliquera jusqu’en 2030. Il doit être adopté d’ici la fin de l’été lors de la 15e Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP 15) dans la ville chinoise de Kunming. De nombreuses divergences subsistent encore entre les États parties. Voici les principaux points de friction qui seront discutés du 14 au 29 mars.
1. La mise en œuvre
Aucun des vingt objectifs de la COP10 de 2010 n’a été pleinement atteint. «Cela est dû entre autres à ce que la mise en œuvre a été confiée à des agences environnementales insuffisamment dotées, alors que les instances responsables de l’économie, des transports et de l’agriculture continuaient allègrement à nuire à la diversité des espèces», explique Friedrich Wulf. Nous devons par conséquent nous accorder sur des mécanismes de mise en œuvre contraignants qui engagent l’ensemble des appareils publics. Il manque au bas mot 700 milliards de francs pour atteindre les nouveaux objectifs. Comme le demande l’expert, «une bonne partie de cette somme pourrait être récupérée en abolissant ou en redirigeant des subventions qui portent atteinte à la biodiversité et en réduisant les facteurs qui accélèrent son effondrement».
2. La diversité des espèces
Une «Coalition de la haute ambition», dont fait partie la Suisse, veut obtenir qu’au moins 30 % des terres et des océans du monde soient protégés en 2030. «Actuellement, seuls 6 % du territoire suisse et environ 16 % des surfaces mondiales bénéficient d’une protection légale complète. Mais se contenter de délimiter des surfaces ne suffit pas: les régions doivent être représentatives, bien reliées entre elles et surtout efficacement gérées» insiste Friedrich Wulf. Il faut aussi que les droits des populations soient entièrement respectés lors de la création des aires protégées.
3. La surconsommation
La sauvegarde de la diversité des espèces n’est pas uniquement l’affaire des consommateurs et des entreprises, comme on peut le lire dans le projet. «Les États doivent être obligés d’instaurer des règles et des mesures incitatives qui orientent l’économie dans une voie durable et réduisent la surconsommation, délétère pour les écosystèmes.»
4. Les ressources génétiques
Jusqu’ici, les peuples autochtones gardiens de la biodiversité ont été rémunérés en échange de plantes et d’animaux dotés de propriétés thérapeutiques. Désormais, grâce aux méthodes du génie génétique, l’accès physique à ce matériau n’est plus nécessaire. «Nous demandons que la transmission d’informations génétiques sous forme numérique soit aussi soumise à l’obligation de partager les profits qui en découlent, et que la Suisse prenne cet engagement en tant que site pharmaceutique majeur», martèle Friedrich Wulf.
5. La conservation doit être prioritaire
Le nouveau cadre de référence veut rétablir 20 % des écosystèmes aujourd’hui dégradés. Mais la priorité absolue doit aller à la conservation des marais et des forêts pluricentenaires. «Il faut s’attaquer aux vrais problèmes que sont la consommation de combustibles fossiles ou la disparition de précieuses surfaces naturelles. Planter de nouvelles forêts n’est pas la solution, car ce qui est perdu est perdu», rappelle Friedrich Wulf.
Contact
Friedrich Wulf, chef de projet Politique de la biodiversité, tél. 079 216 02 06; 061 317 92 42, @email
La crise de la biodiversité en quelques mots
Par l’évolution de nos modes de vie, nous avons gravement endommagé trois quarts des surfaces terrestres et deux tiers des océans, détruit d’innombrables habitats et anéanti des myriades d’espèces. Si rien ne change, près d’un million d’espèces animales et végétales auront disparu de la surface de la Terre d’ici quelques décennies. Avec des conséquences désastreuses pour les écosystèmes dont dépend la survie de l’humanité. Les marais et les forêts stockent du CO2, les insectes pollinisent les plantes qui fabriquent notre nourriture, les vers maintiennent la fertilité des sols. Pour préserver ces cycles vitaux, nous devons sans tarder changer de cap : www.initiative-biodiversite.ch.
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Préparatifs de la COP15/CDB
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Photo de presse Friedrich Wulf © IISDConvention sur la diversité biologique: un cadre plein de points d’interrogation
La Convention sur la diversité biologique (CDB) est le principal accord environnemental de portée internationale visant la protection de la biodiversité sur Terre. Elle a pour objectif de trouver des solutions globales à la crise de la biodiversité. La Convention sur la diversité biologique est composée de représentantes et représentants des 195 États contractants et de l’UE. Des scientifiques, des entreprises et des organisations environnementales participent également aux négociations, mais n’ont pas le droit de vote. La Convention sur la diversité biologique (CDB) en bref:
Pro Natura est l’une des représentantes de la Suisse et elle représente également Friends of the Earth Europe à la conférence.
Le dispositif précurseur du cadre de référence mondial était valable jusqu’en 2020. Un nouveau cadre mondial a été élaboré lors de la conférence à Genève. Il doit être adopté à l’automne 2022 lors de la 15e Conférence des Parties (COP15), en Chine, et rester en vigueur jusqu’en 2030.
Le cadre de référence mondial fixe les objectifs qui doivent être atteints à l’échelle mondiale d’ici 2030 en vue de protéger la biodiversité. Un mécanisme de mise en œuvre cyclique a été défini pour le nouveau cadre mondial afin d’en améliorer la mise en œuvre:
- Les objectifs du cadre sont intégrés dans les différentes stratégies nationales en matière de biodiversité.
- Les 7e et 8e rapports nationaux de 2024 et 2029 doivent rendre compte de l’état de la mise en œuvre.
- Les mesures doivent être réajustées sur cette base.
Des indicateurs harmonisés au niveau mondial permettent de déterminer si un objectif a été atteint. Nous nous sommes impliqués avec succès dans ce domaine, en collaboration avec nos organisations faîtières Friends of the Earth International (FoEI) et Friends of the Earth Europe (FoEE). Dans le nouveau cadre de référence, des indicateurs plus pertinents et adaptés aux objectifs doivent remplacer les indicateurs inappropriés, par exemple ceux qui créent de fausses incitations.
Exemple: Un indicateur ne doit pas mettre l’accent sur la productivité d’un écosystème, mais plutôt sur la durabilité de son utilisation.
Pro Natura dresse le bilan
Lors de la définition des objectifs du cadre de référence mondial, chaque mot a été soigneusement pesé. Le temps était compté et les ONG n’ont donc pas eu beaucoup d’occasions de s’exprimer lors des négociations. Au préalable, Friedrich Wulf, chef de projet Politique internationale de la biodiversité au sein de Pro Natura, avait souligné les pierres d’achoppement. Il dresse maintenant le bilan de la conférence:
1. L’échange et la standardisation doivent faire progresser la mise en œuvre
La mise en œuvre du cadre précédent était très difficile: elle était laissée à la seule discrétion des offices de l’environnement et il n’y avait pas de directives sur la manière dont elle devait être effectuée et suivie. La mise en œuvre devrait être nettement facilitée dans le nouveau projet:
- Un mécanisme de mise en œuvre cyclique est proposé. Il met à contribution tous les offices au niveau national. La Suisse s’est engagée de façon constructive en faveur de cette solution. Toutefois, sa proposition de mettre en place un forum de dialogue international n’a pas été suffisamment soutenue.
- Des modèles standardisés au niveau international sont proposés. Les stratégies et les rapports nationaux sur la biodiversité sont rédigés selon ces modèles. Les améliorations à apporter au niveau de la mise en œuvre peuvent ensuite s’appuyer sur ces derniers. Malheureusement, le temps a manqué pour discuter de ces propositions et les valider. Cela devra être fait en juin.
2. Le financement: le sujet qui fâche
Il manque au moins 700 milliards de francs au niveau mondial pour mettre en œuvre les nouveaux objectifs. Aucun pays n’est actuellement prêt à augmenter significativement ses contributions. Un Global Biodiversity Fund (GBF), c’est-à-dire un instrument de financement spécial pour la biodiversité mondiale, reste illusoire.
Une grande partie du financement pourrait être obtenue si toutes les subventions dommageables à la biodiversité étaient supprimées ou transformées. Les États signataires sont d’accord sur ce point, mais le problème consiste à identifier ces subventions pour ensuite modifier leur affectation ou les supprimer. De plus, cela ne satisfait pas les souhaits de financement des pays en développement.
La question du financement n’a pas pu être résolue lors de cette conférence préparatoire. Mais lors de la COP15 à l’automne 2022, lors de laquelle le cadre de référence doit être adopté, la pression sera nettement plus forte. En effet, les pays en développement n’approuveront pas le cadre sans promesses de financement claires. Ils l’ont rappelé une nouvelle fois lors de la conférence préparatoire.
3. La responsabilité: les États doivent être mis face à leurs responsabilités
La sauvegarde de la diversité biologique ne peut être laissée entièrement aux entreprises et aux consommateurs. Les États doivent mettre en place des règles et des incitations afin de réduire la surconsommation, responsable de nombreux effets néfastes sur les écosystèmes.
Là encore, nous avons fait un grand pas en avant: nous avons mis les États face à leurs responsabilités. Il est de leur responsabilité d’établir des garde-fous et de mettre en place des régulations étatiques.
4. Les surfaces protégées: un objectif en termes de surface ne suffit pas
La «Coalition de la Haute Ambition», à laquelle la Suisse appartient également, veut parvenir à ce que 30 % de la planète au total soient protégés d’ici à 2030. Malgré l’important soutien de nombreux États, il n’est pas certain que les parties puissent se mettre d’accord sur un pourcentage précis.
La question de savoir si les droits des autochtones doivent être respectés, très importante à nos yeux, reste elle aussi ouverte. Il est nécessaire que leurs territoires soient pris en compte, que tous les territoires soient gérés de manière représentative, efficace et équitable, et qu’ils soient reliés entre eux par des corridors écologiques. Seuls les territoires qui répondent à tous ces critères peuvent être comptabilisés dans l’objectif.
Aucun objectif en termes de surface ne doit être atteint au détriment des indigènes, qui seraient chassés de leurs territoires. Il faut un indicateur qui vérifie que les droits de l’homme sont bien respectés. Celui-ci n’a pas encore été créé dans le projet actuel.
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Bertrand Sansonnens
- Les populations autochtones et locales sont les meilleures gardiennes de la biodiversité – Les droits des autochtones doivent impérativement être respectés.
5. La conservation avant la restauration: accord sur la préservation des milieux naturels
La nouvelle proposition prévoit également de restaurer 20 % des écosystèmes dégradés. Toutefois, la préservation des milieux naturels existants, comme les marais et les forêts centenaires, doit avoir la priorité absolue. Cette proposition a été présentée avec succès par les ONG, il reste à espérer qu’elle sera maintenue et incluse dans la version finale.
Le temps était compté et les débats nourris
Pendant deux ans, les délégués des pays ne se sont plus rencontrés en personne. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait eu beaucoup de retard à rattraper, malgré toutes les réunions en ligne. Aussi le temps n’a pas suffi pour mener à bien les nombreuses négociations. Les textes provisoirement adoptés regorgent de crochets, placés autour des propositions qui ne font pas encore l’unanimité. Avant le début de la Conférence des Parties, prévue en septembre en Chine, il y aura donc une autre ronde de négociations, prévue en juin à Nairobi.
Pour faire face à la crise de la biodiversité, les intérêts nationaux et économiques doivent être mis de côté. Un effort auquel personne ne semblait vraiment prêt lors des négociations à Genève. Au contraire, certains objectifs du projet ont même été fortement dilués pour parvenir à un accord. Il reste à espérer que la prochaine ronde de négociations à Nairobi permette de maintenir un certain niveau et d’aboutir à des objectifs ambitieux et efficaces. Faute de quoi le nouveau cadre de référence mondial sera plus mauvais que le précédent.