Un loup en forêt

Histoire du retour du loup en Suisse

Comment le loup a fait sa réapparition en Suisse? L'histoire de son retour présentée de manière chronologique.

Officiellement, le loup a disparu de Suisse à la fin du 19e siècle. Entre 1908 et 1990, certains spécimens isolés ont néanmoins fait leur apparition à plusieurs reprises sur le territoire national. Leur origine reste incertaine.

Situation: 12.07.2017

Janvier 2017

La présence d’un nouveau loup est constatée dans la région d’Augstbord. La louve F24 était à ce jour inconnue des autorités. Il est tout à fait possible que cet animal soit encore un petit du couple fondateur M59 et F14. Les autorités valaisannes veulent maintenant tenter d’éliminer un deuxième individu, car la meute semble être plus importante que ce qu’elles n’avaient imaginé. Les louveteaux M72, F22, F23 et F24 ont été identifés dans la région d’Augstbord sur la base d’analyses génétiques.

Les résultats d’une analyse menée dans la région d’Evolène ont prouvé l’existence d’un autre animal, M73.

Février 2017

Un échantillon de salive émanant d0un loup du Diemtigtal (BE), prélevé sur un chevreuil mort, est attribué à un nouvel individu, M74. L’animal, dont le comportement n’est pas suspect, ne s’était encore attaqué à aucun animal domestique.

Dans le Val d’Anniviers (VS), des promeneurs découvrent la dépouille d’un loup. L’animal, la louve F16, a été la proie d’un braconneur. Elle avait été identifiée plusieurs fois depuis 2014. Le ministère public ouvre une enquête.

Mars 2017

En janvier et février, un loup éventre plus de 40 moutons à Bergell et dans le Val Mesolcina (GR), ainsi que dans la Léventine (TI). Dans trois des cas, le mâle M75 est identifié comme le coupable. D’un commun accord, les cantons des Grisons et du Tessin délivrent une autorisation de tir, limitée à 60 jours. Le périmètre de tir est généreux.

Avril 2017

Le délai de réglementation pour la meute d’Augstbord est arrivé à échéance. Entretemps, l’un des animaux a été tiré. Depuis le premier tir, les loups de la meute évitaient de fait les zones habitées.

Mai 2017

Le canton de St-Gall délivre aussi d’une autorisation de tir contre le mâle M75 qui continue à faire des dégâts. L’animal saute par-dessus des clôtures de pâturages et s’est même introduit dans une étable. La mort de plus de 50 animaux dans les cantons de TI, GR, SG, TG et ZH est attribuée à M75.

Le canton d’Appenzell-Rhodes Intérieures délivre lui aussi une autorisation de tirer contre M75. Le délai arrivera cependant à échéance avant que l’animal n’ait pu être abattu.

Juin 2017

Une louve est retrouvée morte dans la commune de Jaun (FR). Le ministère public ouvre une enquête. Les analyses génétiques montrent qu’il s'agit de F13, une louve qui vit depuis longtemps déjà dans la région. Elle avait été observée durant les derniers mois en compagnie d’un mâle, M64 – dont on ignore ce qu’il est devenu. Les examens pathologiques confirment que la louve a été victime d’un acte malveillant puisqu’elle a été empoisonnée. D’autres animaux (renards, blaireaux, fouines et chats) ont subi le même sort. Une personne connue des services de police est fortement soupçonnée.

Au premier semestre 2017, les preuves de la présence de loups (observations, analyses génétiques, animaux morts) se répartissent sur les régions Calanda, centre des Grisons, Basse-Engadine, Bergell, Tessin, Haut-Valais, Oberland bernois/Fribourg, Suisse centrale et nord de la Suisse (AR/TG/ZH). D’autres traces évidentes (morsures, empreintes) ont aussi été découvertes en Bas-Valais, en Suisse centrale et sur le Plateau (pied du Jura, BE/SO, ZH). Des indices de l’existence d’un loup dans le canton du Jura n’ont pas pu être vérifiés.

D’une manière générale, il faut s’attendre à voir apparaître des loups dans toute la Suisse et à tout moment.

2016

Janvier 2016

Le Plan Loup révisé entre en vigueur. La nouveauté réside avant tout dans la grille d’évaluation du comportement des loups. Pro Natura n’approuve pas les critères, le comportement naturel du loup y étant hâtivement et inutilement défini comme «dangereux». Le Concept néglige des points essentiels, comme l’exigence formelle de consigner les rencontres entre l’homme et le loup ou l’élimination de sources potentielles de nourriture dans les zones habitées.

Février 2016

La Commission de l’environnement du Conseil des Etats est favorable à une chasse au loup sans période de repos. Cela ouvrirait la porte à une nouvelle stratégie d’extermination du loup.

Mars 2016

Un monitoring réalisé durant l’hiver en Valais atteste la présence de deux loups encore inconnus (M63, M64). Le recensement montre qu’un couple de loups vit dans la région d’Augstbord. Il est vraisemblable qu’une nouvelle meute se formera prochainement dans la région.

Le Conseil des Etats rejette la «motion Imoberdorf» qui exigeait une extension de l’autorisation de tirer des loups toute l’année et généralisée. La motion est ainsi définitivement écartée. Le Parlement s’était prononcé peu de temps auparavant en faveur d’un assouplissement de la protection des loups (rendant possible le tir de jeunes loups au sein d'une meute à certaines conditions). Pro Natura salue la décision du Conseil des Etats d’avoir su «garder la tête froide» et invite les parlementaires à continuer à prendre position en faveur d’une politique du loup lucide, équilibrée et orientée vers des solutions.

Le cadavre d’un loup mort est déposé par les eaux sur les rives du Rhône à Raron (VS). D’après les analyses génétiques, il s’agit de l’individu M63 récemment recensé. Les examens pathologiques révèlent qu’il est mort des suites d’une blessure par balle. Le Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune dépose une plainte pénale.

Des ouvriers forestiers trouvent une dépouille de loup sur la commune de Sils dans le Domleschg (GR). L’animal (M67) a succombé à des tirs de plomb. Il s’agit d’un individu d’un an né en 2015 au sein de la meute de Calanda. Au vu de la situation, il semblerait que le loup n’ait pas été tué sur place, mais que son cadavre ait été déposé à cet endroit. Une plainte contre X est déposée par le Service cantonal de la chasse et de la pêche.

Avril 2016

Dans le canton d’Appenzell-Rhodes Extérieures, l’analyse génétique des blessures sur un cerf atteste qu’elles ont été commises par un loup. La bête avait été repérée auparavant par une automobiliste dans la région de Trogen.

A Niedersachsen (D), le loup «Kurti» (MT 6) de la meute de la vallée de Münstair a connu une «issue létale», comme le précisent les autorités. Le jeune mâle affichait un «comportement suspect» (manque de distance par rapport aux humains) et n’a pas réagi face aux tentatives d’effarouchement d’un expert suédois.

Mai 2016

Le Département de l’économie, de l’énergie et du territoire du Valais définit une nouvelle politique en matière de protection des troupeaux. Les chiens de garde ne sont plus considérés comme une protection «adéquate» des moutons dans les régions fortement fréquentées par les touristes. En principe, les clôtures électriques, la surveillance, l’utilisation de chiens de protection de troupeaux et les enclos de nuit sont tout de même reconnus comme des mesures de protection.

Juin 2016

Le conseiller aux Etats valaisan Jacques Melly autorise le tir du loup M59 dans la région d’Augstbord. Une autorisation de tir avait déjà échu en 2015 contre le même animal. Entre avril et juin, 50 moutons et chèvres ont été dévorés par un loup sur des pâturages de printemps dans cette région. L’autorisation de tir s’appuie sur la Loi fédérale sur la chasse et sur l’ordonnance y relative. Après s’être rendus sur place, les spécialistes (y compris un représentant d’Agridea) étaient parvenus à la conclusion qu’au moins 15 moutons ont été tués dans des conditions protégées et que les conditions de tir étaient donc réunies. L’autorisation de tir est valable durant 60 jours.

Pro Natura considère cette disposition comme illégitime. Dans ce cas, le canton du Valais n’est pas en droit de délivrer une autorisation de tir, car il faut vraisemblablement compter sur l’existence d'une meute – et donc de louveteaux. Si l’un des parents était abattu, les jeunes d’âge critique ne leur survivraient probablement pas. Pro Natura et le WWF déposent une plainte et demandent un délai suspensif.

Juillet 2016

Un loup qui avait tué 50 moutons au cours des deux mois précédents est abattu par un garde-faune de la commune d’Attinghausen, peu après que la Direction de la sécurité ait délivré l’autorisation de tir. L’animal abattu est l’individu M68. Il était en bonne condition physique, mais présentait une blessure par balle remontant à sept semaines au moins. On peut donc partir du principe qu’une personne a tiré illégalement sur l’animal fin mai ou début juin.

Août 2016

L’autorisation de tir pour le loup M59 dans la région valaisanne d’Augstbord échoit une nouvelle fois sans que l’animal ait pu être abattu. Conformément à la législation en vigueur, le périmètre de tir avait été défini de manière restrictive.

Les garde-faune grisons fournissent la preuve que la meute de Calanda s’est reproduite pour la cinquième année consécutive. Six louveteaux au moins ont été surpris par les pièges photographiques.

En Autriche, l’existence de la première famille de loups depuis un siècle au mois est avérée. Les animaux se sont établis sur le terrain d’exercice d'Allensteig dans le district de Zwettl.

Les garde-faune tessinois arrivent à prouver que la meute, fondée par les loups F8 et M47, a eu à nouveau des petits dans la Valle Morobbia. On présume que trois louveteaux au moins sont nés.

Le Conseil fédéral met en consultation un projet de révision de la Loi fédérale sur la chasse. Le projet prévoit que les cantons décident eux-mêmes à l’avenir des tirs au sein des meutes de loup et que des interventions «de régulation» sur les meutes doivent être possibles – sans que des dommages importants ne soient attestés, mais sur la simple présomption que la meute pourrait provoquer des dégâts considérables dans le canton. Si une meute se reproduit, elle doit pouvoir être réduite par des tirs de 50% au maximum durant une même année. Pro Natura et le WWF critiquent résolument la proposition du Conseil fédéral. Les deux associations demandent que les tirs soient approuvés comme jusqu’à lors par la Confédération et que la possibilité de régulation ne soient pas accordée par principe. Elles craignent toutefois que des autorisations de tir ne soient délivrées sur la base de critères politiques plutôt que scientifiques. Elles remettent aussi en question l’efficacité du principe même de régulation.

Les autorités valaisannes sont informées par l’OFEV de la présence d’un jeunce loup dans la région d’Augstbord. Une preuve photographique a été produite et un particulier a observé sur le même territoire une famille de loups avec trois petits. C’est un collaborateur du KORA qui a pu fournir la preuve. A ce jour, toute réduction d’effectif requiert l’approbation de la Confédération. Le couple à l’origine de cette troisième meute en Suisse est vraisemblablement la paire formée par les individus M59 et F14.

Septembre 2016

Un chasseur observe et filme un loup à Mollis dans le canton de Glaris. Comme le révèlent des analyses génétiques deux mois plus tard, il s’agit d’un nouveau venu, M71, issu de la population italo-française.

A Wienacht Tobel (AR) et Oberuzwil, deux moutons tués indiquent la présence probable de loups.

En été, un nouveau loup a été identifié près de Boltigen, dans le canton de Berne. Deux spécimens ont été enregistrés par des pièges photographiques. En 2016, un animal vivant dans la région depuis presque deux ans, la femelle F13, a été formellement identifiée à plusieurs reprises.

Novembre 2016

Le Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton du Valais présente le bilan des dégâts commis par les loups durant l’année. 9 individus, dont 3 jeunes, ont été recensés dans le canton en 2016. 187 animaux de rente ont été tués. Les dégâts se chiffrent à Fr. 83’680.– La présence d’une meute est confirmée dans la région d’Augstbord, raison pour laquelle le canton souhaite présenter une demande de régulation à la Confédération.

Le délai de consultation pour la révision de la Loi fédérale sur la chasse échoit le 30 novembre. Pro Natura rejette catégoriquement la variante proposée: non seulement ce projet ne réglemente pas suffisamment la régulation du loup demandée par le Parlement dans le cadre de la motion Engler, mais il affaiblit en plus fortement la protection d’autres espèces protégées. Toute «régulation» des effectifs de loups doit être conditionnée par la subsistance d’une population capable de se maintenir. Dès son entrée en vigueur, la loi révisée permettrait de commencer immédiatement à réduire la population de loups puisqu’elle compte actuellement trois meutes. Et cela même sans aucun dégât préalable.

Décembre 2016

Le canton du Valais délivre, avec l’assentiment de l’OFEV, une autorisation de régulation pour la meute d’Augstbord. Un individu unique faisant partie de la meute peut être tiré jusqu’au 31 mars 2017. Si la présence de nouveaux jeunes était attestée au fil du temps, le quota d’animaux à abattre pourrait être augmenté.

Un jeune loup est abattu fin décembre dans la région où s’est installée la meute d’Augstbord. L’animal a été tiré de nuit à proximité des habitations. Il s’agit d’une jeune femelle, F22.

Près de 380 têtes de bétail sont tuées par des loups en 2016.

2015

Mai 2015

Le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) fait part de sa volonté de diriger le comité de l’Association suisse pour un territoire sans grands prédateurs. Pro Natura adresse alors une lettre à tous les cantons membres du SAB afin qu’ils s’y opposent. Il est inacceptable qu’une association soutenue par des fonds publics poursuive des objectifs anticonstitutionnels. Le SAB fait alors marche arrière et s’engage à n’exécuter que des tâches administratives. Malgré une requête directe, les statuts de cette association n’ont toujours pas été communiqués.

Juin 2015

Les cantons d’Uri et Nidwald délivrent une autorisation de tir concernant un loup ayant tué plusieurs moutons. Comme il s’agissait de la première apparition du prédateur dans cette région, Pro Natura accepte cette procédure. Les autorités et les éleveurs s’impliquent dans la protection des troupeaux. Le loup n’est finalement pas abattu, s’étant probablement déplacé.

Août/septembre 2015

Le canton du Valais délivre deux autorisations de tir. La première pour le Vallon de Réchy et le Val d’Anniviers, arguant que le loup y est apparu pour la première fois et que les troupeaux ne sont donc pas protégés. La deuxième pour la région d’Augstbord dans la vallée de Tourtemagne, où la présence d’un mâle et d’une femelle a été attestée. Pro Natura fait opposition, car la présence de loups y est rapportée depuis des années mais aucune protection fonctionnelle des troupeaux n’a été mise en place entretemps. En outre, la formation d’une meute ne peut y être exclue. Les loups n’ont pas été abattus dans les deux cas.

Novembre 2015

Les cantons des Grisons et de St-Gall déposent une demande d’autorisation de tir pour deux jeunes loups de la meute du Calanda auprès de l’Office fédéral de l’environnement. Les deux cantons estiment que les loups ne seraient plus effrayés par l’être humain et que les tirs permettraient de corriger cet état de fait. Pro Natura est cependant convaincue que le comportement de ces loups ne pose aucun problème. Vu les faibles chances de réussite d’une opposition, elle ne s’y oppose pas, mais critique fondamentalement cette décision.

Décembre 2015

En décembre, l'OFEV approuvent la demande d’autorisation de tir sur la base de la révision de l’Ordonnance sur la chasse. Les cantons des Grisons et de St-Gall délivrent tous deux une autorisation de tir pour deux jeunes loups de la meute du Calanda. Les animaux doivent être abattus d’ici au 31 mars. Les tirs doivent se faire à proximité des zones habitées et en présence de la meute. En raison de la douceur de l’hiver, les loups restent toutefois avec leurs proies, les cerfs, dans des régions plus élevées et sont rarement observés à proximité des habitations. L’autorisation de tir échoit sans qu’aucun des loups n’ait été abattu.

Près de 330 têtes de bétail sont la proie des loups en 2015.

2014

Eté 2014

La meute au Calanda accueille pour la troisième fois une portée. Au moins trois louveteaux ont été recensés.

Entre le 1er octobre 2012 et le 30 septembre 2014, 24 loups (17 mâles et 7 femelles) sont identifiés par analyse génétique.

Septembre 2014

Pro Natura et le WWF acceptent avec quelques réserves le Concept Loup Suisse révisé. Pour la première fois, l’influence positive du loup et du lynx sur les effectifs de gibier et sur le système écologique est reconnue. Pour le WWF et Pro Natura, des tirs de régulation ne sont envisageables que s’ils ne mettent pas en danger la survie de l’effectif, ce qui n’est actuellement pas encore le cas. Les deux associations exigent que les milieux concernés se rencontrent afin de poursuivre les accords de 2012.

Automne 2014

Le dépôt d’autres motions politiques entraîne la suspension du Concept Loup Suisse. Pro Natura ne s’oppose pas fondamentalement à une révision de la Loi sur la chasse (Motion Engler) réglant la cohabitation entre le loup et la population de montagne et demandant l’introduction d’une régulation de l’effectif – sous réserve que la survie de l’effectif ne soit pas menacée. Pro Natura refuse catégoriquement, par contre, de permettre la chasse au loup (Motion Imoberdorf).

Décembre 2014

La conseillère fédérale Doris Leuthard rend publique une nouvelle révision de l’Ordonnance sur la chasse. Celle-ci facilite les interventions sur une meute, alors même qu’il en existe une seule en Suisse. Pro Natura est déçue de cette option précipitée et contre-productive. L’association attend davantage d’engagement de la part de Doris Leuthard en faveur d’une politique pragmatique et axée sur les solutions. Pro Natura réclame depuis longtemps une gestion nationale pertinente du loup qui ne se limite pas aux seuls tirs, mais qui tienne compte également du rôle écologique important du loup (par ex. au niveau de la planification de la chasse et de l’exploitation forestière) et s’intéresse également à une meilleure protection des troupeaux, à une information objective et élargie à la population ainsi qu’aux aspects touristiques.

Près de 200 têtes de bétail sont tuées par des loups en 2014.

2013

Avril 2013

Un chasseur valaisan se vante dans une interview parue dans le magazine L’Illustré qu’il braconne régulièrement (entre autres 10 lynx) et qu’il connaît des personnes ayant tiré des loups illégalement. Le WWF et Pro Natura déposent plainte contre le braconnier. La procédure est suspendue en 2014 en raison de la prescription.

Eté 2013

La meute au Calanda accueille pour la deuxième fois une portée. La preuve de la présence d’au moins cinq louveteaux, dont trois femelles, a pu être fournie.

Deux loups sont abattus illégalement, l’un parce qu’un chasseur le confond avec un renard (M44), l’autre par un braconnier (M42). Un jeune loup de la portée 2013 (M43) est tué par un train à Schlieren près de Zurich.

Août 2013

Après que la Confédération eût refusé un tir en juin, le Conseil d’Etat valaisan décide en août d’autoriser le tir du loup M35, malgré l’absence de mesures de protection de troupeau. Il est abattu le 2 septembre par un garde-faune. Pro Natura sollicite alors un entretien personnel avec le Conseiller d’Etat en charge, Jacques Melly.

Novembre 2013

Le Conseil fédéral augmente les moyens dévolus à la protection des troupeaux et lui assure un cadre légal dans l’Ordonnance sur la chasse. Pro Natura s’en réjouit et appelle les cantons et les éleveurs à prendre des mesures de protection des troupeaux.

Près de 240 animaux de rente sont victimes des loups en 2013.

2012

Mai 2012

Les quatre associations ChasseSuisse, la Fédération suisse d’élevage ovin, le WWF et Pro Natura concluent un accord sur la gestion des grands prédateurs. Pour la première fois, elles élaborent des principes communs pour la gestion du loup, de l’ours et du lynx et acceptent d’une manière générale leur retour naturel.

Septembre 2012

La première portée de louveteaux voit le jour en Suisse. Après 17 ans de présence en Suisse, deux loups se sont trouvés au Calanda dans les Grisons: ils ont fondé une meute qui compte au moins quatre rejetons.

L’Initiative populaire fédérale «Le loup, l’ours et le lynx» n’aboutit pas. L’Initiative populaire fédérale «Pour la protection des grands prédateurs (ours, loup et lynx)» est lancée par pro fauna. Pro Natura ne soutient pas la collecte de signatures, jugeant l’initiative trop radicale.

Novembre 2012

L’année précédente on avait recensé en Suisse neuf loups adultes, analyses génétiques à l’appui, dont deux femelles (F5, Jaun/FR, F7 Calanda/GR). La mort de 114 animaux de rente a été attribuée au loup. 90% d’entre eux n’appartenaient pas à des troupeaux gardés.

2011

Janvier 2011

Les associations Pro Natura, WWF Suisse, ChasseSuisse et la Fédération suisse d’élevage ovin ont commencé à mener, sous la conciliation de l’OFEV, des discussions régulières sur la manière de traiter à l’avenir les lynx, les loups et les ours en considérant les intérêts des populations concernées. L’objectif de ces réunions est de trouver un dénominateur commun pour les stratégies futures.

Mars 2011

Le Conseil des Etats se rallie à l’avis du Conseil national, contre la recommandation de sa commission de l’environnement et des organisations de protection de la nature, de sorte que les espèces protégées pourront à l’avenir être abattues dans les cantons dès le moment où le produit de la chasse est moins abondant.

Juin 2011

Pour la première fois et grâce à un piège photographique, la présence du loup a pu être attestée à Pontarlier dans le Jura français. Le loup a attaqué plusieurs moutons, suscitant le mécontentement des paysans de la région. Ces derniers organisent une manifestation devant la préfecture.

Septembre 2011

Le canton du Valais n’a pas délivré l’autorisation de tir, malgré 80 moutons tués. Les critères du Concept Loup n’étaient en effet pas remplis, à cause de l’absence ou du manque de mesures mises en œuvre pour protéger les troupeaux concernés.

Octobre 2011

Selon les statistiques du projet KORA, 193 moutons ont été tués cette année. Presque tous ces moutons proviennent de troupeaux non protégés, ce qui montre que les mesures de protection sont efficaces dans la plupart des cas.

La présence de cinq nouveaux loups – quatre mâles et une femelle – a été prouvée par analyse génétique dans le Haut-Valais. Au total, neuf loups ont pu être identifiés génétiquement sur le territoire.

2005 - 2010

21 mars 2005

Un collaborateur du Service de la chasse tessinois immortalise un loup grâce à un piège photographique. Il s’agit vraisemblablement du loup no13.

Fin novembre 2005 (14e loup, mâle)

Dans la région de Valendas/Durschin dans la Surselva, on découvre des excréments de loup. Les analyses révèlent qu’elles ne proviennent pas de l’animal qui vit dans cette région depuis 2002.

Décembre 2005

Un loup est encore aperçu dans l’Avers et au Oberhalbstein. Plusieurs personnes ont vu un animal ressemblant au loup et l’ont également photographié avec un portable. Aucun échantillon d’excréments ou de poils n’a pu être soumis à des analyses. En 2005, 19 prédations commises par le loup sur du petit bétail sont dénombrées et indemnisées.

Janvier 2006

Des promeneurs observent un loup sur le territoire français du Clos du Doubs, à quelques kilomètres de St-Ursanne (JU).

3 février 2006

Sur un alpage près de Dalpe, au Tessin, un braconnier blesse un loup, alors que ce dernier veut dévorer un faon. Bien que blessé, le prédateur s’échappe. Des observations ultérieures confirmeront que ce loup, sans doute le loup no13, a pu survivre à l’incident.

22 mars 2006 (15e loup, mâle)

Un loup est fauché par le train à Gsteigwiler près d’Interlaken (BE). Il s’agit d’un mâle venant d’Italie. Des analyses révèlent qu’il était atteint de la gale.

Avril 2006

Un loup est aperçu près de Glüringen dans la vallée de Conches (VS). Dans le courant de l’été, 30 moutons sont tués lors d’attaques de loup dans la région du Simplon.

Mai 2006

Des empreintes et des indices découverts sur la carcasse de trois cerfs indiquent qu’un loup fréquente la région de Klosters (GR).

1er septembre 2006

Le Conseil d’Etat valaisan autorise le tir du loup de la vallée de Conches. Les chasseurs de la région peuvent demander un permis de tir auprès du garde-chasse ou auprès du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune.

27 septembre 2006 (16e loup, mâle)

Sur l’alpage de Conche près de Morgins, un loup tue 8 moutons et en blesse 11 autres. 9 moutons sont en outre portés disparus. Les communiqués de presse font état pour le même incident de 6 moutons tués et de 25 blessés.

11 octobre 2006

Sur la base de l’attaque du 27 septembre, le Conseil d’Etat valaisan autorise le tir d'un loup dans le Bas-Valais.

16 octobre 2006 (17e loup, femelle)

Dans la région d’Onne dans le Bas-Valais, un troupeau de moutons est attaqué par un loup. Des analyses révèlent par la suite qu’il s’agit d’une louve.

26 octobre 2006 (18e loup, femelle)

Sur mandat du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune, un garde-chasse de la Vallée de Conches abat un loup, il s’agit d’une femelle.

14 novembre 2006

Le WWF et Pro Natura déposent un recours contre l’autorisation de tir du loup dans le Bas-Valais.

21 novembre 2006

Sur mandat du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune, un garde-chasse abat un loup sur l’alpage de Conche, bien que le Tribunal cantonal du Valais ait accordé un délai suspensif après le recours déposé par le WWF et Pro Natura. L’examen du loup révèle que l’animal avait déjà été atteint par des charges de grenaille auparavant. Il s’agit probablement de l’individu no16.

27 novembre 2006 (19e loup, mâle)

A proximité de Pohlern près de Thoune, un animal inconnu tue 8 moutons. Le 12 décembre, l’inspection de la chasse du canton de Berne informe que les moutons ont été victimes d’un loup, un mâle issu de la population italienne. En 2006, on a dénombré et dédommagé 94 prédations commises par le loup sur du petit bétail.

14 mars 2007

A Estavannens, dans le canton de Fribourg, plusieurs personnes ont vu un animal dont ils affirment qu’il pourrait s’agir d’un loup.

22 mars 2007

Un loup est aperçu près de Zweisimmen.

27 mars 2007

Un loup dévore six moutons à Thierachern près de Thoune.

13 juillet 2007

Des moutons et des chèvres sont tués au cours de plusieurs attaques entre le 13 juillet et le 26 août dans la région des Muverans. Les analyses génétiques concluent à la présence d’un loup d’origine italienne. Il s’agit de la première preuve de l’existence d’un loup dans le canton de Vaud depuis 152 ans.

27 septembre 2007

Une autorisation de tir est délivrée pour un loup dans le Chablais. En l’espace de quatre mois, l’animal aurait tué 41 moutons et agneaux dans le Val d’Illiez et sur l’alpe de Susanfe. L’autorisation de tir échoit avant que l’animal ne soit tué.

28 octobre 2007 (20e loup, mâle)

Un loup est aperçu près de Brigels. Des analyses génétiques ont montré qu’il ne s’agit pas du loup no11 qui est signalé à la Surselva depuis 2002.

En 2007, on a dénombré et dédommagé 97 prédations commises par le loup sur du petit bétail.

Janvier 2008

La présence d’un loup est certifiée à Oberstocken (BE). Des analyses génétiques démontrent qu’il s’agit du même loup qui séjournait en 2006 à Pohlern, en 2007 près de Zweisimmen, Saanen, Jaun et Estavannens et en 2008 à Oberstocken. Le 13 janvier, il est photographié près de Latterbach dans le Simmental.

23 février 2008

Le loup no20 est signalé près de Panix (GR).

Début mars 2008

Un loup est photographié prés de Quinto (TI). Il pourrait s’agir du loup no13.

10 mars 2008

Le Concept Loup remanié de l’Office fédéral de l’environnement entre en vigueur. Les modifications sont infimes et Pro Natura le décrit comme une farce, car le loup ne sera pas plus protégé qu’auparavant. A ce jour, 7 autorisations de tir ont été délivrées, un nombre parmi les plus élevés d’Europe.

6 mai 2008

A Sonogno (TI), un loup cause des dégâts dans un troupeau de chèvres. Les éleveurs de la région demandent que la bête soit abbatue.

16 octobre 2008

Un loup cause des dégâts à Teuflbach, dans le canton d’Obwald. Le 19 octobre, un loup est photographié dans le Melchtal avec un appareil de photo automatique. Il s’agit de la première apparition avérée d’un loup dans le canton d’Obwald depuis 164 ans.

12 juin 2008

Un loup cause des dégâts dans un troupeau de moutons près de Bex (VD). Au cours de l’été, d’autres dommages sont constatés.

15 juillet 2008

Un loup s’en prend à un troupeau de moutons près de Troistorrents (VS). D’autres dégâts sont constatés durant l’été.

30 octobre 2008

Un loup cause des dégâts près de Rüschegg (BE).

Début novembre 2008 (21e loup)

La présence d’un loup a été constatée dans une vallée latérale du Val Müstair. Cela porte à 9 le nombre de loups vivant dans l’arc alpin. Ils sont répartis entre les Alpes occidentales et orientales et leur présence a été attestée dans 6 cantons. En 2008, 107 dommages occasionnés par des loups sur le petit bétail ont été constatés et indemnisés.

16 novembre 2008

Une autorisation de tir est refusée en Valais, car les moutons attaqués n’ont pas bénéficié d’une protection suffisante, malgré la présence du loup l’année précédente. Un léger progrès a été réalisé dans les mesures de protection des troupeaux. En 2008, 45 alpages ont été protégés par 150 chiens de protection de troupeaux. Les autorités recensent désormais 15 loups sur le territoire suisse.

Décembre 2008

Un sondage relève que 80% de la population suisse se déclare en faveur du retour du loup en Suisse. En 2007 déjà, 82% de la population s’était exprimée pour un retour spontané du loup.

Janvier 2009

Le loup est de retour dans le canton de Lucerne au terme d’une absence de 200 ans.

10 mai 2009

Un sondage de l’Institut de recherche gfs zurich sur mandat de Pro Natura révèle que 70% des personnes interrogées se prononcent contre le tir du loup et du lynx, même si leur présence entraîne une diminution du gibier.

Août 2009

Après que des moutons ont été attaqués à plusieurs endroits, les cantons du Valais et de Lucerne ont délivré en l’espace d’une semaine l’autorisation de tir pour 3 loups (Val des Dix, Val d’Illiez, Entlebuch). Pro Natura et le WWF ont dans les trois cas déposé un recours commun, vu que pratiquement aucun troupeau n’était protégé et qu’il y avait absence de preuve absolue que les moutons aient été victimes de loups. Pro Natura est convaincue que le Concept Loup n’assure pas la protection du loup et qu’il est interprété en la défaveur de l’animal. Depuis 2007, la présence de 12 nouveaux loups a été confirmée, dont huit nouveaux individus pour la seule année 2009. Un mâle et une femelle vivent dans la région Vaud-Fribourg-Berne. Pour l’année 2009, le KORA recense 127 moutons et deux chèvres attaqués par le loup.

Août 2010

L’été 2010 a été relativement calme jusqu’au mois d’août. 84 dommages sont signalés jusqu’à la fin de l’année, ce qui laisse clairement présumer que l’augmentation des mesures préventives a des effets bénéfiques. On estime actuellement à 15 à 20 individus la population de loups en Suisse, avec un seul nouvel animal en 2010.

En août, un troupeau de bétail est attaqué sur l’Alpage de Scex. Pour la première fois, la présence d’un couple de loups est prouvée. Sans plus attendre, l’autorisation de tir est accordée pour l’un des loups, et le mâle est abattu le 11 août, même si la présence d’une progéniture ne pouvait être exclue.

Septembre 2010

Le 30 septembre, le Conseil national étudie 14 recours liés au loup, et se penche sur l’extension de la notion de dégâts dus à la faune sauvage et à l’estivage des ovins. Il décide que la Suisse doit introduire dans la Convention de Berne une réserve concernant le loup et, si cette mesure n’est pas possible, que le pays doit sortir de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction. Le Conseil national souhaite par ailleurs que les pertes subies par les cantons soient considérées dans le cadre de la régale de la chasse comme des dommages dus à la faune sauvage et qu’elles entrent donc dans la réglementation sur les espèces protégées. L'extension de la protection des troupeaux est rejetée par le Conseil national.

2000 - 2004

15 mars 2000

Les garde-chasse valaisans localisent à nouveau les traces et les crottes d’un loup au Val d’Hérens, analyses à l’appui. Le canton du Valais décide de capturer le loup et de le munir d’un émetteur.

31 mars 2000

Yvon Crettenand, du Service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune du Valais, présente des traces de loup et six chamois morts qui, selon lui, ont été tués en une nuit au-dessus du hameau de Lana, près d’Evolène.

1er mai 2000

L’OFEFP autorise le tir du loup ayant attaqué 9 moutons fin avril dans le Val d’Hérens.

27 juin 2000 (6e loup)

Le 27 juin, plusieurs moutons sont tués par un animal sauvage pour la première fois à Ginals. Au cours des huit semaines qui suivent, les communes avoisinantes d’Ergisch, d’Embd, de Törbel, de Bürchen et d’Eischoll déplorent également la perte d’ovins. L’analyse de crottes prouve la présence d’un loup mâle d’origine italienne. Des observateurs attestent avoir vu un loup. La Confédération autorise son tir début août. Entre fin juin et fin juillet, la perte de 56 moutons est annoncée dans la région de Bellwald, Bettmer- et Riederalp, de Fiesch et du Fieschertal. Les premières victimes ont été découvertes fin juin sur l’alpage de Bellwald. Début juillet, un chasseur observe un loup à Bellwald, puis dans la région d’Aletsch. On ne peut attribuer avec certitude les prédations à un loup.

3 juillet 2000 (7e loup, mâle)

Découverte de déjections de loup dans le Val d’Hérens, analyses à l’appui. L’échantillon ne provient pas du loup no5, mais bien d’un nouvel individu issu de la population italienne.

25 août 2000 (8e loup, mâle)

Un loup est abattu dans le Val d’Hérens. Il s’agit d’un mâle de 34 kg, âgé de deux à cinq ans et d’origine italienne. Les analyses des tissus prouvent que l’animal n’a pas participé aux prédations commises dans le Val d’Hérens. Le même jour à Ginals (VS), en dessous du Signalhorn, un garde-chasse vise et blesse probablement mortellement un loup. Il pourrait s’agir du 6e loup. En 2000, le canton du Valais dédommage la perte due au loup de 142 moutons et d’un animal domestique. Le total des frais s’élève à Fr. 69’020.- (Fr. 483.-/animal). En 2001, le canton du Valais indemnise les propriétaires de 110 moutons victimes du loup. L’indemnisation s’élève à Fr. 41’826.- (Fr. 380.-/animal). Il s’agit des prédations occasionnées en 2000 dans la région d’Aletsch. On n’a pas pu prouver de manière certaine la présence d’un loup dans cette région.

10 janvier 2001

Sur le Pian di Boor, dans la commune de Carasso (TI), au-dessus de Bellinzone, un loup tue trois chèvres.

7 mars 2001

5 moutons sont tués à proximité immédiate de la frontière suisse à Ragone. Marco Giacometti suppose qu’il s’agit de morsures de loup. Le 21 mars, à Roticcio, on examine une carcasse de biche. Les empreintes et les morsures attestent l’œuvre d’un loup.

10 avril 2001

Un cerf est découvert mort à Bergell (GR). L’analyse de crottes, effectuée le 7 mai, confirme la présence d’un loup. Entre le 3 mai et le 12 juin, celui-ci tue 14 animaux domestiques. Le 6 juin a lieu la première discussion sur des mesures préventives, dont les premières seront mises en place le 12 juin.

20 août 2001

Avec l’accord de la Confédération, les Grisons autorisent le tir du loup à Bergell. Jusqu’au début de la saison de chasse, les garde-faune investissent 420 heures dans la traque du prédateur, en vain. Du 20 août au 28 septembre, le loup attaque par trois fois et tue 14 autres animaux domestiques. 23% des dégâts ont lieu après l’autorisation de tir. En tout, 23 moutons, 37 agneaux et une chèvre sont victimes des 17 attaques du loup. L’indemnisation s’élève à Fr. 16’450.- (Fr. 270.-/animal). Durant sa présence à Bergell, des touristes parviennent à filmer l’animal.

29 septembre 2001 (9e loup, un mâle présent sur sol suisse pendant au moins 8 mois)

Un loup est abattu par un chasseur dans la région de Margna (GR), près du col de la Maloya. Il s’agit d’un mâle adulte de 42 kg, issu de la population italienne.

12 juillet 2002 (10e loup, femelle)

Sur l’Alp Pontimia dans la vallée du Zwischenberg, un animal inconnu a attaqué des moutons. 13 bêtes sont tuées, 4 blessées. Dans les nuits suivantes, les pertes se font plus lourdes. Jusqu’au 23 juillet, la perte de 26 moutons est annoncée. Le canton autorise le tir de l’animal. A partir du 23 juillet, les moutons sur l’alpage de Walter Hiltbrand sont gardés par des chiens de troupeau. A partir de ce moment, aucune prédation n’y sera plus déplorée. Des échantillons de crottes récoltées sur l’alpage témoignent de la présence d’une louve d’origine italienne. Plus tard, on la nommera «Pontimia Mary». Un échantillon de crottes de cette louve avait été recueilli en 2001 au Valle Pesio, au sud de Cuneo (Italie). En septembre, la perte de deux nouveaux moutons est annoncée dans la région. 24 autres auraient disparu. Dans le courant de l’hiver, diverses informations font état de la présence d’un loup sur le versant italien du Simplon.

Début septembre 2002

Dans les communes de Waltensburg et Brigels, cinq moutons sont tués par un animal inconnu. Des pertes supplémentaires sont répertoriées entre le 23 août et le 23 septembre dans la commune d’Andiast (4 attaques, 13 moutons tués ou blessés). Plusieurs moutons sont par ailleurs annoncés manquants dans la région. Dans le Val Frisal près de Brigels, plusieurs personnes aperçoivent un animal qu’elles décrivent comme étant un loup. Pendant la haute saison de chasse aux Grisons, l’animal est vu par 6 chasseurs au-dessus de Panix. Les observations permettent de conclure qu’un loup vit dans l’Oberland grison. Une demi-douzaine d’échantillons de crottes est envoyée à Lausanne pour analyse, mais aucune ne provient d’un loup. Pour l’année 2002, on recense 38 prédations causées par des loups sur des animaux de rente, dont 26 sont répertoriées en Valais et 12 dans les Grisons.

Février 2003 (11e loup, mâle)

Le 31 décembre près de Brigels, ainsi que le 21 janvier près de Danis/Brigels, des crottes de loup sont prélevées. L’analyse des échantillons démontre qu’il s’agit d’animaux d’origine italienne. Des observations directes attestent qu’au au moins un loup fréquente cette région depuis l’été 2002.

13 et 20 mars 2003

Une première attaque du loup a lieu le 13 mars sur un mouton dans la région du Simplon. Le 20 de ce mois, un mouton appartenant à l’éleveur Joseph Squaratti est dévoré dans la vallée du Zwischenberg.

7 mai 2003

Le Conseil d’Etat valaisan autorise le tir de la louve no10 au Col du Simplon. Le directeur de l’OFEFP, Philippe Roch, demande au Conseil d’Etat valaisan de surseoir au tir jusqu’à ce que de nouvelles mesures préventives soient prises. Le WWF dépose un recours devant le Tribunal fédéral contre l’autorisation de tir et le gagne. Le Conseil d’Etat doit en tenir compte.

Octobre 2003 (12e loup, mâle)

Un autre loup vit en plus de la louve no10 dans le Haut-Valais. A proximité de l’Ofental près de Saas, 5 moutons et un agneau sont tués ou blessés en septembre. Sur la base des traces, les experts pensent qu’il s’agit du même loup à l’origine des prédations commises sur le versant italien en été, mais pas de la louve no10. En 2003, 38 prédations occasionnées à des animaux de rente par des loups sont enregistrées.

Janvier 2004 (13e loup, mâle)

A Osco (TI), une chèvre est dévorée par un animal sauvage. L’analyse des crottes confirmera plus tard qu’il s’agit d’un loup mâle, issu de la population italienne. Par la suite, d’autres indices prouveront sa présence dans la Léventine et dans le Val Bedretto.

Juin 2004

Un loup mâle est capturé au-dessus d’Ilanz par un piège photographique. Il s’agit probablement de l’individu no11.

Mai à novembre 2004

Entre mai et novembre 2004, plusieurs personnes observent un ou deux loups dans le Jura suisse: en mai, entre Cœuve et Lugnez (JU) et près de Montavon (JU), en septembre, près des Ponts-de-Martel (NE), en octobre, au Val de Ruz (NE), en novembre, près de Vallorbe (VD) et dans les environs du Solliat (VD). Néanmoins, la preuve irréfutable de la présence d’un ou de deux loups ne peut être fournie. En 2004, 44 prédations occasionnées à des animaux de rente par des loups sont enregistrées.

1995 - 1999

Le retour du loup en Suisse s’amorce en 1995

En Italie, le loup est protégé depuis 1970. Sa population dans les Abruzzes, d’abord restreinte, a pu ainsi se développer et s’étendre vers le nord pour atteindre l’arc alpin au début des années 90.

16 juillet 1995

Un animal mystérieux dévore des moutons sur les alpages du Val d’Entremont (VS). A la mi-août, ce sont 70 moutons du Val d’Entremont et du Val Ferret qui succombent à ses attaques. La presse s’en fait alors l’écho à partir de la mi-août. Les cantons peuvent délivrer à tout moment une autorisation de tir du loup s’il est l’auteur d’un trop grand nombre de prédations. Ils assument toutefois également la compensation financière intégrale des dommages occasionnés.

17 septembre 1995 (1er mâle, éventuellement un 2e loup)

Deux échantillons d’excréments sont découverts sur l’alpage du Val d’Entremont (VS). L’analyse génétique révèle que les crottes proviennent peut-être de deux individus différents, des mâles issus de la population italienne.

5 février 1996

Une caméra au-dessus de Liddes (VS), installée par Jean-Marc Landry et Armel Perrion, est déclenchée par les mouvements d’un animal. Selon des experts, les images sont formelles: il s’agit d’un loup. C’est la première preuve de la présence d’un loup en Suisse, vraisemblablement venu d’Italie.

5 février 1996, 23h

Le garde-chasse Tony Roduit aperçoit près de Bourg-Saint-Pierre un loup et tire d’une distance de 70 mètres. D’après les traces de sang, l’animal est manifestement blessé à une patte.

7,8 et 10 février 1996

Le garde-chasse convoque 50 chasseurs qui participent à plusieurs battues dans la région les jours qui suivent. Le loup parvient à leur échapper.

11 février 1996

Un journaliste du quotidien Le Matin reçoit une photo représentant une tête de loup. Les expéditeurs affirment l’avoir tué le 27 janvier vers minuit. Plus tard, l’affaire se révèlera montée de toutes pièces.

19 mars 1996

Des traces du loup blessé sont observées pour la dernière fois.

5 mai 1996

Un garde-chasse affirme avoir tiré sur un loup à proximité d’Orsières (VS) et l’avoir atteint. Les recherches s’avèrent infructueuses.

Entre juillet 1995 et mai 1996, la mort de 117 moutons et de 2 chèvres dans la région du Grand-St-Bernard est attribuée au loup. Six bergers – Florian Volluz, Dominique Duay, Claudine Klaefiger, Raymond Joris, Victor Tissières et Armel Perrion – sont concernés. Les dommages occasionnés sont évalués par les éleveurs de moutons à Fr. 57'000.- (Fr. 479.-/tête). Pro Natura et le WWF paient ensemble Fr. 30'000.-. La Confédération ne possède pas de base légale réglant le dédommagement financier des pertes. Le canton du Valais refuse une compensation matérielle des prédations, car il se prononce clairement contre le retour du loup, qu’il soit réintroduit ou qu’il vienne de son propre chef.

28 juin 1997

La commune de La Fouly dans le Val Ferret inaugure un sentier didactique «Sur les traces du loup».

2 octobre 1998

Dans la petite vallée entre Aranno et Iseo (TI), un chasseur et ami de la nature pense avoir aperçu un loup de près.

Octobre/novembre 1998

Sur les versants nord et sud du col du Simplon, plus de 20 moutons sont tués par un animal sauvage. A la mi-décembre, quatre cerfs et mouflons sont tués dans un enclos en l’espace de deux nuits.

25 novembre 1998 (3e loup, mâle, M01)

Sur la rampe du centre de ramassage des déchets carnés à Reckingen (VS), Thomas Schmid, le responsable, trouve la dépouille d’un loup. L’animal a été illégalement abattu par une gerbe de plombs de grenaille (3 mm) sur son flanc droit, d’une distance évaluée à 30 mètres. Il s’agit d’un jeune mâle d’environ 32 kg provenant d’Italie. Christoph Imwinkelried est accusé de sa mort au printemps, puis disculpé. Elmar Schwick, conseiller communal de Reckingen, explique en février 2001 qu’un collègue, qui s’est suicidé en 1999, serait responsable du tir de ce loup. Un mois plus tard, le procès-verbal de la police cantonale relèvera sa propre culpabilité dans l’abattage du loup.

Décembre 1998

Raphaël Squaratti découvre et photographie des traces de loup dans la région du Simplon. Le 24 décembre, il observe un loup à proximité de la bergerie de son oncle, toujours dans la même région. A fin décembre, des moutons sont attaqués et tués par un animal sauvage à Bitsch et à Zwischenberg. En 1998, le canton du Valais a indemnisé la perte de 36 moutons et de 8 animaux domestiques, tués par le loup en 9 attaques ; le coût est de Fr. 32’046.- (soit en moyenne Fr. 728.-/animal). Depuis la révision de l’Ordonnance sur la chasse en 1996, les indemnisations des prédations sont à la charge de la Confédération à hauteur de 80% et de 20% pour les cantons.

14 janvier 1999 (4e loup, mâle, M02)

Tôt le matin, un loup est percuté et mortellement blessé par une Jeep lors d’une opération de déneigement. Il s’agit d’un jeune mâle de 28 kg d’origine italienne. Hermann Squaratti, le conducteur du véhicule, a été félicité par sa commune de Gondo. L’analyse génétique démontre que les loups 4 et 3 étaient de parenté proche, probablement des frères issus d’une meute des Alpes maritimes françaises.

Avril 1999

Raphaël Arlettaz de Fauna Valais informe qu’un membre de l’association a découvert des traces et des poils de loup en Valais. Les poils sont analysés, mais le lieu exact de la découverte est tenu secret.

27 mai 1999

Une attaque sur des moutons à Commeire (VS) laisse supposer la présence d’un loup.

3 juin 1999 (5e loup, mâle)

Des promeneurs observent à Veysonnaz, vers la «Piste de l’Ours», un animal qu’ils identifient comme étant un loup. Une crotte confirme sa présence. Il s’agit d’un mâle issu de la population italienne qui s’avère avoir séjourné jusqu’au 16 avril 2000 en Valais.

Juillet 1999

Le 12 juillet, deux troupeaux de moutons sont attaqués au Val des Dix (VS). Entre le 20 et 21 juillet, quatre agneaux sont tués et 10 autres blessés, ainsi qu’un mouton. L’analyse des excréments et des poils prouve qu’il s’agit bien d’un loup.

29 juin 1999

Le quotidien Le Temps publie la photographie d’un loup, prise au Val des Dix près de Toueno par Yvon Crettenand, collaborateur du Service de la chasse du Valais. Le chien de chasse de Georges Mayoraz, chef des arrondissements chasse-pêche pour le Valais central, meurt sur un pâturage d’alpage, après avoir ingurgité du poison vraisemblablement destiné au loup.

Fin novembre 1999

Entre le 6 et le 18 novembre, 40 moutons sont attaqués dans la région d’Evolène (VS). 22 d’entre eux sont tués. Depuis le début de l’année, 122 moutons ont été tués et 18 blessés, et 63 sont portés disparus. En 1999 le canton du Valais dédommage 136 moutons tués par le loup et 128 bêtes disparues. En tout, on compte 19 cas d’indemnisation. Les frais s’élèvent à Fr. 106'100.- (soit Fr. 530.-/animal avec une indemnisation à hauteur de 50% par mouton disparu).

1908 - 1994

1908

Un loup est abattu au Tessin.

27 novembre 1947

Un mâle est abattu près d’Eischoll (VS). Au vu des dommages occasionnés aux troupeaux de moutons, il est vraisemblable que ce loup ait vécu dans la région depuis l’été 1946 jusqu'en novembre 1947.

9 septembre 1954

Une louve est abattue sur l’Alp Campascio d’Ur, près de Poschiavo (GR).

1971

Un mâle est abattu au Tessin.

13 décembre 1978

Un jeune mâle est tiré sur la Lenzerheide (GR). Il pèse 36 kg. L’animal avait tué 89 moutons et 3 chèvres dans le courant de l’année. Sa mort a été fêtée officiellement en présence de personnalités.

15 mai 1990

Sur autorisation fédérale, un loup est abattu près de Hägendorf (SO). Des élèves de cette commune chantent «Le loup est mort» devant sa dépouille. Il avait causé des dommages dans les cantons de Bâle-Campagne et de Soleure durant deux mois environ.

Causes de mortalité connues des loups en Suisse

Autorisations de tir: 21 (dont 10 «tirs avec succès»)

Loups retrouvés morts au total: 25 (1998 et suivantes, y compris tirs autorisés)

Tirés de façon légale: 10 loups (M06, M?, M08, F03, M15, M21, M16, M35, M68, F22)

Abattus illégalement: 9 loups (M01, M42, M44, M?, M?, M63, M67, F16, F13, y compris «accidentellement»)

Accidents: 6 loups (nos 4 (M02), 15 (M13), M36, M43, M48, M53)


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