Progetti

Uno dei quattro pilastri di Pro Natura è la protezione attiva dei biotopi e delle specie.
Vengono visualizzate le voci 28-36 di 39
erinaceus europaeus Wolfgang Hock
Animal de l’année

Le hérisson est l’Animal de l’année 2026

Populaire, mais menacé: le hérisson d’Europe, ou hérisson commun (Erinaceus europaeus), vit parmi nous. Plus nous accorderons de place à la nature dans nos villes et nos villages, mieux il se portera.

S’il fallait désigner l’animal sauvage le plus populaire de Suisse, le hérisson et sa petite truffe humide seraient certainement en tête du classement. D’innombrables bénévoles prennent soin de hérissons retrouvés blessés ou malades. Et il est toujours plaisant d’apercevoir le sympathique mammifère fureter au jardin par un doux soir d’été. 

Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le hérisson comme Animal de l’année?  

Les hérissons ont besoin d’un vaste réseau de cachettes et d’une offre alimentaire abondante, principalement constituée d’insectes. Ces conditions sont aujourd’hui rarement remplies dans les campagnes, leur habitat originel. Raison pour laquelle le piquant insectivore se rencontre désormais surtout dans les quartiers à faible densité de nos villes et villages. Mais ses effectifs connaissent une évolution préoccupante. Depuis 2022, le hérisson figure sur la liste rouge en tant qu’espèce «potentiellement menacée». Car en densifiant les villes, on détruit ses habitats. Avec l’Animal de l’année 2026, Pro Natura appelle à aménager et à entretenir les jardins, les espaces verts, les cimetières et les parcs de manière à les rendre accueillants pour les hérissons.  

Hérisson à Lausanne Olivier Born
Un hérisson vaque à ses occupations en plein cœur de Lausanne.

Des insectes au menu

Si, à la tombée de la nuit, vous voyez un hérisson qui s’affaire en frétillant du museau dans un jardin ou un parc, c’est qu’il est en quête de nourriture. Carabes, chenilles et vers de terre occupent une place de choix dans son régime alimentaire. Les hérissons ont l’ouïe très fine et l’odorat bien développé. Des bruits de mastication ou le craquement d’une carapace de chitine broyée par des dents pointues sont le signe que la chasse a été bonne. Outre leurs proies de prédilection, les hérissons dévorent toutes sortes de bestioles, et peuvent se montrer charognards à l’occasion. 

Le saviez-vous? Les hérissons ne digèrent pas les plantes. Lorsque l’un d’eux renifle une pomme, il ne faut pas en conclure qu’il est végétarien. Il a très probablement flairé le ver qui se cache dans le fruit. 

Hérisson dans l’herbe Vladimir Ya
En quête de nourriture: où sont les coléoptères, les vers et les chenilles?

Périlleuses randonnées

Les hérissons parcourent près d’un kilomètre en moyenne lors de leurs sorties nocturnes. Ils doivent traverser des routes, contourner des obstacles et se méfier de nombreux pièges, comme les escaliers menant aux caves, les piscines ou les soupiraux. Ces dangers guettent tout particulièrement les mâles durant la période de reproduction, dès la mi-avril, car ceux-ci entreprennent parfois des virées de plusieurs kilomètres à la recherche d’une femelle prête à s’accoupler. 

Le saviez-vous? Il existe une règle d’or: s’il est possible de passer un poing dans une ouverture, un hérisson pourra s’y faufiler. 

Jungigel auf Treppenstufe Monique Morin
Presque infranchissable: ce rebord d’à peine quelques centimètres cause déjà des difficultés au jeune hérisson.

Un carrousel pour se reproduire

Les hérissons mâles font des cercles autour des femelles, parfois pendant des heures, jusqu’à ce que celles-ci cessent de se détourner et acceptent de copuler. On parle de «carrousel du hérisson». Les accouplements ont lieu jusqu’à fin août. Après une gestation d’environ 35 jours, la femelle met au monde deux à sept petits. L’idylle familiale est de courte durée: après 6 semaines déjà, les jeunes sont autonomes et doivent se débrouiller tout seuls.    

Le saviez-vous? Les mamans hérissons s’occupent seules de leur progéniture. 

Maman hérisson avec son nourrisson Daniel Heuclin
Incroyable: il faudra à peine quelques semaines pour que ce nourrisson devienne un hérisson pleinement autonome.
Le hérisson: portrait d’un voisin très sympathique
grammes: c’est le poids que doit peser le hérisson en automne pour pouvoir survivre à l’hiver.
piquants ornent le dos d’un hérisson adulte.
seule et unique espèce de hérisson vit en Suisse: le hérisson commun ou hérisson d’Europe (Erinaceus europaeus).

Question existentielle: où se cacher?

Les hérissons ont besoin de cachettes sûres pour se reposer pendant la journée, de nids pour élever leurs jeunes, de quartiers d’hiver protégés de l’humidité. Ils ne peuvent survivre que dans un environnement qui leur offre de nombreux endroits où se réfugier. Ces petits mammifères ne sont pas spécialement exigeants et n’ont pas à tout prix besoin du classique tas de branches et de feuillages dans un jardin naturel. Une pile de bûches, une cavité sous une cabane à outils, des planches qui se chevauchent ou un abri à hérisson du commerce font également l’affaire. 

Maman hérisson avec son bébé Ronald Stiefelhagen, Minden Pictures
Une maman hérisson transporte son bébé dans une nouvelle cachette, peut-être parce qu’elle a été dérangée dans la précédente.

Le jardin naturel: un paradis pour le hérisson et l’être humain

Un jardin naturel foisonnant de vie offre au hérisson tout ce dont il a besoin: de nombreuses cachettes protégées des robots tondeurs, un accès à l’eau et de grandes quantités d’insectes. Un lieu accueillant pour les hérissons l’est généralement aussi pour les êtres humains. Multitude de fleurs, fascinantes découvertes, coins tranquilles pour se délasser: on trouve tout cela dans le jardin naturel. Pas étonnant qu’il séduise de plus en plus de gens. 

Un jardin naturel Daniel Rihs
Un jardin naturel est un paradis pour petits et grands. Les hérissons s’y sentent bien. Ils y trouvent une abondance de cachettes et de nourriture.

Hérissons en ville? C’est possible!

Avec la densification des quartiers d’habitation, les hérissons voient leurs habitats rétrécir comme peau de chagrin. Il est donc crucial que les jardins privés et les espaces verts publics soient plus systématiquement aménagés pour répondre à leurs besoins. Les communes ont de nombreuses cartes en main pour leur faciliter la vie. Les terrains scolaires, parcs et cimetières peuvent se transformer en habitats colorés et diversifiés. Bonus: les mesures favorables aux hérissons profitent aussi aux insectes, aux loirs, aux troglodytes mignons et à bien d’autres espèces. 

Cimetière de Bremgarten à Berne Matthias Sorg
Les haies, arbres et prairies fleuries du cimetière de Bremgarten à Berne, un lieu de vie pour le hérisson.

Ce que Pro Natura fait pour le hérisson

De nombreux jardins, parcs et espaces verts s’épanouissent grâce aux conseils et aux actions concrètes de Pro Natura. En 2026, nous voulons aller plus loin: au mois de mars, nous lançons dans toute la Suisse la grande action BONJOUR NATURE: bienvenue dans les jardins naturels! Pour découvrir cette offre: BONJOUR NATURE: bienvenue dans les jardins naturels | Pro Natura 

Ce que vous pouvez faire pour le hérisson 

Recevez tous les mois notre newsletter gratuite sur les jardins naturels avec des informations, conseils et astuces. S’abonner à notre newsletter sur les jardins naturels | Pro Natura 

Vous êtes propriétaire d’un jardin et souhaitez agir sans tarder pour aider les hérissons? Pour des informations pratiques sur les aménagements propices aux hérissons, y compris des explications pour bâtir un tas de branches et de feuillages, voyez ici.  

De nombreuses sections Pro Natura proposent des excursions, cours, conférences et autres activités autour du hérisson. Vous trouverez une liste actualisée de tous nos événements dans notre calendrier des manifestations.   

Vous avez aperçu un hérisson dans votre quartier? Le projet «Nos voisins sauvages» s’intéresse à vos observations. Plus nous en saurons sur les aires de répartition du hérisson en Suisse, mieux nous pourrons le protéger et le promouvoir. Nos voisins sauvages 

Vous avez trouvé un hérisson blessé, amaigri ou malade? Il existe partout en Suisse des centres de soins spécialisés qui pourront lui porter secours de manière compétente. Vous trouverez des informations et des contacts auprès de SOS hérissons et Pro Igel (en français).

Le Magazine Pro Natura est la principale revue dans le domaine de la protection de la nature
Protection des espèces

Pro Natura Magazine

Le Magazine Pro Natura vous dévoile les petites merveilles de la nature, vous informe des projets sur le terrain de l’association et vous présente des personnalités captivantes. Des belles images et des offres exclusives complètent le plaisir de la lecture.

Les 170'000 membres de Pro Natura reçoivent en exclusivité cinq fois par année le magazine sur la protection de la nature en Suisse. Sur 44 pages, le Magazine Pro Natura porte un éclairage sur les dessous des décisions politiques, présente des recherches et explique le vivant. Il informe où, comment et pourquoi Pro Natura lutte pour l’environnement.

Des articles de vente sélectionnés et une offre variée d’excursions sont proposés également dans le magazine. Et même votre lieu de résidence y est à l’honneur: les sections cantonales Pro Natura vous parlent de la nature tout près de chez vous.

Ulteriori informazioni

Info

Dates de publication 2026
1/26: 5 janvier, 2/26: 6 mars, 3/26: 22 mai, 4/26: 14 août, 5/26: 23 octobre, 1/27: 4 janvier

chat sauvage dans une prairie Fabrice Cahez
Animal de l’année

Le chat sauvage est l’Animal de l’année 2020

En 2020, le chat sauvage d’Europe (Felis silvestris) sera l’ambassadeur des forêts sauvages, des paysages cultivés riches en abris et d’une protection efficace de la nature. Autrefois au bord de l’extinction, cet élégant chasseur colonise aujourd’hui de nouveaux territoires. Le chat sauvage nous réserve encore des surprises.

Le nom latin du chat sauvage signifie «chat des forêts». Les forêts préservées présentant une grande diversité structurelle constituent l’habitat originel du chat sauvage. Elles lui offrent un terrain de chasse où se procurer des souris, un lieu sûr où se cacher pour dormir durant la journée et un refuge au sec pour donner naissance à ses petits.

Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le chat sauvage comme Animal de l’année?

Oser plus de nature sauvage est le pari de Pro Natura en choisissant le chat sauvage en 2020. Laisser libre cours à la nature serait bénéfique à maints endroits de notre Suisse propre en ordre. On n’a pas forcément besoin d’y consacrer de vastes territoires. Dans chaque forêt, au bord de chaque ruisseau, de chaque champ et pâturage, nous pouvons accorder plus de liberté à la nature. De nombreuses espèces végétales et animales, et pas seulement les chats sauvages, s’en porteraient mieux. Le chat sauvage s’aventure aussi dans les paysages cultivés lorsqu’il y trouve suffisamment de «désordre» où rester à couvert. Cependant, la présence d’habitats appropriés n’aide les prédateurs comme le chat sauvage que si les animaux sont protégés d’une persécution directe. L’histoire du chat sauvage le montre bien.

Wildkatze auf Waldweg Fabrice Cahez
Rencontre fugace d’un chat sauvage sur un chemin forestier.

Le chat sauvage reprend pied

Le chat sauvage européen a connu le même sort que tous les prédateurs de Suisse. Considéré comme nuisible, il a impitoyablement été traqué. En 1976, Philipp Schmidt écrit dans son Histoire des animaux chassables en Suisse: «Dans la loi fédérale sur la chasse et la protection des oiseaux de 1963, le chat sauvage est même protégé, mais c’est un peu comme avec la fosse à purin qui n’est recouverte que lorsque quelqu’un y est tombé, à savoir qu’on aurait dû agir plus tôt». (Philipp Schmidt, Das Wild der Schweiz, Berne, 1976, page 341).

Heureusement, la protection du chat sauvage est intervenue à temps. Aujourd’hui, de vastes secteurs du Jura suisse abritent des chats sauvages. Mais on ignorera probablement toujours si le «tigre de nos forêts» a vraiment échappé de justesse à une extinction en Suisse. Il est aussi possible que l’espèce soit revenue depuis la France. Dans les années 1960 et 1970, il y a également eu plusieurs lâchers de chats sauvages par des organismes officiels et des particuliers.

Verbreitungskarte Wildkatze Schweiz
Carte de répartition actuelle du chat sauvage en Suisse. Chaque carré désigne une ou plusieurs observations (état novembre 2019).

Rares images de chats sauvages

À quoi reconnaît-on un chat sauvage?

Il n’y a pas que des chats sauvages qui se promènent dans nos forêts. Environ 1,6 million de chats domestiques vivent en Suisse. Beaucoup d’entre eux jouissent d’une liberté totale. Des milliers de chats harets (chats domestiques retournés à l’état sauvage) parcourent également champs et forêts. Même avec un chat qu’on apercevrait au plus profond d’une forêt, la question se poserait s’il est sauvage ou domestique. Un chat domestique tigré n’est pas toujours facile à distinguer d’un chat sauvage. On ne peut avoir de certitude que par des analyses génétiques.

Extérieurement, les caractéristiques suivantes sont typiques d’un chat sauvage:

  • corps donnant une impression de robustesse et de massivité en raison de la fourrure dense à poil long
  • fourrure gris-brun plus uniforme sur les côtés, souvent avec des taches blanches au niveau de la gorge, de la poitrine et du ventre; toujours une raie noire le long de la colonne vertébrale
  • queue touffue, arrondie et noire à l’extrémité, souvent avec deux ou trois anneaux noirs
  • bout du nez toujours rose
Wildkatze im Heu Fabrice Cahez
Ce chat sauvage présente plusieurs caractéristiques typiques.

L’année du chat sauvage

Les chats sauvages vivent en solitaires sur un territoire défini. Ils marquent ce territoire avec leur urine et leurs excréments, en griffant des arbres ou en déposant des marques olfactives en se frottant. L’étendue du territoire varie en fonction du paysage et de l’offre alimentaire, mais représente plusieurs kilomètres carrés par animal. Les territoires plus vastes des mâles englobent les territoires de plusieurs femelles. De janvier à mars, les bois résonnent des cris peu harmonieux des matous en rut. La rencontre du mâle et de la femelle ressemble plus à une bagarre qu’à un acte d’amour. Après l’accouplement, leurs chemins se séparent à nouveau.

Deux bons mois plus tard, la chatte donne naissance à ses 2 à 5 petits, qui sont allaités jusqu’à trois mois. Dès l’âge de 5 semaines environ, les chatons goûtent à leurs premiers morceaux de viande. Lorsque l’hiver arrive, la vie de famille touche à sa fin. Les jeunes chats adultes se mettent en quête de leur propre territoire. L’année suivante, les femelles pourront déjà porter leurs propres petits, si elles sont encore en vie. Car de nombreux dangers guettent les jeunes chats sauvages: leurs ennemis naturels sont le lynx, le renard, la martre, le hibou grand-duc ou l’hermine.

 

Wildkatze markiert mit Urin Fabrice Cahez
«Ici, c’est chez moi!»: un chat sauvage marque son territoire avec son urine.

Chat sauvage et chat domestique: une différence subtile

On pourrait supposer que notre chat domestique (Felis catus) descend du chat sauvage d’Europe (felis silvestris). Or, il n’en est rien. Nos tigres domestiques remontent génétiquement au chat sauvage afro-asiatique (Felis lybica), appelé aussi chat ganté. Les chats domestiques ont atteint nos latitudes il y a environ 2000 ans, avec les Romains. La science considère aujourd’hui ces trois «types» de chats comme des espèces indépendantes. Mais les chats domestiques et les chats sauvages peuvent s’accoupler et donner naissance à des petits aptes à la reproduction.

Wildkatze auf Mäusejagd Fabrice Cahez
Il n’est pas rare de voir des chats domestiques et sauvages chassant la souris dans des prés fraîchement fauchés, en bordure de forêt.

Des recherches menées avec de la valériane

Jusqu’il y a quelques années, il était très difficile d’effectuer des recherches scientifiques sur les chats sauvages. En 2006, des chercheurs ingénieux ont eu l’idée de tirer profit de l’attrait irrésistible que la valériane exerce sur les chats. Ces chercheurs ont placé en forêt des planches non rabotées, vaporisées de valériane. Les chats s’y frottent avec plaisir. Ce faisant, ils y laissent aussi des poils qui fournissent des informations sur les caractéristiques génétiques de l’animal grâce aux méthodes d’analyse modernes.

En 2008-2010, Hintermann & Weber AG a utilisé cette méthode pour analyser pour la première fois la répartition des chats sauvages dans le Jura, sur mandat de la Confédération. À cette époque, seuls 10% environ de l’Arc jurassien étaient colonisés par des chats sauvages. Ce monitoring est actuellement répété sous la direction de l’Association Wildtier Schweiz. Début 2021, on peut s’attendre à de nouvelles découvertes passionnantes sur la répartition des chats sauvages en Suisse.

Wildkatze an Lockstock Darius Weber
Un chat sauvage se frotte contre un piquet, attiré par l’odeur irrésistible de la valériane.

L’avenir du chat sauvage se présente bien…

Lorsque des espèces disparues retournent à leur habitat d’origine, il n’est pas rare d’avoir des surprises. C’est notamment le cas avec les chats sauvages. Les résultats de recherches récentes de la Fondation KORA montrent, par exemple, que le chat sauvage peut apparemment se débrouiller également en dehors de grandes zones forestières. Au cours de l’été 2018, quatre animaux porteurs d’émetteurs ont séjourné régulièrement dans le paysage intensément cultivé du Seeland.

Cependant, des structures en réseau comme des haies, des bosquets et des îlots forestiers sont indispensables. Des passages à faune au-dessus ou au-dessous des routes très fréquentées sont tout aussi importants, sans quoi quantité de chats sauvages sont victimes de la circulation routière.

Wildkatze überquert Strasse Fabrice Cahez
De nombreux chats sauvages sont victimes de la circulation.

Important: garder les chats domestiques sous contrôle

À moyen terme, le plus grand danger pour nos chats sauvages réside dans le croisement (hybridation) avec les chats domestiques. Les propriétaires de chats ont donc une grande responsabilité. Les chats qu’on laisse aller et venir comme bon leur semble devraient être stérilisés, afin d’éviter tout croisement avec des chats sauvages. Heureusement, de nombreux propriétaires de chats prennent déjà cette responsabilité au sérieux. Le monitoring en continu des chats sauvages fournira également des données sur l’hybridation actuelle des chats sauvages et domestiques en Suisse.

Que fait Pro Natura pour le chat sauvage?

Les nombreuses réserves naturelles Pro Natura dans le Jura peuvent servir de sous-habitats pour les chats sauvages. Ils trouvent des refuges sûrs dans nos réserves forestières et ils peuvent chasser les souris dans les prés et pâturages riches en espèces en bordure des forêts.

En savoir plus sur les 700 réserves naturelles Pro Natura

Les chats sauvages ont besoin d’habitats en réseau. Et ils doivent pouvoir traverser les voies de circulation en toute sécurité. Pro Natura s’engage pour des corridors faunistiques sûrs dans le cadre de sa campagne «Voie libre pour la faune sauvage!».

En savoir plus sur la campagne «Voie libre pour la faune sauvage!»

Personne ne pense plus aujourd’hui à éradiquer les chats sauvages. Mais son parent de plus grande taille, le lynx, est dans le collimateur de la politique. En 2019, le Parlement suisse a adopté une loi sur la chasse et la protection des mammifères et oiseaux sauvages complètement inepte. Elle menace également le lynx. Pro Natura et d’autres associations ont lancé un référendum contre cette nouvelle loi.

Non à une Loi sur la chasse ratée

03.01.2020 Animal de l’année

Le chat sauvage est l’Animal de l’année 2020

Pro Natura a choisi pour 2020 le chat sauvage européen (Felis silvestris) comme ambassadeur des forêts sauvages et des paysages cultivés diversifiés. Autrefois au bord de l’extinction, cet élégant chasseur colonise à nouveau son territoire. Mais l’espèce n'est pas encore complètement sauvée.

Le nom latin du chat sauvage signifie «chat des forêts». Les forêts préservées présentant une grande diversité structurelle constituent son habitat d’origine. La forêt et les prés avoisinants lui offrent un terrain de chasse où se procurer des souris, un lieu sûr où se cacher pour dormir durant la journée et un abri pour donner naissance à ses petits.

Il est chez lui dans le Jura

Les vastes forêts et prairies de la chaîne du Jura sont la patrie des chats sauvages de Suisse. Ces animaux solitaires occupent chacun un territoire de plusieurs kilomètres carrés. La saison des amours s’étend sur les trois premiers mois de l’année. Deux mois après l’accouplement, la chatte donne naissance à une portée de 2 à 5 petits qu’elle élève seule. Les chatons seront indépendants à l’automne.

Recherches menées avec des lattes

Il y a 10 ans encore, on savait peu de choses sur les chats sauvages. Puis des chercheurs ingénieux ont eu l’idée de tirer profit de l’attrait que la valériane exerce sur les chats. Ils ont placé en forêt des lattes non rabotées, vaporisées de valériane. Les chats s’y frottent pour y déposer des marques olfactives. Des poils s’accrochent alors qui fournissent des informations sur l’animal grâce aux méthodes modernes d’analyse génétique. C’est ainsi qu’a débuté le monitoring systématique des chats sauvages.

Opportunités et dangers

Les découvertes les plus récentes montrent que nos chats sauvages peuvent aussi se débrouiller en dehors des forêts s’ils disposent de suffisamment de cachettes et de couloirs de migration. Il y a donc de bonnes chances pour que le chat sauvage s’étende du Jura jusqu’aux Préalpes en passant par le Plateau. Outre la nécessité d’habitats appropriés, il est important de gérer les populations de nos chats domestiques de façon responsable. En effet, ceux-ci sont apparentés au chat sauvage européen, mais descendent du chat sauvage africain. Comme le chat sauvage et le chat domestique peuvent s’accoupler, il y a un risque de croisement.

Informations complémentaires sur l’Animal de l’année 2020

Dossier sur le chat sauvage - l’Animal de l’année 2020

Photos pour les médias (veuillez tenir compte des informations relatives aux droits d’utilisation)

Contacts

Layne Meinich, biologiste et directrice adjointe du Centre Pro Natura de Champ-Pittet, tél. 079 359 12 99, [email protected]

Service médias Pro Natura: Nicolas Wüthrich, tél. 024 423 35 67, 079 212 52 54, @email 

Gammare des ruisseaux Verena Lubini
Animal de l’année

Le gammare des ruisseaux est l’Animal de l’année 2021

Tout au long de l’année 2021, le gammare des ruisseaux (Gammarus fossarum) sera l’ambassadeur des cours d’eau propres et diversifiés. La présence de nombreux gammares révèle la bonne santé d’un cours d’eau. Le choix du gammare des ruisseaux est également un hommage à tous ces petits animaux discrets qui donnent vie à notre écosystème.

En latin, Gammarus fossarum signifie «crabe des fossés». Gammarus fossarum est le gammare le plus commun et le plus répandu de Suisse. Il peuple presque toutes les régions du pays jusqu’à 1300 mètres d’altitude. L’espèce n’est absente que du Tessin et de certaines vallées du sud du pays. Bien que peu connu du grand public, l’Animal de l’année 2021 est également facilement observable.

Pourquoi Pro Natura a-t-elle choisi le gammare des ruisseaux comme Animal de l’année?

Les cours d’eau, petits et grands, sont les artères vitales de nos paysages. En termes de kilomètres, les petits et moyens cours d’eau représentent 75% du réseau hydrographique suisse. Ils sont donc particulièrement importants pour la nature. D’innombrables espèces animales et végétales dépendent directement de cours d’eau propres et naturels.

C’est le cas du gammare des ruisseaux. Cette petite créature est sensible à la pollution des eaux. Si un petit cours d’eau n’abrite pas de gammares des ruisseaux, c’est généralement que la qualité de son eau laisse à désirer. Avec l’Animal de l’année 2021, Pro Natura attire l’attention sur la valeur des petits ruisseaux et en appelle à une meilleure protection de ces sources de vie. 

Bachflohkrebs (Gammarus fossarum)
Le gammare des ruisseaux dans sa «carapace» translucide (Gammarus fossarum).

Un petit crustacé en forme de croissant

Vous avez certainement déjà aperçu un gammare. Vous ne vous en souvenez pas? Rendez-vous au bord d’un ruisseau propre en forêt et retournez délicatement une pierre ou une feuille tombée au fond de l’eau. Vous voyez les petits crustacés au corps recourbé qui rampent lentement sur le côté le long des pierres? Ce sont des gammares et probablement de l’espèce Gammarus fossarum. Les spécimens adultes sont à peine plus gros qu’un ongle et leur corps est recouvert d’une carapace articulée. Cet exosquelette est composé de chitine et de calcium.

Une boîte loupe* permet de découvrir toute la complexité de ce petit crustacé: sept paires de pattes au total, deux paires d’antennes, d’autres appendices plus petits et des soies partout. Le corps du gammare est arqué ventralement. Ses pattes, qui lui servent de nageoires, s’agitent sans arrêt pour amener de l’eau fraîche aux branchies situées sur la face ventrale du thorax. Selon la qualité de l’eau, la nourriture et l’âge, la couleur des gammares varie entre le brun, le gris et le vert.

*Des boîtes loupes pratiques sont disponibles sur le Shop de Pro Natura.

Waldbach
Les ruisseaux naturels en forêt, un paradis pour les gammares.

Recherche: à la pêche aux gammares!

Depuis 2012, les chercheurs passionnés du projet Amphipod.CH en ont beaucoup appris sur les différentes espèces de gammares vivant en Suisse. Ils ont pataugé dans l’eau, se sont faufilés dans des grottes et ont exploré des captages de sources. Le fruit de ces expéditions a été identifié au microscope et fait l’objet d’études génétiques. Les recherches ont fait passer le nombre d’espèces de gammares identifiées en Suisse d’environ 20 à 40! Les gammares colonisent pratiquement tous les types d’eaux de surface et souterraines. Environ un tiers des espèces observées ne sont pas indigènes. En revanche, quatre espèces n’existent qu’en Suisse.

L’équipe de recherche d’Amphipod.CH décrit elle-même ses découvertes comme un «instantané». Le monde des gammares indigènes recèle encore de nombreux secrets. Gammarus fossarum, en particulier, s’est révélé une véritable curiosité naturelle. Des individus a priori parfaitement identiques peuvent appartenir à des espèces différentes sur le plan génétique. Les scientifiques appellent ce phénomène un «complexe d’espèces».

Gruppe Bachflohkrebse
Les gammares des ruisseaux peuvent être très nombreux dans les eaux saines. Jusqu’à plusieurs milliers d’individus peuvent être observés dans un mètre carré.
L’Eawag, l'institut des sciences et technologies de l'eau, a réalisé un film pour présenter le projet Amphipod.CH (allemand sous-titré en français)

Enlacés jusqu’à l’accouplement

La reproduction des gammares se fait de manière sexuée. Les mâles sont généralement plus grands que les femelles. Monsieur et Madame Gammare se reproduisent à un moment très précis. En effet, l’accouplement doit avoir lieu immédiatement après que la femelle a mué. C’est pourquoi il n’est pas rare que les mâles s’agrippent au dos des femelles quelques jours avant la mue. Ce stade est appelé «promenade nuptiale».

Après la fécondation des œufs dans la cavité incubatrice (marsupium) de la face ventrale, les embryons s’y développent. Les œufs se trouvent donc en dehors du corps de la mère. Les petits gammares éclosent au bout de 3 à 4 semaines. Ils ont déjà toutes leurs extrémités et quittent la cavité incubatrice après un à deux jours. Les jeunes gammares sont sexuellement matures à 3-4 mois, après plusieurs mues. Un gammare vit quelques mois, tout au plus quelques années.

Paarung Bachflohkrebse
Un Gammarus fossarum mâle agrippé à l’élue de son cœur pour une «promenade nuptiale».

Manger et être mangé

Gammarus fossarum se nourrit principalement de feuilles mortes. Il en mange souvent les parties molles et en dédaigne les plus dures. Les microorganismes se chargent ensuite de terminer le recyclage des feuilles. Les gammares sont également une source importante de nourriture pour de nombreuses espèces animales vivant dans les cours d’eau et aux abords. Dans un cours d’eau en bonne santé, l’offre en gammares des ruisseaux est abondante.

Un cycle nutritif invisible relie alors la terre et l’eau: une feuille tombe et est emportée par le courant. Un gammare des ruisseaux la mange. Un cincle plongeur picore le gammare. Et il ne manquerait plus que le cincle vienne s’installer sur la branche d’où la feuille est tombée…

Wasseramsel am Bach
Les gammares des ruisseaux sont une proie bienvenue pour l’élégant cincle plongeur.

De mini-dispositifs d’alerte

Les gammares des ruisseaux sont très sensibles à la pollution de l’eau. Les pesticides et les eaux usées mal traitées ont des effets délétères sur ces petits crustacés, quand ils ne les tuent pas. C’est pourquoi les gammares des ruisseaux sont utilisés comme des indicateurs de la propreté des eaux. Avec les problèmes actuels de pollution par les pesticides et les engrais, la science porte une attention accrue à ces habitants des petits cours d’eau.

Les petits ruisseaux des zones agricoles sont particulièrement touchés par les apports de polluants. Les pesticides présents dans l’eau nuisent non seulement aux gammares mais indirectement aussi aux poissons et à d’autres espèces en raison notamment de la diminution de la nourriture disponible.

Dans la vidéo «La mort silencieuse», Pro Natura documente les effets des pesticides sur les gammares et les autres espèces aquatiques.

De la mer Noire au lac de Constance

Les gammares ont mis des millions d’années pour se développer. De nombreuses espèces de gammares se sont adaptées à «leur» ruisseau, rivière ou lac. Depuis deux cents ans, l’homme intervient à grande échelle dans le réseau hydrographique. Des hydrosystèmes entiers ont été artificiellement reliés. Ce développement a des conséquences inattendues.

Par exemple, depuis l’ouverture du canal Rhin-Main-Danube en 1992, de nombreuses espèces aquatiques ont migré dans nos eaux via Bâle. Elles y parviennent par leurs propres moyens, ou avec l’aide des activités humaines, dans les eaux de ballast des navires par exemple. Diverses espèces de gammares ont réussi à s’installer chez nous et il se pourrait qu’elles viennent concurrencer la présence des espèces indigènes. Il est donc important de veiller à ne pas transporter de gammares d’un cours d’eau à l’autre par bateau ou au moyen d’engins de pêche.

Tiger-Flohkrebs
Il a gagné la Suisse depuis l’Amérique du nord: le gammare tigré n’a été retrouvé en Suisse qu’une seule fois à ce jour.

Ce que fait Pro Natura pour les gammares

  • Dans toute la Suisse, Pro Natura crée de nouveaux habitats aquatiques pour les gammares et toutes les autres espèces aquatiques. Nous revitalisons les rivières, ramenons les ruisseaux à la lumière du jour et protégeons les sources.

En savoir plus sur le projet de zone alluviale de Reussegg

  • Dans le cadre de l’«Action Castor & Cie», les sections de Pro Natura s’engagent au-delà des frontières cantonales pour des zones aquatiques riches en espèces. Avec toujours la préoccupation de promouvoir le castor, un atout majeur pour la biodiversité dans nos rivières.  

Vers l’action l’«Action Castor & Cie»

  • L’eau propre est nécessaire à la bonne santé des cours d’eau. De nombreux ruisseaux sont en mauvais état dans les zones agricoles en raison d’un cocktail de résidus de pesticides. Cela doit cesser. C’est pourquoi Pro Natura soutient l’Initiative sur l’eau potable et celle sur les pesticides. Votez deux fois OUI le 13 juin 2021! Les gammares des ruisseaux vous en seront reconnaissants.

En savoir plus sur l’Initiative pour une eau potable propre

En savoir plus sur l’Initiative pour une Suisse sans pesticides

 

Lérot _Frédéric_Desmette.jpg
Animal de l’année

Le lérot est l’Animal de l’année 2022

En 2022, le lérot (Eliomys quercinus) sera l’ambassadeur des forêts sauvages et des paysages proches de la nature. Ce rongeur nocturne avec ses yeux cerclés de noir jusqu’aux oreilles hiberne encore jusqu’en avril. Petit mammifère de la famille des gliridés, le lérot connaît ensuite une intense période d’activité durant la bonne saison.

Son masque noir à la «Zorro» et le petit pinceau noir et blanc au bout de sa queue distinguent le lérot de son cousin plus grand et plus connu, le loir.  Les lérots peuvent être présents dans toute la Suisse. Son aire de répartition principale se situe à environ 1’400 mètres d’altitude.  

Pourquoi choisir le lérot comme Animal de l’année?

L’habitat naturel du lérot est la forêt. Cet adorable rongeur masqué a besoin de forêts diversifiées avec du bois mort, des cavités dans les arbres, des zones rocheuses et des buissons. De telles forêts sont devenues rares. Il y a encore quelques décennies, le lérot trouvait également des habitats de substitution en dehors des forêts. Les paysages ruraux traditionnels et diversifiés, avec leurs vergers, leurs haies et leurs granges ouvertes à tous les vents lui convenaient. Cependant, avec l’intensification de l’agriculture au cours des dernières décennies, l’habitat du lérot en dehors des forêts s’est dramatiquement réduit. En 2022, le lérot symbolise donc toute l’importance des forêts sauvages et des paysages ruraux proches de la nature.  

Lérot Frédéric Desmette
Masque noir, queue qui se termine par un balai de poils, grandes oreilles: le lérot est reconnaissable entre mille.

Jouir de l’été

Au printemps, tout va très vite. En avril, le lérot est à peine sorti d’hibernation que la période de reproduction commence. Après environ trois semaines de gestation, les femelles mettent bas en moyenne 4 à 6 petits dans un nid sphérique confortable fait de mousse, de feuilles, d’herbe et de plumes. Monsieur Lérot ne s’occupe pas de sa progéniture. Après un mois d’allaitement, les jeunes lérots explorent pour la première fois les environs avec leur mère. Quelques semaines plus tard, la famille se sépare déjà. Il arrive parfois que les jeunes se regroupent à nouveau pour l’hibernation.  

neugeborene Gartenschläfer P. M. Guinchard
Dans quelques semaines déjà, les petits lérots nouveau-nés partiront à la découverte de leur environnement

Un menu varié

Les lérots mesurent de 11 à 15 cm de long et pèsent de 36 à 113 g selon la saison. Leur poids moyen est de 63,3 g. Au cours de leurs expéditions nocturnes, ces agiles habitants des forêts ne se limitent pas à une alimentation végétarienne. De nombreux invertébrés et même des grenouilles, des lézards ou de jeunes oiseaux figurent à leur menu. Omnivore, le lérot est opportuniste et prend ce qu’il peut trouver. De son côté, il est très apprécié de prédateurs tels que la chouette hulotte, le renard, la martre ou le chat sauvage. Il possède la capacité de détacher sa queue de son corps si celle-ci est saisie par un prédateur, ce qui peut parfois lui sauver la mise. 

Gartenschläfer an Beeren Régis Cavignaux
A la fin de l’été et en automne, les fruits et les baies constituent une source de nourriture importante.

Dormir, dormir, dormir

Yeux fermés, oreilles rabattues et queue enroulée: c’est ainsi que le lérot entre en hibernation dès que les températures se mettent à baisser en automne. Les fissures dans la terre et les rochers, les cavités des arbres, mais aussi les granges, les maisons de vacances ou les nichoirs à oiseaux lui servent de quartiers d’hiver. Ses fonctions corporelles sont alors réduites au minimum. Une sorte de thermostat naturel empêche la température du corps du lérot en hibernation de descendre en dessous du point de congélation. Mais les longs mois d’hiver sont rudes et près de la moitié des jeunes lérots de survivent pas à la saison froide. 

Gartenschläfer im Winterschlaf Jean-François Noblet
Pendant l’hibernation, les lérots perdent près de la moitié de leur poids.
Un aperçu passionnant et plein d’humour de la vie d’une famille de lérots.

Lérot, où es-tu?

Le lérot ne vit qu’en Europe. Toutefois, il a disparu d’une grande partie de son aire de répartition d’origine, notamment en Europe de l’Est. En Suisse aussi, la population de lérots semble en recul. Aucune observation récente n’a eu lieu sur une grande partie du Plateau suisse et dans quelques autres régions. On ignore encore quelles en sont les raisons précises. Le lérot est pourtant protégé par la loi. Mais il est certain que la raréfaction de ses habitats joue un rôle. Les autres causes doivent encore être étudiées et analysées en détail. Un projet de grande envergure sur le lérot en Allemagne devrait donner de premiers résultats au printemps 2022.  

Verbreitungskarte Gartenschläfer Daten: info fauna,
Répartition actuelle du lérot en Suisse

Une parenté limitée

Outre le lérot, trois autres espèces de gliridés vivent en Suisse: le loir, le lérotin commun et le muscardin. Le lérot pourrait à la rigueur être confondu avec le lérotin. Mais celui-ci a un masque oculaire beaucoup plus court que le lérot: il s’arrête avant les oreilles. En outre, la queue du lérotin commun est dépourvue du pinceau de poils noirs et blancs typique du lérot. La Suisse se situe à la limite occidentale de l’aire de répartition du lérotin commun. Sa présence est donc est donc très rare chez nous. Il n’a été observé qu’en Engadine, dans le Val Münster et dans le Parc national. 

Lérotin Ludomir Hlasek
La présence du lérotin commun est rare en Suisse.

Des lutins dans la maison

Les lérots adoptent parfois les granges, les cabanes de jardin ou les maisons de vacances faciles d’accès comme quartiers d’été ou nids douillets où passer l’hiver. Mais si un gliridé élit domicile dans votre maison, il est plus probable que vous ayez affaire à un loir et non à un lérot. La joie d’avoir un colocataire à quatre pattes peut être gâchée par les bruits nocturnes, les provisions grignotées ou les traces d’excréments et d’urine. La Protection suisse des animaux donne des conseils sur la manière de résoudre ce genre de conflits dans le respect des animaux. Vous trouverez ici une fiche d’information à ce sujet.

Siebenschläfer in Scheune Jan Ryser
Le loir s’installe volontiers dans les greniers, les granges ou les maisons de vacances.

A la recherche de forêts sauvages

En comparaison européenne, les forêts suisses sont majoritairement gérées de manière naturelle. Mais il y a encore des lacunes. La proportion de vieux arbres, d’arbres morts et de bois mort est nettement trop faible dans de nombreuses forêts. Les réserves forestières, où la nature a vraiment la priorité, n’occupent qu’un faible pourcentage de la surface forestière. Cela a des conséquences, notamment pour le lérot. Son habitat idéal, avec des cavités dans des arbres, du bois mort et une nourriture diversifiée, n’est pas présent dans des proportions suffisantes.  

Naturwald Severin Nowacki
Les forêts riches en structures avec des parties pierreuses conviennent au lérot.
Réserve de forêt naturelle
Pro Natura – agir pour la nature, partout!
Pro Natura est la plus ancienne organisation de protection de la nature en Suisse. Nous aimons la nature, défendons ses intérêts et lui donnons une voix forte. Nous protégeons plus de 700 réserves naturelles et nous nous engageons au niveau politique, par le biais de l’éducation à l’environnement et un travail de relations publiques, en menant des campagnes en faveur de la biodiversité et des paysages proches de la nature. Merci pour votre soutien!

Que fait Pro Natura pour le lérot?

 

Lérot Frédéric Desmette
02.01.2022 Action Pics & Cie

Le lérot est l’Animal de l’année 2022

Pro Natura a choisi le lérot (Eliomys quercinus) comme ambassadeur des forêts naturelles et des paysages ruraux diversifiés. Elle en appelle ainsi à une meilleure protection de la nature sauvage, notamment en forêt. Le choix de ce rongeur qui se fait rare, illustre aussi les limites de la capacité d’adaptation des espèces animales indigènes face aux modifications profondes de leur habitat.

L’Animal de l’année de Pro Natura dort encore profondément. Cette petite boule de poils au masque à la Zorro hiberne d’octobre à avril dans des cavités d’arbres et des fissures de rochers, mais aussi dans des murs, des bâtiments et des grottes. Mais de plus en plus de lérots sont menacés d’un réveil difficile au printemps. 

De la forêt au jardin

Le lérot n’existe qu’en Europe. La forêt naturelle, son habitat d’origine, est fortement menacée. Fin 2018, à peine 6,3% de la surface forestière suisse était protégée au sein de réserves forestières. D’ici à 2030, la Suisse souhaite faire passer ce chiffre à 10 modestes pour cent. D’autres priorités que la protection de la nature continueront donc à s’appliquer sur 90% de la surface forestière. Ces efforts sont profondément insuffisants dans un contexte d’effondrement de la biodiversité. C’est grâce à sa capacité d’adaptation d’espèce liée aux cultures que le lérot a pu survivre au recul de ses habitats. Il a trouvé un habitat de substitution dans les paysages cultivés traditionnels avec de grands jardins, des pâturages boisés, des haies et de vastes vergers à hautes tiges.

Une capacité d’adaptation qui a ses limites

Au 19e siècle, le lérot était encore présent dans toutes les régions de Suisse. Il était même plus répandu que son célèbre cousin, le loir. Mais depuis quelques décennies, la population de lérots enregistre une forte diminution. En effet, lorsque le lérot sort de sa cachette en avril, il ne trouve souvent ni forêts naturelles ni paysages ruraux diversifiés. C’est pourquoi il figure aujourd’hui sur la Liste rouge mondiale des espèces menacées (catégorie «presque menacé»). En Suisse, il est encore considéré comme «non menacé», bien qu’il existe désormais des lacunes considérables dans son aire de répartition.

Davantage de forêts naturelles

Pour assurer la survie du lérot et des quelque 25’000 espèces qui dépendent des espaces sauvages en forêt, la Confédération et les cantons doivent créer davantage de réserves forestières. Pro Natura apporte sa contribution dans ce sens. Environ 130 des plus de 700 réserves naturelles de Pro Natura sont des réserves forestières, et de nombreuses autres comportent également des surfaces de forêt. Dans trois régions, l’«Action Pics & Cie» promeut la biodiversité forestière au niveau régional. Pro Natura s’engage également sur le plan politique pour la protection de la forêt, pour plus de biodiversité et des paysages mieux préservés contre le bétonnage - une nécessité dans la crise actuelle de la biodiversité et du climat, qui nous pousse, nous aussi les humains, aux limites de notre capacité d’adaptation.

Informations complémentaires sur l’Animal de l’année:

Dossier sur le lérot - l’Animal de l’année 2022

Contact:

Leo Richard, chargé de communication Pro Natura, tél. 079 378 37 11, @email

Partir à la recherche du lérot et de ses cousins!
On sait relativement peu de choses sur la répartition du lérot en Suisse, d’où la difficulté de mettre en œuvre des mesures de soutien. C’est pourquoi, avec l'action de science participative «Sur les traces du lérot», Pro Natura invite la population à partir à la recherche de ces mystérieux rongeurs, à construire des tunnels à traces et à signaler les observations. En 2020, un projet similaire a permis à l’Allemagne de classer le lérot dans la catégorie des espèces «fortement menacées» et de mieux le protéger. 
Sur les traces du lérot 

Ulteriori informazioni

Info

Photo © Biosphoto / Frédéric Desmette

Pho­tos pour les médias «l’Animal de l’année 2022»

muscardin_cr_sophie_giriens
16.03.2022 Protection des espèces

Une exposition pleine de poils au Centre Pro Natura de Champ-Pittet

Le Centre Pro Natura de Champ-Pittet ouvre sa saison 2022 le 19 mars. L’exposition spectaculaire: «Petites boules de poils autour du marais, le muscardin et ses cousins» et de nombreuses autres nouveautés font leur apparition. La première exposition artistique «Altitude sauvage», qui présente les images du photographe animalier Olivier Born, est également au menu pendant quelque semaines.

Le Centre Pro Natura de Champ-Pittet dévoile, en ouverture de sa saison 2022, une nouvelle exposition interactive: «Petites boules de poils autour du marais». Sur 300 m2 d’espace muséal, petits et grands découvriront les micromammifères cachés dans les ronces, les roseaux et la forêt. La mise en scène est spectaculaire. Dans la peau du muscardin, le visiteur en apprend plus sur son mode de vie et son habitat. Ses stratégies pour échapper aux prédateurs et aux menaces qui pèsent sur lui se dévoilent.

La visite donne des astuces pour favoriser la biodiversité et l’habitat des micromammifères. Les visiteurs poursuivent leur visite en extérieur. Ils suivent les indices laissés par le muscardin ou réalisent l’activité de science participative «Sur les traces du lérot, animal de l’année 2022» proposée par Pro Natura. Cette action permet de cartographier l’animal dans toute la Suisse à l’aide de tunnels à empreintes bricolés et posés par chacun. 

Cueillette sauvage et nuit à la belle étoile au programme

De nombreux ateliers, animations, formations et événements jalonneront l’année, comme le Festival du Film Vert du 1 au 3 avril, le marché aux plantons le 14 mai ou la Nuit des musées le 28 mai. La traditionnelle Fête des familles se déroulera le 28 août. Des ateliers permettront de s’initier à la cueillette sauvage, à la fauche à l’ancienne ou encore aux bases de la lactofermentation. Les passionnés de nature pourront passer une nuit à la belle étoile et participer à un atelier «cuisine au feu de bois», observer les oiseaux de la Grande Cariçaie lors d’une sortie ornithologique ou encore partir à la découverte du monde mystérieux des chauves-souris. 

Le centre est ouvert du samedi 19 mars au dimanche 30 octobre 2022, du mardi au dimanche ainsi que les lundis fériés, de 10 h à 17 h 30.

Exposition artistique «Altitude sauvage»
Avec les photographies d’Olivier Born, à découvrir jusqu’au 8 mai, la saison artistique s’ouvre de manière très poétique. Cette escapade dans les Alpes suisses invite le visiteur dans un monde féerique plein de douceur sur les traces du lièvre variable et du lagopède alpin entre autres as du camouflage. Le vernissage de la saison et de l’exposition aura lieu le vendredi 18 mars à 18 h.

Offres clés en main pour les écoles 
Les animations nature proposées par le centre éveillent les enfants et adolescents aux merveilles de la nature. En diversifiant les approches pédagogiques et en misant sur l’observation et le jeu, ces activités donnent aux jeunes l’occasion d’apprendre par le vécu et les émotions. Des formations continues sont proposées aux enseignants pour leurs permettre d’étudier des thématiques telles que le marais ou les insectes avec leurs élèves.

Pour toute information complémentaire: 

Thierry Pellet, directeur, 024 423 35 72, 079 459 10 82 (seulement pour les médias) 

Ulteriori informazioni

Info

Le centre est ouvert du samedi 19 mars au dimanche 30 octobre 2022, du mardi au dimanche ainsi que les lundis fériés, de 10 h à 17 h 30.

Lérot

Sur les traces du lérot

Lebensraum Wiese
laufende Projekte

Aktuell fördern wir mit über 250 Projekten die Natur und die Artenvielfalt in allen Regionen der Schweiz. Dies ist nur dank Spenden und Mitgliederbeiträgen möglich. Herzlichen Dank für Ihre Unterstützung.

Jetzt spenden