Biodiversité - la vie, ma vie

La biodiversité (diversité des habitats, des espèces et des gènes, ainsi que leurs interactions) est d’une importance capitale pour la nature et l’espèce humaine. Cette diversité a rendu notre planète viable. Nous lui devons notre nourriture, l’eau et l’air pur, nos vêtements, l’énergie, les matériaux de construction, les médicaments ainsi que des paysages habitables.

La biodiversité est donc le fondement de notre vie

Pourtant, la biodiversité va mal en Suisse. Selon une étude (gfs.bern), la population n’est pas consciente de cette évolution. Neuf personnes sur dix sont d’avis que la nature va bien chez nous, même très bien. 


Dans sa campagne «Biodiversité - la vie, ma vie» (2010-2012), Pro Natura a présenté les faits et a démontré que la biodiversité est menacée. La Suisse doit entreprendre davantage qu’elle ne l’a fait jusqu’ici pour préserver notre base vitale.

La Confédération, les cantons et les communes, mais également chaque individu, doivent contribuer à enrayer la perte de biodiversité.

En Suisse, la biodiversité va mal

Lorsque les médias abordent le sujet de la biodiversité, ils se concentrent souvent sur les forêts tropicales humides ou les régions côtières.

La Suisse joue pourtant un rôle important dans la préservation de la biodiversité. Notre pays, malgré sa superficie limitée, abrite une très grande diversité de biotopes: plaines à basse altitude ou hautes montagnes, zones humides ou prairies sèches. Comme la majeure partie des vallées alpines se trouve sur notre territoire, nous avons une responsabilité particulière dans la préservation de la biodiversité en montagne. La diversité des espèces animales et végétales est d’ailleurs étonnamment élevée dans notre pays: près de 50'000 espèces animales et végétales y vivent.

Mais si cette richesse nous amène à penser que nous n’avons pas de souci à nous faire. Nous nous trompons lourdement, car elle est sévèrement menacée: la Suisse possède une des plus longues listes rouges d’Europe.

Le monde végétal est menacé…

Un tiers des fougères et des plantes à fleurs de Suisse sont menacées, 14% sont rares et potentiellement menacées, tandis que 2% sont déjà éteintes ou ont disparu.

En Suisse, peu d’espèces sont très répandues, comme l’est par exemple la dent-de-lion. De nombreuses espèces sont au contraire très rares, comme les fleurs de rocaille d’Engadine. Beaucoup sont menacées, et ne se trouvent plus qu’en petit nombre à peu d’endroits.

Abb. Moser D. et al (2002): Liste Rouge des fougères et plantes à fleurs menacées de Suisse
Abb. Moser D. et al (2002): Liste Rouge des fougères et plantes à fleurs menacées de Suisse
La diversité des animaux est en danger…

Si l’on considère le monde animal, plus d’un tiers des animaux présents en Suisse sont menacés. 5% des espèces sont déjà éteintes et 12% sont rares et donc potentiellement menacées. Nous ne savons toutefois pas vraiment si ces chiffres reflètent véritablement la réalité. En effet, sur les 43'000 espèces animales estimées en Suisse, seules 3'000 ont été examinées.

Abb. Duelli P. et al (1994): Listes Rouges des espèces animales menacées de Suisse
Abb. Duelli P. et al (1994): Listes Rouges des espèces animales menacées de Suisse
Les biotopes perdent du terrain…

Si l’on jette un coup d’œil aux biotopes, il est clair qu’ici aussi il est urgent d’agir.

 

 

Les zones alluviales: la Suisse est le château d’eau de l’Europe. Les forêts alluviales qui s’étendent le long des rivières sont les «forêts tropicales» de l’Europe. 90% des forêts alluviales suisses ont disparu, plus de 90% des cours d’eau suisses ne sont pas naturels, mais corrigés, canalisés ou parsemés de barrages. Par endroits, ils sont même totalement asséchés en raison du détournement de leur eau pour la production d’énergie. Une situation catastrophique, car la survie de près de 50% des espèces animales et végétales locales dépend des cours d’eau naturels.

 

 

Les prairies sèches: la surface totale de ces prairies fleuries et colorées a reculé de 30 à 40% depuis près de 30 ans. Nos grands-parents en avaient encore devant leur porte, tandis que nos enfants et petits-enfants ont de moins en moins l’occasion d’en admirer.

 

 

Les marais: grâce à la protection dont ils bénéficient, leur surface n’a que peu diminué. Un quart des marais souffre de l’apport d’engrais et un quart s’assèche et s’embroussaille.

 

Ne restons pas les bras croisés face à cette évolution. La biodiversité est importante pour nous tous. Chaque espèce compte!

Une étude sur mandat de Pro Natura et de la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du territoire
Mitage et morcellement du paysage dans les sites IFP Mitage et morcellement du paysage dans les sites IFP (325.3 KiB) Mitage et morcellement du paysage dans les sites IFP Mitage et morcellement du paysage dans les sites IFP (325.3 KiB)
Contributions à la protection de la nature en Suisse Nr. 20/1998
Davantage d'espace pour nos cours d'eau Davantage d'espace pour nos cours d'eau (2.9 MiB) Davantage d'espace pour nos cours d'eau Davantage d'espace pour nos cours d'eau (2.9 MiB)
Conséquences du changement climatique

Les premiers effets du changement climatique sur notre biodiversité se font déjà sentir. Ces dernières décennies, des forêts entières de pins sylvestres, parfois importantes, ont disparu en Valais. L’Institut fédéral de recherches WSL a étudié ces phénomènes pendant plusieurs années. Le principal coupable de la mort des pins est le changement climatique. Jusqu’à 1200 m d’altitude, il fait de plus en plus trop chaud et trop sec pour ces arbres, qui se font détrôner par des feuillus. Cela n’est évidemment pas sans conséquence pour les animaux dont la survie dépend des forêts de pins.

Les scientifiques constatent la même évolution au Tessin: des changements sont constatés dans la biocénose des forêts de châtaigniers.

Comme le réchauffement climatique entraîne des changements de nos biotopes, il est indispensable de conserver une grande diversité d’espèces, afin qu’elles soient en mesure de réagir à ces bouleversements.