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Qu’est-ce qu’un jardin naturel?

Des papillons virevoltant dans les airs, des oiseaux qui chantent, des feuilles qui murmurent au vent. L’ombre rafraîchissante des arbres, l’éclat des fleurs, le parfum des herbes sauvages. Observer les insectes, croiser un hérisson, reconnaître des plantes: la vie dans un jardin naturel est une source inépuisable de joie.

Les jardins sont aussi variés que celles et ceux qui les entretiennent. Certaines personnes recherchent un coin abrité où s’asseoir, d’autres aiment passer du temps parmi les arbustes, tandis que d’autres encore souhaitent aménager un espace adapté aux enfants avec un bac à sable et une haie garnie de petites baies à grignoter. Tous les jardins ont une chose en commun: quelle que soit leur taille ou le temps qu’on leur consacre, ils peuvent offrir un espace à la nature. 

À quoi ressemble un jardin naturel?

La nature y est non seulement présente: elle est pleinement vivante. À la place d’un gazon impeccable, des fleurs sauvages s’épanouissent dans une prairie colorée, tandis que des arbustes indigènes structurent l’espace. Des murs en pierres sèches, des tas de branches ou des zones sablonneuses créent des habitats variés et offrent un refuge aux visiteuses et aux visiteurs du jardin, comme les hérissons et les abeilles sauvages. Dans un jardin naturel, le passage des saisons est particulièrement perceptible: le jardin se montre tantôt luxuriant et ponctué de couleurs éclatantes, tantôt plus discret, dans des nuances de brun chaleureux. Grâce à la dynamique naturelle et à l’évolution de ses divers éléments, un jardin naturel change également d’une année à l’autre. Cette variabilité reflète le rythme de la nature et distingue clairement un jardin naturel d’un jardin conventionnel. 

Dans votre jardin naturel, respectez surtout les trois principes énoncés ci-dessous: 

  1. Ouvrez l’œil lors du choix de vos plantes. Misez sur des plantes sauvages indigènes adaptées aux conditions locales. Elles constituent une source de nourriture pour les animaux indigènes et sont résistantes aux influences environnementales. Évitez les néophytes envahissantes.     

  2. Trouvez l’équilibre pour un jardin naturel et aménagé. Un jardin est toujours aménagé. Laissez consciemment un peu d’espace à la nature et à sa dynamique. Les éléments naturels peuvent offrir un plus esthétique.    

  3. Entretenez votre jardin dans le respect des animaux. Un entretien modéré est essentiel dans un jardin naturel. Renoncez aux pesticides et à la tourbe. Utilisez des outils qui ménagent les animaux et réduisez la pollution lumineuse. Éliminez les pièges pour les petits animaux et n’installez pas de barrières. 

La diversité fait la différence! La diversité de la faune et de la flore repose sur une alternance de milieux naturels variés: maigres, humides, sablonneux, ombragés, etc. Les structures offrant des cachettes, telles que les tas de branches et de feuilles, les murs de pierres sèches ou les mares, servent de refuge pour les coléoptères, les chenilles, les libellules et d’autres animaux.     

Que sont les néophytes envahissantes? Pourquoi n’ont-elles pas leur place dans un jardin naturel?

On appelle néophytes les plantes introduites par l’être humain dans des régions où elles n’étaient pas présentes avant le XVIe siècle. En effet, après l’arrivée des navigateurs européens sur le continent américain en 1492, les échanges entre continents se sont intensifiés, permettant à de nombreuses plantes de coloniser de nouveaux habitats qu’elles n’auraient jamais atteints naturellement. 

De nombreuses plantes exotiques paraissent attrayantes et inoffensives à première vue. Certaines présentent des fleurs colorées, poussent rapidement et demandent peu d’entretien. Cependant, une partie d’entre elles peuvent avoir un impact négatif sur la nature indigène. Sur les quelque 750 espèces exotiques présentes en Suisse, une petite partie se comporte de manière invasive. Ces plantes se développent rapidement, occupent beaucoup d’espace et privent les plantes indigènes de lumière, d’eau et de nutriments. Or, de nombreux animaux, comme les abeilles sauvages, les coléoptères ou les chenilles, dépendent étroitement des plantes indigènes et ne peuvent pas simplement changer de source de nourriture. Lorsque les plantes indigènes sont supplantées par des néophytes envahissantes, de nombreux animaux indigènes disparaissent également.  

Le caractère envahissant d’une plante ne se manifeste souvent qu’après de nombreuses années. C’est pourquoi il convient d’être prudent avec toutes les néophytes. 

Vous trouverez ici de plus amples informations sur la gestion des néophytes envahissantes au jardin. (https://www.pronatura.ch/fr/especes-exotiques-envahissantes

Comment créer un jardin naturel?

Un jardin naturel allie esthétique et diversité écologique. Son aménagement s’inspire des habitats naturels. Divers éléments tels que les arbres, les prairies ou les microstructures favorisent la biodiversité et offrent des refuges à la faune et à la flore. En parallèle, il constitue pour nous un lieu de calme et de détente. Les exemples suivants montrent comment des éléments d’un jardin naturel peuvent être mis en œuvre de multiples façons.  

Pour commencer simplement: Ces éléments sont faciles à mettre en place et apportent rapidement une plus-value pour la nature. Souvent, de petits changements suffisent à créer des habitats précieux.  

Petites structures

Sandlinse Claudio Büttler
Trois-quart des espèces d’abeilles sauvages indigènes nichent dans des cavités qu’elles creusent dans le sol. Les surfaces sablonneuses situées dans des endroits ensoleillés sont donc très appréciées.

Les tas de branches, de feuilles, d’herbes et de pierres, les parterres de sable, les murs de pierres sèches et le bois mort constituent de précieuses microstructures: elles offrent abris et sites de nidification aux animaux. Les petites structures enrichissent les habitats naturels et sont simples et peu coûteuses à aménager, souvent à partir de matériaux issus du jardin lui-même, comme les déchets de taille des haies ou d’anciennes dalles de jardin.

Aides à la nidification

Nisthilfe Daniel Rihs

Un jardin naturel offre de nombreux sites naturels de nidification. Des parties de plantes fanées toujours sur pied après l’hiver, des microstructures, des zones dégagées et ensoleillées ainsi que des anfractuosités dans les murs de pierres sont utilisées comme sites de reproduction et de nidification par de nombreux animaux. Les nichoirs à oiseaux et abris pour chauves-souris, ou encore les «hôtels» à insectes, permettent de cibler certaines espèces. Pour que ces aides à la nidification soient utilisées, il est toutefois indispensable que les environs soient naturels, et qu’ils offrent de la nourriture et des abris. Profitez-en pour faire de belles observations de la vie animale! 

Arbres

Bäume Daniel Rihs

Les arbres sont de véritables condensés de biodiversité. Ils offrent un habitat à de nombreux organismes, tels que les oiseaux, les insectes, les lichens, les champignons et les mousses. Les grands arbres indigènes âgés ainsi que les arbres fruitiers s’avèrent particulièrement précieux pour la biodiversité. Les arbres influent également sur notre bien-être. Ils structurent le jardin, rafraîchissent l’environnement et assainissent l’air. Laissez les vieux arbres en place aussi longtemps que possible. Si vous plantez un nouvel arbre, privilégiez un feuillu indigène. Tenez compte de sa taille adulte et des distances minimales à respecter. Certaines espèces conviennent également aux petits jardins, comme le cornouiller mâle ou le sorbier des oiseleurs. La plupart des arbres, y compris les arbres fruitiers sauvages, demandent peu d’entretien. Les arbres fruitiers et les saules têtards, qui doivent être taillés chaque année, font exception.

Ourlets herbeux

Krautsaum Andrea Haslinger

Les ourlets herbeux sont de hautes structures végétales herbacées le long des routes, des murs, des clôtures ou des haies. Ce sont de précieux corridors écologiques de mise en réseau. La végétation y est riche en espèces et en fleurs. Elle est source de nourriture et sert de refuge pour de nombreux animaux. Laissez la végétation se développer le long des haies, murs de garage ou clôtures sur une largeur d’au moins 50 cm, voire deux mètres. Ne taillez ces lisières que tous les deux à trois ans. Pour créer une lisière particulièrement riche en espèces, il est conseillé de retravailler le sol et de semer un mélange de graines approprié.

Pour aller plus loin: Si vous avez davantage de temps à disposition et souhaitez créer de nouveaux habitats, rapides à réaliser et peu exigeants en entretien, les options suivantes s’offrent à vous : 

Surfaces rudérales

Ruderalfläche Andrea Haslinger

Les surfaces rudérales accueillent les premiers stades du développement végétal, du sol ouvert jusqu’aux premiers arbustes. Ces milieux naturels dynamiques jouent un rôle important pour un grand nombre d’insectes. Les emplacements ensoleillés du jardin se prêtent particulièrement bien à la création de ce type de surfaces. Les parterres de gravier existants ou les anciens bacs à sable peuvent être transformés en surfaces rudérales en ajoutant du gravier fin et des cailloux plus grossiers, puis en retirant les éventuelles toiles ou, à défaut, en les perforant. Pour créer de nouvelles surfaces rudérales, vous devez enlever la végétation existante ainsi que la couche d’humus. Si vous ne souhaitez pas laisser la végétation s’installer spontanément, vous pouvez semer un mélange de graines adapté aux sols maigres et secs. Dans tous les cas, observez régulièrement la surface et arrachez les néophytes envahissantes avant qu’elles ne produisent des graines, puis éliminez-les correctement. Une fauche annuelle au printemps, avant le débourrement, ainsi que l’élimination des feuilles mortes à l’automne suffisent. Au fil du temps, la surface se refermera lentement.  

Places et chemins non imperméabilisés   

Unversiegelter Boden Andrea Haslinger

Les places et chemins recouverts de gravier ou de marne, perméables, servent d’habitat à des espèces spécialisées. Des plantes résistantes au piétinement s’y développent. Les abeilles sauvages et d’autres insectes y trouvent des sites de nidification attrayants. Les chemins non imperméabilisés contribuent en outre à la mise en réseau des milieux naturels. Autre effet bienvenu: les places non imperméabilisées chauffent moins en été, car l’humidité peut s’évaporer. 

Il est préférable de renoncer dès le début aux chemins imperméabilisés. Les zones déjà scellées peuvent être revalorisées en les désimperméabilisant au moins sur les bords. Ne conservez que les surfaces et chemins vraiment nécessaires. Retirez les pavés des terrasses surdimensionnées ou des allées trop larges et comblez les espaces vides avec du gravier. Les chemins et les surfaces peu utilisées se recouvrent de végétation avec le temps. En automne, pensez à enlever les feuilles mortes. 
 
En savoir plus sur la valorisation des surfaces imperméabilisées et la création de surfaces rudérales 

Haies sauvages

Wildhecke Andrea Haslinger

Les haies sauvages sont des bandes boisées riches en espèces et en structures. Elles sont étroitement interconnectées avec d’autres milieux naturels et, du printemps à l’automne, offrent abri, nourriture et sites de nidification à de nombreuses espèces animales. Dans un jardin, les haies sauvages peuvent servir de protection visuelle et structurent l’espace. Remplacez les arbustes exotiques par des espèces indigènes et complétez les haies existantes avec différentes plantes sauvages produisant des baies, telles que des roses sauvages. Si possible, laissez les haies taillées pousser librement.  

Lors de la plantation d’une nouvelle haie sauvage, prévoyez suffisamment d’espace (idéalement deux à trois mètres). Choisissez différentes espèces d’arbustes bien adaptés à la station, produisant des fruits et offrant une protection visuelle si vous le souhaitez. Après quelques années, une fois la haie sauvage bien établie, entretenez-la chaque année par petites sections en taillant les espèces à croissance rapide. Vous pouvez utiliser les déchets de taille pour créer des tas de branches qui serviront de refuge pour la faune. 

Pour les plus patient·es: celles et ceux qui sont prêt·es à fournir un peu plus d’efforts et à faire preuve de patience seront récompensé·es par un environnement vivant et riche en espèces. Selon la situation, il peut être judicieux de faire appel à des spécialistes pour la planification ou la réalisation. 

Prairies  

Blumenwiese Matthias Sorg
Prairies

Les prairies ont de nombreux visages. Humides ou sèches, ombragées ou ensoleillées, elles peuvent s’épanouir dans diverses conditions. Les prairies particulièrement riches en espèces se développent à des emplacements pauvres en nutriments, ensoleillés et fauchés seulement une ou deux fois par an. Elles offrent un habitat à de nombreux insectes qui, à leur tour, deviennent source de nourriture pour de nombreux animaux. En été, vous pourrez écouter le concert des stridulations et bourdonnements. 

En savoir plus

Avec le temps, une pelouse peut se transformer en prairie. Cela fonctionne particulièrement bien avec les pelouses anciennes, où poussent déjà de nombreuses espèces, surtout si elles sont bien exposées au soleil. Laissez pousser la végétation et ne tondez plus qu’une à trois fois par an. Si vous souhaitez circuler dans la prairie avant la fauche, vous pouvez y créer des chemins en les fauchant. Retirez toujours les déchets de fauche. Ils peuvent servir de nourriture pour les animaux ou de matériau pour offrir un abri aux petits animaux sauvages. 

Si la pelouse est composée principalement de quelques graminées et de trèfle blanc, il vaut la peine de revaloriser la surface ou de la réaménager. Pour ce faire, vous pouvez introduire des plantes sauvages ou semer des bandes isolées. La méthode la plus rapide pour obtenir une prairie fleurie riche en espèces consiste à la réaménager entièrement: pour ce faire, retirez la végétation existante et semez à nouveau sur le sol nu. Il faut environ trois ans pour qu’une prairie se développe. Ensuite, il suffit de la tondre trois fois par an au maximum, idéalement par sections. Lors de la création d’une nouvelle prairie, veillez à la qualité des semences.  

Vous trouverez des informations à ce sujet dans la brochure Pro Natura sur les prairies fleuries: À commander sur le shop de Pro Natura 

Ou écoutez les conseils d’un expert en jardinage sur le site de la RTS. 

Points d’eau

Gewässer Daniel Rihs

L’eau est source de vie, au jardin aussi. Il n’est pas nécessaire d’aménager un grand étang: une petite mare peut aussi constituer un milieu naturel précieux pour les amphibiens et les insectes. Les oiseaux et les petits mammifères, quant à eux, l’utilisent comme abreuvoir. Au bord de l’eau, vous pourrez en outre faire de belles observations de la nature. 

Vous pouvez créer un mini-étang en installant au niveau du sol un récipient étanche (par exemple une auge ou un ancien évier). Garnissez le fond d’un peu de gravier et prévoyez une aide à la sortie à l’aide de grosses pierres ou de morceaux de bois, afin que les animaux puissent en ressortir facilement. Ces petits plans d’eau s’assèchent facilement en été, il est donc nécessaire de les remplir régulièrement au besoin. Si vous disposez de beaucoup d’espace dans votre jardin et qu’aucun jeune enfant n’y a accès, vous pouvez envisager la création d’un étang plus grand. L’aménagement d’un plan d’eau plus important nécessite une certaine planification et de l’expérience. Il doit être étanche et comporter différentes profondeurs afin de limiter l’entretien. Il est recommandé de se renseigner auprès d’un·e spécialiste. Veillez à ce que chaque plan d’eau dispose de suffisamment de zones peu profondes ou au moins d’une aide à la sortie. Renoncez à y introduire des animaux, qu’il s’agisse de poissons ou d’œufs d’amphibiens. 

À quoi d’autre veiller pour faire de votre jardin un paradis naturel?

Des nuits vraiment sombres, sans pollution lumineuse

Les insectes nocturnes comme les papillons de nuit sont irrésistiblement attirés par la lumière. Leur agitation autour des lampes se termine souvent par une mort d’épuisement. De plus, de nombreux animaux tels que les chauves-souris évitent les zones éclairées par crainte des prédateurs. D’autres, comme le ver luisant, deviennent invisibles pour leurs congénères en raison d’un excès de lumière. 

Des méthodes simples permettent de renoncer aux éclairages inutiles: vous les trouverez sur le site Internet de DarkSky Switzerland. Saviez-vous qu’un éclairage bien pensé permet de préserver l’environnement tout en réalisant des économies? Pour en savoir plus, consultez l’article du Magazine Pro Natura «L’obscurité, c’est mieux et moins cher».  

Un jardin sans pièges ni obstacles pour la faune

Pour trouver leur nourriture, se reproduire ou chercher des cachettes sûres, les animaux sauvages doivent pouvoir se déplacer en courant le moins possible de risques. Or, les petits animaux sont confrontés à de nombreux pièges et obstacles dans les jardins et autour des maisons. Découvrez comment désamorcer ces pièges sur notre site internet

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