Progetti
Protection des espèces
Les photos primées montrent la «faune sauvage en migration»
Les animaux sauvages sont souvent en déplacement: ils migrent entre leurs habitats d’été et d’hiver, vers leurs sites de reproduction, entre les lieux où ils dorment et ceux où ils se nourrissent. Ce besoin vital de mouvement était le thème du concours photo de Pro Natura «Faune sauvage en migration».
Des images saisissantes nous sont parvenues dans les trois catégories, «Grande faune indigène en migration», «Petite faune indigène en migration» et «Corridors faunistiques», ainsi que dans la catégorie supplémentaire «Prix du public».
Les meilleures photos ont été présentées par Pro Natura le dimanche 28 octobre 2018 au festival «Wintereinklang», au centre d’accueil du Wildnispark Zurich de Sihlwald.
Plus d’informations:
- Jan Gürke, chef de projet Campagne « Voie libre pour la faune sauvage ! » chez Pro Natura, tél. 079 720 99 08
- Franziska Rosenmund, responsable médias chez Pro Natura, tél. 079 826 69 47
Pas de survie sans mobilité
Afin que la faune sauvage puisse traverser les routes et les voies ferrées en toute sécurité, des ponts ou des passages souterrains à faune s’avèrent nécessaires, ainsi qu’une bonne mise en réseau avec les paysages naturels environnants. Or il y a toujours plus de routes et de voies ferrées qui morcèlent les chemins empruntés par les animaux. Selon une enquête réalisée en 2001 par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), bien plus de la moitié des corridors faunistiques interrégionaux enregistrés étaient endommagés ou totalement coupés. Depuis, la situation ne s’est guère améliorée. L’OFEV enregistre chaque année 20’000 accidents mortels d’animaux sauvages. Ce chiffre concerne uniquement les grands mammifères et ne tient pas compte, notamment, des amphibiens qui sont particulièrement menacés lors de leur migration.
Avec sa campagne «Voie libre pour la faune sauvage!», Pro Natura réclame un rétablissement des corridors faunistiques interrompus et la sauvegarde des corridors existants.
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Protection des espèces
Que la lumière soit… moins forte!
Pour nous, êtres humains, l’éclairage artificiel est synonyme de confort et sécurité. En revanche, pour le monde animal, la disparition de l’obscurité naturelle des nuits due à la surabondance de la lumière artificielle est cause de nombreuses difficultés. Les espèces nocturnes, fortement perturbées, se voient contraintes de réduire leur rayon d’action, ce qui limite leur accès à la nourriture. La pollution lumineuse prive les oiseaux migrateurs de leurs repères. Les insectes sont irrésistiblement attirés par les lumières et en meurent. Leurs prédateurs – hérissons, batraciens et chauves-souris – en sont eux-mêmes affectés. Cette situation critique a amené Pro Natura à choisir le thème «Réduction de l’éclairage artificiel pour la protection des animaux» pour la soumission des projets au prix Elisabeth et Oscar Beugger 2018. Deux lauréats ont été récompensés aujourd’hui par un montant de 25'000 francs chacun.
Réduire la luminosité de l’éclairage public dans la commune de Fläsch
Le projet «Éclairage public à luminosité réduite» prévoit de diminuer la pollution lumineuse et la consommation d’énergie sur tout le territoire de la commune de Fläsch, tout en améliorant la qualité de l’éclairage. Il comprend une réduction du nombre de sources lumineuses, un dispositif permettant de les faire fonctionner à la demande et une adaptation de la température et du spectre de l’éclairage public. Ces mesures profiteront notamment à deux genres de chauves-souris menacés, les murins et les rhinolophes, qui nécessitent des «couloirs» d’obscurité pour gagner leurs territoires de chasse. Le projet de la commune de Fläsch est exemplaire en ceci qu’il répond simultanément à plusieurs besoins: le type d’éclairage choisi sécurise les espaces publics, permet des économies d’énergie et contribue à la protection des espèces menacées.
Un parc naturel «étoilé» dans la région du Gantrisch
Porté par la société de développement de la région du Gantrisch (BE), le projet «Paysage nocturne dans le parc naturel du Gantrisch» veut offrir à ses hôtes la possibilité de contempler à nouveau la voûte nocturne dans sa splendeur originelle. Le premier «parc aux étoiles» de Suisse vise à sensibiliser la population aux bienfaits d’une gestion efficiente des sources lumineuses pour la faune et la flore mais aussi pour la santé des humains, la culture et la qualité de vie. Les mesures à prendre dans ce but vont de visites nocturnes à l’observatoire astronomique à une réglementation intelligente de l’éclairage sur le territoire du parc, en passant par la recherche et le monitorage. La réalisation de toutes ces idées dépendra de l’engagement des communes et de la population. Projet de vaste ampleur inscrit dans la durée, «Paysage nocturne Gantrisch» peut faire des émules parmi les autres parcs naturels régionaux par son caractère visionnaire et le fait que chacune des mesures mises en œuvre contribue déjà à diminuer la pollution lumineuse.
Prix Beugger et Fondation Beugger
Pro Natura remet le prix Elisabeth et Oscar Beugger sur mandat de la fondation Emanuel et Oscar Beugger et en son nom. Tous les deux ans, nous décernons ce prix à des projets exemplaires de protection de la nature en Suisse. Nous récompensons des efforts particuliers réalisés pour la protection et promotion des espèces, les zones de protection et la protection du paysage. Doté de 50'000 francs, ce prix est l'un des plus importants dans le domaine de la protection de la nature en Suisse. La Fondation Emanuel et Oscar Beugger, dont le siège est à Bâle, a été créée en 2004 par Elisabeth Beugger. Le nom de la fondation a été choisi en mémoire de son mari Oscar Beugger, décédé en février 2004, et de son père Emanuel Beugger. Cette fondation exclusivement d’intérêt général s’est donné pour but d’encourager des projets et des institutions dans le domaine de la protection de la nature et des animaux en Suisse. Les lauréats ont été jusqu’ici la Fondazione Bolle di Magadino pour son projet de renaturation du delta du Tessin (2008), le canton d’Uri pour son programme «Foin sauvage Uri» (2010), la commune de Mörel-Filet (VS) pour la valorisation écologique d’un alpage (2012), le «projet de réseau écologique Höfe» dans le canton de Schwyz pour la création de zones humides (2014) et le projet «Le réseau espaces verts en ville de La Chaux-de-Fonds… sous l’aile du rouge-queue à front blanc» (2016).
Renseignements
- Andreas Boldt, chef de projet Biotope et Espèces, Pro Natura, tél. 061 317 91 26, @email
- Andreas Murbach, membre du conseil de fondation de la Fondation Emanuel et Oscar Beugger, tél. 076 377 85 66, @email
Pour les lauréats du projet de Fläsch:
- Questions générales: René Pahud, président de la commune, tél. 081 302 23 95, @email
- Questions techniques: Roland Bodenmann, planificateur éclairagiste SLG, tél. 079 343 63 88, @email
Pour les lauréats du projet Gantrisch:
- Ramona Gloor, directrice de la communication, Société de développement de la région de Gantrisch, tél. 031 808 00 20, @email
Service médias de Pro Natura:
- Nicolas Wüthrich, tél. 079 212 52 54, @email
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Dossier de presse Prix Elisabeth et Oscar Beugger…Protection des espèces
Les excavatrices sont parties et le castor prend le relais
Tout a commencé en novembre 2009, quand, créant des barrages sur un ruisseau de Ferenbalm (BE), un castor a inondé des terres agricoles: l’ancienne zone alluviale revenait lentement à la vie. Fin 2012, Pro Natura a acquis les terres gorgées d’eau du «Mühlematt», d’une superficie d’environ trois hectares, afin de créer une zone humide que le castor allait pouvoir modeler à sa guise. Les travaux nécessaires sur place ont été achevés cet automne. Outre la préparation du terrain pour le castor, ce projet, devisé à 1,7 million de francs, a permis de restaurer la connectivité longitudinale de la rivière Bibera.
Un coup de pouce pour notre ingénieur paysagiste
Plus qu’aucun autre animal, le castor est capable d’aménager des habitats et des structures variées et naturelles. Il sera donc le principal paysagiste et maître d’œuvre sur près de la moitié de la zone du projet. Afin de lui faciliter un peu le travail, les prairies de certaines zones du «Mühlematt» ont été délibérément inondées. La plantation de plusieurs centaines de saules devrait attirer les rongeurs sur le site. En construisant des barrages et des terriers, ces animaux feront en sorte que le «Mühlematt» devienne un paradis naturel vivant et dynamique, dont profiteront des animaux tels que la grenouille rousse, la rousserolle effarvatte ou le caloptéryx éclatant.
Plus d’entraves aux chabots et aux truites
Dans le cadre de la valorisation structurelle de la zone du projet, la connectivité de la Bibera a également été rétablie en remplaçant le déversoir par une passe à poissons. L’installation d’une grande quantité de bois mort a fait de ce cours d’eau un habitat structurellement riche dans lequel la truite, le chabot et d’autres organismes aquatiques peuvent se déplacer à nouveau sans entraves. Le succès de la valorisation de la zone alluviale à castors de Ferenbalm est notamment dû à la bonne coopération entre les deux cantons de Berne et de Fribourg, la commune de Ferenbalm et Pro Natura.
Action Castor & Cie - Un engagement envers nos eaux
Avec «A l’eau castor!», Pro Natura s’est engagée de 2000 à 2017 en faveur des cours d’eau et du castor. En janvier 2018, cet engagement a été étendu à de nouveaux habitats aquatiques avec l’«Action Castor & Cie». Avec toujours pour ambassadeur ce sympathique rongeur, cette nouvelle action veut obtenir une vaste mosaïque de zones humides riches en espèces, grâce à la préservation des sites existants et à la création de nouveaux habitats. À cet effet, Pro Natura souhaite attirer l’attention sur les menaces pesant sur les sources, aménager des étangs et des mares, créer des plaines inondables et remettre à l’air libre ou valoriser nos petits cours d’eau. L’«Action Castor & Cie» est active dans les cantons de Berne, Soleure, Argovie, Lucerne, Thurgovie, Zurich, Zoug et des Grisons. Les actions régionales constituent la première source d’information pour la population et les autorités locales. Elles diffusent des informations sur le castor, le cincle plongeur, les libellules, l’anguille et la rainette, au moyen d’excursions et de conférences. De nombreuses espèces animales et végétales rares et menacées d’extinction bénéficient de projets concrets de valorisation comme celui de Ferenbalm. Ces biotopes constituent également des espaces de découverte et de délassement attractifs pour la population.
Informations complémentaires
Renseignements
- Peter Lakerveld, chef de projet de l’action, tél. 079 708 04 90, @email
- Urs Leugger-Eggimann, secrétaire central de Pro Natura, tél. 079 509 35 49, [email protected]
- Nicolas Wüthrich, responsable de l’information de Pro Natura, tél. 079 212 52 54, @email
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L’«Action Castor & Cie» promeut des eaux vivantesDocumenti scaricabili
Fiche descriptive «Rétablissement de la libre…Animal de l’année 2019: le ver luisant
Son nom est trompeur: le ver luisant n’est pas un ver, mais un scarabée qui émet une lumière froide. Le nom précis de l’Animal de l’année 2019 est «grand lampyre». Il s’agit de la plus commune des quatre espèces de vers luisants présentes en Suisse.
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Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le ver luisant comme animal de l’année?
Notre faune est peuplée d’insectes. Sur les quelque 36’000 espèces animales connues en Suisse, 30’000 sont des insectes. Là où les insectes vont bien, la nature se porte bien. Mais le monde merveilleux des insectes se dégrade à une vitesse effrayante. La destruction des habitats, les pesticides, la pollution lumineuse et d’autres facteurs encore l’affectent considérablement, avec de graves conséquences pour la nature et pour nous, les êtres humains. De plus en plus de personnes en sont désormais conscientes et s’inquiètent des découvertes alarmantes de la science. En 2019, le ver luisant attirera l’attention sur cette situation problématique, mais aussi sur les solutions concrètes possibles.
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Biosphoto / Stephane Vitzthum
- Un signal mystérieux: une femelle ver luisant recherche un partenaire.
Terreur des escargots
C’est seulement à la fin de sa vie que le ver luisant apparait dans nos nuits d’été. Auparavant, il aura passé près de deux ans sous forme de larve. Ces dernières sont de grands prédateurs d’escargots et de limaces. Leurs méthodes de chasse brutales ne cadrent pas avec l’image charmante de la luciole des contes de fées.
Telles de mini-crocodiles brun-noir, les larves traquent leurs proies, souvent bien plus grosses qu’elles. Elles tuent l’escargot ou la limace capturée en lui injectant un venin et il ne leur faut qu’un jour pour consommer entièrement leur victime. Un organe spécial situé à l’extrémité de son abdomen permet à la larve de se nettoyer à fond après avoir ingéré ce repas visqueux.
Les larves disposent de poisons défensifs. Elles ne sont pas comestibles pour d’éventuels prédateurs et des points luminescents sur leur abdomen les dissuadent de s’y risquer. Cette lumière n’est pas aussi forte que le signal d’accouplement des individus adultes, mais elle est bien visible à une distance d’un à deux mètres. En hiver, lorsqu’il n’y a plus ni limaces ni escargots à manger, les larves entrent en hibernation.
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- À la chasse: une larve de ver luisant attaque un jeune escargot.
Un final lumineux
Après deux ou trois hivers, les larves se mettent en cocon. Les vers luisants adultes éclosent au bout d’une semaine environ. Les individus adultes sont aussi frugaux que les larves sont voraces, puisqu’ils peuvent tout à fait rester sans manger.
Très vite, les femelles se postent à un endroit bien en évidence pour allumer leur signal destiné aux mâles en quête d’amour. La lumière émise par les organes lumineux situés à l’extrémité de leur corps est produite par une réaction chimique. Cette capacité des animaux et des plantes à produire de la lumière est appelée bioluminescence.
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- Les bandes lumineuses des sixième et septième segments du corps sont bien visibles. Le huitième segment a un point lumineux à gauche et à droite.
Le mâle en vol de recherche
Les mâles des vers luisants n’émettent pas de lumière. Ils survolent leur habitat et guettent de leurs grands yeux le signal d’amour tant désiré. Dès qu’un mâle atterrit près d’une femelle, la lueur s’éteint et l’accouplement a lieu. La femelle pond ses œufs à même le sol, sous des herbes, des pierres ou des morceaux de bois. Après, elle meurt.
Le mâle vit environ deux semaines. Le couple laisse 60 à 80 œufs qui peuvent être faiblement luminescents. Après un mois, les larves éclosent. Ces minuscules créatures, de quelques millimètres seulement, partent à la chasse aux limaces et escargots. Le cycle recommence.
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- Aux aguets avec ses grands yeux, un ver luisant mâle.
Des limaces et des escargots, de la diversité et...
Le ver luisant est répandu dans toute la Suisse et se rencontre jusqu’à 2000 mètres d’altitude. Ils vivent aussi bien à l’orée de la forêt que dans les parcs de nos villes. Trois conditions doivent être remplies pour qu’ils se sentent chez eux.
Premièrement, il leur faut des limaces et des escargots. Deuxièmement, une mosaïque diversifiée de petits biotopes est nécessaire et ceux-ci doivent être dépourvus de pesticides. Des espaces ouverts, des coins ombragés, des cachettes humides: le genre de structures qu’offrent, par exemple, un paysage rural traditionnel, un jardin naturel, un cimetière ou un parc entretenu sans pesticides.
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- Les vers luisants aiment les structures diversifiées, y compris dans les zones habitées.
...de l’obscurité!
Mais le ver luisant a besoin de quelque chose devenu malheureusement rare: l’obscurité. À l’heure actuelle, une nuit sombre ne va plus de soi. Les rues illuminées 24 heures sur 24, les enseignes lumineuses et les petites lumières installées dans les jardins sont néfastes aux vers luisants. Ce problème a un nom: pollution lumineuse.
En effet, quand la nuit devient claire à cause de la lumière artificielle, la femelle ver luisant éclaire en vain. Les mâles ne retrouvent plus leurs partenaires. Il est important de laisser son obscurité à la nuit. Pas seulement pour le ver luisant: les chauves-souris, les papillons de nuit, mais aussi les humains au repos ont besoin de nuits sombres.
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- Pollution lumineuse au-dessus de Thoune BE
Trois autres espèces de vers luisants
En dehors du grand lampyre, on peut observer trois autres espèces de vers luisants en Suisse:
C’est au cimetière Waldfriedhof de Schaffhouse que vit l’une des rares populations suisses du nord des Alpes de petit lampyre (Lamprohiza splendidula). Les femelles émettent une lumière en position «assise». Lorsque les mâles se mettent à voler en scintillant entre les arbres et les tombes, émettant par intermittences une lumière verte, le spectacle est proprement féérique. Ce ballet lumineux attire chaque année de nombreux curieux.
La luciole à ailes courtes (Phosphaenus hemipterus) ne fait pas vraiment honneur à son nom, car elle ne brille que très faiblement et ne vole pas non plus. Cette espèce est répandue dans toute la Suisse. Elle est peut-être même plus commune que le grand lampyre, mais elle passe souvent inaperçue. Contrairement aux autres espèces de vers luisants, la larve de la luciole à ailes courtes ne se nourrit pas d’escargots ni de limaces, mais de vers de terre.
La Luciola italica a son aire de répartition principale – comme son nom le laisse supposer – au Tessin et dans les vallées du sud des Grisons. Les deux sexes luisent et émettent une lumière blanche. Il existe des populations locales au nord des Alpes, à Lausanne et à Zurich. L’origine de cette espèce à Zurich est mystérieuse. Quant aux Luciola italica établies dans le parc Bourget à Lausanne, elles ont été introduites depuis le Tessin dans les années 1940, tout simplement pour le plaisir du public.
Une autre espèce non indigène, Luciola lusitanica, a également été découverte sporadiquement en Suisse. Elle est étroitement apparentée à la Luciola italica, c’est pourquoi sa classification biologique (systématique) n’a pas encore pu être clarifiée.
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- Une luciole à ailes courtes (mâle).
Que fait Pro Natura pour le ver luisant?
De nombreuses réserves naturelles Pro Natura abritent des vers luisants. C’est parce que ces endroits offrent tout ce dont ces insectes ont besoin: des habitats diversifiés, des gastéropodes et des nuits sombres. Qui sait, peut-être vous laisserez-vous tenter par une promenade dans une réserve naturelle Pro Natura par un beau soir d’été…
En savoir plus sur les 700 réserves naturelles Pro Natura
La protection de la nature ne doit pas se limiter aux réserves naturelles. Fidèle à sa devise «Davantage de nature, partout», Pro Natura s’engage pour la nature sur les rives, en forêt, dans l’arc alpin.
En savoir plus sur les différents biotopes
Des paysages ruraux diversifiés offrent au ver luisant un habitat idéal. Il est important que l’agriculture suisse devienne plus écologique. Pro Natura s’engage dans ce but. 2019 marque le début d’une phase extrêmement importante pour la politique agricole, avec le développement de la «Politique agricole 22+».
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«Action Lièvre & Cie» pour un paysage rural diversifié
Drones: «Objet volant non identifié à l'horizon»
Un petit matin d'automne dans la réserve naturelle de l'Augstmatthorn, dans l'Oberland bernois. Toute la crête longeant la rive nord du lac de Brienz est une zone de protection nationale de la faune sauvage. Dès les premières lueurs de l'aube, on y rencontre des dizaines de promeneurs, attirés par le panorama splendide en cette belle journée ensoleillée. Malgré tout, il est possible d'observer plusieurs chamois et bouquetins qui pâturent en ordre dispersé au-dessus de la limite des arbres. Soudain, un mouvement se propage à l'ensemble des animaux, qui se précipitent dans la forêt en contrebas. En un clin d'œil, près de 80 chamois et bouquetins ont déserté un pâturage de deux kilomètres carrés et se sont comme «volatilisés». Que s'est-il passé? Un drone a décollé depuis le sommet de l'arête. Le petit multicoptère télécommandé survole longuement les crêtes et le versant sud de l'Augstmatthorn, sans doute pour filmer ces hauteurs vertigineuses inaccessibles à l'être humain. On rapporte de plus en plus souvent des incidents de ce type: tantôt ce sont des visiteurs importunés dans une réserve naturelle, tantôt des oiseaux d'eau effarouchés au bord d'un lac, tantôt un aigle royal dérangé dans sa zone d'évolution. Il s'agit d'une tendance croissante en Suisse: en 2015, le nombre de drones était estimé à 20000. En 2017, on atteint les 100000. La tendance se confirme.
Les oiseaux sont particulièrement sensibles
De nombreux propriétaires de drones n'ont pas conscience du danger que leur engin volant représente pour la faune. Une étude de la Station ornithologique suisse montre que les oiseaux sont particulièrement sensibles au vol des drones. «Les drones provoquent des comportements de fuite qui peuvent épuiser les oiseaux ou les pousser à abandonner leur habitat, ils les stressent et peuvent même causer des accidents», explique Michael Schaad. Les conséquences sont dramatiques durant la phase de reproduction, qui risque d'être interrompue, voire de ne pas commencer. La Station ornithologique recommande de ne jamais faire voler un drone en direction d'un oiseau, de ne pas s'approcher à moins 200 mètres des réserves naturelles et de renoncer totalement aux vols dans les zones de nidification.
En Suisse, la législation n'a pas suivi le développement technologique et commercial. Les restrictions en vigueur ont trait à la sécurité, à la protection des données et au trafic aérien. La protection de la nature passe au second plan. Les drones ne sont interdits que dans les réserves d'oiseaux d'eau et de migrateurs, ainsi que dans les districts francs fédéraux. Ce qui devrait donc aussi être le cas dans la région de l'Augstmatthorn dont nous parlons. Mais une interdiction qui n'est ni communiquée, ni contrôlée est difficile à appliquer.
Pro Natura demande que les drones ne volent que dans des zones bien définies où ils ne perturbent pas le milieu naturel. Des dispositions claires doivent régir les grands drones télécommandés par des pilotes professionnels (par exemple pour effectuer des relevés topographiques). Les petits drones de loisirs sont difficiles à contrôler, mais ce sont eux qui posent le plus de problèmes dans les aires protégées. Les utilisateurs sont loin d'avoir été suffisamment sensibilisés. Pro Natura s'engage avec d'autres organisation, ainsi qu'avec la Confédération, les cantons et les représentants des utilisateurs de drones pour un renforcement de la législation et une sensibilisation des pilotes.
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La mode de l'helibiking arrive en SuisseL'héliski est le sujet d'âpres controverses depuis des années. Les touristes sont demandeurs, alors que les randonneurs à la recherche de tranquillité et les milieux de la protection de la nature critiquent le bruit et l'exploitation à des fins commerciales de zones jusqu'ici encore préservées (également dans des réserves naturelles). Mais voici qu'une nouvelle tendance se profile en Suisse, l'hélibiking. Vélos tout-terrain et cyclistes sont déposés en hélicoptère au sommet des montagnes, pour redescendre ensuite dans la vallée par les sentiers pédestres. Le problème n'est pas uniquement ce surcroît de trafic aérien. Gâce à l'hélicoptère, les cyclistes peuvent se rendre dans des zones où ils ne parviendraient jamais à la seule force du mollet. Les conflits avec la nature et avec les autres touristes sont inévitables.
Andreas Boldt, Chef de projet Activités de loisirs et protection de la nature
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Info
Cet article a été publié dans le Pro Natura Magazine.
Le Pro Natura Magazine vous plonge dans la nature. Il vous dévoile de petites merveilles, de grands projets et des personnalités captivantes. Des images superbes et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture. Tous les membres Pro Natura le reçoivent en exclusivité cinq fois par an. Le Pro Natura Magazine éclaire sur 48 pages les coulisses des décisions politiques, présente des recherches, explique la nature et il révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature.
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Stop aux espèces exotiques envahissantes grâce à votre aide
Les animaux, les plantes et les champignons de notre pays sont en constante évolution. La répartition des espèces évolue et s’adapte aux nouvelles conditions. Avec la mondialisation du commerce et de la mobilité, l’être humain a introduit, volontairement ou non, des espèces au-delà de leur aire de répartition naturelle.
La majorité des espèces exotiques s’est bien intégrée dans notre environnement (p. ex. la matricaire odorante). Cependant, quelques-unes envahissent leur nouvelle patrie et supplantent la faune et la flore indigènes, raison pour laquelle elles sont qualifiées d’«envahissantes».
Les espèces exotiques envahissantes mettent en péril notre diversité biologique. Elles peuvent même engendrer des maladies, altérer notre santé (allergies) et causer des dommages aux infrastructures.
Les plantes exotiques envahissantes sont problématiques
Les néophytes sont des plantes que l’être humain a introduites volontairement ou non dans des régions étrangères à partir du XVIe siècle. L’arrivée des navigateurs européens sur le continent américain en 1492 marque en effet le début d’une époque lors de laquelle les êtres humains voyagent de plus en plus souvent d’un continent à l’autre. Ces nouveaux milieux naturels n’auraient pas pu être colonisés par ces plantes de manière naturelle. Parmi les 4000 espèces végétales sauvages en Suisse, environ 750 sont des néophytes, et 10% d’entre elles sont «envahissantes»: elles grandissent le plus souvent très rapidement et se propagent de manière extrêmement efficace.
Si leur propagation est si rapide, c’est notamment parce que leurs ennemis naturels et les maladies qui les frappent ne les ont pas suivies sous nos latitudes. Les néophytes supplantent ainsi les plantes indigènes, mettant en difficulté les espèces animales qui en dépendent, comme les chenilles de certains papillons.
La renouée du Japon, le solidage du Canada, le buddléia de David et le laurier-cerise sont des exemples de néophytes envahissantes.
Les animaux exotiques envahissants: une menace pour la biodiversité
Sur les 430 espèces animales exotiques (néozoaires) en Suisse, 85 espèces sont considérées comme envahissantes (OFEV, 2022). Parmi elles, la coccinelle asiatique et la tortue de Floride.
Les différentes espèces d’écrevisses américaines sont également problématiques dans nos écosystèmes: la peste de l’écrevisse est arrivée en Europe avec l’introduction de trois espèces américaines. Les écrevisses indigènes meurent à cause du champignon responsable de cette maladie alors que les espèces exotiques envahissantes, pour la plupart immunisées, se répandent rapidement.
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Matthias Sorg
- Impatiente glanduleuse au bord d’un ruisseau
Bases légales
En vertu de la loi sur la protection de l’environnement (LPE), quiconque utilise des espèces dans la nature doit veiller à ce que ces espèces ne constituent pas de menace pour la diversité biologique. En vertu de l’ordonnance sur la dissémination dans l’environnement (ODE), certaines espèces animales et végétales exotiques envahissantes sont interdites. Ces espèces sont listées dans l’annexe 2 de l’ordonnance. Pour 22 plantes et 3 animaux, listés dans l’annexe 2.1, toute utilisation (notamment la vente, la reproduction, la dissémination, le transport ou le stockage) est interdite, à l’exception des mesures de lutte. Les solidages américains en sont un exemple. Aussi belles soient leurs fleurs, il est interdit de les cueillir et d’en faire des bouquets. La tortue de Floride est elle aussi touchée par cette interdiction. Il est interdit de la vendre depuis 2008 déjà. Ce reptile peut vivre très longtemps. Toute personne ayant acquis une tortue de Floride avant l’interdiction doit l’inscrire dans un centre d’accueil.
31 autres espèces végétales sont listées dans l’annexe 2.2. Ces plantes sont touchées par une interdiction de mise en circulation, moins complète. Est interdite uniquement la remise à des tiers, soit notamment l’importation, la vente, le don ou la location. Le laurier-cerise en est un exemple. Il est donc toujours autorisé d’entretenir et de tailler les haies de lauriers-cerises.
Les annexes susmentionnées ne listent pas toutes les espèces végétales exotiques envahissantes. Le robinier, par exemple, n’y figure pas. Il est donc toujours autorisé de l’acheter et de le planter. Le devoir de diligence s’applique toutefois à toutes les espèces exotiques. Il convient d’éviter leur reproduction dans la nature. Cela est malheureusement très difficile à mettre en œuvre ou à contrôler. Il n’existe pas non plus d’obligation légale au niveau fédéral de lutter contre les plantes envahissantes.
Pro Natura recommande d’éliminer de son jardin toutes les plantes exotiques qui pourraient avoir des conséquences négatives sur la nature.
RS 814.911 - Ordonnance du 10 septembre 2008 sur... | Fedlex
Comment reconnaître et éliminer les néophytes envahissantes?
Identifier – arracher – éliminer – remplacer: l’essentiel en bref
Identifier: Attention, seules quelques plantes sont des néophytes envahissantes. Travaillez avec un guide pratique pour éviter toute confusion et risquer d’arracher accidentellement de précieuses plantes sauvages indigènes.
Arracher: Renoncez s’il vous plaît à utiliser à titre privé des pesticides pour lutter contre les néophytes. Contactez plutôt notre équipe de conseillers.
Éliminer: La plupart des néophytes ne doivent pas être éliminées dans votre jardin ou dans votre compost. Tenez compte des possibilités d’élimination et de compostage offertes par votre commune.
Remplacer: Vous avez maintenant de la place pour les plantes indigènes: tenez compte de la qualité du sol et des conditions de lumière. Choisissez des plantes provenant de la région et renoncez aux cultivars (variétés horticoles). L’outil en ligne «Autochtone ou pas?» de Floretia vous aide à trouver des alternatives locales: base de données Autochtone ou pas? | Floretia
Quelques fiches utiles:
Manuel de gestion des néophytes envahissantes – Valais
Manuel de gestion des néophytes envahissantes – Neuchatel
Pro Natura réclame des mesures préventives
Lorsque des espèces exotiques envahissantes se propagent en grand nombre, toute mesure corrective devient coûteuse et parfois même inefficace. Mieux vaut donc prévenir que guérir.
Par exemple:
- Favoriser les plantes indigènes dans les parcs et jardins.
- Ne pas relâcher d’animaux tels que des poissons rouges ou des tortues.
- Ne pas importer d’espèces exotiques envahissantes. Vous pourriez introduire sans le savoir des espèces nuisibles, que ce soient des plantes, des graines, des légumes, des fruits et des animaux.
Site Internet thématisant le problème des plantes et des animaux importés: https://trop-risque.ch/
Les espèces exotiques envahissantes représentent un danger supplémentaire pour les espèces animales et végétales en voie de disparition.
Par conséquent, Pro Natura prend entre autres les mesures suivantes:
- Nous éliminons les espèces exotiques envahissantes dans nos propres réserves naturelles (par exemple le solidage du Canada dans les bas-marais).
- Nous indiquons comment limiter les atteintes à la biodiversité occasionnées par les espèces exotiques envahissantes.
- Nous informons sur des alternatives aux espèces exotiques envahissantes dans les jardins.
- Au niveau politique, nous réclamons la mise en œuvre rapide et conséquente de la stratégie de la Confédération relative aux espèces exotiques envahissantes.
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- De nombreux bénévoles s’engagent auprès de Pro Natura pour combattre les plantes exotiques envahissantes (néophytes), une tâche manuelle pénible.
Les plantes sauvages indigènes: belles et précieuses
En choisissant des plantes indigènes, vous encouragez la diversité des espèces dans votre jardin. Chaque plante sauvage attire et nourrit des espèces animales bien spécifiques. Ainsi, plus la diversité végétale de votre jardin est importante, plus la diversité animale sera grande.
La valeur écologique des plantes indigènes surpasse clairement celle des néophytes. En termes de couleurs et de formes également, il est impossible de comparer les nombreuses plantes indigènes aux néophytes. Nous vous souhaitons de beaux moments de délassement dans votre jardin multicolore!
Commandez le dépliant richement illustré «Plantes exotiques envahissantes de nos jardins» publié par Pro Natura. Si vous en faites la demande, nous vous enverrons même plusieurs exemplaires. Vous pouvez nous contacter à l’adresse courriel suivante : @email
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Auto-évaluation de votre terrain et audit
Madame, Monsieur,
En collaboration avec votre commune, nous vous proposons d’agir sur votre terrain en faveur de la biodiversité. Nous lançons ici une phase test, convenue avec votre commune. Votre participation sera précieuse pour affiner cet outil et maximiser son impact.
Votre parcelle n’excède pas 3'000 m2
Formulaire d’auto-évaluation et propositions d’amélioration
Cet outil simple vous permettra d’évaluer la qualité de la biodiversité de votre jardin et d’identifier les champs de progression. Cette petite analyse se base sur l’observation directe des espaces extérieurs. Elle vous aidera à hiérarchiser les étapes essentielles à franchir pour favoriser la biodiversité dans votre jardin. Il n’y a plus qu’à vous lancer, en remplissant l’auto-évaluation, que nous vous proposons d’imprimer, et en choisissant les mesures d’amélioration adéquates (documents à télécharger, ci-dessous).
Ulteriori informazioni
Info
Merci de votre participation. Nous nous tenons à votre disposition pour tout complément d’information.
Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir dans votre engagement pour la biodiversité.
Contatto
Philippe Steiner
Projet Commune ouVerte
Coordinateur de projets
Secrétariat romand
Téléphone 024 423 35 65
@email
Votre parcelle excède 3'000 m2
Audit gratuit de votre parcelle
Propriétaires terriens privés, gérances immobilières ou entreprises peuvent bénéficier d’un audit gratuit, pris en charge par Pro Natura et votre commune.
Fonctionnement: après avoir pris rendez-vous avec vous, un bureau de biologie effectue un inventaire de votre parcelle, un petit diagnostic et formule par écrit des propositions d’amélioration. Un suivi vous est également offert.
Cet audit vous intéresse? Veuillez nous contacter par email en nous communiquant votre adresse:
@email
A souligner que votre terrain doit être adapté à l’audit et qu’un maximum de 4 audits sont faits par commune. Dans ce sens, nous vous confirmerons la faisabilité de cet audit après votre inscription.
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«La consanguinité devient un problème existentiel central»
Le lynx est réapparu en Suisse il y a une cinquantaine d’années. Est-il bien accepté par les agriculteurs et les chasseurs?
Kristina Vogt: dans le secteur agricole, on ne parle presque plus du lynx. La situation était plus conflictuelle dans les années 1990, notamment avec les chasseurs, mais elle s’est nettement apaisée depuis. Les chasseurs se sont habitués à la présence du lynx et l’acceptent désormais comme un prédateur indigène. On ne conteste plus son droit d’exister. Certains chasseurs se réjouissent même de sa présence et nous signalent leurs observations. Néanmoins, la question de la «bonne» densité de population ne fait pas encore consensus.
La population de lynx en Suisse a quadruplé au cours des vingt-cinq dernières années, pour atteindre environ 300 individus. Cela suffit-il pour assurer la survie de la population?
Avec 300 individus, rien n’est encore garanti. La connexion avec d’autres populations européennes ne s’est pas encore établie, la population est très isolée. Puisqu’elle ne descend que de quelques animaux géniteurs, dont certains étaient en outre apparentés, la diversité génétique est faible et la consanguinité devient un problème existentiel central. Sans diversité génétique, le lynx a du mal à s’adapter aux changements environnementaux ou aux nouveaux agents pathogènes.
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Matthias Neuhaus
On reconnaît le lynx aux «pinceaux» au bout de ses oreilles. Il y a quelques années, trois lynx sans oreilles ont été photographiés dans le Jura
Aujourd’hui, quasiment tous les lynx suisses sont plus ou moins apparentés. Cette consanguinité fait augmenter la probabilité que deux individus de la même famille portant la même mutation
aléatoire, comme l’absence d’oreilles, se reproduisent. Et inévitablement, les malformations liées à cette mutation se manifestent chez leur progéniture. À cet égard, la multiplication de problèmes cardiaques est bien plus préoccupante. Nous étudions actuellement la génétique et la santé des lynx dans le cadre d’un projet mené en collaboration avec l’Institut pour la santé des poissons et de la faune sauvage (FIWI) de l’Université de Berne.
Quels sont les premiers résultats?
Deux tiers des lynx de l’espace alpin ayant été examinés présentent un souffle au cœur. Il semblerait qu’il s’agisse d’une maladie cardiaque congénitale. Nous avons également constaté que les individus juvéniles présentant une consanguinité plus marquée survivent moins bien.
La situation semble alarmante. La science propose-t-elle des pistes d’amélioration?
La fondation KORA et le FIWI recommandent vivement d’assainir génétiquement la population suisse, en allant chercher des individus de la population des Carpates. Au niveau international, nous avons aussi besoin d’une mise en réseau des différentes populations d’Europe centrale (voir encadré) et, à plus long terme, avec la population d’origine dans les Carpates (Slovaquie, Ukraine et Roumanie). C’est la seule population d’Europe centrale à n’avoir jamais disparu et elle présente donc une grande diversité génétique. Toutes les autres sont le résultat de réintroductions de quelques individus des Carpates.
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Matthias Neuhaus
La population suisse n’est-elle pas reliée à celles d’autres pays?
Le Jura suisse et français forme une seule et même population, car tous les individus présents en France viennent initialement de Suisse. Certains lynx, principalement des mâles, quittent la Suisse pour s’installer dans les pays voisins, par exemple dans les Vosges, la Forêt-Noire ou le Vorarlberg. En Forêt-Noire, un projet visant à reconstituer la population avec des animaux issus du programme européen de conservation de l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) est en cours. À l’heure actuelle, la petite population isolée des Alpes calcaires autrichiennes ne se reproduit pas et risque de disparaître.
Comment atteindre les objectifs scientifiques?
Un groupe de travail intercantonal a été mis sur pied. La fondation KORA et l’institut FIWI en font partie à titre consultatif, tout comme les gardes-faune et l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Il s’agit de planifier des mesures concrètes.
Et quel est l’horizon temporel?
Cela dépend évidemment des processus politiques et de l’adhésion aux mesures, mais nous ne pouvons pas attendre dix ans. La situation génétique et sanitaire ne s’améliorera pas d’elle-même. Il faut intervenir rapidement, avant que les problèmes ne s’aggravent encore davantage.
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Matthias Neuhaus
Le lynx pourrait-il s’implanter durablement sur le Plateau ?
Le lynx se reproduit sur le Plateau depuis 2013. C’est un animal discret, capable de s’adapter et qui s’accommode bien du paysage cultivé. Le Plateau est toutefois fortement morcelé par les routes: de nombreux lynx sont victimes d’accidents de la circulation et leur expansion est entravée. Les travaux forestiers autour des tanières pendant la période de mise bas posent également problème. Si nous parvenons à renforcer la diversité génétique, les perspectives à long terme s’amélioreront. En cas d’échec, la population suisse de lynx pourrait stagner, voire régresser.
Gregor Klaus est journaliste indépendant.
Linking Lynx
Ce réseau d’experts œuvre pour la conservation, la surveillance et la gestion du lynx d’Europe centrale. Son objectif est de créer une population qui s’étende des Carpates au Jura, aux Alpes occidentales et aux Alpes Dinarides (Balkans occidentaux). Linking Lynx réunit plusieurs groupes de travail et chapeaute tous les projets, en cours ou prévus, de réintroduction et de renforcement des
populations.
https://www.linking-lynx.org/en
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Info
Cet article a été publié dans le Magazine Pro Natura.
Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe au sujet de gros projets et vous présente des personnalités captivantes. Il porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques et révèle où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour la nature. Tous les membres Pro Natura le reçoivent cinq fois par an.