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La biodiversité forestière sous pression
À la veille de la journée internationale des forêts le 21 mars, l’Office fédéral de l’environnement a publié mardi le Rapport forestier 2025, qui présente l’évolution des forêts suisse durant ces dix dernières années.
Opportunités et risques pour la forêt
L’évolution naturelle de la forêt et de ses différentes essences et générations constitue la base d’un cycle forestier sain, ce que le rapport ne manque pas de souligner. Mais même si la biodiversité forestière se porte plutôt bien en comparaison avec d’autres habitats, il reste encore beaucoup à faire pour rendre les forêts plus proches de leur état naturel. On note certes plusieurs tendances réjouissantes: davantage de bois mort, une plus grande diversité structurelle, une augmentation des surfaces de réserves forestières, avec toutefois de grandes disparités locales.
Le rapport identifie un risque pour la forêt et ses fonctions: le changement climatique. Du point de vue de la protection de la nature, il convient ici de miser sur un rajeunissement naturel avec des essences indigènes afin de renforcer la stabilité et la capacité d’adaptation des forêts. Pour certaines espèces qui prospèrent dans des forêts clairsemées avec beaucoup de bois mort, les changements peuvent être bénéfiques. L’impératif doit être dans tous les cas de réconcilier les différents usages (production d’électricité, industrie du bois, tourisme), dont la pression augmente, avec des forêts proches de leur état naturel.
Frayer et paître dans la forêt
Actuellement, 41% des associations forestières demeurent menacées, et avec elles, l’habitat d’innombrables espèces. Pour les conserver, Pro Natura a lancé en 2019 l’action Pics & Cie. À ce jour, une vingtaine de projets ont été mis en œuvre dans six cantons. Ils ont entre autres permis de sauvegarder durablement 27 hectares de forêt, auxquels devraient s’ajouter 100 hectares supplémentaires. Ces surfaces sont réservées à la nature, qui peut y suivre librement son cours. De plus, grâce à l’action, des mares à amphibiens ont été créées à cinq endroits différents. La forêt a également été éclaircie pour procurer de la lumière aux espèces héliophiles, ce qui a aussi conduit à revivifier l’ancienne pratique du pacage en forêt.
L’exploitation sylvopastorale était autrefois courante en Suisse, avant d’être interdite au début du 20e siècle en raison de la surexploitation des forêts. Celles-ci se sont aujourd’hui globalement rétablies, mais les habitats spécifiques qui découlaient du pacage en forêt sont restés très rares. Pro Natura a réintroduit cette pratique dans les cantons d’Argovie, Bâle-Campagne et Zurich, en collaboration avec des forestiers et agriculteurs locaux. Depuis 2023, 15 chèvres paissent jusqu’à deux mois par année dans la forêt de Wegenstetten. Il en résulte des habitats ouverts et structurés qui profitent aux espèces sylvicoles aimant la lumière, comme les orchidées, les papillons et les reptiles. Les projets de ce type montrent le grand potentiel des forêts suisse, que l’action Pics & Cie a pour mission de revivifier.
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«La consanguinité devient un problème existentiel central»
Le lynx est réapparu en Suisse il y a une cinquantaine d’années. Est-il bien accepté par les agriculteurs et les chasseurs?
Kristina Vogt: dans le secteur agricole, on ne parle presque plus du lynx. La situation était plus conflictuelle dans les années 1990, notamment avec les chasseurs, mais elle s’est nettement apaisée depuis. Les chasseurs se sont habitués à la présence du lynx et l’acceptent désormais comme un prédateur indigène. On ne conteste plus son droit d’exister. Certains chasseurs se réjouissent même de sa présence et nous signalent leurs observations. Néanmoins, la question de la «bonne» densité de population ne fait pas encore consensus.
La population de lynx en Suisse a quadruplé au cours des vingt-cinq dernières années, pour atteindre environ 300 individus. Cela suffit-il pour assurer la survie de la population?
Avec 300 individus, rien n’est encore garanti. La connexion avec d’autres populations européennes ne s’est pas encore établie, la population est très isolée. Puisqu’elle ne descend que de quelques animaux géniteurs, dont certains étaient en outre apparentés, la diversité génétique est faible et la consanguinité devient un problème existentiel central. Sans diversité génétique, le lynx a du mal à s’adapter aux changements environnementaux ou aux nouveaux agents pathogènes.
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Matthias Neuhaus
On reconnaît le lynx aux «pinceaux» au bout de ses oreilles. Il y a quelques années, trois lynx sans oreilles ont été photographiés dans le Jura
Aujourd’hui, quasiment tous les lynx suisses sont plus ou moins apparentés. Cette consanguinité fait augmenter la probabilité que deux individus de la même famille portant la même mutation
aléatoire, comme l’absence d’oreilles, se reproduisent. Et inévitablement, les malformations liées à cette mutation se manifestent chez leur progéniture. À cet égard, la multiplication de problèmes cardiaques est bien plus préoccupante. Nous étudions actuellement la génétique et la santé des lynx dans le cadre d’un projet mené en collaboration avec l’Institut pour la santé des poissons et de la faune sauvage (FIWI) de l’Université de Berne.
Quels sont les premiers résultats?
Deux tiers des lynx de l’espace alpin ayant été examinés présentent un souffle au cœur. Il semblerait qu’il s’agisse d’une maladie cardiaque congénitale. Nous avons également constaté que les individus juvéniles présentant une consanguinité plus marquée survivent moins bien.
La situation semble alarmante. La science propose-t-elle des pistes d’amélioration?
La fondation KORA et le FIWI recommandent vivement d’assainir génétiquement la population suisse, en allant chercher des individus de la population des Carpates. Au niveau international, nous avons aussi besoin d’une mise en réseau des différentes populations d’Europe centrale (voir encadré) et, à plus long terme, avec la population d’origine dans les Carpates (Slovaquie, Ukraine et Roumanie). C’est la seule population d’Europe centrale à n’avoir jamais disparu et elle présente donc une grande diversité génétique. Toutes les autres sont le résultat de réintroductions de quelques individus des Carpates.
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Matthias Neuhaus
La population suisse n’est-elle pas reliée à celles d’autres pays?
Le Jura suisse et français forme une seule et même population, car tous les individus présents en France viennent initialement de Suisse. Certains lynx, principalement des mâles, quittent la Suisse pour s’installer dans les pays voisins, par exemple dans les Vosges, la Forêt-Noire ou le Vorarlberg. En Forêt-Noire, un projet visant à reconstituer la population avec des animaux issus du programme européen de conservation de l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) est en cours. À l’heure actuelle, la petite population isolée des Alpes calcaires autrichiennes ne se reproduit pas et risque de disparaître.
Comment atteindre les objectifs scientifiques?
Un groupe de travail intercantonal a été mis sur pied. La fondation KORA et l’institut FIWI en font partie à titre consultatif, tout comme les gardes-faune et l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Il s’agit de planifier des mesures concrètes.
Et quel est l’horizon temporel?
Cela dépend évidemment des processus politiques et de l’adhésion aux mesures, mais nous ne pouvons pas attendre dix ans. La situation génétique et sanitaire ne s’améliorera pas d’elle-même. Il faut intervenir rapidement, avant que les problèmes ne s’aggravent encore davantage.
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Matthias Neuhaus
Le lynx pourrait-il s’implanter durablement sur le Plateau ?
Le lynx se reproduit sur le Plateau depuis 2013. C’est un animal discret, capable de s’adapter et qui s’accommode bien du paysage cultivé. Le Plateau est toutefois fortement morcelé par les routes: de nombreux lynx sont victimes d’accidents de la circulation et leur expansion est entravée. Les travaux forestiers autour des tanières pendant la période de mise bas posent également problème. Si nous parvenons à renforcer la diversité génétique, les perspectives à long terme s’amélioreront. En cas d’échec, la population suisse de lynx pourrait stagner, voire régresser.
Gregor Klaus est journaliste indépendant.
Linking Lynx
Ce réseau d’experts œuvre pour la conservation, la surveillance et la gestion du lynx d’Europe centrale. Son objectif est de créer une population qui s’étende des Carpates au Jura, aux Alpes occidentales et aux Alpes Dinarides (Balkans occidentaux). Linking Lynx réunit plusieurs groupes de travail et chapeaute tous les projets, en cours ou prévus, de réintroduction et de renforcement des
populations.
https://www.linking-lynx.org/en
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Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.
Malgré les risques: le conseil fédéral veut lever l’interdiction d’utiliser des pesticides dans la forêt
- L’utilisation d’insecticides dans la forêt peut avoir des conséquences involontaires pour les êtres humains et les animaux: les promeneuses et les promeneurs peuvent par exemple entrer en contact avec ces substances et les animaux sauvages tels que les oiseaux, les hérissons ou les chauves-souris manger des insectes empoisonnés et s’intoxiquer.
Les insecticides polluent les sols, se retrouvent dans les eaux souterraines et compromettent durablement la santé de la forêt et la qualité de notre eau potable. - De plus, cette mesure est inutile: il existe en effet des méthodes plus efficaces et plus durables pour lutter contre le frelon asiatique. La difficulté consiste en premier lieu à trouver les nids de cette espèce invasive. Une fois localisés, ils peuvent être détruits de différentes manières.
Citation de Thomas Wirth, expert de la forêt au WWF:
«Dans la lutte contre le frelon asiatique, la difficulté consiste à trouver les nids. Lorsqu’on les a localisés, ils peuvent être détruits autrement qu’avec des insecticides dangereux, qui empoisonnent le sol et l’eau potable.»
Citation d’Elena Strozzi, experte de la forêt à Pro Natura:
«L’utilisation de pesticides compromet l’ensemble de l’écosystème forestier. En effet, ces substances ne tuent pas seulement l’espèce visée, mais de nombreuses autres, pourtant nécessaires à la bonne santé et à la stabilité de la forêt.»
Les forêts couvrent environ un tiers de la surface de la Suisse et remplissent des fonctions vitales. Elles constituent l’habitat d’innombrables espèces, protègent des catastrophes naturelles, filtrent l’eau, stockent le CO2 et sont l’espace de détente le plus important de la population suisse.
L’utilisation de pesticides dans la forêt est interdite depuis longtemps dans notre pays, pour une bonne raison: les forêts sont des milieux naturels particulièrement sensibles, qui abritent de nombreuses espèces menacées comme les abeilles sauvages, les papillons et les insectes vivant dans le sol. En outre, de nombreuses sources d’eau potable encore intactes se trouvent dans les régions forestières. La forêt ne peut se régénérer que si la vie dans son sol est intacte, et donc épargnée par les pesticides.
Une mesure disproportionnée et inutile
Le frelon asiatique (Vespa velutina) représente bel et bien une menace pour l’apiculture. Toutefois, autoriser des insecticides pour lutter contre cette espèce invasive dans la forêt constituerait une mesure disproportionnée et nocive pour l’environnement. Les expériences réalisées dans d’autres pays ont montré que les méthodes qui se passent de produits chimiques pour lutter contre le frelon asiatique sont plus efficaces, à l’image de la destruction mécanique des nids ou de la lutte biologique. L’utilisation de pesticides nuit plus à la nature qu’elle ne l’aide.
Le WWF et Pro Natura attendent du Conseil fédéral qu’il renonce à modifier l’ORRChim et qu’il améliore plutôt la collaboration avec la population dans la lutte contre le frelon asiatique. Cette approche est plus prometteuse et présente moins de risques.
Informations complémentaires, en allemand:
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Appel à candidatures pour le prix Beugger 2026 sur les forêts humides
La forêt suisse est plus diverse qu’on ne le pense. Si elle se porte en général plutôt bien, un certain nombre d’habitats forestiers bien spécifiques se sont raréfiés. Les forêts humides, en particulier, ont disparu en beaucoup d’endroits. Le prix Elisabeth et Oscar Beugger 2026 veut leur donner un coup de pouce.
Pour davantage de nature dans les forêts
Au nom de la fondation Emanuel et Oscar Beugger, Pro Natura cherche des projets exemplaires visant la promotion des forêts humides. Malmenées par les interventions humaines, les surfaces forestières humides ont diminué comme peau de chagrin au cours des dernières décennies. Depuis, l’importance de ces habitats a heureusement été reconnue. Pour les libellules et les amphibiens qui vivent dans la forêt et ont besoin de l’élément liquide, mais aussi pour certaines communautés forestières, comme les aulnaies marécageuses, devenues très rares. Les forêts humides captent et filtrent les eaux, une fonction cruciale à l’heure du dérèglement climatique. Il existe plusieurs possibilités de conserver ou de restaurer leurs dynamiques naturelles: en sauvegardant durablement les zones d’humidité et les sources naturelles en forêt, en les remettant en eau lorsqu’elles sont asséchées, en supprimant les systèmes de drainage ou en renaturant des sites fontinaux endommagés. Ce sont de tels projets que le prix Beugger 2026 souhaite encourager.
Candidatures bienvenues
Les projets exemplaires d’institutions privées ou publiques peuvent être soumis dès maintenant jusqu’au 3 novembre 2025. Ils doivent être en cours de planification ou la mise en œuvre avoir juste commencé au moment du dépôt de la candidature. Sont exclus les projets émanant de particuliers, les projets dont la conduite opérationnelle est assurée par l’Association centrale ou une section de Pro Natura et les projets financés à plus d’un tiers par Pro Natura. Le prix Elisabeth et Oscar Beugger est décerné depuis 2008 à des institutions privées ou publiques pour des projets remarquables en faveur de la nature. Le prix est doté de 50 000 francs.
Informations complémentaires et formulaire d’inscription:
Contact:
- Nicolas Wüthrich, responsable de l’information, tél. 079 212 52 54, @email
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Près de la moitié des plantes, des animaux et des champignons connus en Suisse vivent en forêt ou à la lisière de forêts. Mais un grand nombre de ces espèces forestières sont menacées malgré l’état relativement naturel des forêts suisses. Ces espèces ont par exemple besoin de plus de bois mort, de plus de lumière ou d’une meilleure connexion avec les paysages ruraux ouverts. Pro Natura s’investit pour répondre aux exigences de ces espèces dans ses propres réserves naturelles et au travers de projets de sauvegarde:
- Nous assurons la sauvegarde de près de 40 réserves de forêt naturelle où nous laissons une grande quantité de bois mort et où les processus naturels peuvent se dérouler sans intervention humaine, par exemple dans le Justistal (BE).
- Nous nous occupons de nombreuses réserves naturelles qui offrent de la place aux espèces photophiles et thermophiles. Les forêts claires procurent de nouveaux habitats naturels, par exemple au papillon Waldteufel, au sabot de Vénus, une sorte d’orchidée, et à une plante rare, le genêt des teinturiers dans la réserve naturelle d’Immenberg (TG).
- Nous réalisons des projets favorisant des espèces forestières rares en dehors de réserves naturelles. Grâce à Pro Natura, la bacchante retrouve plus de forêts claires dans le Parc Naturel de Thal.
La forêt doit rester un milieu naturel
La société a de nombreuses attentes à l’égard de la forêt. Elle doit nous protéger des dangers naturels mais aussi filtrer l’air et l’eau. Nous exploitons son bois, nous nous détendons en forêt, nous y faisons du sport, nous chassons. Tout cela n’est possible à long terme que si nous profitons de la forêt dans le respect de la nature. Dans ce but, Pro Natura:
- Soutient une stricte protection de la surface forestière. Nous ne considérons pas que l’accroissement de la surface forestière pose problème. Plus de forêt en montagne ne suppose pas un relâchement de la protection des forêts en plaine.
- Préconise une récolte de bois s’inscrivant dans le cadre d’une sylviculture proche de la nature. Celle-ci recourt à des essences indigènes adaptées à la station et favorise des structures et des processus naturels en forêt. Une grande diversité d’essences indigènes constitue la seule bonne réponse au changement climatique. Nous soutenons le label FSC, qui témoigne d’une exploitation forestière écologiquement et socialement responsable.
- Est d’avis que la longueur des routes forestières ne doit plus augmenter. Les nouvelles routes doivent être compensées par le démantèlement d’autres routes.
- Est d’avis que 10% de la forêt suisse doivent être totalement abandonnés à la nature. Nous souhaitons favoriser spécifiquement la diversité des animaux et des plantes sur 8 autres pour cent.
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Lesly Helbling
Tel. 061 317 91 48
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map.geo.admin: Réserves forestièresTypes de réserves forestières
Les réserves forestières sont des réserves naturelles situées dans les bois. En Suisse, on en distingue deux catégories bien différentes. Toutes deux sont légitimes et nécessaires pour la promotion de la biodiversité forestière.
Dans les réserves forestières naturelles, on renonce complètement à l’exploitation du bois. Les arbres n’y sont pas abattus et restent sur pied quand ils meurent. Les vieux arbres et le bois mort sont habités par d’innombrables champignons, lichens et coléoptères spécialisés. Les premières réserves forestières ont été créées au début du XXe siècle en Suisse. Il s’agit de la forêt de Scatlè (1910), du Parc national suisse (1914) et de la forêt d’Aletsch (1933).
Dans les réserves forestières particulières, les forêts sont exploitées de manière ciblée pour favoriser certains types de forêt ou certaines espèces rares. Certaines forêts sont par exemple fortement éclaircies pour que les orchidées puissent y pousser, d’autres sont exploitées de sorte à offrir un habitat adapté au grand tétras.
Réserves forestières en Suisse
La forêt et le changement climatique
Le climat se modifie. Il fait de plus en plus chaud et sec. Tempêtes et autres phénomènes extrêmes se multiplient. Nos forêts changent avec le climat. Quels arbres s’adapteront le mieux à ces conditions? Voici quelques informations de base importantes selon nous:
- Il existe près de 50 essences indigènes en Suisse. Certaines sont adaptées à des milieux secs et chauds (le chêne sessile ou l’érable à feuilles d’obier, p. ex.). Dans la région méditerranéenne voisine, d’autres essences croissent dans des zones climatiques plus chaudes. Parmi cette diversité, il existe suffisamment d’espèces pour le climat de demain.
- Une forêt durable a surtout besoin d’une diversité d’essences adaptées au lieu. Si l’une d’entre elles disparaît, par exemple en raison d’une sécheresse prolongée, la forêt en elle-même n’est pas menacée. Par contre, une forêt reboisée essentiellement avec une seule espèce ne remplit pas les conditions de pérennité. Nous devons tirer les enseignements des erreurs du passé. Des problèmes tels que ceux rencontrés avec l’épicéa dans les étages inférieurs ne doivent pas se répéter.
- Planter des arbres d’outre-mer comporte des risques. Les effets négatifs de l’ailante et du robinier sont connus. Ils se reproduisent facilement et remplacent les plantes indigènes. Ne réitérons pas l’expérience. Pro Natura remet en question la plantation et la promotion d’autres essences d’outre-mer, comme par exemple le sapin de Douglas.
- La forêt est un milieu naturel dynamique. Elle se renouvelle en principe d’elle-même à la suite d’événements majeurs. Libre de toute intervention humaine, elle déploie ses capacités naturelles de régénération. Le processus est le même dans le cadre du changement climatique.
Pro Natura mise sur la biodiversité naturelle, c’est-à-dire sur la diversité des milieux naturels, des espèces et du matériel génétique. C’est la meilleure réponse à l’incertitude qui plane sur nos forêts avec le changement climatique.
Projets pour des forêts diversifiées
Heckenverbindungen
Die neue Generation Blauflügeliger Ödlandschrecken entdecken
Rund 120 Eier legt das Weibchen der Blauflügeligen Ödlandschrecke Ende Sommer in den Boden. Miterleben, wie ihre Jungtiere das Licht der Welt erblicken, wird sie nicht. Denn während die nächste Generation im Eistadium den Winter überdauert, sterben die Elterntiere mit dem ersten Frost im Herbst. Zwischen April und Mai schlüpfen dann die nur wenige Millimeter grossen Nymphen. Sie sehen zwar schon aus wie Miniaturversionen ihrer Eltern, die namensgebenden blauen Flügel fehlen jedoch noch. Um diese zu entwickeln, häuten sich die Weibchen vier und die Männchen fünfmal und passen dabei ihre Grundfärbung der Umgebung an.
Die bedrohte Welt der Insekten
«Neben der Blauflügeligen Ödlandschrecke erwachen auch viele andere Insekten im Frühling zum Leben. Der ideale Zeitpunkt, diese genauer zu studieren», sagt Elisabeth Karrer, Projektleiterin Umweltbildung bei Pro Natura. Schliesslich machen Insekten 60 Prozent aller Tierarten weltweit aus und 60 Prozent der Schweizer Insekten sind gefährdet. Dabei sind sie zentral für natürliche Kreisläufe wie die Bestäubung oder die Umwandlung von totem Material. Wo Insekten bedroht sind, sind deshalb auch unsere Lebensgrundlagen bedroht.
Beobachten, bestimmen, fördern
Ob mit der Schulklasse, der Familie oder auch allein; Insekten lassen sich in der Natur wunderbar entdecken. Unser Tier des Jahres zum Beispiel findet man auf sonnig, kargem Gelände, wie Kiesbänken oder verwilderten Bahn- und Gewerbearealen, bevorzugt im Wallis, Tessin und entlang des Jurasüdhangs.
Um auch die vielen anderen Insekten besser zu verstehen, hat Pro Natura einen Bestimmungsfächer sowie ein Naturtagebuch entwickelt. «Letzteres liefert auch Tipps, wie Balkon, Garten oder Schulhof insektenfreundlicher gestaltet werden können, damit im nächsten Frühjahr wieder eine neue Insektengeneration zum Leben erwacht», ergänzt Elisabeth Karrer.
Weitere Informationen:
- Insekten entdecken mit Naturtagebuch und Bestimmungsfächer
- Dossier zum Tier des Jahres 2023
- Das Insektensterben bedroht unsere Lebensgrundlage
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Headerfoto: © Christian Roesti
Les œdipodes turquoise vont éclore
À la fin de l’été, la femelle de l’œdipode turquoise dépose environ 120 œufs dans le sol. Elle ne verra pas naître sa progéniture. Alors que la génération à venir passe l’hiver au stade de l’œuf, les parents meurent dès les premières gelées d’automne. Les nymphes éclosent entre avril et mai de l’année suivante. Mesurant à peine quelques millimètres, ce sont des versions miniatures des insectes adultes, moins les ailes azurées qui donnent son nom à l’espèce. Avant leur apparition, les femelles connaîtront quatre mues et les mâles cinq, la couleur de base de leur livrée s’adaptant à celle de leur environnement.
Le monde menacé des insectes
«Comme l’œdipode turquoise, beaucoup d’insectes reprennent vie au printemps. C’est le moment idéal pour les observer», explique Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande. Rappelons que 60 % des espèces animales de la planète sont des insectes – et que 60 % des insectes suisses sont menacés. Ils jouent un rôle capital dans les cycles naturels comme la pollinisation ou la transformation des matériaux morts. Quand les insectes sont en danger, les conditions essentielles à notre vie sur Terre le sont aussi.
Observer, déterminer, promouvoir
Dans le cadre d’une sortie scolaire, en famille ou en solo, il est passionnant d’observer les insectes dans leurs habitats naturels. Notre Animal de l’année se rencontre sur des sols arides et ensoleillés comme les bancs de graviers et les terrains en friche, en bordure des voies ferrées et des zones industrielles, de préférence en Valais, au Tessin et le long du versant sud du Jura.
Pour mieux comprendre le monde des insectes qui nous entourent, Pro Natura a édité des guides de poche et des informations permettant d’identifier les espèces, ainsi qu’un journal de terrain. «Ce dernier montre aussi comment aménager balcons, jardins et préaux pour que les insectes s’y sentent mieux, ajoute Delphine Seydoux, afin que la prochaine génération puisse éclore au printemps prochain.»
Informations complémentaires:
- Découvrir les insectes
- Dossier sur l’Animal de l’année 2023
- La disparition des insectes menace nos conditions d’existence
Contacts:
- Delphine Seydoux, responsable Ecole Suisse romande, tél. 079 357 27 99, @email
- Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email
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Photo: © Christian Roesti
Pro Natura Vaud s’engage pour la biodiversité en milieu agricole
Stand – Kommen Sie vorbei!
Pro Specie Rara Markt Wildegg
Informieren sie sich an unserem Stand über unsere Arbeit, Naturschutz oder die Förderung der Natur bei Ihnen zu Hause und kaufen Produkte aus unserem Shop.
Wir freuen uns, über Ihren Besuch!
Öffnungszeiten:
Sa, 02.05.2026, 09:00 - 17:00
So, 03.05.2026, 09:00 - 16:00
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Pro Natura AGDettagli dell'evento
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Schloss Wildegg
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gratis
Mulchregelung bedroht Biodiversität im Alpenraum
Mit einem Grossteil der Anpassungen im neuen Landwirtschaftspaket 2023 zeigt sich Pro Natura einverstanden. Aber: «Die vorgeschlagene Regelung für das Mulchen im Sömmerungsgebiet ist ein Rückschritt für die akut bedrohte Biodiversität und muss zurückgewiesen werden», betont Marcel Liner, Experte für Agrarpolitik bei Pro Natura.
Fehlende wissenschaftliche Grundlagen
Moderne Mulchgeräte sehen aus wie überdimensionierte Rasenmäher oder sind an Traktoren befestigt. In den sensiblen und bisher wenig beeinflussten Naturgebieten der Alpen hinterlassen sie entsprechende Verwüstung. Fotos von gemulchten Flächen im Alpenraum zeigen, welche drastischen Folgen ein grossflächiger und unsachgemässer Einsatz haben kann: aufgerissener Boden und verhäckselte Zwergsträucher auf den sonst naturnahen Alpflächen. «Das ist nicht nur unschön anzusehen und negativ für den Tourismus, sondern schädigt auch Biodiversität und Boden», kritisiert Liner. Wissenschaftliche Untersuchungen zu den Auswirkungen beispielsweise auf die stark bedrohte Insektenwelt im Alpenraum fehlten im Vorschlag des Bundesamts für Landwirtschaft (BLW).
Mehr administrativer Aufwand
«Mit dem unausgereiften Vorschlag zum Mulchen im Sömmerungsgebiet hat das BLW dem Druck einiger weniger Kantone nachgegeben», bedauert Liner. Dabei ist die Unterscheidung zwischen Weidepflege und Entbuschung, wie sie die Vorlage vorsieht, in der Praxis kaum umsetzbar und wird den administrativen Aufwand für die Kantone weiter erhöhen.
Auch Pro Natura ist der Ansicht, dass Weiden vor Verbuschung und Vergandung geschützt werden müssen. «Das sieht die bestehende Direktzahlungsverordnung schon jetzt so vor. Doch der Trend hin zu immer weniger und immer grösseren Landwirtschaftsbetrieben führt zu laufend weniger Arbeitskräften, weniger Biodiversität und zu einem Rückgang von Ziegen und alptauglichen Rindern», so der Experte.
Es braucht regionale Alpkonzepte
Die übergeordneten Herausforderungen der Alpwirtschaft werden allein mit mehr Maschineneinsatz nicht gelöst. Dafür sind regionale Alpkonzepte notwendig, die aufzeigen welche Alpen in den kommenden Jahrzehnten überhaupt weiterhin bestossen werden können, wo genügend Tiere vorhanden sind und wo eine Bewirtschaftung besser aufgegeben werden muss. Darum weist Pro Natura die neue Mulchregelung des BLW zurück. Agrarexperte Liner bekräftigt: «Zuerst braucht es eine grundsätzliche Diskussion über eine Alpwirtschaft mit Zukunft.»
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Medienmitteilung zur Vernehmlassungsantwort zum Landwirtschaftspaket 2023
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Exkursion
Excursion le brame des cerfs I
Le brame des cerfs résonne à travers la forêt d'Aletsch. À l'aube, nous partons à l'affût à la recherche des rois de la forêt d'Aletsch et avec un peu de chance nous pourrons les observer en train de bramer.
Coûts
- Adultes: CHF 15.-
- Enfants (7 à 16 ans): CHF 7.50
Guide
Nathan Rudin, ingénieur en sciences de l'environnement
Point de rendez-vous
Rassemblez-vous à l'heure indiquée devant la Villa Cassel et restez silencieux.
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Participant·e·s: Minimum 6, maximum 15 personnes; enfants à partir de 7 ans.
Une inscription est obligatoire.
Der Biber — Landschaftsgestalter und Klimahelfer
Ausbau der Erneuerbaren: UREK-N sagt Ja zum Biotopschutz - doch der Kompromiss braucht noch Verbesserungen
Die UREK-N stellt sich hinter die wertvollsten Naturgebiete in der Schweiz, was die Umweltallianz begrüsst. Die Biotope von nationaler Bedeutung umfassen Moore, Auen, Trockenwiesen und Amphibienlaichgebiete und machen nur gerade 2 Prozent unserer Landesfläche aus, beherbergen aber ein Drittel aller bedrohten Tier- und Pflanzenarten. So speichern sie beispielsweise auch CO2 und schützen uns vor Dürren und Überschwemmungen. Dieses Herz der Natur ist im Kampf gegen die Klima- und Biodiversitätskrise besonders wichtig.
Zugleich relativiert die Kommission aber den Schutz für Gletschervorfelder und alpine Schwemmebenen, die mit dem Rückzug der Gletscher nationale Bedeutung erreichen könnten. Dies ist aus wissenschaftlicher Sicht unnötig und bedauerlich, denn viele dieser Pionierstandorte sind sehr selten und somit für den Erhalt der Biodiversität der Alpen zentral. Für eine sichere Winterstromversorgung ist es nicht notwendig, diese Gebiete zu nutzen.
Für die Winterstromversorgung will die UREK-N auf die 15 Projekte des Runden Tisches Wasserkraft setzen. Die Umweltverbände betonen, dass die geltenden Verfahren dazu eingehalten und die am Runden Tisch zugesagten Schutz- und Ausgleichsmassnahmen ebenfalls angewendet werden müssen.
Die erweiterte Pflicht für Solarenergie auf Neubauten und Infrastrukturbauten geht in die richtige Richtung. Der Solarausbau sollte prioritär auf bestehender Infrastruktur stattfinden. Sehr kritisch sehen die Umweltorganisationen die Standortgebundenheit der Windanlagen im Wald, da die Biodiversität im Wald wesentlich höher ist als im Kulturland.
Aktion «Retten wir das Herz der Schweizer Natur»
Diverse Verbände appellieren gemeinsam an die Politik, am Schutz der Biotope von nationaler Bedeutung festzuhalten. Ohne Biotopschutz könnten unersetzbare Lebensräume verbaut und für immer zerstört werden. Dazu gehören z.B. die wilde Natur in der Greina, im Val Roseg, in Zinal oder im Maderanertal.
Weitere Informationen:
- So retten wir die Biotope von nationaler Bedeutung: www.biotopschutz.ch
- So gelingt uns die naturverträgliche Energiewende: www.energiewende2035.umweltallianz.ch
Kontakt:
- Pro Natura: Michael Casanova, Projektleiter Energie-, Gewässerschutz- und Klimapolitik, 061 317 92 29, @email
- WWF Schweiz: Christoph Kinsperger, Kommunikationsberater, 078 749 88 14, @email
- Bird Life Schweiz: Raffael Ayé, Geschäftsführer, 076 308 66 84, @email
- Greenpeace Schweiz: Georg Klingler, Energie- und Klimaexperte, 079 785 07 38, @email
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Gemeinsame Medienmitteilung von WWF Schweiz, BirdLife Schweiz, Greenpeace Schweiz und Pro Natura
BLN Greina – Piz Medel GR © Jan Gürke
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Les forêts humides favorisent la biodiversité et résistent au changement climatique
La conférence «Restauration des forêts – Potentiels et besoins d’action»
La rencontre a réuni les mondes de la conservation et de la gestion forestière autour d’un objectif commun: restaurer des forêts afin d’augmenter leur résilience face au déclin de la biodiversité et au changement climatique. Des spécialistes suisses et étrangers, provenant d’instituts de recherche, de gouvernements, de hautes écoles et du terrain ont contribué aux réflexions. Parmi les pistes explorées, les forêts humides sont ressorties comme une réponse de choix à ces défis.
Environ 95% de la surface des forêts humides (forêts alluviales, marécageuses, de tourbière, etc.) a disparu en Suisse en deux siècles, sous l’effet des défrichements, des drainages, ainsi que de la rectification des cours d'eau et de la perte de zones alluviales qui en a résulté, a rappelé Karen Bussmann-Charran, responsable du domaine d’expertise Biodiversité aquatique au Centre de Synthèse sur la biodiversité. Or ces milieux présentent d’innombrables atouts: promotion de la biodiversité, résilience à la sécheresse, rétention d’eau, protection contre les crues ou encore stockage du carbone.
Essences d’arbres supplémentaires
La remise en eau dans des zones adaptées permet de maintenir la forêt en place malgré le changement climatique, a complété Thomas Wohlgemuth, écologue à l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL. Elle permet l’installation d’essences d'arbres supplémentaires, qui abritent parfois davantage d'espèces d'insectes que les précédentes. Un levier important, alors qu’une étude menée en Allemagne a montré une diminution de la biomasse et du nombre d’espèces d’insectes en forêt respectivement de 41% et 36% entre 2008 et 2017, comme l’a relevé Jakob Pöllath, représentant de l’Office allemand de protection de la nature (Bundesamt für Naturschutz).
Le régime hydrique est un élément essentiel à considérer dans la restauration des forêts suisses, a abondé Clémence Dirac Ramohavelo, cheffe de section Services ecosystémiques forestiers et sylviculture à l’OFEV. Cela passe notamment par des mesures de suppression du drainage dans les forêts asséchées.
Dans la Stratégie Biodiversité Suisse
Une augmentation du nombre et de la surface des forêts humides est à prévoir dans les prochaines années, a indiqué Karen Bussmann-Charran. La préservation et la restauration des forêts humides font partie de la Stratégie Biodiversité Suisse, a-t-elle noté. Il s’agit en outre d’un domaine d’action important de la convention-programme 2025-2028 pour les forêts entre la Confédération et les Cantons, qui sont en charge de la mise en oeuvre.
Les préoccupations des propriétaires forestiers doivent être prises en compte, ont souligné les participants aux discussions. Il ne s’agit pas de procéder de manière irréfléchie et aléatoire, mais de restaurer des milieux naturels précieux et intéressants là où ils se trouvaient à l’origine. Il faut aussi penser aux conflits potentiels (captages d’eau potable, objectifs divergents entre les milieux naturels et les espèces, etc.). Le dialogue et la sensibilisation du public sont essentiels pour accompagner ces restaurations cruciales pour la biodiversité et le climat. Outre les forêts humides, qui constituent surtout une solution dans les régions de basse altitude, les échanges ont également porté sur la restauration en zones montagneuses. Des approches prometteuses de régénération et entretien ont été explorées, de même que des mesures spécifiques à mettre en place pour promouvoir la biodiversité, comme le rajeunissement naturel et la diversification des essences d’arbres.
Contact:
- Sarah Pearson Perret, présidente du Comité suisse de l’UICN,
@email , Tel. 079 688 72 24 - Sophie Stroheker, ressort Recherche, Société forestière suisse,
@email
À propos du Comité suisse de l’UICN
Le Comité suisse de l’UICN regroupe les membres suisses de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Il oeuvre à renforcer la coopération entre institutions, ONG et autorités pour la protection et la restauration de la nature. L’UICN, réseau environnemental le plus vaste et le plus diversifié au monde, rassemble plus de 1400 organisations membres issues des gouvernements et de la société civile à travers le globe. Son siège mondial est à Gland (VD), en Suisse.
À propos de la Société forestière suisse
La Société forestière suisse (SFS) s’engage depuis sa fondation en 1843 pour la sauvegarde de la forêt et de ses multiples prestations afin que les générations futures puissent également en bénéficier. L’accent est mis sur une gestion durable et proche de la nature. La SFS compte quelque 800 membres dans toutes les régions du pays et constitue ainsi un réseau national de spécialistes forestiers. Toute personne intéressée par la forêt peut devenir membre de la SFS.
Davantage de diversité dans la forêt de Lopper
«Action Pics & Cie» pour des forêts diversifiées
«Avec le retour du félin, c’est la forêt tout entière qui a retrouvé son âme»
Dans une forêt du pied du Jura neuchâtelois, où Laurent Geslin nous a donné rendez-vous en ce matin de début novembre, le brouillard automnal crée une atmosphère cotonneuse mystérieuse. Le photographe naturaliste connaît chaque sapin, chaque recoin, chaque dépression. Il faut le suivre dans les pentes tapissées de feuilles d’automne mouillées! Il choisit une souche et prend la pause. Un instant, on se prend à imaginer son animal fétiche dans le même décor, et l’on comprend qu’il puisse avoir choisi de lui consacrer tout son temps.
Enfant déjà, en Bretagne où il est né, Laurent Geslin faisait le mur pour partir à la découverte de la nature sauvage. De cueillettes de champignons en pêches au brochet, son père l’a initié aux merveilles des campagnes bretonnes. «Chez ma grand-mère, je m’échappais par la fenêtre pour des escapades naturalistes. C’est à cet âge-là que j’ai pris mes premières photos.»
Du renard au lynx
Plus tard, son regard photographique affûté et sans véritable plan de carrière, il s’envole vers Londres, intrigué par cette ville réputée abriter des goupils dans ses quartiers victoriens. Entre deux shootings alimentaires, il poursuit sa découverte du monde, et passe plusieurs mois en Namibie comme guide photographique. De retour en Angleterre, il rencontre sa future femme. «S’est posée la question de savoir si je voulais continuer à vivre dans un squat délabré ou poser mes valises dans un village au pied du Jura neuchâtelois, ma future femme ayant décroché un travail comme anthropologue à l’Université de Neuchâtel.» Laurent Geslin se retrouve au cœur du royaume d’un animal qui allait entrer dans sa vie pour de nombreuses années.
Ses premières traces, il les découvre dans la neige de Chasseral. Février 2011, c’est la première vraie rencontre avec le lynx, quelques mois plus tard la première photo. Les grands prédateurs fascinent, et nombreux sont les photographes qui tentent de leur tirer le portrait. Il en va différemment avec le lynx. Peu connu, très discret, le félin se mérite. «Il faut être patient jusqu’à fatiguer la chance, disait le célèbre naturaliste suisse Hainard».
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Photo: Laurent Geslin
Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique la nature. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
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https://www.lynxlefilm.chSensibiliser pour protéger
Sur le terrain jour et nuit, été comme hiver, Laurent Geslin apprend à connaître l’animal au rythme des saisons et des rencontres épisodiques. «Il ne faut pas imaginer que je vois le lynx très régulièrement. Les individus que j’observe sont presque toujours les mêmes, et localisés sur un secteur bien délimité». A force de patience et de persévérance, il commence à maîtriser son sujet: il reconnaît les individus aux traces laissées dans la neige ou aux motifs de leur pelage. Il distingue les cris des mâles en rut de ceux des femelles inquiètes pour leurs petits. Il connaît les lieux de passage, il sait où installer ses affûts: il est entré dans l’intimité du lynx.
L’idée de partager sa passion et ses découvertes dans un film fait alors son chemin. «Mes livres s’adressaient essentiellement à des naturalistes passionnés, j’avais envie de toucher un public plus large. Une idée qui aurait plu à mon père, lui qui m’a dit un jour que la photo c’était bien, mais que faire un film c’était pas mal non plus…», se remémore le photographe. Son film, très esthétique, raconte l’histoire d’une famille de lynx au cœur des forêts du Jura. Le message d’une diversité biologique en forêt seule à même de préserver l’écosystème est présent en filigrane. «La réintroduction du lynx il y a soixante ans était l’œuvre de pionniers qui avaient non seulement des idéaux, mais aussi une vraie réflexion sur l’environnement et l’importance de la nature sauvage. Avec le retour du félin, c’est la forêt tout entière qui a retrouvé son âme.»
Regards croisés
La puissance du sauvage, Laurent Geslin l’a particulièrement ressentie une nuit de pleine lune, de sortie dans le but d’enregistrer le chant amoureux du félin pour sonoriser le film. Son micro parabolique lui renvoie d’abord le bruissement des feuilles sous les pas du lynx, puis le souffle de l’animal, tout près. Un râle sourd et profond qui réveille en lui l’instinct millénaire de la peur du fauve. «Je savais bien que je ne risquais rien! Mais quand même, là tu te sens très humble.»
C’est ce sentiment qu’il souhaite partager avec son public. «On ne répétera jamais assez que l’on ne protège que ce que l’on connait», poursuit-il. Lors de la projection en avant-première sur la Piazza Grande au festival du Film de Locarno, c’est émerveillé que le public a accueilli le film. La justesse de ton, la sensibilité d’une histoire qui se déroule «en vrai» sous les yeux – avec le lynx mais aussi tous les habitants de la forêt – et la beauté des images y sont bien évidemment pour beaucoup. Un premier film. Sûrement pas le dernier.
FLORENCE KUPFERSCHMID-ENDERLIN,
rédactrice romande du Magazine Pro Natura.
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Florence Kupferschmid-Enderlin
- Laurent Geslin